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Bricoleur 1/2

Publié le par archibald_06

Avec rien, tu t'dépatouilles !

T'es l'champion de la débrouille,

Tu arranges et tu bidouilles.

Avec toi, jamais d'embrouilles.

 

T'es le roi de la combine,

Brevetée au concours Lépine.

Avec un lacet de bottine,

T'as r'démarré la machine !

 

T'es un as de la bricole,

Tu répares, tu rafistoles,

Tu rebouches, tu soudes, tu colles.

Et jamais rien ne t'affole !

 

Pas de panique ! En cas d'panne,

C'est Mac Gyver qui dépanne !

T'as d'l'or, dans les doigts, dans l'crâne

Et t'as toujours la banane !

 

Jamais d'os ni de cactus,

T'as la malice, les astuces,

Tu connais les processus,

Du p'tit professeur Nimbus !

 

T'es de la race des castors,

Faut sans cess' que tu restaures,

Faut toujours que t'améliores !

Faut dir' qu't'as des doigts en or !

 

Ta maison est un chantier :

Entre les b'soins ménagers,

Les rêves de ta moitié,

Tu s'ras toujours occupé !

 

Par chance, tu aimes bosser,

Arranger et fignoler,

Goupiller et agencer.

Au logis, c'est toi la fée !

 

Tu ne manques pas de zèle !

T'es un super manuel,

T'as du plomb dans la cervelle,

Et t'as l'fil ! C'est officiel !

 

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Lettre à ma fugueuse inspiration : Attentes ! 2/2

Publié le par modimodi

J'attends ! Je t'attends ! Que de fois, ai-je prononcé ces mots !

A toi, mon heure dans le temps suspendue, toi, ma bonne heure de douceur absolue ! Ma muse inspirée ! A toi, mon égérie, mon amour de toujours ! A toi, mon idée créatrice, la lyre de mes chants !

A toi, mon supplice, ma roue des angoisses, mon tourment et mon crève-cœur ! A toi, la torture de la croix sur toutes mes idées ! A toi, ma condamnation, l'interminable attente du châtiment, tant notre séparation, de quelques heures, un jour, un intervalle, semble une éternité !

A toi ma promesse et ma promise ! A toi, ma conception immaculée du désir ! A toi, ma symbolique intellection, mon esprit fécondé de germinations créatrices ! A toi, pensée si pure, apparue fugacement, en mon innocent cœur d'enfant comme la Vierge Marie dans le creux du rocher et dans le don de Dieu ! A toi, vers qui je lève les yeux et hisse ma plume, au ciel !

Je t'attends, toi, mon tout espoir, toi, ma persévérante illusion ! Toi, mon refuge, mon abri, je me blottis en toi et me serre contre toi au sein de mon récit. Je t'exhorte toujours et contre toute attente, je grave des sons, des signes sur la cire de ton cœur ! Nul écho ! Rien qu'un silence ému en place d'impression !

Je t'attends, toi, qui probablement, m'as cyniquement pris pour ce bon Diogène ! Toi, ma lumière vacillante d'imagination, toi, qui me fais lanterner en promesses de feu ! Toi, ma veilleuse dans la nuit de l'esprit, ma lueur de fanal, mon phare éteint dans le brouillard de mes pensées. Toi, qui me jauges et m'envoies tes foudres et qui penses que mes idées sont du même tonneau !

Toi, Muse de caprices, intransigeante vertueuse, la vraie rebelle d'entre nous deux ! Je te suis pourtant, fidèle en idées fixes comme un chien à sa maîtresse ! Mais à quoi bon ! Toi, si tu es loyale, ce n'est que pour me prouver ton fort attachement et ton assiduité dans la constance des abandons comme dans l'inconstance de ma volage inspiration.

Je t'espère pourtant, toi, qui m'as sûrement pris pour Sir Charles quand je me croyais un darwiniste homme de plumes, dans l'espoir insensé d'être sélectionné pour l'avenir littéraire ! En l'espèce, j'avais au microscope de ma vision étroite, constaté ton existence et anticipé tout naturellement ta venue.

Je t'avais conceptualisée. Mais tu m'as laissé spontanément sans progrès, dans l'antichambre de l'évolution et de la vie de l'esprit ! Je subis la sélection naturelle de ta complexion et de tes goûts ! Mes écrits restent fades et stériles de la moindre trouvaille. L'amélioration est un vain espoir de métamorphose.

Je t'espère encore, malgré tout, toi, mon atavique expectative du grand amour des belles lettres ! Toi, muse callipyge, génie du Parnasse, hérédité plastique de la forme parfaite, métamorphose des sentiments, sublimée en la beauté d'un cri ou un jet de la plume ! Toi, ma timide tendresse romantique et mon exaltation, toi, ma passion déchaînée dans l'impatience du terme juste !

Je désespère obstinément dans le champ de ma rusticité stylistique ! Toi, Muse rebelle, qui mélanges mes aveux et mes rudimentaires mots d'amour comme on confondrait betteraves et navets ! Toi, qui me fais passer du plan de poireau au pied de grue ! Toi, qui me mets les gros sabots pour labourer mes pensées de glaiseux populaire ! Toi, qui embourbes mes chants d'amour dans des ritournelles terre à terre.

Je désespère de toi, ma cruelle, ma persévérance romanesque aux doigts crochus. Toi, ma tordeuse de vers, aux pieds fourchus de mes poèmes, ma rebouteuse d'entorses prosodiques ! Ô toi, qui as donné la fermeté à tous mes pas perdus et la malédiction à mon enfer pavé de tant de bonnes intentions stylistiques !

