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A la tête de l'art

Publié le par modimodi

L'école de la République a la noble mission de sensibiliser nos chères têtes blondes à l'Art avec un grand A... Vaste, noble et belle ambition !

De quel art parlons-nous ? De l'art oratoire des poètes et des beaux parleurs, de l'art culinaire du latin de cuisine, de l'art dramatique des accidentés de la scolarité ?

Parlons-nous des 7 arts libéraux ? Trivium et quadrivium, des trucs en hics, en tics antiques ! Un cauchemar permanent et catastrophique pour certains écoliers, incertains en grammaire, dialectique, rhétorique, arithmétique, géométrie, histoire et musique.

Parlons-nous de l'art en tant que conceptions du Beau, d'esthétique éclatante et d'harmonie plastique des formes et des couleurs ? Parlons-nous, d’œuvres d'art dans l'élégant équilibre des proportions ? Mais encore ! …

Tout n'est-il pas, bien souvent, relatif et subjectif ? Voltaire nous l'a rappelé, "la beauté pour le crapaud, c'est sa crapaude." Mon beau-frère ou ma belle-sœur ont surtout de beaux yeux. "La plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a" mais chacun sait que le plus beau réside dans ce qu'elle ne montre pas. Et chacun a une double chance. Soit à sa naissance : "Tout nouveau, tout beau", soit dans le mystère de sa beauté intérieure. Ceux que la vie n'a pas gâtés, dont on dit qu'ils ne sont pas finis ont même le secret espoir de finir dans la beauté schubertienne d'une symphonie inachevée.

D'ailleurs, l'homme, dans sa petitesse, cherche à se dépasser. Après avoir tenté en artiste de faire le beau, le voilà, en quête éternelle, d'absolu, d'excellence et de perfection. D'ordre esthétique et mystique, la divine proportion, présente dans le corps humain, avec sa section dorée et son nombre d'or, a donc inspiré, nombre de créations : dans la peinture (Dali), l'architecture (Le Corbusier, Ricardo Bofill), la musique (Y Xenakis).

Tous les styles, de toutes les époques, influences ou courants, tableaux et monuments ont une même référence, l'art de toucher, d'émouvoir, d'aiguiser les sens et de provoquer l'intuition et l’intelligence !

La tendance est aujourd'hui à la vulgarisation voire à la vulgarité d'un art autrefois impressionniste et qui s'expose faussement en techniques qualifiées de modernes. Cet art qui a détourné la richesse foisonnante du baroque s'en revendique et se dénomme gothique, avant-gardiste et parfois décadent.

L'art est partout, dans les musées, les auditoriums, les théâtres et dans la rue. Si depuis Platon, la politique est l'art de s’intéresser aux affaires de la cité, aujourd'hui, elle est même devenue un art du cirque où bateleurs harangueurs et jongleurs prévisionnistes amusent gradins, travées et amphithéâtre. Si depuis Socrate, la pédagogie est un art d'accoucher les connaissances par la découverte active de la réflexion et du dialogue, l'éducation nationale a inscrit la découverte des arts à ses programmes.

Au même titre, que la littérature ou les sciences, l'art s'est imposé comme objet d'enseignement. Il a fait école. Car l'exigence pédagogique est ainsi faite : pour faire d'une tête bien pleine, une tête bien faite, il convient de la jeter, aux fins de l'initier, à la tête de l'art !

Mais qui peut nous dire où commence l'art et qui l'a initié, exprimé, façonné, peint ou sculpté ? Sont-ce les peintures murales découvertes dans les cavernes ou les premières poteries, les os de mammouth et les silex taillés, les bijoux ciselés pour les belles primitives ?

Quel en est l'alpha et l'oméga et pour dire cool, y a-t-il un b-a ba de l'art, un b-a-ba-ba- school ? A le vulgariser, ne risque-t-on pas de le rendre vulgaire et de transformer ses face à face en terre à terre ? Quel cauchemar pour un tableau que de finir au tableau noir !

A quel art se vouer ? Pour ne pas compromettre les canons de la beauté, devrons-nous négliger l'art militaire pour les beaux-arts et répudier les neuf muses des arts libéraux pour les neuves nymphes du 7ème Art ? A quelle école, quelle période, quel génie se référer ? Le romantisme ou la Rome antique, l'art byzantin ou le pop'art, le douanier Rousseau ou le facteur Cheval, Manet ou Monet is money, en mille liarts, en dollars ou en roubles-art, c'est toujours de l'art, gens !

Et moi de tous, César, je préfère l'art Zèbre ! Faut vous dire que très tôt, j'ai affirmé de réelles dispositions, encrées en moi depuis toujours. Joyeux bonheurs de l'enfance ! Mes premiers essais grapho-barbouillés ont empâté mes cahiers que les taches, par mes petits doigts, appliquées, ont rendu originaux et camaïeux. Au CP, j'étais dernier en écriture mais premier à la compo de patato-gravure. J'avais là, sans nul doute, la révélation de mes dons précoces.

Dès l'adolescence, j'excellais encore à peindre pour ma douce et tendre, ma mie, quelques croûtes du plus bel effet. Tout à la fois zinzin, zazie, zazou, zozo, je fréquentais z'alors les musées et les zoos. Et c'est devant le zèbre que je connus z'ainsi mes z'ultimes z'émotions z'artistiques. Aucun doute, mon frère en peinture se trouvait là !

Aussi permettez-moi de dédicacer à ce virtuose du pinceau comme à ceux qui se reconnaîtront artistes, cette pochade, en clin d’œil intitulée : 

Le Zèbre

Drôle de zèbre à rayures,

Tu ne manques pas d'allure !

Mais pourquoi ces hachures

En forme d'épluchures ?

Et pourquoi ces ratures

Faites à la peinture ?

Serait-ce l'armature,

L'ébauche d'une armure ?

Sont-ce enjolivures

Que ces quelques zébrures ?

Crois-tu que ces marbrures

Te donnent de la carrure ?

Drôle d'architecture !

Bizarre créature !

Tes quelques éraflures

Manquent d'enluminures,

Ta grossière ossature,

Manque un peu de teinture.

Je te le dis, c'est sûr,

Laisse tomber la peinture !

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Partage

Publié le par modimodi

L'altruisme qui sied à la vie en société nous incite à partager avec notre prochain et donne tort au proverbe égoïste : "Charité bien ordonnée commence par soi-même."

Car aux yeux de la morale, il est inconvenant de penser à soi avant de se préoccuper des autres. C'est d'ailleurs au nom de ce principe, que les mêle-tout trouvent un encouragement à s'occuper de ce qui ne les regarde pas.

