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Corrida

Publié le par modimodi

L'amour est corrida !

Je suis prêt au branle-bas,

Je t'aim' de haut en bas !

Je gratt' des deux sabots

Quand tu enlèv's le haut !

Je tends ma muleta

Quand tu enlèv's tes bas !

 

Notre amour est cornu,

D'abondances pourvu.

Mon cœur s'est mis à nu,

N'joue pas ton ingénue !

N'sois pas vache, ma fille,

Ôte voile et mantille,

Accepte mes banderilles !

 

Oh ! Carmen, je t'adore !

Je lanc' mes picadors !

Je veux du corps à corps,

J'suis ton toréador !

Oui, je te mate à mort,

Je suis el matador !

Tu es en mise, amor !

 

Toro ! Toro ! Toro !

Du signe du taureau,

Je t'offre mon garrot.

Je ne suis pas Zorro,

Ne sois pas mon bourreau.

Je suis ton sombre héros,

Je suis ton torero !

 

En habit de lumière,

Je porte haut et fier,

De gloire, auréolé

Sur le sable brûlé.

Hourra ! Bravo ! Olé !

Je te pique, je te nique

D'une belle véronique !

 

Je ne joue pas d'aubade,

Je lance l'estocade !

Tu pars en galopade,

Contre la balustrade !

Je t'porte estafilades,

Tu tentes la parade,

Tu cherches l'échappade.

 

Tu t'mets en reculade,

Je cherche l'empoignade,

Je voudrais la bourrade.

J'essaye l'escalade,

J'me mets en enfilade.

Je risque l'encornade,

Avant la débandade !

 

Tierco de corrida.

Le leurre au bout du bras,

Drap de sang, rouge éclat,

Tu me mènes pas à pas,

Lentement au trépas.

Beauté de fæna !

Je meurs entre tes bras...

 

L'arèn' crie ta victoire,

Agite les mouchoirs.

Gloire à toi, super star !

Entends mon dernier vœu :

Arrache-moi les yeux,

Mais épargne-moi, tu veux,

Les oreilles et la queue !

 

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Le sac

Publié le par modimodi

Sur les marchés forains, s'il est un objet facile à trouver, c'est bien le sac décliné de mille façons, en mode utilitaire ou fantaisie. Sacs et pochettes en cuir ou sacs imprimés en toile, nous nous laissons tenter à pleines poignées.

Il emplit notre quotidien et bourre nos armoires. Nous ne pouvons pas nous en passer. Accessoire de mode ou objet multifonctions, cet article utilitaire a pris sa place dans nos vies de bazar.

Il est avec nous, il nous suit partout au point qu'il nous personnifie. Nous avons tous une contenance à ne pas perdre et toujours quelque chose à transporter, à protéger ou à cacher. De notre sac d'écolier, à notre sac à provisions, du sac à mains au sac de voyage, nous emballons sans cesse nos vies !

L'homme lui-même est un sac, un sac d'os, gonflé de ses provisions d'espoirs ! Au comble de son optimisme, il tapote sa cuisse en pensant : " Emballé, c'est pesé ! Cette affaire est in the pocket ! C'est dans le sac !" Il pense l'avoir mise en réserve si l'infortune l'épargne !

Tout lui sourira, s'il n'est pas panier percé ! Dans son cartable, l'enfance lui garde comme une ensacheuse ses trésors, son sac de billes, de bonbons et d'osselets. Dans sa trousse, les crayons de couleur gardent vivace l'arc-en-ciel du bonheur.

Le temps passant, il transportera toujours dans ses pudiques émotions ses sachets légers ou enflés de souvenirs. Sa jeunesse est elle-même, une joyeuse course en sac et son existence un ensachage permanent : des sacs de farine blanche d'innocence, aux sacs de charbon des idées noires.

C'est ainsi, l'individu s'est de tout temps conditionné, confondant son humaine condition avec un sac de conditionnement pour tous ses fardeaux, ses nœuds et ses embrouilles. Il a confectionné lui-même son sac, cousu main.

Regardez-le ! Chiffonné un jour, comme sa mine de papier mâché, malléable encore et déformable suivant ses activités ou ses rencontres. Il compose, il est artificiel, synthétique et rarement naturel. Il affiche la couleur même s'il a tendance à être transparent. Souvent, il n'existe que par sa plastique et cherche à vous emballer ou à vider son sac. Malheur à vous, s'il n'en voit pas le fond !

Si son corps élimine ses toxines, son esprit produit en permanence des denrées périssables, non recyclables. Seul son amour reste propre. Ses idées défraîchies, ses pensées en date de péremption ou ses projets abandonnés finiront dans le grand sac poubelle en plastique avec tous les sacs d'emballage de ses achats utiles ou compulsifs.

Pauvre monde ! N'en jetez plus ! La mer poubelle s'asphyxie, la plaine est pleine de déchets et d'oublis. Le monde est mis à sac ! Fantômes au mauvais vent d'hiver, claquant du bec comme des corbeaux, accrochés aux branches des arbres dénudés. Épouvantails dressés en pleine nature, empaillant l'univers, guenilles de la laideur crucifiant la beauté.

L'homme n'est lui-même qu'un sac, un sac de bonnes intentions et de rêves, parfois sans queue ni tête... Si vous le croyez fourbe, à double fond, gonflé de promesses fallacieuses, fuyez-le ! Si vous l'apercevez, affublé et difforme comme un sac à patates, c'est qu'il a fait en vain, provisions de chimères.

Tantôt d'un caractère de chien comme un sac à puces, tantôt roublard comme un sac à malices, il promène en bandoulière, sa besace pleine d'espoirs. Son baluchon gonflé d'aventures l'emporte parfois sur des chemins droits ou de traverse.

