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Lettre aux poètes bucoliques 1/2

Publié le par modimodi

Ô chers poètes bucoliques, vous rêvez sans doute de devenir la fine fleur de l'anthologie poétique ! 

Je vous lis en abondance dans les livres, les revues ou sur les réseaux sociaux. Certes, si l'intention est toujours poétique, le résultat ne l'est pas toujours. Alors, qu'importe et à quoi bon, devrais-je m'écrier, impatient : A quoi ça rime ?

Non ! Nulle ironie et nul reproche ! Au contraire, je vous dis : Grand merci, apprentis poètes ! Je vous décerne sur le champ, le grand prix "Étamine" pour ces tissus de bonnes intentions et je salue votre mâle assurance créatrice. Oui ! Je vous le dis avec des fleurs ! Votre liberté des sens et votre fantaisie des sons ne pouvaient laisser indifférent un vieux plumitif comme moi.

Il suffit d'un seul être pour incarner la multitude ! Accepte donc, toi, le petit poète, conteur, essayiste et romancier en herbe folle, toi, le digne rejeton de Ronsard, Du Bellay, Proust, Hugo, Mallarmé, ces frivoles conseils à la fleur de l'âge d'or de ton imagination créatrice.

Pour ce grand prix Étamine, aie ta mine, ah futé ! Aie ta mine bien taillée ! Ne reste pas en plant ! Cueille dès aujourd'hui les fleurs de rhétorique pour en faire bouquets, guirlandes et couronnes promises aux vainqueurs.

Aie ta mine bien tendre, si d'aventure, tu désirais quand il fait nuit conter fleurettes aux belles de jour ! Tu as toujours ton cœur de dix ans ! A une Marguerite rouge comme une pivoine, chantonne à son oreille cette bluette buissonnière : "l'école, chic dans les prés !" Avec Églantine, ne sois pas sauvage, sinon elle te piquera ! A Violette, la tendre et modeste, vole un baiser, juste là, à la corolle rose de ses lèvres bien closes. Avec Capucine, accroche-toi, ne te jette pas trop vite dans la gueule de loup pour grimper dans son estime.

Aie ta mine bien douce. Colorie en pastel. Nuance ton discours, estompe tes intentions, irise tes déclarations, procède par petites touches intimes. Si tu veux éviter les giroflées à quatre feuilles, élève ton propos du ras des pâquerettes. Sois le fleuron de l'élégance, aie le panache de l'éloquence.

Sois florissant, plein de feu et d'éclat. Effleure sans déflorer ! Les belles comme les mots sont des calices offerts où nos bouches et nos plumes découvrent dans l'instant, divin nectar ou amère ciguë. Enivre-toi jusqu'à l'amor, jusqu’à la mort !

N'effeuille pas leurs charmes jusqu'au risque suprême du "beaucoup trop" ou du "pas du tout" ! L'amour est toujours au mois de floréal mais avec la passion, toi, garde à flots, raison. Aie ta mine fleurie, qu'on ne dise jamais: "La barbe, encore un raseur d'écrits vains !"

Fais germer les idées, donne leur ton pollen, pénètre au cœur du mot, préserve la racine, fertilise sa sève ! Choisis ta fleur dans la rosée ou au soleil, cueille-la ou contente-toi plutôt de les admirer toutes. Compose des bouquets pour les vases de tes idées. A l'air libre de ta fantaisie, elles sont encore à polliniser. Dans les murmures de l'amour, écoute-les ! Chacune a son langage !

Répète-toi, les yeux mi clos : "Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches et puis voici mon cœur qui ne bat que pour vous." (P Verlaine) Alors, pas de spleen anthologique ! Tu as le droit de rester à la traîne et de reposer en paix, entre deux thrènes ! Pour être un poète couronné et maudit, aux cadavres exquis, il faut lentement se laisser embaumer de toutes "Les fleurs du Mal".

Tu le sais déjà, être bucolique comporte bien des risques. "Le pré est vénéneux mais joli en automne / Les vaches y paissant / Lentement s'empoisonnent / Le colchique couleur de cerne et de lilas / Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-là / Violâtres comme leur cerne et comme cet automne / Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne" (G Apollinaire)

Ne rumine pas, l'amour est déjà là.

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La brosse : lettre aux marchands de brosses 2/2

Publié le par modimodi

Chers et joyeux congressistes, je suis heureux de vous retrouver après cette bienfaisante pause fraîcheur ! Bravo ! Personne n'est allé brossé ailleurs un peu de poudre d'escampette !

