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Bizarre ! Bizarre ! Ben Hur, Icare, Abélard ! 4/4

Publié le par modimodi

Mon amour, mon avatar,

Ma p'tite fleur de nénuphar,

Je n'suis pas assez veinard,

Mais plutôt du genre poissard !

 

Avec toi, tout est bizarre,

J'ai ma raison qui s'égare.

Y doit y'avoir un lézard,

Qui m'ballade dans notre histoire !

 

Pour tes amis rigolards,

Je passe pour un nullard,

Un tartignolle, un tocard,

Un hurluberlu hagard !

 

Je n'veux plus que l'on se marre,

Qu'on me jette des brocards,

A chaque fois que l'on narre

Mes exploits de grand gaillard.

 

Fini l'temps des canulars,

Je n'veux plus voir d'entonnoir,

Au sommet de mon perchoir,

Quand j'me mire dans le miroir.

 

Adieu déveine et déboires !

Je ne suis pas un faiblard,

Un guignard au ton geignard,

Je prends un air revanchard.

 

Je convoque mon auditoire !

Je r'prends en mains mon histoire,

C'est à moi de m'faire valoir !

Accourez ! Venez-y-voir !

 

Comme Ben-Hur sur son char,

Je veux être superstar !

Je veux remporter l'Oscar

De la course de stock-cars !

 

J'ai mis mon plus beau costard,

La dernière mode, chez Damart !

Je fais donner la fanfare.

Me v'là prêt, au grand départ !

 

Patatras ! A n'y pas croire !

Une erreur de trajectoire,

Je perds ma ligne, mon couloir,

J'prends la piste pour un sautoir.

 

J'ai beau crier "faux départ !"

Je décolle sans le vouloir.

J'suis comme un suppositoire,

Mon char vole ! C'est le trou noir !

 

Au réveil, comme Lazare,

J'en ai perdu la mémoire.

J'ai la tête comme une passoire,

Une pomme cuite à l'étouffoir !

 

Je n'veux plus être un jobard

Et passer pour un ringard,

Je veux capter ton regard,

Comme à nos premiers rancarts.

 

Bien que miro, binoclard,

Je m'prends pour un balbuzard,

Ma vue perce les remparts !

Je grimpe sur le promontoire.

 

Je veux être ton Icare

Et briller en pleine gloire !

Mais l'soleil est en retard,

Je m'élance dans le brouillard.

 

Sans sonar et sans radar,

Badaboum ! Grand tintamarre !

Chérubin doit être hilare

Et Cupidon goguenard !

 

Je m'prends une flèche dans l'dossard,

Mes deux ailes se séparent,

Fendues en deux, comme une poire,

Débitées au coupe-cigares.

 

Je n'ai pas de gyrophare,

Et sans même te crier, gare !

Je m'écrase sur le trottoir,

Éclaboussant tes panards.

 

J'ai l'allure d'un carambar,

Resté collé aux mâchoires.

On ne compte plus mes coquards.

Je suis en morceaux épars.

 

Je n'suis vraiment pas chançard !

J'ai un coup dans l'coquillard.

Je suis le frère d'Abélard,

Je n'te ferai pas de moutards !

 

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La chandelle

Publié le par modimodi

Avons-nous tant progressé ? La question mérite d'être posée.

Les astrophysiciens sondent inlassablement les ténèbres du temps pour découvrir la première étincelle qui a mis le feu aux poudres et fait Bing et Bang en éclatant ! S'ils admettent tous, l'idée du feu principe, personne ne peut dire exactement comment les planètes se sont embrasées et quelles explosions ont enflammé l'esprit humain ou battu le briquet de l'intuition divine. Le calcul ou le hasard ?

Dans le feu de l'action, nos ancêtres qui tapaient des silex ont pu, chauds bouillants, entretenir le feu de joie et le foyer. Dans la marmite céleste ou le chaudron du diable, le progrès a toujours eu un effet cuisant. Après ! Mystère ! ... La chose quasi certaine qu'on sache de l'évolution, c'est qu'il fallait être de mèche, sans être une triste cire pour pouvoir allumer la bougie ! Puis le cours du temps a fait le reste et accroché au passage, des pampilles au chandelier de l'univers.

Une fois, l'opération réalisée, il a fallu surtout savoir entretenir la flamme. Un esprit éclairé qui, pour être au courant, se tiendrait dans le courant d'air du temps, risquerait de l'éteindre. Ainsi certains, bien qu'ayant eu le feu sacré, se sont sûrement perdus, au siècle des Lumières. Suivez ce bon conseil : si vous êtes une loupiote vacillante, ménagez vos éclats. Nul ne nous a dit si la luciole, ce ver luisant est : "le ver de terre amoureux d'une étoile." dont parle V. Hugo.

La pensée, à l'instar de la chandelle, ne doit pas se laisser aller aux penchants de la facilité au risque de couler trop vite. Ceux qui ne sont pas des lumières peuvent toujours tenir la chandelle pour oser quelques propos éclairants. Mais rien ne sert de fréquenter des huiles qui s'en mettent plein la lampe, de poncifs suintants pour paraître brillants ! Vous feriez plutôt tâche même en allumant vos quinquets.

L'entretien des esprits est le même que celui des bougies. Il faut éviter de se placer dans les appels d'air comme de se faire moucher. Vous ne feriez pas long feu. Coupez vite la mèche avec ceux qui se sont carbonisés. Nettoyez les relations avec les cerveaux aux propos suiffeux comme avec les âmes noires de pensées fumeuses et désagréablement de suie generis.

