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A tue-tête !

Publié le par archibald_06

Je suis agacé et exaspéré, je suis vénère et j'ai les boules comme un ado en révolte !

Devant ceux qui disent que certains écrits n'ont ni queue ni tête, moi, je crâne et je fais la tête. Je boude comme un enfant grondé. Je leur fais ma mauvaise tête. Je la leur tire avant de me tirer. Et quand l'agacement monte en puissance, je voudrais parfois même, une fraction de seconde, la leur mettre au carré !

Mais enfin, nom d'une pipe ! Quel culot, vous avez tous, pour me prendre ainsi la tête ! Que voulez-vous de moi ? Oui, j'écume ! Oui, mes écrits encalminés et fumeux ne font plus un tabac ! Mais observez ! Je rentre la tête dans les épaules et je me tasse, voire je me casse, sans fulminer. Je suis même à la bourre et pour un peu, à la bourre-pif ! Je cours de tous côtés, tête baissée, prêt à vous encorner !

Pourquoi voudriez-vous que je discute avec vous sur une queue de poire si, c'est en plus, pour en faire une mauvaise pomme de discorde ? Je ne souhaite pas perdre mon temps avec de mauvais sujets. Il suffit déjà des miens ! Et puis dites-vous bien que vous n'êtes pas assez fortunés, pour pouvoir vous payer ma tête, déjà mise à prix... littéraires !

Regardez autour de vous, vous ne devriez pas savoir où donner de la tête chercheuse. Alors, ne vous prenez pas pour une grosse tête ! Seule cette ridicule charlotte vous donne la tête près du bonnet ! Évitez de tomber comme un cheveu sur la soupe à la grimace dans la gargote d'un mauvais cuistot.

Nom d'une pipe, retournez à vos fourneaux et mettez-vous au piano ! Avant de farcir la linotte, de me cuire à l'étouffée, de me cuisiner à la sauce gribiche, avant de me ravigoter, examinez-vous, vous-mêmes ! Vous avez la tête comme un citron, vous la prenez pour une citrouille. Alors soyez modestes ! Sans vous presser dans un contemplatif tête à tête entre le lard et l'ail, ne vous attribuez pas tous les lauriers d'un simple pâté de tête. Seules les têtes pensantes peuvent opiner du chef comme les maîtres coqs de la crête.

Le miroir peut vous aider à réfléchir. Comme un poisson télescope, déjà, je vois que vous tournez en rond et que vous faites vos gros yeux occipitaux. Est-ce parce que vous en avez par-dessus la tête ou que vous avez pris la grosse tête à force de vous la cogner sur les parois de votre entêtement ?

C'est vrai, qu'ils en font une drôle de tête, nos contemporains toujours râleurs et mécontents ! Voyez-les ! Ici l'un n'en fait joyeusement, qu'à sa tête et là, l'autre agit sur un coup de tête. C'est le spectacle permanent de la tête dans tous ses états, des pieds à la tête de l’État.

Oh ! Je ne parle pas seulement, sur un ton provincial : "Des Parisiens, têtes de chien, des Parigots, têtes de veau !" Non, amis, je parle de tous les humains, à têtes plates et rondes comme la terre qui les a vu naître. Je pense aux têtes dures et au regard tendre, aux têtes de bison futé aux yeux filous, aux têtes de hibou, aux yeux écarquillés. Contemplez-les attentivement !

Le monde s'offre à vous, à la tête du client. Peut-être, aurez-vous le tournis et serez-vous dépassés par la multitude ? Peut-être, en aurez-vous d'ailleurs rapidement, par-dessus la tête ou plein le dos et aurez-vous envie de piquer la tête la première dans la marée humaine.

Quelle étonnante galerie de portraits que celle, qui vous est offerte ! En face-à-face ou en tête-à-tête, de profil ou de l'arrière, contemplez chaque spécimen ! Personne n'a les yeux derrière la tête, car il ne convient pas d'avancer en regardant en arrière.

Ne soyez pas étonnés, si dans la valse à mille temps de la vie, la tête vous tourne comme un derviche tourneur. Vous n'êtes pas pour autant devenu une tête de Turc enturbannée. Vous n'avez pas non plus, pour quatre pelés et un tondu, pris la tête-girouette, tournant aux quatre vents.

La tête, le savez-vous ! Mieux vaut l'avoir bien solide, sur ses épaules, si on ne veut pas la perdre ! L'histoire de France a son exemple le plus célèbre. Louis XVI, trop têtu pour abdiquer, donne sa tête à couper. Comme il s'entête, il finit sans tête ! Il aura ainsi tout le temps pour regretter et y penser, à tête reposée, au fond du panier ! Glorieuse récompense posthume !...

Sans perdre notre sang froid, vous comme moi, nous nous comportons en patriotes cocardiers quand nous évoquons ces jours sanglants de la Révolution. Nous en parlons ainsi à nos chères têtes blondes, à nos petites têtes en l'air, comme si nous voulions les tirer de leur réalité comme des fusées du 14 juillet ! 

Moins célèbres bien sûr, mais tout aussi spectaculaires ! Certains ont parfois une idée derrière la tête, si énorme, qu'ils en perdent l'équilibre et tombent à la renverse... Sans doute, leur manquait-il un peu de plomb dans leur petite cervelle de moineau. Car, il n'est pas donné à tout le monde d'être une sommité, même en extrémité supérieure du corps humain.

L'un est microcéphale, l'autre macrocéphale ! L'un l'a comme une poire, l'autre comme une coloquinte ! Je ne parle pas des caboches de têtes de boches, des cafetières de fortes têtes robusta si énervantes, des sales binettes de mauvaises herbes, des ciboulots d'un demi-kilo, des carafons de gros rouges, des têtes de lard au tempérament de cochon... Oh non ! Je ne veux pas non plus faire ma sale tête et jurer sur la tête de Dieu ou du Prophète, au risque de donner ma cabèche à Daech !

