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Lettre à un syndicaliste : exagération syndicale 2/2

Publié le par modimodi

Bien sûr, camarade syndicaliste, que tes convictions, ton histoire et tes valeurs t'ont mis au cœur, la mission de défendre les pauvres et les opprimés et d'exercer, sans relâche, ta vigilance citoyenne. Bien sûr, que tu sais, comme le disait l'humoriste, que le capitalisme, c'est l'exploitation de l'homme par l'homme et le socialisme l'inverse ! Bien sûr, que tu ne brodes pas par plaisir, des jours sombres mais reconnais que tu ne fais pas, non plus dans la dentelle !

Tu ramasses partout la misère et le chômage et tu n'as pas de peine à faire du catastrophisme ! A gauche toute, contre les profiteurs exploiteurs, les odieux actionnaires qui mettent tout à gauche ! Tu en as fait ton parti et la crise est ton fonds de commerce.

Attention ! Tu ne dois pas te faire oublier de tes camarades, car bientôt aux élections, il faudra battre le ou les collègues syndicalistes en face. Si tu veux rester majoritaire, il te faut être le plus actif, le plus pertinent et le plus convaincant aux yeux de tes adhérents ou sympathisants. Ce n'est jamais l'extinction de la lutte ni du brasero !

Pas de détail et pas de quartier ! Tu as des revendications à revendre et des pétitions à faire signer. Salaires, temps de travail, emplois, pouvoir d'achat, santé, sécurité et modes de production sont tes articles en magasin. Tu en as le monopole et tu en fais réclame au porte-voix. Tes flyers sont tes tracts et ton enseigne est ta banderole et ton drapeau.

Tu vends de la lutte et de l'espoir. Tu es dans le combat permanent. Délégué par ton syndicat, désigné et élu par tes camarades, ta colère est légitime. Contrôler, analyser, sonder, suspecter le prochain coup de grisou patronal, creuser et tailler dans les mesures est ton filon inépuisable ! Tu as bonne mine de défendre ceux qui n'ont pas le choix ou la veine d'aller au charbon.

Tu es dans l'étude de chaque événement et tu prônes la résistance aux changements qu'on te propose. Pourtant tu souhaites imposer les tiens à longueur d'arguments et de slogans. Tu perturbes sans cesse en attendant le grand chambardement.

"Le poisson commence par pourrir par la tête".  Alors, tu te réfères toujours au sommet de l'entreprise. C'est ainsi que tu es sans cesse au comble de l’écœurement. Les méthodes qui descendent du plus haut degré de la hiérarchie, sont de la dernière extrémité ! Bien informé, tu es d'ailleurs au faîte de tous leurs projets.

Tu échafaudes des contre-propositions. Tu contestes à fond, tu sapes les actions et les résultats pour toujours mieux en protestant, tester, agiter et consulter ta base. C'est sur elle que se fondent l'énergie de tes convictions et la légitimité de ta révolte...

Voilà, c'est fait ! Enfin ! La direction a daigné répondre. Tu es mandaté pour négocier ! Demain, tu feras entendre ta voix. Tu vas exiger, taper du poing sur la table. Avec la force collective des camarades, tu vas asséner tes contre-propositions et poser tes exigences. S'il le faut on bloquera l'usine et prolongera la grève ! Ce n'est pas pour rien que tes camarades t'appellent "crame-palettes" !

Les propositions qu'on va te soumettre, seront comme toujours inacceptables, irrecevables, et justifieront le maintien de la grève. En face, le patronat dont c'est l'intérêt, joue bien sûr, la montre et le pourrissement. Toi-même, à force de repousser les offres, tu vas te retrouver acculé au fond de l'impasse.

Alors, au final, tu vas encore être dans le compromis, sans bien sûr, te compromettre pour n'obtenir que quelques clopinettes. Tu vas sauver la face. Chacun aura l'impression d'avoir gagné... surtout le patron qui n'a cédé qu'au minimum, selon la limite qu'il s'était fixée et une issue qu'il avait largement anticipée !

C'est ainsi, en idéaliste idéologue, qu'au fond de toi, tous les soirs sont des grands soirs... Tu le promets au plus grand nombre. Tu voudrais donner le la de l'hallali ! Tu rêves sûrement, la nuit, du défilé du prolétariat autour du catafalque de la bourgeoisie. A la lueur vacillante des 36 chandelles du front populaire, au son de l'internationale, les camarades processionnent, tous derrière toi, ô grand thuriféraire de la révolution sociale ! On le chante dans les congrès et les universités : "Insoumis un jour, insoumis toujours !" La véracité est dans l'hologramme !

Oh ! Camarade, mais, excuse-moi, voilà à mon tour, que j'exagère ! On peut adhérer à un syndicat, être adhérent d'un parti, coller à un point de vue, sans être adhésif ! C'est pourquoi, il ne faut pas se remplir comme une outre de vaines promesses mais passer outre, toute outrance... Dans le pays de Parmentier, des bourguignons, de Hollande et des macs (à) ronds, il est vain, de balancer la purée, d'en faire tout un plat ou tout un fromage !

L'histoire de France nous l'a appris. Un croissant avalé trop vite, au café ou dans la rue, peut être néfaste. La sagesse dit : " Qui trop embrasse mal étreint ! " Quand la démesure atteint des sommets, souvent la souris accouche d'une montagne et le passage du col se fait dans la douleur ! Alors faut pas pousser trop fort ni traiter l'autre d'enflure. Un jour ou l'autre, on se déballonnera comme une baudruche.

La grenouille qui a voulu se faire plus grosse que le bœuf n'est pas devenue forte comme un bœuf ! Tu sais coâ ? Elle a muté en grenouille-taureau mugissante et elle pousse désormais, des cris taurins. Dans l'atelier, sur ton estrade, sous la pluie parfois, dans ton mégaphone, quant à la place de cocoricos, tu pousses tes beuglements, que tu crois faire un effet bœuf, tu en es, un peu la caricature...

Tu as gagné la lutte et tu la crois finale, quant au nom de la justice sociale, fiscale et environnementale, dans la rue, désormais la nouvelle arène syndicale, le peuple défile drapeau rouge et muleta en tête. Ce n'est que le marais qui court en sautant de joie ou de colère pour assister à la corrida des batraciens de la politique ! Le marais espère en débordant, noyer et faire vaciller la République. Les médias sont à l'affût des moindres signes de crues.

