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Bois tendre

Publié le par modimodi

J'avais le cœur dur com' du bois,

Incapable du moindre émoi.

La belle qui dormait au bois

Pouvait dormir cent ans, ma foi !

Je n'étais ni prince, ni roi

Pas de sang bleu, que du sang froid.

 

Le loup pouvait sortir du bois,

Les fées pouvaient ôter leurs bas,

Pour mettre dans tous mes états

Mes sens, mon corps en branle-bas !

Je me vantais à pleine voix

De résister à leurs appâts.

 

J'évitais les hauts et les bas,

Et partais toujours du pied droit.

Ma vie glissait sans un faux pas

Prenant garde aux amours verglas,

Aux ballerines à pas de soie

Qui vous lient dans leurs entrechats.

 

Mais Cupidon est un matois,

Tout entier dévoué à toi !

Ton amour se tient aux abois.

Tu veux mon cœur à claire-voie

Et tu m'attends au coin du bois

Comme le loup attend sa proie.

 

Tu me désignes et patatras !

Cachée au fond de son carquois

Tu te fais flèche de tout bois.

Mon cœur se fend en mille éclats.

Je suis à genoux, bras en croix,

Cœur brisé comme un petit bois.

 

Puis je crépite entre tes bras,

Et me consume au feu de joies.

Près de l'âtre, sous le même toit,

La passion rougeoie et flamboie.

Du bout des lèvres, au bout des doigts

C'est moi qui fais feu, de tout bois !

 

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Sans début ni fin du monde ! 2/2

Publié le par modimodi

Dans un monde énigmatique, sans début ni fin, l'illusion suprême ose toutes les élucubrations... Plus d'ascendance ni de descendance, l'Homme n'a ainsi plus de naissance ou de mort, plus de généalogie, de lignée et de filiation.

Content de lui, il peut dormir comme une souche. Ô ma vieille branche, il n'y a plus de singe dans l'arbre généalogique et plus de berceau de l'humanité. Plus de natif ou d'orphelin, de question récurrente : qui de l’œuf et de la poule ?

Dans cette alternative conceptuelle et subjective, tout est concevable ou absurde, symbolique ou ésotérique. S'il n'y a plus de source sûre, il n'y a plus de retour aux sources. Sans racines et sans germes, nous ne devrions plus jamais avoir peur de nous planter.

Plus d'actions à justifier, plus de motifs, que des prétextes ! Plus de mobiles, le crime serait toujours parfait ! La justice peut rester aveugle ! Pas le plus petit début de preuve, dans un tribunal sans ouverture de séance, ni clôture de dossiers. Des problèmes toujours sans solutions !

Chacun à l'instar d'un démiurge est le métaphysicien créationniste qui lui convient. Chacun est à lui-même son propre monde, c'est en lui que se fonde le sens inhérent de sa propre vie et sa raison d'exister. Selon chacun, l'horizon sans limites est ainsi plus ou moins ouvert et dégagé, ou bouché et borné. Il le découvre en avançant quand la ligne recule au fur et à mesure qu'il progresse.

Ainsi découvre-t-il l'altérité en découvrant qu'il n'est pas seul. L'autre, son frère ou son ennemi est semblable à lui. Sa rencontre est un choc, qui produit opposition ou association, harmonisation en vue d'union et d'unité, effusion, fusion ou confusion en fonction de leur atomes plus ou moins crochus et à condition que l'autre ne se prenne pas en plus pour le nombril du monde.

Mais la vie viendra bien assez tôt leur rappeler qu'ils ne sont l'un et l'autre qu'un point perdu sur le globe terrestre et une poussière d'étoile, filante vers l'inconnu jusqu'à son point final. Il n'y a que Monsieur Univers ou Miss Monde pour croire à l'éphémère de l'instant et à l'infini de la durée dans un monde pailleté.

Jusqu'à présent, personne n'a pu vivre sans la certitude d'un début et d'un terme. Si le monde garde l'énigme du commencement et de sa fin, l'Homme s'inscrit forcément dans l'intervalle de sa naissance et de sa mort. Les joies et les peines, les événements et leurs célébrations l'inscrivent de dates en dates dans une histoire de vie.