Mes amis, vous le savez sûrement le produit le plus prisé de notre catalogue reste incontestablement la brosse à luire et à reluire ! Un produit coup de coude, coup de main et coup de cœur !

C'est le plus vieux produit du monde ! Au paradis de la séduction, entre Ève et le serpent, n'y avait-il pas déjà, une coquine histoire de brosse Adam ? D'ailleurs, sans en faire tout un fromage, chacun sait bien, depuis Jean de La Fontaine, que "Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute" !

Un bon cireur se mire même dans le reflet de vos bouts vernis comme dans les éclats de votre plaisir. Un frotte-manche et un lèche-cul de tout poil vous papouillent et vous épilent à la pince, à la crème ou à la cire ! Trop polis pour être au net, vous voilà parfois victimes consentantes de ces agents de peau lisse ! Vous n'avez rien vu venir, vous étiez déjà dans le cirage !

Depuis des lustres, l'encaustiqueur aux nobles cires d'abeilles ou à l'huile de lin, nourrit et flatte les bois, de ses chiffons de laine. Il fait briller tables et beaux meubles comme le prétentieux qui s'illusionne de son propre vernis. Au haras, le palefrenier flatte les croupes des pouliches mais c'est pour les étriller. Douceur et caresse dans un sens, vigueur et rudesse dans l'autre sens ! Honni soit qui mal y panse ! Hennit soit qui mâle y pense !

Car vous le savez, il faut savoir brosser dans le sens du poil, les vieux chevaux de retour ! Ceux qui prennent trop vite le mors aux dents sont enclins à s'emballer et à n'en faire qu'à leur tête pour monter sur leurs grands chevaux ! Tant pis pour eux ! Puisqu'ils sont à tous crins, qu'ils aillent ruer dans les brancards et se brosser eux-mêmes !

Les blaireaux qui se font mousser et les raseurs qui vous barbent ont mérité aussi un traitement au poil, un bon coup de brosse à barbe en poil de sanglier. Mais attention à bien lisser dans le sens du poil, sinon ils risquent de devenir une figure rébarbative, sauvage, mythique et hugolienne de la Légende des Siècles :

"Lorsqu'avec ses enfants vêtus de peaux de bête, / Échevelés, livides, au milieu des tempêtes, / Caïn se fut enfui de devant Jéhovah..."

Je constate avec plaisir que certains d'entre vous ont gardé de beaux souvenirs de leurs humanités. Ah mais ! Passe encore amis, d'avoir le cheveu hirsute car celui qui a le caractère hirsute est souvent, ô bonheur !... Un farouche en amour. "Vir pilosus, aut fortis, aut luxuriosus"... L'homme chevelu est fort et luxurieux !

Fougueux ou désordonné, il aime à rebrousse-poil et finit par ébouriffer les belles oiselles qui rêvent de se faire voler dans les plumes. Mesdames, ici présentes, je vois bien que vous acquiescez ! Oh les jolies coquines toutes émoustillées et... toutes mes félicitations, messieurs !

A l'amour charnel ou de la patrie, nous disons oui, pour toujours ! Mais dans cette guerre, loin d'être toujours tendre, la chance, la belle et bonne chance, c'est aussi l'aléatoire du destin. Comme ce le fut d'ailleurs, pour nos chers poilus de 14, souvent à un poil près du trou de la bombe et comme c'est le plus souvent le cas, pour les poètes à une plume près, arrachée à l'aile ou au croupion de leur Muse !

Alors vous, les valeureux de la brosse triomphante, vous qui n'êtes pas des manches, vous les braves à trois poils, dont aucun ne se dresse dans la main, je vous exhorte : Chauve qui peut !

Restez optimistes ! Ne vous arrachez pas par touffes votre tignasse ! Même si un jour, c'est la vie qui va vous brosser son dernier tableau. Car après vous avoir fait dresser les cheveux sur la tête, l'existence finira par vous tomber sur le poil. Elle vous mettra la boule à zéro et vous enverra un jour chez Plumeau !

La grande chance vous est offerte ! En connaissant parfaitement votre produit, vous savez déjà ce qui vous attend ! D'où l'importance d'être des professionnels sans cesse plus performants ! La Maison vous fait confiance !

