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Le clou 3/3

Publié le par modimodi

Hello, les têtes de clou, me revoilà avec mes paquets de clous et mes idées fixes d'écrivain ! Vous avez toujours le choix ! Mais choisissez le bon clou.

Oh oui ! Éminents lecteurs, sommités en pointe, n'allez pas jusqu'à la dernière extrémité ! Là où, il ne vous reste plus que deux possibilités : prendre une bonne dérouillée ou choper un bon vieux tétanos !

Quant aux collets montés qui voudraient clouer mes textes au pilori, je les aurais prévenus ! "Tenez bien le cou afin qu'il ne furonculose pas ! Car ce n'est pas le clou du spectacle, avec à l'anthrax distribution de bubons gratuits, que je vous ai réservé ! "

La saga humaine des têtes de clou vous concerne toujours ! Ceux à qui la vie a fait faire tapisserie et qui rêvent encore d'une famille nombreuse se reconnaîtront peut-être dans "les clous semence", effilés, de petites tailles mais capables de rentrer dans les cœurs au bois très dur et de maintenir les tissus qui ont du corps.

Ceux qui s'accrochent à la barre quand l'existence met les voiles au jour le jour, auraient intérêt à avoir une tête de "clou à crochet" pour garantir la tenue et la retenue, quand la vie fait rideau ! Ainsi pratiquent les montagnards qui se retiennent de dévisser, en plantant dans la paroi rocheuse des clous d'alpiniste appelés pitons.

Vous le voyez, il y en a pour tout le monde ! Chacun ses goûts ! Savez-vous planter les clous à la mode, à la mode, savez-vous planter les clous, à la mode de chez vous ?... Cherchez dans la quincaillerie de mes propositions ou dans le catalogue du joyeux bricoleur du dimanche ! Les compagnons de la poche percée comme les nez et oreilles percées de par le monde trouveront, à coup sûr, leur bonheur.

Le clou est partout ! Mon texte, amis lecteurs, en est truffé et mon style est acéré. Je les dépose un à un sur votre route comme une herse aux clous hérissés pour ralentir volontairement votre lecture. Je veux ainsi vous contraindre à traverser dans les clous de mes passages cloutés... mais en toute sécurité ! Pas de pleurs, j'écris à la pointe sèche ! Pas de bobos ni de vains cris !

Inutile de me clouer sur la croix de vos détestations, j'ai cloué mes idées sur la page de l'émotion. Alors ne me réservez pas la giroflée ni les cinq clous de girofle de votre douce main, vous me cloueriez au sol !

Bien sûr, ceux qui ne pensent qu'à critiquer systématiquement en disant que tout cela ne vaut pas un clou ou ceux qui ne viennent que picorer en piquant du bec, j'ai pour eux, un moyen de les éloigner. Je vais fixer sur le rebord de mon clavier d'ordinateur une bande plastique avec des pointes pour empêcher tous ces pigeons de se poser. Je n'aurais plus besoin de leur jeter de la graine pour mieux ensuite leur clouer le bec.

Moi, je me présente plutôt à vous, en travailleur de force au cerveau percutant comme un marteau piqueur dans des blocs d'idées brutes et hérissantes. Je suis un fakir posé comme un sâdhu, un dur de la clouure. Sur mon texte à clous, prenez-moi au pied de la lettre.

Si j'étais maigre comme un clou, je pourrais vous clouer sur place mais comme mon style est gras comme un cent de clous, je fais plutôt ma ballerine empotée et des pointes devant vous ! Je m'enfonce dans le plancher des mots. Voyez ! Quand je m'extirpe, mes figures cloutées ont les pieds tordus.

Mais toi, ma douce amie, ma pointe à tracer ma ligne de chance, toi, tu sors du lot ! Je t'ai offert ma tête de clou et je me suis noyé dans le bois de ton cœur. Pas de cris perçants, je suis à présent chevillé à toi ! Mon choix s'est définitivement fixé sur toi. J'ai à loisir, des idées fixes, des fixettes, des chevillettes et des broquettes. Moi, ton métallo à l'esprit frappeur, je t'ai forgé les clous d'assemblage de ta cotte de mailles, je suis ton heaume !

Oh oui ! Je suis soudé à toi. Je suis pénétré de ta douceur, j'ai le cœur qui cogne, perforé des clous de notre passion. D'ailleurs, tu le sais, ce sont eux qui nous retiennent sans jamais nous érafler. Notre crucifixion d'amour n'est pas un sacrifice sanglant mais une radieuse rédemption.

Si j'en pince pour toi, je ne veux pas pour autant être pris en tenaille et m'arracher à toi. Nous sommes chevillés et sertis l'un en l'autre. Pas question de nous éparpiller ni de nous décourager dans la pensée proverbiale : qu'un clou chasse l'autre ! Nous sommes librement enchaînés et assujettis l'un à l'autre. Nous sommes même solidement enfouis en nos mois profonds.

Notre richesse est en nous ! Nous sommes dans nos multiples facettes, deux diamants taillés, couronnés et polis. Nous sommes brillamment précieux l'un pour l'autre. En cas de disette, il nous sera difficile de mettre nos cœurs d'or au clou ! Nous y tenons trop !

Au faîte de notre tendre relation, je dois te le confier. J'ai moi aussi une catégorie qui me correspond. Tu l'as sans doute devinée ! Oui ! Je pense à toi comme un couvreur et tel que tu me vois, planté devant toi, je suis ton vaillant et robuste "clou à tête large".

Je me rive à toi, je me cramponne à toi. Je ne chaume pas. Je garde notre amour en couverture car je veux éviter les tuiles et ne pas te laisser d'ardoises. Tu sais d'ailleurs, comme j'adore être cloué au lit avec toi et combien je raffole de nos pannes d'oreiller.

