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Des pour et des contre : lettre aux contestataires

Publié le par modimodi

Nous sommes tous, au fond de nous, des êtres contradictoires ! Et pourtant qu'on se le dise, nous n'aimons pas beaucoup être contredits ! Un rien nous contrarie ! Nous voilà aussitôt prêts à passer à l'attaque, prêts à la contre-attaque ! Notre vie oscille en contretemps permanents, entre le pour et le contre !

Notre existence obéit à la loi des contrastes et des oppositions. Flûte alors ! Y'a des vies qui pétillent en blanc de blanc, des vies qui se Soulages en noir c'est noir, des souris et des chats de nuit qui font des mines et des minettes car sans grigri, le gris c'est gris !

Y'a ceux qui vous approuvent puis qui vous désapprouvent. Y'a ceux qui vous couvent et puis qui vous réprouvent. Y'a tous ceux qui vous mettent dans leurs combines et puis qui vous débinent, en douce ou en pleine trombine. Y'a même ceux qui vous embobinent en sourdine avant de vous tirer à la carabine comme un lapin ou une lapine ! Même Arlequin, le chérubin tire à la chevrotine Colombine, lui préférant comme béguine une Mélusine bien plus coquine !

Puis, y'en a qui composent et d'autres qui s'opposent. Y'en a qui débattent et puis qui vous combattent en vous cassant les pattes. Y'a des ânes de la chicane, des aliborons qui font le dos rond et des bourricots qui vous courent sur le haricot. Y'a des péquins plutôt mesquins qui vous taquinent et vous enquiquinent.

Y'a des despotes à la Pol Pot qui vous empotent et vous compotent. Y'a des coupeurs de cheveux en quatre qui vous prennent à rebrousse-poil ! Y'a des fanatiques barbants, aux idées révolutionnaires qui coupent court sur un ton tranchant et qui vous prennent la tête, d'un coup, d'un seul ! Youkaïdi ! Al Qaïda !

Y'a des pinailleurs de l'extrême. Dans la basse cour de la pensée, y'a des caqueteurs et des ergoteurs venus de nulle part ou d'ailleurs, qui se disent philosophes ou gens de lettres. Ces contradicteurs discutaillent à contresens, ils contredansent d'un pied sur l'autre, trébuchent et clopinent en prenant des raisonnements inverses. Ils s'entortillent dans des arguments tordus, toujours à contre-pied et à casse-pattes.

Y'a ceux qui disent le contraire de ce qu'il pense. Y'a ceux qui prêchent le faux pour savoir le vrai et contrefont à la vérité. Y'a ceux qui contrebandent les idées. Y'a ceux qui falsifient, bien fol est qui s'y fie ! Par insouciance ou contrevenance, y'a ceux qui s'en balancent uniquement pour faire contrepoids et ceux qui te contrecarrent pour te contrarier.

Y'a même des pinailleurs à contre-voie du raisonnement qui ratent les correspondances. Y'a des chamailleurs mal embarqués mais pleins d'entrain, qui pensent être sur les rails du bon sens partagé. Mais ils se trompent d’aiguillage et déraillent sur les voies de garage !

Généralement, la logique de tous ces contestataires est binaire ! Ils se repèrent pour faire la paire et s'imiter. Les suivre est contre-indiqué. Le choix dans leurs éventualités est comme leur esprit, limité. Le jour ou la nuit, blanc ou noir, bien ou mal, oui ou non, sauf pour quelques cons bénits. Oui ! Oui !

Ceux-là vous approuvent, mais la tête vide de raisonnements et pleine de contradictions, changent d'avis comme de chemises. Avec eux, vous pouvez vous rhabiller ! Ils ont d'autant plus de facilités à fluctuer, qu'ils sont foncièrement indécis. Pourquoi s'ôter un tel plaisir quand on a le choix ! Pourquoi ne pas se dédire quand on n'a rien à dire !

Bien sûr, il faut de tout pour faire un monde ! La voie de la contradiction est une voie royale pavée de paradoxes. A la cour des fâcheux aux jugements boiteux, y'a jamais de miracles ! Dans la dynastie des rois médisants, y'a des roturiers de la pensée, des hobereaux terre à terre, des princes de gêne et des comtes à rebours ! Y'a des enchantés qui se font maîtres-chanteurs, y'a des encenseurs qui se font censeurs !

Si on me cherche, on me trouve disait Archimède ! Qu'on ne me dise pas le contraire, disait un charlatan des sciences ! Et oui ! Foi ou croyances, y'en a qui attestent et d'autres qui contestent. Y'a même flûte ! Quelques pas futes-futes qui réfutent. Y'en a que tout rebute, y'en a qui sont en butte, qui pour un rien vous butent ! Y'en a trop qui discutent, trop qui vous persécutent ! La vie est une dure lutte ! Et si t'es pas dans le coup, t'auras le contrecoup !

C'est malheureusement ainsi ! Y'a partout des cons battant pavillon noir de la contre-offensive rationnelle ! Nous aussi ! Nous sommes en opposition avec les autres quand nous ne sommes pas d'accord avec eux, leurs décisions ou leurs choix !

Dans les contre-allées du pouvoir, certains politiques qui sont loin d'être des lumières testent, sans l'ombre d'un doute, notre patience et nos convictions : "Que nenni, je nie et je dénie à l'heure du ni ni !" Oui, ceux-là à grand gestes, protestent en immodestes qui retournent leur veste ! Car à part eux-mêmes, c'est sans conteste, qu'ils vous détestent comme des funestes manifestes et des pestes qui les infestent !

Mais heureusement, comme les contraires s'attirent et s'accordent, y'en a qui s'aiment pour un oui, pour un non ! Après avoir échangé et pesé le pour et le contre, ils croient se mettre à l'abri de toute contestation en échangeant des consentements mutuels. Comme ils n'ont ni anti dote, ni contre poison, ils sont contre, tout contre, cœur à cœur, à contre-cœurs !

