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Lettre à distance : Intervalle 1/3

Publié le par modimodi

Mon amie, mon bel esprit, c'est souvent que tu me dis ou m'écris : "Tu me manques".

Ce soupir, cette plainte, ce reproche ou ce cri m'obsèdent. Qu'expriment-ils au juste ? Les ratés de notre liaison ? Ma maladresse qui a échoué à t'atteindre et à te toucher profondément ? L'envie ou le besoin exaspéré de me voir ou de m'entendre ? Le vide que mon absence crée en ton cœur ? N'est-ce pas plutôt une expression toute faite, corrélative du dicton : "Loin des yeux, loin du cœur !"

Dans les relations humaines qui unissent socialement ou affectivement deux êtres, la distance est une question primordiale. Comment se tenir ni trop près, ni trop loin pour éviter les confusions et les amalgames, l'étouffement ou l'indifférence ? Comment être en adhésion et pas en adhérence ? Quel espace choisir entre l'interstice et l'étendue, l'ouverture et l'impasse ?

En effet, sauf à choisir les tendres effusions du corps à corps, n'est-il pas préférable de veiller à conserver un espace instinctif ou négocié dans le face à face ? La fusion mène à la confusion et le miroir de soi en l'autre n'est qu'une psyché narcissique.

En échanges de communication comme en amour, je me plais à te répéter : "Le plus délicat, c'est de gérer l'intervalle !" Cette gestion est d'ailleurs autant matérielle qu'affective. Qu'il s'agisse d'un départ ou d'une absence, elle s'exprime en intonations, en mesures de longueur et en temps ! Mais nombreuses sont les nuances entre "hors de vue ou hors de portée", entre "au bout du monde" ou "à des années-lumière" ! Importante est la différence entre : "ça me paraît long !" ou "mais, c'est un siècle !" ou encore "c'est une éternité !" 

L'absence, quand elle n'est pas synonyme de disparition brutale provoquée par l'exil ou la mort n'est souvent qu'un éloignement. Les degrés d'intensité de notre perception, notre sensibilité plus ou moins écorchée, notre humeur du moment peuvent nous faire croire à un abandon, alors qu'il ne s'agit souvent que d'une vacance limitée dans le temps.

Bien sûr, ce temps est un temps vécu, c'est le nôtre ! Inutile d'en démontrer ici, l'importance psychologique. Nous avons tous ressenti un jour, le poids de la durée, de moments qui s'éternisent ou d'instants passés trop vite ! Le simple effet des intervalles de temps, pourtant strictement identiques, suivant qu'ils sont appréciés objectivement ou subjectivement, modifie notre perception !

Quand je te dis, "Amour, je serai là dans une heure !" Le laps de temps peut être vérifié sur ta montre mais cette courte absence peut être vécue différemment par toi. La conscience que tu éprouves de la durée de ce temps est alors fonction de ton activité plus ou moins prenante ou de l'impatience irrépressible que tu manifestes pour mon retour ! Gérer l'intervalle, c'est admettre les décalages de nos sensations !

Je me permets d'aviver ton érudition. Tu sais bien que les philosophes Husserl et Bergson ont précisé ces notions en parlant, l'un de temporalité liée à l'activité et, l'autre de durée vécue, de temps ressenti ! Ne trouves-tu pas que nous voilà d'un coup, l'esprit plus léger pour vivre ce manque, ce vide de l'absence ! Évidemment, chacun trouve et donne sa réponse dans le dialogue intérieur entre son cœur et son esprit !

Ne t'alarme pas ! Comment pourrais-tu admirer le soleil qui s'éclabousse de rayons dans la flaque devant toi, s'il n'y avait pas une distance entre lui, l'eau et toi ? Comment te réjouir du chant de l'oiseau, s'il n'y avait pas un espace, entre ton oreille et lui, niché dans le feuillage ? Tu t'enchantes de cette vision et de cette perception sans t’inquiéter le moins du monde de cet écart de position. Alors pourquoi te contrarierais-tu de l'éloignement passager entre toi et moi puisque l'amour rayonne en nous et que nos aveux fredonnent leur tendre mélodie !

Nous sommes toi et moi, en conjonction de pensées et d'intentions. Nous sommes étroitement attachés l'un à l'autre. Sachant que les parallèles de notre intervalle se rejoignent à l'infini d'un absolu d'amour, nous nous aimons, cœurs battants, d'élans en soupirs, à intervalles rapprochés. Nous convergeons dans l'attente d'une prochaine jonction. Notre couple est une alliance d'espoirs, une mise en regard dans la coulisse de notre intervalle.

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Par tous les temps

Publié le par modimodi

Je t'attendais depuis longtemps.

Je me disais même : Passe-t'en !

Elle se joue de toi ! Va-t'en !

Tu as attendu trop longtemps,

Elle te fait perdre ton temps.

 

En trois mouvements et en deux temps,

Je me suis donné du bon temps !

