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Boîte aux oubliettes : lettre en absence 1/2

Publié le par modimodi

Ma lointaine, où est cet heureux temps où ma boîte aux lettres débordait de tes missives parfumées, où ma boîte vocale saturait de tes impatients appels, où chacun de tes SMS me murmurait : je t'M, t'M, t'M !

Je n'ai jamais voulu t'enfermer ! Aucune soumission, nulle entrave, tu es libre comme l'air, pas comme un courant d'air !

Je pensais simplement n'être ni une contrainte, ni un caprice de ton cœur, ni une de tes conceptions d'amour, sans un vrai choix délibéré et encore moins, une fantaisie de ta spontanéité ! J'avais cru que tu m'avais mis en en-tête et que j'étais ton unique destinataire. Je n'imaginais pas que la flamme que tu m'avais déclarée était une flamme d'oubli.

Cette flamme d'oblitération sur ta lettre d'amour était pour moi la preuve de ta foi en moi, ton cachet personnalisé. J'ignorais que tu connaissais l'étymologie du verbe oblitérer : faire disparaître, rendre illisible et incompréhensible, effacer, faire oublier...  

Voulais-tu donc t'enflammer pour mieux disparaître progressivement de mon souvenir ? Si les paroles s'envolent au vent de l'absence, les écrits restent dans la poussière du temps. Ne fais pas de moi, un écrivain aux vains écrits.

Mon cœur est un coffret en bois précieux. Le papier jauni de tes lettres garde ton empreinte, l'illusion de ton parfum n'en finit pas d'enfleurer mes émois, tes mots gardent dans ma gorge muette leur force brûlante. Il aurait fallu m'aveugler ou brouiller ma vue pour que je ne puisse plus les lire. Tu aurais dû les écrire à l'encre sympathique pour les rendre invisibles. Mais en mes souvenirs, rien ne s'efface ni ne s'estompe. Tu es inoubliable et vitale comme un battement de cœur !

Si chacun garde à jamais sa langue maternelle, l'amour est la seule langue universelle qu'on ne peut mal dire ou désapprendre. Toujours vivante, elle s'invente un espéranto qui laisse de l'espoir à chacun, un signe dans les sentiments et la pensée de l'homme. Nous parlions en puristes cette belle langue. La tendresse était notre syntaxe.

Aujourd'hui, tu as voulu renoncer au vocabulaire et fuir la grammaire de nos sentiments. Tu t'es exilée, tu fais défection littérale. Tu manques à l'appel, tu restes lettre morte. Ma boîte aux lettres est une boîte aux oubliettes. Elle est désespérément ouverte aux courants d'air, bouche béante en hiver pour abriter des oiseaux de passage.

Fente gravée dans l'attente, elle bat au vent, au rythme de mon cœur. Elle s'éclaire par intermittence d'une lueur de chance, elle prend, au hasard des souvenirs, la lumière d'une de tes anciennes promesses. Elle est un œil ouvert sur le vide de ton absence. Elle n'est plus qu'une simple trouée, un passage frayé dans les broussailles d'un bonheur à retrouver.

Après avoir fait le cœur buissonnier, elle espère encore ton retour au nid, elle guette la trace de ta plume. Reviens ma belle oiselle, ma douce, ma colombe et que ton bec verseur dépose ses messages fleuris de poésie.

N'abandonne pas ce vide que tu offres au silence. Je ne peux être une brèche, une faille, un simple trou vacant laissé en ta mémoire. Tire-moi de l'oubli ! Moi, je suis en poste restante, toujours à la même adresse. Je t'attends et t'attendrai toujours ! 

Si tu ne veux pas être mise en boite, tu peux venir déposer tes missives en mains propres. En moi, tu ne peux pas te perdre. A jamais, tu es assurée de me retrouver.

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Chien et chat 1/2

Publié le par modimodi

Nous cohabitons, toi et moi,

Nous sommes comme chien et chat

Et nous nous entendon, ma foi !

Oh ! C'est parfois, cahin-caha

Et pas toujours câlins, ouah ! ouah!

Petits ronrons et entrechats,

Queue agitée et sauts de joie !

 

Quand elle me prend à rebrousse-poil,

Y'a quelques jours de mauvais poils,

Des coups d'pattes à voir les étoiles,

Des coups d'griffes à effet tire-poils !

Et j'n'ai plus l'droit au lit douillet,

Je dois dormir su'le canapé 

En douce, sans me faire remarquer !

 

Minou en haut, porte fermée !

Médor en bas de l'escalier,

Un œil ouvert, un œil fermé,

Museau froid, oreilles dressées.