Ah ! Consensus, mon bon, dit-elle, enamourée à son contre-péteur de mari ! Assez de contretemps, prends pour une fois ton temps ! Assez de contre-pied, prends avec moi ton pied ! Assez de controverse, tombons à la renverse ! Assez de délits, cieux ! Assez de contentieux, emmène-moi aux cieux des plaisirs délicieux !

Faites toujours contre mauvaise fortune, bon cœur ! Allez au-delà du moindre contretemps, n'accordez pas d'importance aux contrevérités du contre-amour. Au contraire ! Petits ou grands amoureux, ne contestez pas l'inéluctable du grand amour. Soyez toujours pour !... Surtout, si c'est tout contre elles !

 

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Napoléonades 2/3

Publié le par modimodi

Nos amours sont méli mélo !

Je me retrouve sur le carreau,

Déculotté, en p'tit maillot,

En pleine déroute, comme Napo,

A la bataille de Waterloo !

 

Et je t'ai rencontrée, Margot,

J'ai poussé des cocoricos !

Je n'étais plus incognito.

Je te parlais espéranto,

Tu me répondais en sténo.

 

L'amour allait fortissimo !

J'écrivais du Victor Hugo,

Des mots insensés, à gogo

A faire pleurer le populo,

A émouvoir les dactylos.

 

Tu étais ma Manon Lescaut,

J'étais ton Monte Cristo.

Notre lit était rococo,

Nous échangions de doux bécots

Sur le sofa coquelicot.

 

Les rideaux étaient abricot,

Nous possédions de faux tableaux,

Une baïonnette, un angelot

Et même la Vénus de Milo

Effeuillée comme un artichaut !

 

Ton corps était un brasero.

Chaque nuit, j'étais torero.

Tu m'dévorais fortissimo,

Je te criais "moderato !"

Je n'avais plus un seul repos !

 

J'avais perdu quinze kilos.

J'étais maigriot et pâlot !

Tu me faisais boire du porto,

Pour me donner des biscotos,

Du peps dans les jambonneaux.

 

Tu me mijotais des fricots,

Aux pois cassés, aux haricots,

Je n'étais plus un carpaccio,

Je gonflais comme un cachalot

Et tu m'épuisais aussitôt !

 

Je n'tenais plus sur mes flûtiaux !

Je n'sautais plus comme un moineau,

J'étais devenu ramollo,

Flagada comme un marshmallow.

Mon p'tit cœur faisait du clapot.

 

Je m'suis retrouvé à l'hosto,

Un gros tuyau dans les naseaux,

Bourré d'médocs et de suppos,

Momifié, sous bandelettes Velpeau,

Enveloppé, comme un livarot !

 

Il fallait passer le flambeau.

Alors tu pris un gigolo,

Un piccolo, tout mégalo,

Guérillero, caballero,

Avec une haleine chorizo !

 

Moi j'suis l'titi, l'vrai parigot,

Béret, baguette et calendo !

Je n'aime pas l'amour en trio,

Je me mélange les pinceaux

Alors, j'passe pour un bécasseau !

 

Je l'ai compris ipso facto,

Ce fut à nouveau du mélo !

Tu es partie sans dire un mot,

Plumer ton nouveau pigeonneau,

Sous les palmiers d'Acapulco !

 

En pleine déroute, comme Napo,

Je m'suis r'trouvé comme un veau

Dans une casserole, à Marengo !

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Abracadabrantesque ! 1/2

Publié le par modimodi

Ô toi, que j'ai croisée, toi, qui occupes mes pensées, toi, qui fais battre mon cœur, je voudrais parvenir à t'émouvoir, à mobiliser tes rêves et tes désirs. Je serais prêt à me damner pour y parvenir.

Je sais qu'il existe de vieux grimoires, emplis de puissants secrets, des potions aux effets extraordinaires mais je n'en possède pas. Je ne connais aujourd'hui que deux formules magiques, presque ritualisées : "Sésame, Ouvre-toi ! " et "Abracadabra !"

Ma charmante, c'est pour toi que je répète obstinément ces incantations bénéfiques et que je convoque les esprits ! Je veux des sortilèges et des envoûtements ! Je veux te subjuguer, t'affrioler, t'enjôler et t'ensorceler ! Je veux que tu succombes, emportée dans les transes de la passion ! "Abracadabra !" Tu frémiras, palpiteras et tu t'envoleras ! Ô Marie-Ange, l'amour va te donner des ailes ! "Abracadabra ! Abracadabra !" Quand tu seras sur ton petit nuage, je te mènerai, au 7ème ciel !

M'entends-tu, ma lointaine et farouche, ma fleur sauvage, la rebelle à mes avances ? En ton absence, je marmonne ma mélopée et je la psalmodie en contemplant intensément ta photographie. Je passe probablement aux yeux des autres pour un radoteur bougonnant, un marmottant d'un autre temps.

Oui ! Je récite cet enchantement, pouces et index joints en forme de cœur. Je le répète et le murmure inlassablement en te lançant, lèvres serrées, cœur grand ouvert, à chacun de tes passages : "Abracadabra ! Abracadabra !"

J'épelle à l'endroit et à l'envers, cet oracle au mot étrange et cabalistique. Je l'ai définitivement associée à ton nom et rangée dans mon portefeuille, afin de toujours, la porter côté cœur !

Je ne mesure sûrement pas toute sa force mystérieuse mais je suis convaincu que ce talisman d'origine grecque, formé à partir des noms mystiques des dieux Abrasax ou Abraxas, ne peut être qu'efficace pour enchanter tes sens et entrer en ton esprit ! Sa survivance prouve sa puissance.