Je t'ai pourtant choisie, toi, à qui je me suis accroché et comme un lierre attaché à la muraille de mes défauts fortifiés ! Toi, qui m'a fait prendre racine, à mon arbre généalogique en attendant le nouveau Messie, le dernier génie littéraire !

Mais tu devrais mieux me connaître ! Je ne crois plus au Père Noël, à ce snob et ce mondain d'un seul jour ! Loin de moi, ce bonimenteur, ce conteur amateur, ce prometteur de bons mots enveloppés dans du papier-cadeau !

Je persiste dans l'aveugle confiance. Oui ! Je te veux, toi qui t'incarnes dans mon manque d'ardeur, d'audace et d'enthousiasme ! Je te veux toi, ma nostalgie romantique et mes regrets d'amour ! Toi, ma mélancolie passagère, mon vague à l’âme vagabonde ! Toi, ma reine de l'absurde en mes textes ineptes !

Je suis obstinément tout à toi, ma reine des préjugés ! Toi, ma résistance au changement par peur de tes lubies ! Toi, à qui j'offre mon fatalisme navré devant tes humeurs réactionnaires et à qui je fais don de mon conservatisme apeuré devant tes délires rétrogrades. Toi, qui me laisses, mesquin, borné, progressiste déchu, dans l'ambivalence de l'esprit critique et de la foi en toi ! Je t'espérais classique, académique, surréaliste, tu te donnes, satirique, tragique et prosaïque !

Ô muse, tu muses, tu t'amuses, tu abuses ! J'attends ! Je t'attends ! Je t'attends !... Entends ma mélopée ! Entends !... Je te veux ! Sois inédite ! Prends-moi et surprends-moi !... Calligraphie et enlumine mes pensées, donne-leur l'accolade ! Inspire mes billets doux, donne-leur du volume ! Mets ton auteur d'écrits vains à la hauteur de l'ambition de l'écrivain...

Ô Enfin ! Enfin ! Ô grand et immense Bonheur ! Je n'ai plus à t'attendre, à psalmodier ces lancinantes litanies, à prononcer ces mots obsédés et exaspérés ! Tu es enfin apparue pour éclairer ma route d'essayiste et embellir thèmes et sujets au lexique de chaque jour. Tu es venue te blottir cette nuit dans le fond de mon encrier, te jeter dans les bras des idées ! Je peux crier merci !

Ô toi, ma fleur de modestie ! Ô toi, que je croyais avoir perdue, toi, mon petit myosotis en fleur de rhétorique, toi, la simple délaissée dans l'inconstance de ma mémoire. Toi, que j'avais trop vite mise en gerbe de souvenirs symboliques, au mémorial des oublis et du temps passé ! Toi, mon cœur régénéré d'émois et de soupirs ! Oui ! Toi, Muse enfin triomphante, porteuse de nouvelles et d'inventions ! Oui ! Toi qui rayonnes en mon esprit étincelant d'intuitions et qui sous ma plume, en chaque page vient étoiler l'azur.

A toi, tout entier je me donne ! Tu embellis et parfumes ma vie de ton florilège ! Ma primevère, mon impatience, ma fleur de jeunesse et de vaillance littéraire ! Toi, ma fleur de l'âge, ma marguerite effeuillée de délices et de déraison anthologique ! Toi, ma petite fleur céleste, couronne d'immortelles pour mes écrits posthumes !

A toi, je m'abandonne ! Toi, ma goutte de sang sur l'épine de l'amour constant ! Toi, mon amour confiant, don absolument pur de charme, de fascination et d'extase. Ô Toi, tu es à jamais la fleur et la grâce de l'Au-Delà, au-delà de toute attente ! Je peux respirer sans soupirer, je peux expirer, tu m'inspires.

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Usure

Publié le par modimodi

Comme un voile aux jours bien faits,

Notre amour fait des trouées

Dans nos sentiments mités !

Nous nous sommes écharpés !

Drôle de drame, amours froissés,

Drôle de trame, cœurs rapiécés !

 

Souvenirs effilochés,

Fils retors des jours mauvais,

Quand l'aiguille casse au rouet !

Nœuds rompus des corps noués,

Encordés, trop étirés,

Mal étreints et trop serrés.

 

Tu veux vivre à mes crochets,

Mais nous sommes mal aiguillés.

Les points se sont ramassés,

Je ne sais pas tricoter !

Les soies se sont ennouées,

Méli-mélo dévidé.

 

Nos natures sont hérissées,

Deux coqs tout ébouriffés !

Nos cœurs ont des barbelés.

Nous nous sommes accrochés,

Nous nous sommes égratignés.

Amour fléché, transpercé !

 

La passion s'est démaillée :

Amourette mal brodée,

Mots tendres mal faufilés,

Des vers à rafistoler,

Rimes aux sons usagés.

Poésie à ravauder.

 

Scénario mal bobiné

A nos promesses effrangées.

Nos amours sont élimés,

Nos aveux tout éraillés.

Nous voulons tout réparer,

Vite nous rabibocher !

 

Ton haut, tes bas ont glissé,

Nous nous sommes enfiévrés.

Ongles cassés, corps griffés,

Nous nous sommes lacérés,

Nous nous sommes déchirés,

Nous voilà deux balafrés !

 

Notre amour s'est détissé,

L'étoffe en est toute usée.

Nos serments sont reprisés,

Plus rien à raccommoder !

L'amour peut se rhabiller !

Ne reste plus qu'à filer !

 

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Ordre et désordre 2/3

Publié le par modimodi

L'art nous offre des œuvres dont la beauté est issue du hasard ou du désordre organisé. Qui peut dire comment naissent les créations ?