Les rassemblements sont le conglomérat de manifestants en meutes qui déboulent de partout dans l'espoir d'obtenir la convergence des conflits sociaux. Il n'y a plus de service d'ordre, chacun se presse en mots d'ordre et, en ordre dispersé... bien vite par des forces de l'ordre, musclées et souvent prises à partie. Pourtant, tu te dis que la cause est juste puisqu'on manifeste pour le droit à manifester.

La lutte n'est jamais finale. Hier, c'était les bonnets rouges. Ici, ce sont les gilets jaunes jonquille qui rêvent du printemps social, du muguet d'un nouveau 68 et d'un bonheur partagé et certifié par un référendum d'initiative populaire ! R.I.P, requiescat in pace, la cinquième République !

Là, ce sont les Verts écolos en détresse climatique qui ne manquant pas d'air pollué, s'accrochent aux branches des arbres de la liberté dans l'espoir de respirer à pleins poumons. Ce sont les scaphandriers qui plongent à l'aveugle dans des mers de plastique !

Ce sont des mécontents de la politique d'austérité, des contestataires des dernières lois passées en force, des revendiquants du droit à la différence, à l'égalité professionnelle hommes-femmes, à la liberté d'expression, etc. Ils accourent de partout, crient leur ras-le-bol et battent le pavé. Avec leurs meilleures intentions, ils croient ainsi échapper à leur enfer.

"Tant va la cruche à l'eau, qu'à la fin, elle se casse !" Qu'importe, toi, tu ne crains pas la rupture ! Car tu as le choix dans le renouvellement constant des motifs de revendications et des moyens d'actions !

Tu peux tout te permettre, même grenouiller et être dans les débordements de la vase. D'ailleurs, tu es déjà dépassé par ta base et tes défilés sont infiltrés par des casseurs. Alors, inutile de pleurer sur ton sort. Dans les affrontements, on t'offre illico les lacrymos gratos !

Mais tu n'es pas en peine. Tu survivras à tout, tu es déjà vacciné ! Tu peux toujours corser la dose pour que ce soit fort de café et la lutte encore plus robusta ! Tu peux forcer la note pour faire entendre tous les couacs et faire croire à l'union, aux lendemains qui chantent. Tu peux aller à la pêche aux adhérents et pousser le bouchon pour noyer le poisson. Tu peux faire monter la mayonnaise pour agiter les huiles et même charrier dans les bégonias pour le leur dire avec des fleurs ! C'est le printemps des luttes !

 

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Alouette ! Alouette !

Publié le par modimodi

J'aimerais vous chanter,

Madame, quelques bluettes,

Des mélodies simplettes,

Des rythm's de bal musette,

Un vieil air que Bechett

Jouait sur sa trompette.

 

Pour vous conter fleurettes,

J'ai des airs plus anciens,

Au luth, à l'épinette,

Un aria au clavecin

Pour belles en collerettes

Et en vertugadin.

 

Vous êtes bien jeunette,

Je suis bien libertin.

Vous me tournez la tête

Mon bouquet de jasmin !

J'voudrais tirer vos couettes

Comm' font les galopins.

 

Ma tendre blondinette,

J'pourrais à l'aveuglette

Taquiner vos frisettes

Et jouer en cachette

A faire des pirouettes

Bien au chaud sous la couette.

 

Pour faire des galipettes

Et honorer vos seins,

J'ôterais la nuisette

Et d'un p'tit air coquin

Roulerais sur la carpette

Pour voir vot' pétrousquin.

 

J'tirerais la ch'villette,

D'un petit air mutin,

Pour faire faire risette

Au blondin séraphin

Et j'croquerais en cachette,

La pomme et ses pépins.

 

Je suis un baladin,

Un rimeur, un poète.

Quand j'déclame à tue-tête

Mes beaux alexandrins,

Les belles, les midinettes

Ont l’cœur aux amourettes !

 

J'ai l'humeur au musette,

Je prends mon vieux crincrin.

Mon cœur est en goguette,

Je me sens musicien.

Je fais des chansonnettes,

Je trousse des quatrains.

 

Afin que notre fête

Soit unique et complète,

J'vais écrire un quintette

Pour joueur de claquettes,

Avec flûte, castagnettes,

Banjo et clarinette.

 

Avec la Fée Clochette,

J'vais danser Casse-Noisette

Pousser l'escarpolette.

Ah ! Saperlipopette !

Ell’vont l’ver leurs gambettes,

Les petit’majorettes !

 

Mi fa sol, la rirette !

J'vais chanter d'l’opérette,

Faire de la musiquette,

Effeuiller la pâquerette

Puis vous plumer tout net !

Alouette ! Alouette !

 

 

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Quelle idée ? Quelle idée ! 1/2

Publié le par modimodi

Tandis qu'on peut parler pour ne rien dire, écrire suppose d'avoir a minima quelques idées à transmettre... 

Mais avez-vous déjà réfléchi à la belle aventure d'une idée ! D'où vient-elle ?

Du pays de l'intuition, des territoires de l'intellection ? Pourquoi surgit-elle à ce moment précis ? Qu'en faire ? Va-t-elle rester et si oui, où ? Est-elle originale, unique ? Qui en a eu le premier l'idée ? Est-elle associée et dans ce cas, à qui, à quoi ?

Ces quelques questions sont posées en nous, à l'infini de notre réflexion !... Cogitons ensemble ! Alors que notre existence se confronte sans cesse à l'impermanence et à la finitude des choses et des êtres, comment un être limité dans sa surface spatio-temporelle, peut-il rendre compte de ce qui le dépasse ? Comment peut-il éclairer le trou noir du vide originel de sa pensée et partir à la pêche aux idées ? 

Comment l'obscurité peut-elle renvoyer à la lumière ? Comment l'obscurantisme pourrait-il conduire au besoin de comprendre et au désir d'apprendre ? Comment à partir de rien, peut-on créer le tout ? Voilà un grand mystère dont personne n'a l'idée, sauf un illuminé !

Quel religieux dans l'impasse de la raison a eu l'idée de renvoyer la question au mystère ténébreux originel puis de nimber le tout de lumineuse révélation biblique ? Incapable bien sûr, d'en apporter la démonstration et la preuve éclatante, il ne lui restait plus qu'à décréter que la réponse n'avait de sens que pour ceux qui avaient la foi !

Génial ! De miracles en miracles, à l'instar du Créateur, la nouvelle fit grand bruit. En effet, le démiurge est un esprit bruyant qui fait Bing et qui fait Bang avant d'être un Esprit brillant à la première étincelle. Holà ! Athées, hâtez-vous d'y croire sinon vous n'avez pas idée comment la vie au jour le jour sera désespérante et vous amènera à en faire tout un monde, matériel et terre à terre.