Il faut de tout pour faire un monde ! Celui-là gueule ouverte et avide de tout, remplit grain à grain son sac de blé. Pour lui, la bourse, c'est la vie ! Celui-ci, volatile comme un sac de plâtre cherche à épater son staff et cet autre vide son sac de pommes de discordes et de marrons.

Portant le sac, le silice et la cendre, si le saint homme fait pénitence, le jouisseur, poches sous les yeux, n'est pas forcément un sac à vin même s'il a souvent le matin, la tête dans le sac ! Parfois, il a tant collecté et amassé de litres, qu'on le ramasse sur le trottoir, directement à la rue.

Malheur à ceux qui sont pris, mendiant ou voleur de sac et de corde, la main puisant lestement dans le sac aux écus ou le sac aux jouissances. Ils garderont les poches et leur lit vides ! Leur baise-en-ville, le sac des doux transports a bien trop vite craqué ! L'amour s'est éventré.

Mon frère, mon semblable, vit ainsi ! Qu'il soit ouvert ou renfermé, qu'il soit du trou du cul du monde ou du trou du cul du sac, les Parques tirent les ficelles de la joie ou de la tristesse dans le sac de dés du destin !

Le bébé babille dans son couffin sous le tendre regard de ses fiers parents. La sacoche du facteur porte les lettres d'amour tant attendues. Le soldat parti faire la guerre, la fleur au fusil, ne sait pas s'il reviendra sans accrocs, du front avec son havresac et si la vie lui promet encore le bal dans sa musette. Dans la gibecière de la chasse aux illusions, qui est le faisan ? Qui sera le gibier ? Combien reste-t-il de munitions dans la cartouchière de la vie ?

Y'a du sport permanent dans le barda de l'existence ! Poussé dans ses retranchements, chacun s'adosse au sac de terre de ses mille besoins terrestres. Devant l'adversité, serrant les poings, il punche comme un boxeur dans le sac de la vie ou se la met comme il peut, en sac à dos.

Car après l'abondance des désirs, vient parfois la pénurie des plaisirs. Le cuir se tanne et se craquelle. L'étiquette se décolle du sac, la toile s'élime et les quilles se renversent. L'anse se casse, le sac à mains se vide, il ne vous reste qu'un vieux cabas. Le sac lacrymal se crève et répand ses larmes de regret. Le sac de sable de la poudre aux yeux se déverse lentement mais inexorablement au sablier. L'âge est un saccage des joies de la bonne chère et des délices de la chair.

Oh ! Le malin se vante d'avoir plus d'un tour dans son sac mais, c'est ainsi, qu'il gaspille ses plus belles opportunités. A force de bourrer son sac de papier, il le crève. Pour faire sursauter ses compagnons d'infortune, il le claque, dans un grand bruit sec, Pan ! Il est hilare. Mais c'est lui-même qu'il déchire et disperse, mettant sa fragile vie à sac !

Au négoce de la vie, chacun fait les soldes pour épargner sa bourse aux jours déjà comptés. Du premier au dernier, la vie est emballante et bio dégradable. De saccades en saccades, elle vous emballe le cœur au point de l'affoler. Au battement final, quand la vie ne pourra plus le sacquer, l'homme sait bien qu'un jour, il atteindra le grand cul-de-sac !... Seul, le pense-t-il, bien qu'avec tous, dans le même sac ! Telle est sa destinée, notre destinée !

Oui ! Le temps nous réserve bien au chaud son sac de couchage pour le dernier grand sommeil, dans une interminable nuit blanche et noire... Mais enfin, à la belle étoile !

 

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Coup de foudre 1/3

Publié le par modimodi

Mon tendre amour, mon bel éther,

Ma brune aux yeux d'outre-mer,

Notre amour était sans nuages.

Nous nous aimions sous les feuillages,

Enchantés de mille ramages

D'oiseaux frivoles et volages.

 

En chaque jour et chaque nuit,

La tendresse était embellie,

Chassant l'hiver, le vent, la pluie,

Semant étoil's en confettis,

Gerbes de sable fleuries,

Pour l'arc-en-ciel de notre lit.

 

Les cieux brûlaient, feux exaltés,

En nos corps nus et embrasés.

Nous pouvions nous abandonner

A nos rêves d'éternité.

Pas de menaces, pas de nuées

Insouciance d'un temps d'été !

 

Mais soudain, amère surprise !

Plus de barcarolle à Venise,

L'horizon prend des teintes grises.

Ta douceur n'était que méprise,

Tes aveux annonçaient la crise,

Les zéphyrs préparaient la bise.

 

Le soupçon étend son emprise,

Les doutes nous ont par traîtrise.

Tu es vraiment du tonnerre

Car tu exploses en un éclair !

Tu t'enflam' de belle colère,

Tu fulmines et tu vitupères !

 

Il y a d'l'orage dans l'air !

Rafal's de vent, de pluie, de grêle,

Plus d'abri sous notre tonnelle !

Flots de reproches torrentiels,

Larmes cruelles, cœurs qui ruissellent

Et qui délavent l'arc-en-ciel.

 

Flèche acérée de Cupidon !

Le ciel est en déflagration,

Il flotte, il tombe des oursons,

Et tu t'révèles un vrai poison.

Notre amour boit l'amer bouillon.

Nous prenons la flotte ! Trahison !

 

 

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Lettres d'a.m.o.u.r. Exaspérément ! 4/6

Publié le par modimodi

Exaspérément

Mon amie de toujours, je désespère de n'avoir reçu à ce jour, aucune réponse à mes lettres d'amour ! M'enverriez-vous sur les roses que je vous ai si souvent offertes ?