Devant les horreurs de la décapitation, ma peine est aujourd'hui capitale. Oui, je voudrais comme vous garder toute ma tête et l'amour de mes frères humains ! Sur ce principe indestructible de l'amour fraternel et universel, je préfère m'entêter dans l'altruisme et l'humanisme plutôt que de finir étêté.

Je préfère me casser moi-même la tête et lire et écrire à en perdre la tête, même un de ces mauvais écrits, sans queue ni tête. Je préfère ne pas avoir de tête plutôt que de la perdre comme le soleil "cou coupé" de G. Apollinaire, semblable à celui de l'oiseau lyre égorgé et ensanglanté aux pieds de ma mauvaise poésie. Après tout, qu'importe de rayonner et de rougeoyer si comme le dit Baudelaire : "Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige."  Alors, je préfère garder la tête sur les épaules et tomber dans l'oubli que dans un raccourci, sur le sable de l'arène médiatique.

Je choisis, si je sauve ma tête de rester tête pensante plutôt que de devenir tête de mort sous le sabre d'une tête de Maure ! Amis, danger ! Ne nous voilons pas la face. Faisons front, tenons tête à la barbarie ! Moi, s'il le faut, je prendrai la tête de la résistance. Je ne veux pas finir à tue-tête avec la vie ! 

 

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Stressé 2/2

Publié le par archibald_06

Tu n'as pas le temps d't'arrêter !

Tu fil' au vent comme un voilier,

La tête en furie, déchaîné !

Tu confonds, les jours, les années.

29 jours en février,

Te voilà désemparé !

Tout est urgent et sans délai,

Et tu bats des bras sans arrêt,

Tu es Shiva, tout' la journée !

 

Ton agenda est surchargé,

De problèmes, tu es saturé,

Tu ne peux plus anticiper !

Pour un rien, tu es agacé,

Pas moyen de décompresser,

Tu ne sais plus te concentrer,

Tu n'as pas d'suit' dans les idées !

Tu n'as pas eu le temps d'noter...

Encore, deux rendez-vous manqués !

 

Ah ! "Il court, il court, le furet"

C'est ta chansonnett' préférée !

Toi, tu cours comme un dératé,

Et tu perds tes capacités !

On t'dit qu'l'emploi est menacé,

Par plein de plombiers polonais...

Pas le droit d'se décourager,

Encor' moins de s'laisser doubler

Alors, tu fais double journée !

 

Tu n'es plus jamais rassuré,

Tu te crois partout en danger,

T'es sans arrêt, hyper speedé,

Infichu de te relaxer !

Ton train de vie va dérailler !

Ton cœur est en accéléré,

T'as les nerfs tout électrisés,

Les fils sont près de se toucher ;

C'est certain ! Tu vas survolter.

 

Tu es déjà en burn out,

Tu n'tiendras pas jusqu'au mois d'août !

Aux anxiolytiques abonné,

De déprimé en comprimés,

Un jour les plombs, tu vas péter

Et même, y laisser ta santé !

Le drapeau blanc, il faut hisser,

La touche Help est enfoncée,

De toute urgence, il faut breaker !

 

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Ami, échecs et maths 1/2

Publié le par modimodi

Charles, mon cher ami, toi, qui es devenu commissaire aux comptes dans un grand cabinet d'audit, tu vas sourire à l'évocation de mes souvenirs scolaires.

Tu le sais, l'existence ressemble assez souvent à un vaste échiquier sur lequel évoluent tour à tour, les maîtresses de l'école de la vie avec leurs élèves et apprentis, tels des pièces postées, en garde de coups de maître !

Oh ! Il n'est pas facile de damer le pion, de prendre la reine, d'être adoubé le roi du jeu et de ne pas finir échec et mat ! Pour les enfants du roque, voici une vraie histoire de fous à la manœuvre ! Pour les esprits chevaleresques, voilà les cavaliers de l'apocalypse ! La Tour, prends garde !

Moi, l’école m'a plutôt réussi et ce qu'on appelle l'enfer de l'enseignement était pour moi, pavé de bonnes intentions. Nous avons toi et moi, usé nos fonds de culotte sur les mêmes bancs d'école de la république. Alors toi, tu le sais, pour la syntaxe, j'étais relax, pour la grammaire, élémentaire..., pour l’orthographe, pas en carafe, en rhétorique, un vrai lyrique, l'histoire, géo, pas Waterloo mais vl’a le hic, l'arithmétique, c'est et c'était ma vraie panique ! Je suis écliptique, apoplectique, cataleptique, à moi tout seul, le Titanic !

Même aux âmes bien nées, la valeur n'attend pas le nombre des damnés. Voué donc, aux furies numériques, (tu en as peut-être conservé quelques souvenirs moqueurs), j'allais être irrémédiablement précipité, dans l'abîme des calculs logarithmiques et matriciels, vectoriels et différents, ciel ! Le diable m'emporte, si j'en comprends le dixième. Au diable donc, les peines éternelles du nombre exact ! Mon compte est définitivement bon !

D'ailleurs, je le sus dès l'ouverture des festivités, comme 2 et 2 font 4, que ce serait fatidique et tragique. Qu'y pouvais-je, moi, le pauvre pion pathétique, engoncé dans mon tablier gris-noir, face à la grande dame, drapée dans sa blouse blanche ? Car, la reine des maths et maths-hics, était championne de la didactique, tic-tic. Après avoir enseigné les théorèmes à Pierre et à Paul, elle avait décidé de tout tenter pour me démontrer par A+B, les 36 façons de gravir 4 à 4, les degrés de la connaissance. C'était sans compter sur mes innombrables difficultés numériques et surnuméraires.