Mauvais sommeil, tout agité !

Si chat échaudé craint l'eau froide,

Toutou vexé lui, est maussade !

 

Au lever, dès potron-minet,

Faudra qu'ell' se fass' pardonner,

Même sacrément ronronner,

Faire chattemittes frôlées,

A pattes de velours fourrées

Pour que je veuille bien donner

Ma langue au chat, minou, minet.

 

Si j'n'ai pas d'chat à fouetter,

J'pourrai jouer à chat perché

Mais à une condition près :

Que mimine fass' pas son greffier,

Son dos rond aux poils hérissés

Et qu'elle ait les griffes rentrées,

Si elle s'avise de me toucher !

 

Depuis que nous sommes accouplés,

Notre vie passe à la télé :

Tous nos desseins sont animés.

Elle me joue sa petite lady,

Rose organdi, Hello Kitty,

Elle veut m'faire faire le Chat Potté

Pour me séduire et m'exciter !

 

 

 

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Pas sans... 1/2

Publié le par modimodi

Nous les vivants, qu'on appelle mortels, nous ne sommes pas sans divines surprises ou amères illusions, puisque " tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir " ! Mais ne franchissons pas la porte de l'enfer sans moyens d'en sortir, sinon Dante dans la Divine Comédie a pris la peine de nous avertir : " Abandonnez toute espérance, vous qui entrez ! "

Celui qui a un bel esprit, un esprit fort n'est jamais sans solutions ! J'aimerais bien être comme lui ! Je pourrais vous expliquer pourquoi " il n’y a pas de roses sans épines ". Mais vous, qui vous êtes fait piquer par l'aiguillon de l'amour ou envoyer sur les roses, peut-être le savez-vous déjà ?

Voilà pourquoi aveuglés par le piquant amour, il vous est sans doute difficile de voir tout en rose ! D'autant, qu’il n'est " si belle rose qui ne devienne gratte-cul " ! Doux Jésus, il n'y a donc pas de passion, sans couronne d'épines !

Serait-ce également parce que l'amour nous enflamme, que sa fièvre nous embrase, qu'elle nous met le rouge aux joues et le cœur en cendres, qu'on peut être certain qu'il n'y a " pas de fumée sans feu " ? Aurait-on oublié le coup de foudre déclenché par un regard de braise et sa brûlure soudaine ?

Pas besoin de fumée pour allumer le feu d'amour, quelques propos fumeux parfois suffisent. Alors le feu de paille fait partir l'amour en fumée, sans qu'il y ait vraiment de cause à effet. Une chose est certaine, il vaut mieux ne pas jouer avec le feu à moins d'être un brûlant séducteur, un sans-cœur pyromane ! Allons niais, ne niez pas ! Pas d'aveux sans désaveu ! Pas de boniment sans benêt ni de menterie sans démenti !

Nous ne sommes pas sortis de l’auberge car nous, les passants du sans soucis de l'existence, nous ne pouvons pas faire sans sous ! Si ! Si ! "Point d'argent, point de Suisse !" disait Petit Jean dans les "Plaideurs". Avant-garde d'une autre réplique contemporaine, devenue aussi culte que la secte indienne des "Intouchables" : "Pas de bras, pas de chocolat !"

Apparemment, dans un sans queue ni tête, nous ne pouvons pas faire "deux sans trois" et encore plus sans "des mille et des cents" d'inepties ! Bien sûr, un bon médecin recommandera de ne pas s'en faire et pour éviter le coup de sang du "sans-vie", de se payer une pinte de bon sang ! Je ne vais pas ici déranger vos idées, sensiblement déjà sans dessus dessous et sens dessus dessous !

Dans l'existence, nous avançons à pas mesurés mais ne pouvons pas faire un pas en avant, de côté ou en arrière sans compter nos pas et pas qu'eux ! Pour se sortir d'un mauvais pas, on compte d'autant plus sur la chance, quand elle marque le pas.

Ainsi, dans l'écriture, impossible de sauter le "pas" et de produire des textes où l'écrivain pourrait faire un sans-faute et des sans "pas" dans la salle des pas perdus. Pas de dits sans non-dits, pas d'affirmation sans négation, sans emploi de l'adverbe "ne pas" ! En tout cas, pas encore dans ce texte patraque et pas moi, ici présent ! N'essayez pas de me mettre au pas ! Je ne peux pas écrire sans me mettre aux "pas" !

N'étant pas un béni oui-oui, je ne pourrais pas y parvenir sans grandes difficultés, sans y laisser des plumes de sansonnet et sans devoir abandonner ma plume au fond de l'encrier. En effet, pas de plume de plumitif tombée sans que l'oiseau ne soit plumé par ses lecteurs, taxé de sans talent et obligé de payer l'impôt du "sans" !