Déjà, dès l'origine, la belle gageure ! Pour qu'il vienne à l'idée de l'homo sapiens une pensée, il a bien fallu qu'il ait l'esprit ouvert autrement que d'un coup de hache. Ensuite, sur un coup de tête, ne faut-il pas, a minima supposer qu'il ait dû se mettre dans l'idée, afin de se faire au moins une première idée, sa propre idée ! Grands dieux ! J'ai retrouvé l'immaculée conception !

Qu'a-t-il pu alors ressentir : une surprise, une frayeur ou a-t-il bonnement éclaté de rire ? Puis peut-être a-t-il essayé d'en avoir deux puis trois puis plus ?... La pensée ne serait-elle donc que l'heureux hasard du cumul d'idées échevelées ? La pensée n'est-elle lourde que par l'amoncellement d'idées légères et fugaces ?

Pour ne pas avoir la tête surchargée, pour ne pas se sentir envahi et dépassé, c'est alors qu'il est apparu et devenu indispensable d'avoir de la suite dans les idées et de savoir où les ranger afin de leur donner du fondement. Sinon désemparé, voilà notre ancêtre hirsute, braillard et tête folle, tout encombré d'idées !

Et s'il cogite alors, déjà sans le savoir, il déraisonne ! Tant d'idées lui passent par la tête qu'il pense tout haut en grommelant. Dans la cacophonie de la libre expression de ses congénères, il ne lui reste plus qu'à trouver à qui parler et par faits et gestes désordonnés à se faire comprendre quand il a idée de quelque chose. L'idée fixe était née et avec elle les obsessions et les névroses... en voilà une d'idée, me direz-vous !

C'est un fait aujourd'hui admis ! Lorsque nous avons une idée qui nous trotte derrière la tête, nous ne l'avons pas ailleurs ! D'ailleurs, celui qui protège ses arrières, doit bien penser qu'il ne sera facile à personne de lui filer le train et encore moins d'y monter en marche ! Ainsi des arrières pensées restent à quai tandis que l'esprit déraille !

Mais me direz-vous, pourquoi faudrait-il pour comprendre ou se faire comprendre, inventer un début, une suite et une fin à tout, à l’écriture, aux textes, aux événements ? Pourquoi donner de la trame aux récits ?

Tenez ! Prenez mon exemple ! Certes, je manque d'étoffe mais, pour vous embobiner, j'ai bien mon propre style, décousu de fil blanc. Je tiens des propos sans suite. Je m'accroche à mes idées, je suis, vous le savez, l'écrivain aux écrits vains, l'adepte inepte du "Sans Queue ni tête".

Je sais même qu'il est quasi impossible de rendre simple et concrète, ce qui n'est au départ, qu'une pure abstraction. Edgar Morin a bien compris la relation étroite, quasi fusionnelle pour ne pas dire confusionnelle entre l'incertitude et la complexité. J'ai beau en avoir l'idée, c'est à dire l'intention,  je reste prisonnier de la conception de mon esprit, mal fécondé, sans doute !

Je suis pourtant logique et j'affronte les complications car je pense, avec méthode, pouvoir les résoudre. Hélas ! Mes idées sont comme les spaghettis, jamais elles ne s'enroulent de la même manière sur la fourchette. La complexité a sa propre dynamique qui embrouille souvent mon esprit.

Si selon Pythagore, "Une pensée est une idée de passage", mes pensées elles-mêmes sont souvent enchevêtrées dans mes idées. Je pense saisir une réflexion, mais ce n'en était que l'apparence, des impressions en débandade.

La soudaine clarté, la subite illumination n'était probablement qu'un vulgaire lieu commun, un poncif éculé et l'approche de la notion n'était qu'un préjugé ! Alors, si je m'obstine dans l'idéation, je ne fais que m'enfoncer dans l'obsession de sa représentation. Tout est flou, rien ne demeure, tout est fugace et se refuse à mon souvenir en se sortant de l'idée.

Les images qui m'en restent sont-elles des rêves ou des impressions , comme chaque matin, à mon réveil ? Puis-je en avoir une vraie compréhension ou sont-elles des illusions sans consistance ? Au fond, penser, consisterait-il-il à imaginer le réel à partir d'idées insaisissables et sans cesse en fuite ? Penser consiste-t-il à projeter sur les parois de la caverne de son esprit, les ombres d'une réalité vécue et aussitôt disparue ?

Ainsi, "le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous ses sens." Quand l'écrivain se fait visionnaire, il se raconte des histoires et part à l'aventure du récit. Il fixe des idées évanescentes dans des épisodes, tout lui est alors permis. Il est Don Quichotte qui chevauche à la recherche de sa Dulcinée, de sa Muse idéalisée. Il espère trouver l'émotion dans le sublime de mots et de visions assemblées. Mais il n'éperonne souvent que des lambeaux d'idées accrochées aux ailes déchirées du moulin à vent de son cerveau, ouvert aux quatre vents.

Comme je ne trouve pas de réponse, alors souvent, je reste moi aussi au niveau de l'intention et faute d'idées claires, je m'abandonne à la confusion des sensations ou des sentiments. J'agis souvent sans penser ! Après tout ! Qu'importe l'incohérence ! Est-on tenu de tout comprendre et de tout expliquer ?

D'ailleurs, comme je suis un optimiste, plutôt idéaliste et fier, je fais sans doute comme tout un chacun ! Dans ma quête heuristique de donner du sens à ma vie et mes actions, je pars souvent d'une vague conception que je creuse pour donner une quelconque idée. Je prétends même la transformer en solution et cette pensée encore inaboutie se présente alors en projet que je déclare planifier.

J'affirme de grossière façon : "J'ai bien ma petite idée, mais pour l'instant, elle n'est encore qu'un projet !"... Et voilà, le tour est joué ! Je sauve ainsi la face et toutes les facettes ! Je peux me tailler avec le diamant encore brut de ma pensée ! Le résultat est une option, pas une obligation.

Je fais à mon idée ! Le contexte peut rester flou, en attentes de précisions ! Je peux élaborer des solutions, penser des stratégies et prendre un air mystérieux en faisant croire au souffle de l'inspiration ! Je fais croire que je médite et me recueille, alors que je suis à la ramasse !

Je peux même alors faire semblant de garder l'idée derrière la tête pour donner à voir à ceux qui me suivent. J'illustre de moult exemples, de buts possibles et de belles perspectives à atteindre ! Je divague et je dis vague !