Il est assez des intellectuels qui jouent à nous faire craquer avec des allumettes déjà flambées, des chiffes et des cires molles !  Aujourd'hui, une des causes du retard à l'allumage, c'est l'encrassement des bougies. Une belle excuse pour tous les esprits encalminés aux vieilles idées encrassées !

Mon père, ce facétieux brillant me disait dans une boutade équivoque : "Ménage ton cierge, mon fils, la vie est une longue procession." Aujourd'hui, j'ai accumulé quelques chandeleurs et je me rapproche doucement de la retraite aux flambeaux. Si je goûte mieux le sens festif des anniversaires, je perçois mieux aussi le danger de se prendre une torche ou de souffler trop de bougies.

Dans tous les sens du terme, la vie vous gâte peu à peu mais ce n'est pas toujours de la tarte ! Au mai de vos amours, aux merisiers en fleurs, demandez-vous déjà, s'il reste beaucoup de cerises sur le gâteau de la vie ?

Vous, qui comme moi, croyez sûrement aux faux bienfaits des contes de la fée électricité, il n'est pas encore l'heure de clignoter. Alors, je vous transmets comme je peux ma flamme et à petit feu, j’allume votre lanterne, espérant en vous, un peu de flamme pure et de lumière spirituelle qui continue de briller en vous. Je vous offre la beauté d'un clair-obscur dans un tableau de Caravage ou mieux encore l'illumination intérieure d'un Georges De la Tour.

Je vous invite plus simplement à goûter la douceur bleutée du ciel et la lumière de ce merveilleux printemps. Gardez précieusement vos yeux d'enfant pour saisir la magie et l'enchantement de la beauté dans la fragilité et l'éphémère d'un unique et pur instant. Ne cherchez pas les paillettes, vous les possédez déjà dans les filons secrets de votre cœur d'or.

Je vous recommande les bienfaits de l'intériorité contemplative, de la respiration profonde et de la méditation de la Parole. Soufflez sur vos nuages, poussez-les jusqu'au plus haut des cieux... J'ai fait mienne la leçon des Vanités. Chaque flamme vacillante est le symbole de l'illusoire de mon existence qui se consume dans l'ombre de la mort. J'en tire une puissante force de vivre.

"De par ma chandelle verte", père Ubu ! Cette vie, sans queue ni tête, est une farce et pourtant ! Un jour, je m'éteindrai comme une étoile dans la nuit... Alors, en attendant, je veille à me tenir humblement comme un feu follet dans les éclats de ma joie de vivre. Quand chaque souffle courbe ma flamme, je me redresse et je m'élève. Chaque état d'âme est une ascension lumineuse pour communier avec les esprits. Vous en possédez la mystique et la grâce.

 

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Pauvres de nous ! 3/3

Publié le par modimodi

Pauvre de toi, pauvres de nous,

La dèche t'a mis à genoux !

Tu vis d'attentes et de stress.

Le prince attend sa princesse

Mais pas d'château, pas d'duchesse,

Non ! T'étouff' dans ton deux pièces !

 

Pour balader ta tristesse, 

T'as un poster de la Grèce 

Et une fleur d'edelweiss.

L'été, une fois, tu prends l'air,

Tu peux aller voir la mer,

Grâce au Secours Populaire !

 

Pour tes mômes, c'est une première !

Leurs yeux sont pleins de lumière,

Le sandwich mayo-poulet,

Au sable et à l'eau salée

A l'goût de la liberté.

Les v'là prêts à s'envoler !

 

Pour un jour, t'as oublié

Ta dure actualité.

On t'a coupé l'EDF,

Tu vas finir SDF !

T'es en retard de loyer,

Tu risques d'être expulsé !

 

Tu pourras aller loger,

Vu que t'es habitué,

A l'hôtel des courants d'air,

Un endroit à découverts !

Tu pourras crier misère,

Avec les corbeaux d'hiver !

 

L'espoir est en gratuité,

Le meilleur, on t'le promet !

Pour l'instant, tu es gâté,

Vingt centimes, on t'a jeté,

T'as des sous ! Si ! Dans l'béret

Et des soucis par milliers !

 

Tu resteras sur le seuil.

Tu as l'avenir en trompe-l’œil

Et la pauvreté à l’œil.

Ton orgueil porte le deuil

Mais t'as l'cœur en portefeuille

Et un p'tit trèfle à quatre-feuilles.

 

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Lettre aux écrivains : Charabia ! 2/3

Publié le par archibald_06

 

Chers confrères gratte-papier, si les paroles s'envolent et que les écrits restent, je m'efforce de parler moins pour enfin mieux écrire.

Sans être dépositaire d'une parole d’Évangile, aux forcenés de la création qui me ressemblent, aux plumitifs de romans, de contes et de nouvelles, j'assène cette vérité : "Votre langue est l'expression de votre style".

S'il est fleuri, c'est que vous savez conter fleurette et exprimer votre passion avec des fleurs, les plus belles de la rhétorique. S'il est châtié, c'est que vous avez corrigé et épuré son état suburral. S'il est empâté, c'est que l'imagination a mal levé et fait des grumeaux pâteux et patauds. S'il reste ampoulé, c'est que vous vous prenez pour une lumière ! Dans ce cas, pauvres illuminés, votre culot littéraire fait de vous des lampistes. Vous brillerez un jour, mais au bal des lampions ! En cette attente, vous êtes lanterne rouge !