J'avais peur de manquer de temps,

Alors, j'ai gaspillé mon temps

En vains plaisirs, petits passe-temps.

 

Tu m'es advenue entre-temps.

Plus de temps mort ! Il était temps !

J'ai dansé la valse à mille temps,

Sans un faux pas ni contretemps.

J'ai perdu la tête en rien d'temps !

 

On s'est aimé par tous les temps.

Tu m'as donné plus de printemps,

Que d'hivers et de mauvais temps.

J'ai conjugué à tous les temps

Nos corps, nos amours, nos vingt ans !

 

Au temps présent du grand beau temps,

A l'imparfait des pertes de temps,

J'ai voulu être de mon temps

En conjuguant aux quatre-temps,

Le verbe aimer à tous les temps !

 

Je t'ai perdue de temps en temps...

A présent ? J'ai tué le temps

Pour ne garder que l'bon vieux temps.

Nous le savons depuis longtemps,

Le bonheur nous arrive à temps.

 

L'amour n'est pas intermittent

Tapi dans l'ombre, il nous attend.

Pas besoin d'être combattant,

Il nous mitraille à bout portant

De frissons et désirs constants.

 

Il ne peut siffler la mi-temps,

Nous n'avons pas fait notre temps...

N'aurions-nous plus qu'un dernier temps.

Pour nous donner plus de bon temps,

A la mode et dans l'air du temps ?

 

Vent d'autan ne dure qu'un temps !

Si l'présent est notre seul temps,

De nous aimer, il est grand temps !

Je cours plus vite que le temps,

Je ne crains pas la fin des temps.

 

Laissons aller le temps au temps.

Nos cœurs battent sur le même temps,

Sans un temps mort depuis longtemps.

Passe la vie, passe le temps !

L'amour nous lie, la mort distend.

 

Nous n'pouvons arrêter le temps,

Il fait soleil, il fait beau temps.

Oui ! Je t'aime au-delà du temps,

Au futur, à l'instant, tout l'temps,

Pour l'éternité, à plein temps !

 

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Le début et la fin 1/3

Publié le par modimodi

On dit d'une histoire qui fait des têtes à queue avec le bon sens, d'un récit qui finit en queue de poisson, d'un raisonnement sans queue ni tête, qu'ils ne tiennent pas debout !

Comme si l'homme était une tanche, toujours entre deux eaux et que son équilibre n'était pas autant une question de jambes que d'aplomb dans la tête !

A moins d'être un acrobate de l'esprit, un funambule de la pensée et de savoir jongler avec les idées, l'homme stable a les pieds sur terre, en accord harmonieux dans ses proportions physiques et mentales.

Généralement, l'être humain a de quoi se rassurer. Tout est bien qui finit plus ou moins bien ! Sa vie se déroule, du début à la fin, dans la logique des causes et des conséquences. Ainsi du début du jour à la fin du jour, l'activité humaine s'accomplit de l'aube au crépuscule. La naissance et la mort marquent les termes de l'existence, à l'alpha correspond l'oméga et il n'y a pas de premier sans bon dernier.

Vive la grande loterie céleste ! Il ne faut jurer de rien. Les grandes questions métaphysiques n'épargnent pas les humains terre à terre. Ah ! Nom de Dieu ! Y a-t-il des quantités de dieux ou un seul Dieu ? Qu'est ce qui nous attend à la fin ? La mort infinie ou la vie éternelle ? ... Qui croire et qu'espérer ? Y a-t-il une vie après la mort ? Un avenir radieux ou un cul-de-sac enténébré ? 

Bienheureux les baptisés et les croyants ! La prophétie évangélique chrétienne leur promet un dénouement inattendu, un au-delà, un après eschatologique qui promet d'inverser le sort : "Les derniers seront les premiers."

Miracle ou supercherie ? La phrase magique de promesses produit un double effet pour les naïfs estampillés et tous les nigauds crédules ! Car oui ! Voilà bien, une belle consolation terrestre ou un encouragement au moindre effort pour tous les perdants et les accidentés de la vie ! Voici, encore une belle incitation à la fructification des excédents et des profits, pour les moins nombreux mais heureux gagnants de la vie ! De fait, ceux-là n'ont plus qu'à se hâter d'exploiter leur filon, avant de régresser et alors de tout perdre ! L'inversion promise des hiérarchies fait ainsi patienter le bon peuple, même si, déjà le valet ignore qu'il est la caricature du maître ! 

Car chacun le sait, paradis ou enfer, néant et damnation ou purgatoire en attente de résurrection, la naissance annonce déjà le début de la fin. Chaque jour qui passe rapproche du terme. Si la dernière heure fatidique figure au grand livre du destin, ils sont nombreux à espérer pouvoir en déchirer la page finale. Car inexorablement et finalement, l'épilogue de notre passage ici-bas s'impose à chacun, d'heure en heure ! Rien n'est constant et tout s'achève, car à la fin du compte à rebours, l'homme comprend qu'il est initialement programmé biologiquement. Il restera sur sa fin.