"Abracadabra !" La formule a fait ses preuves. Sais-tu qu'on l'utilisait autrefois, comme inscription, sur les papyrus et les amulettes, sous la forme d'un triangle inversé, afin d'éradiquer le mauvais sort et les maladies ! Je m'en sers à mon tour, pour que le destin nous soit commun et favorable. J'attends que mon chant magique chasse les maléfices et combatte tes réticences. "Abracadabra !" Par ce charme mélodieux, tu resteras sous mes charmes et te porteras comme un charme !

Par contre, si l'amour est une maladie et que nous sommes atteints de la même affection, alors je ne veux pas guérir ! Aux grands maux, les grands remèdes ! Notre amour est un amour sorcier ! Il se transforme aussitôt en danses et antiennes rituéliques. Il éloigne les malédictions et prend la force d'antidote et de contrepoison pour le fiel des pensées et de tes mots ! Il garantit la longévité de notre future union et l'éternité de notre bonheur ! Personnellement, j'y crois, dur comme fer !

Par Thor, je dresse mon épée flamboyante ! Notre amour rayonne, il est lumière créatrice. Il fertilise tes sentiments et apporte la flamme ardente et lumineuse qui va réchauffer puis incendier ton cœur froid !

"Abracadabra ! Abracadabra !" Pour toi, j'ai fait miennes, ces paroles secrètes, attestées par différentes origines orientales. N'aie pas peur ! Elles parlent de détruire les obstacles pour recréer un monde meilleur, de déchaîner la foudre pour brûler et réensemencer. Sur la terre natale de notre amour, laisse s'exprimer les bienfaits de cette bénédiction.

Moi, j'en ai fait la sentence de l'amour ! Oui ! Je veux moi aussi, anéantir tes hésitations et tes craintes pour créer un climat de confiance au royaume de nos émois naissants. Je demande pour toi, le plus grand des coups de foudre et pour nous, les protections tutélaires, porteuses de félicité !

Ne prends pas ma passion à la légère  Ne reste pas incrédule ! On dit que la formule "Abracadabra" est bien réelle ! Elle a été retrouvée sous forme de sceau. Elle correspond à une formule magique de la Gnose grecque et de la pensée pythagoricienne. C'est un signe symbolique et mystique en rapport avec la totalité céleste et divine ! Que demander de plus ?

Elle se présente parfois sous la forme bizarroïde, d'une silhouette humaine, à tête de coq et aux membres inférieurs en forme de serpents. Mais ne crains rien ! Tu penses bien, qu'avec cette effigie, j'espère pouvoir efficacement, conjurer le sort, inverser les signes et conserver ma prestance. Je ne passerai, jamais pour un mariole ou un guignol, à tes beaux yeux ensorceleurs.

Si par destin contrarié, je devenais un amoureux, au comportement abracadabrant, peut être même, un ridicule abracadabrantesque, j'aurais alors échoué ! Toutefois, si j'étais incapable de conquérir ton cœur sage et trop fier, j'aurais au moins gagné la poésie ! Car, c'est Arthur Rimbaud, mon frère aux pieds d'Erato, qui dans trois versions différentes intitulées : "le Cœur volé", "Le cœur supplicié,"  "Le cœur du pitre", a créé en 1871, le vocable : Ô flots abracadabrantesques // Prenez mon cœur, qu'il soit sauvé."

Bien sûr, je me suis, moi-même, jeté à l'eau et à tes pieds mais je n'ai pas mérité aucune des tristes infortunes rimbaldiennes ! Je ne vais pas davantage me noyer dans une goutte d'eau ou glisser en perle salée de ton regard noyé dans une vague d'émotion.

Pareil sort me parait d'ailleurs invraisemblable, car j'assure avec prudence, ma réussite. Je suis d'ailleurs prêt à m'inscrire à l'école du cirque de la vie, où j'apprendrais, tours de magie et de passe-passe ! Tu vois, ton drôle de numéro envisage de se mettre aux numéros d’agilité mentale. Je n'arrive pas encore à t'hypnotiser, mais peut être qu'en te captivant, je te ferais captive, en t'emballant dans un songe étoilé !

Dans notre monde d'illusions, comiques parfois pour les naïfs et les incrédules, j'ai vu que la plupart des charlatans ou des prestidigitateurs utilisaient cette formule magique pour entrer en contact avec les ondes surnaturelles et invoquer les esprits du monde paranormal. Ils s'exclament et ponctuent ainsi leur spectacle d'un solennel "Abracadabra !", pour attirer l'attention du spectateur, au moment de la transformation ou de la disparition de la personne ou de l'objet...

Sans bouger de son fauteuil, on peut, à toute vitesse, tomber de la lune, à la renverse et bouche bée en rester bêtement sur le cul ! La crédulité et l'émerveillement sont vraiment abracadabrantesques.

Je t'avertis donc, ne trouve pas bizarre, si je me présente à toi, avec cape, chapeau et baguette ! Je veux être l'enchanteur de tes jours et le magicien de tes nuits ! Je veux t'émerveiller, te sidérer et je promets de te mettre des étoiles plein les yeux, avec l'adresse d'un illusionniste ! "Abracadabra !" tu ne m'échapperas pas ! "Abracadabra !", d'amour, tu tomberas !

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Bobo au naturel 1/4

Publié le par modimodi

En veste en daim et col roulé,

En velours, lin, coton froissé,

Col ouvert, et foulard de soie,

Écharpe rouge, Libé sous l'bras,

V'là l'bobo, dans tous ses états !

 

Intello cool, prêt aux débats,

Il est dans le vent, en tous cas !

Il a tout vu, il a tout lu.

Pas Clio, cette débile verbeuse

Qui ne pense qu'à faire le buzz !

 

Culture, théâtre et cinéma :

"Ainsi parlait Zarathoustra !"

Un must ! A voir ! L'nec plus ultra !