Si le monde est un mystère, lui ne l'est pas, il est programmé. Il ne lui reste qu'à négocier sa vie durant les incertitudes du destin. Ces repères temporels douloureux ou festifs bornent sa raison et lui permettent d'échapper à un désespoir d'aberration voire de folie.

Finalement, il nous faudrait donc savoir vivre dans le présent, sans avenir ni passé ! Mais si nous y réfléchissons, le constat apparaît impossible ! Sans une étude géologique avérée des cœurs de pierre, il y a toujours un début et une fin à tout, à la vie comme à l'amour !

Si le monde est en expansion, l'amour l'est aussi. Il trouve toujours l'espace qui lui convient et repousse à l'infini les limites de chacun, lui faisant trouver des possibilités insoupçonnées.

"Mais toi, t'es le dernier, Mais toi, t'es le premier ! Avant toi, y'avait rien, Avec toi, je suis bien !" (A quoi ça sert l'amour, Édith Piaf). C'est ainsi, que l'émotion aide à vivre sans penser que les meilleures choses ont une fin. Car allez savoir pourquoi, sans raison et sans but, "les histoires d'amour finissent mal en général"... surtout quand elles sont, sans queue ni tête...

... Comme ce texte, qui raisonne par l'absurde, qui se présente à vous sans limite et qui est donc sans épilogue, ni point final ! En définitive, c'est au lecteur de l'achever ou de m'achever ! Par principe, son immense talent est soit indéfini, soit illimité, il est donc l'ultime recours à toutes ces idées, sans début ni fin !

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Casse-pieds 1/3

Publié le par modimodi

Y'en a qui saut' les garde-fous,

Qui n'ont pas peur du loup garou

Et qui se prennent pour des casse-cou,

Avant de prendr' le coup d'bambou !

 

Y'en a qui tissent leur linceul,

Qui auront droit com' leur aïeul

A la dernièr' gerb' de glaïeuls

Pour être allé trop au casse-gueule !

 

Toi, t'es plutôt du genr' casse-pieds !

Tu ne veux vraiment pas m'lâcher !

A mes basques, tu restes collé

Comme un caramel au papier !

 

Si je cause, tu m'interromps

Avec ta voix de gros clairon.

Tu suis ton idée, tu rumines,

Tu n'peux pas la mettre en sourdine.

 

Tu interviens un peu partout,

T'es un fouille-merde et un mêle-tout.

Mêm' quand on ne t'a pas sonné,

T'as ton grain d'sel à rajouter.

 

Dans tous les plats, tu mets tes pieds,

Tu as toujours à commenter.

Inutile de te présenter

Un projet, une nouveauté !

 

Rien ne saurait t'impressionner,

Même quand tu dis, bouche-bée,

Qu'il y'a longtemps que tu l'as fait,

Que tu y es déjà allé !

 

Tu me dis qu't'as une combine

Pour toi aller gratos en Chine,

Mais tu n'as pas quitté Malines !

Tous les voyages t'enquiquinent.

 

 

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Train de vie ! Lettre à mon estivante !

Publié le par modimodi

Ma douce, mon estivante ! Tu as pris le petit train touristique : les plages, la vieille ville, le port, la mer ! Tes yeux ont la flamme du soleil, tu es harmonie et lumière dans l'azur brûlant de la Riviera. Le temps est suspendu aux battements de ton cœur.

C'est l'été, tu te reposes pour reprendre des forces. Jouis, ma tendre amie, de la douceur méditerranéenne. Ô mon héliotrope, fais le plein de plein ciel, de clair bonheur et de douce énergie ! Sois à jamais ce ruban bleu ciel accroché à l'écharpe des nuages qui voilent parfois mon cœur, dans la saison d'hiver.

Depuis tant d'années, nos routes se sont croisées et nous nous sommes accordés. Je t'ai déjà célébrée et je t'exhorte encore. Toi, qui marches à mes côtés, à pas comptés ou à marche forcée, pèlerin de la vie, ma compagne de route, tiens bon le rythme et la cadence !