Loin d'être partageur, dans la savane et la jungle des villes, celui qui applique la loi du plus fort se réserve la part du lion. Alors, la charité serait-elle l'apanage des faibles ?

La fraternité elle-même ne serait-elle qu'une parenté familiale comme la sororité naturelle entre frère et sœur ? L'amour fraternel n'a rien d'idéal, si on se réfère aux frères ennemis, Romulus et Remus, Caïn et Abel ?

Alors ne faut-il pas s'interroger sur les bienfaits et l’ambiguïté du partage et ne devons-nous pas rester partagés sur sa signification ? Nous le savons, les mots sont piégeux, leurs sens s'amenuisent avec le temps. D'ailleurs nous risquons de perdre la tête, si nous voulons appliquer à la polysémie du partage ce proverbe de Descartes : "Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée."

En effet, tout s'interprète et se déprécie à l'usure. Dans l'esprit du philosophe, il ne s'agit pas de l'opinion communément admise mais de la raison qui permet de distinguer le vrai du faux et la faculté de discerner le bien et le mal sur le plan moral.

Il convient donc de se méfier de ceux qui veulent partager leur avis quand ils ont l'impudence de tout savoir et tout connaître et qui parfois se perdent et se contredisent dans leurs arguments, en pensant qu'ils font autorité. Il est ici encore intelligemment préférable de rester partagé.

Dans les couples, chacun réserve à l'autre la meilleure part de soi-même et donne à sa moitié son amour, à part entière. Chacun participe aux plaisirs de l'autre et le bonheur se partage dans la félicité. Le temps leur donne sa durée à partager dans un accompagnement de vie commune.

Mais monsieur le maire avant l'échange des consentements l'a dit, l'union des conjoints est contractée "pour le meilleur et pour le pire". Sous-entendu : chacun aura sa part ! La vie commune est un tirage au sort. Mais ce jour de mariage permet de partager le meilleur des espoirs de joie avec tous les amis.

Aussi, après le ciel bleu parfois, dans le ménage apparaissent les premiers nuages, quand après les caresses et la tendresse, le partage du quotidien s'apparente psychologiquement aux plaies et bosses. Les dissensions s'expriment de toutes parts, alors même les torts sont partagés de part et d'autre ou portés devant le juge, chargé de les départager. Dans la communauté réduite aux acquêts, les biens sont répartis de manière équitable et chacun reprend sa part, dans un accord fifty-fifty !

Partager suppose une ouverture du cœur, compassionnelle pour donner sans rien attendre en retour. Cette noble attitude a conduit St Martin à partager son manteau, à St Louis à nourrir les pauvres. Faut-il y voir un total désintéressement ? Que nenni, si le chrétien suit le principe catholique "d'aimer son prochain comme soi-même", il le fait en symétrie de l'amour de Dieu pour lui. L’application caritative du "donnant, donnant" est donc dogmatiquement admise.

Qui ne s'aime pas ne pourrait donc pas être charitable mais simplement solidaire sans être ni dans les largesses ni à demi généreux. La morale laïque de la république affiche à son fronton la fraternité comme la valeur résultante de la liberté et de l'égalité. Au banquet républicain, chaque citoyen français est un compagnon du devoir. Il partage au sens étymologique, le pain et faute de brioche, il bat le pavé, en béret basque et baguette sous le bras.

Le monde est plein de confusions. Nous n'avons souvent à partager que le manteau rapiécé de nos illusions et de nos contradictions. On peut tout partager, ainsi la tarte, en se réservant à la découpe, la meilleure part du gâteau. Ainsi une nouvelle sans en révéler l'entièreté et simplement dans l'intention de diviser l'opinion. Car partager partiellement, c'est toujours partager ! Ainsi les profits et leurs rétributions entre ouvriers et actionnaires, ainsi la division du territoire entre propriétaires, exploitants et occupants. 

Mais l’État prône l'illusion de la démocratie participative pour que chacun ait voix au chapitre, qu'il puisse s'exprimer et partager son point de vue, sitôt noyé dans une synthèse réductrice. Heureusement, il y a les fêtes où l'on peut partager la joie des enfants qui attendent St Nicolas ou le Père Noël. Il y a les expositions d'artistes et les concerts où les spectateurs partagent ensemble les mêmes contemplations des œuvres et la même écoute dans le secret des émotions singulières. Partager offre la possibilité de communier tout en conservant son individualité émotionnelle.

Ainsi ! Le lecteur voudra bien partager un peu de son indulgence pour cette modeste démonstration, critiquable de toutes parts et qui ose malmener les proverbes. Elle ne demande à personne d'adopter la totalité du propos, d'embrasser ses points de vue mais de la partager, en bonne part et en réflexion et non pas en communauté de sentiments. Chacun est en capacité de faire le partage entre ses pensées, ses convictions et ses croyances... même si, au final, il reste tiraillé et partagé.

 

 

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Décalages

Publié le par modimodi

Malgré les décale-âges,

Épines de la rose,

Je me tiens devant toi,

Désarmé, incertain !

 

En ce premier matin,

Mon amour, je te lance

Des bouquets de "je t'aime" 

Parfumés de rosée.

 

Ton cœur était trop grand,

Pour tous les rêves de tes vingt ans.

Tu les as élevés

Dans les veines de sève,

De ton corps femme-enfant.

 

Tu les as transportés

Dans les souffles du vent,

Hissés dans la lumière,

À la cime des arbres,

Au plus haut de toi-même.

 

Moi, je les ai suivis

Comme des vols d'oiseaux

Aux flèches du soleil.

Tu me les as offerts, 

A la croisée d'ogives 

De notre première nuit étoilée !

 

Les voiles gonflées

De songes et de fièvres,

A tous les arcs-en-ciel

Des saisons de mon âge,

Je porterai ta jeunesse

Sur les ailes des anges.

 

En moi, désormais,

Tu bats comme la vague

Contre mon cœur rocher.

Je ne crains pas l'avenir,

Ni tes départs, ni tes envols,

La mer me couvre de baisers bleus.

 

En moi, en ton absence,

La lampe du soleil,

La lanterne de la lune

Poudreront de lueurs

Leurs ombres scintillantes,

Au front ridé des jours,

Aux portes de la nuit.

 

Dans le tourbillon des planètes,

Les étoiles danseront

Comme des éclairs de fin d'été

Au feu d'or de la galaxie !

Chaque rêve est ton royaume

Où mes ans se confondent.