Sur le circuit, il n'a pas pris le départ de la course de la vie, sans un jour ou l'autre, penser au dernier sprint et au finish. Si sa destinée terrestre n'est rien d'autre qu'une course contre la montre, au départ, il vise déjà, sans le savoir, l'arrivée. Sa vie est réglée comme une horloge. A la minute ou à la seconde, tout le monde est sûr d'arriver à l'heure !

Mais l'humain n'a conscience du but de son existence que progressivement. Quand il réalise qu'il a vécu la mise en jambes de l'enfance, que tous les prémices des plaisirs du jeune premier l'ont conduit de l'âge de raison à l'âge adulte, alors, il sait que rien ne dure éternellement et qu'il n'y pas de début sans fin ! C'est ainsi que  la sagesse populaire lui enseigne que : "Avant l'heure, ce n'est pas l'heure, après l'heure, ce n'est plus l'heure !" 

Chaque démarrage, chaque arrêt et chaque reprise ne font ainsi que retarder l'échéance ultime de la minute de vérité. L'un patiente, l'autre espère un sursis avec l'intime espoir de ne pas arriver dans les temps, d'être en retard et oublié par la grande faucheuse !

C'est à la toute dernière heure, que chacun découvre amèrement que l'arrivée correspond à la fin de l'existence. C'est alors que la vie s'emploie à remettre les pendules à l'heure et que chacun passe un dernier et sale quart d'heure ! Mais pour exprimer cette macabre issue, l'écrivain amodie la fatalité de ce funeste destin en jouant délicatement et pudiquement avec les mots.

"Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! Levons l'ancre !

Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons !

Si le ciel et la mer sont noirs comme de l'encre,

Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons !" (Le Voyage - C. Baudelaire.)

Dans les chroniques du temps qui passe, l'Homme affirme qu'il ne veut pas chercher midi à quatorze heures car il n'y a pas d'heure pour les braves ! Il écrit que l'arbre de la vie est persistant de sève mais que ses feuilles sont caduques. Et, il sait encore que : "L'esprit est ardent mais que la chair est faible..." Une faiblesse humaine qu'il assumera jusqu'à l'extrême de l'épuisement vital...

L'humanité expérimente ainsi, à longueur de temps, l'éphémère de chaque instant, quand dans le même temps, elle rêve de continuité. Alors, jusqu'à la der des ders, pour maintenir la permanence du nom, pour tenter la pérennité, l'homme sème ses descendances. Ne voulant pas disparaître, en espérant demeurer, il perpétue la vie !

Ah ! La bonne heure d'un espoir infini ! Car sinon, du début à la fin, la vie n'aurait pas de sens, elle serait sans queue ni tête, une absurdité existentielle !

 

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Nunuche et Tatasse ! 2/2

Publié le par modimodi

 

 

Mon brave légendaire Ignace,

Petit bedeau de ma paroisse,

Tu tiens bien ton rang et ta place,

Tu es sérieux et efficace,

Tu ranges, t'occupes chaque espace,

T'optimises la moindre surface.

 

Par les mamell' de Tirésias,

Si chez toi, c'n'est pas un palace,

C'n'est pas les écuries d'Augias !

Car partout, tu te décarcasses,

Sus au désordre ! Tu le pourchasses,

Pas de méli-mélo-mélasse !

 

Tu astiques, tu frottes chaque trace,

Pas de crasse qui soit coriace,

De tâche grasse qui soit tenace.

Toi, mon ami, tu es pugnace.

Et tout s'efface et tout trépasse,

Entre les mains du grand Tatasse !

 

Faut qu'ça brille ! Toi, tu as la classe !

On peut s'mirer dans tes godasses.

Y'a jamais rien qui ne dépasse,

Y'a jamais rien qui ne s'entasse,

T'es peut-être un peu à la masse,

Mais sûrement pas à la ramasse !

 

Pas de dépôt au fond d'l'impasse,

Car jamais rien ne s'amasse

S'il n'a pas déjà une place !

Pas de relances, ni de paperasses

Qui vont te prendre la calebasse.

Pas d'mal d'amour qui te tracasse !

 

Tu n'es pas un matou lovelace,

Dans ton cœur, il n'y a pas de place.

Pas d'amour, mêm' par contumace

Avec une bell' Marie salace,

Une langoureuse mollasse,

Qui se glisse sur ta paillasse.

 

Aucune belle qui grimace,

Qui pose, qui rêve et s'prélasse,

Pendant que la vaisselle s'entasse !

Pas de pt'it amourett' fugaces,

De grandes pipelettes qui jacassent

Et te servent d'la ragougnasse !

 

Pas d'blondinettes aux cheveux filasses

Qui prenn' du bon temps et traînassent

Comme limaces, en chou palace.