La presse en a fait ses choux gras

Et Nietzsche n'en reviendrait pas !

 

Il porte fier, faut qu'on le voie !

Avec prestance et sans flafla

Voilà l'bobo et sa smala !

La segnora, prima donna,

Paul, Luc, Jean-Marc, Ange et Eva !

 

Tout ce p'tit monde vit à deux pas,

Impasse privée, les Nymphéas,

Près du bois de Saint-Cucufa !

Chênes, bouleaux, épicéas,

Pas de pollution, avec ça !

 

On déjeun' sous la véranda !

Un bonheur, le home cinéma !

On a le confort Roche Bobois,

On écoute, auprès du feu d'bois,

L'intégrale de Sanson François !

 

Bobo est snob, un peu précieux,

Dandy, mondain, pas dédaigneux

Avec son look BC BG,

Il entre au carré VIP

Où il côtoie deux députés !

 

Son luxe est assez discret

Il porte des jeans élimés,

Collés, serrés, pas évasés

Avec blazer, boutons dorés

Fun, clean, select, toute l'année !

 

Du dégriffé mais du fashion !

Toujours hype, sans en faire des tonnes.

De là, à devenir une icône,

Oh ! Là vraiment, toi, tu déconnes !

C'est l'grand art de Charlize Theron !

 

N'faut pas tomber dans le glamour

De quelques belles d'un seul jour.

Pas d'flashy, c'est pour la basse-cour !

Faut prendr' son pied, pas la déprime,

En Weston, ça, c'est topissime !

 

Bobo est chic, parle pointu, 

Sa femme joue les ingénues,

Lui, cherche à être reconnu.

Distingué mais pas m'as-tu vu,

Il veut rentrer à l'Institut !

 

Pour demeurer contemporain,

Faut se remuer l'air de rien !

Musique, théâtre et festival,

Le bobo doit s'donner du mal

Pour demeurer original.

 

La socca dance à Bougival,

L'opéra ou le chant choral,

Venise et sa biennale !

On a une chanc' phénoménale

D'être ouvert au transcendantal !

 

Hier soir, ah ! Quel récital

De pur' tradition médiévale !

Quelle musique ! Intersidéral,

Le concert de Jordy Savall,

Au grand palais épiscopal !

 

 

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Lettre d'un philosophe à sa libre amie : Liberté, chérie ! 1

Publié le par modimodi

Entends-tu ma chérie, je ne renoncerai jamais à ma liberté chérie ! Il ne suffit pas de te l'affirmer, il me faut aussi, t'en persuader.

Oui ! Nous devons toujours être conscients de la fragilité de nos acquis. Rien n'est permanent. Pour en garantir le maintien, tout ce que nous aimons doit toujours être l'objet de vigilance, de lutte ou de conquête.

Nous avons toi et moi, la chance de pouvoir puiser à la source de la sagesse de la vie : la philosophie. En effet, notre très chère liberté est à appréhender comme à examiner dans toutes ses références comme en ses nombreuses nuances.

Sans être archaïques dans notre relation, nous ne pouvons l'apprécier indépendamment des conceptions philosophiques antiques. Chaque fois que nous agissons volontairement, en sachant ce que l'on fait ou dit, sais-tu mon amoureuse, que nous exerçons la vertu, le premier degré de la liberté, si chère à Aristote ? Chaque action quotidienne qui s'accomplit en s'affranchissant des contraintes est la mise en application du principe de vertu aristotélicienne.

Inutile de nous parer de toutes les vertus, celle-là seule suffit ! Mais il faut que nous pratiquions des actions justes et que nous fassions le bien. Nos efforts doivent être réguliers et constants... Ainsi, le courage, la tempérance, la sagesse, la sagacité et la piété s'acquièrent par la volonté.

Il ne s'agit plus, ma délicieuse sensuelle, de vouloir s'adonner au voluptueux lâcher prise de nos habituels abandons d'amour. Nous sommes dans une exigence morale de résistance à nos élans et penchants. Il nous faut savoir commander à nous-mêmes. Nous devons être un exemple pour les autres avant de vouloir les diriger ou les commander.

Nous n'avons eu aucune difficulté à comprendre que : "où y'a de la gêne, y'a pas de plaisir" mais aussi, pas de liberté ! Nous avons donc composé afin de trouver le juste milieu entre nos défauts et nos qualités, nos plaisirs et nos contraintes.

Tu vois, ma douce, la répartition librement consentie entre nous des tâches ménagères en est l'illustration parfaite. Nous donnons sens au binôme : liberté et égalité. Nous en avons fait un principe de partage, une constante égalitaire dans notre couple et ainsi fait de nécessité, vertu. A toi, les torchons, à moi, les serviettes ! Ou l'inverse ! Nous avons l'embarras du choix... Et nous pouvons laver notre linge sale en famille !

Pour garantir l'équilibre entre nous, nos rapports domestiques ont placé librement l'égalité dans le rapport de forces entre droits et devoirs. Nous nous imposons des règles que nous appliquons de bon cœur, surtout le devoir conjugal. Sans doute, faillissons-nous parfois mais uniquement, à préserver l'égalité d'humeur.

Cette loi morale de notre union est également, pour nous, une loi sociale, dans l'exercice responsable de notre citoyenneté. Lui obéir, c'est être libre ! Regrettons-nous souvent avec V. Hugo que "La République affirme le droit et impose le devoir."

Mais la pensée socratique est là aussi, ma chère et tendre, pour nous rappeler que nous ne faisons pas pour autant, ce que nous voulons. Chaque fois que nos actes sont guidés par nos désirs et qu'ils se réalisent pour atteindre un but précis, notre liberté s'exprime dans une puissance, une capacité d'agir toute relative.

