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La brosse - lettre aux marchands de brosses

Publié le par modimodi

La Compagnie des marchands de brosse a le grand plaisir de vous adresser le discours inaugural prononcé lors du dernier congrès de votre profession. Prenez plaisir à la découverte de ce tableau brossé avec la brosse à peindre et le pinceau de la fantaisie.

"Mesdames et messieurs, soyez les bienvenus à votre grand congrès annuel. J'ai l'immense honneur d'avoir été choisi par vos pairs pour rendre hommage à l'article que vous chérissez et qui a fait votre renommée internationale. Je vous parle bien sûr, mes chers confrères de la Brosse, de cet objet multi-usage qui fait partie intégrante de votre activité quotidienne et de la vie de vos clients. 

Chez soi, chacun en possède au moins une sous la main et chacun la manie au moins une fois par jour ! Je vous en esquisse une présentation que je passe en revue, comme il se doit, évidemment sur un ton poilant !

Soyez heureux et confiants mes chers confrères ! Il y a de l'avenir pour tous les marchands de brosses ! Jugez par vous-mêmes ! Il existe une brosse spécifique à chaque activité !

Vous aspirez à dépoussiérer votre intérieur ? Vous avez une brosse adéquate... Vous avez de la bouteille ? Il vous faut un goupillon... Vous êtes en présence d'une gourde à nettoyer ? Pour atteindre le fond, saisissez-vous d'un écouvillon !... Vous voulez ramoner une cheminée ? Un hérisson vous attend... Vous-mêmes, vous pouvez vous hérisser pour quelques piques de méchante ironie et vous mettre en boule, sans pour autant avoir la brosse à effacer.

Mais avez-vous vraiment l'oreille fine ? Entendez-vous un peu partout la chanson des brosses : "et tchic et tchoc, et tchic et tchoc !" Dans les salles de bain, nos brosses à dents papotent dans leurs verres sur leurs vertus ou caractères, plus ou moins durs, plus ou moins doux, plus ou moins souples !

"- Pourquoi, te dresses-tu sur ton manche pour me tourner le dos ? Aurais-tu une dent contre moi ?

- Et toi, es-tu jalouse parce que j'ai la chance d'être exclusivement réservée aux dents du bonheur ?"

Nos brosses à cheveux, elles, se crêpent bêtement le chignon :

"- Moi, je te dis que celui-là, c'est le premier cheveu blanc de Madame !

- Moi, je suis certain que c'est un cheveu de Monsieur et pas un poil de sa moustache ! Je les reconnaîtrais entre mille depuis le temps qu'il coupe les cheveux en quatre et qu'il barbe tout le monde !

- Oh dis ! Au moins, on est sûres toutes les deux que c'est pas celui de Suzanne, la petite pipelette frisottante et zozotante, au cheveu sur la langue !

- Ni celui de Poil de Carotte, il est de notre famille mais il a déjà une coupe en brosse !"

Oui ! C'est ainsi mes remarquables consœurs et collègues, il y a de l'émoi chez toutes nos brosses ! La brosse à mascara aux cils en ramasse-miettes fait les yeux doux à la brosse à ongles et à vernir, dans l'intention, un jour de lui demander sa main. Avec constance, elle s'accroche au pinceau, tandis que l'autre pique un fard !

La brosse à vêtements et à tapis ont été mises au placard parce qu'elles avaient tendance à ramasser les poils du chat angora et que cette petite peste de Suzanne est bêtement allergique !...

"- Allergique à nous, bien sûr, mais jamais à ses peluches !

- Arrête, tu amuses le tapis ! Tu n'en as pas assez de déblatérer à petits cris persans et d'être ainsi, tout le temps, de mauvais poil de chameau !

- Holà ! Holà ! Cessez, vous deux de vous rebrousser la touffe ! Ne vous montez pas le bonnet, ne vous prenez pas la tête et le bibi !" dit la brosse à chapeaux.

Vous voyez, amis de tout poil, si je veux vous sortir des broussailles et vous brosser un tableau encore plus complet, je peux renforcer votre conviction et affirmer avec vous que la brosse a envahi notre espace de vie et de pensée.