Sans pouvoir me retrancher, je m'étais donc mis en 4 pour monter en ligne mes opérations et tenter des variantes..."6 et 4 = 10, je pose zéro et je retiens... rien !" Hélas, vraiment rien, hormis quelques retenues, le soir, 13 à la douzaine, distribuées gracieusement par ma gentille maîtresse des colles !

J'avais beau multiplier les efforts et m'appliquer à déchiffrer ses intentions, je restais nul en sommes, accumulant les impairs, divisé sur une méthode à la 6-4-2 et des résultats toujours faux. Ne voulant pas sans cesse, payer l'addition, je passais une partie des cours sans demander mon reste, replié en défense.

Tout au long de ces infernales années, j'étais sur le gril, brûlant d'en finir avec ces supplices de calcul mental. J'avais beau me presser le fromage, j'avais des trous dans le gruyère où le problème est mental. Mens sana in corpore... Ça no ! Mais faut dire qu'à force de les collectionner, les z'héros sont fatigués.

Croyant à quelques mauvaises volontés de ma part, jugé comme un drôle de numéro, les essais multipliés de tous mes professeurs de tables arithmétiques, d'inconnues algébriques, de problèmes géométriques, de procédures cubiques et alchimiques se transes-formèrent en divisions.

Mais qu'y pouvais-je ? Comment, avec tous ces calculs qui me donnaient des coliques Freinet hic, ne pas se faire débile ? Pauvre de moi, pour qui les maths étaient de l'algèbre, les chiffres arabes de l'hébreu et qui perdais mon latin face aux nombres romains.

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Damnez-vous, madame !

Publié le par archibald_06

Vendez-moi votre âme,

Damnez-vous, madame !

 

À pied, à la rame,

En train ou en tram,

Prenez la Pan Am,

Venez à Bergame,

Boston, Birmingham,

A Nice, à Paname

Même à Ouistreham,

Tresser la jusquiame,

Ramasser des clams !

 

Donnez-moi un blâme,

Priez Notre Dame

Ou bien Abraham !

Mais pitié, madame,

A votre quidam

Ranimez la flamme !

Devenez ma femme,

Ma drogue et ma came,

Pas mon aspartam !

 

Mon cœur vous proclame,

Reine à Buckingham !

Mon cœur vous acclame,

Sans vous, il se pâme,

Sans vous, il s'affame.

Plus de croque-madame,

Je fonds gramme à gramme,

Je pèle, je desquame !

Rien ne vous entame.

 

Mon corps fou s'enflamme !

Mon cœur est tam-tam,

Il fait du ramdam,

En rap et en slam :

Pic, pic, colégram !

Il vous crie Sésame !

Mais au jeu de dames

Votre fine lame,

V'la, qu'elle me rétame !

 

Ma vie est un drame,

Faut changer de programme...

Je pars en Islam,

Me ferai imam,

Prêcherai au hammam,

Deviendrai bigame.

Puis à Amsterdam,

Je viderai, oui, dame,

Dix jéroboams !

 

Là, plein de schiedam,

D'igname à l'édam,

Je cueillerai l'infâme,

Fleur de macadam,

Venue du Siam.

Je ferai du ramdam

En gueulant miam miam,

Bour, bour, ratatam,

Sur toute la gamme !

 

Oui, je vous réclame,

Foi d'hippopotame !

Oui, je le déclame,

Foi de cerf, je brame

Sur l'air d'Am, Stram, Gram,

Vous, mon oriflamme,

Vous, ma noble Dame,

Vendez-moi votre âme,

Damnez-vous, Ma Dame !

 

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Une histoire de sardines !

Publié le par modimodi

Il y a peut-être tromperie sur l'expression consacrée : "sans queue ni tête." Un mot, une action, une période, une histoire ont toujours un début et une fin. Sinon la compréhension est perdue.

Un sujet doit au minimum être introduit et avoir un développement cohérent. La conclusion peut à la rigueur, être laissée à l'imagination ou être différée dans le temps... mais elle aura lieu, logiquement lieu. Les effets poétiques, les textes surréalistes, ont toujours des clés mystérieuses qui ouvrent les serrures du cœur et de l'esprit. Sinon, c'est la quadrature du cercle vicieux comme pour le symbole antique du serpent qui se mord la queue ! Moi, j'ai acquis une certitude terrestre, je ne suis pas transcendantal !

Ainsi en va-t-il, du cercle vertueux, de notre vie, comprise dans l'intervalle de la première seconde du premier jour et l'ultime instant de notre fin certaine. Le principe de finitude de l'existence nous rend prudents et nous incite souvent à appliquer le principe de précaution. Car, entre la vie et la mort, entre le début et la fin, la date du terme nous reste, heureusement incertaine, c'est à nous de gérer l'intervalle.

A moins d'être dans le secret des dieux ou d'avoir découvert le secret de l'immortalité comme de l'éternelle jeunesse, nous devons accepter la fatalité d'une fin programmée. Et nous vivons et survivons, dans l'espérance eschatologique de l'expression consacrée : "tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir !"

Sans doute, en serez-vous surpris, mais il en va également ainsi, du sort des sardines... De mémoire de marin-pêcheur, elles ignorent qu'elles finiront, un jour, dans une boîte, comme des harengs en caque. Quel emballant destin que de finir entassées et allongées, tête bêche, l'une à côté de l'autre, dans une mer d'huile d'olive, heureusement vierge extra ! D'ailleurs le plus souvent, finissent-elles sans queue ni tête !