Son efficacité reste limitée, parce qu'elle laisse à désirer. Reconnaissons alors, que nous sommes surtout intéressés au résultat, soit pour trouver un mieux à une situation embarrassante, soit pour obtenir ce qui nous manque ! Quand nous prenons un médicament, ce n'est pas parce que nous voulons, expressément droguer mais nous le prenons parce que nous voulons nous soigner, pour pouvoir guérir ou être en bonne santé...

Ainsi, prends-tu, ma douce amie, mon bras pour ne pas tomber et ma main pour lier notre tendresse. Qu'importe alors la rigueur de la notion platonicienne de la liberté, quand nous avons tant de plaisir à succomber à nos désirs. C'est même, de manière métaphysique que l'amour s'est incarné en toi, ma belle âme et mon ange !

Bien sûr, ce qui prouve notre liberté, ce sont nos faits et gestes mais ce qui l'exprime le mieux, ce sont nos pensées. Les extrémistes, les dictateurs et les liberticides peuvent nous contraindre à répéter leurs slogans et nous emprisonner mais ils ne peuvent jamais emprisonner nos jugements et nous empêcher d'exercer le pouvoir de notre raison.

La liberté Kantienne emprunte toujours l'étroit sentier de la raison. L'Homme reste maître de ses pensées car, c'est ainsi qu'agit en toutes circonstances, le sage stoïcien... J'ai avec toi, ma raison d'être, perdu la tête mais pas la raison !

Voilà pourquoi, même dans les chaînes du mariage, chacun reste libre de ses avis et réflexions sans chercher à les imposer à l'autre. Nous ne sommes pas non plus, esclaves en amour. Nous savons, en corps, magnifier notre liberté d'expression.

Par contre, malgré nos efforts, nous avons trouvé nos limites à l'attitude stoïcienne, que nous avons jugée, trop abstraite. Nous n'avons pas su concrètement résister à nos sentiments et nous nous consumons encore aujourd'hui de la même passion. Et ce qu'importe ! Même si à petits feux, il doit constamment nous en cuire, quand nous brûlons d'amour ! Oui, ma charnelle amie, troublez-moi encore et toujours de votre tremblante flamme !

Nous vivons, en homme et en femme libres, notre destin d'amour, indépendamment de l'intervention de la Providence ou de Dieu. Mais pour  être manifestement libres, dans nos cœurs et nos têtes, il importe que nous ayons toujours notre mot à dire, surtout des petits mots d'amour. Il faudrait que notre destin dépende surtout de nous.

Nous ne pouvons vivre dans l'aléatoire permanent, sinon nous ne serions plus responsables de nos actes, ni même de nous deux car plus capables de projets concrets, seulement de rêves. Bien sûr, nous sommes, toi ou moi, parfois ambivalents, quand nous consultons les astres, que nous nous mettons à croire en notre bonne étoile ou que nous croisons les doigts. Mais toi seule, me fais croire à la lune sous notre ciel de lit !

Nous avons admis comme principe, et ce, pour toute notre vie, que notre rencontre et notre amour partagé dans le bonheur, seraient notre unique fatalité, notre bienheureuse superstition. C'est grâce à elle et à partir d'elle, sur un coup de dé du hasard, que nous sommes devenus libres et que nous avons donc, librement exercé notre volonté et laissé libre cours à nos désirs.

Mais nous n'avons pas renoncé, pour autant, à la réflexion et à la délibération. Nos prises de décisions sont parfois aussi des prises de têtes et nos conciliations et réconciliations souvent des prises de tailles, en libres corps à corps.

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Mots doux

Publié le par modimodi

Dites-moi tout, dites-moi d'où

Vous viennent tous vos p'tits mots doux

Qui m'ont rendu de vous si fou ?

 

J'étais blasé, je vous l'avoue,

Des coups de foudre du mois d'août,

Du parfum de ces billets doux,

De quelques baisers dans le cou,

Pour les jolis cœurs d'amadou.

 

Je fuyais le moindre froufrou,

Je me méfiais des beaux dessous,

Des vieux coucous, des roudoudous,

Du courroux des maris jaloux,

De leurs vains propos aigres-doux.

 

Je me suis tenu loin de tout,

Loin du bagou de mauvais goût

Des grands coureurs de guilledou.

J'ai évité les coups d'grisou,

De tomber dans la gueule du loup...

 

Vous m'avez donné rendez-vous,

Vous m'avez dit, "Je suis à vous !"

Et des milliers de mots si fous

Que me voilà, tendre casse-cou,

A vos pieds, doux comme un toutou.

 

Je suis passé du je au nous,

Me suis jeté à vos genoux.

L'amour n'est plus du tout tabou,

J'entends à nouveau des mots doux.

Mon cœur est sans dessus-dessous !

 

Toutes mes craintes se dénouent.

J'ai le rouge qui monte aux joues !

Je m'ancre à vous, je me dissous,

Contre votre cœur, je m'échoue !

Mon corps frémit de doux remous.

 

De longs frissons passent partout,

Les désirs poussent les verrous.

J'ai la vigueur au garde-à-vous,

J'ai l'appétit d'un morfalou !

Avec vous, je revis d'un coup !

 

Oh ! Ne me criez pas "Tout doux !"

J'ai la prunell' d'un andalou,

J'ai la fureur d'un vieux mandchou

Qui prend la vertu au coupe-chou !

Je touche à tout, je risque tout,

Je veux vos délices de Capoue !

 

Dites-moi tout, dites-moi d'où,

Vous viennent tous vos p'tits mots doux

Qui m'ont rendu de vous si fou ?

 

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Napoléonades 1/3

Publié le par modimodi

Notre amour est un fiasco,

Sonnez, trompettes de Jéricho !

Tu n'es pas Grace de Monaco,

Je n'ai pas l'allure aristo,

Ce fut un piètre quiproquo !

 

J'avais joué les Roméos.