Selon Hésiode, au commencement était le Chaos qui a donné naissance au Ciel et à la Terre. Leur union a engendré Chronos, le monstre du Temps ! L'histoire du monde se confond donc avec l'histoire des dieux. Au choix de chacun, les mythes ou les religions !

Hormis ceux qui attribuent au hasard, sans l'intervention d'un démiurge, la grande architecture de l’univers, dans la Genèse, le tohu-bohu et le chaos ont permis au souffle de l'Esprit d'ordonner la Création, en passant de la nature astrologique, botanique, zoologique à la Vie et à la création anthropologique de l'Homme !

Du désordre à l'ordre érigé en beauté, il y aurait peut-être une intention, une intervention pour structurer et mettre en forme !... "L'intelligence" primitive en serait la cause, nous en serions les conséquences faites de qualités et de défauts, des avatars de la perfection ! Mais peut-on dire alors que le désordre est informel ?

Souvent est cataloguée de désordonnée par ses pourfendeurs, une œuvre jugée incompréhensible, pas forcément irrationnelle. Les contemplateurs et les critiques recherchent l'originalité, la surprise, la transcendance, l'inédit, un au-delà d'eux-mêmes. Mais le créateur n'obéit pas aux mêmes lois ou critères que le spectateur qui examine postérieurement sa production.

Les compositions par l'aléatoire ou la dissymétrie, les réalismes crus, moches, choquants ou volontairement dérangeants, les faux désordres conjugués aux pluri chromismes peuvent exercer une beauté inattendue ! Le désordre est un effet de l'art. Les sons apparemment anarchiques de composition de musique sérielle, la précision des détails dans les tableaux de Bosch ou de Bruegel, les chronomes d'Opalka, les noirs de Soulages en sont une illustration parmi tant d'autres.

L'énigme émotionnelle réside peut-être dans le passage de l'ordre au désordre et vice-versa, que nous exerçons volontairement ou qui nous bouleverse inconsciemment. Perception et sensibilité nous sont à la fois impénétrables à l'explication immédiate et spécifiques à chacun.

Dans le fond, c'est l'analyse orientée de l’œuvre qui cherche un ordre esthétique en dégageant des lignes, des techniques et des logiques rationnelles pour en reconstruire le réel. L'attitude est la même en art qu'en sciences ! Mais la dissection enlève le charme à l'anatomie.

Sans vouloir être présomptueux et se comparer à l'hermétisme novateur et l'intensité poétique d'un génial S. Mallarmé, quelques "écrits en liberté" entrent même malgré eux, dans une très lointaine approche de cette catégorie.

La nouveauté sémantique d'expressions détournées, les équivoques sonores des mots, les facétieux néologismes bouleversent la synesthésie comme l'ordre préétabli de l'écriture normalisée ou de la tradition poétique. Elle ouvre sur un possible lexical et littéraire en devenir. Elle nous dépasse dans notre conception d'humain confronté à la tradition classique.

Les anachronismes ou les audaces néo langagières et narratives nous bouleversent face à notre  propre logique, à celle du temps et de notre propre fin. Car malgré tout, nous aspirons à comprendre tout en rêvant toujours d'un ailleurs voire de l'infini.

L'intuition est une illumination, un flash éphémère, un bouleversement d'avant la raison, un désordre illuminatif. Elle est l'élan brut de l'intériorité, le souffle vital de la création. Elle est puissance à révéler. Qui peut ici expliquer comment la tempête sous le crâne, le désordre des idées, le fatras des mots, les figures tordues du style, les expressions boiteuses peuvent trouver un sens ?

Surprenant désordre, à vrai dire volontaire dans son dessein d'écriture ! Car bien sûr, les brouillons chargés de ratures enlèvent un peu de naïveté à la composition sauvage ! Il y aurait donc de l'ordre caché dans le désordre apparent et de l'éblouissement dans l'agencement des mots ? La nuit criblée d'étoiles a éraillé le ciel...

L'individu perçoit le monde par sa sensibilité et le démontre parfois par un étonnant débordement de ses émotions ! La complexité humaine est associée souvent au plaisir de la découverte. Comte et Bachelard ont exposé comment l'ordre engendre des lois et comment le désordre n'est au fond composé que d'apparences à hiérarchiser !

Du désordre des éléments, à la structuration des expériences, la science progresse par essais et tâtonnements successifs. Elle structure et définit des principes, une chronologie, des enchaînements. Elle met de l'ordre et organise des éléments, des classes, des familles, des atomes, de l'infiniment grand à l'infiniment petit... Le progrès trace son chemin, dès qu'il sort du microscope ou du laser pour s'appliquer, à la nature, à l'homme et à l'univers. Il est sans cesse en marche.

De l'incompréhension naît le sublime, la beauté n'en est qu'un accident, une formulation humaine. L'ordre ou le désordre de la cosmogonie, l'immensité incalculable des astres crée l'impénétrable splendeur de la voûte étoilée.

Nous ne sommes pas programmés avec exactitude. Nous ne sommes pas une mécanique huilée, une horloge précise à l'abri des dérèglements. Ce sont nos grains de sable qui remplissent le sablier du temps. Notre sablier ! Nous sommes toujours des vivants provisoires, des passants transitoires, nous existons dans le désordre des instants intempestifs ! Nos actions temporisent notre durée de vie. Nous prenons la pause pour éviter l'arrêt ! Nous sommes des lampions dans la nuit, des passagers en transit vers les étoiles du temps sidéral !