Vous le savez ! Le vil flagorneur est passé maître dans l'art de passer la brosse à reluire aux tristes sires. Les cireurs de pompes et les lèche-bottes sont à nos pieds pour leurs basses flatteries. Ceux qui nous pommadent varient les couches de crème de leurs compliments comme le cirage nourrit le cuir des chaussures. D'ailleurs, allez savoir ! Certains d'entre vous prennent peut-être ainsi leur pied !

Réjouissez-vous, amis congressistes, après la pause fraîcheur que vous avez bien méritée, la saga des brosses en remettra encore un sacré coup !

Alors, profitez pleinement de cet intermède pour échanger et accueillir vos jeunes compagnons et déjà, talentueux professionnels. Vous les reconnaîtrez à leurs badges distinctifs. en forme de brosse aux couleurs bleu-blanc-rouge.

Si vous désirez encore mieux connaître la collection de nos modèles, arrêtez-vous au stand des nouveaux produits ou feuilletez à l'entracte, le très beau recueil de nos articles en vente sur le Net ! Mais ne planquez pas la poussière sous le tapis rouge que nous vous avons déployé !

Chers et joyeux congressistes, je suis heureux de vous retrouver après cette bienfaisante pause fraîcheur ! Bravo ! Personne n'est allé brosser ailleurs un peu de poudre d'escampette !

Mes amis, vous le savez sûrement le produit le plus prisé de notre catalogue reste incontestablement la brosse à luire et à reluire ! Un produit coup de coude, coup de main et coup de cœur !

C'est le plus vieux produit du monde ! Au paradis de la séduction, entre Ève et le serpent, n'y avait-il pas déjà, une coquine histoire de brosse Adam ? D'ailleurs, sans en faire tout un fromage, chacun sait bien, depuis Jean de La Fontaine, que "Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute" !

Un bon cireur se mire même dans le reflet de vos bouts vernis comme dans les éclats de votre plaisir. Un frotte-manche et un lèche-cul de tout poil vous papouillent et vous épilent à la pince, à la crème ou à la cire ! Trop polis pour être au net, vous voilà parfois victimes consentantes de ces agents de peau lisse ! Vous n'avez rien vu venir, vous étiez déjà dans le cirage !

Depuis des lustres, l'encaustiqueur aux nobles cires d'abeilles ou à l'huile de lin, nourrit et flatte les bois, de ses chiffons de laine. Il fait briller tables et beaux meubles comme le prétentieux qui s'illusionne de son propre vernis. Au haras, le palefrenier flatte les croupes des pouliches mais c'est pour les étriller. Douceur et caresse dans un sens, vigueur et rudesse dans l'autre sens ! Honni soit qui mal y panse ! Hennit soit qui mâle y pense, messieurs les cavaliers et jamais cavaleurs !

Car vous le savez, il faut savoir brosser dans le sens du poil, les vieux chevaux de retour ! Ceux qui prennent trop vite le mors aux dents sont enclins à s'emballer et à n'en faire qu'à leur tête pour monter sur leurs grands chevaux ! Tant pis pour eux ! Puisqu'ils sont à tous crins, qu'ils aillent ruer dans les brancards et se brosser eux-mêmes !

Les blaireaux qui se font mousser et les raseurs qui vous barbent ont mérité aussi un traitement au poil, un bon coup de brosse à barbe en poil de sanglier. Mais attention à bien lisser dans le sens du poil, sinon ils risquent de devenir une figure rébarbative, sauvage, mythique et hugolienne de la Légende des Siècles :

"Lorsqu'avec ses enfants vêtus de peaux de bête, / Échevelés, livides, au milieu des tempêtes, / Caïn se fut enfui de devant Jéhovah..."

Je constate avec plaisir que certains d'entre vous, en murmurant les vers, ont gardé de beaux souvenirs de leurs humanités. Ah mais ! Passe encore amis, d'avoir comme Caïn, le cheveu hirsute car celui qui a le caractère hirsute est souvent, ô bonheur !... Un farouche en amour. "Vir pilosus, aut fortis, aut luxuriosus"... L'homme chevelu est fort et luxurieux !