Ouais ! C'est ainsi mes brothers, mes gentils bosseurs brosseurs ! La vie, c'est du chiendent qui s'associe aux têtes-de-loup et qui vous trouve toujours un poil à gratter quand votre araignée court toute seule au plafond !

Si quelqu'un s'avisait alors de dire que vous ne craignez rien parce que vous êtes des indécrottables, il se tromperait méchamment. L'existence vous nettoiera, vous comme lui, gratuitement à grandes eaux car l'âge lui-même viendra vous récurer gratte-os, à petits coups de balayettes puis à grands coups de balai-brosse !  C'est notre slogan professionnel : "La brosse un jour, la brosse toujours !"

Oui ! Vous, vous êtes le peuple élu, vous êtes à jamais voués à la brosse, c'est votre vocation ! Souriez aux anges ! Réjouissez-vous, mes amis de ce sort enviable... S'il ne vous laisse pas toutes vos dents, il vous laissera au moins votre amour, propre, très propre !... Et vous avez déjà la brosse pour le jour où vous tomberez en poussière !

En ce jour solennel et triomphal, après vous avoir élevés philosophiquement à la sagesse, je vous souhaite de faire entre vous le plein d'enthousiasme et de plaisir, sans aucune ombre de morosité. Mes amis, place aux réjouissances de tout poil !

Car vous avez tout : l'amour et l'humour, et toute la vie devant vous ! Je le sais et je le vois à vos mines resplendissantes et épanouies ! Alors oui ! Bonheur et joie pour vous, nobles confères, marchands et philosophes de l'existence. Bienfaiteurs de l'humanité, vous êtes des brosses d'orfèvres, vous ne ferez jamais faillite. Vous êtes comme votre produit, indispensables à la Vie !

 

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Maldonne 2/2

Publié le par modimodi

J'ai sans doute, mal distribué,

Un paquet d'cartes mal brassées.

Nous voilà tous deux abattus,

Nos cœurs sont sans dessous-dessus !

 

Je voulais te faire un grand chelem

De mille excuses et un je t'aime,

Mais j'perds tout au jeu de tarot,

Petit et fou, je suis Ko !

 

Ma dame perd son cavalier.

J'n'suis plus ton roi, j'suis ton valet !

J'parie sur toi, à découvert

Belote, rebelote, dix de der !

 

J'crois toujours avoir une bonn' pioche,

Mais j'ai mes p'tits yeux dans la poche,

Bridge, crapette ou sept familles

Il ne me rest' que des broutilles !

 

Plus d'points gagnants, plus d'atouts maîtres,

De plis levés à te transmettre,

Je broute le trèfle et la luzerne !

Notre chance a l'drapeau en berne.

 

Un pique dans l'cœur et dans l'dos,

Je me retrouve sur le carreau !

Je suis perdant, je suis capot,

Tu récupères ta mise au pot.

 

Je n'ai pas rempli mon contrat,

Levées ou plis, j'étais trop bas.

Toi, tu étais si belle en chair

Que je n'ai pu suivre l'enchère.

 

C'est un comble pour des amants :

Finir un bridge sur les dents !

Ah ! J'aurais dû passer mon tour,

Je manque d'atouts pour l'amour.

 

Nous avons fait une autre erreur,

C'est d'jouer au poker menteur.

Mais j'n'étais pas à la hauteur.

Je perds la main, je t'perds à cœur !

 

A chaque tour, tu surenchères,

Et tu t'fais l'carré et la paire !...

J'aurais dû garder l'jeu d'bataille

Pour nos petits jours de chamaille !

 

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Poil à gratter !

Publié le par modimodi

J'en connais qui ont la peau dure, qui encaissent les coups et que rien ne marque, en surface comme en profondeur ! Certains durs à cuire, de vieux sangliers grognards, des politiciens éprouvés, des couennes triple épaisseur, des cuirs de baudet entrent dans la catégorie visée.

Pour ceux-là, il convient d'appliquer l'adage : "Plus fait douceur que violence !" Caressez-les dans le sens du poil, ils ronronneront sous la flatterie ou provoquez leur apparente insensibilité et vous les verrez se tortiller irrésistiblement ! Comment ? Passez-leur la brosse à reluire ou soyez leur poil à gratter !

Nous avons tous fait l'expérience dans les cours de récréation ou dans les balades dans la nature de la bonne blague potache qui consiste à glisser dans le cou, les poils contenus dans les cynorrhodons ! Effet immédiat ! Vous vous trémoussez essayant d'atteindre l'endroit irrité ! Bien sûr, vous avez beau vous désarticuler l'épaule et agiter vos bras, l'endroit picoté reste inaccessible. Vous vous débattez sous les quolibets et la poilade de vos congénères.