Pas de minettes, aux yeux voraces

Qui font leurs mines et leurs grâces,

Et qui finissent en vaches grasses.

 

Pas de poisse, de boule d'angoisse.

Toi, tu jettes, tu casses ou fracasses.

Et pour que rien ne t’embarrasse,

Tu l'bazardes, tu t'en débarrasses.

C'est mêm' là, ta plus grande audace,

Toi, l'grand Nunuche, t'es un Tatasse !

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Lettre à mes petits enfants. 2/2

Publié le par modimodi

Mes tout petits, mes chéris, mes sales mômes ! Oui, nous avons des nouvelles de l'oncle Cro-Magnon ! Nous avons reçu une carte de vacances. Il les passe chez Lucy avec grand-père Mathusalem !

Ils vont même aller au festival des vieilles cavernes ! Ne vous moquez pas ! Nous leur ressemblons ! Nous aimons les shows, les concerts, les sunlights, les teufs comme vous dites, eux, aimaient les jeux du cirque et les combats des arènes. "Autres temps, autres mœurs !"

La vie elle-même, nous donne la représentation ! Levez la tête, mes p'tits zamours pour la danse de la Grande-Ourse ! Monsieur Loyal annonce l'ouverture de la piste aux étoiles. Ah ! Bien sûr, vous voulez y briller comme des stars, d'un jour, d'un soir !

Nous, évidemment, nous sommes des saltimbanques, de vieux guignols, des rasoirs et des funambules sur le fil de l'existence ! Vous, vous êtes des enfants de la troupe, des artistes acrobates. Vous jonglez avec des bulles de bonheur multicolores, vous êtes des enfants de la balle. Votre destin est dans votre paume ! Votre vie, est un grand chapiteau pour la toile de vos rêves. Nous devons vous laisser la scène et vite descendre des tréteaux ! Heureusement parfois, jeunes allumeurs de réverbère, les étoiles et les morveux se font moucher !

Vous avez une âme d'enfant. Vous ne pouvez donc être que puérils et nous, que des vieux jeux, déjà hors-jeu, à mettre sur la touche ! Vous êtes sévères avec nous, sans indulgence, de vrais enfants terribles ! Nous ne comprenons rien !... Nous ne devons surtout pas penser que vous êtes bêtes comme chou qui vous a vu naître ! Vous ne faites pas l'enfant, vos gamineries sont des caprices créatifs, vos enfantillages des preuves géniales d'ingénuité ! C'est nous qui gardons, pensez-vous, des traumatismes infantiles.

Et pourtant ! Sans qu'on s'y attende, sans qu'on le souhaite, un jour, une heure !... Un sanglot, une plainte sourde, un nuage dans le ciel bleu de l'adolescence, une barre au front de l'insouciance ! Une peine immense, la première trahison, celle de l'amitié !... "Allo maman, bobo !" Pauvre petit oiseau blessé, petit enfant perdu ! Voilà, le retour de l'enfant prodigue !...

Vous ne pensez plus à votre tablette, votre cœur se met à table. Retour aux sources de la vie et de l'amour ! Vous vous pressez en confiance dans l'abandon et la douceur du réconfort. Vous retrouvez nos bras, votre nid d'ange. Dieu ! Que c'est bon alors, de se faire dorloter par papa et maman !

Mes enfants chéris, je vous le dis, le temps passe toujours trop vite à travers les branches du temps. Vous vous accrochez aux rameaux tendres des amourettes comme nous, aux frondaisons dégarnies de notre arbre généalogique !

Un jour, vous verrez, mes cascadeurs de la vie, vous renoncerez à vos voltiges pour le fun et les frissons. Vous prendrez le balancier du petit bonheur des jours, vous aimerez l'équilibre du cœur comme ses emballements, les saluts spontanés de vos vrais amis et les aveux tremblants de l'être aimé. 

Un jour, un soir, pas encore le grand !... Vous vous souviendrez et vous saurez comme moi, qu'il devient plus périlleux de jouer le vieux casse-cou.

Oh ! Je le sais ! C'est bien trop tôt pour vous ! Mais un jour, comme dans la pantomime, vous pressentirez alors qu'il faut vous préparer au grand saut avant de tirer votre révérence. Aujourd'hui, votre insouciance est bien légitime et réconfortante à constater. Vous avez tout l'avenir devant vous. Profitez-en !

Vous ne pouvez pas encore l'avoir appris mais, quand la représentation tire à sa fin, indifféremment de la comédie ou de la tragédie, il faut être prêt à baisser le rideau... Moi, déjà je m'y prépare !

On ôte sa perruque, on se démaquille des jours qui vous ont fardé. Les cheveux blonds sont devenus des cheveux blancs !... De la neige pour vos souvenirs glacés !

Mais je souris rien que d'y penser. Je vous imagine... A votre tour, vous vous agacerez et répéterez en marmonnant : "Ah ! Les sales gosses, les petits polissons ! De mon temps, la marmaille était plus respectueuse, elle rentrait à l'heure au bercail. Il n'y a plus d'enfants !"

