Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Confiné !

Publié le par modimodi

Le Covid est en pleine santé.

Les Français sont disciplinés.

Avec un coton-tige dans l'nez,

Les cons finis sont confinés.

 

Faut tracer, tester, isoler.

Oui ! Ton avenir est tout tracé,

Tu devras te faire contrôler,

Si t'as l'Covid, tu seras bouclé.

 

Tous les grippés sont agrippés

Immédiatement, faut les tester,

T'as l'résultat dans la journée !...

T'attendras une éternité.

 

Chez toi, tu restes enfermé,

Tu pourras télétravailler,

Tu n'vas vraiment pas t'ennuyer

Si t'écoutes tes cheveux pousser.

 

Dans les Ehpad, consignés, 

C'est pour préserver leur santé

Que nos anciens sont esseulés…

Y'a plus qu'les chiens qui sont promenés !

 

On n'a plus l'droit de se parler

Ni d'postillonner nez à nez !

On n'a plus l'droit de se toucher,

C'est l'grand jeu du touché ! Coulé !

 

Les restos, les bars sont vidés,

Sous prétexte que le muscadet

Les moules, pizzas et cassoulet

Font des clients, des covidés.

 

A peine a-t-on l'droit d'respirer.

Il faut bien vite se planquer.

Le Covid va nous débusquer,

Partout, chez soi, on doit s'masquer !

 

J'ai d'la buée plein les lunettes ;

J'ai usé quatre savonnettes,

Si j'veux pas finir aux urgences,

Il me faut garder mes distances. 

 

Sous la porte, on a mis la clé.

L'économie est anémiée.

Avec la croissance, dans l'pâté,

Tous les Français sont dépités.

 

Mais l'Covid est en pleine santé.

J'fais gaffe de ne pas tousser,

Avec un coton-tige dans l'nez,

Moi, l'con fini, j'suis confiné !

 

 

Voir les commentaires

Orphée

Publié le par modimodi

Je ne suis pas dans mon époque ! Je voulais être mélomane, jazzy ou rockeur ! J'aurais dû jouer du saxo ou du synthé, du tambourin ou de la batterie, mais j'ai choisi de jouer de la lyre ! Ah ! Quel délire ! Oh! mes aïeux ! Sûrement que je me fais vieux !

Moi, qui en pinçais grave pour toi, j'aurais dû apprendre le banjo ou la guitare. Je t'aurais promis le grand récital des yéyés en chemises à fleurs, je t'aurais attirée dans ma chambrette pour dénouer tes couettes.

Si je voulais à ce point, faire vibrer ta corde sensible, je pouvais m'initier à la harpe. Mais non ! Je ne sais plus vraiment pourquoi, j'ai fait ce choix… Je me rappelle simplement que ce jour là, il tombait des cordes…

Était-ce en pensant à tes yeux de pluie ou en voulant accompagner tes mélos, dis ? Était-ce pour imiter la parade et le chant de l'oiseau-lyre, que j'ai opté pour cet instrument ? Ai-je confondu guitare avec cithare et flûte avec luth ? Je m'interroge encore, j'ai un orphéon dans la tête.

En ce temps là, je faisais au milieu d'éphèbes, mes humanités gréco-latines. J'étais un rhapsode virtuose, le créateur du tube "Rhapsody in Blue", qu'on donnait le week-end en concert de cithares, avec cymbales et solos d'aulos et de syrinx, au pied du Parthénon. 

J'étais un aède, le barde hellène au récital de poèmes homériques, j'étais l'aède des calanques grecques pour les belles baigneuses, dont tu faisais partie. Je n'étais pas un Apollon, mais avec toi, ma talentueuse aulète, j'ai appris en duo à tenir la note. En chœur, nos cœurs battaient en harmonie et en cadence de souffle et de soupirs. Nous nous aimions sur toutes les gammes des chants de libations et des musiques joyeuses, voluptueuses et bachiques. Alors, avec doigté, je t'ai invitée à la grande Odyssée. Nous étions prêts à vivre ensemble les plaisirs de l'aventureuse épopée de l'amour.

Hellas ! Manque d'inspiration élégiaque ! En guise de poésie déclamative, je n'ai su que te chantonner une espèce de ritournelle accompagnée à la lyre et au tamtam :  bourre et bourre et rata ! Tam ! Piques épiques et collé drame ! Tu me piques à mon grand dam !