La farce fonctionne toujours ! Certains humains provocateurs ont ainsi le pouvoir de provoquer des démangeaisons et de vous narguer avec l'air de : "Vous pouvez toujours, vous gratter !" Efficace ! Votre agacement est visible ! Vous aimeriez les écorcher vif !

Il est parfois redoutable de déranger. Sans parler de l'ordre établi, le seul fait de bouleverser l'opinion, de remuer des idées, de secouer les esprits en les questionnant suffit à vous rendre dangereux. Socrate, à Athènes en a fait les frais, accusé par le tribunal de l'Héliée de corrompre la jeunesse, de faire preuve d'impiété en remettant en cause le Panthéon, en niant les dieux de ses ancêtres et en voulant introduire de nouvelles divinités.

Si vous n'êtes pas conventionnel, le poison de votre pensée peut vous amener à prendre la ciguë mortelle ! La justice populaire, c'est comme la vindicte, une possibilité d'accuser, de condamner et de rassurer la conformité populiste bien-pensante, ce ramassis de démocrates démagogues, à tout crin !

Il est bon d'éveiller mais le poil à gratter peut provoquer des dermites de conscience, des éruptions de colère ! Les chatouilleux peuvent avoir envie de vous faire la peau. Je ne peux m'empêcher alors de penser à la chanson populaire d'A Bruant : "A la Bastille, on aime bien Nini-Peau-d'chien !" qui aimait son "Bibi-la-Crème" !

Pourquoi cette soudaine idée ? Par simple association ! Car le Cynorrhodon, ce faux fruit du rosier ou de l'églantier signifie étymologiquement : rose de chien. En effet, l'akène de la fleur, de la rose canine a la réputation de lutter contre la rage. Si donc vous courtisez une Églantine qui a du chien, rassurez-vous, elle ne vous fera pas enrager ! D'ailleurs, à l'amour, a-t-on trouvé un jour, un vaccin efficace ?... Par contre, la belle peut vous pousser dans vos retranchements et vous ébranler jusqu'au fondement de vos sentiments.

Ne vous laissez pas récurer le cœur à la brosse de chiendent ni tanner les fesses et refiler du prurit. Savez-vous que les poils à gratter du cynorhodon sont aussi vulgairement appelés gratte-cul et qu'ils provoquent des démangeaisons au niveau de l'anus ?

Toi, ma douce, tu n'es heureusement pas à ranger dans la catégorie des farces et attrapes ! Notre amour sous les caresses n'est pas à rebrousse-poil. Seuls les frissons nous hérissent dans l'extase et nous élèvent de ciel de lit, en gratte-ciel et parfois, jusqu'au septième ciel ! Le duvet de ta peau, la soie de ta toison sont mes délices de gratte-papier !

 

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Casse-pieds 3/3

Publié le par modimodi

 

T'es un vrai moulin à paroles

Mais je t’assure, tu n'es pas drôle !

Tes blagues ne font rir' que toi

Mais tu me les assènes, ma foi !

 

T'as toujours quelque chose à dire,

T'as connu mieux, t'as connu pire

Et tous ceux qui t'entendent, soupirent

En priant que cess' leur martyr.

 

Tu me cass' à fond  ma p'tit' tête,

Tu chantes faux et à tue-tête,

De bêtes mélodies simplettes,

Des trucs idiots que tu répètes !

 

Je n'ai plus un poil sur la base

Tant tu me barbes et tu me rases !

Je n'réponds pas, tu soliloques

J'ai du mal à tenir le choc !

 

Et tu te raccroches à mon froc

Comme une moule sur le roc.

Tu m'opprimes, tu trimes, tu t'escrimes

A m'raconter la fin du film !

 

Tu saisis tout's les occasions

Pour donner une explication.

En tête à tête, en réunion

Tu veux faire une intervention !

T'es le roi de l'interruption !

 

T'es prêt à tout's les diversions :

A mettre la radio à fond,

A faire un concert de klaxons

Pour toi, capter mon attention !

 

Moi, je te traite de crampon.

A toi tout seul, tu es légion,

Une armée de vaillants morpions.

T'es un casse-pompons, casse-bonbons !