 

Tu m'offres les mystères

Du crêpe des brouillards

Aux chandelles de l'aube

Et de ta main de sable

Tu répands le soleil.

Tu es ma voie du ciel.

 

 

Tu triomphes d'insouciance

Comme le jour qui naît

Du ventre éclatant de la nuit.

Tu offres le silence

La grâce et l'innocence

A la terre et au ciel.

 

L'amour en ton cœur grand ouvert

A déposé ses sortilèges,

Donné des songes à tes chimères,

Posé des pièges d'innocence

A ta chair de nacre rose.

 

Son portail est grand ouvert

Sur le ciel bleu de ton enfance.

Tu ne connais pas la souffrance

Des trahisons de fin d'été,

Et les parfums désespérés

Du dernier chèvrefeuille.

 

Tu ignores ces étranges brumes,

Premiers voiles d'obscurité,

Rideaux voilés, tendus

Sur tes yeux endormis

Quand les songes d'azur

Répandent leurs étoiles.

 

Je suis antique,

J'ai mille ans qui me pèsent.

Je suis un bloc du destin,

Un cyprès orgueilleux,

Prisonnier des racines

Qui plongent vers la mort.

 

Tu es feu éternel,

Surgi des profondeurs

Et des forges du temps.

Tu jaillis en mon cœur,

En mon corps indompté.

 

Je renais à jamais,

Ma nuit transfigurée,

Ma soif de vin et de rosée.

Je bois les bulles du printemps

Aux sources fraîches de tes yeux verts.

 

__________________________________________________________

 

Malgré nos décale-âges,

Épines de la rose,

Mon amour je te lance

Dans l'écharpe du vent

Où dansent les abeilles,

Des bouquets de "je t'aime !"

 

Je me souviens des hivers nus.

J'étais loin, j'étais seul…

Pour venir jusqu'à toi,

J'ai marché dans ta nuit

Jusqu’aux nuées de l’aube.

 

J'ai désarmé les ombres.

J'ai masqué mon passé,

J'ai voilé mes élans,

J'ai tranché ma mémoire

D'un éclat de miroir !

 

J'ai pris tous tes chemins.

Dans la forêt des songes,

J'ai suivi chacun de tes pas,

Légers et feutrés, déposés, gravés

Dans la neige de l'enfance,

Brodée de dentelles,

Blanches d'innocence.

 

Je t'ai attendue et cherchée !

Au jardin muet du silence,

J'ai arraché les herbes folles, 

Chiendents des lâches abandons.

J'ai ouvert toutes les fenêtres

Pour écouter le chant du ciel

Et te laisser entrer dans la clarté du jour.

 

Sur l'île aux mâts brisés, 

Aux ancres échouées, 

Je me suis laissé déposer.

Je t'ai espérée tremblante,

A l'écume de chaque vague.

Mais le soleil s'était noyé

Dans une lune de sang.

 

J'ai imaginé ta route et ses dérives,

J'ai inventé ton cap,

J'ai cherché ta lumière

Dans les suies de la nuit,

Dans les embruns de brume…

J'ai traversé par la fente de l'aube

Les nuages de pluie et les ombres brouillées…

J'ai cru voir ta voile traverser l'horizon.

 

 

J'ai attendu debout.

Comme la lampe du phare,

Fidèle flamme d'espoir

Pour les cœurs naufragés,

Dès que la mer mugit

Ses cruelles errances

Aux âpres vents d'oubli.

 

J'ai tremblé dans tes yeux…

Ils ont la beauté grise

Des silex bleuis

Au croissant de l'acier

D'un clair de lune déchiré

Au front de la nuit ivre d'éternité.

 

J'ai veillé aux portes de ton corps.

J'ai attendu que tu te donnes

Comme le parfum d'une orange,

Comme le printemps au bourgeon,

Comme la becquée aux oisillons,

Comme le jour à la lumière,

Comme la fleur au fruit

Et le vent aux nuages.

 

Dans une flambée de vertiges,

Tu as tout emporté,

Dispersant mes certitudes aveugles

Aux lueurs de l'aurore.

 

Tu m'as donné l'oubli

En ton lit, cette nuit !

J'ai fait le tour du monde

Et le tour de mon âge !

 

Ce feu d'orage sous la peau,

Tes hanches, tes seins, tes bras

M'ont rendu mes vingt ans.

Je tiens le monde entre mes mains.

 

Mon bonheur de plein ciel, 

Je revis et m'envole

Au cœur de l'éternel

L'amour est à l'étoile,

J'ai pris la caravelle…

 

______________________________________________

 

Malgré nos décale-âges,

Épines de la rose,

Je garde le fol espoir,

Comme la neige d'hiver, 

De devenir la source

Qui gonfle le torrent

Des ruisseaux de mes "je t'aime"

 

Nous nous sommes donnés,

Nous nous sommes aimés. 

Tu as fait danser la lumière

Illuminé mon encrier,

Je peux tremper ma plume

Dans le sillage des étoiles.

 

 

Tu n'auras plus jamais de fin,

Comme les coulées incandescentes

De mes émotions brûlantes,

Comme le vent rouge de mes désirs,

Sur le désert chauffé à blanc.

J’ai un domaine de dunes blondes,

Une oasis et un mirage

Pour t’abriter et pour rêver.

 

Comme le vent chargé

De ces tourments sableux,

Où mon destin s'était perdu

En hésitations et hasard

Dans les ressacs du temps,

Tu as soulevé mes doutes

Et emporté mon cœur.

 

Mon bonheur est sans fin !

Tu m'abordes et tu me tentes.

Je prends la foudre et les éclairs.

Chacun de tes élans

Écume d'ardeur et de douce heure.

Je monte vers le soleil

Avec le vent de la marée.

 

Comme un cri dans la bourrasque

Et des gerbes de larmes de sel

Dans les vagues du ciel,

Ta beauté m'assaille.

 

Tu déferles contre moi,

Aux brisants des désirs,

Aux écueils de mon âge.

Je me déchire à ton cœur corail.

 

Tu es la vague qui me chevauche.

Tu me bats, je me brise,

Tu es mon chant de terre

Et ma brise de mer.

Tu m'as envoûté, ô sirène !

 

Tu es ma fièvre et ma folie,

Ma langueur hallucinée,

Mes délires et ma déraison.

Tu as vaincu la nuit,

Ses pièges et le sommeil.

 

De mon exaltation créatrice

Monte une élégie,

Un hymne à la beauté,

Le chant de l'aube qui va naître

Des derniers feux de la nuit.

 

Elle est comme toi,

Fleur de rosée et du soleil

Incarnée en moi,

Réelle et surréelle,

Expressive, suprême et pathétique.