Il n'y a qu'une semaine que tu es partie. Tu ne reviendras qu'à la fin du mois et tu me manques. J'ai hâte de te serrer dans mes bras sur ce quai de gare qui patiente de désirs chauffés à blanc.

Nous n'avons pas souvent l'occasion de nous écrire. Je profite que tu sois, ces quelques jours loin de moi à profiter de vacances bien méritées pour me livrer et t'exprimer mon amour. Je ne connais pas suffisamment ton passé, aussi je l'imagine ! Je sais seulement que ta personnalité compose notre bonheur et donne une importance essentielle à ta présence à mes côtés.

Tu es une météorite tombée du ciel de lit de tes parents aimants, un grain de sable d'éternité, un tout petit caillou roulant sur le chemin de l'existence. Par tes confidences chuchotées sur l'oreiller, j'en mesure la richesse...

Ta famille t'a ouvert la voie, celle de maman était lactée. L'école t'a fait faire tes classes et la vie, dans les efforts et la tendresse, t'a donné des leçons et des devoirs familiaux ... Sur la voie, très tôt, tu étais ferrée ! Mais l'important du circuit ferroviaire, c'est toujours le bon aiguillage ! Tu as eu cette chance ! A la croisée des rails, au carrefour, de tes expériences sociales ou amoureuses, c'est plein d'entrain et d'espérances que tu as cherché ta destination. Ta route est ainsi faite de destins aux rails parallèles... Par la vitre du compartiment panoramique, tes rêves filent encore vers la lumière et les étoiles.

Descendue du marchepied, tu n'as pas cherché le sentier de la gloire mais arpenté les allées de la réussite. Le cœur léger, tu as pris le chemin des amours printanières, au vert tendre des noisetiers. Tu as suivi, entre deux mirages, la piste des caravanes au milieu d'aventuriers nomades comme toi et couru à perdre haleine, le marathon des jours. Tu t'es tracé un itinéraire, souvent sans carte ni boussole, en évitant, perte de trajectoire et sortie de route, voie sans issue, voie de garage ou déraillement. 

Je t'imagine fort bien comme tu étais hier : active et entreprenante, moderne, curieuse et ouverte à ton environnement ! D'ailleurs, à l'époque, je suis certain qu'il n'y a pas de train-train dans ton existence ! Dans l'agitation de ton esprit, tu ne connais pas la routine. L'actualité te file le train : autoroute encombrée de l'information, T.G.V. du quotidien, activités sans arrêt, ni salle d'attente. Chaque étape de ta vie, chaque station est un passage à niveau.

Comme tes semblables, tu as été poussée à monter dans le train de la mode, aux wagons de pubs pour citadins et de réclames pour banlieusards, aux rames bourrées d'indispensables futilités. Mais tu leur as laissé, j'en suis sûr, cette course au paraître !  Tu en as perçu les risques et périls dans ses fallacieux et périlleux aspects : tantôt sur un circuit de formule 1, dans une dangereuse compétition au chrono ou tantôt comme une course au standing, en première classe exigée, en mode express, dans le train de luxe de la vie...

Mais tu es prudente et plus avisée que moi et c'est sans manière, qu'aujourd'hui, tous les deux, nous savons qu'un jour, au dernier cri, nous serons passés de mode. Car si un train peut en cacher un autre, le train de la vie cache hélas, le dernier convoi qu'on ne voit pas arriver à train d'enfer et qui nous débarque, au terminus, sans crier gare !

Qu'importe cette menace et cette angoisse existentielle ! Nous cherchons tous deux, le bonheur et l'amour et nous désirons, sans repos ni répit, leurs bons de transports. C'est pour cela que toi et moi impatientons, sans nous soucier, sur le quai des anonymes, plein à craquer, avec un billet, aller simple.