Au banquet de l'amour, la table est desservie. Tu te tends comme une corde de lyre. Tu m'apostrophes à la moindre strophe ! Nous sommes à hue et à diatonique. Tu t'irrites au quart de ton. Nous ne nous aimons plus qu'en contrepoints, à contre cœur. Sans commune mesure, tu prends tes iambes à ton cou.

Triste pantomime, je tire une vilaine mimique ! Aie ! Aie ! Aie ! Pour le barde, ça va barder ! Le satyre a encore frappé ! L'aède crie à l'aide en gémissant ses plaintes ! Bas les masques ! C'est une vraie tragédie.

Je ne me méfiais pas, tu étais mon rêve éveillé de beauté. Tu m'avais enchanté, je fréquentais Hypnos. Ah ! Funérailles ! Toi, tu as pour ami Thanatos, son frère ! Bien sûr que je t'aime à mort mais nul besoin de me faire vivre un véritable enfer… Comment m'en sortirai-je ?… Je le sais, seule, la musique adoucit les mœurs. Dans cette "nuit de mai" parfumée, Musset me le suggère : "Poète, prends ton luth et me donne un baiser." 

J'empoigne donc ma lyre pour adoucir ma muse. Je suis devenu Orphée. Avec la permission d'Hadès, j'accours à un train d'enfer pour retrouver mon Eurydice et la ramener au jour d'un amour de pleine lumière, de paix et de raison. La force de mon chant doit la guider pour sortir de sa colère noire et des profondeurs des ténèbres. Je lui clame : "Entends le chant de ma lyre / Oublie tes affres, tes délires / Cesse de broyer du noir / De me mettre au désespoir."

Je lui parle de nos hymnes aux dieux, des jeux pythiques et des victoires musicales couronnées de lauriers. J'évoque les mélodies du paradis perdu. Je lui promets des danses au son de la musique des anges au milieu des torches antiques, des halos et des auréoles séraphiques. Mais, j'ai beau essayer d'être lyrique, tous les musiciens et tous les poètes ne sont pas Orphée.

A peine, sortie du souterrain, pas le temps d'obtenir des éclaircissements. Remontée avec nos discordes, ma belle de clair-obscur continue de voir tout en noir. Eurydice n'est pas la douce déesse exaltée par le Mythe et l'opéra de Gluck. Notre réunion fait à nouveau des étincelles. La furie ne tarde pas à me lancer ses foudres et ses lasers.

Que peut faire une lyre face à une crécelle, une polyphonie de crincrins ? Plus d'accord parfait, nos accords étaient plaqués. Le temps n'est plus à la romance mais à la fugue. Je reviens sur terre… J'ai à peine le temps de me retourner dans le verger d'Éden que déjà, elle s'éclipse avec un joueur de flûte, un rusé charmeur de serpents à sornettes, rencontré au pied d'un pommier.

Orphée désenchanté, abandonne sa lyre. Inutile de se lamenter, son chant d'oubli et de remords retourne au silence. Adieu les instruments à cordes et les vibrations de l'amour ! Vive les instruments à vent ! Eurydice aura droit au pipeau et à la bombarde, au biniou et aux cornes, Muse !

Moi, si dans le Sud, je suis éloigné de "la vie parisienne", si je ne danse pas le French Cancan, j'écoute le cœur léger, "Orphée aux Enfers" d'Offenbach et le rythme endiablé de "son galop infernal"... Les yeux mi-clos, en écho télépathique avec Toulouse Lautrec attablé au "Moulin Rouge", je prends la main de ma danseuse et je m'exclame plein de gaité : "Je t'aime à la folie, bergère !" 

Voir les commentaires

Plume d'ange

Publié le par modimodi

Dans mes contes de fée, les carrosses des princesses étaient tirés par un fringuant attelage de chevaux. Gardant mon cœur d'enfant, j'ai cru à ces légendes. J'y crois encore parfois, quand, en pleine crampe d'écrivain, pour me donner de l'élan et du courage, je me surprends à m'esclaffer : "Fouette cocher !", espérant secrètement emporter mes princesses, les Muses, Euterpe et Calliope.

Dans mes humanités gréco latines, j'ai croisé les plaisants Eros et Cupidon. Sans me toucher au cœur, chacun m'a laissé l'image d'une petit dieu ailé, d'un bel ange de l'amour, d'un archer facétieux. Je m'attendais donc, à être, un jour la cible d'un bel ange me dévoilant les délicieux mystères du divin paradis.