 

Ma femme fleur, ma femme enfant,

Tu joues avec ma vie,

Tu joues avec mon cœur,

Nous ne faisons plus qu'un,

Je suis ton sang, tu es ma sève !

 

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Qui es-tu ?

Publié le par modimodi

Qui es-tu 

Pour échapper comme un rire

Porté par le vent

A l'incohérence de ma vie ?

Qui es-tu 

Pour traquer comme un oiseau de proie

L'espace absurde de ma peur ?

 

J'ai peur du vide et de tomber

Comme une torche dans l’abîme,

Peur de te perdre

Comme une vague sans marée,

Comme un cri hurlé dans la nuit.

 

Je ne veux pas survivre,

Bouche ouverte et muet,

Les mains nouées et froides

Sur mon cœur triste et nu.

 

Je n'existerai plus,

Ne serai plus personne

Qu'un rêve inachevé

Dans l'aube pâlissante,

Qu'une cible clouée

Sur l'arbre de l'oubli.

 

Reviens amour, reviens,

Je ne t'ai pas vu grandir,

Nous ne nous sommes pas vu vieillir !

Je t'appelle depuis toujours.

Je t'implore mon tout petit

Mon ciel, mon nid, mon ange.

 

Je te prends comme une enfant,

A peine descendue du manège

Où carousselle ton enfance.

Je te prends comme l'alouette,

À peine échappée des nuages,

Du ciel bleu de l'imaginaire.

 

Je te prends comme un coquillage,

À peine sortie de l'océan.

Je me glisse dans tes dessins naïfs,

Je vacille avec tes voiliers blancs

Qui dansent sur les vagues.

 

Je me soumets à toi, ma reine,

Couronnée des étoiles de mer,

Des colliers scintillants,

Aux cous d'or des sirènes.

 

Reviens amour,

Ne te lasse pas de jouer

Avec mon cœur, avec mon corps.

Toi, ma poupée rose

Aux songes de soie et de dentelles,

Presse-moi contre toi,

Dansons la ronde des vertiges

Sur les ailes des phalènes.

Offrons aux anges des ténèbres,

Tous les feux follets de la nuit.

 

Avec toi contre moi,

Je veillerai jusqu'à l'aube...

J'attendrai jusqu'à l'envol

De la dernière étoile !

 

Qui es-tu pour m'abandonner

Comme un bulbe de vie,

En promesse de fleur,

Comme un bourgeon du temps,

En regain de printemps ?

 

Tu m'as oublié dans la terre froide de l'hiver

Et mon cœur craque comme une écorce,

Privée de feu et de ta fièvre

Privée de force, vidée de sève !

 

Je me tourne vers le ciel,

Sombre comme ce pain noir

Dans l'amère prison

Où mon cœur désespère.

 

Je me souviens des jours

De murmures et de brise,

Du chant des feuilles,

Des noces des saisons,

Des arbres déployés,

Des échelles du ciel.

 

Je nous revois nous envoler,

Libres comme des oiseaux,

Transpercer toutes les murailles

Du ciel et du vent, de l'eau et du feu.

 

Qui es-tu,

Pour te cacher dans la nuit,

Tisser l'oubli, te fondre

Et me perdre aussitôt ?

Qui es-tu,

Pour ne plus me parler

Qu'à travers les barreaux,

Dans la rouille du temps ?

Ô mon cruel geôlier !

 

Assez ! Assez !

Ne me laisse pas au milieu de moi-même !

Je déserte mon corps.

Il en va de moi, il en va de nous

Comme de ces fantômes perdus,

Comme de ces ombres pendues

Sur la toile peinte des nuages.

 

Arrête ta course,

Attends-moi !

Je viens ardent à toi !

 

Ô toi, qui es-tu,

Pour venir écrire en mon cœur

A la craie rouge de tes mots,

Le premier texte de ta désobéissance ?

 

Je ne suis pas un tableau noir du passé,

Ni une page blanche du quotidien.

Je suis un cri du silence,

Je crisse sur l’ardoise des jours.

 

Qui es-tu 

Pour m'ôter le goût

De sauter et de voler,

D'aimer et de rire

Comme un oiseau,

Comme un enfant ?

 

Je ne veux pas que tu abandonnes,

Nos secrets enrubannés,

Nos couronnes d'enfances,

Nos cornes de licornes

Tressées de roses et de racines.

 

Reviens, reviens !

Aurais-tu oublié

Nos émois adolescents,

Les herbes que l'on froissait,

Nos lèvres que l'on pressait

Quand nos corps s'épousaient,

Maladroits, empressés

Contre la grille aux gonds rouillés,

Dans l'odeur doucement sucrée

Des chèvrefeuilles enlacés ?

 

Reviens amour,

Tes grands yeux bleus

D'anémones et de bleuets

Suffisent à mes rêveries,

Tentations buissonnières.

 

Garde-toi mon amour,

Des ombres trompeuses,

De ces fleurs mauves piquées

Dans la coupe des cieux noirs.

 

Dans l'agonie du jour,

Ne tranche pas nos pensées

Aux aciers violets

Des ailes des corbeaux.

 

J'ai peur, tu le sais,

D'enliser nos aveux

Dans les marais croupis

Des horizons en fuite.

 

Qui es-tu donc, rebelle,

Pour te croire émouvante,

Comme un sourire d'enfant

Donne à la bouche

L'éclat framboisé de la chair.

 

Ô trompeuse promesse

Hélas aussitôt envolée

Dans l'éphémère d'un baiser !

Ô lumière mouvante

Des flammes du brasier,

Cendres ensanglantées

Dans ce cœur calciné.

 

Qui es-tu pour croire

Que tu peux faire la course

Avec le temps et la lumière ?

Que tu peux dérober le feu

Gardé au creux de mes mains ?

Je brûle encore comme nos soleils de juillet !

Reviens ! Reviens !

 

Qui es-tu,

Toi, qui t'enfuis

Comme les saisons en ma vie ?

Pourquoi, m'abandonnes-tu

Comme un soleil d'hiver

Derrière la colline ?

 

Ô mon amour ?

J'ai déjà vécu ce que tu cherches.

Il m'est resté la plume noire

Dans l'encrier sec de la nuit,

Fumées et larmes glacées,

Croix de pierre et routes perdues,

Vaines escapades de vide,

Doubles de temps et d'espaces

De réalité et de songes.

 

Je sais encore des mots d'hier

Aux ruses clandestines,

Quand je perdais ma vie

Dans les vallées profondes

Des brûlures du destin,

Laissant creuser comme des rides

Ma raison et mes certitudes.