Des petits mouvements propices à notre cœur nous emballent parfois et nous exaltent les sens. Une rencontre peut nous troubler ou nous bouleverser et déclencher notre sensibilité. A la manière de l'enthousiasme du spectateur quand il trouve l’œuvre en conformité à ses attentes ! L'émoi qui le trouble est une croisée du cœur entrouverte, une porte ouverte en lui. Son cœur est au hublot et ses larmes ont le goût de sel de l'émotion qui le submerge. Elle est la contemporanéité et la synchronie du rendez-vous avec lui-même ! Saura-t-on jamais si l'expérience est alors momentanée ou définitive ?

Des causes multiples sont la source de la satisfaction. L'éventail peut aller de la simplicité subitement dévoilée par la compréhension de l’œuvre jusqu'à la pure séduction du mystère ! Tout comme les mythes portent les rêves du monde, chacun de nous porte ses secrets dans la contemplation intense et mystérieuse du réel.

La tête nous tourne. Chacun de nous ignore le sens caché de sa vie. Ce qu'il perçoit comme le désordre de ses pensées et de ses intentions suit l'ordre secret de sa destinée. Il n'y a jamais de non-sens, il n'y a que du sens mal perçu.

Le sens commun comme le bon sens, censés être largement partagés se heurtent déjà aux limites de notre capacité à les intégrer. Ils ne s'enseignent pas. Alors le sens le plus essentiel de notre existence reste à jamais ce secret qu'on croit garder, alors qu'il nous échappe. Voltaire nous l'a suggéré : "Dire le secret d'autrui est une trahison, dire le sien est une sottise." (L'indiscret)

 

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Bof ! Beauf ! 2/2

Publié le par modimodi

Tu as les abdos Kronenbourg,

T'appell' ça, les poignées d'amour !

L'été, c'est barbecue, moules-frites,

Dans ton caleçon fluo, moule-bite,

Au camping de Ste Marguerite !

 

Tu n'bois pas que de l'eau bénite !

L'apéro, le midi, le soir :

"R'prends un p'tit jaune, fais pas d'histoire !

Mais, si t'vois double, crie pas victoire

Quand tu iras à l'urinoir !"

 

Tu fais toujours ton maximum.

Tu triomph' sur les boulodromes,

T'as gagné l'concours de la Drôme,

Pris le plus gros brochet d'la Somme.

C'était ton tout premier diplôme !

 

Que du bonheur, rien ne te manque,

Les potes, Ginette et la pétanque !

Dans ton marcel, tes shoes bulgomme,

Tu port'd'la marque, t'es au summum,

Plein d'after-shave, toi, tu embaumes,

 

Déco-plastique et géraniums,

Tout doit briller dans ton royaume.

Tu briques l'inox, t'astiques les chromes.

T'es le beau beauf, roi du custom

Et t'as l'plus beau des mobile-home !

 

A la soirée, disco et mousse,

Tu te déhanches, tu te trémousses.

Au karaoké, toi, tu pousses :

L'air du "petit bonhomme en mousse."

Tout le camping est à la fête,

C'est l'festival de l'andouillette !

 

Les bell' Ginett' sont en goguette !

Chemises Hawaï, strass et paillettes,

Sono, sunlight, boule à facettes,

Y'a d'l'émoi chez les midinettes,

Du swing, du rock dans les baskets

Et dans l'air, des p'tites amourettes !

 

Tu auras encor' la vedette !

Tu feras l'buzz à la trompette,

Tu vas faire tourner les têtes

Et tournoyer les serviettes.

Tu as atteint ta plénitude,

T'es le roi de la beaufitude !

 

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Lettre à ma fugueuse inspiration : Attentes ! 1/2

Publié le par modimodi

Ô muse ! J'attends ! Je t'attends !"

Que de fois, ai-je prononcé ces mots, disait un matelassier en plumes ébouriffées, un besogneux rimeur, un barde faiseur de vers, un strophes-trotteur, un roule-ta-plume au vent, un rêveur rimailleur toujours contraint d'aller porter ses rimes ailleurs !

J'attends ! Je t'attends !

Toi, ma fugueuse inspiration ! Toi, qui détales et te dérobes quand mon imagination part en escapade ! Toi, fille de l'air, du vent et des nuages ! Toi, farfadet bondissant dans la ronde des fées de mon logis ! Toi, petite plume, duvet et soie sauvage dans l'envol de mon esprit !

Toi, ma pressentie, imaginée, dessinée, effleurée, caressée ! Toi, ma chérie, mon aimée, ma vénérée, mon adorée, ma pensée imagée ! Toi, l'expression idéale, azurée, séraphique, étoilée qui remplira l'espace de ma page et le ciel de ton cœur !

Toi, loup blanc de mes rêves, en fuite dans ces trop longues nuits d'hiver où mon corps gourd frissonne devant le feu éteint ! Toi isatis, renard bleu, tapi dans l'antre de mon cœur glacé. Toi, perdrix des neiges, quand mes sentiments courent en débandade sur les interminables pages blanches de l'insomnie. Toi, qui m'attends figée comme une proie dans l'ombre !

Toi, sur qui, sans calcul, j'ai eu tort de compter ! Toi, à qui j'ai tout donné, sans regarder à la dépense de mes idées, à la débauche de mes pensées ! Toi, ma gabegie de fantaisie beaucoup trop escomptée dans la surabondance de mes néologismes ! Toi, mon reste d'humour épuisé de boutades banales ! Après toi, derrière toi, je me traîne terne et désemparé. S'il te restait au moins une fioriture !

Ai-je eu tort de t'attendre, toi, ma laborantine d'officine des belles lettres ? Je croyais que tu avais la science infuse, que tu me concocterais des tisanes macérées aux fleurs de rhétorique, quand bien même desséchées et des emplâtres à appliquer sur les plaies infectées de mes fautes d'orthographe et de style. Au total, je n'ai pu soigner ma sinistrose latente et ma bouffonnerie aiguë ni redresser ou rétablir mes platitudes. J'ai juste évité la surinfection.