 

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La brosse : lettre aux marchands de brosses 1/2

Publié le par modimodi

La Compagnie des marchands de brosse a le grand plaisir de vous adresser le discours inaugural prononcé lors du dernier congrès de votre profession. Prenez plaisir à la découverte de ce tableau brossé avec la brosse à peindre et le pinceau de la fantaisie.

"Mesdames et messieurs, j'ai l'immense honneur d'avoir été choisi par mes pairs pour rendre hommage à l'article que vous chérissez et qui a fait votre renommée internationale. Je vous parle bien sûr, mes chers confrères de la Brosse, de cet objet multi-usage qui fait partie intégrante de votre activité quotidienne et de la vie de vos clients. 

Chez soi, chacun en possède au moins une sous la main et chacun la manie au moins une fois par jour ! Je vous en esquisse une présentation que je passe en revue , comme il se doit, évidemment sur un ton poilant !

Soyez heureux et confiants mes chers confrères ! Il y a de l'avenir pour tous les marchands de brosses ! Jugez par vous-mêmes ! Il existe une brosse spécifique à chaque activité !

Vous aspirez à dépoussiérer votre intérieur ? Vous avez une brosse adéquate... Vous avez de la bouteille ? Il vous faut un goupillon... Vous êtes en présence d'une gourde à nettoyer ? Pour atteindre le fond, saisissez-vous d'un écouvillon !... Vous voulez ramoner une cheminée ? Un hérisson vous attend... Vous-mêmes, vous pouvez vous hérisser pour quelques piques de méchante ironie et vous mettre en boule, sans pour autant avoir la brosse à effacer.

Mais avez-vous vraiment l'oreille fine ? Entendez-vous un peu partout la chanson des brosses : "et tchic et tchoc, et tchic et tchoc !" Dans les salles de bain, nos brosses à dents papotent dans leurs verres sur leurs vertus ou caractères, plus ou moins durs, plus ou moins doux, plus ou moins souples !

"- Pourquoi, te dresses-tu sur ton manche pour me tourner le dos ? Aurais-tu une dent contre moi ?

- Et toi, es-tu jalouse parce que j'ai la chance d'être exclusivement réservée aux dents du bonheur ?"

Nos brosses à cheveux, elles, se crêpent bêtement le chignon :

"- Moi, je te dis que celui-là, c'est le premier cheveu blanc de Madame !

- Moi, je suis certain que c'est un cheveu de Monsieur et pas un poil de sa moustache ! Je les reconnaîtrais entre mille depuis le temps qu'il coupe les cheveux en quatre et qu'il barbe tout le monde !

- Oh dis ! Au moins, on est sûres toutes les deux que c'est pas celui de Suzanne, la petite pipelette frisottante et zozotante, au cheveu sur la langue !

- Ni celui de Poil de Carotte, il est de notre famille mais il a déjà une coupe en brosse !"

Oui ! C'est ainsi mes remarquables consœurs et collègues, il y a de l'émoi chez toutes nos brosses ! La brosse à mascara aux cils en ramasse-miettes fait les yeux doux à la brosse à ongles et à vernir, dans l'intention, un jour de lui demander sa main. Avec constance, elle s'accroche au pinceau, tandis que l'autre pique un fard !

La brosse à vêtements et à tapis ont été mises au placard parce qu'elles avaient tendance à ramasser les poils du chat angora et que cette petite peste de Suzanne est bêtement allergique !...

"- Allergique à nous, bien sûr, mais jamais à ses peluches !

- Arrête, tu amuses le tapis ! Tu n'en as pas assez de déblatérer à petits cris persans et d'être ainsi, tout le temps, de mauvais poil de chameau !

- Holà ! Holà ! Cessez, vous deux de vous rebrousser la touffe ! Ne vous montez pas le bonnet, ne vous prenez pas la tête et le bibi !" dit la brosse à chapeaux.

Vous voyez, amis de tout poil, si je veux vous sortir des broussailles et vous brosser un tableau encore plus complet, je peux renforcer votre conviction et affirmer avec vous que la brosse a envahi notre espace de vie et de pensée.

Vous le savez ! Le vil flagorneur est passé maître dans l'art de passer la brosse à reluire aux tristes sires. Les cireurs de pompes et les lèche-bottes sont à nos pieds pour leurs basses flatteries. Ceux qui nous pommadent varient les couches de crème de leurs compliments comme le cirage nourrit le cuir des chaussures. D'ailleurs, allez savoir ! Certains d'entre vous prennent peut-être ainsi leur pied !