Quelle triste fin pour une odyssée marine, que d'achever son existence au four ou sur une grille de barbecue ! Quelle tragique et plate destinée, alors qu'on pouvait en bande couler des jours heureux, agiles comme des poissons dans l'eau ! Tandis que les sars à deux bandes font la sarabande, les aloses ont la loose et pas la pèche, pour cause de surpêche ! Grise fatalité, aux reflets argentés, pour une belle de Douarnenez ! Quelle poisse pour un petit poisson bleu de la grande bleue, que d'être pris dans un sale coup de filet et de finir, bêtement, en filets marinés.

Même au soleil du Portugal ou de l'Espagne, quelle aigre heure que celle de l'escabèche ! Les pauvres pilchards qui ne savent pas filer à l'anglaise n'ont guère plus de chance, même à la sauce tomatée ! Saur quasi identique pour le pauvre hareng ! Reconnaissez qu'Il y aurait de quoi en faire des tonnes ! Ah peuchère ! On peut aisément comprendre la révolte et la vengeance de la sardine, qui a réussi, ô Bonne Mère, à bloquer le port de Marseille !

Pour un poisson d'avril, être sans queue ni tête, peut paraître logique ! C'est sans doute un peu plus gênant s'il s'agit d'une sirène, plate comme une limande et d'autant plus consternant si la relation avec elle, se termine en queue de poisson. C'est même affligeant pour le maquereau qui a fait ses yeux de merlan frit à une morue confondue avec un thon !

Que dire de la malédiction pour une perche réduite à sa plus simple expression, pour un exocet et une torpille subitement devenus inoffensifs et pour un brochet sans coup de gueule, donc muet comme une carpe ?

Vous-même, amis lecteurs, si vous vous retrouvez, un jour, serré comme une sardine, à côté d'une autre sardine, aux reflets moirés et chatoyants mais aux yeux glauques, c'est que vous êtes à votre tour, en boîte, mais en boîte de nuit, sous les sunlights ! Dans cette nuit blanche au cœur de la nuit noire, vous pourrez constater qu'il n'y a pas que les chats qui sont gris, les sardines aussi ont grise mine !

N'étant pas né en Sardaigne, moi, je saute devant vous, comme une sardine sur la Canebière et je sors comme un diable de ma boîte à malices. Si je ne veux pas noyer le poisson, je me dois de vous vider le filet garni et empli de mes sens abusés par les bizarres homonymies homophones et homographes que j'ai réservées au banc de toutes mes sardines !

J'en ai des stocks ! Voyez comme elles sont belles, ainsi nickelées, ces petites broches métalliques, ces jolies sardines qui ne demandent rien et surtout pas, à finir comme des mauvais élèves, au piquet !

Regardez ! Les voilà directement passées de la mer à la terre ferme, les voici, expédiées en vacances d'été, pour fixer au sol, les tentes de camping, mal alignées et serrées, sur ce terrain bondé. Ne sont-elles pas belles ainsi disposées comme ces sardines en boites qu'on n'a pas oublié de prévoir et d'emporter pour le pique-nique.

Oh ! Sans aucun doute, préférerez-vous le destin glorieux des barrettes, encore appelées sardines, brodées ou cousues d'or et arborées fièrement, sur la manche et les épaulettes des caporaux et des sous-officiers ! Quand ceux-ci sont de marine, nos sardines ont tout le temps de mariner, dans d'agréables croisières, sans craindre pour leur grade !

Ah ! Mes amis, quelle sardinade ! Ces improbables coïncidences sur la bonne ou la mauvaise fortune des sardines risquent de m'entraîner à me planter avant que vous ne décampiez !

Étant marteau, j'aurais voulu avoir l'allure impressionnante d'un requin mais je suis gaulé comme un sprat. Je vais finir au sel, écaillé dans un baril et débarqué sur le quai de votre indifférence. Votre attitude serait légitimement bien compréhensible devant ce récit décousu et encore une fois, sans queue ni tête, du début jusqu'à la fin. Vous avez malheureusement perdu patience à chercher anguille sous roche.

Alors, je crains d'avoir droit, à mon tour, à une fin peu enviable ! Je vais finir en conserve, victime des réserves de votre jugement. Faute d'avoir su vous abreuver et étancher votre soif de curiosité, faute d'avoir su vous faire sourire, je redoute l'évidente sanction d'une ultime et belle mise en boîte.

Je redoute ces quolibets mérités et proférés, en mon encontre, comme lorsqu'on dit d'une personne, qui a perdu la tête, qu'elle n'est pas finie ! Pourtant, je me sens frais comme un gardon !

 

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Stressé 1-2

Publié le par modimodi

Tu ne vas pas y arriver !

Ton réveil ne va pas sonner !

Tu vois ton train qui est à quai,

Tu n'as plus qu'à y monter,

Mais t'en es sûr ! Tu vas l'rater !

Tu as tous tes ongles rongés,

Un jour, ta main, tu vas laisser !

 

De l'intérieur, t'es agité,

Speedé comme un TGV !

Ce n'est pas l'moment d'lambiner,

La pendule n'arrête pas de tourner !

De temps, de chance, tu vas manquer.

Tu t'arrach' les cheveux par poignées,

C'est chauve-qui-peut sans un arrêt.

 

Dès le matin, t'es surbooké !

Tu cours, tu cours, tout essoufflé,

Le midi, t'es déjà crevé.

Tu n'auras pas le temps d'manger,

Tu ne saurais rien avaler.

Ton seul repas, c'est l'anxiété,

Mais t'as du mal à l'digérer !

 

Le soir, tu es mort, épuisé,

Par la malchance obnubilé !