Ma déesse inspirée, de toi, ma sérieuse petite fille d'Hygie, je n'ai pas reçu la frivolité en transfusion ni de remède euphorisant. Tu m'as offert des contraceptifs mais je n'ai pas évité l'emphatique. Ton tonique était un sédatif, mon cerveau était en léthargie créative. J'ai gardé mon asthénie spirituelle. Je suis resté souffreteux de pensées et encombré de miasmes scripturaires baveux. Sans respect d'aucune prescription, j'ai quand même eu ton compte... d'apothicaire ! C'est payé bien cher pour quelques placebos de formules homéopathiques délivrés au compte-gouttes. En fait d'inspiration, tu avais le souffle court et tu te gargarisais de pouvoir améliorer ma respiration oppressée de tant d'efforts fournis.

Je t'attends toujours, toi, mon hésitation, ma valse lente de réserves et d'indécisions. Toi, petit caprice tourbillonnant d'une vie d'artiste imaginée ! Toi, doux vertige, toi, mon étourdie ! Toi, mon rêve de perfection académique, toi, ma meneuse de revue, toi, qui m'a rappelé, quand je me rétalais, que la prose est un enchaînement d'arabesques stylistiques, de pirouettes expressives et de grâce légère, sans faux pas ni contretemps.

Oh ! Tu as bien tenté de corriger mes mauvaises postures, en pas chassés derrière tous mes néologismes, d'éviter mes glissades stylistiques en d'innombrables retouches de mes positions pompeuses et redondantes, en m'imposant des piqués de pensées et des développés d'idées. J'ai suivi ta chorégraphie et tes reformulations en pointes et fouettés. J'ai recouru aux ratures des figures en grands jetés pour enfin trouver la cadence, le mot juste et l'intacte émotion dans l'ultime saut de l'ange ! Toi, ma contredanse, toi, mon cancan aux expressions retroussées, toi, mon grand écart à l'orthodoxie lexicale et syntaxique ! Je suis resté gauche dans ma révérence !

Toi, ma paralysante déception, ma tétanisante désillusion ! Avec toi, je me suis souvent retrouvé dans l'impotence de l'écriture. J'ai dû affronter le chahut des idées à la manque et le désordre des intentions embrouillées. J'ai été mille fois, frustré de ne pouvoir atteindre l'uniforme harmonie des écrits et des certitudes !

Toi, diable d'exaspération qui, après m'avoir fait mariner, prends encore plaisir à me faire mijoter, à tous petits feux ! Toi, infernal esprit enflammé de critiques, qui me mets sur le gril et des charbons ardents ! Et pourtant ! Je sais bien qu'Enfer et damnation éternelle sont l'alchimique creuset de Baudelaire et Rimbaud ! Mais hélas, avec toi, ce n'est jamais du tout cuit dans le bec verseur de l'encrier ! Je mets du noir sur blanc et suis noir comme un four !

Je t'attends, toi, qui tardes à venir ! Toi, que j'appelle ! Ô succès, ô reconnaissance, ô estime ou admiration ! Toi, que j'espère depuis... 107 ans et plus, égaré dans la Légende des siècles ! Toi, que je veux et à qui je fais humblement et assidûment tes trente-six volontés ! C'est quand tu veux, oui, c'est quand vous voulez, réussite, renommée ou gloire couronnée de lauriers ! Pour l'instant, ils trempent à toutes les sauces et je ne sais toujours pas à laquelle, je serai finalement mangé.

Je t'attends ! Toi, mon heure alanguie dans le murmure des plaintes et du morne silence ! Toi, ma douce heure, ma nonchalance ! Toi, ma belle occasion à saisir comme la providence ! Toi, l'envol de ma vie plus léger que ma plume ! Toi, ma patience et ma lente heure assoupie de soupirs ! Toi, mon silence confus d'oublis. Toi, ma fugitive chance, au petit ou au grand bonheur !

Je t'attends ! Toi, que je suis en vaines traces, à en perdre patience et haleine dans la file des promesses littéraires ! Toi, qui m'as laissé en attente, de réponses, de perspectives et de signes ! Toi, qui penses résister et subsister à mes côtés, en me laissant dans cette interminable durée ! Toi, qui voudrais me faire croire que c'est ainsi qu'on devient immortel ! Mais en fait de Coupole, ce n'est que tempête sous mon crâne !

Je t'attends ! Toi, plume inspirée, dont je n'attends plus rien ! Toi, mon indigente et pauvre de moi ! Toi, si modeste d'espérances, jamais lassée de tant d'attentes vaines ! Toi, mon éternel doute ! Toi, mon indécise, ma douceur incertaine qui me laisses en souffrance ! Toi, drapée de brume et de grisaille, mon chagrin et ma peine de cœur !

Je t'attends encore et toujours, mais t'attendre, en vaut-il la peine ?...

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Bretelles et ceinture 2/2

Publié le par archibald_06

Tu l'as écrit en bas de la page

Pour rester unis en ménage,

Pas le plus petit badinage,

Pas le moindre marivaudage,

Ni de regard dans les corsages.

 

Au moindre doute, tonne l'orage

Et j'ai droit au grand déballage.

Alors, promis, je serai sage

Et j'aurai droit à tes images,

D'oiseaux libres mais pas volages !

 

Pour éviter les p'tites cassures,

Je dois t'rassurer, à coup sûr !

Pas de faux pas, ni d'aventures !