Course contre la montre du temps, tyrannie des horaires ! Jour après jour, voyageurs sans bagages, nous prenons l'omnibus. Nous empruntons le train de vie, le train de notre vie, dans la lumière des sémaphores qui balisent notre parcours et les cloches électriques qui nous tiennent en éveil. Nous roulons vers notre destin, le malheur est à la consigne ! En voiture, la vie et l'amour ! Amour, reviens-moi, plein d'entrain !"

 

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Sans début ni fin du monde ! 1/2

Publié le par modimodi

L'interrogation peut devenir obsédante. Un monde sans début, ni fin, est-il possible ? Du bing au bang, la question retentit.

Peut-être, n'y aurait-il pas d'ailleurs, de quoi en faire tout un monde ? Peut-être !... Mais déjà, il faudrait s'entendre sur le mot lui-même !

Depuis que le monde est monde, parle-t-on de l'ensemble de l'univers, de la planète terre avec ses astres dans l'espace ? Parle-t-on de tout ce qui existe, du visible, du connu comme de l'inconnu ? Ne sont-ils pas loin l'ancien et le nouveau monde ?

Ce monde indiscernable est-il intelligible à Monsieur tout le monde ? Ne l'appréhende-t-il pas qu'en fonction des milieux dans lesquels il s'insère ? Comment percera-t-il les secrets de la Matière ? Ses sens, sa raison, son expérience le lui permettent-ils ou reste-t-il limité à son environnement ?

Peut-on dans l'absolu, concevoir simplement ce qui semble organisé et en corolaire, imaginer le désordre primitif et chaotique ? Si nous ignorons l'origine comment en affabuler la fin sinon qu'en rêves ?

S'agit-il donc de discuter ici, de l'ensemble de l'humanité civilisée ou d'un milieu particulier comme la société ou le monde végétal ? Comment intégrer dans le cosmos, ce vaste globe où des gens, en tout genre, partagent l'espace public en cherchant, en ce bas monde, à s'approprier l'espace privé ? Y a-t-il eu un début et une fin à la bêtise et à l'avidité ?

Je crains qu'à cette question, sans fin, nous recevions une fin de non-recevoir. D'ailleurs, ce serait bien normal car, si la fin justifie les moyens, sans une fin réelle, il ne reste pas d'autre espoir que de faire avec les moyens du bord ! Et vogue la galère et va le Juif errant ! Rien à donner, rien à expédier, plus de provenance ni de destination. La lettre en Vérité reste morte de l'aleph au tav.

Dans ce mélange des notions, du grand Tout et du vaste monde, de l'infiniment grand et de l'infiniment petit, du macrocosmique au microcosmique, l'Homme est-il assez grand ou déjà trop petit pour lever tous les doutes ?

Prend-il lui-même conscience de son unité ? Arrivera-t-il à régler la question récurrente des paradoxes : du début et de la fin, du sans queue ni tête, du sans début, sans fin ? Sans méthode certifiée, il n'y a pas de sens ni de vérité absolue, aucune logique sinon celle du doute ! Alors, doit-il se faire tout petit ou faire tout, tout seul, comme un grand ?

Nul n'est contraint à régler l’obsédante question de l'énigme du monde. Alors, pour qui le veut bien, fini le casse-tête ! Il suffit de le décider et de renoncer à triturer ses méninges pour mettre en ébullition ses derniers neurones. Il n'y a pas de quoi chercher, ce qu'il y avait avant l'étincelle du Bing Bang, plus de commencement que de l'imprévisible !

Il n'y a donc plus de Genèse ni d'Apocalypse, plus de création ni de lumineuse, éclatante ou obscure révélation finale. Il n'y a plus rien qu'un mythe biblique ! Réglée la question surnaturelle et religieuse du divin ! Il n'y a plus à prouver l'existence de Dieu, à partir de l'existence du monde. Plus de Jugement Dernier ! Plus d'aurore ni de crépuscule des dieux ! Si le Père existe, il est éternel !

Comme par miracle ou par déréalisation, rien ne se crée et tout se transforme ! L'esprit crée son propre monde idéal, le meilleur des mondes possibles, à la vitesse de la pensée en la confondant avec la lumière. Tout est dynamisme, action et tout est force !