Fougueux ou désordonné, il aime à rebrousse-poil et finit par ébouriffer les belles oiselles qui rêvent de se faire voler dans les plumes. Mesdames, ici présentes, je vois bien pudiquement que vous acquiescez ! Oh ! Les jolies coquines toutes émoustillées et... toutes mes félicitations, à vous messieurs les oiseleurs !

A l'amour charnel ou de la patrie, nous disons oui, pour toujours ! Mais dans cette guerre, loin d'être toujours tendre, la chance, la belle et bonne chance, c'est aussi l'aléatoire du destin. Comme ce le fut d'ailleurs, pour nos chers poilus de 1914, souvent à un poil près du trou de la bombe et comme c'est le plus souvent le cas, pour les poètes à une plume près, arrachée à l'aile ou au croupion de leur Muse !

Alors vous, les valeureux de la brosse triomphante, vous qui n'êtes pas des manches, vous les braves à trois poils, dont aucun ne se dresse dans la main, je vous exhorte : Chauve qui peut !

Restez optimistes ! Ne vous arrachez pas par touffes votre tignasse ! Même si un jour, c'est la vie qui va venir vous brosser son dernier tableau. Car après vous avoir fait dresser les cheveux sur la tête, l'existence finira malheureusement par vous tomber sur le poil. Elle vous mettra la boule à zéro et vous enverra un jour chez Plumeau !

La grande chance de vivre dans la joie et avec passion votre métier vous est ainsi offerte ! En connaissant parfaitement votre produit, vous savez déjà ce qui vous attend ! D'où l'importance d'être des professionnels sans cesse plus performants ! La Maison vous fait confiance ! En décrochant vos balais télescopiques, vous atteindrez les sommets et décrocherez la timbale !

Ouais ! C'est ainsi mes brothers, mes gentils bosseurs brosseurs ! La vie, c'est du chiendent qui s'associe aux têtes-de-loup et qui vous trouve toujours un poil à gratter quand votre araignée court toute seule au plafond !

Si quelqu'un s'avisait alors de dire que vous ne craignez rien parce que vous êtes des indécrottables, il se tromperait méchamment. L'existence vous nettoiera, vous comme lui, gratuitement à grandes eaux car l'âge lui-même viendra vous récurer gratte-os, à petits coups de balayettes puis à grands coups de balai-brosse !  C'est notre slogan professionnel : "La brosse un jour, la brosse toujours !"

Oui ! Vous, vous êtes le peuple élu, vous êtes à jamais voués à la brosse, c'est votre noble vocation ! Souriez aux anges ! Réjouissez-vous, mes amis de ce sort enviable... S'il ne vous laisse pas toutes vos dents, il vous laissera au moins votre amour, propre, très propre !... Et vous avez déjà la brosse pour le jour où vous tomberez en poussière, à condition de n'être pas des manches et de se trouver du bon côté !

En ce jour solennel et triomphal, après vous avoir élevés philosophiquement à la sagesse, je vous souhaite de faire entre vous le plein d'enthousiasme et de plaisir, sans aucune ombre de morosité. Mes amis, place aux réjouissances de tout poil !

Car vous avez tout : l'amour et l'humour, et toute la vie devant vous ! Je le sais et je le vois à vos mines resplendissantes et épanouies ! Alors oui ! Bonheur et joie pour vous, nobles confères, marchands et philosophes de l'existence. Bienfaiteurs de l'humanité, avec vos brosses d'orfèvres, vous êtes les derniers amis de la Toison d'or. Vous ne ferez jamais faillite. Vous êtes comme votre produit, indispensables à la Vie !

 

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Correspondance amoureuse

Publié le par modimodi

Ma très chère, je prends la plume, je vous l'avoue, contraint, forcé et à vrai dire, contre ma volonté. Mais vous savez que je refuse ces contrariétés d'humeur comme ces chicanes de passage qui ne sont que de stériles déplaisirs entre vous et moi.