 

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Politicard ! 2/2

Publié le par modimodi

Tu t'es lancé en politique,

Tu sais bien tendre l'élastique

De la reprise économique,

De l'énergie démocratique,

Du bonheur d'être en République !

 

Tu te présentes œcuménique,

T'es fraternel, un vrai laïque !

T'es un orateur stratégique.

Bonimenteur pas catholique,

T'as des formules évangéliques !

 

Tu soignes ton aspect physique,

T'as fait le régime des caciques !

Entre tes dents, pas de couteau

Le loup se déguise en agneau.

Pour l'électeur, tu fais le beau.

 

L'avenir se paye de mots,

Pouvoir d'achat et moins d’impôts

Liberté, bonheur, démago !

Slogans pour attrape-nigauds...

La politique, c'est du grand art !

 

Pas un passe-temps de combinards

Qui ne font rêver qu'les tocards !

Il faut faire croire et émouvoir,

Semer la fierté et l'espoir

Nous cacher qu'on est de bonn' poires !

 

Tu hais tous ces politicards

Super doués en grand écart,

Ces arrivistes cumulards

Qui rentrent et sortent du placard,

En agitant leur étendard !

 

Toi, tu es souple et le plus leste

Pour d'un coup retourner ta veste !

Pas d'mépris pour la populace,

Toi, tu es d'une nouvelle race !

Tu as la fibre, tu as la classe !

 

Le Français n'est plus dans la masse,

Moins de paperasse, plus de caillasses,

De moral au fond des godasses,

Adieu mélasse ! Adieu paillasse !

Tu lui redonn' la première place !

 

Même si c'est au fond d'la crevasse

Ou entassé au bout de l'impasse,

Il a ton cœur et tes bonn' grâces.

P'tit poisson n'a pas vu la nasse,

Il ne r'fera jamais surface !

 

A tes discours, faut rester sourd,

Tu n'es bon qu'dans les calembours,

Les beaux jours étaient des faux jours !

Que retenir de ton parcours ?

Des débours et des petit fours.

 

À la France, tu as fait ta cour,

Saltimbanque, plus que troubadour,

On n'mord plus dans ta pomm' d'amour !

On n'a qu'des pépins, plus d'espoir,

Tu ne sais donc que faire pleuvoir !

 

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Lettre aux amoureux : le chapeau

Publié le par modimodi

Messieurs, les amoureux, pratiquants de l'amour, "Sortez couverts !" Ce slogan médiatisé et rabâché vous incite à acheter des préservatifs et à mettre votre petit chapeau pour entrer ou sortir, lors de vos dévotions à la grotte des plaisirs... Enfants de Marie, s'abstenir !...  Cet hymne en voix de tête, n'est pas pour vous !

Oui ! Oui ! Mes petits paroissiens, je vous assure que je connais des têtes de nœud qui ont appliqué ce conseil. Elles se sont ainsi préservées de penser profondément en o-pinant à tout. Petites ou grosses têtes, après s'être fait crêper le chignon, elles n'ont pas dû porter officiellement le chapeau !

Voici donc, la païenne litanie à psalmodier comme il vous chante, du bout des lèvres. Elle renouvelle peut-être, un peu le chant de la turlutte, tututte, chapeau pointu !

"Y'en a qui ont le melon et d'autres le chapeau mou, y'a des têtes à claque et des hauts-de-forme à calotte cylindrique ! Y'en a qui sont toqués d'amour et qui ne savent plus où donner de la tête ! Y'a des têtes de pipe culottées et même décalottées. Y'a de jeunes étudiants, des bizuts qui ont la faluche impudique et exhibent leurs pompons ! Y'en a même qui ont des chapeaux ronds, sûrement des marins bretons ! Des Jean-Yves costauds, qui ont la tête près du bonnet !

Y'a des as de la tête à l'envers et qui font des têtes à queue ! Y'a des fortes têtes qui s'entêtent à ne pas porter le chapeau et d'autres qui vous entêtent du parfum des petites vertus !... A en baver des ronds de chapeau, moi, je vous le dis !

Y'en a qui, sur les chapeaux de roue, dégomment et dérapent à vouloir foncer, tête baissée ! Heureusement ! Je ne connais pas d'enragés ou de gloutons à la mords-moi le nœud qui se soient fait manger leur chapeau. Juste cabossés ! Nom d'une pipe !