A vrai dire, étant d'un naturel plus matérialiste que romantique, si j'en percevais l'éventualité, je me le représentais plutôt sous le traits de Guillaume Tell, visant ma pomme d'Adam et ma pomme d'amour ! Car une belle Eve m'était assurément promise…

Echappée, du tableau de Botticelli, Vénus m'est enfin apparue. Merveille ! Perle sortant de sa coquille, elle donne aussitôt naissance à ma nature profonde, en émois et ravissement, innocence et pureté des sentiments. Son angélique féminité, sa longue chevelure blonde drapant pudiquement les courbes de sa nudité et sa mélancolie rêveuse emportent mon cœur dans un zéphyr d'amour printanier.

Le poète comblé va pouvoir célébrer sa beauté, exprimer ses chants lyriques et floraux de myrte et de roses, clamer et murmurer ses désirs sensuels et ses fantasmes érotiques. Mais surprise désenchantée ! Coup d'archer, coup fourré ! Cupidon doit avoir plusieurs cordes à son arc…

Ma belle histoire d'amour n'a rien de séraphique, elle est tirée par les cheveux. Au lieu de me lancer une flèche de son carquois, pour la tremper dans l'encrier, Eros me laisse sur l'écritoire, une touffe de cheveux d'ange.

Depuis, au lieu de faire des accroche-cœurs, mes textes sont touffus, mes mots ont du toupet, j'ai un cheveu sur ma langue. Devant elle, je zozote, je frise le ridicule ou je la mets à cran… On finira par se crêper le chignon et je risque bien d'être coiffé sur le poteau par un barbant raseur aux idées clairsemées, aux yeux de merlan frit.

Ô bel ange de l'amour, il y a tromperie sur le produit. Je ne voulais pas d'un style ébouriffé aux idées en bataille, je ne voulais pas non plus d'une perruque aux expressions précieuses et poudrées, pas plus qu'une coiffe de chef indien sur le sentier de la guerre éditoriale.

Je veux simplement une plume de mon ange pour vivre, avec elle, ailes dans ailes, de belles envolées au royaume de l'amour étoilé. Plus simplement, il t'est même permis, ma céleste, de m'en prêter une, "pour t'écrire un mot", comme le chantent "au clair de la lune" de charmants chérubins.

Je ne suis qu'un angelot littéraire, qu'un apprenti plumitif et je ne suis pas près de voler de mes propres ailes. Vois, mon messager, j'ai une patience d'ange, pour calligraphier et enluminer les voyelles d'azur. 

J'ai besoin de toi, de ta douceur angélique, de ta lumière et du secours des légions des anges et des archanges pour trouver les mots justes, toucher les cœurs et emplir les esprits de sereine plénitude.  

A l'heure de l'angélus, mon angélique, toi, ma petite marquise des anges, ne te fais pas prier pour accomplir nos pieuses dévotions. Oui ! Je suis l'ange gardien de ton corps.

Ô ma beauté du diable, d'une plume de satin, je veux écrire, aimer et tutoyer les anges dans l'extase de la chair.

Mon cher ange, chaque jour que le bon Dieu fait, volons nous dans nos plus belles plumes et soyons toi et moi, aux anges, au paradis !

 

Voir les commentaires

Vert

Publié le par modimodi

Sur l'écorce de mon cœur, comme un lierre entrelacé, vous vous êtes lentement glissée. Vous l'enserrez avec douceur, en déroulant une guirlande de pensées et des bouquets de mots. Vos feuilles en étoile l'imprègnent de vert tendre. Mon paradis végétal scintille dans les parfums suaves des roses chèvrefeuilles.

A moins de nous arracher, nous sommes inséparables. Nous nous appartenons mutuellement. Nos essences se confondent et nos couleurs fusionnent leurs pigments. Sous les caresses du soleil, chacun se donne à l'autre dans une étreinte osmotique de baisers à la chlorophylle. Nous vibrons dans l'air et voulons ensemble conquérir la lumière.  

Vert, est notre couleur, notre pulsation, notre langueur d'onde… de vie et d'espoir. Vert est le vent chargé des souffles du printemps et le vert éclatant de l'arbre de la vie.