Je donne de fait, raison à l’étymologie du mot. En ce sens que l'Idée pour prendre matérialité, doit donner à voir, à représenter et à connaître ! Sans la comprendre, chacun peut sentir, flairer et subodorer !... Fugitive apparition dans le buisson ardent de l'intelligence, éclair dans la nuée ardente de l'esprit, alchimie de l'intuition illuminative, accessible à tous !...

Et même, celui qui n'a pas la moindre idée, peut prendre comme un cadeau cette idée miraculeusement reçue, à son insu et dire à son tour : "J'ai ma petite idée !" Ou "Je viens d'avoir une bonne idée !" Les plus naïfs appellent même cela de la transmission de pensées ! Entre vous et moi, quelqu'un ne manquera sûrement pas de penser : Quelle idée? Quelle idée !

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M'as-tu-vu 2/3

Publié le par Modimodi

Ce qui t'importe, c'est d'être vu

Et d'avoir toujours le dessus !

Y'a pas besoin de longue-vue,

On ne voit que toi, m'as-tu-vu,

Comme sur ton nez, la verrue !

 

Entre toi et l'hurluberlu

C'est plutôt, jus vert et vert jus !

Avec tes mots gaulois et crus,

Tu fais fuir la premièr' venue

Et tu n'essuies que des refus !

 

Tu n'es qu'un poète déchu !

Tes vers ont les pieds fourchus,

Ta muse a le nez camus,

Tout le Parnasse, t'a exclu !

Tu es un amoureux confus.

 

Ta poésie, c'est d'la fondue,

Du décousu, du déjà-vu.

Tes rimes poissent dans la glu,

Tes phrases sont des gratte-culs,

Tes écrits, de gras torche-culs.

 

De suffisance, tu es en crue.

Au concert des têt' de morue,

Au festival des vieill' charrues,

T'es monté sur scène, en intrus

Et t'a fini, en garde à vue !

 

T'as beuglé d'un' voix suraiguë ;

Alors on t'siffle, on te conspue,

De toute urgence, on évacue

Ce claque-sabots, bigleux, chevelu,

Au hit-parade des invendus !

 

Faut que tu frimes, bien entendu !

 

Pour être minc' comme un fétu,

Dev'nir champion de jiu-jitsu,

Tu fais bombanc' d'une laitue,

Mais tu ressembl' à un' cornue !

 

Dans c'costume épinard vert-cru,

Ton baise-en-ville en peau d'tortue,

Tes chemis' à fleurs, jaune cocu,

Ton manteau en plum' d'urubu, 

Tu ressembles à un jabiru !

 

De classe, de chic, t'es dépourvu.

Ne t'habille plus au Prisu,

Les tissus ne sont pas cossus.

T'as plutôt l'allur' d'un loc'du,

Qui vient de s'inscrire au chom'du !

 

Du plus clinquant, t'es à l'affût :

Tant de bagues, à tes doigts crochus,

Tu es d'un vulgaire absolu !

Oui ! Ta Rolls est un vrai tape-cul

Rose praline, elle fait cucul !

 

Tous tes efforts les plus accrus

Ne sont que nuls et non avenus.

Du bon goût, tu es le rebut,

Du mauvais goût, tu es l'élu.

On ne voit que toi, m'as-tu-vu !

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Lettre à un syndicaliste : exagération syndicale 1/2

Publié le par modimodi

Too much, camarade, tu en fais toujours trop !... Une circulaire du grand patron : voilà que tu rougeoies, que tu t'enflammes et t'embrases aussitôt comme une grille de barbecue ! Tu es chaud patate ! Tu t'agites !...

On t'entend gueuler au mégaphone :

"Camarades, ne vous laissez pas avoir par le grand patron ! Ce n'est qu'un salaud de dirigeant exploiteur, y'a sûrement une entourloupe dans sa proposition ! C'est trop louche cette soudaine augmentation pour les bons résultats du trimestre !

Camarades, c'est encore une manœuvre de la direction pour nous faire travailler davantage et augmenter la production. Voulez-vous travailler davantage ?

Camarades, ne vous laissez pas endormir par les promesses de ce patron voyou qui a toujours refusé de vous augmenter ! Y'a pas de cadeau ! Cet argent, il vous le doit !

Camarades, n'oubliez pas ! Les cadeaux ne sont pas pour vous mais toujours pour les actionnaires !"

Allez ! Vite ! Il faut passer à l'action. Alors, toi, tu rédiges un tract et un bon slogan pour la manif : "Mobilisez-vous ! Mobilisez-vous ! Halte aux cadences infernales pour un profit maximal ! Halte aux cadences infernales pour un profit maximal ! " C'est ainsi ! Tu l'espères ! La répétition fixe les obsessions et prépare la révolution.

Petit syndicaliste hyper actif, tu abuses un maximum car il faut, parfois à tort, que systématiquement tu t'opposes à toute nouvelle offre du patronat. Sans cesse, tu es méfiant et tu dramatises accusant le capital ! Un comble même ! Voilà que tu montres le poing et gonfles la poitrine. 

Ne crois-tu pas que tu grossis l'événement et que tu majores, ce qui n'est qu'une simple revalorisation salariale ? Pour le coup, qui aura la première majoration de sale air, devant ses camarades syndiqués qui, à l'inverse de toi, apprécient plutôt l'aubaine pécuniaire ?

Pourquoi devenir excessif et excédant pour quelques bienvenus excédents ? Pourquoi être dans l’hyperbole quand pour une fois, tu as du bol et pas du bolchevik ? Ne réveille pas tes vieux démons ! Oublie ta formation idéologique, laisse en repos le petit Père des peuples, fuis la police de la pensée du marxisme stalinien. Le monde dans lequel tu vis, a évolué, les conditions sont différentes. Tu dates ! Tu as trois luttes et trois métros de retard ! Le système dans lequel tu agis, a choisi l'impérialisme libéral ! Tu n'es qu'un vieux grognard à contre-courant de tes modèles.

Autrefois, le mois d'octobre était meurtrier, plus aujourd'hui ! Le léninisme est lénifié. Alors pourquoi invoquer encore le grand Karl Marx, quand tu es en tendance Harpo et Groucho.

Tu as raison ! Les syndicats sont utiles, tu es bien payé pour le savoir ! La lutte des classes a laborieusement permis d'obtenir l'amélioration des conditions de travail et de nouveaux droits à la classe ouvrière. Chacun a aujourd'hui la possibilité de grimper à l'échelle sociale mais comme il n'y a pas que celui qui tient l'échelle, qui reste en bas. Alors toi, tu encourages l'escalade des revendications.