Le téléphone n'a fait qu'sonner,

L'ordinateur vient de bugger,

Tu croules sous tous les dossiers,

Et tu n'as pas pu terminer !

Tu es trop désorganisé.

 

Tu vas rentrer contrarié,

Le front barré, ours mal léché !

Toute la nuit à ressasser

A insomnier, à t'agiter,

A t'passer l'film de ta journée

Et pour demain, à t'angoisser

Pour ce dossier à moitié prêt !

 

Tu es ta propre adversité !

Pourtant, tu l'affirmes et c'est vrai !

Non ! Tu n'as pas exagéré :

Ta bagnol' n'a pas démarré,

Tes impôts viennent d'augmenter !

Tu te sens mal, comme agressé,

Et ton ego est menacé.

 

Tu vis tout, en hostilité !

Tes collègu' sont des bras cassés

Des fonctionnaires, tous des planqués !

T'es tracassé et contracté,

Contrarié, hyper stressé.

La mouise ne va jamais cesser,

T'en es convaincu, c'est juré !

 

Y'a bien trop de choses à gérer.

L'événement inopiné

T'met en tension pour la journée !

Chacun t'prend pour un surmené,

L'élastiqu' va bientôt casser.

Toi, l'éternel préoccupé,

A l'infarctus, t'es abonné !

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Lettre d'excuses au percepteur

Publié le par modimodi

L'existence se déroule en affirmation de soi, en actes, en avis et parfois en excuses.

Il y a toujours une bonne raison pour exprimer sa personnalité sous la forme péremptoire, du : "moi, je dis, je pense, vous assure et certifie que..." ou mille autres occasions d'exprimer un regret ou une maladresse, par un banal et vite expédié : "je m'excuse !"

La forme est plus ou moins habile et sincère. Ainsi, pouvez-vous, comme moi, exprimer à votre cher, toujours trop cher percepteur, les raisons de votre retard de déclaration d'impôt :

Monsieur, je vous adresse ma déclaration avec près d'un mois de délai. Je me suis trompé de date. J'estimais être dans les temps et même, j'avais escompté me trouver en avance !

En effet, vous constaterez que je vous l'envoie le 15 juin, pour, dans ma tête, répondre à l'échéance du 20. A l'aise donc, m'étais-je exclamé ! Ô comble de malchance, je m'étais trompé de mois ! Pourtant, j'enrage car je m'impose à la base et en toutes occasions, toujours quelques jours de latitude !...

Comme je suis ignorant du traitement que vous allez me réserver, je n'en mène pas large ! Oh Monsieur ! Vous verriez mon sale air, vous n'en reviendriez pas comme je n'en suis, moi-même pas revenu ! Depuis, pour une fourchette de quelques jours, je ne suis plus dans mon assiette ! J'ai le moral qui boit la tasse ! Je me taxe même d'attardé !

En pareille circonstance, ne pourriez-vous dire, mieux vaut tard que jamais et avoir une bonne raison de m'accorder généreusement un sursis ? Après tant d'années d'exactitude et souvent d'anticipation durant lesquelles, je devançai les appels de paiements des tiers provisionnels, n'ai-je pas en acomptes, gagné votre patiente compréhension ?

En retour, ne serai-je pas payé de gratitude plutôt que de devoir payer les frais, d'un si léger oubli. Ne m'expédiez pas, sur le champ en m'adressant une lettre de majoration !

Rendez-vous compte, Monsieur ! J'ai toujours tout déclaré sans rien omettre. J'ai payé rubis sur l'ongle. Je n'ai jamais contesté les montants, jamais demandé des comptes ni réclamé la moindre faveur ! Aujourd'hui, est-ce juste que mon compte soit bon pour un mauvais compte à rebours ! Sur qui puis-je compter, à présent ?

Dites, Monsieur le percepteur, si les bons comptes font les bons amis, ne pourriez-vous être un ami qui me veut du bien ? Ne pourriez-vous pas tenir compte de cette exemplarité et la faire rentrer en ligne de compte ? Enfin, si erreur n'est pas compte, ne puis-je être rassuré à bon compte ?

Je pensais être infaillible et irréprochable ! Mais vous en conviendrez, comme c'est la première fois, qu'une telle mésaventure se produit en 22 ans de contributions, j'espère bien recueillir votre indulgence plénière ! Vous pourriez m'accorder cette facilité en un souverain délai de grâce !

J'ai toujours été un bon petit soldat, discipliné, dès qu'on criait : "à vos rangs, fisc !" J'ai toujours répondu présent et largement payé de ma personne sur le front de la fiscalité ! Je me suis dépensé sans compter pour m'acquitter de ma dette, ne puis-je être payé en retour ?

Je suis un bon citoyen qui aime son pays. Cette déclaration peut donc être considérée comme une déclaration d'amour. Et vous reconnaîtrez aisément qu'en amour, il n'y a pas de taxation, car il n'y a pas de date limite, pour déclarer sa flamme. Seule la vieillesse est un décale-âge qui peut provoquer des retards à l'allumage !

Bien sûr, Monsieur, si vous estimez que l'amour commence en faisant des avances, alors me trouverez-vous anachronique et retardé, ayant perdu un temps précieux !... Mais fol espoir ! Je garde peut-être une chance dilatoire si un jour, malheureusement, vous-même, vous vous êtes vu repousser vos avances !

En homme de cœur, serez-vous sensible à la similitude de nos situations ? Je ne cherche nullement à vous faire rappeler la date de ce maudit jour, où, malgré vos meilleures intentions,  vous échouâtes lamentablement dans votre noble initiative.

Vous en conviendrez, certes amèrement ! Quel dépit ! Quelle immense déception de voir ruinés, d'un coup, tous ses honnêtes et intimes espoirs ! Quelle injustice que votre misérable sort, alors que, ce jour-là, en public, vous vous déclariez officiellement, en jurant à l'élue de votre cœur, qu'elle était votre trésor !