Alors, en toutes circonstances, soyez bavards de pensées, discrets ou prolixes de mots mais accessibles. Si vous le pouvez, maîtrisez votre fièvre scripturaire et vos éruptions volcaniques mettant en ébullition l'encre au fond de votre encrier. Pas de forme magmatique et visqueuse.

Parlez une langue compréhensible, écrivez dans un langage accessible. N'employez pas de charabia, l'authentique langue d'origine réservée aux émigrants auvergnats ! Soyez si vous le voulez magnétiques pour déboussoler et désorienter votre aventurier mais sans jamais, vous-mêmes, perdre le nord de votre sujet.

Laissez jaillir votre expression mais canalisez-en le débit. Pas de logorrhée ! Votre langue de la plus belle eau doit être courante et potable, qu'elle ne charrie pas des allusions alluvionnaires. Remontez-en le cours jusqu'à la source de l'émotion. Si elle est populaire, qu'elle ne soit pas vulgaire mais simple et folklorique, de racines authentiques !

Votre vocabulaire argotique, sans pour autant être trop familier risque de vous couper de votre lecteur familier ! Hormis pour les tripiers, le loucherbem ne vaut pas tripette, iI fait de vous un mal embouché, un vrai mâle, en boucher ! Dans ce cas, vous n'avez plus de toute urgence, qu'à charcuter dans le gras des mots et à abandonner les obscénités grivoises, ces bas-morceaux qui ne s'accordent qu'aux crudités des salades que vous servez !

En toutes circonstances, il vous faut donner des morceaux choisis, de l'extra, pas de l'ordinaire, des bouchées de premier choix ! Offrez de l'enchantement au palais de la découverte, du ravissement aux regards étincelants et pétillants de curiosité malicieuse. Pour les délices succulents et lactés, retrouvez vite, votre langue maternelle afin d'être bu comme du petit lait.

Soyez attirants ! Souvenez-vous ! Les écrits de Joachim du Bellay, de Montaigne, de Chateaubriand, de Byron, de Poe, de Céline, de Fitzgerald et de Cocteau comme de tant d'autres grands porte-plumes fascinaient leurs chattes et leurs chats aux noms affectueux et originaux de : Belaud, Madame Vanity, Micetto, Beppo, Catarina, Bébert, Chopin et Karoun...

Pendant que leurs idées s'étalaient progressivement sur le papier, ils passaient fièrement entre leurs livres ouverts ou clos, les frôlaient et les caressaient puis se couchaient sur leurs écrits. Ils s'étiraient lentement comme les développements des paragraphes et de l'intrigue dans le voluptueux mystère de la création. Les greffiers retenaient leurs griffes comme celles de la plume taquinant le papier d'un effleurement d'encre bleue. D'une langue parfois râpeuse, ils lissaient leur pelage comme eux leurs expressions pour les rendre soyeuses.

Les chartreux ronronnaient bruyamment quand le sourire aux lèvres, le plaisir jaillissait dans la trouvaille des idées et illuminait le visage de leurs maîtresses ou de leurs maîtres. Ainsi toujours, entre eux, dans ces silencieux et mystérieux face à face, l'or du soleil étincelait dans le secret de leurs yeux de lumière afin que, par enchantement, leurs regards s'attirent, se croisent et se fondent dans le vert salamandre et l'alchimique feu de leur passion muette.

Confrères écrivaillons, soyez toujours délectables ! Ne vous sevrez pas de votre langue nourricière, faites de vos lecteurs des frères et des sœurs de lait qui vous dégustent d'une seule traite. Ayez un style onctueux pour qu'on vous considère toujours comme la crème des écrivains.

Amis de plume ou de calame, mon langage est bien sûr, le vôtre ! Il est l'expression personnalisée de notre belle langue. Elle est poétique, littéraire, technique mais elle ne peut être affectée au risque de causer une mauvaise affection et provoquant un mortel ennui, d'emporter celui qui vous lit.

Déçus, vous l'êtes parfois !... Parce que votre cachet n'a pas eu l'effet escompté ! Vous espériez son affection par un attachement à votre aisance narrative, vous ne lui avez donné hélas, que la maladie du bâillement frénétique. Vous vouliez le faire rêver, vous êtes soporifiques. Votre style est de plomb comme son sommeil. Vos efforts comme vos écrits sont vains, n'écrivez plus à poings fermés !

Pour toucher le lecteur, il faut retoucher et retoucher sans cesse ! Pour être correct, il faut corriger, inlassablement corriger. Sinon vous prendrez, de lui mais plus encore des fourbes critiques, ces vengeurs masqués, une bonne correction.

Pour tenir en éveil, il faut veiller à la forme. Pour créer du suspense, il ne faut pas laisser la vigilance sémantique ou stylistique en suspens. Du mélo pourquoi pas ! Mais sans méli-mélo ! Du sélect sans affect, ni dialecte ! Du look sans être plouc !

Pas de lexique spécifique pour être bien compris ! Pas d'argot non plus, c'est le langage des malfaiteurs et des gueux, réservé aux initiés ou aux exclus. Pas de sociolecte, sauf si vous aimez la culture populaire des faubourgs ou le parler branché des milieux... Ou sauf si, par don, vous avez, bien évidemment le talent des Queneau, Dard ou Simonin ! Si, votre style est fripon et effronté, gouailleur et truculent comme un dialogue burlesque entre un Titi parigot, un demi-sel et Zazie, dans le métro !