C'est à Leningrad, qu'on proclame encore : "Crois la Pravda et tu seras sauvé !" En vérité, Tovarich, tu peux bien sûr, chanter un soir, au théâtre municipal avec les chœurs de l'Armée Rouge, mais méfie-toi des cantiques accompagnés aux orgues de Staline.

Comme le disait babouchka : "Camarades, bateliers de la vodka, faut pas charger la barque, pour descendre la Volga !" Tu l'as déjà constaté. Tes camarades ouvriers, ivres de liberté préfèrent de beaucoup les dunes et la plage de la mer Noire à la grève sur le tas.

Tu honores honnêtement, ton mandat syndical mais tu es bien trop gauche, ardent gauchiste ! Tu restes imprégné par ton idéologie. Tes slogans sont encore de la monnaie de singe, du mauvais emprunt russe aux grandes figures révolutionnaires, aujourd'hui démodées. Ressaisis-toi ! Il te faut être de ton temps !

Malgré tes références à la grande Russie, à la discipline esthétique des défilés des gardes rouges, au bonheur promis aux masses populaires avec le muguet du premier mai, malgré toute cette apologie triomphante de la lutte des classes, tu n'as jusqu'à présent, vraiment pas fait école. Ne t'en surprends pas ! Les espèces sont menacées, pourquoi pas les syndicalistes et les syndiqués ?

Regarde ! Les rêves de nationalisation n'ont produit que des besoins individuels et des désirs de bonheur égoïstes. Tu parles de politique d'austérité aux salariés comme tu l'aurais fait autrefois aux esclaves d'un travail aliénant, aux forçats du labeur. Aujourd'hui, c'est aux victimes du capitalisme sauvage et de la mondialisation, auxquels tu t'adresses. Oui ! Mais tu as beau chercher... Où sont passés les damnés de la terre ?

Hormis encore quelques fanatiques, on n'appelle plus désormais aux manifestations de violences, aux révoltes armées et l'on craint davantage la répression. Ce n'est plus l'heure de la grande lessive, au nom de la liberté. II est heureusement aboli le temps de la terreur, blanche de linceul et de peur comme rouge d'horreurs et de sang...

N'oublie plus désormais la sagesse populaire. Celle-ci échappe à toute loi de la douma ou à tout pouvoir de libre soviet : "Qui savonne la planche, ferait mieux de laver d'abord son linge sale en famille." C'est peut-être le propre du collectivisme !

Car l'histoire l'a prouvé, camarade, avec les vertus de l'argousier : "Qui veut se faire mousser, risque de se faire laver la tête, pour un simple Kopeck !" Pour le cerveau, c'est sûrement déjà fait ! La réforme agraire a autrefois promis de l'herbe verte aux moutons de Panurge et de la taïga ! Oh oui ! Ils ont brouté et ruminé !... La révolution industrielle elle-même, n'a guère fait naguère, mieux que forger pour la guerre (tank you, Vladimir !) l'acier des canons en mettant ainsi du plomb dans l'aile de la colombe de la paix !

Avec ton affiche rouge, tu colles, causes, tant que tu peux ! Avec le petit père des peuples, toujours présent dans ta tête, tu sauves, causes, tant que tu peux ! Mais tu as l'impression de prêcher dans la toundra.

Par Trotski et le marteau, enfonce-toi bien cela, dans la tête ! Par ta moustache et celle de Nietzsche, par la barbe de Karl Marx, les temps ont changé ! Le syndicalisme de gauche a fait sa critique marxiste et tu n'es plus aux ordres du Parti, lui-même aux ordres du Kremlin.

A présent, le prolétariat ne se reconnaît plus dans un parti communiste affaibli et inaudible, sans doute plus préoccupé de questions sociétales que de questions sociales. Il se sent abandonné, mal défendu par des syndicats politisés et peu convaincants.

D'un mouvement ou d'un parti à l'autre, la base et les syndicalistes sur le terrain restent authentiques et motivés. Mais au niveau national, les étiquettes changent plus que les programmes. Les sacro-saints combats sont souvent de chapelle et les leaders sont des professionnels aguerris, en querelles d'égo comme en rivalités de scores d'audimat. Ils s'affrontent sur des détails sans parvenir à s'unir sur l’essentiel.

Et puis heureusement, que globalement les conditions de travail se sont améliorées, que les revenus ont augmenté. On ne meurt plus de faim et la cause ouvrière est un motif et un slogan moins accrocheur. Une partie du bon peuple qui veut s'embourgeoiser préfère même, à l'heure de la soupe populaire, manger des toasts au pâté de foie et des œufs de lump sur blinis, en buvant des cocktails à la santé de Molotov ! On se retrouve plus souvent sur les barbecues que sur les barricades.

Pourtant, il n'y a pas que des consommateurs de l'essentiel et du superflu, y a toujours une vraie misère : des gens qui ont perdu leur emploi, qui ne peuvent boucler le mois, nourrir leurs enfants et qui sont mal logés. Je ne parle pas des S.D.F, des réfugiés, du quart monde. A part l'humanitaire et l'associatif, personne ne s'en occupe ni ne les représente. Il n'y a pas de syndicats pour les non productifs comme pour les misérables qui ne peuvent pas se syndiquer ni alimenter les caisses du parti !

Bon ! Je suis un peu comme toi, bien sûr que j'exagère en paroles ! Tu es un pacifiste, un défenseur de la laïcité et des droits, tu t'affirmes comme un citoyen qui teinte en rose la vie des gens en agitant parfois le chiffon rouge. Tu es libre de pensées et de mouvements, alors, pourquoi nages-tu encore dans les courants ?

T'a-t-on dit que tu pouvais être formé par le parti ou le syndicat sans pour autant être conformé en copie conforme ? Évidemment, c'est tout à ton honneur, que tu restes un militant, convaincu et convaincant qui ne s'avoue jamais vaincu ! Tu es un idéologue idéaliste, tu es un solide propagandiste, un pur et dur ! Tu vas gagner au moins le droit à être connu. Tu crois et tu y crois ! Si tu n'es pas sauvé, au moins rêves-tu de sauver le monde. Respect !

Le socialisme n'a plus l'écharpe rouge du prolétariat qu'au cabaret de la butte Montmartre, chez A. Bruant. Écoute camarade ! Y Rebroff chante : "Adieu, la charrette ! Ah ! Si j'étais riche, diguediguedich !" et non pas : "La gauche caviar qui déguste du miel et crache son fiel, boira la tasse et l'amer !" J. Higelin en a fait deux albums : "Champagne pour tout le monde." et "Caviar pour les autres." Moi, je te le dis, conseil d'ami : "Aux bornés, faut surtout pas faire franchir les bornes !"