Y'a des artistes et des rêveurs, des têtes de linotte qui pour être original au plum' ont la plume au chapeau ! Y'a des prudents qui ont peur de capoter et qui ne veulent pas se laisser déborder. Y'a des basques qui enfoncent leur béret jusqu'aux oreilles et des poulbots qui se préservent hâtifs et se vissent la casquette. Y'a des têtes de turcs enturbannées et des délicats qui cherchent toujours des modèles en velours ou en soie pour leurs coups fourrés.

Y'a des puritains qui ont peur de se prendre un coup de mitre ou de tiare sur la tête et auxquels leur religion interdit d'accrocher un chapeau à leur sacré porte-chapeaux !... "Si elle n'en veut pas, remets-la dans ta calotte"... Oh ! Toi, le jeune séminariste, jeûne et abstinence ! Marie doit rester vierge ! Lex, Durex lex, sed lex !... L'amour est un heureux hasard, comme le divin plaisir qui se prend au doigt mouillé, comme l'eau bénite dans le bénitier !

Par contre, y'a des partisans de l'amour libre, des incontrôlables impossibles à chapeauter ! Y'en a qui n'ont pas la tête à porter le chapeau et qui, sans avoir le caractère rigide, refusent fermement de s'affubler ! Mais après le coup du père François et du polichinelle dans le tiroir, il faut savoir qu'il n'y a pas de ballon d'essai. Quand retentira : "il est né le divin enfant", peut-être seront-ils alors contraints de porter le chapeau !

Y'a des fervents amoureux qui travaillent assidûment du chapeau et qui font grand honneur, à l'expression : "L'amour ça décoiffe !". Y'en a qui n'hésitent pas à donner au passage, un petit coup de barrette ou de chapeau à droite ou à gauche à quelques besogneuses en charlotte.

Mais assagis, une fois qu'ils ont trouvé l’âme sœur, ceux-là ôtent définitivement leur chapeau devant leur dame ! Espérons que la vie conjugale leur évitera de se faire coiffer et de devoir porter d'abondance, bicorne ou tricorne."

Voilà ! Reprenez lentement votre respiration !... Chapeau bas, lecteurs amoureux et têtus, si vous avez tenu jusqu'au bout, la lecture de ce texte un peu gonflé, qui se répand dans une facilité linguistique, un peu trop spermissive. Moi, l'amoureux passionné des mots et de l'amour, je vous en ai fait voir de toutes les couleurs et je crains même votre débandade à me payer si gentiment votre tête !

Même si le sujet est plutôt juteux, je crains fort que vous n'y ayez compris goutte. Ce serait sûrement heureux pour mon honneur de petit écrivain, avec sa plume, flamberge au vent !

Oh oui ! Je sais ! Je ferais mieux de me presser le citron ! Mais je me gorge de prétentions enflées, je fais bande à part et je boursoufle dans un style turgescent d’orgueil littéraire pour bibliothèque rose.

Je vous le con-cède ! Mon talent ce jour, est sur la corde raide ! Il me passe allègrement par-dessus la jambe et déborde sans le moindre espoir d'atteindre le dessus du panier ! Allons, rassurez-vous quand-même, je ne ferai pas comme V. Hugo. Je ne mettrai pas "un bonnet rouge au vieux dictionnaire." Je prendrai mon pied, au pied de la lettre !

Je garderai haute, ma petite tête en l'air ! Peut-être, suis-je en train de découvrir chez moi, une vocation de modiste contrariée... Mais oui ! Mais c'est bien sûr ! Elle est forcément pour bibi, l'expression toute trouvée : travailler du chapeau !

 

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Au parfum

Publié le par modimodi

En cette nuit de chèvrefeuilles,

Aux chants mélodieux du bouvreuil,

Dans tes rêves de midinette,

Tu t'es laissée conter fleurette !

En effeuillant la pâquerette,

Tu t'es offerte guillerette ;

L'amour m'est monté à la tête !

 

J'ai versifié des bergerettes,

J'ai fredonné quelques bluettes,

J'ai fait rimer à l'épinette,

Bergeronnette avec fauvette,

J'ai humé dans ta collerette,

Mille parfums à l'aveuglette

Qui m'ont étourdi ma coquette.

 

Ton corps est un jardin fleuri,

Où je savoure avec envie

Les arôm's de ta modestie,

Tes senteurs de douce folie,

Les essences de l'ambroisie,

Dans l'ivresse d'un pot-pourri

De fragrances et de féerie...

Iris, jasmin, lavande, anis,

Florilège et anthologie

Des secrets de la parfumerie !

 

Chaque plaisir est entêtant,

J'ai perdu la notion du temps !

Ta beauté aux éclats subtils

Se révèle à moi volatile.