Pas de doigts dans la confiture !

Impec sur toutes les coutures !

 

Pas d'écarts et pas de faux pas,

Pas de coup d'canif dans le contrat

Ou je passe, de vie à trépas

Et je me retrouv' dans d'beaux draps

Comme une momie pour l'au-delà !

 

Jurer allégeance, sous serment,

C'est l'devoir de tous les amants.

Celui qui aime, faut qu'il le jure

A cors et à cris, à murmures !

"Pour la vie, oui, je te l'assure !"

 

Pas de doutes, pas de clair-obscur !

Toi et moi, dansons sous l'azur,

Sans risquer la moindre foulure.

Pas de coups et pas de blessures,

Pas un seul défaut dans l'armure.

 

Il n'y'a pas de tourment qui dure !

L'amour n'est pas une torture.

Ma foi en toi est pure et dure !

Pas d'intempérie, ni froidure,

La passion est sous couverture.

 

Tu m'as donné la procédure :

Du certifié sous signature,

Sans un pâté et sans rature !

Pour que notre couple perdure,

Tu exiges, bretelles et ceinture !

 

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Ordre et désordre 1/3

Publié le par modimodi

Ah la vie ! Quel méli-mélo, dis ! Est-ce déjà l'heure d'alimenter la rubrique familière du : "sans queue ni tête" ? Car c'est à peu près ainsi chaque matin ! Aux prises avec le désordre de ses cheveux et de ses idées, l'Homme s'interroge et se dit : quel est l'ordre du jour ?

A bien y réfléchir, quelle bizarre expression ! Comme s'il pouvait ordonner le temps, organiser le présent, jouer avec les moments et les instants, bouleverser leur durée, en interrompre leur continuité. Pourrait-il seulement, une fraction de seconde s'immiscer dans une fracture de l'espace-temps, se glisser dans un intervalle ? Qui aurait le pouvoir de prendre du temps passé pour le ressusciter en présent ou de saisir le présent pour le transformer en devenir ? Qui pourrait s'affranchir du phénomène psychologique de la durée ?

Pourquoi d'ailleurs, cet a priori de petit bureaucrate et préférer l'ordre du jour à l'ordre de la nuit ? L'un et l'autre ne s'enchaînent-ils pas puisque une même journée les contient tous deux ! A moins d'avoir la tête dans les nuages, l'ordre du jour s'impose dans les variations de la lumière. D'ailleurs,  depuis la nuit des temps, qui dort à la belle étoile connaît la distinction entre nuit blanche et nuit noire. Quelqu'un qui Trenet par-là a dit "que le soleil a rendez-vous avec la lune, mais que la lune ne le sait pas et que le soleil l'attend !"

L'humain n'a pas toujours les pieds sur terre. Il chemine, parfois la tête en l'air et le nez au vent... Mais généralement, pour être efficace, celui qui a la tête sur les épaules, pressent l'ordre cosmique. Il a besoin dans sa vie de méthode et de programmation.

A l'ère de la réunionite et des débats télévisés, la maîtrise des horaires et des sujets oblige le journaliste à prioriser et structurer les thèmes, à distribuer la parole et à planifier. Il faut de l'ordre et de la méticulosité pour passer en revue les problèmes !

Douce illusion parfois ! Pur formalisme souvent ! Désillusion soudaine ! L'animateur a précisément aménagé l'espace pour les échanges. Il a coordonné l'ordre de passage et les interventions. Il croit avoir tout prévu ! Tout, sauf la suite dans les idées. Car autour de la table et sur le plateau, on discourt et on parle à qui mieux mieux pour ne rien dire.

Il a supposé avoir réuni des têtes pensantes bien faites, aux pensées ordonnées et logiques. Mais ici, l'esprit est à la traîne, la compréhension se prend les pieds dans les pédales, les arguments s'entrechoquent sans airbag ni warning, les marottes se mettent en travers de la voie du dialogue, elles bloquent la circulation des idées et le bon sens est en file d'attente.

Joyeux désordre cacophonique ! Bataille d'incongruités, démonstrations broussailleuses, raisonnements inextricables, empoignades indescriptibles ! Chacun n'écoute que lui-même dans ce pêle-mêle. Le modérateur a beau rappelé le mot d'ordre, il est dépassé et bousculé, il vitupère et s'empêtre dans d'infructueux rappels d'orchestration : "chacun son tour", "cette idée a déjà été débattue", "laissez parler votre consœur", "respectez l'ordre de passage", "plus personne ne peut vous comprendre !"...

Le malheureux animateur est désorienté. Il n'arrive plus à mettre bon ordre au tour de table. Il s'enchevêtre dans les controverses sauvages, il se débat dans le sac de nœuds d'idées sens dessus dessous, il cafouille dans les embrouilles, il se dépêtre du roncier des réflexions confuses. Car il a tout organisé sauf les dispositions mentales, les capacités intellectuelles et la bonne foi des débatteurs.

L'ordre est un principe intangible de la bonne organisation sociale et spatiale. Chaque chose a sa place. Une place pour chaque chose. Qu'importe la quantité ou la taille, l'ordre est une loi d'efficacité du bon fonctionnement. A l'armée, elle ne fait pas dans le détail ni ne se perd dans les principes. Elle s'exécute sans discussion en serrant les rangs.

Au fil des jours, l'ordre des actions et des pensées garantit la cohérence de notre existence et fait date dans nos souvenirs ! Elle quadrille le présent et sème des indices dans le passé. Seul l'avenir est un espoir de l'aléatoire, le triomphe du désordre à l'état latent.