Je fais la soupe à la grimace. Ah ! Quelle vilaine panade dans laquelle mes messages trempent leurs attentes ! Mon âme, mon amour, avec vous, tous mes mots sont jusqu'à présent restés, lettres mortes. Ici, et devant la postérité, je jette de nouveau, l'encre sur cette ultime épreuve.

Dès que, je vous ai dit et écrit : A.M.O.U.R. Vous vous êtes moquée de moi et m'avez répondu les cinq lettres. Miel et crotte, alors ! Nom d'une vieille bique, je tourne chèvre et me voilà, votre bouc émissaire, englué dans la mélasse de vos mauvais sentiments !

Je me rappelle comment tout a commencé. J'aurais peut-être dû me méfier... Dans une fausse aisance, vous aviez pris votre air pincé pour m'exprimer vos mauvais sentiments et je m'étais vu contraint de me boucher le nez !

Depuis des mois, ma belle à la taille de guêpe, vous me filez le bourdon. Je zonzonne, j'agace, je vous agace ! Je taquine comme une mouche à bœufs, au taon en emporte le vent arrière ! Je m'agite comme une lucilie sur une bouse de cet amour vache ! Chercheriez -vous peut-être, à m’attraper au vol pour vite me coller ? M'attireriez-vous à vous pour me faire prisonnier et m'offrir en ruban, un beau papier tue-mouche ?

Si mes pattes de mouche, faute de pouvoir faire mouche, s'engluent sur le papier, ne prenez pas la mouche et ne dites pas, piquée : "Ce ne sont que pâtés pour des sujets en croûte !" Ah ma mie ! Si au moins, je pouvais la gagner cette croûte cassante en même temps que votre tendre amour ! Mais je suis au pain sec et à l'eau de boudin !

Je vous ai donné mon cœur, prêtez-moi au moins votre attention ! Je voudrais être votre fauteur de troubles et d'émois. Venez-moi en aide et pardonnez-moi aimablement mes fautes ! Oui ! Je l'admets ! Je suis sot en trois lettres ! Je suis un ignorant, résumé en trois mots, je suis âne, alpha, bête !

Je suis un illettré, votre illettré d'amour.

A comme l'abécédaire d'un bébête syllabaire ! A comme abaissé, décédé, effacé, cédé et excédé d’être jeté aux oubliettes des ouï-dire !

M comme maladroit et malchanceux ! M comme mes mots présentés en mémo ! M comme mal aimé ! M comme aimanté et par le j'aime, hanté mais également enté, par vous aimable fleur. Hélas, de crise en t'M !

O comme obstiné, un faux héros mais un vrai zéro, un O, méga ! Oh oui, bien méga, l'O ! Surtout depuis que vous m'avez prié moi, votre amant alpha et votre gros bêta d'aller me faire voir, chez les Grecs !

U comme ultime appel ! U comme unième promesse d'une réponse ultérieure. U comme l’unisson de cris en ultrasons, délivrés en urgence. U comme usure du cœur. U comme utopique attente et bonne heure usurpée.

R comme érodé, rabroué et rabougri, rabat-joie et l'air de rien, spécialiste de l'air du départ, comme vous ma cruelle fille de l'air !

Les mots de mes écrits sont beaucoup trop légers. Ils se sont envolés comme des graminées au vent de vos soupirs d'amour ou d'exaspération ! Je ne voyais que du bleu, à présent je broie le noir de l'encre répandue pour rien sur mes papiers jaunis.

Ma Muse, petit amour de mes mamours ! De lettre en lettre, je tente de correspondre avec vous, impossible déesse. Exaspérément, je m'obstine en relances ! Pourquoi pour vous toucher au plus profond de l'âme, contraignez-vous mon style, en quelque effet coulé, à faire craindre le fond ? Pourquoi affirmez-vous que ma forme empotée et que son ton piteux, vous ont chargé la langue au point de la tirer ?

Souvenez-vous-en ! Ô fin bonheur ! J'ai pris langue avec vous, un beau jour de printemps. Nous étions déliés, pas de langue de bois pour nos baisers fourrés. Comme deux pommes d'amour, rêvant à leurs chaussons, nous nous sommes tenus chaud et avons échangé plus de sept fois, nos langues à pleines bouches ! Il n'en est resté, pas même une miette !

Je veux donc vous aimer sans rester sur ma faim. Je veux vous espérer dans la pleine lumière. Voyez ! Mes mots et mes lettres scintillent. Je ne suis pas brillant, je suis illuminé, comme le nez-fraise d'un moine vigneron et mes lettres pour vous, sont toutes enluminées. Je fais des étincelles dans le feu de l'action.

Mais aussitôt, pourquoi mon ange, me dites-vous : Non ! Mais ! Halo, quoi ! Une lueur, c'est pas du lux ! D'ailleurs, pourquoi attendrai-je que vous vous éclairiez à ce genre ampoulé, si c'est pour me moucher, d'un "File, file amant, te consumer ailleurs !"

Je persiste pourtant, je signe d'un cœur écarlate en bas de chaque lettre. Jusqu'à présent, je persévère en vains écrits et vous supplie, ma douce ! Je voudrais vous convaincre : Venez, venez chez moi, car je vous en ai écrit des tomes, at home! Ô mon amour, des livres et moi, pour vous et pour toujours !

Prenez-moi, sans jambages à la lettre et sans ambages, cessez de m'imposer un style aussi châtié ! Acceptez que ma plume gauloise s'encanaille, love you ! Que le pitre fasse l'épître, que l'auteur soit à la hauteur, que mes idées à tout crin et à tout poil démangent le gratte-papier plutôt qu'elles ne vous barbent ! 