Les désirs de nos corps à corps

En brume légère s'évaporent !

Ta nuque orange et bergamote

Sous mille baisers s'escamote.

Tes bras et paumes vanille-verveine

Ne m'enlacent ni ne me retiennent.

 

Ta couronn' de fleurs d'oranger

Aux blancs pétales s'est fanée.

Effarouchée sous la nuisette,

Ta violette s'est faite discrète.

 

Adieu santal et vétiver !

L'amour prend ses quartiers d'hiver.

Nos sentiments à l'eau d'toilette

Ont pris l'odeur des savonnettes.

 

Hier encore, j'étais comblé,

J'étais aux parfums, enivré,

Mais aujourd'hui, c'est le bouquet !

Notre passion s'est éventée,

Nos désirs désodorisés.

Il faut tes vertus exhaler

Pour me prodiguer, à plein nez,

Ta douce odeur de sainteté !

 

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Tête en l'air ! 2/2

Publié le par modimodi

Tête en l'air comme un oiseau, j'aurais, paraît-il, une plume ! Celle du plumitif primitif !

Suis-je donc trop léger avec mes idées en coups de vent ? Je mesure mal l'ambiguïté d'un tel propos sauf quand chacune de mes pensées s'envole comme un duvet !

Il me faudrait avoir un regard d'aigle pour à la fois la suivre et conjurer le signe indien. Mais à quoi me servirait de me faire des cheveux ou du plumage ? J'ai heureusement pour me tenir compagnie, la folle du logis et ses marottes. Psychose toujours, psy, cause toujours, tu m'intéresses !

Et même, si je perds la tête, petite tête de scalp, je t'avertis : vise donc mon panama ! Je ne porterai pas pour toi, le chapeau de mes divagations littéraires. Je suis depuis longtemps coiffé sur le poteau. Tu peux t'en faire tout un monde ! J'ai l'esprit à l'ouest ! Toi aussi, tu seras conquis et je t'adore ! Alors, suis-moi ! Dans tous mes états, viens donc avec moi rêver d'Amérique ! Prends vite la route des plantes hallucinogènes et des bisons futés !

Comme une flèche, ils viendront à toi en file indienne. Mais je te préviens, tu peux bien fumer le calumet et déployer ta panoplie de ruses de Sioux, je ne sors pas de ma réserve. Nom d'une pipe, j'ai la tête dure ! Je ne vais pas me casser sur le sentier de la guerre !

Toi, le grand chasseur de têtes pensantes et couronnées, tu peux donc à loisir me traiter de tête réduite ou de tête de Turc, je n'ai que faire dans cette galère ! Quand ma fantaisie baladeuse sera lasse de ramer, je mettrai les voiles à mes songes et je rêverai durant mille et une nuits !

J'ai bien le droit de m'en mettre plein la lampe comme Aladin et de vivre comme un pacha ou comme un de ces sybarites nourris dans le sérail, parmi les grâces et les parfums... Je veux bien mariner dans les ondes orientalistes d'un érotisme qui va me transporter. Si par malheur, je dis vague comme un descendant de Sinbad, à la dérive, je murmurerai quand même, de ma voix caverneuse les formules abracadabrantesques d'Ali Baba afin de m'ouvrir enfin, la route des plaisirs et des délices !

Mais je te laisse à cette pure masturbation intellectuelle ! Shéhérazade m'effleure déjà pour disparaître aussitôt dans une légèreté évanescente. Mes désirs font un flop ! Je chavire précocement. Mon imaginaire est une étoile filante qui part en tous sens !

Mes lectures fantastiques et mes références cinématographiques m'influencent probablement. Mon voyage cérébral ou décérébré est initiatique, mes périples pourchassent mes rêves. J'ai depuis longtemps brisé le miroir de la raison pour franchir le temps et l'espace. Les pôles ou le centre de la terre n'ont plus de mystères, tous mes univers sont parallèles. Ma folie migratrice est visionnaire. Hélas ! Point d'étoile au front du poète ! Apollinaire s'en est couronné à jamais.

Mais que vois-je ? J'hallucine ! C'est déjà Byzance et ses délices de Papous ! Mais bien sûr, tête de totem, pour toi, tout est tabou, tu n'y vois rien, tu bosses, tu bosses fort, tu bosses bouana au Botswana. Mais honni soit qui Mali pense ! Je suis désormais sans raison, le nomade des no man's lands.