 

Vois les ravines de mon cœur,

Charriant leurs tourments,

En fleurs flétries d'amour.

Ne t'enlise pas comme moi,

Dans les sables boueux

Des laisses de ta mémoire.

Un jour, il est trop tard...

S'il ne l'est déjà !...

Las !

 

Reviens, ma tendre, ma douce,

Mon enfant !

Reviens-moi au silence

D'un pétale de neige.

Je saurai te bercer

Dans la caresse du matin,

Poser mes mains sur ton front

Et garder tes secrets !

 

Ne me dis rien de tes errances,

J'ai encore mes semelles usées !

Je sais déjà la douleur,

Et l'oubli que tu ignores !

Le sang ne sèche plus

Au fond des cicatrices

Qui ourlent mes tristesses.

 

Reviens, reviens !

Tu brilles comme un fanal,

Un flambeau dans la nuit,

De lueurs boréales.

Le désir t'auréole...

Je gémis comme le vent du nord.

Je m'enfonce et je fonds

Dans le glacier des illusions

Et la confusion des étoiles !

 

Tu me trouveras qui t’attend

Au bout de ma jeunesse.

Je ne suis que le fuyard

De ton amour qui se dérobe.

Je te désire encore

Comme un papillon, la lumière,

Comme la flamme de la chandelle,

Résolue et tremblante

Se hisse vers l'étoile.

 

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Lettre à mon dentiste

Publié le par modimodi

Docteur, depuis hier, j'ai la gencive qui me chatouille. Ouille ! Ouille ! Ouille ! Ma langue détecte un gonflement douloureux à chaque passage ! Je ressens une hyper sensibilité au moindre effleurement. La douleur est nettement localisée, elle pulse avec insistance pour marquer sa présence.

Ordinairement, je boursoufle et j'enfle de l'égo mais pas de la bouche ! Avec une bonne hygiène buccodentaire, je me passe de vos services. Nul besoin de docteur en fatuité pour guérir de l'hypertrophie du moi et nul besoin de dentiste pour confirmer mon appétit de vivre ou constater qu'avec mes dents du bonheur, me voilà armé jusqu'aux dents.

Je vous ai donc téléphoné pour connaître votre avis d'expert. A ma grande surprise, vous m'avez demandé si j'avais mes dents de sagesse. Ah docteur ! Je ne savais pas que la sagesse poussait avec les dents, qu'elle se montrerait ainsi menaçante en me montrant les crocs et qu'il faudrait l'arracher avant même qu'elle ne se déchausse pour franchir le seuil de mon existence. Pourtant, toute ma vie, je l'ai espérée et cherchée joyeusement, le pied léger et la fleur aux dents.

A ressentir cette grosseur en fond de bouche, je me dis que si je n'ai pas eu la bosse des maths, notamment lors de l'extraction des racines carrées, j'ai sur un tard, la bosse de la sagesse ! Avec cette sensation douloureuse d'oreillon, je sens son rappel à l'ordre. La sagesse impatiente et sur les dents vient brutalement me tirer l'oreille.

Quand je me souris dans la glace, j'ai maxi l'air de croquer la vie à pleines dents. Oh ! Je ne me souviens pas de la percée de ma première dent de lait ni de celles que j'ai laissées sous mon oreiller pour la petite souris. Mais je peux constater comme l'humoriste, un nombre relatif de 30 dedans et deux dehors d'une dentition aux dents encore blanches et à l'haleine presque fraîche.

Mieux vaut sans doute ne pas m'avoir dans le nez car même si je n'ai jamais eu de dent contre personne, je suis capable d'avoir la dent dure. Mais je constate que la sagesse ne fait guère mieux que moi. Si elle croit qu'en me frappant la joue gauche, je vais lui tendre la droite, elle peut attendre jusqu'au jour où les poules auront des dents.

En effet docteur, je ne voudrais pas avoir besoin de vous. Comme j'ai toujours eu les dents longues, vous auriez pu éventuellement me les limer. Je veux bien être couronné mais je ne veux plus aujourd'hui desserrer les dents pour me laisser plomber, prendre le mors, ronger mon frein et finir, ô rage, par mordre la poussière en claquant des dents. Seule une sage femme pourrait accoucher ma raison et me résigner à votre intervention en me promettant de croquer la pomme des plaisirs charnels et charnus pour un futur mal de dents, mal d'amour.

Peut-être m'avez-vous menti comme un arracheur de dents et ne s'agit-il que d'une inflammation passagère de ma dent creuse ? Allez ramener votre fraise ailleurs ! Si vous insistez, je crains fort que vous ne vous cassiez les dents sur mon refus car j'ai peut-être un mol air, mais faute de dent de sagesse, j'ai les dents de la chance. Je n'ai pas le moral en dents de scie et je ne chicote pas avec la vie. Je mâche les tendres fleurs de trèfle, je ne ris pas du bout des dents et je ne suis pas près de les laisser tomber.

Demain, je prendrai encore la lune avec les dents.

 

 

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Célébrités

Publié le par modimodi

A la fin de sa vie, l'Oncle Tom avait-il une case en moins ?

Est-ce parce qu'elle était alléchante que la femme de Pavlov, lui en faisait baver ?

Onan disait : Il faut que je m'exerce, si je ne veux pas perdre la main.

Si la faiblesse d'Achille était dans son talon, avait-t-il au moins l'estomac bien accroché ?

L'histoire d'amour entre Samson et Dalila était-elle tirée par les cheveux ?

Si depuis la Genèse, le ver est dans le fruit, Eve n'avait-elle pas raison de prendre Adam pour une pomme ?

Sait-on si la Vénus de Milo tombait à bras raccourcis sur ceux qui baissaient les bras ?

En vieillissant, Lady Chatterley a-t-elle dit ? Cela suffit, le sexe m'est resté en travers de la gorge !

Cléopâtre refusait-elle à César de se laisser mener par le bout du nez ?

Robespierre mettait-il fin brutalement à ses discours révolutionnaires en disant : Ci-devant, je dois couper court !

Est-ce pour tenir le cou que Minerve est sortie armée et casquée du crâne de Zeus ?

Il n'y a rien de pi(s) que de tourner en rond, disait Euclide au cercle de ses amis. Croyez-moi, j'en connais un rayon.

Est-ce qu'en tombant amoureuse du Cyclope Argès, Phrygie s'était mis le doigt dans l'œil ?

Avant de mourir, Louis XIV, le roi Soleil, a-t-il soupiré : Déjà, je ne suis plus que l'ombre de moi-même.