Réjouissez-vous, amis congressistes, après la pause fraîcheur que vous avez bien méritée, la saga des brosses en remettra encore un sacré coup !

Alors, profitez pleinement de cet intermède pour échanger et accueillir vos jeunes compagnons et déjà, talentueux professionnels. Vous les reconnaîtrez à leurs badges distinctifs. en forme de brosse aux couleurs bleu-blanc-rouge.

Si vous désirez encore mieux connaître la collection de nos modèles, arrêtez-vous au stand des nouveaux produits ou feuilletez à l'entracte, le très beau recueil de nos articles en vente sur le Net ! Mais ne planquez pas la poussière sous le tapis rouge que nous vous avons déployé !

 

 

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Maldonne 1/2

Publié le par modimodi

Nous en avions fait notre charte,

Pas de fuite, pas de flèche du Parthe,

Pas d'illusions, d'effets Op Art,

Un amour libre et à la carte !

 

Toutes gagnantes, pas biseautées !

Des cartes de fidélité,

Des tickets avec droit d'entrée

Dans la joie, la félicité !

 

Nous avions la carte du tendre.

Au bonheur, nous pouvions prétendre,

Une rose en face imprimée,

Carte blanche pour nous aimer.

 

Nul besoin d'cartes de visite,

Nul besoin de règle explicite,

Notre amour est d'accord tacite

Pour effeuiller la marguerite !

 

Mille jours et nuits, à la suite,

Nos parties durent les trois-huit.

Nous jouons au trivial pursuit,

Nous somm's champions de réussites !

 

Nos martingales remarquables

Nous font vainqueurs et imbattables.

Pas d'château d'cartes, pas d'château d'sable !

Nous nous donnons cartes sur table !

 

Nous avons du jeu et d'la veine,

Cinquante-deux cartes, cinquante-deux s'maines,

Et des jokers à la douzaine !

Je suis ton roi, tu es ma reine.

 

Nous n'devions pas nous écrouler !

Avec l'art de nous mélanger,

Nous ne devions pas nous brouiller

Et surtout pas nous défausser...

 

Ni de l'amour nous écarter.

 

 

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Le factice

Publié le par modimodi

Bigre ! Bigre ! Après que les grands mégalos dogmatiques et leurs charniers à ciel ouvert, nous aient convaincus de la tyrannie de l'utopie et du caractère terroriste de la vérité, nous vivons l'ère du vide, des crises économiques et de la faillite des idéologies des états providence.

Parallèlement dans la surabondance du mauvais goût, avec la recrudescence du faux et des apparences, par le désir d'éphémère et de sensationnel, sous l'emprise de la passion du factice, du simili et du simulacre, le trompe-l’œil nous fait des clins d’œil. Oh ! Même si nous savons bien que " Tout ce qui brille n'est pas or", nous nous illusionnons nous-mêmes en croyant donner l'illusion.

De tout temps fasciné par la magie de l'image et du verbe, l'homo mediaticus n'en finit pas de se prendre au miroir aux alouettes de la duplicité et de la duplication. Il copie ou il fait semblant. Tricheur et truqueur autant par son désir de se singulariser que d'appartenir par le look à un clan, il choisit les signes de reconnaissance de sa tribu.

La vogue et la vague du faux et du jeu déferlent d'ailleurs sur nos mièvreries publicitaires et rousseauistes qui prônent le retour à la nature. Nos lessives sont lavées plus blanc que blanc, sur fond de champ de blé ou de cascades aux chants d'oiseaux. Sur " Les quatre saisons " de Vivaldi, les changes nous font des risettes célébrant le printemps de la vie.

Avec " La truite " de Schubert dans son iPod, la nana qui connaît moins oncle Vania que sa périodicité féminine s'en tamponne sous forme d'activité sportive intense. Les dessous de bras et les aisselles qui ruissellent, sentent les embruns vanillés d'îles exotiques ! Vivre sur les dents mais toujours éclatantes et manger sain et bio sont les valeurs refuges de la bonne santé, vendues artificiellement sur fond de carton-pâte et de trompe-l’œil écolo.