Vous m'avez, ma douce amie, demandé de vous écrire autre chose que les habituelles banalités amoureuses. Vous n'aimez pas les lieux communs ni les déclarations d'usage. Vous en avez assez de mes répétitifs je t'aime, jetés aux quatre vents par mon cœur girouette et ma petite tête en l'air !

Je proteste et tempête ! Pourquoi l'amour, le nôtre surtout, serait-il plus original qu'un autre ? Pourquoi le temps épargnerait-il sans les marchander, nos quatre saisons d'aimer ? N'est-ce pas, parce que votre vie est soumise à leur cycle, que vous avez parfois l'impression de tourner, comme la terre, sur vous-même et en rond ?

Oui ! Je peux satisfaire vos caprices, me précipiter comme l'averse soudaine et vous écrire sur le champ, en renversant l'encrier et en couchant les herbes folles et en bataille de mes déclarations échevelées ! En ce jour même, mon cœur peut vous donner des mots en bourgeons de printemps pour s'accorder à vos reproches déjà chargés des larmes rouges de l'automne. Je pense parvenir à vous faire regretter les trahisons des branches, lourdes et cassantes du gel de votre amertume. Je peux vous offrir les frissons de fleurs enivrées, d'une sève ciguë en leur calice. Car voyez-vous, ingrate, en nature comme en poésie d'amour, les vers sont dans le fruit !

Mais, à quoi bon, pour le réchauffer, couvrirai-je votre cœur frileux de mes plumes d'oie d'écrivain ? Pourquoi devrai-je accorder du renouveau à mes missives et mettre mes idées en semailles, puisque je suis sûr que, le moment venu, vous viderez mes mots comme des pommes, sans même penser à en boire l'eau-de-vie.

Oui ! A ma guise, je suis en capacité de tout vous donner, du meilleur de moi-même... Je sais que l'été, est votre saison d'aimer préférée ! Je peux vous promettre les beaux jours, le soleil levant, l'éther le plus pur et la mer immobile piquée de voiliers blancs. Je vous offre les fleurs, les fruits et la lumière.

Je peux chanter le sublime d'un instant somptueux, la pureté d'un trille, la beauté d'un panorama ouvert comme votre cœur sur le plein ciel. J'ai l'art de célébrer la transparence de l'air et ses vibrations, le charme intime de votre présence quand votre corps est en offrande et le don de versifier à loisir, des odes et des sonnets romantiques ou lyriques. Je peux vous écrire sur le sable des paroles de vent, à faire gonfler les dunes de votre cœur. Mais à quoi bon ? Et pourquoi tracerai-je nos initiales enlacées, si vous êtes l'écume qui emporte mes traces ?

Voyez-vous ? L'amour circonscrit ses signes de cœur, calque sur le hasard, les échéances de ses lignes de chance. Il projette même les ombres désertées des sentiments en fuite. Vous n'avez pas le pouvoir de délimiter en moi, comme en vous, l'immensité des possibles émotions. Vous ne sauriez borner nos intuitions, juguler nos sensations, freiner le cours de nos pensées ni programmer nos souvenirs. Nous ne pourrons jamais nous aimer contre notre volonté et nous émouvoir sur commande. Nous ne serons jamais rigoureusement semblables, sauf à faire semblant.

Je ne voudrais pas être soumis à votre exigeante influence et écrire sous la dictée, tous vos souhaits ou vos diktats. L'unicité de l'amour réside dans nos expressions singulières et nos élans pluriels. Aurions-nous même la possibilité d'être dans le même ton, nous ne serions pas pour autant, au diapason ! L'harmonie entre deux êtres n'est jamais préétablie. En amour, les coïncidences ne deviennent des correspondances de sentiments que lorsqu'elles sont en concordances d’émois et de frissons.

Les lignes tracées sur le papier sont éphémères et plus légères que les lignes musicales sur la portée du destin. L'encre finit un jour, par sécher dans l'encrier comme vos propres larmes, qui ont un jour fait pâlir les signes et les mots que nous avions échangés.