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J'te largue !

Publié le par modimodi

Pas d'excuses, à ma décharge !

Toi, tes rêves étaient grand large,

Moi, mesquins, sans idées larges.

Dans ton cœur, fier, noble et large,

J'avais la part la plus large,

Quand t'as dit : Je prends le large.

 

Je n'en ai pas mené large.

Depuis, j'suis complètement barge,

Je me goinfre dans la marge,

Je suis gros, gras, en surcharge,

J'en fais des tonnes au sens large,

Notre amour a pris l'monte-charge !

 

En fait, tu m'as bêtement largué,

Tu m'as jeté, valdingué

En cale sèche, relégué,

J'ai le corps tout déglingué,

Mon cœur lâche, trop fatigué,

Je n'pourrais pas bourlinguer.

 

Je vais errer, divaguer,

Dans mes souvenirs, zigzaguer.

Tu peux t'sauver, naviguer

Tanguer, te laisser voguer,

Tu n'as pas besoin d'draguer,

Tu vas tous les subjuguer.

 

Tous ces pingouins, ces homards.

Il suffit d'leur dire : J'me barre !

Ils vont te suivre au radar.

Moi, si tu m'avais dit : J'te plaque,

J'aurais quitté mon hamac,

J'aurais pris d'l'aphrodisiaque !

 

Si tu m'avais dit : J'me taille !

J'me serais mis au travail !

Si tu m'avais dit : J'te lâche !

J'n'aurais jamais fait relâche

Si tu m'avais dit : J'm'arrache !

Je m'serais tué à la tâche.

 

 

Si tu m'avais dit : J'me casse

Je m'serais r'mué la carcasse,

Pour moi t'offrir les palaces.

Si tu m'avais dit : J'me tire,

Je serais venu me blottir

Et t'arracher des soupirs.

 

Si tu m'avais dit : J'te quitte !

Je n'ai que ton cœur en kit,

Si tu m'avais dit : J'fous l'camp !

J'ai besoin d'un conquérant,

Je t'aurais mis sur le champ,

Ton corps à feu et à sang !

 

Si tu m'avais dit : Je file,

Arrête un peu ton babil,

Montres-toi bien plus habile,

Sois mon amant, modern-style, 

J'en ai assez, j'mets les voiles !

J't'aurais fait voir les étoiles.

 

Si t'avais dit : Mon piqu'vers, 

Moi, je joue la fille de l'air !

Je t'aurais écrit mille vers,

J'aurais fait mieux que Prévert !

Mais tu es élémentaire,

Tu manques de vocabulaire !

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Ce n'était pas mon jour !

Publié le par modimodi

J'ai réussi tous mes concours, surtout ceux de circonstances ! J'ai tout raté, sauf le rendez-vous avec la malchance et les chats noirs. Ah vraiment ! Ce n'était pas mon jour !

Comme ce jour d'examen où la voiture ne démarre pas, comme ce jour d'entretien d'embauche, où mon train a du retard. Depuis, je suis ce voyageur sans bagages qui attend sur le quai de l'emploi.

Je suis né un vendredi 31 mais, l'officier de l'état civil était dyscalculique, il a reporté 13 sur le registre. Décidément, ce n'était pas mon jour ! Depuis, mon existence est une corrida, je ne compte plus les coups de corne du destin. Je bois la tasse, je manque de bol, je manque de pot mais pas de pot de peinture blanche que je renverse, transformant en tableau impressionniste le canapé rouge du salon. J'aurais mieux fait de remettre au lendemain, ce que je faisais le jour-même.

J'ai une pluie de pépins ! Si j'ouvre un parapluie, à coup sûr, il se retourne sur la belle qui me croise en coup de vent sans me claquer la bise. Si j'ouvre une porte, la poignée me reste dans la main ou la clé casse dans la serrure. La tuile me tombe dessus comme sur Eschyle, la mélasse comme la fiente du pigeon sur mon chapeau et le guano sur ma voiture fraîchement lavée ! 

Je veux prendre mon vélo, il a le pneu crevé. Ce jour-là, j'ai sans doute évité que ta robe se prenne dans les rayons et qu'un chien nous court après. Si j'ouvre ma portière, elle se fait arracher, victime de l'angle mort. Si je cours après la chance, je mets le pied dans les flaques ou dans le ciment frais. J'ai la mouise qui me colle aux semelles. A la guerre à la scoumoune, mon fusil s'enraye à tout coup et je prends une balle perdue. Je suis le Tartarin de la chasse au bonheur, mes aventures sont mésaventures. Aucun jour n'est le bon jour !

J'ai l'appétit de la vie mais j'accumule les boulettes. J'ai du hachis et du gâchis d'occasions manquées de faire bonne chère. Je suis béni à toutes les sauces, par ce serveur maladroit. J'ai la cerise sur le gâteau de mon existence. J'avale une huître, c'est épatant et hépatite. Je mange une banane mûre, je me casse les dents qui tombent dans la purée. Je m'enivre à l'amour et au vin de Bohème mais la coupe des libations est ébréchée et l'ambroisie est un philtre à la ciguë. Ce n'est toujours pas le bon jour !

Je pars en croisière mais mes vacances se transforment en galère. Un brouillard pendant huit jours, pas de vue mais des bévues. Je prends une malheureuse photo en même temps qu'un paquet de mer. Je voudrais bien fuir la poisse et la purée de pois, me sortir de la m..., mais le rouleau de papier vient de glisser sous la porte et la brosse casse dans la cuvette. J'essuie donc tous les revers. Ce n'était pas mon jour !

Je fais la lutte à l'infortune, mais je perds mon ticket de loto. Pas de chance au jeu, chance en amour, dit-on, à condition de trouver le bon numéro ! Avec toi, mon élue, la roue tourne mais c'est pour me foutre les boules. Il n'y a pas pire malheur que de ne pas être aimé, mais il y a grande misère, de ne point aimer ou mal aimer. Je ne savais pas que nous étions comme le jour et la nuit.

Tu étais belle comme le jour, alors je me suis dit : c'est le bon jour ! Je t'ai déclaré mes feux, j'ignorais que c'était des feux de détresse. Ce n'était pas encore le bon jour de rendez-vous avec le destin. Le hasard avait pipé ses dés. J'avais perdu ma patte de lapin qui avait brouté tous les trèfles, sur le mur de la maison du bonheur, le fer à cheval avait rouillé et au jardin mouillé, l'araignée du soir était en retard. Mes espoirs étaient d'avance ruinés. Au lieu de m'adresser sa flèche, Cupidon m'a mis dans la dèche ! J'attends encore des jours meilleurs !