C'est certain ! Au temps des cerises, l'air est plus aimable, les cieux toujours plus bleus et le temps plus Clément ! "Les gouttes de sang" perlent encore aux "plaies ouvertes" du communisme et laissent à nos belles comme aux nostalgiques "des peines de cœur"... Aujourd'hui, la faucille emblématique ne coupe plus que les herbes folles de la rêve party de la fête de l'Huma. 

L'avenir est dangereux. Tu vois rouge, tu n'as pas d'endroit ou de résidence secondaire pour te mettre au vert alors, t'enfile ton gilet jaune et tu t'aères en tournant en rond dans les ronds-points et tes revendications ! Dans le brouillard des lacrymos, on t'en fera voir de toutes les douleurs !...

Par Maïakovski, les œillets rouges des poètes ne font même plus la révolution politique ni littéraire !

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Un seul baiser 2/2

Publié le par modimodi

Nos doigts se sont entrecroisés,

Nos corps se sont électrisés,

Nos vies se sont volcanisées.

Rien ne pourra nous apaiser.

Arrêtons d'économiser

Ce bas de laine de baisers...

 

Pas question de vous raviser !

De me snober, de me toiser,

De chercher à nous diviser

Et brusquement dramatiser...

Vous ne pouvez être blasée

Comme une rosière de musée !

 

Ne soyez pas scandalisée

Si j'ose encore vous proposer

De m'étourdir de vos baisers.

Je sens que je vais exploser,

Défaillir ou agoniser

Si vous osez vous raviser !

 

Pas de décisions à peser,

Vos pudeurs sont billevesées.

Donnez-vous sans bémoliser !

N'êtes-vous pas prédisposée

A creuser et dévaliser

N​otre capital de baisers ?...

 

Enfin, je peux poétiser,

Ma plume est folle, toute grisée !

Les doux plaisirs sont aiguisés

Tous mes sens sont mobilisés,

Ma vigueur s'est fertilisée,

Mon ardeur est fleurdelisée.

 

Adieu, les joies formolisées !

Je vais clamer, le diffuser :

Je n'ai plus peur de la risée,

Ma mie, m'a donné un baiser !

Ce soir, je peux prophétiser,

La peur s'est volatilisée.

 

Le bonheur est à la croisée,

Mon cœur dort dans les alizés.

L'amour s'est immortalisé,

Ma vie est aux Champs Élysées...

Sur mes lèvres, gouttes de rosée,

Aux mille désirs framboisés,

Ma mie, m'a donné des baisers !

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Sérieux, s'abstenir !

Publié le par archibald_06

Y'en a qui se prennent au sérieux ! Qu'il faut prendre avec des pincettes ! Y'en a qui rient quand ils se brûlent ou qui se consument d'ennui, à petits feux ! Tandis que, pendant ce temps-là, y'en a qui brûlent avec joie, les planches et les bougies par les deux bouts !

Y'a des tristes figures et des pince-nez, au nez et à la barbe de quelques hilares hirsutes ! Y'a des bonnets de nuit qui voient tout en noir et des lunatiques qui sont de lune rousse ! Y'a des collets montés qui se poussent du col et d'autres qui rient à gorge déployée ! Y'a des raides comme la justice et d'autres qui s'en balancent !

Y'a des mous du genou et des belles en cuisse qui aiment les parties de jambes en l'air ! Y'en a qui ont les jambes coupées et qui sont incapables de les prendre à leur cou ! Y'a des éclopés qui perdent pied et qui vont comme Pétrouchka sur une simple jambe de bois !

Y'a des enracinés de bonne souche ou des durs de la feuille, dont l'arbre généalogique n'a produit que de la connerie en branches ! Y'a des idiots congénitaux, toujours en dehors du coup et des génies qui font coup double.

Y'en a qui ont des casseroles au feu et d'autres qui les ont au c... ! Y'a des durs à cuire qui vous mettent sur le gril pour vous cuisiner. Y'a de mauvais paroissiens qui pensent toujours qu'il y a quelque chose qui cloche. Y'a des inquiets, dans les tracas jusqu'au cou, qui se cassent la tête pour tenir le coup ! Y'en qui échafaudent des idées révolutionnaires et des casse-cou qui ne tiennent pas le cou.

Y'a des empâtés amorphes et des figés gélatineux ! Y'a des englués, des impotents, des paralysés qui cherchent à sortir de la mouise et y'a des pommes qui cherchent des poires, pour leur conter tous leurs pépins !

Y'a des ronds de cuir qui vous tannent ! Y'a des inconvenants consternants et des cons venus vous parler de leurs déconvenues ! Y'a des premiers sinistres et des derniers minables ! Y'a des politiques contrariants, qui parlent à mots couverts pour annoncer les tuiles. Y'a des charlatans qui bonimentent, jusqu'à plus soif sur nos déboires ! Y'a des enquiquineurs publics, qui nous bassinent et qui n'ont pas trouvé d'autres débouchés, que leur évier !

Y'a des piquets plantés, en pâture avec la vie et des coincés qui se tordent et rient comme des bossus ! Des serrés du col et des fesses ! Des pisse-froid ! Des rigides au balai dans le c... , depuis plus de 30 ans et des poussières et qui sont complètement à la ramasse ! Y'a des valets insupportables, aux épaules en portemanteau, qui ont eu un pater austère et qui les ont bien accrochées !

Y'a, au présent, des compassés ! Des êtres graves à l'air sévère, qui dramatisent sur tout, des tourmentés qui vous tourmentent ! Y'a dans l'ascenseur social, en pleine gloire autosuffisante, des condescendants à tous les étages. Y'a des constipés, à la bouche pincée mais pas que !... Y'a des guindés, qui préfèrent mourir de retenue que de rire ! Tandis qu'y en a qui prennent tout à la rigolade, en fuyant les trouble-fête !

Y'a des obséquieux et des insignifiants, des petits importuns qui se croient importants ! Y'a des austères minus au bout du quai, des chieurs au bout du rouleau, qui vous courent sur le haricot ! Y'a des battants abattus et rabattant qui vont à la chasse !

Y'a des blasés mélancoliques et renfrognés ! Y'a des doctes sentencieux, dans des assemblées de savants binoclards ! Y'a des barbons barbants et des rébarbatifs soporifiques, qui monologuent des histoires à dormir debout à des fatigués assommés !