Monsieur, je vous assure, notre déconvenue est la même ! L'innocence la plus sincère n'est pas récompensée ! 

Cette sommation sans frais du mauvais destin, servira-t-elle d'exemple pour espérer bénéficier de votre aimable compréhension ? Avant les prochains prélèvements à la source, éviterai-je cette ultime source d'ennuis ?

Bien sûr, déjà pressuré en vain et écrasé, je sais que je ne fais pas le poids, devant l’État, qui ne prône pas le régime d'allègements ! Puisque vous en avez seul le pouvoir, ne m'imposez pas, je vous prie, la rigueur extrême du calendrier. Évitez-moi la double peine, les impôts et l'imposition du terme.

Sans jouer sur les mots, je sais bien que je n'ai pas le choix dans la date et, que j'avance ou que je recule, ce n'est pas un bon calcul, dans tous les cas, avec vous, je l'ai profondément, dans...l'os !

Mais quelle déchéance pour une simple échéance ! Voyez, je fais sincèrement amende honorable alors, n'ayez pas la dent dure contre moi et ne me mettez pas à l'amende ! Je broie déjà du noir, je mâche ma déception, je suis rongé par les regrets, ne me laissez pas sur les dents ! Ne me plombez pas, ce serait vraiment payer trop cher !

Monsieur le percepteur, ne me condamnez-pas comme un Saint-Just de la Haute Cour des Finances. Après toutes ces régularités d'acquittement de bon et loyal contribuable, j'ai mérité enfin, d'être acquitté. Cela fait tant d'années que je crache au bassinet, qu'il est inutile de me faire rendre gorge.

Vous savez comment l’État fait tomber le couperet, toujours plus affûté de la guillotine et combien il me saigne, prélèvements par prélèvements. Ce serait pour le coup, en plus, avoir la cruauté de vous payer ma tête ! Jusque-là, à tous les coûts, j'ai tenu le cou, ne me débitez pas en tranches ! J'ai droit comme tout citoyen aux réductions, mais pitié, pas à celle-là !

Je compte donc, Monsieur, sur votre cœur, sensible à mes excuses. J'espère avoir crédit auprès de vous et obtenir, sans délai, votre pardon. Je demande simplement à bénéficier de votre mansuétude, patente ! Alors là, je vous promets que je vous en serai toujours redevable, exactement en temps et en heure !

 

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L'eau de roses 2-2

Publié le par modimodi

Tu m'as envoyé sur les roses...

 

Plus d'nuit d'été d'Hector Berlioz !

Musique et prose en nous s'opposent.

Pourquoi Ronsard a bouche close ?

Cupidon doit avoir l'arthrose,

Aphrodite fait une thrombose !

 

Toi, mon aurore aux doigts de rose,

Tu dois te taper l'ankylose,

Apollon une dermatose,

Éros, Éos, une couperose,

Nymphes et Grâces, une mycose.

 

Rapetissé, Le Petit Chose,

Tu ne lui laisses pas grand-chose !

Que des épines, j'en ai ma dose !

Plus de saison ! Tantôt pluviôse,

Tantôt la grêle, tantôt nivôse.

 

Ta démence prend l'apothéose !

Mes vœux d'azur, en toi implosent,

Mes désirs fous, en toi explosent,

Déchirent mon cœur en cellulose.

Le voilà, couvert d'ecchymoses !

 

L'amour, en moi se décompose.

Rêves fleuris, d'un coup nécrosent.

Leurs effluves se surexposent.

Enivré, jusqu'à la couperose,

Notre amour ne sent plus la rose.

 

Crise de foi, fleur de cirrhose,

Souffle court, en tuberculose,

Élans anémiés, sans glucose,

J'en perds la tête et je névrose.

Ma raison cède de sclérose.

 

Mes humeurs ont teinte morose.

Nos langueurs ont la sinistrose,

La tristesse entre nous s'expose.

Le temps d'aimer a pris la pause,

Le printemps n'est plus dans la clause.

 

Ci-gît mon cœur où tu reposes !

Ton chant d'adieu, à moi s'impose :

"Mignonne, allons voir s'il arrose,

Sur notre mélo, pot aux roses

Un peu d'amour à l'eau de rose."

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Tous les coups sont permis ! Baisser de rideau ! 3-3

Publié le par Modimodi

Coucou ! Lecteurs et spectateurs, hypothétiques amis, voici venu le temps de mon ultime chiquenaude littéraire !

Allez ! Encore un coup, un dernier coup ! Oui ! Pour vous, un vrai cadeau : un joli coup de collier si vous tenez le cou sans y prendre vos jambes !

Je devine votre impatience et votre étonnement. Sûrement, pensez-vous que je vous ai réservé un dernier coup, par surprise et que voulant atteindre mon but, je vous ai préparé un coup de p... ! Gentils poètes du dimanche, aux coups d'éclats de rimes, je vous fais confiance pour trouver la consonance.

Vous êtes en droit de l'espérer. Normalement, au troisième acte, avant le baisser de rideau, de la pièce intitulée : "Plais et bosse", vous attendez de l'auteur, un ou plusieurs coups de théâtre.

Personne n'imagine que le créateur n'a pas suffisamment bossé pour surprendre et plaire à son auditoire. Personne ne compte tomber sur un cas pareil au mien : un apprenti dramaturge, à son premier coup d'essai !

Excédés et déçus, n'allez pas vous mettre à crier : "Remboursez !" Vous n'avez qu'à imaginer la suite et espérer le coup de génie. Et puis, pas de mauvaise foi, vous auriez dû vous renseigner et le savoir ! L'auteur ne tient pas le coup. Je ne vaux pas le coup !