Vert, le frais rameau de votre insouciante jeunesse. Verte, sa première branche, irriguée d'ardente sève printanière. Vert, le galet moussu, caressé et frémissant au clair ruisseau de votre tendresse. Vert, le rocher couvert de fougères, luisant de perles jaillissantes du torrent de vos yeux, quand l'amour est saison d'hiver.

Verts, vos rires de diabolo-menthe et votre frimousse en pâte d'amande. Verte, la soie de votre robe tournoyant dans la ronde des jours. Verts, vos cheveux de fée dansant au clair de lune.

Verte, la pierre de chrysoprase, chakra de votre cœur ouvert, couleur de vos espoirs aux teintes du bonheur. Vert, l'anneau magique de topaze, gravé d'un soleil flamboyant, glissé au doigt de votre Chance.

Vert, le bonheur qui danse dans l'imagination naissante de l'artiste. Vert, le vert Véronèse, l'enchantement au clair des yeux du peintre, enluminant sa palette, d'herbe bleue et de ciel vert, moussant d'oiseaux, volant vers vous.

Vert, la bouteille à l'encre renversée, dans les chemins perdus de la forêt de mes pensées écrues. Vert, le bois tendre des rimes embrassées dans lequel, en poète amoureux et ému, je taille mes premiers vers. Verte, l'ondine, la magicienne, ma muse, l'absinthe de mes mots pour Verlaine attablé avec sa mélancolie, dans le café Procope.

Vert, le U rimbaldien de "l'alchimie du verbe" . Vert, le lointain paradis de Ch. Baudelaire pour vous "ma triste et vagabonde". Verte, la cabriole dans "le vert paradis des amours enfantines" et plein "de souris vertes qui couraient dans l'herbe"…  Vert, ce murmure plaintif : Ô mon rêve sublime, pour vous aussi, mon cœur soupire. "Comme vous êtes loin, paradis parfumé !"

Vertes et noires, et blanches et rouges et bleues et violettes, les voyelles d'azur de vos yeux pour me permettre de supporter, loin de vous, "une saison en enfer". Verts, vos regards qui filtrent la lumière à la rosace de mon âme.

Vert, le tapis de la providence sur lequel nous roulons au hasard, l'un vers l'autre. Verte, la mousse du chemin qui tapisse le nid ou l'oiseau bleu attend l'oiseau du paradis, dans lequel, moi aussi, patient, je vous attends.

Verte, l'amande de vos yeux crachant le charme de leur feu. Vert, votre mystérieux pouvoir alchimique de salamandre qui me fait vivre aux creux des flammes, sans jamais me consumer. 

Vert, le bronze antique drapant de sa patine la gloire des statues. Verts, les lauriers promis à votre front pur de déesse. Verts, le jade et les agates, l'émeraude et les saphirs, les turquoises et les opales, féeriques pierres précieuses taillées pour votre diadème de royauté céleste.

Vert, le fruit de l'amour et de ses vertiges. Verte, la tige qui ouvre sa corolle et vous offre sa rose à peine éclose, comme mon cœur déploie lentement son amour. 

Vert, le fruit mordu ce matin, à vos lèvres. Vert, le vin bourru de nos jeunes ivresses. Verts, le lied et les pièges des lettres et des sons du verbe poétique offert à vos silences.

Verte, ma langue, verts, les mots crus de la vie, écorchés aux éclats de verre de la grammaire et du vocabulaire. 

Vert, le brin d'herbe qui frémit quand votre cœur soupire. Vert, le chant de la mer à l'oreille des vagues. Verts, les chuchotis délicats de l'océan dans l'arc-en-ciel et les alizés d'outremer. Vert, le collier d'algues au cou d'or des sirènes. Vert, l'infini de vos appels du fond des eaux aigues-marines.

Verts, les soleils cuivrés de l'horizon en flammes aux derniers feux du crépuscule, quand vous m'ouvrez les bras.

Vert le bourgeon du renouveau, de la fleur dans le fruit. Vert, l'alphabet de la nature qui s'effeuille dans un murmure. Verte, l'ombre complice de l'olivier. Vert, son espace pour notre espoir jamais vaincu.

Vert, mon rayon vert qui accomplit mon vœu.

Voir les commentaires

Sous cloche

Publié le par modimodi

J'ai le seum, le blues, le bourdon,

Ras le casque et ras les pompons

De tous ces virus à la con

Et du Covid en dispersion.