A mon ciel de lit, tu as clouté les étoiles de la nuit.

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Coup de foudre 3/3

Publié le par archibald_06

L'orage fait rage...

 

Plus d'émois entre toi et moi !

Tu me jettes ton feu grégeois.

Je ne compte plus les dégâts !

L'orage s'est abattu sur moi,

J'vais passer de vie à trépas,

Si sans cesse, tu me foudroies !

 

Les plumes enduites de goudron,

Cupidon a pris son tromblon.

Il me crible de petits plombs ;

Tu m'abats en fulguration.

En plein cœur de la dépression,

Tu m'dévastes comme un typhon.

 

Tu m'enlèv's dans un tourbillon.

Je n'pèse pas plus qu'un flocon,

Pas plus qu'une feuille d'automne.

Oh ! Ne m'dis pas qu'j'en fais des tonnes !

Je m'envol' comme une crêp' bretonne

Jusque dans l’œil de ton cyclone.

 

Sous les coups de ton ouragan.

Je me disperse aux quatre vents,

Tu es l'enfer et son boucan !

Adieu ballade, adieu aubade,

Le paradis promis m'balade !

Mon salut est en débandade.

 

Tes promess's n'étaient qu'des salades,

La belle oie blanche, une tornade !

Tu t'étais cachée sous le masque,

Tes câlins n'étaient que des frasques,

Tes mots d'amour faux et fantasques,

S'envolent aux moindres bourrasques.

 

Ta colèr' projette ses trombes,

Mes regrets tombent, en hécatombe !

Je vais m'écraser sous tes bombes,

Tu vas pouvoir creuser ma tombe !

Moi, ton grand prince des huées,

Je vais mourir glacé, noyé !

 

Ô désespoir ! Oh ! Cris de rage !

Notre amour fera-t-il naufrage

Sous les foudres de cet orage ?

Ces éclats vont-ils perdurer ?

Dois-j' patienter, laisser passer,

Bien à l'abri, laisser sécher ?

 

À quoi bon, toutes mes prières ?

Ce n'est sûrement que la guéguerre

D'une mégère, d'une rombière !

Tu n'vas pas m'tailler des croupières,

Mettre mes espoirs en jachère

Et m'expédier au cimetière ?

 

Drapeau blanc ! Calme ta colère !

J'ai mis mon cœur en bandoulière,

L'espérance est ma messagère.

Si cet orage est temporaire,

Prouve-moi que t'es du tonnerre

Mais, à la vitesse de l'éclair !

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Correspondance amoureuse

Publié le par modimodi

Ma très chère, je prends la plume, je vous l'avoue, contraint, forcé et à vrai dire, contre ma volonté. Mais vous savez que je refuse ces contrariétés d'humeur comme ces chicanes de passage qui ne sont que de stériles déplaisirs entre vous et moi.

Vous m'avez, ma douce amie, demandé de vous écrire autre chose que les habituelles banalités amoureuses. Vous n'aimez pas les lieux communs ni les déclarations d'usage. Vous en avez assez de mes répétitifs je t'aime, jetés aux quatre vents par mon cœur girouette et ma petite tête en l'air !

Je proteste et tempête ! Pourquoi l'amour, le nôtre surtout, serait-il plus original qu'un autre ? Pourquoi le temps épargnerait-il sans les marchander, nos quatre saisons d'aimer ? N'est-ce pas, parce que votre vie est soumise à leur cycle, que vous avez parfois l'impression de tourner, comme la terre, sur vous-même et en rond ?

Oui ! Je peux satisfaire vos caprices, me précipiter comme l'averse soudaine et vous écrire sur le champ, en renversant l'encrier et en couchant les herbes folles et en bataille de mes déclarations échevelées ! En ce jour même, mon cœur peut vous donner des mots en bourgeons de printemps pour s'accorder à vos reproches déjà chargés des larmes rouges de l'automne. Je pense parvenir à vous faire regretter les trahisons des branches, lourdes et cassantes du gel de votre amertume. Je peux vous offrir les frissons de fleurs enivrées, d'une sève ciguë en leur calice. Car voyez-vous, ingrate, en nature comme en poésie d'amour, les vers sont dans le fruit !

Mais, à quoi bon, pour le réchauffer, couvrirai-je votre cœur frileux de mes plumes d'oie d'écrivain ? Pourquoi devrai-je accorder du renouveau à mes missives et mettre mes idées en semailles, puisque je suis sûr que, le moment venu, vous viderez mes mots comme des pommes, sans même penser à en boire l'eau-de-vie.

Oui ! A ma guise, je suis en capacité de tout vous donner, du meilleur de moi-même... Je sais que l'été, est votre saison d'aimer préférée ! Je peux vous promettre les beaux jours, le soleil levant, l'éther le plus pur et la mer immobile piquée de voiliers blancs. Je vous offre les fleurs, les fruits et la lumière.

Je peux chanter le sublime d'un instant somptueux, la pureté d'un trille, la beauté d'un panorama ouvert comme votre cœur sur le plein ciel. J'ai l'art de célébrer la transparence de l'air et ses vibrations, le charme intime de votre présence quand votre corps est en offrande et le don de versifier à loisir, des odes et des sonnets romantiques ou lyriques. Je peux vous écrire sur le sable des paroles de vent, à faire gonfler les dunes de votre cœur. Mais à quoi bon ? Et pourquoi tracerai-je nos initiales enlacées, si vous êtes l'écume qui emporte mes traces ?