Sans début, rien n'est à parachever, pas de finition, que des interruptions ! Pas de conclusions ni de terminaisons, d'initiales ou de désinences aux mots et aux verbes, de terminus ou de terminaux, mais plus que des escales dans les ports et les aéroports ! Il n'y a plus que les retards qui sont in extremis !

Sans début ni fin, et sans en avoir l'R, l'amour fait la moue ! L'austère minus lui-même, porte définitivement l'atavisme du pas fini ! Sa patience n'est jamais à bout ! Et les histoires sont interminables, elles se répètent indéfiniment en sempiternelles ritournelles. Perpetuum mobile ! Rien ne cesse !

Plus d'alpha ni d'oméga, plus que des bêtas dans leur course contre la montre. Il n'y a plus de tableau de Courbet dans le placard de chez Lacan, plus de recherche de paternité, plus de crainte millénariste de fin du monde. Il n'y a plus d'origine, ni de péché originel, plus de date de formation de la matière, plus d'existence matérielle. Plus d'homme primitif, ni abouti.

Il n'y a plus de sens déterminé aux directions et, sans repères dans l'espace, définitivement infini, plus d'hémisphères, de milieu, ni de loi du milieu. Plus de questions existentielles, plus d'études scientifiques, plus de recherches de causes antérieures à la cause, plus de loi des contraires, plus que des conséquences du Hasard !

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Le moustique

Publié le par modimodi

Bzz, Bzz, Bzz, Bzz, c'est le cantique du moustique !

Tu entends dans le noir son Bzz, Bzz fatidique,

Tu le guettes, il approche, tu te raidis, stoïque,

Il s'éloigne, il revient, le Bzz, Bzz satanique.

Tu te tiens éveillé, tu te fais héroïque,

Il attend, te survole, son plan est stratégique.

On ne peut échapper au complot du moustique !

 

Bzz, Bzz, Bzz, Bzz, c'est la musique du moustique !

Tu tombes de sommeil, son Bzz est narcotique,

Tu luttes, tu t'agites de sursauts frénétiques.

Il tourne autour de toi, le Bzz soporifique.

Il est à ton oreille, tu cognes, Clac et Clic,

Tu allumes confiant, la lumière électrique,

Tu restes médusé, pas le moindre moustique !

 

Si tu dors, je te pique, c'est la tactique du moustique !

De ses pattes et ses ailes, il brique et il astique,

Pour aspirer ton sang, son dard télescopique.

Il se pose et enfonce l'aiguille maléfique:

Le bras, le cou, le pied, le plan est méthodique

Et à chaque piqûre, il prend soin, il s'applique.

Tu dors, sans te soucier, c'est mieux qu'à la clinique,

Chaque ponction nouvelle est un anesthésique.

 

Si tu dors, je te pique, c'est la technique du moustique !

Les instants du réveil sont un moment critique,

Bizarrement partout, ça démange et ça pique.

Tu cours devant la glace et là, c'est la panique,

Tu fais une éruption de fièvre bubonique !

Tu grattes, tu t'écorches, le tableau est épique,

Tu sembles agité d'une crise hystérique.

 

C'est trop tard et injuste, la vie est pathétique !

Elle n'épargne personne, mêm' pas les porcs-épics.

On ne peut échapper aux impôts, aux moustiques !

Mort aux aiguillonneurs ! Vive la République !

 

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Boîte aux oubliettes : lettre en absence 2/2

Publié le par modimodi

 

Pourquoi veux-tu me délaisser et laisser au mauvais vent d'oubli ma pauvre boîte aux lettres ?

Quel gaspillage de temps et d'écriture, d'élans et d'expressions spontanées ! Autrefois, nous laissions parler nos sentiments, tous deux exaltés et intarissables d'éloquence. Pourquoi supprimer ou laisser tarir les preuves matérielles de nos cœurs en correspondances ?