Pourquoi voudriez-vous, vous arroger le droit de prendre nos sentiments au pied de la lettre pour en faire d'abord une, puis de nouvelles correspondances amoureuses ? Pourquoi êtes-vous récalcitrante à la rapidité bien plus pratique des courriels et exigez-vous exclusivement des courriers ? Prenez-vous du plaisir à attendre et du moral à espérer ? Ô ma très chère, n'est pas Pénélope qui le veut.

Allez ! Je vous mets en garde ! N'allez pas prendre tous mes petits pas vers vous, à contre sens. N'égarez pas mes indices amoureux à contre-voie de votre cœur. Ne placez pas mes preuves éclatantes à contre-jour et mes rimes à contre-pied. Sur les tablettes de votre cœur, j'avais gravé des hiéroglyphes, j'avais enluminé et imprimé des incunables en préservant la marge et les marges, d'énigmes comme d'erreurs ! Vous ne deviez ni les effacer ni les égarer.

Avez-vous douté de leur authenticité et de leur persistance ? Hésiter, ce n'est pas tromper l'autre, c'est parfois se tromper par incrédulité. Sachez, ma confidente, mon amour de toujours, qu'il n'y a jamais d'écrits vains, si les tendres mots des aveux s'impriment définitivement en l'autre.

Si vous ne vous êtes pas dissipée, ni vous n'avez pas estompé vos primes émotions et grisé nos souvenirs, vous me possédez déjà. Mon cœur vous appartient dans nos confidences échangées et l'écho, même lointain de ma voix. Vous avez la possibilité de ressusciter, à loisir, mes fiévreux émois exprimés avec passion dans ces nombreuses correspondances parfumées et enrubannées. A condition, belle inconstante, que vous n'en n'ayez pas fait un feu de joies réduites en cendres !

Sans doute, avec le temps, estimez-vous que je me sois éloigné de vous. Il n'en est rien ! Sachez que je vous aime toujours à distance et à perte de vue ! Alors, en synchronie de nos deux cœurs, aimez-moi à votre tour, les yeux fermés. Oui ! Au fond de mes pensées obscurcies, cet amour m'avait aveuglé et j'aurais peut-être dû avec doigté, vous écrire en braille ! Parfois ressentir est plus utile que voir !

Malgré toutes les réticences que je vous ai exprimées doucement mais fermement, je suis contraint de constater que vous persistez encore dans votre requête ! Alors soit ! J'accepte de reprendre la plume.

Et comme nous en avions convenu : entre nous, il n'y aura pas de mièvrerie ou de sensiblerie à deux sous ! Vous espérez de moi que j'aie à nouveau du répondant. Alors soit ! Même si je demeure quand même, bien hésitant...

En effet, je ne pourrais que répéter en les copiant les déclarations de mes premiers élans. Je ne suis pas un copy cat, serial lover ! Les mots n'auront plus la même fraîcheur de l’innocente spontanéité. Je ne suis pas un tricheur de sentiments ni un expert en faux-semblants. Vous en êtes avertie et consciente, je l'espère !

Alors, ne vous attendez pas à trouver ici, sous ma plume, l'obole d'un billet doux et quelques galanteries d'aigrefin cavaleur. Quand l'amour est un faussaire, il faut rendre la monnaie, à ses cinq lettres de créance et ne pas trébucher pour y donner le change. Je vous fais donc crédit d'avance et je vous fais déjà contre mauvaise fortune, bon cœur !

Banco donc, si c'est pour vous plaire ! Je vais tâcher de me montrer inventif et succulent d'amour. Vous pourrez vous payer au magot de ma prose, au gousset de mes phrases et croquer de la galette aux amandes de mes mots. Goûtez donc à nouveau, l'amour comme une friandise !

Prenez mon cœur pour argent comptant et mes prochaines lettres comme un capital confiance, à placer et à conserver ! Qu'importe les aléas des futurs rendements épistolaires, c'est peut-être l'assurance-vie, voire survie de notre amour ! On ne sait jamais, peut-être, avez-vous raison et avons-nous intérêt, en cœurs et en corps, à nous épargner, l'un et l'autre !

Mais ne perdez pas mes missives adressées cette fois, en poste restante de votre cœur.

 

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