Voyez-vous ? L'amour circonscrit ses signes de cœur, calque sur le hasard, les échéances de ses lignes de chance. Il projette même les ombres désertées des sentiments en fuite. Vous n'avez pas le pouvoir de délimiter en moi, comme en vous, l'immensité des possibles émotions. Vous ne sauriez borner nos intuitions, juguler nos sensations, freiner le cours de nos pensées ni programmer nos souvenirs. Nous ne pourrons jamais nous aimer contre notre volonté et nous émouvoir sur commande. Nous ne serons jamais rigoureusement semblables, sauf à faire semblant.

Je ne voudrais pas être soumis à votre exigeante influence et écrire sous la dictée, tous vos souhaits ou vos diktats. L'unicité de l'amour réside dans nos expressions singulières et nos élans pluriels. Aurions-nous même la possibilité d'être dans le même ton, nous ne serions pas pour autant, au diapason ! L'harmonie entre deux êtres n'est jamais préétablie. En amour, les coïncidences ne deviennent des correspondances de sentiments que lorsqu'elles sont en concordances.

Les lignes tracées sur le papier sont éphémères et plus légères que les lignes musicales sur la portée du destin. L'encre finit un jour, par sécher dans l'encrier comme vos propres larmes, qui ont un jour fait pâlir les signes et les mots que nous avions échangés.

Pourquoi voudriez-vous, vous arroger le droit de prendre nos sentiments au pied de la lettre pour en faire d'abord une, puis de nouvelles correspondances amoureuses ? Pourquoi êtes-vous récalcitrante à la rapidité bien plus pratique des courriels et exigez-vous exclusivement des courriers ? Prenez-vous du plaisir à attendre et du moral à espérer ? Ô ma très chère, n'est pas Pénélope qui le veut.

Allez ! Je vous mets en garde ! N'allez pas prendre tous mes petits pas vers vous, à contre sens. N'égarez pas mes indices amoureux à contre-voie de votre cœur. Ne placez pas mes preuves éclatantes à contre-jour et mes rimes à contre-pied. Sur les tablettes de votre cœur, j'avais gravé des hiéroglyphes, j'avais enluminé et imprimé des incunables en préservant la marge et les marges, d'énigmes comme d'erreurs ! Vous ne deviez ni les effacer ni les égarer.

Avez-vous douté de leur authenticité et de leur persistance ? Hésiter, ce n'est pas tromper l'autre, c'est parfois se tromper par incrédulité. Sachez, ma confidente, mon amour de toujours, qu'il n'y a jamais d'écrits vains, si les tendres mots des aveux s'impriment définitivement en l'autre.

Si vous ne vous êtes pas dissipée, ni vous n'avez pas estompé vos primes émotions et grisé nos souvenirs, vous me possédez déjà. Mon cœur vous appartient dans nos confidences échangées et l'écho, même lointain de ma voix. Vous avez la possibilité de ressusciter, à loisir, mes fiévreux émois exprimés avec passion dans ces nombreuses correspondances parfumées et enrubannées. A condition, belle inconstante, que vous n'en n'ayez pas fait un feu de joies réduites en cendres !

Sans doute, avec le temps, estimez-vous que je me sois éloigné de vous. Il n'en est rien ! Sachez que je vous aime toujours à distance et à perte de vue ! Alors, en synchronie de nos deux cœurs, aimez-moi à votre tour, les yeux fermés. Oui ! Au fond de mes pensées obscurcies, cet amour m'avait aveuglé et j'aurais peut-être dû avec doigté, vous écrire en braille ! Parfois ressentir est plus utile que voir !

Malgré toutes les réticences que je vous ai exprimées doucement mais fermement, je suis contraint de constater que vous persistez encore dans votre requête ! Alors soit ! J'accepte de reprendre la plume.

Et comme nous en avions convenu : entre nous, il n'y aura pas de mièvrerie ou de sensiblerie à deux sous ! Vous espérez de moi que j'aie à nouveau du répondant. Alors soit ! Même si je demeure quand même, bien hésitant...

En effet, je ne pourrais que répéter en les copiant les déclarations de mes premiers élans. Je ne suis pas un copy cat, serial lover ! Les mots n'auront plus la même fraîcheur de l’innocente spontanéité. Je ne suis pas un tricheur de sentiments ni un expert en faux-semblants. Vous en êtes avertie et consciente, je l'espère !

Alors, ne vous attendez pas à trouver ici, sous ma plume, l'obole d'un billet doux et quelques galanteries d'aigrefin cavaleur. Quand l'amour est un faussaire, il faut rendre la monnaie, à ses cinq lettres de créance et ne pas trébucher pour y donner le change. Je vous fais donc crédit d'avance et je vous fais déjà contre mauvaise fortune, bon cœur !

Banco donc, si c'est pour vous plaire ! Je vais tâcher de me montrer inventif et succulent d'amour. Vous pourrez vous payer au magot de ma prose, au gousset de mes phrases et croquer de la galette aux amandes de mes mots. Goûtez donc à nouveau, l'amour comme une friandise !

Prenez mon cœur pour argent comptant et mes prochaines lettres comme un capital confiance, à placer et à conserver ! Qu'importe les aléas des futurs rendements épistolaires, c'est peut-être l'assurance-vie, voire survie de notre amour ! On ne sait jamais, peut-être, avez-vous raison et avons-nous intérêt, en cœurs et en corps, à nous épargner, l'un et l'autre !

Mais ne perdez pas mes missives adressées cette fois, en poste restante de votre cœur.

 

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Vieux couple

Publié le par modimodi

ELLE

_"Je te connais par cœur !

Tu te crois le meilleur !"

Disait avec aigreur,

Sur un ton persifleur,

A son vieux rabâcheur,

Depuis bientôt une heure,

Une mamie franc-tireur,

Une mémé franc-terreur !

 

"Je connais tes bravades,

Tes bobards, tes salades

Et tes chants d'escouade

En guis' de sérénades !