Ma voix avait des trémolos,

Je te chantais l'air d'Othello.

Prince Calaf dans Turandot,

Chaque soir, j'étais Caruso !

 

Tu étais mezzo-soprano,

Pas pour les airs du bel canto,

Les arias, les oratorios

Mais pour me traiter de blaireau,

Barbant barbier de Figaro !

 

Je m'étais pris pour un héros,

J'en avais l'air et les propos,

Je criais à tire larigot,

"Venez à moi, les Ostrogoths,

Que je vous réduise en mégots !"

 

Et je m'suis retrouvé KO,

Tortillé comme un bigorneau,

Raplapla comme du mou de veau,

Aplati comme un asticot,

Au pays des bouseux, péquenots !

 

Je me suis dit grosso modo,

Il faut changer de numéro !

Al Capone est à Chicago,

Tu peux jouer le mafioso,

Ici, tu n'as pas de rivaux.

 

Je m'suis fait farcir de pruneaux

Par le premier pistolero !

J'n'ai plus qu'la peau et les os

J'me sens nu, sans mes affutiaux,

Jusqu'à l'infini, un zéro !

 

J'ai acheté un boléro,

Pour avoir l'air d'un hidalgo,

Mais aux premiers pas du tango,

Je m’emmêle dans les tempos

Et je me fais un lumbago !

 

Même échec pour le flamenco.

Je suis ému par le fado,

Les airs troublants du fandango,

Je perds mes racines gitano,

Je claquette avec deux pieds-bots !

 

Je me suis traité de ballot,

Comme Roland à Roncevaux.

Sur la brèche et pris en étau,

Faut' de cor, je prends mon saxo.

Je lui joue : I love you, mambo !

 

Mais l'amour est un lamento !

Pas d’écho, que du vibrato !

Faudrait qu'j'me mette au disco,

Faire du talk-show, du one man-show,

Dans l'cocorico électro !

 

Je ne serai jamais héraut,

Diderot, Marot ou Marivaux,

Rien qu'un bedeau, nigaud, lourdaud,

Un vieux cabot du Limpopo

Qui n'passera pas à la radio !

 

Ah! Quel mauvais mélimélo !...

Je me retrouve sur le carreau,

Drapeaux en berne et en lambeaux,

Déculotté, en p'tit maillot,

En guise de bicorne, un plumeau !

 

Têtes basses, aigles impériaux,

En pleine déroute, comme Napo.

À la bataille de Waterloo !

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Sans début ni fin, de bout en bout !

Publié le par Modimodi

Vous avez aimé lire des textes saugrenus ? Vous ne vous êtes pas perdus dans le labyrinthe du jardin des lettres ? Alors, poursuivez l'entraînement ! Embarquement immédiat pour la suite du voyage en absurdie !

Si certains écrits peuvent parfois vous paraître, décousus ou brodés de fils blancs, si quelques paragraphes vous semblent sans queue ni tête comme sans début ni fin, n'en croyez pas votre première impression. Il n'y a aucune maligne intention de mettre votre patience à bout, ni aucune envie de passer pour un écrivain de hasard, inepte, absurde, incohérent et incompréhensible !

D'ailleurs, pour que vous ne pensiez pas cela et pour vous porter chance, je touche exprès du bois, un bon vieux morceau de bois. Je suis fidèle aux superstitions qui permettent de conjurer le mauvais sort.

Mais par imitation, ne vous avisez pas à venir casser du bois, sur mon dos ! Attention ! J'ai la tête dure, et tant que je ne l'ai pas encore perdue, je suis bien capable de ruser comme un Sioux, de faire flèche et feu de tout bois comme de montrer de quel bois, je me chauffe !

J'aimerais, si possible, éviter la moindre volée de bois vert et chercher à nous mettre d'accord. Alors, en préalable, je pose illico, le principe que dans la réalité, ou il y a quelque chose ou il n'y a rien !

Ainsi, quand j'observe mon morceau de bois, je constate de visu, qu'il y a bien deux extrémités : un début et une fin mais, ni le début ni la fin ne sont préétablis. C'est à moi, d'en désigner le devant et l'arrière, comme pour ceux qui ont une tête de cul. Une simple question de bon sens !

Maintenant, je peux aussi décider de débiter le bois, en morceaux, successivement toujours plus petits. Ainsi à force de rapprocher de plus en plus, la tête de la queue... au bout du bout du bout, le morceau de bois aura disparu en tout petits morceaux, voire en copeaux.

Et moi, sans doute, au bout du rouleau de ne plus savoir par quel bout le prendre, je n'aurai, au bout du compte probablement réussi qu'à entamer mes bouts de doigts. Je crains trop alors, de le savoir douloureusement sur les doigts, jusqu'aux bouts des doigts ! Mais comme je ne tiens toujours pas le bon bout, je ne suis pas pour autant, au bout de mes peines !

Chaque fraction obtenue, mise bout à bout, à tout bout de champ, aura toujours un début et une fin. A l'extrême de la réduction, quand il ne sera plus possible de joindre les deux bouts, il subsistera encore une ultime trace dans la sciure. Nom d'un chien, on est dans le bran !

Sciure ou poussière, tel est notre sort d'humain, de modèle réduit ! "Purée de nous autres, aurait dit Madame Parmentier à sa fille ! Même destin pour toi, mon chou, réduit aux petits bouts de chou qui t'accompagneront avec leurs propres petits bouts, jusqu'au bout de ton âge."

Il en est de même des bananes mangées par les deux bouts et des chandelles brûlées par les deux bouts ! D'un bout à l'autre, au final, la lumière est partie en odeur et en fumée noire et jusqu'au bout, on y a laissé la peau !