 

Il est partout, collé aux basques,

A mes baskets et à mon masque.

Je dois me méfier de tout :

Amis, voisins et mêm' de vous !

 

Je n'peux plus manger d'pot au feu,

Ils m'ont mis sous le couvre-feu.

Je n'peux plus me taper la cloche,

Ils ont mis mes plaisirs sous cloche.

 

Plus de délices à toute heure,

Tous à la maison, à neuf heures !

Pleurez, amis restaurateurs,

Y'a plus qu'du bouillon d'onze heures !

 

Plus de vie, ni d'animation,

J'ai le choix ! Faut trouver le bon,

Mourir de faim, d'inanition 

Ou être en réanimation...

 

 

 

 

Voir les commentaires

Le chausse-pied

Publié le par modimodi

L'homme cherche à être, toujours droit dans ses bottes, aussi est-il en droit de s'interroger. 

A moins qu'il n'ait su, sans effort, bondir et retomber droit dans ses bottes, il a sûrement du mal à imaginer la taille du chausse-pied du Chat Botté pour ses bottes de sept lieues. Le modèle a sûrement été créé pour les beaux yeux d'une belle aux pieds de biche qui l'aimait dans les grandes largeurs.

Un sabotier facétieux et joueur a pu, au pied levé, avoir l'idée de sa forme toboggan. Au XVème siècle, la mode victorienne des chaussures très serrées a sûrement favorisé la création du chausse-pied. Aujourd'hui encore, quelques esprits étroits qui essayent de nous l'enfiler tentent de nous faire prendre notre pied avec leurs raisonnements boiteux !

L'objet est symbolique et offre matière à réflexions ! Sans doute serait-on surpris d'apprendre que, voulant conjurer le sort de sa frigidité, une vieille fille à marier, avait même entrepris une collection de chausse-pieds. Lasse de faire le pied de grue, elle pouvait avec eux, les pieds sur la chaufferette, rêver à son aise à l'heureuse rencontre d'un pantouflard. Que n'avait-elle ainsi espéré, en les regardant et en les caressant, trouver chaussure à son pied ! Cherchant à éviter la corne, elle prenait plaisir à toucher du bois pour obtenir et garder un moral d'acier inoxydable. On dit même qu'elle tentait parfois le coup, en rendant plus flexibles ses humeurs, tout en jouant momentanément de sa plastique ! Mais aucun triste sire n'est venu lui passer la brosse à reluire.

Inutile de se lamenter à cors et à cris, chacun sait qu'il est difficile de prendre son pied sans le risque du corps ! Les mentons à galoche ne sont pas plus avantagés quand il est question de prendre un panard ! On dit que les ânes aux gros sabots en pincent pour des têtes de mules et que les traîne-savates préfèrent, par manque d'ambition, les repose-pieds aux marchepieds.

Le concours Lépine a encore de beaux jours devant lui ! Pour les esprits tordus ou les pieds nickelés, le chausse-pied reste à inventer. Le modèle XXL est attendu par ceux qui ont les deux pieds dans le même sabot et la taille quatre XL conviendrait à ceux qui ont pieds et mains liés. L'avenir est au sur-mesure, je vous le dis !

Le prototype design pour pieds plats est à l'étude. Il ne peut se réaliser à l'emporte-pièce. Les navigateurs au pied marin et à la démarche chaloupée attendent toujours leur exemplaire, nouvelle vague. La référence Cyrano est adaptée aux pieds-de-nez et la Quasimodo aux cloche-pieds. Ceux qui ont déjà un pied dans la tombe ou ceux qui sont à six pieds sous terre n'ont plus rien à attendre, sinon qu'espérer trouver le chausse-pied, spécial "mine de déterré", pour prendre un grand panard céleste, au septième ciel avec de jolis petits anges joufflus et fessus. C'est peut-être leur ultime souhait...

Je pense que les chausse-pieds de biche devraient avoir grand succès auprès des laborieux qui travaillent comme moi, d'arrache-pied. J'ai d'ailleurs passé commande d'un modèle pour écrivain, au pied de la lettre et d'un autre, pour poète aux pieds ailés. Peut-être que j'ai eu tort de les attendre de pied ferme, car je les attends encore, en battant la semelle !

Voir les commentaires

Panier percé

Publié le par modimodi

Tu as un grand besoin d'paraître !