Il y a bien trois décades...

C'était à la Barbade

Ou à la Désirade ...

Ma mémoire est en rade !

 

J'étais ta p'tite tocade,

Ton cœur battait chamade ;

Tu m'as donné l'aubade !

Et, ce fut la glissade,

Le long d'la palissade

Et la dégringolade

Dessus la balustrade !

Tu parles d'une sérénade !

 

Tu voulais la bourrade,

T'étais en marmelade !

Tu voulais l'estocade,

J't'ai passé la pommade !

En guis' de roucoulades

J'ai eu des jérémiades.

Tu voulais dire : je t'aime

Et ce fut Requiem !

 

Tu t'prends pour Apollon

Mais t'as les côtes en long,

Un imposant bedon

Et un triple menton !

Tu confonds la souplesse

Avec ta vraie mollesse,

T'assimiles la sveltesse

A ta couche de graisse !

 

Bouge-toi la carcasse !

Ouvre bien grand tes châsses !

Pétris-moi la fougasse !

Va laver la terrasse !

Pends le linge et repasse,

Débarrasse, ramasse,

Ne reste pas sur place,

Tu encombres l'espace !"

 

LUI

_"Oh ! Lâche-moi la grappe !

J'en ai plein les soupapes !

J'vais tomber dans les vaps 

Et tes ordres, j'm'en tape !

Ouais ! J'fais mon maximum

J'suis déjà au summum,"

Répondit le bonhomme,

Un brave ch'ti de Lomme.

 

"Occup'-toi d'ton fibrome,

Tes varices, ta fistule,

Tes tifs et tes ridules,

Tes cotrons ridicules !

N'fais donc point ta péteuse,

T'es déjà bien quinteuse,

Pesteuse et scrofuleuse,

Tu me casses les valseuses !

 

Ne m'joue point ta berceuse,

Mouche ton nez, la morveuse !

Ça n'sert à rien d'grogner,

Je n'pourrais pas t'aider

Puisqu' j'suis occupé

Pendant toute la journée.

J'donne un coup d'main à m'sœur,

Tu vois bien qu'elle bat l'beurre !"

 

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Le clou 2/3

Publié le par modimodi

Pan ! Pan ! Toc ! Toc ! Me revoilà ! Je me repointe !

Vous allez penser que je suis marteau, à taper ainsi comme un sourd sur l'enclume et le clavier. Vous pensez qu'il me manque un clou ou vous me pensez sans doute un peu frappé comme un écrivain en recherche de force de frappe.

N'est-ce pas vous qui déclariez ici et là, sur un ton pointu et avec une pointe d'ironie que j'étais trop occupé à passer mon temps à marteler mes marottes ? N'est-ce pas vous encore qui asséniez vos reproches en énonçant que je bosselais votre esprit pour y enfoncer un texte par trop pointilleux sur les clous ?

Agacé, ne tapotiez-vous pas le bras de votre fauteuil en disant que je vous prenais vraiment le chou et que je vous défrisais avec mes "têtes de clou ?" Certains ont même osé dire que je faisais mauvaise impression avec ces vieux caractères typographiques de hérisson préhistorique ! Vous me piquiez au vif en me traitant de bricoleur du dimanche et de bidouilleur en semaine.

Même si j'ai toujours eu une aversion pour les casques à pointe, j'ai bien sûr une histoire personnelle avec les clous. Mes maîtres d'école ont tambouriné à la porte de mon esprit. Ils ont vainement tenté de remplir ma "tête de clou bombé" et ma cervelle, à grands coups sur la tête. C'est d'ailleurs peut-être cette méthode pénétrante et obsédante qui a inspiré R. Char et P. Boulez quand ils ont composé : "Le Marteau sans maître" !

Les leçons de morale que l'on m'asséna devaient me mettre dans les clous de l'existence et de la société. Mais je peux vous certifier que les coups de règle ne rendent pas conformes à la règle, les petites caboches récalcitrantes ! Moi, je préférais d'ailleurs les courses en biclou dans le parc de Saint-Cloud ou les clowneries de mes congénères plantés devant mes acrobaties.

Quand par bravade, je disais, "je m'en tape !", je me retrouvais au piquet ou au clou. Dans cette pédagogie en pointe, on suspendait alors à ma bonne vieille tête de chou clouté, le bonnet d’âne aux grandes oreilles ! Je donnais le clou au spectacle et passais pour une tête de mule et de clown !

Mais assez parlé de moi, revenons à la typologie édifiante des clous de quincaillerie ! Dans la classification de l'espèce humaine, les rigides sont sûrement le premier prototype à l'image du clou en fer, droit comme un (i) et toujours ferme, quelle que soit sa longueur. S'ils ont le regard bleu acier et un moral bien trempé, ils en précisent alors le genre !

Les discrets au tempérament effacé pourraient plus facilement se reconnaître dans les clous "tête d'homme". Pour des assemblages soignés, la tête peut être escamotée et cachée dans l'ouvrage au moyen d'un chasse-goupille. Peut-être, cela expliquerait-il pourquoi vous recherchez sans fin ma trace et ma présence de tête pensante.

Bien sûr, le progrès a créé une variante : "le clou sans tête" ou "clou à finir" destiné à de fins assemblages et que l'on peut délicatement dissimuler à l'aide d'un chasse-clou ! J'y vois là un possible espoir de progrès pour un écrivain anonyme !

Le modèle "tête d'autruche" pour ceux qui veulent masquer la réalité en se bouchant la vue ou pour ceux qui ont pris un coup dans l'aile, reste encore à inventer. Moi, qui m'entête à creuser des idées, c'est la série des clous "tête de pioche", que j'attends impatiemment.