Oui ! L'issue est identique pour la vie qu'on a brûlée et qui vous mène aveuglément, au bout du tunnel. Car l'existence, après avoir fait un bout de chemin avec vous, finit toujours, parfois après un court ou un bon bout de temps, par mettre les bouts et à venir à bout de vous-mêmes ! Vous voilà faits néant !

Si ce n'est pas la fin du monde, c'est pour vous, humbles pèlerins, le bout de la route. Ainsi, en suivant, bon sang de bois, le raisonnement précédent jusqu'au bout, voilà la raison, ici démontrée, que si la vie a un début et une fin, elle est pour finir, sans queue ni tête !

Dans le quotidien, le problème de cette expression courante peut même être amusant. Prenez une course cycliste et imaginez l'embarras du commentateur. Comment doit-il exprimer la remontée spectaculaire du cycliste attardé, qui retrouve la vigueur de ses jambes, la force des jarrets et des reins pour recoller au peloton des poursuivants, en chasse derrière le groupe des échappés ? Doit-il dire, que de l'arrière, il passe en tête pour dépasser la queue de la course et qu'il poursuit son effort afin de rejoindre l'avant, en se rapprochant au plus vite de l'arrière de la queue du petit groupe de ceux qui roulent en tête ?

Bien sûr, Il vaut mieux éviter de se prendre la tête. Quand vous abordez ces notions, il y aura toujours quelqu'un, avec un petit vélo dans la tête et à l'esprit, cul par-dessus tête, pour dédramatiser n'importe quelle situation et pour en plaisanter...

Ainsi, de bout en bout, pouvons-nous penser que la vie c'est comme le dé, identique sur chaque face. Quand il est jeté, vous avez beau aller de l'avant, vous vous faites rouler et vous vous retrouvez au tapis, sur le derrière, à compter les points.

D'ailleurs, perdre la tête en amour peut être révolutionnaire pour le cœur qui sait trancher dans l'incertitude. Le sage vous dira qu'au faîte de son art, l'élagueur gagne sa vie en étêtant et que le haricot vert étique finira équeuté. Quand bien même, la blague est incompréhensible pour qui rejette l'absurde, l'amuseur public vous dira, qu'un eunuque décapité, connaît une fin sans queue ni tête.

Bien sûr, penserez-vous avec raison, que devant ces incohérences écervelées, aux sens noués serrés, il faut avoir un peu la tête à ça, pour apprécier cette fantaisie, à la mords-moi-le-nœud !

Sans dénouement réel, comment soutenir à bout de bras et d'arguments, cette histoire, de bout en bout, à dormir debout ! Au risque même de me faire tirer, d'un trait, à bout portant ou traîner dans la boue, je suis comme vous, complètement à bout et pour aboutir, je bous !

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Je-m'en-foutiste

Publié le par modimodi

Y'a pas grand-chose qui te choque !

Tout peut être, de bric et de broc,

Bancal, bâclé, plutôt mastoc,

En général, toi, tu t'en moques.

 

Tu excelles dans l'à peu près.

Mal épluché, pas bien paré,

Mi-figue, mi-raisin, pas huilé,

Moitié cuit, ce n'est pas brûlé !

 

Tu fais dans l’approximatif,

Tu n'vas pas t'arracher les tifs !

Pourquoi donc te contrarier

Pour un p'tit clou mal enfoncé ?

 

A quoi bon devoir fignoler,

Quand ça fonctionne, même à moitié ?

Toi, t'es l'artiste du torchonné,

D'la symphonie inachevée !

 

Avec toi, pas de minutie !

Préparateur en pharmacie,

Ta pommad' pour l’alopécie

Eut pour effet la calvitie !

 

Dosage, mélange ou proportions,

Sans respect de la prescription,

Font convulsion ou congestion.

Aucun espoir de guérison !

 

Je t'ai trois cents fois dit non !

Je refuse tes invitations,

J'veux pas d'ta tarte aux p'tits oignons,

Tu peux garder tes champignons !

 

Tout te pèse, tout est corvée,

Jamais l'temps de finement penser !

Tu es sans cesse obnubilé,

Obsédé par une seule idée.

 

En affaires, il faut décider,

Cochons, couvées, amis, marchés,

Fixés, topés, jurés, crachés

Conclus, signés, vite expédiés.

 

Bah ! Qu'importe le résultat !

On n'va pas y passer le mois.

Quand bien mêm', t'aurais qu'un chouïa,

Tu te dépêches et puis basta !

 

Aucun retard, aucune attente,

Illico, toutes affaires cessantes !

Mais c'n'est pas toi, qui parlementes

Ou l'résultat qui te tourmente.

 

Tu t'en fous com' de l'an quarante !

Tu n'as qu'à jouir de tes rentes !

Tu peux vivr'à la p'tite semaine,

Et c'n'est pas l'stress qui te surmène !

 

Si un importun te survolte,

Tu hausses les épaules, désinvolte !

Et si par hasard, tu t'agites,

C'est pour agir à la va-vite !

 

L'opinion des autres, tu t'en fous !

Qu'on te dise, négligent et mou,

Échevelé et débraillé,

Tu prends l'air le plus détaché.

 

La chemise pas repassée,

Les chaussures jamais cirées,

Et la braguette entrebâillée,

C'est ton style, branché et yéyé !

 

De ce constant laisser-aller,

Toujours prêt à laisser tomber,

De cette allure drôle et godiche,

Toi, tu t'en fich' et contrefiches !

 

Tu n'vas pas faire l'homme sandwich,

Prendre la pose sur une affiche 

Pour une publicité de quiche 

A qui tu susurres : Ô ma biche !

 

Habillé à la six-quatre-deux,

Mains dans les poches, joyeux, heureux,

Tu ne te prends pas au sérieux.

A quoi bon être trop soucieux !

 

Te prendr' la tête, te fair' des cheveux,

Quand on coupe la poire en deux, 

Et qu'on peut comme Lao Tseu

Emprunter la Voie du Milieu !