Mon talent faute de pièces à succès est bien trop rapiécé. Jusqu'alors, aucune de mes créations n'a fait d'un coup, d'un seul, un tabac. Sans doute, suis-je plus, dans le passage à l'acte que dans le passage à tabac !... Pétunez donc à plein nez et ne vous traumatisez pas de cette mauvaise blague.

Comme le dirait vulgairement, la crème des patates : "Purée de nous autres !" En effet, moi aussi, j'en suis réduit à écraser le coup. Fi donc ! N'allez pas vous plaindre pour si peu. Non ! Non ! Non ! Vous n'êtes pas dans le brouillard ni dans la purée de pois. D'ailleurs, il n'en reste plus ! Ils sont tous, comme moi, cassés à force de pains dans les miches ! Pas d'exagération ! Vous n'êtes pas non plus, devenus marrons à cause de cette châtaigne littéraire, à la bogue hérissée !

Je peux admettre qu'à la fin de ce texte, vous ayez quelque mal à tenir le coup et estimiez avoir été victimes d'un coup fourré de coups de plumes. Rassurez-vous, il y a toujours pire ! J'ai en préparation un essai appelé : "L'assommoir". Une histoire de café littéraire où vous pourrez boire des petits coups tout en découvrant l'infortune de Gervaise et les coups de cœur de Lantier pour Adèle.

Alors, ce coup-ci, si je vous parais abattu, si j'ai les yeux battus, je ne m'avoue pas pour autant vaincu. Pas question de donner des coups de sabre à mes écrits. En toute prétention, je me dis que même, s'il m'hante au logis, le grand Victor n'a qu'à bien se tenir !

J'ai en réserve quelques coups durs de ma trempe, toujours plus durs encore au corps des lettres.  Alors nulle inquiétude ! Je ne suis pas de ceux qui s'en tapent. Je ne vous donnerai pas le coup de grâce. Je vous préviens : mon simple coup de semonce devrait suffire. Toutefois, si vous persévérez, c'est à vos rixes et périls !

Et à la fin, qu'importe, vos humeurs ! Ce texte ne vous a pas plu ?... Tant pis ! Je préfère avec vous éviter tout accrochage, au grand dam de mes idées… Si vous en avez perdu le fil, c'est que mon style, à tous les coups, était téléphoné ! ….

Eh bien non ! Je renonce. Je ne vais pas tamponner votre inappétence phraséologique contre mon autosuffisance textuelle. Je me refuse à entrechoquer vos goûts littéraires comme à entrer en collision avec votre esprit frappeur, frappé, sans doute de belle indifférence.

Je suis un surréaliste des mots fulgurants. J'assène les sons qui se tissent et qui viennent frapper de leurs petits marteaux mon esprit. René char et Pierre Boulez me cognent de leur "Marteau sans maître". Les premiers termes résonnent en moi : "Tu es pressé d'écrire, / Comme si tu étais en retard sur la vie. / S'il en est ainsi fais cortège à tes sources. / Hâte-toi. / Hâte-toi de transmettre / Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance. / Effectivement tu es en retard sur la vie."

Soit ! Il est vrai que l'inspiration défaillante me tient à distance et me ralentit. Par manque de talent, mon style est percutant, mon talent embouti, faute d'être abouti… Je donne donc un coup d'arrêt au sort, qui m'est contraire. Je m’exécute sur le coup, sans attendre. Allez ouste, pas de rouste ! Ça baigne sans beignets !

Pas de contrariété pour des prunes ! Je me retire meurtri, encore sur ma faim, sans distribution de pains. Je le fais calmement, sans coup de calcaire ou de boutoir ! Pas de coup de boule pour quelques nerfs en boules ni de pugilat sans une vraie mise aux poings ! Ici d'ailleurs, une simple mise au point devrait suffire, des points en pointillé avant le point final…

J'espérais mieux ! Je me suis fourvoyé. J'attendais trop et sans doute tout de vous ! Vos encouragements auraient dû avoir l'effet d'un coup de fouet. J'aurais apprécié vos vibrants coups d'archet, mais en francs-tireurs, vous ne m'avez envoyé, à jets continus, que vos flèches de méchants archers. Vous m'avez matraqué de mauvais commentaires. J'avais la grosse tête, vous me l'avez faite au carré !

Aujourd'hui, j'ai beau respirer à grands coups, je suffoque. Je suis hors-jeu ! Vos coups ne sont pas francs, je tente de les amortir mais vous me dégagez en coups de coin ou en touche.

Je meurs au champ d'honneur des incompris, victime du coup fatal de votre ennui mortel. Je vous ai surinés, je me suis mis votre patience à dos, je prends votre coup de poignard… Blessé pourtant, je tente de me répandre encore. Voyez ! Je m'obstine à vous offrir une dernière pinte de bon sang de ma veine d'écrivain !... Considérez cela comme mon dernier coup de Jarnac ! Je resterai un mythe errant dans l’Élysée des belles lettres.

Je demeure placide. Je ne ruerai pas dans les brancards, sur lesquels gisent les cadavres exquis de tous mes frères poètes, rongés par leurs propres vers. Il me suffit déjà, de votre coup de patte, un vrai coup de pied de l'âne !… Mais sachez-le, "même pas peur !" Si vous me cassez la figure, ce n'est que ma figure de style.

Inutile de pleurer un bon et dernier coup ou de jouer des castagnettes, sous la menace d'une castagne. Je ne serai pas mis à bas, sous l'emprise d'un coup de barre ! Je l'ai placée trop haute, je m'esquive en passant dessous ! L'auteur, bon ou mauvais a bien des droits d'hauteur !