C'est sûr ! Ceux qui choisissent de bâtir leur vie sur de solides fondations sont armés pour la catégorie des clous à bétons ! Mais attention à leur bonne utilisation ! En cas de coups tordus, ils ne se tordent pas, ils cassent en brisant vos projets ! Ils se jettent, à bras raccourcis sur vous comme des inutiles.

Les ronds de cuir, ceux qui font des ronds de jambe pour la valse des circulaires administratives, ceux qui restent avec leurs yeux caramel, mous comme deux ronds de flan, les terrestres qui ne pensent qu'à changer de décor et les lunaires qui rentrent dans le décor appartiennent sûrement à la série des clous "à tête demi-ronde" !

Ceux qui s'accrochent à vous et veulent vous retenir ont leurs correspondants parmi les "clous cavaliers", en forme de "U à deux pointes", appelés plus justement "crampillons". Nous dirions plutôt crampions en picard ou crampons, surtout s'ils vous harponnent pour vous mettre un fil à la patte. Bref, vous reconnaissez ici, la nombreuse espèce de ceux qui vivent à vos crochets ou qui vous crampent, ayant ainsi rendue célèbre la crampe de l'écrivain aux écrits vains ! J'ai bien l'honneur !

Peut-être même, vous êtes-vous déjà décramponnés, désappointés par cet écrit pointu ou vous êtes-vous accrochés, à grands coups de pistolet à clous ? Est-ce vous que j'aperçois, le bec enfariné, cheveux ébouriffés, comme un oiseau cloué à la porte d'une grange ? Est-ce vous, bouche ouverte, qui vient de s'aplatir comme un rivet sous les coups de boutoir d'un écrivain marteau ?

 

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Lettre à mon opticien - Faudrait voir !

Publié le par modimodi

Cher ami, de tous les dons surnaturels dont une entité fabuleuse pourrait me doter, le don de double vue aurait ma préférence. Je n'ai jusqu'à présent, qu'entr'aperçu quelques beautés terrestres.

D'ailleurs, si parfois, je vois déjà double, c'est que je m’abîme la vue à regarder de trop près, chaque été, les belles en maillot. Je veux tout voir et pas seulement apercevoir ! Je mets alors, les bouchées doubles pour les dévorer des yeux !

Si je possédais ce don fabuleux de voyant, je pourrais tirer les cartes si elles étaient du tendre, je lirais dans le marc de café et prédirais l'avenir. Ainsi, moi, le dit vain, deviendrais-je devin ! En leur prenant la main, je pourrais faire de leur ligne de vie, ma ligne de chance.

Je pourrais même, sonder et interpréter les astres, écrire des horoscopes ou vendre des télescopes aux belles, de jour comme de nuit afin de leur faire contempler, recto verseau, les étoiles de mon ciel de lit.

Sur les plages, je pourrais aussi lire dans les pensées des nombrilistes et autres "m'as-tu-vu", petits rois de la gonflette, en slips de bain moulants ! Sans examens approfondis, je les distinguerais aisément ! Découvrant le vide de leurs prétentions et les mollesses de leurs points de vue, je pourrais fuir et mettre en ressac, ces proéminents infatués, au creux de la vague. Je n'ai nul besoin de voir leur petit bout, à la lorgnette !

Je les observerais ! Mais je sais déjà que, derrière leurs verres fumés, ces enfumeurs enflammés se croient, pour de vrai, des faucons, en vue perçante et plongeante sur les corps alanguis. Pour la plupart, ces voyeurs de la revue de détails sont voués aux bévues ! Espérant des succès faciles, ils tourbillonnent au vent des glorioles éphémères. Mais cherchant à en mettre plein la vue, ils ne jettent que du sable aux yeux des vacancières énamourées !

Peaux briochées, seins pain d'épice, fesses pommes d'amour, les juillettistes et les aoûtiens ont les yeux plus gros que le ventre et plus de désirs que leurs possibilités ! Pour sûr, de prime abord, le bide leur est promis ! Visuellement, ça ne fait pas un pli !... Fluctuat nec vergetures !

Je leur crierai bien : "A la revoyure petits curieux, touristes de passage ! Circulez, y'a rien à voir, rien à mater même si vous ne devez pas pour autant voir la vie tout en noir !"

Rien n'est aisé ! Pour parvenir à être extra lucide, il ne faut pas se voiler la face, se mettre le doigt ou le compas dans l'œil. Il ne faut pas tomber amoureux et s'éborgner aux beautés saillantes des belles estivantes. Il convient de ne pas s'aveugler aux avantages siliconés des top-modèles, voire de s'illusionner comme la Vestale au regard de braise, qui, en amour n'y a sacrément, jamais vu que du feu !

A vue de nez, ne pouvait-on penser que Cléopâtre, accrochée aux défenses d'ivoire de ses éléphants, aurait dû, de visu constater que César la trompait, à plein nez. Juchée sur son char, visiblement, c'est la hauteur de vue qui lui a manqué, préférant sans doute, l'esprit de corps, à la vue de l'esprit pénétrant.

Nous allons tomber d'accord ! Dans cette optique, il vaudrait mieux avoir la fibre de la claire voyance et des verres Google glass d'extra lucides. D'ailleurs, comme le dit le serpent à lunettes, qui Crisse en glissant sur le sable de son Atoll : "Qui veut voyager loin, ménage ses montures !" A vos marques ! Prêts ? Partez !

Ah ! Si je pouvais avoir ces dons à l'œil, je pourrais gratuitement, m'offrir toutes mes chimères et mes folies hallucinées, lire dans mes rêves, croire aux apparitions et aux mirages et parler aux fantômes. Pour faire les yeux doux, ce serait fabuleux d'avoir un œil de cyclope ou de lynx et plein d'yeux dans le dos ou sur la queue comme un paon glorieux.