 

Inutil' de doubler la mise !

Tu t'épargnes, tu t'économises,

S'il faut courir, tu te ravises,

Ne pas s'fouler, c'est ta devise.

 

Pas la pein' de mouiller la chemise

Quand on a d'la débrouillardise !

"Dans le flou, la vie est exquise !"

Disait en louchant la marquise !

 

A la va-comme-je-te-pousse,

Tu ne vas pas te faire de mousse !

Les quolibets, tu passes outre !

Rien à cirer, pour un jean-foutre !

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Lettres d'a.m.o.u.r. 3 Etonnamment !

Publié le par modimodi

Ô tendre amour, vous ma muse, ma mie, savez-vous que l'amour donné un jour, est donné pour toujours.

Pour vous, j'herborise et je botanise, je cueille des pensées et je choisis des mots de bonne famille, de noble composition et de fortes racines... A pleines dents, je les mâche, je les broie, les déchire sans en démordre et les rumine sans chiqué !...

J'en prends empreinte, à perdre haleine, je les prononce dignes de bouche et de langue, dignes des cris et des mots, dignes d'écrits et de maux... Pour vous, rien que pour vous, je fais profession d'écrits vains, d'écrits et chuchotements, motus de bouche cousue, au fil noir de mes nuits blanches !

"Souffrez, souffrez, ma Dame que ma Muse m'amuse," clame le frêle poète, en mâle inspiration ! Alors qu'il devrait dire : "Riez, riez, ma Dame de ce que ma Muse m'use !" Mais vous me transpercez à grands coups d'arquebuse, estimant que j'abuse de vocalises intruses. Et comme, je n'ai pas la poésie infuse, je recherche, ma Muse, une rime qui fuse, au son de ma corne-Muse !

Ah cruelle, vous abusez ! Vous riez de mes impromptus, vous détournez mes élégies, vous affectez mon style, me mettez à la page, à l'index, en renvoi. J'ai des langueurs et des longueurs. Je rabâche, me dessèche, ma cadence est hachée. Mes figures se boursouflent et mes pensées se fanent, dans la banalité de quelques saumâtres platitudes. Le pathos m'envahit. Je m'épate et m'empâte comme un pataud logique !

Ô Muse, ma félonne, regardez ma douleur de la difficulté d'amour et d'écriture. Au corps des mots, le verbe s'est fait chair, à cors et à cris, en corps à corps et toujours et encore, en accords, cherchés en vain. Oh ! Si, ma foi, l'amour n'est pas une profession, vous écrire en vers et contre toutes rimes et raisons, n'est sûrement pas un métier. Entre la belle et la carrière, la première doit être embrassée et la seconde exploitée ! Et non l'inverse, quelle que soit votre bonne mine !

Bien sûr, il me faut trouver pour vous, le bon filon et avoir de la veine littéraire pour éviter les éboulis. Gare à ma chute ! Je suis déjà éreinté à ramasser des cailloux dans mon jardin des lettres et malheureux comme les pierres, qu'elles ne soient pas de touche pour mieux vous émouvoir !

Mais inutile de marquer d'une pierre blanche d'insomnie mes rêves nocturnes. Je sais que vous avez un cœur de pierre et que vous en ririez aux éclats. D'y penser, je me pétrifie.

D'ailleurs, vous prenez un malin plaisir tout autant que votre pied, du moindre de mes scrupules. Vous me traitez de boiteux pantouflard ! Mon style, même lapidaire et paléolithique doit, je le sais, éviter le ton rocailleux !... D'autant que vous seriez, cas rare, de marbre et, sans doute la première, à me jeter la pierre afin de m'en faire paver ! J'ai déjà bien assez de l'enfer de mes maudits mots dits. Et pourtant, vous vous obstinez à me solliciter.

Ma contre escarpe, mon amour, ma Muse pour toujours, vous m'avez déjà demandé une lettre d'A.M.O.U.R. Que choisir à nouveau ? Quelle lettre vous donner, qui fasse bonne impression à ce fichu caractère ?

Ah ! Étonnamment vous avez ri du A ! Vous vous êtes gaussé de mes Ah, le fat, le bêta sur toute la gamme A des aléas et des alinéas, des errata de mon cœur aux abois et des cahin-caha jusqu'à l'anonymat !

Je vous ai offert une couronne, un diadème tout en M.M.M.M.M.M.M, tout en Emiatej ! Je vous ai crié, jusqu'à l'extrême, aimez-moi, comme moi je vous aime ! Je vous ai offert un bath M... Je suis devenu, fort en t'M et vous en ana-t'M et même en strata-j'M !

Oh ! Ne prenez outrage, si j'évoque, à nouveau, le Ô, tout en haut de vos bas et l'eau qui y ruisselle, bientôt, sitôt, trop tôt, ô mon amour, qu'on vous presse d'aimer. Je me voue à vous, ô Aquarius, mon doux Verseau et je me noie en votre amour étoilé et limpide. Ô capriccioso, délicioso méli-mêle-eau !

Nos corps entrelacés, pris au pied de la lettre et pleins de déliés, pouvaient à l'Unisson, joindre l'Utile à l'Ultime afin, selon l'usage, d'offrir en Usufruit, l'Unique space hymen, en nue-propriété. Mais vous m'avez traité d’hurluberlu, d'Ubu à la berlue !... On me hue, me conspue, je me sens abattu, mis au rebut, déçu ! L'amour fou est foutu !

Attitude erronée ! A ma barbe, à mon nez, vous vous donnez de l'aiR. Comme pour m'éreinter et me faire prendre l'hèRe, vous prenez vos grands airs, dédaignant l'érotisme. Ne vous étonnez pas que sans en avoir l'R, l'amour vous fasse la moue et que j'en sois tout mou !

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