Mon drôle d'oiseau, mon albatros, j'arracherai les plumes aux mots en liberté, aux chouettes, aux fous et même à quelques queues d'oiseaux, pis que tout, verts ou à rouge gorge, afin de vous séduire !... Oh ! Ma mie, mi-pinson, je vous réveillerai de quelque écrit, coq as !... Hélas, ô ma volage, fugace inspiration, vous ne me laissez souvent que les plumes du croupion !

Je suis votre poète ! Pardonnez la licence de ce chant d'amour en acrostiches et accroche-cœur ! Je me jette à vos pieds, évitez le rejet. Ne vous écriez pas : "Ouste, tes rimes ailleurs, vire, vire-les !" Sinon, je me mettrai aux vers, quatre à quatre, pour vous chanter ma ritournelle, à tire d'ailes d'hirondelles, à tire d'ailes d'alouettes, si vous ne me plumez pas la tête !

Ma muse courtisée, je voudrais à jamais, vous compter fleurettes de rhétorique et vous mettre en pensées dans mes pages pour venir vous humer, vous presser, vous donner l'accolade et pouvoir vous écrire, sans hésiter jamais : L'amour est ma mort sûre... L'amour est ma morsure...

Avec rime et raison, reconnaissez au moins, ma biche au bois, que je suis votre poète couronné, d'un reste de vers durs ! Mais vous, pour vous moquer, vous mâchez mes lauriers !

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Addict 2/2

Publié le par modimodi

T'es ma drogue douce, mon haschisch !

J'ai la cervelle comme un pois chiche,

L'énergie dans la gélatine,

La mémoire dans la naphtaline,

Le cerveau dans la paraffine,

T'es ma coca, mon héroïne !

 

Moi, je suis out, toi, tu es in

Je suis amorphe, toi, ma mort fine !

Je te veux et je fais ton siège,

Mon infernale blanche neige !

Aussitôt qu'je te vois, je craque

Stupéfié, nom d'une pipe de crack !

 

Je prends un rail et je déraille.

Je m'envole au cœur du vitrail.

Je fais loopings et vol plané,

Je suis complètement piqué.

Dans l'pot d'colle, je vais retomber

Si j'y coule, je pourrais t'sniffer.

 

J'suis ton homme, t'es mon opium.

Pour moi planer au maximum,

Je v'ais fumer le linoléum

Et pour demeurer au summum

J'vais avaler du laudanum,

J'vais m'injecter de l'uranium !

 

Un seul pétard, j'suis dans le coaltar !

Je rencontre l'hagard Saint Lazare,

Et je m'présente ! C'est moi César,

Je connais le pacha Omar,

Je vends des plumes de casoar,

Dans le souk, près du grand bazar !

 

T'es ma princesse, tu es ma reine,

J'ai ton amour au fond des veines !

J'ai des visions, des tilts, des flashes...

Je prends à l'assaut Fort Apache !

T'es ma grenade et ma bombe H,

Mon esprit, mon cœur font relâche !

 

A toi, mon rêve, je suis accro,

J'suis ton junkie, ton toxico !

Je n'suis pas narco trafiquant,

Je mâche du kat entre les dents.

Avec toi, j'grimpe au firmament

Où tu m'dis, ton meilleur amant !

 

Je fais fi des coups d'semonce.

J'ai les idées au cœur des ronces

Mais à toi, jamais je n'renonce.

Dans ton amour, moi, je m'enfonce

J'suis dans la ouate, je flotte, je pionce

Quand avec toi, moi, j'me défonce !

 

Certains disent que c'est trop moche

Et voudraient bien que je décroche !

C'n'est pas moral et c'est critique,

Ce grand amour psychédélique !

Mais tu me donnes tant de bonheur

Que je vais me faire ton dealer !

 

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Le porte-manteau

Publié le par modimodi

Dans le jeu des expressions, les objets ont la force de décrire les attitudes ou les tempéraments humains. Si celui-ci est raide comme un passe-lacets, celui-là pourrait-être accrocheur comme un porte-manteau.

J'avais un ami élancé, hyper contrôlé, solidement campé sur pieds, guindé. Un vrai porte-manteau du style de ceux qu'on trouve dans les halls d'entrée : bêtement en attente, bras levés pour la ola des chapeaux et des manteaux, toujours disponible et se croyant utile... dans le sens de susceptible de servir à quelque chose et de remplir une fonction !

Longtemps, il se porta comme un charme mais sa femme qu'il avait portée aux nues, finit par porter la culotte et lui porter la guigne. Alors, l'existence cessa de lui être favorable, elle lui tailla un costard sur mesure et le malheureux finit sa carrière par une mise au placard.

Quant à l'origine supposée ou exacte du vrai porte-manteau, le mystère demeure ? Un facétieux internaute attribue l'idée créatrice de l'objet à la forme des cornes de mammouth qui éperonnaient, soulevaient et embrochaient nos ancêtres... Plus poétiquement admissible, la belle qui se baignait nue dans l'eau de la claire fontaine avait pu abandonner son vêtement à la branche d'un arbre !... La salle des banquets où ripaillent les quatre-vingts chasseurs a su un jour, convertir les trophées d'andouillers de cerfs pour fusils et cartouchières...

" Ô temps, suspends à ton tour, ton vol ! ", au grand porte-manteau de l'histoire !... Rien n'est absolument certain mais dès 1850, on a trouvé trace d'accrochages des uniformes ecclésiastiques et militaires. En bois, en fer, en plastique, fixes ou pliables, uniformes ou colorés, design et figuratifs, ces objets utilitaires ont suivi les évolutions des mœurs et des voyages. Chaque époque a eu besoin de porte-croix et de porte-étendard pour transporter les foules. Certains, je les comprends ont préféré la discrétion et l'emportement des dentelles et des porte-jarretelles.