Même si aujourd'hui, je n'ai que bon pied, bon œil et pas de don de double vue, même si je vois à demi les vues d'ensemble, même si j'ai l'air con et la vue basse, j'ai gardé mon regard d'enfant. Je porte un regard neuf sur tout ce qui m'entoure, ainsi je m'émerveille de la beauté du ciel. Un arc-en-ciel m'en fait voir de toutes les couleurs. Je trouve merveilleuse, la lumière méditerranéenne !

Heureux, vous dis-je ! Celle qui, entre quat 'yeux, m'a joué de la prunelle de ses yeux de velours, celle qui m'a fait voir les étoiles en plein midi et brûler 36 chandelles, me fait aujourd'hui, voir la vie en rose...

Visionnaire et heureux, comme un Petit Prince, je ne vois plus qu'avec le cœur. A première vue comme à bien y regarder, n'est-ce pas là, l'essentiel ?

 

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Éternel printemps

Publié le par modimodi

Bien avant toi, mon cœur courait les jouvencelles,

Je flambais aux froufrous des belles en balancelle !

Dames et demoiselles venaient en ribambelle...

Dociles amourettes, jupons et bagatelles,

Péronnelles, donzelles, émois dans leurs dentelles,

Plaisirs, frissons, vertiges, astres du septième ciel,

Extases et pâmoisons, bonheurs artificiels !...

 

Maîtresse solitude ! J'ai couché avec elle

Dans les lits de fortune de quelconques hôtels !

J'ai connu la luxure, les tourments de la chair,

Les étreintes lascives de beautés éphémères,

Petites fleurs du mal qui ignoraient Baudelaire.

Rêves pour conquérants, adorables chimères,

J'allumais le brasier, nous brûlions en enfer.

 

Pouliches frémissantes pour feu des quatre fers,

Chevauchées, amazones, foisonnantes crinières,

J'aimais, caracolais, sans mettre un pied à terre.

Mais le temps vous cravache, vous fouette, vous lacère.

J'ai dû me dérober aux belles cavalières.

Quand mon cœur se souvient des tendres bayadères

Je rêve chaque jour de sauter les barrières.

 

Aujourd'hui, que l'automne en moi s'est installé,

Jonchant de son tapis, mes plaisirs effeuillés,

Mélancoliquement, je parcours mon passé.

"Oh ! là ! là ! que d'amours splendides, j'ai rêvées !"

En ces soirs de septembre, chantait Petit-Poucet !

Je m'exclame à mon tour, parcourant le passé,

La lippe encore gourmande, les yeux émoustillés :

 

"Que de succès faciles ! Désordre et volupté !

Que d'ombres caressées ! Folles complicités !

Que de lèvres offertes et de corps qui se tendent,

Quels abandons profonds dans ces milliers d'offrandes !

Tant d'amours clandestines, tant de frissons d'un soir,

Tant d'espoirs illusoires, au point de ne plus croire

Au bonheur éperdu et qu'on sait provisoire !"

 

Et, pourtant tu es là, frêle, tendre liseron,

Accroché aux barreaux de mon vieux cœur prison.

Tu as coupé chardons, arraché le mouron,

Fait fleurir mille roses, à la morte saison,

M'as donné ta douceur de mille et un pardons

Et fait chanter la vie, pinson, petit grillon,

En offrant le soleil à mes cheveux flocons.

 

Je croque avec délices, la pomm' de déraison.

Je suis tout à la fois, chenu, petit garçon,

Sur les ailes du vent, j'ai posé mes chaussons !

Nous vivons enlacés dans les ans tourbillons,

Nos corps ont la confiance des tendres abandons.

Nous vivons nos saisons, aimant à l'unisson,

Nos Noëls au balcon ou nos Pâques aux tisons...

 

Mais, voilà qu'au carreau vient frapper un rayon,

Que le printemps résonne de mille évocations,

Qu'une douce impatience fait frémir les bourgeons

Et qu'éclosent en nos corps les désirs polissons.

Ah ! Que revienne ardent le temps des déraisons !

Que nous perdions la tête dessous les frondaisons,

Que nous mourrions d’extases, au cœur des floraisons !

 

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Le clou 1/3

Publié le par modimodi

Nous avons tous besoin d'être fixés ! Nous voulons savoir ce qui se présente à nous, nous attend et nous pend au nez !

Le sculpteur C. Lalanne a donné à une de ses sculptures le titre de "tête de chou". Moi, je dois être plutôt bête car je rêve de faire tourner chèvre ceux qui lisent ma feuille de chou imprimée.

D'ailleurs, je fais avec elle plus souvent chou blanc que chou-fleur ou chou gras. Certains doivent même penser que je pédale dans la choucroute. Je trouve donc que cette expression artistique pourrait convenir à votre serviteur, pseudonyme : "Modimodi, alias tête de chou" ! Maudits mots dits, alias bêtes comme choux !

Un ami strasbourgeois me faisait remarquer que nous nous attachons à percer, peut-être un peu trop souvent, les secrets de notre réalité la plus immédiate et que nous avons tendance à nous accrocher aux détails, quand bien même, ils ne vaudraient pas un clou... Une idée piquante m'a subitement traversé l'esprit.

Et si, en braves pommes que nous sommes, nous méritions d'être plus drôles et plus originaux que des têtes de chou ! Un peu moins empotés que ces gros choux verts promis à la potée ! Ne trouvez-vous pas que nous pourrions, dans un style plutôt accrocheur, ressembler davantage à de bonnes et belles "têtes de clou" ? D'ailleurs, pourquoi pas des choux cloutés, de passages culinaires, piqués de clous de girofles !... C'est tout nouveau ! Ça vient de sortir !... Ainsi êtes-vous déjà au parfum de la soupe au chou et du vilain bouillon de onze heures !