Oh ! Je déguste bien sûr ! Votre indifférence dépitée est pour moi une gifle, une tarte, un soufflet cuisant qui n'est pas près de retomber dans mon orgueil offusqué. Vous avez mijoté votre coup. Vous me cuisinez des critiques, aux petits oignons, vous me rentrez dans le chou et dans le lard. Vous me mettez la pâtée. Qu'importe ! J'irai désormais, à la soop populaire des romans de gare.

Mon style avait du swing. J'ai donc pris un crochet du droit d'auteur ! Je suis sonné et sommé, alors n'en jetez plus ! Ce coup d'éponge m'oblige à m'effacer, par l'arrêt de votre libre arbitre. Fin du combat par coups bas. KO ! KO !... OK ! Je reconnais ma défaite, je n'étais pas dans la bonne catégorie… Je ne suis qu'un poids plumes ! L'assommant assommé !

Petits juges et censeurs, je suis passé du ring au tapis. Me voilà, pour le compte, pieds et poings liés avec vous. D'ailleurs, il vous est apparemment, plus aisé de me mettre à vos pieds ou à pied, à grands coups de pompes !

Je prends donc provisoirement mes cliques et mes claques et m'esbigne, à grands coups de blues, le vague dans le regard et l'âme. Je décolle en coup de vent comme une bulle de savon. J'ai eu tort de me faire mousser ! Le coup de gong bourdonne dans mes oreilles. Au coup de cymbale, fin du bol de soap opéra d'quat' sous, fin de ma ptit' œuvre à deux balles !

Je vais sûrement gagner le prix "tannée" de la rentrée littéraire. Ça me fera peut-être un coup de plumes et un coup de pub !… J'attends des jours meilleurs et les coups de cœur de mes lecteurs. Je sais, cela paraît sûrement contradictoire mais de tels coups, j'en redemande en corps et encore !

Alors, au finish et au final, je m'incline. Vous pensez peut-être juste !… Je perds trop vite la tête sur un coup de tête, mais je ne lâche rien. Je fais à coup sûr, ma forte tête à claque ! J'attends ! Vous pouvez non pas me la donner mais me la faire !

Pour le coup, après toutes ces déplumées, vous auriez raison de penser que votre plumitif doit sûrement travailler du chapeau à plumes. Oui ! Même, si je suis, grâce à vous, sans panache, à force d'y avoir laissé des plumes, je vous donnerai encore, aux douze coups de minuit de cette nuit d'encre, un dernier coup de chapeau bas, de mon haut-de-forme littéraire !

 

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Poil dans la main

Publié le par modimodi

Le travail, c'n'est pas la santé !

Toi, tu fais tout pour l'éviter.

T'étais tout mou à la naissance,

Le courage était en vacances.

Tu t'souviens, c'était un dimanche...

Pas besoin de s'relever les manches !

 

On ne t'a jamais vu à l’œuvre,

Tu paresses, tu fais la couleuvre.

Pourquoi faut-il se lever tôt,

Et se condamner aux travaux

Quand c'est si bon de fair'le loir,

En roupillant de fair'du lard ?

 

Mieux vaut passer pour un flemmard

Et s'prélasser comme un lézard !

Travailler, n'est pas de ton âge,

T'iras pas pointer au chômage,

Tu t'mettras pas les côt'en long,

C'est aux pommes, de s'casser l'trognon !

 

Tu excelles dans la lenteur,

Tu es un glandeur, à toute heure !

C'n'est pas toi qui tiendras la rampe,

Elle est permanente, ta crampe.

Tu te dis crevé et fourbu

Mais tu n's'ras jamais courbatu.

 

T'as pas inventé l'huil' de coude,

On te parle boulot, tu boudes.

T'es d'la tribu des bras cassés,

Qui les avaient déjà retournés.

T'es d'la famille des fainéants,

Des cossards et des tire-au-flanc !

 

Il n'est sûrement pas encore né,

Celui qui te verra bosser.

Chaque jour, repos, farniente,

Tu n'en fich'ras pas un'ramée !

Embauche un bûcheron, dès demain

Pour te scier l'poil dans la main !

 

Tu ne sais dire que : y'a qu'à,

Faut qu'on se parle ou qu'on se voie.

Jamais t'as dit, faut qu'on se bouge,

Jamais tu ne t'es mis dans l'rouge,

Jamais ça n'chauffe ou ça n'remue,

T'es jamais dans le tohu bohu !

 

À la soirée, tee shirts mouillés,

Ce n'est pas toi qui vas suer !

De la paresse, tu es le roi,

Le mot emploi, tu n'connais pas !

A buller, tu es occupé

Et ça t'prend toute la journée.

 

Bon à rien et mauvais en tout,

Tu es désœuvré et sans goût.

Abonné du club des oisifs,

L'effort n'est pas ton objectif.

A toute action, tu es rétif.

Ne rien faire est ton leitmotiv !

 

Au dernier concours de hamac,

T'as vraiment cassé la baraque.

Faut dire, que t'étais motivé !

Entre deux grasses matinées,

Sans répit, tu t'es entraîné,

Fauteuil, TV et canapé

 

T'es mêm' le pro de la chaise-longue,

On te connaît jusqu'à Hong Kong !

L'été, au festival folksong,

Le ventre à l'air, pieds dans les tongs,

On te voit te contorsionner,

Fair' ta gymnastiqu' de l'année !

 

Sur l'air endiablé du mille-pattes,

T'enflamm' la s'melle de tes savates !

Tes pieds palmés gratt' le pavé,

Tu vas encore te les nickeler !

Ce s'rait une info insensée,

Qu'on dise que tu t'es foulé !

 

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