Tu crois pouvoir tout te permettre,

Tu jettes l'argent par les fenêtres !

Tu n'as plus d'oseille, ni d'osier,

T'es un pauvre panier percé !

 

L'argent te file entre les doigts,

Tu es tentée à chaque pas.

Si c'est neuf, tu n'te retiens pas,

T'es boulimique des achats !

Mais ta carte bleue ne suit pas,

Dès l'quinz' du mois, t'es aux abois !

 

Tu croqu's la vie et la galette.

Ta joie n'est jamais complète,

Si tu n'es pas dans les emplettes !

Tu n'distingues plus, juste ciel,

Le futile, de l'essentiel,

L'accessoire, de l'existentiel !

Tu crois toujours au père Noël,

La barbe blanche providentielle !

 

Ne cherche pas à être chic

Si tu n'as plus d'ronds et plus d'fric !

N'achète pas de beaux dessous

Si tu n'as plus le moindre sou !

Te donne pas une allure bling ! bling !

Si t'as pas d'quoi faire du shopping !

Résiste un peu à tes envies,

Si tu n'veux pas finir ta vie

Dans les soucis et les ennuis !

 

T'as pas besoin d'crème de nuit,

Pour en dormant, être sexy,

Ni d'rouge à lèvres et de vernis

Assortis à ton parapluie !

Tu peux dire au r'voir aux frisettes,

Aux bell' toilettes et aux paillettes,

Et faire risette à la disette

Si elle est plate, ta boursette !

 

Plus de billets, que des piécettes !

Il est temps de t'mettre à la diète,

De compter la moindre miette

Et d'aimer l'poireau-vinaigrette !

Tu n'seras pas toujours à la fête

Si t'empruntes, pour régler tes dettes !

 

Si t'as pas la vein' financière,

Tu n'peux pas être dépensière !

Faut pas se donner de grands airs,

Quand on a la chance en hiver

Et l'compte en banque, à découvert !

Voir les commentaires

Onomatopées

Publié le par modimodi

 

Tu dansais à la boum 

Dans ce grand living room.

Fondant comme un lokoum,

Sur toi, j'ai fait un zoom.

Mon p'tit cœur fait boum ! boum !

 

Et Boum ! Boum ! Badaboum !

Ma rose à peine éclose,

Devant moi, tu te poses…

Mon cœur en cellulose

Se déchire et explose !

 

Et Poum ! Et Poum ! Et Poum !

Avec le silencieux

De tes yeux délicieux,

Tu m'as tiré dessus

J'ai le cœur abattu !

 

J't'ai pris comme un coup de poing.

J'ai le cœur mal en point.

Il me faudrait les soins

De "l'amour médecin"

Et Tagada, Tsoin ! Tsoin !

 

 

Voir les commentaires

Que vois-je ?

Publié le par modimodi

Un homme, une ombre, un inconnu

Longtemps parti puis revenu ?

Un poète ou un philosophe

Un des trois frères Karamazov ?

Que viendrait-il faire, c'est absurde

On a tué le dernier Kurde !

 

Personne ne vient plus chez nous, on a brûlé toutes les cartes, désaiguillé toutes les boussoles, effacé le moindre chemin, soufflé du vent sur les nuages. 

 

Tous les oiseaux se sont perdus

Le printemps n'a pas survécu.

Que fait en approche, cette barque

Est-ce le grand retour de Bismarck ?

Grand-père, m'a pourtant dit, c'est moche

Qu'on avait tué l'dernier Boche !

 

Aucun ami, aucun ennemi ! Aucun mot, aucune nouvelle, aucun murmure fraternel ! Mes souvenirs emportent le silence des étoiles, seules voix muettes en ma mémoire.

 

Mes yeux, paupières clouées

Sont fatigués d'avoir veiller.

Je voulais juste m'accrocher

Au fantôme d'un égaré.

Mais impossible, je le savais

On a tué les étrangers !

 

Il n'y a plus rien au fond de l'eau, plus de chimère, plus de sirène, même plus d'étoile de mer. Il n'y a plus rien dans le ciel, plus rien sur terre, dans les sillages ou les abîmes.

Plus rien à voir, que mon reflet dans le miroir. Est-ce lui, ce dernier étranger, auquel je peux m'accrocher?

 

 

*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-

 

 Escapade de poète

 

A quoi bon partir en voyage?

J'ai enfermé tous les mirages

Dans un collier de coquillages.