Vous les pèlerins, les citoyens du Nouveau monde et de l'ancien, je vous laisse à vos querelles. Je vous abandonne et vous laisse tout, vos routes des Indes et de la soie, vos chemins de Damas, vos routes de Compostelle, vos routes pavées de bonnes intentions et vos chemins de chimères aux mille traverses. Moi, j'ai trouvé le Pérou ! Avec des têtes aztèques, je taille la bavette... Alors, qu'importe d'être un cas, même désespéré... comme vingt écrivains vains ou vingt vains écrivains ! Je ne sais plus ! D'ailleurs, ai-je jamais su ?

Chaque fois que mes chimères ont par trop bourlingué, que je ne peux plus me perdre de visions en utopies exploratrices, je prends le dernier mirage et je me rentre !

Petits nomades de la rêverie, je veux bien vous rejoindre dans la traversée de votre grand désert culturel et écouter les tempêtes de vos paroles de sable ! Moi aussi, j'y crie, j'y prêche et j'attends le passage de la caravane de mes lecteurs méharistes.

Je boucle donc ici mes souvenirs d'expéditions, mes aventures et mes périples dans l’absurde. De voyages imaginaires aux visions sans queue ni tête, je vous ramène, petites têtes de linotte, par la crue de mes passions et les méandres de mon histoire à Jeanne, la bonne Lorraine ! Entendez-vous, vous aussi des voix célestes ?

"Oh ! La Seine ! Suivez ma voie, dit la Pucelle ! Têtes de lard, tous derrière mon horri-flammes ! Cauchon qui s'en dédit ! God save the couine ! Tous, à Paris par Notre Dame ! On y trouve le point zéro des routes de France et de mes fictions."

Point à la ligne... de ma dernière fuite !

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Politicard ! 1/2

Publié le par modimodi

Avant ton prochain grand meeting,

En jogging, tu fais ton footing !

Tu as ta photo à la une.

A chacun, tu promets la lune.

Les dents blanches et l'haleine fraîche,

Finie la mouise, finie la dèche !

Adieu pour toujours la détresse !

Avec toi, le pays s'redresse !

 

Très beau programme électoral,

"Le changement sera radical !"

Le premier enjeu primordial : 

Moins de politique libérale,

Mettre fin à la casse sociale.

Aux ménages redonner l'moral.

Le déficit n'est pas fatal !

C'est la faut' du marché mondial.

 

Tu as une mission principale,

Un très grand devoir initial :

Rassurer la classe patronale !

Il faut envoyer un signal

Pour que par miracle s'emballent

L'enthousiasme entrepreneurial

Et ce rebond phénoménal

De not' balance commerciale.

 

Par l'allègement des charg' fiscales,

Ta grand' politiqu' salariale,

Un nouveau dialogue social,

C'est la confiance qui s'installe

Dans une embellie nationale !

La joie est hexagonale.

Au 14 juillet, triomphal,

Le pays va danser au bal.

 

Toi, le champion des bell' promesses !

Tu te crois fort et sans faiblesses.

Toi, l'futur roi d'la maladresse,

Tu en feras plein de prouesses !

Mais tu n'tomb' pas d'la dernièr' pluie

Et tu ne t'es pas fait qu'des amis.

Tu as été élu, choisi,

Vainqueur des embrouillaminis.

 

T'es le leader de ton parti,

Éléphants roses, panier garni

D'embrouilles, magouille et compagnie !

Tu occupes les tabloïds,

Tu voudrais jouer le candide,

Faire oublier les coups sordides

De tant de luttes fratricides.

Être au pouvoir, te rend avide !

 

Tu sais nager entre deux eaux,

T'es capitain' de pédalo

Mais, tu crois que c'est un vaisseau !

Tu vas nous monter en bateau !

Tu parles bien, joues du pipeau !

Tu mets le malheur en morceaux,

Pays, nation, patrie : des mots

Qui claquent dans notre drapeau.

 

Tu vois plus loin, tu vois plus haut !

Tu n'as qu'une unique visée.

A l'ambition, t'es arrimé,

Pour grimper au plus haut sommet :

Député pour bien commencer

Mais, tu zieutes vers l’Élysée !

Tu la sens bien ta destinée

Tu as un avenir étoilé !

 

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Lettre aux pauvres pêcheurs : le tire-bouchon

Publié le par modimodi

Pauvre prêcheur que je suis ! Pauvre pêcheur que tu es ! Il nous faudrait un tire-bouchon mais nous n'avons qu'un hameçon !

Nous sommes frères sans le savoir ! Toi, tu pêches par passion moi, par manque de modestie !

Même destin, même ligne de conduite ! A la fin de ma ligne d'écriture, au bout de ta ligne de pêche, toi, tu amorces et tu tends un appât aux poissons, moi, j'esquisse et je tends des appâts à ma muse !