D'ailleurs, même si nous avons été un jour des petits bouts de chou, de trognons marmots et qu'adultes, nous nous sommes parfois pris le chou en oubliant les fleurs, physiquement, nous apparaissons d'une anatomie beaucoup plus proche des clous que des choux.

Nous sommes, tous dotés de têtes plates ou frisées, parfois élargies du front et posées en équilibre tout en haut de notre corps. Le problème, c'est qu'à l'inverse du clou qui se termine par une forme pointue, nous nous ancrons et nous nous relions à la terre par nos deux pieds plats ! 

Faute d'être une pointe, même dans l'esprit, certains jouent sur l’ambiguïté d'avoir une santé de fer et un moral en acier trempé. Mais ceux qui se prennent pour des flèches ne recueillent souvent que les traits des sarcasmes !

Par atavisme, l'homme est un être incroyablement attachant ! Depuis l'antiquité, il n'a eu de cesse de retenir et d'assembler des feuilles de cuivre ou des morceaux de bois. Comme les tapissiers aujourd'hui, nos ancêtres utilisaient déjà les clous en garniture décorative ou comme au temps de la République romaine, en rituel expiatoire. Planter un clou dans une paroi du Capitole protégeait, paraît-il des calamités. L'espoir est-il identique pour les représentants du peuple qui nous enfoncent le clou à la Chambre des députés ?

Leur reste-t-il un peu de piété naïve comme celle des pèlerins à Lourdes, qui enfoncent encore de nos jours, des clous de cuivre dans des rondins, en martelant leurs prières. Ainsi, espèrent-ils voir leurs intentions de prières et tous leurs vœux exaucés par la puissance mariale et l'intervention divine ! ... Comme il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus, de nombreux croyants se sont plantés ! 

Si l'histoire du clou remonte à des siècles en pointes et quelques broquettes, leur fabrication manuelle se réalisait autrefois en pointeries. Elle est aujourd'hui industrielle et produite en clouteries. Celles-ci en forgent quelques 300 variétés, de quoi avoir le choix pour enfoncer le clou du spectacle ou ensemencer les pavés de la course au bonheur.

En poursuivant l'idée initiale du clou, allégorie de l'être humain, convenons que c'est bien peu, pour caractériser l'infinité du genre humain ! ... Nous voilà bien éloignés de la multitude et de la diversité des 7,7 milliards de personnes, mes petits frères, "têtes de clou", à la pointe de l'humanité.

Sans doute, est-il probable que nous devons être nombreux à correspondre à un même type de clous et à nous rallier à une même catégorie ! L'hypothèse mériterait donc d'être creusée. Forons-nous un peu les méninges ! Ça peut valoir le coup !

Alors, si la saga des têtes de clou vous intrigue ou vous intéresse, ne restez pas plantés là, sur le texte d'un écrivain dernier cri, qui cherche à percer avant de crever ! Exercez-vous donc un peu, en comptant les clous de la porte ! Mais si vous ne voulez pas en ficher un clou, vous avez tout loisir de piquer les clous d'un bon roupillon. En attendant, moi, je m'en tape un ! 

 

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Coup de foudre 2/3

Publié le par modimodi

Nous étions un couple modèle

A l'un à l'autre, toujours fidèle,

Nous ne craignions jamais le gel.

Nous faisions fi des trahisons

Mais Cupidon ce trublion,

En nous instilla son poison.

 

Cœurs plein soleil ! Sous les rayons,

Nous n'avions pas de protection.

Nous nous aimions, sans précaution,

Sans le besoin de capuchons.

Pas la plus p'tite appréhension

De quelques précipitations.

 

Pieds bien au chaud sous l'édredon,

En galipettes, dessous la couette,

Nous nous cherchions la petit'bête !

Tu n'as donc pas vu la tempête

Affoler mon cœur girouette...

Vlan ! Nos amours font la trempette !

 

Pour me venger de tes colères,

J'ai fait les amours buissonnières

Et je t'ai trompé ma mégère !

Y'a de la pluie dans tes mirettes,

Amer chagrin, fines gouttelettes

Sur nos fleurettes d'amourettes !

 

Comme l'azur a des sanglots

Les cieux se déversent à seaux,

De partout, la passion prend l'eau.

On se croirait à water l'eau !

Tu peux tout me mettre sur le dos,

J'n'ai pas respecté le mémento !

 

Pas de faux pas, de controverse,

Pas d'joli cœur à la renverse,

Se défier des belles perverses,

Qui de leurs flèches vous transpercent.

Filer bien droit ! J'ai fait l'inverse.

J'ai pris un chemin de traverse !

 

Ton courroux contre moi s'exerce

Façon puzzle, tu me disperses,

Tu me fais passer sous la herse,

Tu me transperces, me mets en perce,

Ta furie en moi se déverse,

Je m'écoule sous les averses.

 

Hier, nous étions du tonnerre,

Aujourd'hui, l'orage est dans l'air,

Il retentit à mes oreilles,

Il a éclipsé le soleil,

Ta vraie nature se réveille

Je te crains, je tremble, tu m'effrayes.

 

Ta réserve lâche la bonde,

Tu éclates, tu tonnes, tu grondes,

Tu exploses en une seconde.

Tu déchires, tu lacères, tu zèbres,

Ta raison joue la march' funèbre,

Tu te répands dans les ténèbres.

 

Ton cœur me fait parler la poudre,

Je me prends mille coups de foudre.

Tes yeux me lancent des éclairs,

Et j'n'ai pas de paratonnerre !

Tu me plonges dans l'grand trou noir

D'un précipice de désespoir.

 

 

 

 

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Lettre aux amateurs de buzzes - Nouvelles fraîches !