Moi, je suis pléthorique et si généreux d'explications qu'en principe, personne ne mendie le moindre éclaircissement. Ne craignez donc, jamais d'être par trop éblouissants ! Personne ne vous lit avec des lunettes noires.

De même, ne soyez pas de beaux ténébreux, enténébrés ! Soyez secrets mais pas hermétiques, équivoques mais pas flous ! Soyez elliptiques et écliptiques mais pas troubles ! Sachez, que c'est parce que vous êtes si particuliers, amis écrivains, que personne ne peut voler votre talent de si haut-vol !

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Bizarre ! Bizarre ! Sacré bobard ! 3/4

Publié le par modimodi

Je ne suis pas Fragonard,

Le rococo du boudoir !

Je n'ai pas assez d'bel art

Pour tailler d'mon repoussoir

Ton cœur, marbre de Carrare !

Tes yeux sont de vrais poignards,

Tu m'tires des flèches au curare.

 

Je ne suis pas Jean Villars

Pour déclamer du Pindare,

A Avignon, aux remparts.

Mes vers sont bien trop ringards :

Du patois de campagnards,

Des navets et des nanards,

Des jets d'encre de calmar !

 

Bizarre ! Bizarre ! Y'a un lézard

Qui dort dans mon écritoire

Et qui s'prélasse, goguenard,

En m'traitant de scribouillard !

Je n'ai pas l'art oratoire

J'ai le style du cambrousard,

L'roi des navets à l'hectare !

 

L'amour n'est qu'un chant criard,

Des bémols et des bécarres,

Des contre-uts de nasillard !

Que ne suis-je, divin Mozart

Pour te séduire à Weimar !

Mais quand je prends ma guitare,

J'fais aboyer les clébards !

 

Je suis bien trop pleurnichard

Pour te toucher, t'émouvoir,

Embuer ton doux regard !

Comme je suis rondouillard.

Tu n'as pas cru mon bobard :

Moi, dresseur de léopards

Pour l'émission "Fort boyard" !

 

Faudrait être Jules César,

Pour ravir ton corps barbare,

Être Bayard, Hamilcar,

Un héros d'la grande histoire

Ou bien Pablo Escobar,

Pour, à grands coups de pétoire,

Mettre en déroute les pillards.

 

Je n'suis pas assez flambard

Pour t'faire fumer l'samovar

Et allumer d'mon cigare,

La dynamite, les pétards !

Non ! Je suis soixante-huitard,

Je n'sais faire que du chambard !

J'joue du sax' dans la fanfare.

 

J'suis la terreur des saloirs !

J'ai un hachoir, un tranchelard,

Je casse trois pattes au canard,

Et tout' les queues aux lézards,

Qui au soleil font du lard.

J'voudrais être ton hussard

Mais je suis bien trop trouillard !

 

On me suit sur ce trottoir,

Une espèce de malabar

Aux allures de gros loubar.

Je dois me sauver dare-dare,

Prendre la tête des couards,

Des traînards et des froussards,

De l'armée des pétochards !

 

Je n'ai pas d'échappatoire !

Je rentre comme un fuyard,

Retrouver mère fouettard

Qui m'a réservé l'crachoir :

"Non ! Je n'viens pas d'un rencard,

J'n'ai pas couru de bar en bar.

Tu peux ranger l'écumoire,

Sers la soupe ! J'ai pas de retard !"

 

 

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A l'envers, à l'endroit !

Publié le par modimodi

Difficile condition que celle de l'Homme ! Il doit prendre le bon côté de la vie et prendre en toutes circonstances, les mesures qui s'imposent ! Par exemple, il doit avoir de l'étoffe s'il veut vivre habillé comme un moine. A défaut, quand l'existence lui taille un costard, il peut aller se rhabiller !... Lorsque le tissu de l'existence s'effiloche, à l'envers ou à l'endroit, on voit les jours à travers !

Chacun doit rester à sa place et la tenir. Oh ! Parfois ce n'est qu'un coin, un petit coin, un trou, un petit trou ! Oui ! Mais c'est le petit endroit idéal pour évacuer les problèmes quand, au bout du rouleau et vent debout, on peste à contre vents !

La vie offre trop souvent plaisirs ou contrariétés. Surgissant par derrière, le sort parfois contraire inflige de bousculants revers. Le destin se met l'avenir à dos en déroulant le compte à rebours. Personne ne peut aller à reculons et l'Homme qui veut filer droit, se retrouve parfois, à contre-courant, à contre-voie, à contre-sens !

Pour échapper à ce destin contradictoire, il a tendance à biaiser et à prendre la tangente. Ses condisciples qui le côtoient, le regardent en oblique, de crainte qu'il ne les emmène dans ses travers.

Car comprendre l'Autre ou l'appréhender n'est pas aisé. Pressé de part et d'autre, celui-là vous fait aller en tous sens. Il vous met la tête à l'envers et vous retourne sur toutes les faces. Quand il vous offre son profil, c'est déjà qu'il se défile.