Mais toi, tu exiges, tu me commandes, tu es mon ordre du jour. C'est trop souvent un mauvais jour ! Je suis un manche et nous sommes à couteaux tirés et croisés. J'ai dû, sans m'en rendre compte, briser le miroir aux alouettes, car de jour en jour, tu veux me plumer la tête.

Tu es du signe du Scorpion, mais ce n'était pas la peine de me piquer au talon. J'étais pourtant toqué, mordu, complètement entiché de toi, mais je n'ai eu que de la déveine. L'aiguille de la chance s'est cassée dans ma veine.  Ah bon sang ! Avec toi, mon astre, j'ai malheureusement piqué une mauvaise étoile à mon ciel de lit.

Victime du mauvais sort, notre amour astrologique est devenu astronomique. Je suis vraiment du signe du Taureau, dominé par Vénus, tu m'as pris par les cornes.

Dois-je t'accorder un concours de circonstances atténuantes ? Avec tant d'ennuis, je n'ai pas le temps de m'ennuyer ! De contrariétés en adversités, j'ai la guigne qui court après la débine. A chaque jour suffit sa peine. Mais les jours se suivent et se ressemblent. Avec toi, on peut tirer l'échelle mais il vaut mieux ne pas passer dessous.

Je voudrais bien crier mon désespoir mais j'ai une extinction de voix. Je vous l'avais bien dit : Non ! Ce n'est pas mon jour !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

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T'es un hypocondriaque

Publié le par modimodi

T'es mal foutu et tout patraque !

T'es à l’affût et à la traque.

Un p'tit symptôme, sitôt tu craques.

T'es un grand hypocondriaque !

 

Tu fais peur à tes congénères,

Toi, le malade imaginaire,

Tu n'es comiqu' que chez Molière !

Tout ce qui circule dans l'air,

C'est pour ta pomme et pour ton blair !

 

Un frisson et tu deviens tiède !

Un malaise, tu crois qu'tu décèdes !

Une crampe et tu deviens raide,

Faut toujours qu'on te vienne en aide !

 

Gorge qui gratte, c'est laryngite,

Pharyngite ou la trachéite !

Un coup d'froid, c'est l'amygdalite,

Si t'éternues, t'as la bronchite !

 

Tu rotes et c'est une gastrite !

Une huître, tu choppes l'hépatite !

Tu te grattes, tu fais du prurit,

Un clin d’œil, v'lan ! Conjonctivite !

 

Mal au ventre, t'as l'appendicite,

L'occlusion, la péritonite !

Les jambes lourdes, c'est la phlébite,

Mal de hanches, c'est la spondylite !

 

Mal au poignet, la synovite !

Mal au dos, v'la la myélite !

Une idée, t'as la méningite,

Dix pensées, c'est l’encéphalite !

 

Le monde est une terre maudite,

Partout rodent les parasites !

Si tu n'craignais pas la dermite, 

Tu t'aspergerais d'eau bénite !

 

Des microbes, faut que tu t'abrites,

Déniche un abri troglodyte,

Deviens un Bernard l'ermite,

Embarque dans un satellite,

Valse comme un aérolite,

Au sein de l'azur, sans limite.

 

Avec toi, les carott' sont cuites,

En amour, faut prendre la fuite !

N'effeuille pas la Marguerite !

Un baiser donn' la gingivite,

Un corps à corps, la mort subite !

 

En maladies, même inédites,

Ta connaissance est érudite.

Petits, gros bobos, vite, vite !

Pas un jour, sans une visite.

 

Pas d'visite, sans contre-visite !

Docteurs, professeurs émérites,

De la médecine, rien que l'élite

Et d'la sécu, le déficit !

 

Un' main tendue et tu t'affoles,

Tu te désinfectes, à l'alcool !

Même si tu pass' pour un guignol,

Ta vie, c'est pas du music-hall !

 

Tes p'tits maux, c'n'est pas d'la bricole

Car tu crains aussi, c'n'est pas drôle :

L'coup de sang dans les artérioles,

Les coups de cœur, les extrasystoles !

 

La rougeole et la rubéole,

La scarlatine, la roséole,

La variole et la vérole,

Le scorbut et l'cholestérol !

 

Aux postillons, toi, tu dis sus !

Tu crains le coronavirus.

Ton cœur fait un collapsus

Dix fois par an, v'lan ! L'infarctus !

 

Devant la glace, tu tournes en rond,

Un point d'acné est un bubon.

Tu te tâtes le cou, le menton,

T'es l'Champollion des ganglions !

 

Tu t'fais d'la bile et du mouron,

Tu t'montes à fond, le bourrichon !

Tu n'crois pas à la guérison,

T'as déjà l'obol' pour Charon.

 

T'as le grand tub et les paroles

De la java des nécropoles.

Pour non-respect du protocole,

La camarde danse la carmagnole.

 

Le pharmacien est ton idole,

Tu es sa rente et son Pactole.

Chez toi, partout, dans les casseroles,

Sur la table, sur le lit, au sol,

Les médocs font la farandole !

 

On ne te posera pas de colles !

D'la santé, t'as le monopole !

Tu peux t'imprimer des bristols :

T'es le Pic de la Mirandole !

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Ni queue, ni tête !

Publié le par modimodi

A en perdre la tête !

Élucubrez, il en restera toujours quelque chose ! Faites preuve de créativité débridée, lâchez les chevaux de l'imaginaire. Ne vous refusez pas, ne vous dérobez pas ! Il y aura toujours quelqu'un pour vous flatter l'encolure ! Quelqu'un qui dira vous comprendre ou faire semblant d'avoir compris.

La raison en est simple. Il est communément admis que le non-sens, perturbant par essence, fait partie du sens. Il est établi que l'implicite peut être interprété, expliqué, exprimé même, de deux manières : claire ou équivoque. Par Janus, chacun ne veut jamais perdre la face !... Mais laquelle ?

En chaque individu, il y a toujours place pour la fantaisie des mots et de l'esprit. Car, l'homme est, par la fantaisie de Dame Nature, un animal généreux et pensant, un homo erectus, coïtus, cogitus. Son côté le plus sérieux s'accorde aux caprices de l'imagination.