Y'a des pessimistes et des cafardeux qui cherchent la petite bête ! Y'a des réfrigérants intimidant, au ton glacial ! Y'a des frigides qui vous jettent un froid. Y'a des vierges de désolation éplorées qui vous navrent de leur langueur et de leurs sanglots longs et monotones ! Y'en a qui se dessèchent de chagrin, dans des torrents de larmes et qui s'écroulent tout en n'étant pas coulants !

Y'a des taiseux taciturnes et des peureux qui croient que tout est dangereux, qui s'abstiennent et se retiennent ! Y'a des ratés tragi-comiques, des cabotins ringards sur la scène de la vie. Des amers et des noyés qui vous mettent le vague à l’âme. Y'en a qui manquent de savoir vivre, des morfondus morbides et déjà morts, vivant !

Tout n'est pas rose ! Y'a, c'est le bouquet, des amoureux épineux et moroses qui recherchent des rosières. Y'a des petits sombres héros rembrunis qui enterrent leurs amours mortes, dans des tenues funèbres.

Y'a des méfiants méticuleux, des scrupuleux minutieux, des soigneux consciencieux, des fâcheux scrogneugneux ! Y'a des étriqués qui n'ont pas de veine et des cœurs de pierre qui restent de marbre ! Y'a des cœurs d'or déçus, amers et désargentés, sans le sou mais dans les soucis !

Y'a tout cela et puis y'a moi ! Moi, sérieux comme un pape, bien sûr, celui des escargots de Henri Vincenot ! Y'a moi ! Y'a bien moi ! Je pratique le fou rire avec la folle de mon logis ! Fou du roi, pourquoi pas, même pour les tristes sires !

Et oui ! Y'a moi ! Moi, qui ne veux pas être un insipide écrivain ou un poète casse-pieds ! Je veux être primé, pas déprimant ! Je veux de la fiction, pas de l'affliction ! Je fuis les critiques verbeux, qui me causent de sérieux et désagréables problèmes, quand ils n'ont pas le mot pour rire ! Y'en a trop qui me prennent au mot et qui me causent des maux !

J'ai, à plus d'un titre, depuis longtemps choisi mes références : "Au bonheur des dames", "Les joyeuses commères de Windsor" plutôt que "Bonjour tristesse" ou "Les misérables" ! Y'a des filles de joie fréquentables mais elles ne courent pas les rues !

Par principe, en amour, je préférerai toujours une madame sans gaine à une "Madame sans-gêne", sinon elle peut repasser ! J'accepterai même une belle endormeuse, si elle n'est pas empoisonneuse ! Mais y'en n'a plus que dans les contes de fée !

Je veux leur compagnie et pas de tête à tête avec la solitude. Je veux leur plaire à tout prix, sans jamais leur déplaire ! Pas d'amour, au rabais d'un présent rabat-joie ! Y'en a trop qui ne savent pas faire durer le plaisir !

Y'a donc pas de mal à se faire du bien ! Oh non ! Moi, je veux pour vous, encore et toujours écrire, tout en veine et pas en peine, tout en défi, pas en dépit, tout en couleurs, pas en douleurs !

 

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M'as-tu-vu 1/3

Publié le par modimodi

Ce qui t'importe, c'est d'être vu !

Y'a pas besoin de longue-vue,

Sur cette plage, à moitié nu,

Dans ton string en peau de zébu,

On ne voit que toi, m'as-tu-vu,

Comme sur ton nez, la verrue !

 

À paraître, tu t'évertues,

Empli de toi, tu es imbu.

Tu parles sur un ton pointu,

Et pointes ton doigt vers les nues !

Moustachu, courtaud, fier, dodu,

Il faut toujours que tu sois vu !

 

N'te cache pas, on t'a reconnu !

Même, au milieu de la grand'rue,

Dans la foule, en pleine cohue,

C'est ta voix qui est suraiguë !

C'est toi, plus fort qui éternues !

Tu n'as aucune retenue.

 

Même dans l'eau, tu tonitrues

Pour donner un simple point d'vue.

Chacun croit que tu es perdu

Qu'au fond de l'eau, tu es foutu

Et du coup, les sauveteurs affluent

Pour repêcher le court-vêtu !

 

Tu veux toujours être entendu,

Tu as la langu' trop bien pendue,

Tu te crois speaker à l'O.N.U.

Tu n'es pas pris au dépourvu,

Et c'est toujours toi, qui conclus

De propos les plus incongrus !

 

Chacun est aussitôt déçu,

Tu débites des coquecigrues.

Ce ne sont qu'idées préconçues

Et fariboles saugrenues 

Pour quelques esprits biscornus.

Y'a qu'les idiots qui s'éberluent !

 

Quand tu contes par le menu,

Que t'as fait la chasse au Dahu 

Avec la famille Landru,

Et cent histoires plus farfelues,

Tu fais l'buzz dans l'tohu-bohu !

 

Au bahut, c'était bien connu,

T'étais responsabl' des chahuts,

Tu te vantais de ton statut

De collectionneur de retenues !

On n'entendait qu'toi, m'as-tu-vu !...

 

Faut partout qu'on t'ait aperçu,

Tout' l'année, tu fais du raffut,

Et tu t'pousses pour être en vue.

Des plus grands, tu es la sangsue.

En courbettes, t'es répandu.

 

Sur l'estrade, faut que tu salues

Le moindre péquenot venu.

Tu montes, c'n'était pas prévu !

Com' le bois était vermoulu,

Sur les fesses, tu l'as descendue !

 

Car au final, toi seul as chu

Exposant ton croupion charnu !

Ton talent a les fesses à nu,

Un peigne-cul t'a reconnu

Tu es en renom m'as-tu-vu !

 

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Ami, échecs et maths 2/2

Publié le par modimodi

Tu t'en souviens sûrement et tu le sais, toi, mon ami de classe, je n'étais pas doué pour les calculs et les maths.

Alors que les racines me mettaient la tête au carré, pourquoi les zélés professeurs, s'échinaient-ils tous, à vouloir m'extraire à mon ignorance et prendre ainsi le mors aux dents et le problème à la racine ?

Carrés dans leurs conceptions, ils avaient décidé, malgré les échecs, d'organiser mon cerveau, case après case, colonne après colonne, rangée après rangée, en abscisses et en ordonnées.

Dans la confusion des méthodes et des enseignements, j'ai perdu ainsi, bien des fois, patience et logique. Pourtant, nul abattement ou défiance ! En élève consciencieux et déterminé, quand les logarithmes imposent leur puissance et les algorithmes leurs étapes systématiquement programmées, je me mets en règle et je m'y soumets ! Résultat : il m'est impossible, du reste, de me soustraire à la moindre opération et de filer sans demander mon reste. Je fus ainsi de plus en plus déraciné et de moins en moins capable de déduction. Je n'y ai pas souvent trouvé mon compte.