Nous étions en symbiose épistolaire. Toujours de l'authentique, jamais de vulgaires copies ou d'emprunts dans la prose de quelques romans de gare. Notre amour véritable pouvait se lire entre les lignes. Ma boîte aux lettres était comme une salle d'attente pour mon cœur en consigne. Je n'imaginais pas t'attendre un jour, au terminus.

Notre passion avait ses lettres de noblesse et toutes les majuscules de l'A.M.O.U.R. Nous pouvions y puiser toutes les combinaisons inspirées pour décliner nos sentiments en lettres de feu de joie ! Nous avions l'humeur fantaisiste, notre boîte était débordante d'aventures et d'imagination aux lettres vagabondes.

Aujourd'hui, le clavier noir de mon ordinateur ou de ma tablette les a figées. Plus de belle écriture. Elles attendent mon doigt ou mes pouces pour marteler les mots d'une passion virtuelle.

Hier, ma main imposait sa pression à la plume choisie, grasse, légère, épaisse. La trace était sonore et visuelle, je te faisais signe. La conception de mes désirs se transposait sur chaque page. Le froissement, l'effleurement ou la griffure sur le papier étaient un prélude à notre sensuelle expression physique, à nos prochains et soyeux touchers. En gravant, toi et moi, nous apprenions à nous aimer.

Nous prenions notre pied au pied de la lettre et nos lettres comme nos corps étaient liées et déliées, penchées et entrelacées dans les jambages. Nous en possédions l'élégance. Notre sincérité avait un accent grave, nos cris, de petits accents aigus, notre étonnement, un joyeux accent circonflexe. Aucune faute de grammaire pour exprimer l'intensité des émotions.

Au plus profond de nous-mêmes, nous allions puiser l'essence de nos sentiments dans l'étymologie de l'amour ! Tous nos mots étaient consacrés. De la racine de nos vibrations phonétiques à la terminaison de nos vocables, nous en exprimions toutes les nuances à chaque missive échangée. Chaque pli cacheté frémissait de la puissance de notre sensibilité et du bruissement de nos écritures, caresse impatiente et fiévreuse de la plume sur le papier. La boite aux lettres de nos désirs, porte de rêves et d'évasion en frissonne encore.

Chaque écrit était sans équivoque, expressif, pittoresque, lyrique ! Nous nous aimions au sens propre, le sens figuré n'était que stylistique. Notre langage était clair comme la lumière en nos pensées et la clarté dans nos désirs.

Mais aujourd'hui tout a changé. Pas besoin de me l'envoyer dire. La boîte aux lettres vide est le symbole de ton amnésie. Plus d'autre envoi désormais que moi-même sur les roses et quelques inutiles dépliants publicitaires !

Je vois bien que tu manques à ton serment par négligence ou reniement. Tu me jettes aux oubliettes de notre histoire comme un manuscrit à l'oubli des esprits. J'ai tout le temps de méditer dans ma cellule de réclusion et de chercher si nos écrits avaient déjà quelques lacunes.

Je ne les ai pas chiffonnés de colère ! Je les regarde, ému de constater que les couleurs sont défraîchies, laissant une impression de flou et de sentiments estompés... Il est paraît-il possible aujourd'hui de restaurer les teintes et les images... Mais pourrais-je retrouver l'état d'origine de notre amour, au moins son apparence lustrée et ses reflets moirés ? Je te promets alors de n'en retoucher aucun détail.

Je les relis attentivement un à un. Je ne trouve pas de troubles graphiques, de lettres géminées dans une écriture bâclée, par trop abrégée. Pas de caractères mal formés, ambigus, pas de lapsus calami. Pas de lettres empâtées par excès de taches d'encre dans des épanchements exaltés. Pas de trous de plume agressive par élans impulsifs ou de ratures par hésitations affectives.

Pas de lettres illisibles ! Non ! De la calligraphie en toutes circonstances et des adresses bien rédigées. Pas de grimoire, de texte torchonné, pas d'enveloppes déchirées. Pas de manque de franchise ou d'affranchissement, un amour plein de cachet comme une lettre à la poste !