Alors, vous sentirez bien, comme un pieux paroissien, que la messe est presque dite. L'enfant de chœur que vous avez été se rappellera d'avoir bu les burettes en cachette, d'avoir aimé la ferveur des cantiques, la nuque parfumée et les cheveux fauves d'Emma quand elle se baissait pour recevoir l'hostie de la communion.

C'est l'œil humide, qu'à la fin du repas, vous vous souviendrez, des grivoiseries de régiment du père Jules et que vous rirez du coup du père François. Votre sourire s'éclairera quand vous évoquerez la douce sévérité paternelle et les cadeaux de papa-gâteau. Ah ! Mes aïeux ! C'était une autre époque, celle des langes, des blouses et des culottes courtes !

Mais en cet instant, je vous observe en souriant ! Gentils frères et sœurs, vous patientez, vous soupirez dans ce repas qui s'éternise ! Vous vous provoquez à voix basse, vous balancez des coups de pied, sous la table, fin prêts pour la chamaille ! Entre deux rappels à l'ordre, vous écoutez distraits en espérant enfin le dessert chocolaté de grand-maman ! Et puis soudain, vous vous taisez quand l'ancêtre se met à fredonner, un sanglot voilé dans la voix, une berceuse, celle que lui chantait sa maman !

Soudain ! En l'observant, vous pensez qu'il vieillit davantage, que sa mémoire commence à fuir. Vous ne comprenez pas son émotion, quand par la fenêtre, ses yeux se perdent un instant, dans le silence du jardin et qu'ils traversent lentement l'espace pour se noyer dans une trouée d'azur. Vous le voyez plonger comme par mystère, dans le bleu céleste, exactement celui du regard maternel.

Vous le croyez absent. Vous ne pouvez alors percevoir sa piété filiale, le pèlerinage au sanctuaire du cœur. Tout au plus, pensez-vous peut-être, intrigués et touchés que votre-grand père a l’œil qui larmoie quand il se souvient avec pudeur et recueillement de son enfance.

Ne vous moquez pas enfants ! Un jour, vous aurez son âge ! Vous comprendrez pourquoi, il a plus que jamais le sens de la famille, qu'il pressent le devoir impérieux de laisser une empreinte, de délivrer des messages, de transmettre des valeurs à sa postérité. L'héritage qu'il vous laisse est spirituel et moral. Écoutez-le ! Il ne vous parle que d'amour !

 

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Vice-versa

Publié le par modimodi

Pas besoin de t'dire, mon p'tit chat,

Que t'faire l'amour me met en joie !

Oh ! Combien je plains celle-là !

Je crois qu'elle s'app'lait Ludmila,

Petite, épaisse comme un d'sous-d'plat,

Tombée dans les bras d'un rasta,

Qu'la malédiction engrossa

Et qui dans le vice, versa,

Vendant son corps, son camélia,

Pour une vodka, deux téquilas !

 

Toi, tu me sautes dans les bras,

Je ne peux pas rester de bois !

Pas d'patati ni d'patata

Et avanti pour la fiesta !

Pas besoin d'valpolicella,

De chicha, de marijuana

Ou des photos de Lolita

Pour mettre mes sens en émoi !

Tu as ce p'tit, je ne sais quoi

Qui m'dresse la piqu' comme un Gaulois !

 

J'dégraf' le haut, j'enlève tes bas

Et moi je t'aime de haut en bas !

Je fais tes desiderata,

Tu es ma reine de Saba !

Les yeux bandés, je n'y vois pas,

J'apprends à lire du bout des doigts !

Jeux de bouches et langue-de-chat,

De caresses, on fait plein emploi,

En pas de deux et entrechats,

De souplesse, on fait des exploits !

 

Tout est permis à nos ébats !

Sur la table ou sur le sofa,

Sur le carr'lage ou le mat'las,

T'es mon en toi et mon sur-moi !

En tête bêche et vice versa

Comme à l'envers ou à l'endroit,

On récit' le kamasutra !

C'n'est pas du sexe, c'est du tantra.

Jambes en l'air, sursum corda !

Hosanna et Alléluia !

 

Non ! Jamais tu n'es flagada !

Quand je te crie : Pause ! Halte-là !

Hissant le drapeau blanc des draps,

Tu me dis : encore un chouia !

On n'a pas fini le repas.

Y'a toujours un nec plus ultra !

Il reste une belle chipolata

Et quelques tranches de ta nana !

Toi, mon joli Gargantua,

Tu vas t'en pourlécher les doigts !

 

Pour ranimer le vieux soldat,

Tu déclenches la lambada,

Tu m'allumes, tu te frottes à moi.

Tu ondules comme un boa

Pour le tango ou la rumba

Et tu miaules pour le cha-cha-cha !

Car tu connais le résultat,

Comme un maquisard, aux abois

Je me r'dresse, effet immédiat,

Ferme et prêt au branle-bas d'combat !