Toi, tu jettes et lances ta ligne à l'eau moi, je me lance et je m'y jette ! Mais vaine attente ! Pas de poisson vorace, pas de muse attirée ! Rien ne mord à l'hameçon ! Alors d'impatience, tu tires, tu tires sur le bouchon, et moi, j'étire, j'étire ma tirade mais la chance s'est déjà tirée ! Elle tire-bouchonne en faisant des ronds dans l'eau et des remous dans l'encre !

Avec toi, ils peuvent rester heureux et vivre vieux, tous les poissons !... Peut-être parce que tu pousses un peu trop loin le bouchon dans l'eau comme moi, dans la facilité ! Quand tu crois faire une touche, ta ligne chargée de plombs plonge et s'enfonce. Tu espères avoir fatigué le poisson mais tu ramènes un pneu crevé ou une godasse à la semelle édentée.

Idem ! Quand je crois avoir ferré l'idée, ma pensée plonge et je m'enfonce dans les remous ! N'ai-je pas assez de plomb dans la cervelle ? Résultat commun : déception au bout de la ligne ! Poisson d'avril ! Y'a que lui qui frétille !

Si tu espères la pêche miraculeuse, tu peux t'armer de patience et bâiller comme une carpe en attendant que ça morde ! Rêve donc, les yeux dans les vagues et dans l'eau. Alors, tu seras heureux, même s'il te sera bien difficile d'hausser le thon, d'harponner le poisson-volant, de capturer le poisson-chat, de réveiller le poisson-lune, de faire avancer le mulet et de faire trotter l'hippocampe !

J'ai moi-même tenté de ravir les muses en les appâtant de mes mots doux ! Mais piqué au jeu, c'est moi qui me suis fait prendre à l'appel des sirènes. Érato a trouvé mes élégies tendres mais trop tristes ! Euterpe et Polymnie ont moqué ma poésie dissonante aux pieds tordus et piqué tous les vers au bout de mes lignes.

Impossible de m'écrier : "A la fin de l'envoi, je touche !" Le succès m'a fait un pied de "Nez". Au final, ce sont elles qui m'ont jeté le trouble et ramené dans leur filet, mort d'amour et séduit par leurs tournures littéraires ondoyantes. Hélas ! Elles se sont dérobées et détachées, en n'offrant à mon style que de superbes queues de poisson !

D'énervement, nous aurions bien tous deux, le droit et l'envie de noyer le poisson ! Car, plus le temps passe comme l'eau sous les ponts, plus nos vies de pêcheurs ressemblent à une partie de pêche de nos passions filantes comme des poissons !

Elles nous précipitent dans la nasse des jours. Impossible de s'en échapper ! Les ans coulent dans l'entonnoir et accumulent leurs bouchons au goulot d'étranglement. Nous sommes pris dans l'embouteillage du temps et de l'espace. Il nous faudrait plus que jamais un tire-bouchon universel inoxydable mais notre destin s'en tamponne. Il nous entortille dans les circonvolutions du hasard. 

Pauvre prêchi-pêcheur que je suis ! J'aimerais bien avoir un tire-bouchon pour déboucher les oreilles de ma muse ! Pourquoi n'ai-je qu'un hameçon pour taquiner le goujon de l'inspiration ? Ne devrais-je pas arrêter de mettre ma plume en tension et l'encre en ébullition, dans l'encrier sans fond de mon cœur tourbillon ?

J'ai même sacrément dû lui en boucher un coin car la Providence s'est bouchée les yeux et les oreilles. Elle est sourde comme un pot bouché à l'émeri ! Avec elle, je cours le risque d'être le dernier bouche-trou de la littérature ! Pour déboucher l'horizon et les perspectives de ma muse, où trouverai-je le tire-bouchon magique ? Il me faut, sans aucun doute, bien plus qu'un poinçon pour piquer l'impression, éperonner l'expression et pêcher l'émotion !

Mais sur la berge, nous voilà, bien toi et moi, tous deux bredouilles ! Avec l'âge, on prend plus de chimères, d'épinoches et de brèmes que de poissons d'argent. On prend de la bouteille que l'on jette à la mer ! En vain, pas de réponse !

Nous buvons la piquette de l'amertume et du dépit jusqu'à la lie. Nous ne sommes pas comme les bons vins, nous ne bonifions pas en vieillissant. Toi, si ton épuisette et ta bourriche sentent le renfermé, moi, je repousse du goulot de mon encrier ! Nous sommes sans doute, mal embouchés, nos espoirs sont éventés !