Oui ! L'ordre trop strict, au point d'en devenir obsessionnel est une entrave à la fantaisie et un obstacle à l'imprévu ! Mieux vaut un désordre vivant qu'un ordre mort ! "C'est un grand agrément que la diversité... L'ennui naquit un jour de l'uniformité" (Antoine Houdar de la Motte). Mieux vaut une maison débordante de présences et d'activités qu'un musée assoupi, mieux vaut un bureau encombré d'écrits et de livres qu'un bureau vide...

" Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin

De venir dans ma chambre un peu chaque matin ;

Je l'attendais ainsi qu'un rayon qu'on espère ;

Elle entrait, et disait : Bonjour, mon petit père ;

Prenait ma plume, ouvrait mes livres, s'asseyait

Sur mon lit, dérangeait mes papiers, et riait,

Puis soudain s'en allait comme un oiseau qui passe."

Il faut ainsi attendre dans la fièvre ou l'émoi, Léopoldine ou le passage de la Muse ! Ce n'est pas, notre grand poète national qui nous contredirait !...

Mieux vaut une tête bien pleine et débordante qu'une tête bien faite de quelques idées bien rangées, toujours les mêmes, dans le même sens, fût-il le bon ! Il est parfois salutaire de sortir des sentiers battus et de déranger l'ordre établi de ses pensées et de son cœur.

 

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Bof ! Beauf ! 1/2

Publié le par modimodi

 

On te remarque, un peu partout,

Tu bats des bras, t'as du bagout.

Si on t'écoute... Pas, ces voyous !

La France, tu la sauves, sur le coup !

Son problème ! Toi, tu le résous,

Suffit d'le prendr' par le bon bout.

 

La Sécu, tu peux boucher le trou...

Suffit d'renvoyer ces grippe-sous

Prier St Antoine de Padoue !

Y'en a qui l'ont fait à genoux

Et qui ont r'trouvé leur toutou

Sur la route de Tombouctou !

 

Pour le pays, ben, c'est itou.

On va tous "rentrer dans nos sous !"

T'as la solution passe-partout,

T'as des formul' de marabout :

"Tête de clou, patte de loup"...

C'est efficace à tous les coups !

 

Hop ! La crise, toi, tu la dénoues,

Le mauvais sort, tu le déjoues...

Après quatre apéros, surtout ! 

T'as rien compris, t'es hors du coup !

Tu t'es laissé bourrer le mou,

T'as confondu carotte et chou !

 

Il n'y pas d'sujet tabou !

Les riches, les pauvres, tous des voyous

Qui ont des bagnoles d'un prix fou.

Assez d'télé, d'ces "moi, j'sais tout"

Mais qui ne tiendraient pas debout

Devant Rambo, au premier coup !

 

Bof ! Après tout, t'es qu'un mêle-tout.

Tu t'es fait remonter l'burnous !

"Trop d'étrangers : On est chez nous !

En plus, ils n'mangent pas comme nous !"

Ton pit-bull n'a pas les mêmes goûts,

Lui, c'est bio, ou rien du tout !

 

Toi, t'affiches ton côté relou.

Oh ! Pas d'bling-bling, ni de bijoux.

Comme on est à l’âge du tatou

T'en as plein l'corps, un peu partout.

Mais faut vite arrêter l'saindoux

Si tu veux encore voir tes genoux !

 

On t'entend à un kilomètre,

T'es populaire et fier de l'être,

Le modèle-type, du gros pépère.

Tu soutiens le club de Mézières,

T'as le maillot des supporters,

Banderole, drapeau et caisse claire.

 

Tu parles à tort et à travers,

Tu fais du tort à la grammaire

Et des entorses au dictionnaire :

"Au ministère, ils nous pompent l'air,

Tous ces foireux, ces pète en l'air,

Ces bons à rien de fonctionnaires.

 

Comme si ça s'rait pas une misère,

De nous augmenter l'prix d'la bière,

Qu'on n'pourrait plus boire un verre

Au bar PMU, là-derrière,

Surtout que j'connais la dernière,

A se taper le cul, par terre !

 

 

 

 

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Lettre aux écrivains : Charabia ! 3/3

Publié le par archibald_06

 

Oyez gens de lettres, prosateurs et poètes, voici le dernier plat de résistance littéraire ! Il y a du rab à la table des matières.

Pour la potée auvergnate, on ne repasse pas le plat refroidi ! Donc, amis écrivains, nous ne servirons pas à nos avides de lecture, un second service d'idées confuses et bourratives. Invitons-les à un joyeux claque-sabots pour danser la bourrée !

Pas de fade platée au supplément gélatineux ni de lourd et vilain charabia, plus rudimentaire qu'alimentaire ! C'est un peu comme de la chorba, de la bonne soupe populaire, mi potage et bouillon, mi ragoût et légumes, étymologiquement, du dialecte arabe pour berbère. Autrement dit, aussi bien de l'hébreu pour le mur des lamentations ou du galimatias pour le bas latin de cuisine !

Si par nos écrits, nous donnons à boire et à manger, nous faisons bonne œuvre et belle action pour mettre l'eau à la bouche des bouquinovores ! Mais attention ! Trop de salaison assèche la qualité de la promesse littéraire ! Le salmis se gâte. Surtout... Quand il devient con, "dis m'man" ! C'est alors un affreux salmigondis aux propos crus et salés pour glouton assoiffé, lecteur affamé ou esprit gaulois et paillard ! Un peu trop de sel, et voilà, une sale heure pour le sale ami et le sot piqué ! Le salace doit dessaler. S'il convient d'y laisser le lard, il ne convient pas de laisser l'art littéraire au saloir !