 

J'suis ton mercenaire, ton forçat.

Jamais ma vigueur ne décroit.

Flamberge au vent, Anjou ! Montjoie !

Sus aux manières de p'tit bourgeois !

J'vais t'aimer comme un hors la loi !

J'te prends à l'envers, à l'endroit,

Recto, verso et vice versa.

J'escalade le Golgotha,

Je veux mourir les bras en croix

En extase et au Nirvana !

 

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La cloche

Publié le par modimodi

Je ne sais pas si j'ai envie de me taper la cloche mais par Notre Dame, mes oreilles bourdonnent.

J'ai le syndrome de Quasimodo ou du bedeau de l'église de Corneville. Je suis le grand virtuose des cloches de Canterbury. Découvrirai-je sur le tard une vocation de carillonneur ? Finirai-je, si je m'accroche, campaniste dans un beffroi ou résident d'honneur de Clochemerle ?

Mais au fait, dans ces inutiles querelles de clocher, dit-on du bien ou dit-on du mal de moi ? Sont-ce des acouphènes ? Qui me tape sur l'enclume et le système ? Est-ce Eustache qui me joue de sa trompe ? Dois-je baisser pavillon ? Ai-je un souffleur de sornettes qui tarabuste mon inconscient ou des bruits de sonnettes dans mes esgourdes ? En tout cas, il y a quelque chose qui cloche !

J'ai beau être un battant et boxer la vie à poings fermés, je suis sonné comme si j'avais été uppercuté. Je suis désarçonné et renversé, j'ai vidé les étriers. Ai-je pris le melon sous cloche ou une pastèque sur la calebasse mais j'ai l'éclairage vacillant à tous les étages. Je vois trente-six chandelles et j'ai modestement en tête la symphonie de Moussorgski. Les cloches de la porte de Kiev me lancent leurs croches et triolets.

Pourtant, nulle majorette à l'horizon ! Alors, qui joue du tambour dans mes caissons ? A part ce foutu crachin, nulle fête bretonne. Pourquoi entends-je ces obsédants couinements de biniou comme un bagadou ? Je me croirais à la grande parade celtique du festival de Cornouailles ! Holà ! Pour que l'inspiration me bombarde, ma vieille muse prend-elle abondance de plaisirs à me souffler dans sa corne ?

Il n'est pourtant pas encore l'heure de me faire sonner les cloches ou de prendre ma volée. Nous ne sommes pas à Pâques ni à la Trinité ! Ce ne sont pas non plus les vacances d'été et la grande transhumance des bisons pas futés qui, avec leurs bufflonnes, quittent le plancher des vaches pour le grand air ! Ah ! Le bonheur des alpages et le son des clarines !

Alors, quelqu'un dira que j'ai entendu un son de cloche mais que je ne sais plus dans quelle étable. Après avoir été fondu, on me croira fêlé. Sur mon passage, les enfants crieront drelin, drelin, le bélin ! On pensera que le coq de mon clocher troué fait la girouette aux quatre vents de la folie et que mes cloches rentrent de Rome !

Si je suis ainsi déréglé, j'ai grand peur que ça s'entende ! Frère Jacques m'en voudra-t-il à l'heure de sonner les mâtines ! Pourquoi ce grand désarroi dans le couvent, aux premiers coups des vêpres ! Entre "La récolte des pommes de terre" et "Les glaneuses", Millet lui-même ne sait peut-être déjà plus quand peindre "L'angélus" !

Alors, si c'est une facétie de ma bonne fée clochette, j'aimerais qu'elle me lâche le grelot et qu'elle renonce à l'agiter ! Je veux bien passer pour une cloche mais je ne veux pas être marteau. Je suis un vrai dur, un écrivain dur de la feuille. Je n'ai que faire de cette jolie lectrice ingénue qui va à cloche-pied. Je ne vais quand même pas me faire traiter de clochard par une belle ou quelques esprits boiteux aux raisonnements de travers !

Dois-je tenter quelque interprétation du phénomène et y voir un avertissement funeste ? Bon sang de bois ! Un jour, c'est la loi d'airain, je partirai, c'est sûr ! Comme une promesse en fumée ou entre quatre planches. Sans faire grand bruit, je déménagerai à la cloche de bois, au son lugubre du tocsin et de la marche funèbre. A gla-gla, j'ai les grelots, j'ai le bourdon et je refroidis déjà ! Sonnez pour le couvre-feu.

Ou alors, avant que ne sonne le glas de mon départ, dois-je le prendre comme une insistante invitation à me taper la cloche ? Il est vrai que j'ai gardé un solide appétit de vivre. J'ai encore faim d'aventures et d'émotions. Dans ce cas, j'ai bien volontiers l'esprit de clocher. Mais dans son clocheton, le sonneur de cloches ne doit pas me faire entendre qu'un seul son de cloche à fromages ! Qu'il carillonne dans tous les terroirs ! Je veux une symphonie de sonnailles à m'en emplir les deux oreilles et la panse ! C'est pain bénit !