Obstinément, sur le damier scolaire et selon la loi mosaïque, en développant de tous côtés leurs attaques, mes braves enseignants cherchaient à m'éviter les échecs et moi, bien sûr, à éviter les maths. Ils m'assénèrent, avec la preuve par 9, qu'avec du temps, je pourrais gagner du terrain et espérer une promotion, à condition de trouver la parade à mon obstruction ordinale : le coup de Maître !

Croyant naïvement et follement à l'opération du sain d'esprit, ils imagèrent leurs leçons de paraboles, censées me mettre le cœur aux quantiques. Devant mon attitude hiératique de Sphinx, ils tentèrent même à la base d'élever mon raisonnement monolithique à la pointe des pyramides. Quelle plaie ! Que de luttes pour rester à la surface, sans me casser le nez ni perdre la face !

Des mises au point excentriques parfois, diamétralement opposées souvent, devaient parvenir à élargir mon rayon d'action. Ainsi, on m'expliqua entre quatre-z-yeux, d'une mine désappointée, la quadrature du cercle "vicieux". Mais je me mettais sûrement le compas dans l’œil, car rien ne tournait rond et tout allait toujours de mal en pis... et pi, c'est pas mon rayon !

Bloqué des sinus, je ne parvenais jamais à prendre ni l'aire, ni la tangente. Considéré comme obtus, j'étais sans cesse dans leur angle de vue. Pour entrer dans leur jeu, à géométrie variable, je m'étais mis en 5, 7 et sans y regarder à 2 fois, à soutenir l'échange pour y faire bonne figure. Je faisais les 3 huit, penché sur d'énigmatiques problématiques, le plus souvent restant en plan sur des énoncés et des graphiques, des schémas et des figures, toujours tronquées.

Pendant ce temps, mes doctes et dogmatiques professeurs mettaient en équations, mes probabilités de progrès elliptiques et, en coupes, la spirale de mes échecs innombrables. Au total, un conglomérat de variations, de résidus et de dérivées et moi, toujours plus naufragé, noyé, à la dérive !

Et encore et toujours des fractures de moral et des fractions, sans réduction, ni simplification, toujours au même dénominateur de l'erreur en embuscade. Pauvre de moi ! J'étais contraint au régime d'entraînement, à la barre fixe de mes échecs, terme à terme. Eux seuls entraient en ligne de comptes.

Pourtant d'année en année, de l’école primaire, au collège puis au lycée et malgré leur acharnement et mes résolutions de progrès, il n'y eut, tout compte fait, pas de résultats co-efficients, entre eux et moi ! A la table de Pythagore, je n'ai jamais eu d'appétit !

Ah quelles époques ! J'étais toujours entre le zéro et l'infini. Mais devant l'infini, t'es si mal, si mal, que coup après coup, j'aurais dû au moins, me voir pousser la bosse des maths ou acquérir de l'esprit comme 4 !

Mon cher ami, au bout du compte, sans t'énumérer les étapes de mon parcours, post et péri scolaire, je suis simplement devenu, (tu en seras surpris), prévisionniste, calculateur dans le montage d'opérations. Avec le temps, j'escomptais sans doute guérir le mal par le mal mais hélas, la vie à mon instar, ne fait guère mieux que des comptes à rebours.

Bien mince est son résultat, puisque aujourd'hui encore, la politique du chiffre et les statistiques n'ont toujours pas ma préférence. J'ai mis sur le compte de la fatalité ces réticences automatiques. J'hésite même sur l'emploi de l'expression quand je t'affirme que tu fais partie du nombre de mes amis.

C'est dommageable mais ce l'était davantage, à l'époque de mes humanités gréco-latines ! En effet, malgré d'innombrables efforts, je restais sans prise, à découvert, sur le flanc, battant de l'aile. Oui dame ! Et à mon grand dam, le plus souvent damé sur le damier !

J'étais à la fois, un petit pion, coiffé du bonnet d'âne et une bête de sommes, envahie par les idées noires du tableau, qui marquaient à la craie d'interminables nuits blanches. Assommé de calculs cauchemardesques, je ne parvenais plus le jour, à me soustraire à l'attrait du somme, où les yeux grand ouverts, je faisais semblant de compter les moutons.

Je m'enfermais alors, sans retenue, dans ma tour d'ivoire, avec ma petite tête aux cases blanches et noires. Là, mes rêves souvent cavaliers empruntaient des chemins de traverse, diagonales d'un fou du roi qui mourait hélas, toujours dans l'arène scolaire.

Au réveil, j'avais tout sacrifié, déroqué de mon trône, j'étais le roi mort, dépouillé de toute illusion. Aux termes d'une partie nulle, sans faire ni une, ni deux, je me trouvais tout pat, couché, sans chiqué sur l'échiquier... Échecs et maths ! Échec et mat !

Compte sur moi ami, pour te garder mon estime et mon amitié !

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Un seul baiser 1/2

Publié le par modimodi

Je ne vais pas bien dans ma tête,

J'ai le cœur qui chante à tue-tête ;

Je ne vais pas bien dans mon cœur,

J'ai la tête en accroche-cœur.

 

Après tant de chassés-croisés,

J'ai pu enfin, vous courtiser !

Nos émois sont harmonisés,

Nos désirs sont magnétisés.

 

Votre flèche m'a arquebusé !

Mon cœur ne peut cicatriser,

Vous m'avez donné un baiser !

Je sens que je vais imploser...

 

Nos lèvres se sont apposées,

Nos bouches se sont embrasées,

Rien ne peut les cautériser,

Le feu a tout carbonisé.

 

Laissons les jaloux jaser !

L'amour en nous s'est infusé,

Il ne saurait se rassasier

De quelques maladroits baisers !

 

S'il faut encore vous courtiser,

S'il faut toujours platoniser,

Et pourquoi pas pindariser,

J'y suis volontiers disposé.

 

Nulle intention de pavoiser !

Mais de grâce, venez déposer,

Au risque de vous épuiser,

Des millions de tendres baisers :

 

Sucrés ou caramélisés,

Délicieusement anisés,

Enivrants et alcoolisés,

Pétillants et champagnisés.

 

Mes sens étaient ankylosés,

Tous mes désirs paralysés,

Mon cœur insensibilisé,

Il a suffi d'un seul baiser !

 

Ma triste vie d'hypnotisé,

S'est d'un coup métamorphosée.

J'ai enfin pu apprivoiser

Ce rude cœur émerisé.

 

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