Nous cherchons des débouchés mais la vie qui nous fait des tours de cochon ne nous donne pas le bon tire-bouchon, elle nous vrille. A tire-larigot, elle nous le fait à l'estomac et joue les tire-au-flanc. Pas moyen de fuir à tire-d'aile d'oiseau lyre ou à grands coups de nageoires.

L'expérience nous conseillerait peut-être d'imiter le poisson. S'il veut sortir la tête de l'eau, il ne doit pas rester ferré au bout de la canne, agrafé à son leurre, à ramasser à la cuiller. Si le tire-bouchon veut remplir son office, il doit se pousser du col et se détacher du bouchon.

Gentil pêcheur, garde ta ligne de flottaison ! Inutile de tirer sur tout ce qui bouge ! Écrivain, tu as beau décanter, tes écrits demeurent vains et tu restes en carafe. Accroche-toi à l'idée comme le tire-bouchon au flacon. Sois de mèche avec elle. Ne donne pas dans le vice de l'hermétisme, tire-toi de ce mauvais pas en lui tournant le dos. Prends appui sur ta pensée et élève ton esprit !

Si les belles lettres sont des vins de grande garde, pour libérer leurs arômes, je devrais moi aussi creuser comme le tire-bouchon, dans le bon sens et trouver le levier qui soulèvera l'inspiration. Elle doit jaillir, elle doit sauter comme un bouchon de champagne sans coincer la bulle au tirage ! Perçons amis, ensemble dans l'existence et hâtons-nous avant qu'elle ne nous taraude ou que le bouchon ne s'effrite ou ne casse !

Alors tu vois, pêcheur plein d'espoir comme moi, je me réjouis de notre entente. Quand tu visses, moi je dévisse et réciproquement ! Nous tournons en rond comme une hélice ! Ta ligne flottante zigzague comme un ruban au vent. Moi, je m'enroule avec ivresse dans les boucles de mes expressions alambiquées. Chacun de nous tire-bouchonne comme la queue des comètes dans son ciel d'illusions. 

Au fond, nous ne sommes que de pauvres et simples pêcheurs, maladroits mais émérites !

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Pigeon !

Publié le par modimodi

Holà ! Monsieur de la Fontaine !

Je n'entendrai plus vos rengaines

J'ai trop les boules, j'ai trop la haine !

Je n’veux plus prendre de la graine.

Cours et leçons ! J’ai la migraine !

 

Fable d'école à bien apprendre :

"Deux pigeons s'aimaient d'amour tendre"

 

Je vous ai cru sans faire attendre !

Des roucoulades à revendre,

De la tendresse à s'y méprendre,

Colombine avait la peau tendre,

Je ne pouvais que m'en éprendre !

 

Le temps d'aimer est le plus beau.

Je gonfle le torse, le jabot,

Je fais mieux que Cocorico,

Je ramage fortissimo

Le répertoire de Caruso !

 

Mes touchants gazouillis allument

Ma douce et belle qui se consume.

Moi je l'avoue, oui, je l'assume,

Je veux lui voler dans les plumes

Pour sans tarder me mettre au plum' !

 

Je suis un as de la parade,

J'excell’ dans l'art de l'aubade :

Belles promesses et bravades,

Coup de croupions, fanfaronnades.

Je lui pousse la sérénade.

 

Chants et roulades, danse et œillades.

Je roucoule à la cantonade.

Ailes sous elle, l'amour gambade,

Tendres aveux et accolades,

Promenades sur l'esplanade.

 

Petites pattes en escapades,

Cascad's, glissades et baignades,

Saute-pigeon sur palissades,

Prises de becs et embrassades,

Son petit cœur bat la chamade !

 

Fini le temps des dérobades !

Des chichis et des reculades,

C'est le moment de l'estocade !

Frénésies d'ardentes croupades…

Mais ce n’sont que des couillonnades !

 

Adieu le temps des pigeonnades !

Petits ramages ! Grandes salades,

Prises de bec et rebuffades,

Je m'retrouve dans la panade.

L'amour croisade ? Une passade !

 

Il faut travailler jour et nuit.

Scruter par-là, chercher par ci,

A s'donner des torticolis,

Bâtir le nid sur pilotis,

Gagner la graine pour les petits !

 

Et de midi jusqu’à minuit,

Pas d’répit ! Jusqu’à l’infini…

Faut poursuivre ses gazouillis,

Ses rrou, rrou, rrou, guili, guili,

Pendant qu'la belle garde le lit !

 

La Fontaine peut bien rrrigoler

Dans son pigeonnier étoilé !

L'amour devait tout me donner.

Il m'a servi, je suis plumé !

Colombine m'a pigeonné !

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