Comme les porte-torchères étaient des esclaves nubiens, porteurs de flambeaux chargés d'éclairer les allées et les demeures, le porte-manteau était aussi un officier chargé de porter le manteau du roi, du prince, des notables. Personne ne nous dit si le préposé était un valet en livrée ou une armoire à glace aux épaules de déménageur. Peut-être, était-ce quelque volontaire qui rêvait de se faire la malle ou un repenti dont le destin avait capoté le jour où il avait retourné sa veste. Le bon saint Éloi lui-même portait-il la culotte du roi Dagobert ou vivait-il à ses crochets ?

Dans la fashion religion des défilés, entre deux navets nouveaux et trois patères, les vêtements s'accrochent aux humeurs de la mode. Le ridicule ne tue pas toujours, il fait tordre de rire et cintrer, même le mâle à barre ! Mais le quidam arqué, arrondi, cambré et bombé n'est pas assuré de garder sa forme comme le ferait pour le vêtement, un crochet ou un porte-manteau. La chance lui évitera peut-être d'avoir à porter un lourd fardeau sur ses épaules en lui offrant le léger et grand cadeau de porter le bonheur en son cœur.

Suspendre n'est pas pendouiller, le cintre n'a pas besoin de porte-à-faux. Le bien portant qui veut porter beau ne doit pas avancer bras ballant et ventre à terre. Sa courbe qui le boudine a moins de charme que celles de sa belle. D'ailleurs, il a d'autant plus besoin de support, d'équilibre et de cœur bien accroché, s'il porte déjà pas mal de bouteilles. Car l'âge ne manquera pas de lui porter, assez tôt, l'estocade et ses préjudices en les cassant et les vidant toutes, jusqu'au dernier cadavre.

La vie qui nous porte et que l'on supporte, un jour, nous emporte en nous tirant à bout portant. Au porte-manteau de l'existence, il n'y a pas de vêtement de rechange, rien qu'un justaucorps ou un déshabillé.

Loin d'espérer être porté au pinacle, le poète se noiera, lui aussi dans sa bouteille à l'encre, avant d'avoir pu revêtir la pourpre royale promise au "prince des nuées". Plus il a d'étoffe, plus son manteau risque de prendre des accrocs de style, de se râper sur des rimes rugueuses et de piquer de vers perçants et déchirants, sa poésie mitée ! Au bout de l'horizon noyé de brume évanescente, sur le porte-manteau des songes diaphanes, le destin lui réserve son grand manteau de nuit piquée d'étoiles éternelles.

Homme de passage, moi, je vous appelle au porte-voix. Me voyez-vous attaché comme un "porte-paroles" à mes mots, comme un "porte-feuilles" à mes livres et comme un "porte-plume" à mon habit d'écrivain ?

Mon statut exige de ne pas vous porter sur les nerfs. J'ai le devoir de me mettre à votre portée afin de ne pas porter le chapeau. Nulle envie de devoir aller me faire pendre ailleurs où l'on croise des chats noirs !... Mais par chance, vous êtes mon porte-bonheur !

 

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Bricoleur 2/2

Publié le par modimodi

 

T'es un adroit manuel.

Ton esprit est actuel

Bien mieux qu'l'intellectuel

Qui'a inventé l'minitel !

 

T'as pas besoin de bretelles !

Créer te donne des ailes,

Faut plus attendre l'dégel

Toi, tu fais des étincelles !

 

Sans perdre une seul'rondelle

T'as assemblé les poutrelles,

Boulonné la tour Eiffel,

Construit la Tour de Babel !

 

T'as recollé la pair'd'ailes

De l'archange Gabriel,

T'as aidé Cadet Rousselle

A loger les hirondelles !

 

Pour la joie des jouvencelles,

Dans leurs jupons en dentelles,

T'as fait tourner l'carrousel

D'un seul coup de manivelle !

 

Bâtir est ta ritournelle,

Tu veux toucher l'arc-en-ciel,

Tu fais chanter les truelles,

Sur l'air de Papa Noël !

 

Jamais l'temps d'faire le lézard !

Ou tu poses ou tu répares,

Le lustre, le lit, le placard,

Aussitôt et sans retard.

 

T'es parfois un peu vantard,

T'as construit phares et remparts,

T'aurais mêm' percé le brouillard !

On t'pardonne, t'es débrouillard !

 

Du genre, plutôt casanier,

Comme ton clou, tu es planté

Mais pas devant la télé !

Sur tes r'vues spécialisées.

 

Toi, tu ne pars en voyage

Qu'au salon du bricolage !

Ta vie est une réussite,

T'as monté l'bonheur en kit.

 

Tu n'crains pas les avaries,

T'as toujours ta panoplie

Et ton équipement d'survie

Dans ta grand' boite à outils.

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Lettre d'un philosophe à sa libre amie : Liberté, chérie ! 4

Publié le par Modimodi

Entends-tu chérie, je ne renoncerai jamais à ma liberté chérie !

Tu y es heureusement, toi aussi, attachée. Pour mieux l'exercer, nous aplanissons les obstacles du quotidien, autant par notre volonté en actes que par les preuves de notre amour.

Pour y goûter, nous sommes attentifs à débloquer nos malentendus comme à dénouer nos dissensions. Je suis ton Houdini, tu es ma Pénélope !

En nous, l'esprit de liberté passe par la libération de nos entraves forgées dans nos hésitations, nos mesquineries, nos égoïsmes provoquant le désordre dans nos sentiments. La lutte est permanente et l'exigence est de chaque instant pour que nos cœurs aimants puissent se soulager des poids inutiles des doutes et des rancœurs.