Mais tout est déjà dans la nature. L'homme n'a rien inventé. Les oiseaux donnent la parade nuptiale ou amoureuse. Pour séduire, l'homme, ce drôle d'oiseau qui promet le paradis, joue comme il peut de son dimorphisme sexuel et glandulaire. Il met ses plus belles plumes colorées, gonfle son jabot ou sa crête au gel béton et se pavane devant l'oiselle sous les sunlights ! Il roucoule ses chants les plus mélodieux, pousse des cris les plus sonores et saute et danse en ondulant du croupion chatoyant et irisé.

Il déploie ses arguments et ses courbettes, il vibre en harmonie discrète ou se donne en spectacle, sous forme d'acrobaties ou d'affirmation de sa testostérone. Tout en s'offrant, il fait offrande pour mieux convaincre la douce et belle femelle. Il espère, il attend la prise de bec. Pour conclure, il ira même lui promettre un nid douillet.

Et moi ? Que fais-je d'autre que parader en écrivant et en agitant ma plume ? D'un battement d'aile, je crois vous emporter. Je joue de l'art du leurre et du factice. Que ne tentai-je pas à mon tour de vous séduire, d'attirer n'importe quel lecteur hermaphrodite de cette littérature con, plaisante. La preuve m'est souvent donnée, quand j'obtiens l'effet inverse par mon style trop gonflant ou trop ébouriffant.

Je suis mon propre faux semblant d'aimer, de partager et je fuis pas à pas. Ma création me nargue et m'échappe. Ce qui me paraît original n'est peut-être qu'une pâle copie. J'imite le talent sans jamais l'égaler. Je m'illusionne.

Poésie et philosophie sont souvent mes garde-fous pour éviter les pièges de moi-même et de mes semblables. Si je cherche à comprendre, Lévinas m'apporte sa réponse. Si la relation à autrui est asymétrique, la relation à l’œuvre que je contemple est donc un face à face entre l'être que je suis, vivant et animé et ce qui s'apparente au néant, une œuvre figée dans sa beauté intemporelle. Rien n'empêche que certaines créations que je contemple et scrute m'interpellent et dépassent mon simple regard.

Comme chaque visage rencontré et observé est offert dans son dénuement, aucun ne peut à lui seul faire sens en dehors de ma propre perception et de ma participation émotive. Chacun de mes textes est ainsi un visage d'encre offert à votre vue et à votre regard intérieur !

Il n'y a pas d'ambivalence dans cette conversation muette, uniquement parfois dans mes intentions. Il n'y a rien de possible dans la rencontre avec l'autre comme dans la contemplation d'une œuvre en dehors de ma propre volonté. J'en suis donc responsable, ma subjectivité ne peut m'en dédouaner. Le reste n'est qu'arrangement avec le ciel et soi-même. Mais le ciel ne saurait mentir...

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Casse-pieds 2/3

Publié le par modimodi

 

T'occup' le devant d'la scène,

Ta maman, c'est Madame Sans-Gêne.

Quand tu me vois très occupé,

T'hésites pas à me déranger.

 

Tu vas sans arrêt, insister.

Le seul problèm' qui m'est posé :

"Va-t-il finir par me laisser,

Vais-je pouvoir m'en débarrasser ?"

 

Car tu n'me quitt's pas d'un'semelle,

Mêm' quand je dors, toi, tu m'appelles.

Rien d'important, just' me parler.

"Je n't'ai quand mêm' pas réveillé ?"

 

Tu n'as vraiment pas ton pareil

Pour me casser pieds et oreilles,

Tu ne me laisses aucun répit

Que ce soit le jour ou la nuit.

 

T'es toujours à côté d'la plaque.

Tu crois qu'on t' fait du micmac,

Tu crois que c'est un coup d'Jarnac

Et tu te prends pour Ravaillac !

 

Oh ! Tu n'es pas vraiment méchant !

Mais t'es toujours à contretemps,

Tu m'agaces à longueur de temps

Et tu me fais perdre mon temps !

 

Tu vas au bluff et au culot,

Je t'ai sans arrêt sur le dos,

Tu m'inond' de mails, de textos,

Tu ne me laisses aucun repos !

 

J'vais devoir agir à huis clos,

Changer illico d'numéro,

Prendre un faux blase ou un pseudo

Pour moi passer incognito !

 

 

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Du coq à l'âne ! Lettre d'un écrivain aux critiques et aux censeurs.

Publié le par archibald_06

Jean de La fontaine, n'a pas écrit de fable sur le coq et l'âne. Sans doute avait-il l'esprit un peu plus flamboyant et la crête plus conquérante que votre homme de plumes ! Je peux donc, Messieurs, sans craindre aucune rivalité, user et muser, à ma guise, dans la basse cour ou les champs d'honneurs.