L'équilibre est également difficile pour le funambule de la vie, obligé de rester dans ses petits chaussons ! Pour ne pas tomber de haut, attention aux coups de vent fantasques semblables aux humeurs de pantin. Qu'il veuille ou non vivre sur un grand pied, il doit se méfier du retour du balancier. Ainsi en va-t-il, même pour chacun de nous qui voudrait faire contrepoids à l'adversité... En toutes choses, il paraît indispensable de trouver le juste milieu et le bon sens !

Avoir le dessus sur l'adversité, c'est se tenir sur le devant de la scène et pas en dessous, au trou du souffleur. Il est toujours préférable d'être acteur et de jouer la comédie avec un texte dont on est l'auteur. On en trouve ainsi d'autant mieux l'expression et la répartie. Car mise à part la dernière qui est de révérence à la vie, il vaut mieux dans l'ensemble brûler les planches que d'y reposer pour l'éternité. Comediante, ne te presse pas d'examiner l'envers du décor !

Par bêtise ou arrivisme, certains s'obstinent envers et contre tout, en niant tout bon sens commun. Comme des girouettes qui cherchent le vent, ils s'affirment de gauche avec des idées de droite et vice versa ! Penseurs à double face, ils retournent leur veste et prennent leurs inversions pour des conversions politiques ! Ils ont bien dans leurs idées, plus de fuite que de suite ! On peut les croire absurdes, ils sont simplement sans foi ni loi, sans feu ni lieu, et faussement désorientés, ils vous déboussolent.

S'il ne veut pas tomber des nues ou à la renverse, l'Homme doit donc être toujours prêt au renversement de situation ou d'opinion. Il doit marcher droit sur le chemin de la droiture et se redresser pour éviter la scoliose des coups tordus. Souvent, il est trop tard quand, d'un air hirsute, il découvre qu'il est dans le mauvais sens et que la chance l'a pris à rebrousse-poil, alors qu'il pensait avoir pris le bon côté.

Plutôt que d'être dos au mur, d'aller à reculons comme les rétrogrades et de penser à protéger ses arrières, il vaut mieux qu'il ne perde pas la tête et encore moins la face. Et ce, même en temps de carême quand la vie lui fait faire maigre ou qu'aux heures sombres des jeûnes et des abstinences de désirs et de plaisirs, le temps se fait long comme un jour sans pain ou comme un baiser en attente !

Inutile de tenir table ouverte aux frustrations ou à l'ennui et d'en faire tout un plat. Dès la naissance, l'existence, c'est déjà du tout cuit ! Avant qu'elle ne vous retourne l'estomac, vous avez droit au menu complet. Les entrées ouvrent l'appétit de vivre avant de découvrir que le plat a bien raison de s'appeler "de résistance". Ensuite, avant le grand clafoutis, on connaît tous le dessert à prendre. Au choix : une madeleine pour vous souvenir des heureux moments de votre vie, une crème brulée, si vous croyez que vous allez brûler en enfer ou une île flottante dans les limbes, car vous êtes déjà, de toutes façons, le cœur coulant et chocolat !

Alors, pour le festin de chaque jour, pas de cuisson à l'unilatéral ! Il est préférable d'être juste saisi comme un steak de contre-filet dans la poêle et de garder du jus ! Ne pas jouer au gâte-sauce, ne pas perdre la face ! Le coup de couteau sera saignant, alors un simple aller-retour, recto verso, en quelque sorte, une petite vie aux petits oignons !

Le lecteur de passage, tourne également parfois le dos à son écrivain préféré. Pourquoi ? Est-ce parce que, trop souvent, il manque de bon sens, voit le monde à l'envers et qu'il poétise comme il marche, les pieds en l'air ? Est-ce parce qu'il écrit à tort et à travers ou qu'une expression bancale, au lyrisme de traviole est restée en travers de la gorge ?

Ici, seul le silence porte la réponse. Il atteint l'auteur et le pique de sa flèche blanche à l'endroit le plus sensible, celui de l'amour-propre. Et il met à l'envers et son cœur et sa tête !

 

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Pauvres de nous ! 2/3

Publié le par modimodi

Pauvre de moi, pauvres de nous !

La dèche t'a mis à genoux !

Si l'argent n'fait pas le bonheur,

Sans lui, t'as rien que des pleurs !

Sans plus un radis, sans beurre,

Bonjour le régime minceur !

 

Ta maigre heure est assurée !

Mais y'a pas à s'lamenter,

On dit qu'tu sais pas compter,

Que t'es bon qu'à gaspiller !

Les marchands d'soupe t'ont ciblé

Et tout fait pour te tenter !

 

Tu t'es bien fait pigeonner,

Par ce canapé, soldé,

Au prix comme toi, écrasé,

A payer trois fois, sans frais

Avec un crédit tout prêt,

Casquette, tee shirt, porte-clés !

 

À suivr' les publicités,

T'as envie de tout acheter

Et tu t'es surendetté !

On t'a saisi ta télé,

Et ton lecteur DVD,

Mais pas encore ta fierté !

 

T'es dans l'actualité,

Ta santé est menacée.

C'est facile à expliquer :

Tu n'sais pas t'alimenter,

Vu qu'à tous les râteliers,

Tu bouff' d'la vache enragée !

 

Comme t'étais pas vacciné,

T'as l'sourire tout ébréché !

L'Elysée t'traite d'édenté.

Mais y'a pas d'quoi chipoter,

Car t'as plus rien à croquer,

Vu qu'tu trouv' dans la purée !