Hélas ! Je t'envoie sans répit des lettres, des télégrammes, des S.O.S. Aucune réponse à mes dépêches, pas un signe, pas le moindre courrier ! Pas même une lettre de condoléances ! Mes lettres recommandées me reviennent avec la mention : "Retour à l'envoyeur". Je me fais taxer par toi, d'indifférence. Dois-je encore attendre devant ma boîte aux lettres, le fameux facteur chance ?

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Chien et chat 2/2

Publié le par modimodi

 

Pas facile de cohabiter,

Quand on est chien et chat, collés !

Chacun veut être caressé, 

On se dispute pour la pâtée.

C'est à qui mangera l'premier !

Elle, la coquette des croquettes,

Moi, l'Bali ballot des boulettes.

 

On se surveille en vis à vis,

On s'fait des crises de jalousie

Pour une place sur le tapis !

On s'poursuit comme Tom et Jerry

Moi, je suis le Snoopy d'Charlie !

J'suis pas Hercule, j'prends sur le Pif

De la part du grand Escogriffe !

 

Je n'suis pas un chat de gouttière,

Je suis un facétieux Pinsher,

De pure race et j'en suis fier.

Fidèle à ma bonne maîtresse,

Pas besoin de collier, de laisse !

Non ! Je n'fais pas comm' ces chats gris,

Je n'cours pas la nuit, la souris !

 

J'ai de l'allure et de la classe,

Je garde mon rang et ma place.

J'habite à Lille sur la grand-place !

J'suis pas en chasse pour une bécasse,

Aux abois, quand l'défilé passe !

J'me sauv' pas les jours de ducasse, 

Je n'fréquente pas la populace !

 

Pour que j'l'appelle "son chat beauté",

Minette s'occupe, toute la journée

A sa toilette de poils lissés.

Mais j'fais mine de pas la r'garder

Car elle se moque trop de moi !

Elle m'appelle son ch'ti ouah, ouah ! 

Et veut être mon aristo chat !

 

J'n'ai p't'êtr' pas ses beaux grands yeux verts,

Je n'sais pas cligner des paupières,

Mais j'ai du charme, on dit : du chien !

Tout l'monde m'appelle royal Canin...

Si la miss n'est pas du gratin,

On reste amis et bons apôtres !

Car n'est-on pas félin pour l'autre ?

 

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Pas sans... 2/2

Publié le par modimodi

 

Je ne sais pas si je dois me livrer à vous sans réserve, mais il est devenu impossible d'orthographier sans ratures et de ne pas écrire sans changer un iota. Nom d'une tête de pipe, disait Magritte, "ceci n'est pas une pipe !"

Cette manière de procéder est naturelle car à moins de croire qu'il n'y a pas de règles sans exception, pour être un preux de la prose, ne faut-il pas être comme le chevalier Bayard, sans peur et sans reproches ? En effet, si pour progresser, on ne peut pas persister dans la négation du passé, pour bien rédiger, à moins d'être un vrai neuneu, on ne peut pas persister dans la négation absolue de l'emploi de la négation.

C'est le "ne" du problème à résoudre, si je ne veux pas finir moi-même sans emploi ou comme un sans-abri ! Mais pas si bête ! S'il n'y a pas de Dalila sans Samson, pas de Darla dirladada sans chanson et pas de farine sans son, il n'y a pas d'âne non plus sans bonnet aux grandes oreilles !

Un récit sans la préposition "sans" serait sans sens aucun et garanti d'être catalogué comme ayant un "sans" de navet. Un écrivaillon sans "sans" dans sa veine ne pourrait qu'être qu'un "sans gain d'intérêt", un poète pas piqué des vers !

Un petit voleur de négations n'aurait pas le droit de réclamer toute votre attention et de vous dire : pas vu, pas pris et de faire du pataquès ! Sans panache, je ne mériterais pas davantage votre estime, car on n'a rien sans rien ! Alors, entre nous, pas de traître mot !  Restons positifs ! Pas de nouvelles, bonnes nouvelles !