Oh oui ! Nous sommes nos propres prisonniers ma belle geôlière ! Il n'y a guère que pour nos corps à corps que nous n'hésitons pas à nous jeter l'un contre l'autre et à nous écrouer sans chercher à nous libérer. Nous en perdons la tête au grand bonheur des oubliettes !

Au quotidien, nous fréquentons l'école supérieure de la discipline et les cours du soir du plaisir. Nous pratiquons assidument même s'il faut bien avouer les dissipations de quelques jours buissonniers, mais bizarrement, jamais en soirées !

Mon doux bonheur inespéré, pour garantir notre tranquillité, nous évitons aussi les lâches renoncements. Dans la discussion, il est aisé et parfois tentant de laisser l'autre l’emporter pour ne pas avoir à exprimer son avis ou à discuter ses arguments. Entre nous : pas de "bien faire" à sa guise et de "laisser dire" à loisir, sa chère moitié qui vous parle mais dans le vide. Car la résignation est un refus de liberté. Quelle belle arnaque de ceux qui vous disent que "le silence est d'or" !

La liberté kantienne que nous vivons, est guidée par notre raison qui fait la part distinctive entre nos intentions et nos actes. Ainsi nous garantit-elle la joie d'être et d'agir ensemble dans les joyeux mouvements de la vie. Le régal, c'est de faire durer le plaisir.

Dans toutes ses nuances philosophiques, la liberté que nous avons unifiée en nous, est notre mobile. Ô toi, ma fille de l'air, ma sylphide, mon oiseau bleu, ma colombe de la paix, la préserver et la garantir est de notre responsabilité. Oui ! Nous voulons conserver, dans la durée, la qualité de notre bel amour !

Nous ne vivons pas en vase clos, tu t'y dessècherais ma tendre fleur de délices. Rien n'est figé en nous ou autour de nous. Nous sommes ouverts l'un à l'autre et au monde. Nous employons notre temps libre aux plaisirs de l'étude comme à des loisirs sains et authentiques, sans oublier les subtiles jouissances de la passion et l'extase de nos offrandes.

Nous avons su désencombrer nos vies des importuns et dégager du temps de respiration et de jachère, pour réfléchir, approfondir et explorer la nature et les arts. C'est libres d'aimer que nous prenons le temps d'aimer et l'heureux temps de nous aimer. Nous échappons à l'usure des sentiments et à l'inconstance des instants trop vite enfuis, en sortant de notre petit nuage rose pour nous jeter dans la lumière.

Le savoir et la connaissance participent du principe émancipateur de la liberté. Celle-ci n'est pas vacuité ni vide de l'esprit. Nous sommes toujours disponibles, l'un pour l'autre mais également pour la nouveauté et l'apprentissage. Nous vivons en suspension entre sursauts et surprises.

Nous veillons à demeurer accessibles l'un à l'autre, parce que nous avons compris que la liberté est un enjeu de chaque jour. Nous avons la chance d'avoir, toi et moi, un bon capital santé. Nous y prenons garde, en vivant sainement, car comme l'a dit Leriche, la liberté, c'est "la vie dans le silence des organes". La maladie asservit l'homme et le limite dans son activité.

Nous vivons libres, parce que nous ne vivons pas dans une révolte permanente. Nous n'avons pas choisi nos parents, notre capital génétique, nos dons et nos capacités. Mais nous savons que même, en nombre limité, nous avons en nous, des virtualités, un potentiel que nous devons révéler...

Et une vie, c'est bien court ! Alors nous vivons pleinement ce cadeau providentiel. Mais nous n'avons pas non plus le choix, notre destin est déjà tracé. Un jour de pénombre, nous mourrons. Nos cœurs lourds ou légers, nos esprits lumineux et nos âmes confiantes, migreront vers l'Orient éternel pour un séjour espéré de claire lumière.

Pour être libres, nous savons qu'il nous faut accepter l'inéluctable sort, ces impondérables de la vie, constitutifs de notre existence. Ainsi, l'homme libre commence par accepter sa propre histoire avant d'approuver l'histoire du monde, les événements et les faits. Bien sûr que c'est difficile à vivre !

La liberté a toujours un poids d'origine, léger d'insouciance comme une plume d'oisillon puis lentement alourdi d'espoirs, de concessions, de renoncements, ces petites tares de la conscience. C'est à partir de cette introspection que se dégage l'inévitable constat. Alors, notre raison et notre volonté d'adultes nous permettent d'agir sur notre vie.

Chaque fois que nous restons englués dans notre passé, prisonniers de nos peurs, de nos contraintes et de nos regrets, nous ne sommes pas libres et nous ne pouvons pas le devenir. Nous nous libérons de ce poids par les joies, les plaisirs et les rêves. Nous composons avec nos désirs sans les transformer en impérieux besoins.

Ma tendre amie, nous avons pris place peu à peu dans le monde où nous agissons. Nous avons tenu à donner sens à la philosophie de l'action. On nous a enseignés que c'est à partir de ses engagements que l'homme devient et vit en être libre. Encore convient-il qu'il parvienne à se réaliser, à travers les faits de l'actualité et de son époque.

Il est actif, il éclaire son propre destin, en s'adaptant à l'évolution de son environnement, dans lequel il prend part, et ce, même modestement mais pourvu qu'il y affirme sa pleine responsabilité. Nous construisons ainsi les conditions de fonctionnement de notre union et le bonheur de notre libre amour.