 

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Lettre aux écrivains : Charabia ! 1/3

Publié le par archibald_06

A tant triturer les mots, à tant tordre les idées, je passe parfois aux yeux d'un lecteur pressé, pour un incompris. Mais je ne suis pas tout seul dans ce cas !

J'éprouve moi aussi, la même difficulté à lire certains de mes contemporains ou de mes amis  de plume.

Je les lis attentivement avec l'envie de me délecter. Mais je suis parfois désarçonné. Que penser? Comment prendre du plaisir quand je passe, d'une prose maladroite et empruntée au style prétentieux et emphatique ? Quand je me retrouve face à des phrases encombrées de contre-sens et de tournures alambiquées ou lorsque je me heurte à de la poésie éthérée et absconse, rongée de petits vers boiteux, mon intérêt faiblit. Je perds mes repères, j'en perds mon latin ! Ipso facto, nolens volens, je m'écris : Pauvre écrivain !

Chers confrères et amis, aux pavés de mille pages, jetés dans la mare aux canards littéraires et promis au pilon, permettez-moi, sans le moindre orgueil de vous mettre en garde. Qu'elle soit morte ou vivante, la langue doit se respecter ou bien allez illico, vous faire lire chez les Grecs ! Qu'il s'écrive ou se parle, le langage mérite le plus grand soin, au sens propre des mots.

Afin de ne pas vous faire rire jaune, je vais avec humour et sans langue de bois, vous prodiguer quelques conseils. Ainsi, chers plumitifs, prenez garde à vos propos.

Si votre langue est blanche comme votre page, inutile de la tirer ou de la charger davantage. Si elle est verte, vous n'êtes pas mûrs pour la couronne de lauriers mais pour la couronne mortuaire. Inévitablement, vous finirez abattus, dans la dernière rafale des formules plombées de votre style buté. Si elle fourche, ce n'est peut-être qu'à cause d'un simple cheveu qui peut vous faire friser le ridicule.

Inutile de conter des vertes et des pas mûres, de brouter les trèfles ou d'en faire tout un foin ! Restez bucoliques ou à défaut, rustiques mais ne soyez pas mauvaise langue !

Si elle est truffée d'expressions du terroir, c'est que vous espérez épater votre fouineur de lecteur en supposant qu'il ait du chien et du flair. Mais si elle lui apparaît fourrée, "finger in the nose", c'est que vous l'avez, à tous les coups, malmené en le menant par le bout du nez, sans renifler que c'est vous qui passerez pour un mufle ou une truffe !

Alors, ne soyez pas naïfs ! A coup sûr, après vous avoir lu, il se vengera en se payant votre tête de tuber melanosporum, bien loin, vous en conviendrez de l'odeur de sainteté. Il vous enverrait bien vous brosser mais sûrement préférera-t-il vous tirer la langue et vous frotter les oreilles. Vous aurez alors un nouveau style de figure, faute d'une nouvelle figure de style. Car vous avez beau donné votre langue au chat, suer et chercher à perdre haleine, la bonne inspiration, votre langue chargée vous donne une très mauvaise haleine et rebute votre lecteur !

Humez et subodorez ! Il fleure peut-être autour de vous un parfum d'étrange, des remugles de souvenirs fleuris, des impressions colorées et des odeurs, des enchantements et de fraîches émotions de voyages !

La nature a horreur du vide, ne soyez pas inconsistants, ni débordants de bons sentiments. Rassurez-vous, persévérez dans l'écriture, le souffle littéraire n'envoie pas, en principe, d'effluves empuantis. Mêmes les romans à l'eau de rose n'ont pas, pour autant, une fétide odeur putride. Peste soit des empesteurs qui ont voulu poéter plus haut que tout, dans l'espoir de faire leur trou !

Par leurs goûts douteux ou leurs mauvais sentiments, certains refoulent les taste-mots de bon terroir. Dans un relent, s'ils viennent à faire Ah ! Ah ! Ah ! Ce ne sera pas d'admiration ! Les écrivaillons tirent parfois une langue pendante et dégustent, simplement de n'être ni entendus, ni goûtés, ni lus et approuvés !

Apprentis marmitons ou grands toqués de la littérature, soyez donc savoureux par vos morceaux choisis ! Que votre stylo ne glisse pas dans l'épais potage  aux plâtreux grumeaux.

Étonnez et intéressez, déroutez et ne tombez pas dans les ornières de la facilité descriptive ! Ne vous répétez pas dans les idées ni dans la structure répétitive des phrases ou des paragraphes ! Variez votre style, ménagez vos effets ! Ayez du mordant sans vous mordre la langue.

Emmenez votre globe-trotter, votre gobe-trotteur de pages illustrées en voyage dans sa tête. Dédoublez-vous en lui pour qu'il perçoive ce que vous racontez et le tableau que vous peignez. L'image évoquée doit surgir dans son esprit. Soyez original, imagé et pittoresque. Amenez-le à voir, à penser, à aimer, à ressentir et à vous suivre. Lire, c'est cheminer à chaque pas avec l'auteur, c'est le lui emboiter et parfois sauter son pas pour progresser et le dépasser, même d'une courte tête imaginative.