J'ai fait prisonnier la lumière

Pour amalgamer au désert

Rose de sable et cœur de pierre.

 

Le ciel est assoiffé. Le sable a englouti les traces de la dernière caravane. Elle va l'amble au feu d'or des étoiles. Je marche lentement au rythme pesant des pas d'un forçat errant. La nuit a bu le lait cru de la lune, si blanc qu'on dirait de la neige.

Je frissonne, j'ai froid. Il reste un feu oublié dans la grotte, au pied de la montagne. Je dois le retrouver, affronter le danger. Je suis à la merci d'un volcan de dune vomissant ses laves. Je rampe, elles vont me dévorer. Je vais me minéraliser, mon cœur de pierre roule, glisse et s'enfonce dans les sables des songes.

Doucement chamelier, retiens ton pas, je dors transfiguré dans la rose de sable. Laisse-moi reposer, mêler mes chants d'amour aux douces voix des djinns. 

Ah ! Aime-moi enfin, ô Muse migratrice, toi, la justification finale de ma course aux étoiles, je t'offre moi aussi, ma rose de papier.

 

 

*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-

 

Nocturne

 

Seule la nuit est à venir avec son feu noir et d'oubli.

Elle viendra la nuit avec ses vides blancs du passé en absence, avec ses ombres déchirées au silence de nos adieux.

Seule la nuit est à venir avec ses temps contractés dans le marbre froid de l'éternité.

Elle viendra la nuit avec les échos inutiles des victoires claironnées par tous ces pauvres cœurs, insignifiants d'amour. Moi aussi, j'aurais honte de mes élégies, de mes émois tremblants et des paroles que je n'ai jamais dites.

Seule la nuit est à venir avec quelques plumes arrachées à l'oiseau de la Liberté.

Je l'attends ! Qu'elle vienne déposer en ma page blanche, gonflée comme une voile, des mots de feu, des mots de joie, des cris de vie hissés jusqu'au ciel de ma poésie, en gerbes de fleurs et d'étoiles !

Je veux traverser les ténèbres . Je veux happer la lumière figée dans le sang des astres roses. Je veux enflammer les silences des pensées qui se dérobent.

Je veux au matin, courtiser le hasard, l'appeler Inspiration, baiser sa chair, prendre sa langue et tordre sa bouche menteuse. Je veux désarmer la beauté, peindre des roses sur l'armure et m'affronter à l'absolu.

Que les oiseaux viennent bruire et lancer leurs trilles aux musiques célestes ! Que la grâce ruisselle de la clématite de mes chants ! Que le printemps donne sa vigueur à mon langage, noueux cassant comme un bois sec ! Que le feu éclate ses sonorités dans les brindilles de mes rimes et ranime les cendres au sein de mes ratures !

La nuit peut venir, je l'attends avec ses promesses chuchotées. Le futur est son clandestin échappé des barbelés du temps. Il va me rendre visite, faire tourner sur ses gonds la lourde porte de mes poncifs uniformes, aux couleurs craquelées. Je pousserai les verrous pour le laisser entrer. 

Je peux fermer les yeux et m'endormir. Aux croisées d'ogives des étoiles, je croque l'hostie noire de la nuit. La poésie est un art sacré.

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Tu ne m'aimeras jamais !

Publié le par modimodi

Je n'ai pas bel aspect

Avec mon vilain nez, 

De melon charentais

Et mon vieux dos voûté,

En bec de perroquet.

 

J'voulais être un jockey

A la taille de cricket.

Mais je n'suis qu'un basset,

Un bedonnant roquet,

Trop gros, trop grassouillet.

 

Tu préfères les minets,

Pas les efféminés,

Plutôt les freluquets,

Ces jeunes paltoquets

Sachant faire du chiqué !

 

J'sais pas faire le coquet,

J'suis un coquelet rondelet, 

Un porcelet replet,

Boudiné, mal ficelé,

Toujours saucissonné.

 

J'ai le cœur aux aguets.

Je voudrais sans délai

Me jeter à tes pieds,

Mais avec mon tonnelet,

J'n'arrive plus à m'baisser.

 

Tu dois me trouver laid,

J'ai droit aux quolibets.

Tu n'veux pas d'un boulet,

Je suis bien trop épais,

Tu ne m'aimeras jamais !

Voir les commentaires

1 2 > >>