Amour constant, merveilleux don du ciel, ainsi réalisons-nous, au mieux l'idéal dans le réel. Notre liberté est comme un papillon, elle est toujours agitée et fugace, de passage et virevoltante, insaisissable et éphémère comme nos multiples faits et gestes, dans la précarité de l'instant et la fuite incessante du temps. Elle doit se réinventer et se reconquérir en permanence comme toi et moi. Nous le prouvons en nous employant à l'émancipation de notre amour, comme l'univers, toujours en expansion.

Chérie, la liberté, notre chère liberté est dans le pouvoir d'agir et dans le pouvoir de penser. En effet, agir, être utile, travailler, produire et partager sont les conditions sociales de l'exercice de la liberté de l'homme. Celui qui a faim ou soif comme le miséreux ne peut avoir la sensation d'être libre. Notre confort quotidien facilite nos efforts.

De même, les velléitaires qui ne font que vouloir vouloir, sont des chimériques, comme le disait ce cher Voltaire dans "Le philosophe ignorant". Mais ce ne sont pas non plus des êtres libres, au sens plénier du terme ! En effet, ils ne peuvent pas se déterminer par eux-mêmes, donc être autonomes.

Mais, si notre liberté fait de nous des sujets de pensée et d'action, des êtres responsables, ce sont aussi, si nous n'y prenions garde, nos besoins, nos désirs et nos passions qui nous transformeraient, en objets sociaux et en esclaves. Ils nous entraîneraient irrémédiablement en abandon de liberté.

Nous résistons tant bien que mal aux tentations dérisoires ou frivoles. Nous aimons donner du sens et de la sensualité à cette pensée biblique : "L'esprit est vif mais la chair est faible". Nous aimons trop nos défaillances !

Nous prenons garde et prêtons attention à la vie girouette, aux séductions faciles, aux plaisirs immédiats des cœurs à découvert. Notre amour ne doit suivre que la rose mais pas celle des quatre vents. Autant qu'en emporte le vent, l'amour nous emporte dans la liberté des zéphyrs et des alizées. C'est là, dans la volupté des envols et de nos charnels abandons, que notre amour s'effeuille.

S'il faut laisser s'exprimer spontanément nos tendances et nos préférences, nous n'oublions pas, toi et moi, les enseignements de Platon : "Nous n'avons pas conscience d'être libres, quand nous succombons aux passions". Bien sûr, ma petite coquine, quand nous nous lâchons un peu, nous offrons avec de grands plaisirs, des moments de relâche à notre liberté ! Oh oui ! Comme c'est bon d'être au spectacle de l'amour libre et polisson et mieux encore d'y être deux acteurs inspirés et expressifs !

Toutefois, comme le dirait "le Père la morale" : "Attention à toi, à nous, mon Ève, ma tentatrice, ma pomme de Paradis éternel !" En effet, dans la course à l'abîme, celle du paraître et de la consommation effrénée, nous courons grand risque de nous assujettir à la futilité et de nous asservir à la tyrannie de la satisfaction immédiate. Trop de nos contemporains vivent ainsi ouvertement, sans choisir, enchaînés à leurs pulsions et à leurs envies.

Heureusement, nous savons toi et moi, nous conformer, sans être de parfaits conformistes. Nous tentons au maximum de nous "déformater". Car si nous sommes libres de penser, nous avons acquis la certitude qu'il est difficile de garder des pensées libres et originales, personnelles, singulières et dégagées des influences de l'air du temps.

Pour aimer et pour penser vraiment, il faut assurément, rester des oiseaux d'envergure. Nous sommes deux albatros, empêtrés et maladroits sur le plancher de l'existence mais toujours volontaires pour nous envoler et libres d'élans pour nous élever dans les tourbillons de la vie et de l'amour !

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Addict 1/2

Publié le par modimodi

J'ai dû trop écouter Thiéfaine,

J'ai l'effet hallucinogène !

Ô mon bien cher Hubert Félix !

J'ai le moral au grand beau fixe !

Je viens de demander la main

De "la fille du coupeur de joints" !

 

C'est ma joie et ma fantaisie,

Ma petite perle d'ecstasy,

Mon mirage, mon amour fétiche,

Et mon méridien de Greenwich !

J'ai perdu l'nord et la boussole

Et j'ai du plomb dans les guibolles !

 

Oui ! J'ai fait une sortie d'route,

Quand je t'ai prise dans un grand shoot !

T'es mon délice, mon ciel, ma came.

Moi, je t'aime jusqu'au moindre gramme !

T'es à l'endroit, j'suis à l'envers

T'es mon paradis, mon enfer !

 

Mon grigri, mon amour fétiche,

Mes idées danse' comme un derviche !

T'es mon TGV et mon speed.

Parfois, je m'sens extralucide,

Parfois, j'ai ma tête qui se vide

Et l'temps s'engouffre comme un bolide.

 

J'ai l'esprit qui se met en pose.

Je vois des p'tits éléphants roses,

J'entends des voix ! Mais qui me cause ?

Est-ce toi, en moi qui se glisses,

Mon coqu'licot, ma fleur-de-lis,

Mon pavot, mon myosotis ?

 

Mon petit plan de cannabis,

J'perds les boulons, j'prends tes délices.

T'es ma dope, mon herbe, ma boulette !

Tu es ma dose, j'en perds la tête,

J'suis dans l'brouillard et la fumette.

J'prends ton herbette et mon air bête !

 

T'es ma passion, mon illicite,

Je suis raide-dingue, je suis addict

T'es mon paradis vert, mon shit,

Tu m'enflammes et tu m'excites !

J'étais mort, tu me ressuscites,

Je ne sais même plus où j'habite !

 

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Ordre et désordre 3/3

Publié le par modimodi

Mes amis, tout est ordre ou désordre dans le monde, en nos esprits ou nos cœurs !