Mettez-le en appétit ou laissez-le frugalement sur sa faim pour qu'il ait envie et besoin de manger à votre table des matières. Il faut que votre style soit digeste, goûtu et pas dégoûtant. Nom d'une pipette, il faut qu'il lui donne du nectar au compte-gouttes et du plaisir instillé, au goutte à goutte ! Ne soyez jamais dégoulinants ni dégouttants, même de bons sentiments. Vous essuieriez des revers et souffririez mille et un reproches de ceux qui n'entendent et ne comprennent goutte !... Même la dernière peut faire déborder le vase ou la vase ! Les critiques grenouillant dans les eaux saumâtres des marécages littéraires ne manqueront pas de sortir du marais pour s'exclamer : Non ! Mais c'est coâ ? C'est vraiment n'importe coâ !

Aux maladroits, à tous mes frères de plume empesée, je leur dis : Ayez un langage léger et délié, choisi et approprié ! Il met en valeur votre langue ! Il vous identifie par la parole ou l'écriture. Il fait de vous un auteur, à la hauteur des exigences et des attentes. Il est révélateur de votre milieu et fera de vous, un vrai caïd, à condition de n'être pas un copieur-pilleur avec en plus un mauvais sujet ! Votre langage est expressif. Il s'adapte et se spécifie suivant le thème, il en éclaire la matière, surtout si vous l'avez grise, non pas de mélancolie, mais d'éminente spiritualité !

Pas de charabia, de mots couverts, ni de style maniéré ! Soyez clairs et compréhensibles, même si vous êtes auteurs de romans noirs ! Vous êtes tenus de produire de l'énigme sans être nébuleux et ténébreux. Le mystère peut être épais mais pas votre style ! Les secrets les plus lourds méritent une plume légère, sans de pâteux pathos !

Votre texte ne bénéficie pas de voix, d'intonations, de signaux ni de mimiques pour être mieux perçu. Il faut que les signes graphiques soient de sens et de forme déchiffrables et décodables ! Les graffitis sont réservés aux gribouilleurs, les pattes de mouche aux noircisseurs, les pâtés aux écrivailleurs qui se font un sang d'encre et les racleurs d'encrier aux gratte-papier. Les propos fumeux n'attirent que les indiens ! Ne vous croyez pas sur le sentier de la gloire, mais plutôt sur le sentier de la guerre avec vous-même.

Ugh ! A toi, mon frère ! Ô grand sachem, grand chef à plumes des plumassiers, sans grand panache ! Nous sommes de la même tribu !

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Bizarre ! Bizarre ! Il doit y'avoir un lézard ! 2/4

Publié le par modimodi

Je me sens bizarre, bizarre !

Je m'comporte comme un zonard,

J'ai investi ton plumard !

Pour l'amour, je suis flambard,

Aux ébats, jamais flemmard,

Plutôt le genre mâle à barre !

Je suis ton porte étend-dard !

 

Moi, l'amour me rend paillard !

D'un élan incantatoire,

Je chante comme un soudard,

La splendeur de ton pétard !

Quand je me tiens tout peinard,

Je te brode des histoires,

A petits coups d'encensoir !

 

Sur un ton déclamatoire,

Je te récite du Ronsard.

Pour Mignonne à l'arrosoir,

J’effeuille la rose du soir.

Mes émois te rendent hilare,

Tu crois qu'c'est des canulars,

Et tu m'coiff's d'un entonnoir.

 

Il doit y'avoir un lézard

Qui s'prélasse dans ma mangeoire !

Y'a un coucou dans l'nichoir,

Je vais m'le faire au plantoir,

L'empaler sur l'égouttoir,

Le changer en écumoire,

Les yeux, les trous, au beurre noir !

 

De coup d'tête en coup d'boutoir,

Je déprime, je broie du noir,

J'ai le moral en faire-part.

Faut que j'rue dans les brancards

Et prenne le mors aux mâchoires,

Mais je n'suis qu'un vieux tocard

Une ganache de corbillard !

 

Tes envies sont mes cauchemars,

Tu aimes tout ce qui chamarre.

Tu t'prends pour une superstar !

Tu voudrais en robe du soir,

Goûter homard et Pommard,

Mais j'n'ai pas assez de milliards

Pour t'tartiner du caviar !

 

Tu espères bijoux, foulards,

Palace et diams en sautoir,

Mais je n'suis pas un richard !

J'ai le compte en banque qui foire.

Pour la chance, j'suis pas veinard,

A la déveine, cumulard.

J'suis fauché mais pas avare.

 

Vois-tu, je n'suis pas vachard !

Je t'ai acheté des cuissards,

Un'chapka pour le blizzard

Et un parapluie bulgare.

T'en as marre du camping-car

Tu rêves d'avoir un manoir,

Et enfin changer d'trottoir !

 

Tu es prête au grand départ,

Mais j'n'ai pas assez d'dollars

Pour t'offrir les Baléares.

T'iras pas à Zanzibar,

A Venise ou à Ferrare,

J'n'ai qu'un aller-r'tour Colmar,

Via Morteau, Montbéliard !

 

Nous restons su'l'quai d'la gare,

On s'dit bonjour et bonsoir.

Comme tu es au désespoir,

Tu mouilles tes blancs mouchoirs !

Le ciel pisse comme une passoire

Mais je n'suis pas Saint-Médard,

Pour arrêter d'faire pleuvoir !

 

T'es déçue, l'amour se barre !

Pourtant j'suis pas bambochard,

Je suis poissard et tricard.

Rien qu'un malheureux smicard,

Plutôt pinard et Ricard,

Cassoulet-frites, épinards,

Héros de "Brèves de comptoir !"