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Nunuche et Tatasse ! 1/2

Publié le par modimodi

Tu l'affirmes d'un air bonasse :

Tout doit être à la bonne place !

Et comme on le dit à Arras,

T'es un Nunuche, t'es un Tatasse !

T'es connu comme Barrabas,

Toi, t'es l'pote à l'ami Bidasse !

 

Tout le monde t'appelle Ignace,

T'es le bedeau de la paroisse !

Si tu as la meilleure place

C'est que personne ne te surpasse

Pour le bon entretien d'la châsse

De Sainte Notre-Dame des poisses.

 

C'était le jour de la ducasse !

Elle t'est apparue en pleine face,

Tu l'as bien vue dans la rosace !

Et tu n'en as pas cru tes chiasses !

Mais tu as été trop loquace,

On s'est moqué sur la grand-place.

 

On t'a mêm' traité de bêtasse !

On a dit que t'étais fadasse,

Que t'avais rien dans la calebasse,

Que t'avais bu trop de vinasse

Et pris Sainte-Marie des poisses

Pour Jeanne-Marie, la blondasse.

 

Pourtant, tu n'as aucune angoisse.

Tu n'écout' pas la populace

Des corbeaux et des bécasses.

Tu sais que dans ce face-à-face

Marie a été efficace,

Tu as obtenu ses bonnes grâces !

 

Toi, tu n'iras plus dans l'impasse

Courir la gueuse et la tiédasse.

Tu ne feras plus de grimaces,

Ni de mauvais airs à la glace.

Car dans un sournois volte-face

Le diable pourrait faire surface !

 

Quand les autres disent et jacassent,

Ce qui paraît le plus cocasse,

C'est que personne ne t'escagasse !

Tu gardes ton p'tit air bonasse.

On peut bien t'appeler Boniface !

T'es un Nunuche, t'es un Tatasse !

 

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Lettre à mes petits enfants 1/2

Publié le par modimodi

Mon tout petit, qui veut devenir grand avant l'âge ! Mon rebelle adolescent aux trois poils sur ta lèvre impatiente ! Ma donzelle au maquillage en cachette pour être plus belle que maman ! Mes apprentis de la vie, de la première cigarette, du premier baiser, du premier grand secret ! Vous qui trichez avec votre âge pour un ciné avec la poupée Chucky ou qui espérez séduire un ange de la téléréalité !

Mes révoltés du chewing-gum et du bounty, mes petites fraises Tagada, mes petites terreurs de la Monster Academy, mes accros du Haribo, mes princesses du M&M's, vous qui trouvez vos parents et les adultes, relous, chelous, bouffons, cons grave, nuls, yeuves, oui, trop vieux cons ! Vous qui pensez avoir le look, le kif, le bon ice, tout savoir mieux que vos darons, ces vieux ringards, tout comprendre mieux que tous ces boloss...

Je vous entends mes p'tits filous, piailler comme des moineaux et vous chipouiller. Je vous chope au passage quelques bribes et vous prends sur le vif avec vos potes :

"Allôôô quoi ? T'es encore québlo sur Candy Crush ! Pourtant c'était fastoche !

"Hein ! C'est ouf ! T'as chopé son 06 mec, j'suis dègue, tu vas la pécho alors !"

"Pourquoi t'as le seum, Margot ?" _"Vanessa est la crush de Rapha, c'est son canard ! J'ai trop les boules, ça m'fout la haine !"

"T'en mêle pas, c'est ma life !"

"Hé, Milou, j'te kiffe ! T'as trop le swag avec ta casquette et tes shoes !"

"Ouais, mais là, j'suis trop vénère ! Comment tu t'la joues grave avec ta mob ! Mais, c'est vrai qu'elle déchire !"_ " Allez grimpe, on va s'ambiancer et chambrer les meufs !"...

"Eh toi ! Tu penses que j'mate ton keum ? C'est vrai qu'il est BG mais t'es une mytho ! Quoi ! T'as craqué ton string !"...

"Allez ! Casse-toi, va jouer avec les cassos !"

Oui, mes petits amours ! Au fond, toi, tu fais ton Kévin et toi, ta Barbie ! Mais pour moi, vous serez toujours mes petits enfants ! On ne se comprend pas toujours, vous avez vos codes, nous avons les nôtres ! Mais nous partageons le même idéal, celui de la jeunesse. Je ne serai, vous ne serez jamais vieux tant que vous la croirez éternelle !