Depuis la grande omelette cosmique jusqu'à nous-mêmes, nous avons fait la découverte et l'apprentissage de l'ordre et du désordre. Nous savons qu'en cassant des œufs, nous en brisons l’unité et l'homogénéité. Et pourtant ! ... C'est en les battant qu'il est possible de leur donner une nouvelle homogénéité et d'atteindre aux délices des œufs brouillés ! "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme." Lavoisier reprenant le philosophe grec Anaxagore a raison ! " Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau." La matière se conserve et le désordre engendre l'ordre. "Ordo ab chao", bien plus qu'un symbole...

Dès l'école, nous avons appris la logique et la suite des nombres. Nous avons admis sans pouvoir nous y soustraire, le principe des combinaisons opératoires ! Nous savons que nos vies sont des équations aux multiples inconnues. La logique mathématique nous a constitué les enchaînements de notre structure mentale. Elle a imprégné la physique et notre compréhension de l'univers. Elle en a donné l'esprit des lois.

Elle a offert et imposé même une morale à la classe sociale. Elle nous a préparés à tenir notre rang ! De l'ordinal aux vertus cardinales, elle a distribué des ordres de grandeur à nos actions et nos valeurs.

Comme d'instinct, nous avons su rêver, il a fallu donner un cadre logique à notre imagination. Nous avons appris à penser pour agir. Le sens de l'ordre et de la méthode nous a été donné pour organiser nos jours, quadriller nos années, organiser nos vies et géométriser à la manière pascalienne nos probabilités.

Le préférant à l'anarchie, le monde aime l'ordre, il en a grand besoin pour se maintenir. De la simple demande à l'injonction, l'ordre s'impose. Et Oui ! Commander, c'est bien, mais être obéi, c'est mieux !... "Oui, Chef, Monsieur, Maîtresse, à vos ordres !" A l'école ou à l'armée, pour faire ses classes, il faut des règles et du règlement, de la rigueur et de la discipline dans un système bien structuré.

Alors, le troufion suit le mot d'ordre. Il s'exécute sur le champ, qui n'est pas encore son champ d'honneur. Il est prêt à passer avec la troupe, en revue et à défiler au pas, poitrine gonflée de sentiments patriotiques, aux éclats cuivrés de la musique militaire et de son hymne national. Et pourtant bien souvent, jusqu'à nouvel ordre : "avant d'exécuter l'ordre, il lui faut attendre le contre ordre."

Ainsi parfois nos dépits sentimentaux ! "Souvent femme varie, mal habil qui s'y fie.", aurait gravé François 1er sur la fenêtre de sa chambre. Victor Hugo avait presque reprise mot à mot cette sentance et l'avait complétée de : "Une femme souvent n'est qu'une plume au vent." Réalisme amoureux ou déçu, cette misogynie n'était en fait que la projection du désordre des aventures et des amours de leurs auteurs.

En voulant organiser nos existences, réguler nos sentiments, prendre influence sur la sphère de l'intime, aucun système, aucun pouvoir n'ont réussi à éliminer l'incertain et supprimer l'incertitude. L'application méthodique de la raison n'empêche pas l'expression des différents degrés de violence personnelle ou sociale. Les révolutions se sont nourries de ces tensions humaines et contradictoires entre l'ordre imposé et le désordre provoqué.

Heureusement, cette plume est douce et légère afin que les idées effleurent le lecteur et que les expressions caressent chaque page. Ses sentiments et ses impressions font le reste. Elles atomisent son esprit d'affinités avec son cœur. Elles lui permettent de voir plus loin qu'avec ses yeux en lui offrant une vision intérieure.

Paul Claudel a dit : " Si l'ordre est le plaisir de la raison, le désordre est le délice de l'imagination." J'ai moi-même ce goût du fatras des idées et des mots ! Quand chacun s'évertue à ne pas perdre le sens commun, moi j'évite par tous mes sens emportés et figurés d'être commun ! Les dérèglements intellectuels de certains de mes écrits prouvent l'instabilité rationnelle quoique volontairement méthodique de l'auteur et sa jouissance imaginative !...

Celui qui "délire", par anagramme est en train de "délier" ce qui l'entrave : ses obsessions, ses incohérences, ses carcans du réel, ses rêves hallucinés. L'illuminé fuit la lucidité, ébloui peut-être par trop de lumière. Celui qui divague se débat dans la houle agitée de ses contradictions, dans les déferlantes ou les ressacs de ses intuitions tourmentées, dans les remous déchaînés de la tempête d'idées écumantes, sous son crâne. Peut-être parce que la raison qu'on croit acquise, procède elle aussi du désordre des fausses convictions !

Pour ne pas devenir une croyance figée, la foi doit-elle rester inébranlable et hermétique face aux preuves de la science ? Ne convient-il pas de bouleverser ou au moins de déranger ses propres certitudes ? Examiner n'est pas renoncer... A quoi peut bien servir d'être fidèle à sa parole si on ignore à qui on l'a donnée ? Pourquoi promettre et s'obliger si on ne sait envers qui on s'engage ?

Devant le désordre des incertitudes et le silence glacé de la réponse, ne reste-t-il qu'à confirmer sa foi par l'abandon du questionnement ? Croire n'est-ce pas finalement accepter dans la joie, le mystère par-delà les doutes ?

Salutaire introspection et merveilleux problème épistémologique et philosophique à cogiter sans fin, au hasard des études comme des pensées fugaces ! A. Rodin a donné forme humaine et dimension universelle au Penseur. Si l'esprit est libre, l'Homme se débat entre l'ordre et le désordre de ses pensées, de sa raison et de son cœur.

 

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