 

 

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Infiniment

Publié le par modimodi

La vie est définitivement provisoire ou provisoirement définitive ! Du diable ou de Dieu, qui aura le dernier mot ? Le monde et notre propre existence sont les énigmes du grand Mystère !

Qu'est-ce que ce monde dans lequel nous vivons ? C'est quoi cet univers de dingues au mystère soigneusement entretenu ? Cette création ex nihilo tient-elle debout ?

Pourquoi faire tant de manières pour une réalisation finalement bâclée et pas bouclée ? D'ailleurs, qu'est que c'est que ce travail ? Pourquoi avoir créé une œuvre qui n'est et ne serait, paraît-il jamais finie ?

Qu'est-ce que c'est que ce boulot de roi fainéant, commencé un jour et pas encore achevé ? La belle excuse qu'on nous a présentée et fait accroire pour admettre que le cosmos est toujours en extension comme notre crédulité elle-même en constante expansion ! D'ailleurs, si l'homme est peut-être une création céleste, devrions-nous encore nous étonner que certains ne soient pas finis !

Saura-t-on un jour, quand tout cela a débuté ? Nous n'avons pas reçu de réponses plus précises que : dans des temps immémoriaux, à des millions et des milliards d'années ! Je sais, on a le temps, on n'est pas pressé, mais quand même !

Connaît-on le petit bricoleur, l'astucieux et génial touche-à-tout, le thaumaturge de ces monts et merveilles, l'harmoniste de cette symphonie inachevée ? Ce soi-disant génial inventeur est-il le grand-père du professeur "Nimbus" ? Une célèbre tête-en-l'air, toujours dans les nuages, mais égarée sur sa propre planète !

Si tout est définitivement approximatif et jamais certifié, ne devrait-on pas terminer de se tourmenter et considérer simplement qu'il n'y a pas d'être parfait ni de plus que parfait ! Il n'y pas de perfection absolue, même dans la conjugaison entre le Temps et le Verbe qui s'est fait chair, selon ce qui nous a été dit, à titre indicatif mais imparfait, dans la prime grammaire de la Genèse... Comment interpréter et comprendre, ces mots énigmatiques : "Au commencement était le Verbe et le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous." Ô le Mystère incarné ! Rien de plus flou pour nous flouer !

Comme le Logos n'a pas la logorrhée, sans plus d'explications, la chair n'est que du pâté de foi pour bons paroissiens et une accumulation de bondieuseries mises en chaire, aux enchères.  De là, à ne voir que de la chair de poule pour quelques pas catholiques en chair, bien en chair, voilà des réjouissances offertes à des gaulois mécréants et iconoclastes...

L'Apocalypse ? No ! Brave Jean, c'est une parole d'évangile, présentée comme une suprême révélation ! Eh bien oui ! J'y crois ! L'idée s'incarne en moi. Car à bien y réfléchir, en voilà une bonne et grande nouvelle universelle ! Rendez-vous compte ! Si rien n'est abouti, l'idéal n'est donc pas à atteindre ! Les efforts sont inutiles ! Quand on croit que tout s'achève, au final, rien n'est jamais fini !

Les cons sont bénis des dieux, il n'y a plus de cons finis ! Leur univers est en expansion et l'espace peut ainsi accueillir tous les bornés et les limités. On peut soi-même sans cesse s'arrêter et n'en finir pas d'en finir ! S'interrompre, c'est ainsi contribuer au Grand Œuvre !

Inutile de flipper à mort, de se tuer à l'ouvrage, de se suicider ! On ne met pas fin à ses jours, puisque finalement rien n'est jamais parachevé ! Les jours se suivent et ne se ressemblent pas ! Y'a des bons et des mauvais jours, des jours avec et des jours sans ! Tout peut arriver un de ces jours mais ça n'urge pas !

L'exemple vient d'en haut ! On peut donc remettre au lendemain ce qu'on peut faire le jour même ! On est toujours au septième jour, c'est affiché : Relâche et Repos ! Au calendrier perpétuel, y'aurait même un éternel dimanche, bien mieux que la semaine des quatre jeudis !

Admettons que la création du monde est comme l'imagination. Elle échappe à la réalité en se situant entre rêves poétiques de la vie, inspirations de la pensée intellectuelle ou spirituelle et fantasmes de l'éternel ! Elle n'a de fragile consistance qu'entre la réalité et la fiction, l'action et l'utopie, le mouvement et l'immuable !

C'est parce que nous cherchons le sens, que nous nous heurtons à l'absurde ! Sempiternelle est la fabuleuse chimère qui nous fait passer d'ici-bas à l'au-delà ! Si la foi transporte les montagnes, une rigolade alors, l'ascension au plus haut des cieux !... La tête dans le guidon et le bon dieu sur le porte-bagages ! Les autres attendront le passage de la voiture-balai !

Ici-bas, ceux qui ont les pieds sur terre, s'agrippent à la raison, hélas trop lisse pour les retenir fermement. Ils pérégrinent précautionneusement, pas à pas, en s'auto-convaincant dans leurs certitudes afin de ne pas se laisser influencer par les doutes et le fameux pari pascalien !

Et pourtant, malgré tous leurs efforts, ils se heurtent quand même au mystère de l'intuition et à la vitesse de l'esprit quand leur pensée devient lumineuse ! Alors, les yeux au ciel, ayant confiance et foi en l'amour infini, ils espèrent enfin atteindre l'infini par l'amour ! Une espérance incarnée en chaque être humain !

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