Mes petites fleurs de l'âge tendre, vous êtes des enfants de l'amour, des enfants de cœur ! C'est lui qui vous a conçus. Vous avez beau feindre le détachement, c'est lui qui vous a attachés à nous par un lien indéfectible, une cordelette de tendresse infinie. Vous n'êtes pas garrottés mais soudés. Nous sommes forgés par le feu et fécondés de sève par le sang. Même si vous en rejetez l'idée, vous nous ressemblez jusqu'au fond des fibres de la vie. Certains l’appellent, un petit air de famille ! Oui ! L'amour familial, fraternel et encore plus filial est sincérité et vérité car bon sang ne saurait mentir !

Vous êtes bénis des dieux ou de Dieu, vous êtes des enfants de Marie ! L'amour est d'ailleurs mystérieusement la seule immaculée conception qu'il vous sera donné de vivre. Vous êtes tantôt des petits saints ou des bons petits diables ! Mais pour nous, vous serez toujours les anges de notre paradis même si certains jours, mes affreux chérubins, vous nous faites l'enfer des joyeux diablotins !

A notre grand dam, vous voulez vous vieillir, être indépendants, vous affranchir de notre attention comme de notre bienveillante autorité. L'âge de raison n'est pas que de bon sens. Mes chers criseux, colériques ou cafardeux, vous avez pris sans le savoir un abonnement perpétuel à la crise... aujourd'hui d'appendicite mais pour demain de rhumatismes erratiques ! J'en sais quelque chose.

Mes petits douillets, vous n'avez pas fini d'en avoir plein le dos !... Comme vous voulez voler de vos propres ailes, vous nous mettez à dos et vous vous opposez.... Vous cherchez à nous diviser en nous renvoyant dos à dos ! Nous sommes, paraît-il, toujours sur votre dos. Il faut vous lâcher les baskets ! Vous étouffez !

Vous êtes jeunes mais vous n'êtes plus petits ! ...Il vous faut être libres et respirer pour avoir l'air d'être quelqu'un !... Au genre indéfini ! Un mixte de votre idole pailletée et acnéique et de votre idéal fashion, fluo et fantasmé. Mais par-dessus tout, par pitié ! ... Quelqu'un qui ne nous ressemble pas ! Ah non, surtout pas un clone de vos vieux clowns ! Trop la honte, trop la gerbe, les darons, les ancêtres, à qui, mes bons ados, vous tournez résolument le dos !

Nous vous avons donné le jour ! Mais nous appartenons à présent, à la nuit des temps. Nous sommes vos vieux, des fossiles antédiluviens ! Nous vous avons gâtés, pourris mais c'est nous, qui nous décomposons aussitôt, quand vous nous dites que nos idées sentent le moisi. Vous ne pouvez plus nous piffer ! Nous sentons le renfermé, nos conceptions démodées sont du siècle dernier ! Vous vous moquez, allègrement ! ...Vous nous quittez goguenards, en haussant les épaules : "Au fait, vous avez des nouvelles fraîches de l'oncle Cro-Magnon ?"

 

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Trop belle pour moi !

Publié le par modimodi

Je t'ai dit : Sois belle et tais-toi !

J'aurais mieux fait de rester coi.

Tu m'as aussitôt pris au mot !

Tu t'es transformée illico

En princesse Grace de Monaco,

En Vénus et belle Othéro !

Ça m'a coûté le bras d'Milo,

Je n'ai plus de fesses, que la peau !

 

Il faut souffrir pour être belle !

Tu n'connais pas la ritournelle.

C'est moi qui ai pris l'coup dans l'aile

J'ai mon oseille qui s'démêle !

Mes économies se dérobent,

Il me faut travailler dès l'aube !

T'as renouvelé ta garde-robe,

Moi, je suis nu, pauvre comm' Job !

 

Rhabillée des pieds à la tête,

De la montre jusqu'aux lunettes,

Ceinture et bas, foulard, pochette,

Robe, manteau, jupe et nuisette

En organdi, cachemire et soie,

En croco et cuir de cobra !

Du look, du style, du chic, des marques,

Pas d'passe-partout, faut qu'on t'remarque !

 

A force de faire du lèche-vitrine,

Faut t'refaire le nez, les babines,

Tirer la peau, enlever les rides.

C'est mon argent qu'tu dilapides.

T'étais tonneau et pas sylphide,

J'ai eu tort d't'appeler Danaïdes !

A présent, après trois régimes,

Crèm's pour mincir, t'es en mod' slim !

 

Pour toi rentrer dans tes leggings :

Club de fitness, tennis, jogging !

Mais c'n'est pas tout, pour le standing,

Tu entretiens tes petits brushings,

Tu restes jeune grâce aux liftings !

Je n'en peux plus ! J'mets les warnings !

Je suis en plein aquaplaning,

J'fais des tonneaux et des loopings !

 

J'n'ai qu'un' retraite, pas une holding !

J'ai plein de crédits revolving.

Bientôt à poils, je suis en string,

Je suis ruiné, j'fais du fading.

J'ai l'cœur usé qui fait bing bing,

J'ai ma courte vie en leasing.

Trouve-toi vite du sponsoring

Avant qu'j'prenn' le dernier sleeping !

 

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