Et puis la vie nous emboîte le pas et nous met au pas à chaque passage de l'aiguille sur le cadran. Nous prenons la leçon de l'existence. Pas de poule sans coq et vice versa !

Vous-mêmes, pourriez-vous surpasser la mère Poulard et faire des omelettes, sans casser des œufs ? Vous qui trouvez la vie amère, boiriez-vous votre café sans sucre ? Vous qui êtes un radin fauché et qui vivez sans bourse déliée, mangerez-vous des radis sans beurre ? Le chicaneur peut-il nous laisser en paix, sans trêve ? Le moins que rien peut-il faire de l'épate, sans plus ! Sans commentaire, au fond, peut-être que tout cela ne me regarde pas !

Il ne faut pas jouer avec la vertu et ensuite à voix basse se repentir au confessionnal. Pas de sanctification sans saints à qui se vouer, pas d'excommunication sans seins à qui l'on s'est voué. Pas de messe basse sans curé, inutile de marmonner comme ce mauvais apôtre : " Laissez venir à moi les petits enfants !.. " Parole d'Evangile ! Mais Sainte Nitouche, pas touche ! Non ! Pas de ça, Lisette ! Que nenni ma Nini ! Mais, à bien y réfléchir, y'aurait-il du plaisir d'amour sans gaine et du déplaisir sans gêne ?

La femme de l'infortuné chef de gare aurait-elle pu le tromper sans crier gare ? Ma sœur n'avait-elle pas raison de ne pas y aller de main morte avec ce zouave culotté ? "Peut-on payer de sa personne sans y mettre le prix ?" disais-je à mon psy qui se fendait la pipe sans piper mot. Essayez donc de ne pas rire, surtout de moi ! Ah ! Vous, vous êtes impayable !

Bon ! Sans doute n'êtes-vous pas des masses à être allés au bout du texte ? De tant de charge de "pas", et de cent "sans", sans commune mesure, m'avez-vous déjà quitté au pas de charge et tourné le dos sans vous retourner ! Je vous comprends ! Moi-même, je pars sans demander mon reste, je vous quitte sans discussion et sans attendre la monnaie de ma pièce de cent sous ! Je sais que je ne mérite pas la fanfare de la renommée et que je dois disparaître sans tambour ni trompette !

Sans rancune donc ! Comme il n'y a pas de cause sans effet, je comprends bien que je ne pouvais pas asseoir ma situation sans fondement. Ci-gît un poète, sans rime ni raison, parti sans mot dire ni maudire et sans fleurs ni couronnes !

 

 

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Cinoque !

Publié le par modimodi

On en rit ou on s'en moque !

Tout seul, toi, tu tiens colloque.

On a dit que t'es toc toc,

On a dit que tu débloques,

Que tu as un p'tit pet au bock,

Que t'es cinglé et cinoque,

Que t'as un trou dans la coque,

Et pris au casque, un grand choc !

 

On te voit, faut qu'on se moque,

Qu'on te traite de Duchnock !

Faut dir' que tu interloques

Avec toutes ces défroques !

Ta toque en vraie peau de phoque

Achetée dans l'Orénoque,

Et sous laquell' tu sues. Fuck !

Tu t'prends pour un amerloque !

 

T'as mis un froc en springbok,

Et des soques à la chinetoque

Fabriquées made in Bangkok,

T'arbores un tas d'vieill' breloques,

Et de fichues pendeloques

Qui font plic et qui font ploc,

Quand tu danses le jerk et l'rock

Au  bal masqué des radsocs !

 

Avec ta fluo crête-de-coq,

Et ton look de punk baroque,

Tout ce chic de strass et toc,

De bric-à-brac et de broc,

On dit qu't'es dans la provoc,

Que tu finiras vieux schnock,

A la mode des loufoques,

Du temps de la belle époque !

 

Meilleur que tous leurs médocs,

Toi, tu es sans équivoque,

Pour leurs souvenirs en stock

L'idole des petits viocs

Qui grincent et qui se disloquent

En gardant sous leur paddock

Leurs petites éconocroques,

Seuls, au fond de leur bicoque.

 

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