Dans nos écrits ou nos discours, n'employons pas non plus de jargon, il est réservé à la grande Marie de France ! D'ailleurs, son langage des oiseaux ayant trop gazouillé a fini par jouer les monte-en-l'air. Au fil des siècles, le voilà devenu un langage crypté et codé pour alchimistes ou malfaiteurs. Incompréhensible, hormis pour quelques initiés férus d'ésotérisme ou des malandrins, gens de sac de nœuds et de corde raide.

Nous recourrons nous-mêmes à ce genre de procédé, quand nous jouons avec les sonorités ou les allitérations, quand volontairement ou inconsciemment, nous faisons naître des évocations. Certains mots contiennent des sens cachés qui laissent entendre des idées et des significations différentes. Comment ressentez-vous l'expression : "Je veux que tu me tutoies !" Vous affole-t-elle ou vous effraie-t-elle ? Quel sentiment sage ou coquin éprouvez-vous dans la prononciation entière ou syllabique de "Concupiscent" ou "Je suis paniqué". Je suis certain que vous en avez bien d'autres en mémoire.

Rares sont les confrères commentateurs, qui, pour faire savant et cosmopolite, jargonnent en compilant dans les dialogues, des expressions, en arabe, en anglais, en italien, en espagnol, les langues maternelles de leurs héros. Certains compareraient plutôt ces dialectes particuliers à du sabir. A ne pas confondre avec la tradition orale, poétique et contée des griots et encore moins avec l'appellation bannie de "petit nègre" dans lequel excellent encore quelques gribouilleurs de pages noires ! Des employés aux écritures, des "nègres" rétribués pour de faux écrivains. " Ça craint sa race de l'évoquer !"

Ainsi donc, gens de plumes, pas de patois pour pavoiser, ni de charabia pour blablater ! C'est de l'embrouillamini d'images déjà brumeuses. C'est de l'énigmatique langage obscur pour de nuageux plumassiers... 

C'est du baragouin de BZH, des expressions envolées comme des crêpes, mal retournées et tombées à plat, des mots répétés au vent de la lande, restées incompréhensibles aux coiffes comme aux chapeaux ronds ! C'est du pain et du vin pour le Pardon, du far bourratif et du cidre bourru pour le fest-noz, la vraie grand-messe bretonne ! C'est, dans une nuit noire d'encre, du crachin têtu sur la lande immobile.

Excusez mon franc parler, amis, mais certains poètes ombreux en ont fait leur marque créative. Ils croient qu'il leur suffit d'être férus de statuaire antique, calligraphes des pensées aux références hellénistiques, d'avoir un style hermétique et ésotérique pour être poétiques en vers et contre toutes rimes ou raison prosodique. C'est voyez-vous, l'approche du genre amphigourique maniéré des précieuses ridicules ou l'emphatique grandiloquent des mégalos hyperboliques !

D'autres scribes ayant troqué le calame pour la plume, de longueurs périphrastiques, en circonvolutions d'arguties, parlent et écrivent pour ne rien dire ! Dans le psittacisme agaçant des formules rabâchées, ils revendiquent, à tort, leur droit d'auteur. Ils ne sont souvent que de maladroits plagiaires, mal inspirés, abonnés à l'errance grammaticale et syntaxique, pataugeant dans l'impropriété des non-sens et des faux-sens, des barbarismes et des solécismes. C'est bête à dire, mais infatigables et inaptes, ils produisent de l'inepte avec un talent fou !

Vous le savez ! Le romancier doit être subtil et sa romance, comme un parfum, volatile, semblable aux volages amours. Écrire est un vrai métier ! Il ne suffit pas de broder des ornements pour faire un beau canevas ! Il ne suffit pas de compiler les poncifs pour élever l'écriture au sommet de l'art ! Au faîte, la bêtise n'a pas besoin de mettre le point sur le i pour être à son point culminant ! Ceux, qui se montent le bourrichon, ne monteront pas pour autant au Pinacle !

Que de difficultés pour parvenir à l'apogée de l'art littéraire ! Je semble, ici, vous donner la leçon, alors que je suis moi-même le plus verbeux et le plus plâtreux d'entre vous, un généreux bourratif, indigeste, trivial et licencieux ! Quelle prétention exaspérante ! Quelle inconscience affichée ! Et pourtant, je persévère comme tant d'autres, dans la déraison orgueilleuse de l'écriture obstinée !...

Nous tentons tous, un jour ou l'autre, l'aventure du texte en l'espérant original. Mais en fait d'écrits, nous ne barbouillons au plus que des écriteaux, des poteaux indicateurs qui désorientent ceux qui nous lisent et ne les mènent que dans l'impasse des talents en-cul-de-sac. Nous ne serons pas couronnés de lauriers mais sûrement coiffés sur le poteau !

Dans le fatras et le fouillis des genres et des pensées, trop souvent, nous déconcertons les lecteurs. S'il en reste encore, surtout quand un texte mérite une deuxième lecture attentive pour en saisir tous les sens. C'est hélas ainsi ! Qui veut écrire d'une plume d'ange, fait souvent la bête pascalienne ! L'idiot du village s'accroche à son idiome local comme le bedeau à sa cloche et le plumitif à son style !

Bienheureux l'obscur pisse-copie désencombré de tout calcul, le chantre du mystère aux textes énigmatiques, l'épique épistolaire aux épopées opaques, le maître incontesté de l'inconcevable ! Bienheureux tous les niaiseux, les stupides stupéfiants, le gratin des créatifs crétins, le ravi de la crèche des auteurs sur la paille ! Longue vie à mes vénérables frères et sœurs, tous ces cacographes comme moi, tous ces faiseurs d'écrits vains et de textes sans queue ni tête !

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