Publié le par modimodi

Nous sommes sans doute des girouettes ! On nous pousse sans cesse à être dans l'air du temps où souffle un vent nouveau ! Il faut tout connaître des nouvelles tendances, être à la mode, vivre branchés, ne pas se laisser dépasser !

Je devrais penser à créer une nouvelle rubrique d'actualité : "Ruminations ère buzz !" Oh oui ! Me voilà bien, broutant dans les verts pâturages de l'opinion, tantôt dans le troupeau des herbivores et tantôt dans la connexion avec mon époque. Obligé de mâcher et digérer l'information, contraint d'être en prise directe avec les sujets du jour, les on-dit, les tweets, les bouches à oreilles, ceux qui font parler, bruire et zonzonner : les buzzes ! Le pas très net d'internet, l'info virale et contagieuse.

Ce qui est formidable, c'est que ma tête pensante de bovin ruminant est honorée des bzzz, bzzz, bzzz des taons et des mouches bleues, grosses buzzeuses agitées. Moi-même, pour ne pas être has-been, je vibre plein de zèle comme un hanneton, me donnant tant de mal pour faire partie de l’élytre de la nation ! Je bourdonne dans la confusion des bruits de voix, afin de me piquer d'être de mon temps !

Illusions de modernité ! Impossible d'être en continu un buzzeur zappant et de tout connaitre des idées en vogue, des thèmes à la mode, des rumeurs qui alimentent les réseaux, des ragots qui secouent la twittosphère, des révélations qui se colportent et vous mettent en dépendance des suites attendues ! La vérité fait le grand écart ! C'est international et french cancans ! Les parties de jambes en l'air sont les sautes d'humeur des vedettes et leurs foucades, des petits béguins !

Feuilletons, films, jeux vidéo, vêtements, spectacles, hits, la liste des sorties et créations n'en finit pas ! Il faut être à l’affût pour ne pas être de la revue ! Faute d'être soi-même, original, créateur inspiré, il est de bon ton de suivre les avant-gardistes ! Il faut être le premier pour propager à son tour, l'inédit et l'inouï ! Place à la salade de première fraîcheur, aux fruits défendus des belles à croquer et aux primeurs plantureuses pour grosses légumes ! Place aux insipides aventures quotidiennes de l'incroyable famille Karda, chiante !

Dans cet insolite jardin d'Eden, j'ai le melon et la citrouille ! Ma pauvre tête bouillonne et s'enflamme ! Hier, j'étais le candidat idéal pour l'Ice Bucket Challenge ! Mais personne ne m'a désigné pour relever le défi du seau d'eau glacée sur la tête ! Je ne fais pas partie des peoples, j'ai plus les nerfs que la tête froide !

De partout, j'entends bruire des rumeurs. Je prends la mouche, une, puis deux, puis cent. Je ne sais plus où donner de la tête et des oreilles ! Alors fiévreux, dois-je de ma vilaine écriture de pattes de mouche, noircir d'illisibles papiers et jouer la mouche du coche de l'échotier ? Dois-je faire vinaigre pour attraper des délations de petits mouchards et des indiscrétions de moucherons mielleux ?

Dois-je ébruiter et persifler en piquant à fleuret moucheté ? Dois-je naviguer dans les eaux troubles du parisianisme et tenir la gazette malsaine du bateau-mouche ? Dois-je bombiller et filer le bourdon à quelques belles en guêpières ? Dois-je leur tenir la chandelle pour au final me faire moucher ?

Qu'entends-je ? Il y a des parasites et de la friture sur la ligne. Sont-ce de nouvelles marottes ou petites lubies sociétales qui vrombissent dans l'air saturé des médias ? Sont-ce baudruches, ces bulles gonflantes qui enflent dans l'air et alimentent les affamés de communications sensationnelles ? Sont-ce acouphènes, ces bruissements d'ailes des oiseaux de mauvais augure et ces petits bruits de pages froissées des journaux spécialisés qui vous font et défont une réputation ! Sont-ce du bruit pour rien, ces vidéos amateurs qui racontent n'importe quoi en provenance de nulle part et que les merdias qui fakes et qui défèquent, recyclent en clips pour les réseaux sociaux ?

Sont-ce des actualités sérieuses, ces potins de commères, ces canulars de plaisantins, ces coin-coin criards de méchant canard, ces vilains coups de torchon pour mieux essuyer les revers ?... Sont-ce des nouvelles gonflantes et piquantes, ces exaspérantes harmoniques d'ailes affolées, agaçant nos oreilles en haute fréquence aiguë, subitement produite par une nuée de moustiques qui s'abattent en piqué ? L'indiscrétion transpire, le bobard se répand, le fiel se distille, le venin affile la langue et la médisance bave dans l'information qui fuite ! Le monopole de la bassesse ou du mauvais goût s'affiche ou allume les écrans. Vive le scoop et le spectaculaire pour gros naïfs et louches borgnes, à regarder d'un œil neuf !

Ce n'est plus du buzz, c'est de la beuse ! Elle dégouline et éclabousse le plancher des vaches, elle excite les bzzz bzzz bzzz des mouches à m.…, heureuses de tant de fraîcheur ! Tant pis, si je m'embourbe dans l'histoire ancienne, n'étant pas assez fine mouche, je me sauve vite de ce cloaque ! Je refuse d'être le bad boy du bad buzz, le barbouze bouseux de la bouse et de la beuse fumante !

Je vous avertis ! D'un grand coup de tête, je fais mon dernier caprice et j'appuie sur le buzzeur ! Je déserte le Landerneau médiatique et vous laisse à votre guerre des boutons ! Vous allez pouvoir rester sur la touche ou zapper à loisir.

 

 

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