J'ai l'esprit empâté et je vis déjà comme un coq en pâte, mais pas assez toutefois en allure triomphante de Chantecler ! Mes cocoricos n'éveillent pas la curiosité du Landerneau littéraire ni n'empourprent mes écrits, du sang de la colère et de la révolte de mon inspiration cocardière.

Petits critiques ergoteurs, je peux donc à ma guise voler, dans vos plumes en bataille de pamphlétaires. Cessez de me reprocher d'être un rustique littéraire, un terrien terre à terre et de passer du coq à l'âne. Oh ! Mais non ! Je ne vais pas faire ma poule mouillée pour quelques gratte-papiers, à la plume ébouriffée et acérée.

Je ne suis pas en cour, qu'importe ! Je le sais ! Pour que je puisse passer dans la cour des grands de la littérature, il me faudrait atteindre la Cour des Miracles ou écrire avec une plume de paon.... Mes infirmités sont innées et tenaces, elles demeurent, car elles ne sont pas feintes. Je ne suis pas Victor Hugo, simplement le Quasimodo, à l'écriture ronde bosse, et encore moins Bertold Brecht, mes œuvres ne sont qu'Opéra de Quat' sous !

Dans la cour de ferme, je chante le réveil de l'inspiration et je décrête fièrement, du haut de mon perchoir. Je coquerique mes bêtises pour le bétail ou la volaille qui caquette ! Ah Dieu ! "Veaux, vaches, cochons, couvées".

L'étable fait la loi ! Vive le style en poulets, qui fait glousser les dindes ! Vive la grosse farce pour dindons, les choux gras pour pintades, le gavage pour les oies et la soupe bourrative pour que les critiques puissent cracher dedans !...  C'est l'amer constat ! Pas un cancan, dans le canard du bec en coin, pourtant parfumé aux navets campagnards ! Bon hi-han, mal an, il n'y a que l'âne pour me saluer de son bonnet, heureux de me voir passer du coq à l'âne.

Je me sens stupide et balourd : Aliboron et Buridan, gentil Cadichon mais jamais, héros d'or d'Apulée ! Mes écrits vains d'écrivain décrié, font de moi, une bête de traits et de ratures. Je tourne en bourrique, gueule et brait mon infortune. Plus rien ne me retient de ruminer, ruer et piaffer, d'impatience contre tous les polémistes qui glosent et dénigrent, sans un pet de créativité !

Un jour, si j'ai l'occasion, je leur ferai moi aussi tâter de mon sabot, ils verront la force de mon coup de patte. La Fontaine a déjà rendu célèbre, mon coup de pied de l'âne et j'ai toujours en plus, du mordant en réserve. Ils peuvent sonner la charge, ma valeur n'attend pas le nombre des ânées !

Aujourd'hui, tous mes gribouillis sont offerts en pâture. Au lieu de me lancer des fleurs, je ne m'étonne pas qu'on dise que mon talent broute le ras des pâquerettes. Je reste abattu sur la litière du dépit... La curée et l'écurie, quelle vacherie !

Moi, qu'on dit bête à manger du foin à la fourche, je panse donc, j'essuie les revers, à tout crin, de tous les bêtes et méchants, qui m’étrillent, faute de savoir me passer la brosse à reluire. Ça fait un bail que ma prose ne trouve plus preneur et fait bâiller. Personne ne veut me louer, les lauriers sont coupés et déjà mis en couronne pour mon oraison funèbre !

La barbe, si je biche encore ! L'insuccès me fait tourner chèvre mais l'optimisme béat l'emporte malgré moi. Comme la chèvre de Monsieur Seguin, j'espère que la réussite viendra un jour me tirer par la barbichette. Je suis toujours prêt à me perdre en cabrioles, dans la montagne des illusions orgueilleuses.

Pas de jugements dithyrambiques, tant pis ! Je me console des avis dépréciateurs, en pensant que de leur vivant, tous les génies ont été incompris ! Je me réserve le luxe d'un dernier coup de corne d'abondance de ma déveine littéraire. Les dieux de la poésie sont des satyres et des faunes aux pieds de chèvre, ils m'ont pris pour leur bouc émissaire. Je suis Capra Ibex ! Bouquetin premier ! Tant pis ou tant mieux ! C'est sûrement kif-kif bourricot !

 

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