En effet, "ce n'est pas tout de rigoler", la pensée de l'humain, la plus communément admise, est formatée pour que l'incongruité et la dinguerie deviennent un tout cohérent et structuré. Ensuite, c'est simplissime : comme l'évidence déduit toujours quelque chose d'un tout, il y a toujours quelqu'un pour donner du sens au délire et parfois même pour crier à l'art nouveau, voire au nouveau génie ! Car il n'y a pas de tout, sans son contraire et vice-versa…

Du tout au tout, pour l'homme, ce touche à tout, il faut risquer ou jouer, le tout pour le tout ! L'irrationalité est un asile pour les illogiques. Les absurdes insensés qu'on croit stupides se révèlent parfois des visionnaires illuminés. Les propos sans suite, à proprement parler, laissent entendre leurs sous-entendus et se correspondent en bouts rimés. Les histoires à dormir debout suggèrent au mental de chacun des représentations et s’interprètent, en rêves, en haute définition. C'est sans rime ni raison, la poésie de la vie : une folle aventure à aimer doublement, d'un fol espoir et d'un fol amour. Pour elle, donnez-vous un mal fou ! 

Divaguez donc amis, dans les eaux folles, surtout, si vous faites marrer la maréchaussée, réputée pour ses idées beaucoup plus vagues que grand larges ! Laissez vos rêves vous envahir et déformer les images de vos visions. Bienvenue aux chimères, aux grotesques, aux féeries fantastiques ! Passez de l'autre côté du miroir avec Alice et demandez l'heure au lapin ! A Dada, sur le Cheval de mon papa !

Ne vous croyez pas hanté, vous êtes rimbaldien grâce au dérèglement de tous vos sens. Votre subconscient vous parle, il vous offre son symbolisme, son surréalisme voire sa métaphysique ! Il se sublime dans les effets de l'Art !

Laissez-vous déconstruire les significations des phrases et des mots, croyez aux hallucinations incomprises de Maldoror. Prenez le Bateau Ivre, psalmodiez ou éraillez-vous la voix avec les litanies vénéneuses des Fleurs Du Mal, ne vous croyez pas Mallarmé pour aborder l'hermétisme en chaque vers suggéré, ni Mal Aimé pour chanter avec Apollinaire ! Ayez l'esprit Breton pour percevoir La Beauté Convulsive, montez dans le Char ailé de la poésie, perdez-vous dans Les Yeux d'Elsa avec Aragon, faites place au délire de l'art avec Artaud entre fulgurance et folie, abandonnez Corps et Biens pour suivre Desnos et deux escargots, A l'enterrement d'une feuille morte en compagnie du Cancre de Prévert. Le monde est beau comme la vie, L'amour la Poésie ; la terre est bleue comme une orange, c'est Eluard qui me l'a dit !

Laissez résonner les fous rires. Il n'y a pas plus cocasse, comme moyen de transport sur l'océan des aberrations, qu'un radeau chargé d'extravagants, d'ineptes et de loufoques ubuesques ! Voguez avec Jérôme Bosch sur La nef des fous jusqu'au Jardin des délices ! Sonnez trompettes de Géricault et qu'ils aillent se gratter, tous les médusés, agités d'urticaire !

Chapeau ! Si vous parvenez à fumer la pipe avec Magritte, à passer une soirée de Gala avec Dali, à cultiver l'esprit de l'escalier avec Escher, à porter votre regard de Miro sur le monde, à pousser votre chanson d'amour avec Chirico et à danser sur le pont avec Picasso et Les Demoiselles d'Avignon ! Vous pouvez passer le reste de votre vie dans l'œuvre de Max Ernst, vous serez gai comme Le Rossignol Chinois et incollable pendant Une Semaine de Bonté !

Partout, l'anormalité déborde de la normalité et l'incongruité, de la portion congrue du bon sens partagé ! La déraison est une raison dérangée à l'instar du désordre et de l'ordre. Ne vaut-il pas mieux, un désordre vivant qu'un ordre mort ? Quand la ligne de mon semblable, est en dérangement, sa raison tient des apartés et ses réponses sont téléphonées. Quand on tient en tête-à-tête, conciliabule avec soi-même, si on est un âne bâté et qu'on parle à son bonnet, la raison passe, voire saute allègrement, du coq à l'âne.

Essayez ! Il ne tient qu'à vous d'être sourd aux injonctions désagréables pour ne plus entendre : "Faites la queue comme tout le monde !"... Au royaume du Sans Queue ni Tête, plus de queue, plus de tête ! Le moineau est une paupiette ! Dans le miroir, l'alouette n'est plus plumée, juste farcie mais, sans sel sur la queue ! Si la poêle vous tombe des mains, il ne peut que vous en cuire. Ouf ! Il n'y a plus de file d'attente, de premier et de dernier ! L'orage n'en finit plus de gronder sur sa queue, le singe dégringole de l'arbre pour rendre la monnaie, le billard sur son tapis vert n'a plus que des boules de neige à faire rouler et pour finir, le diable s'en tire plutôt bien ! Le taureau ne perd que ses oreilles, le têtard s'ébat dans son milieu aqueux, la méduse de Milo, anarchiquement, bat les bras qui lui en tombent et le lombric, ce terre à terre, attend que ça repousse !

Essayez l'insolite ! Dans la nudité de l'esprit, tout est sans dessus-dessous ! Plus de Queues de poire, de cerise, de lotte ou de poisson, plus de queues de rat, de pie, de cheval, d'écrevisse et de lézard, plus de queues d'avion et de peloton, plus de trompette et de panache ! Plus rien à hocher, pas la queue ni la tête ! Alouette, alouette !

Vous êtes un artiste sans le savoir ! Voyez le tableau et cherchez les indices ! "Les mots ne mentent pas", pas même les images ! Comme par magie ! Plus de Têtes d'épingle, de nœud, de clou, de vis, de gondole, de loup, de bétail, de pont, de client et de con ! Plus de tête de turc, de tête à claques, de tête de pioche, de tête-bêche ou tête en l'air, plus de tête froide ou de tête brûlée, de tête de cochon ou de veau ! Plus rien à ravigoter !

Si vous avez franchi les portes de l'esprit libéré, dans mon monde et le vôtre, on ne marche pas sur les pieds ou les mains et jamais plus sur la tête. Plus de casse-tête, de tête chercheuse, de tête dans le c..., de tête au carré, de mise à prix, de chapeau à porter ou de guillotine.

Et...plus personne au bout de la phrase, de cet écrit, sens dessus dessous, sans queue ni tête, ni tête à tête, ni tête à queue ! Que des éclopés ou des culs-de jatte ! Ô héroïques résistants, qui avez su garder la tête sur les épaules et vous la creuser jusqu'au trou de mémoire, prenez, à votre tour, la fuite, à cloche-pied ou les jambes à votre cou !

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