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Amours mosaïques ! 3 Frédérique

Publié le par Modimodi

 

A l'amour, je repique,

J'ai croisé, Frédérique.

Elle était sympathique,

Deux grands yeux romantiques.

L'amour était classique,

J'aime les amours antiques.

 

Elle chantait du lyrique.

Jouait de la musique.

Beauté météorique,

Un corps astronomique,

L'amour était cosmique,

J'étais son Copernic.

 

On se croyait uniques

A l'abri des trafics,

Mais nos cœurs céramiques

Un choc, un trop grand clic

Et ce fut du tragique,

L'amour joue les cyniques.

 

Elle tombe sur un beatnik,

Dans un concert public.

Je n'ai pas vu le geek

D'la guitare électrique,

Aux trois accords gimmick.

En avant la zizique !

 

Confiance hypercritique

D'un amour léthargique...

Sur mes yeux, un haïck !

Son cœur a le déclic,

Dans les nues, Frédérique !

J'suis plus dans la rubrique !

 

Notre amour bucolique

Avait pris la colique.

Aucun antiseptique,

Pas d'antibiotique.

Convulsions drolatiques,

Corps à corps spasmodiques.

 

Effets symptomatiques,

Plus d'élans, des mimiques.

Pertes énergétiques,

Virilité modique,

Raideurs de sciatique

Je rame dans le mastic !

 

J'me traîne comme un lombric.

Passion cyclothymique.

Adieu, ma mélodique !

Ma belle polyphonique,

N’est que cacophonique !

C'est un affreux schmilblick.

 

Je fais d'l'acide lactique.

Je m'agite, tout en tics

Comme un épileptique,

Saccadé, robotique,

Peu à peu sclérotique,

Raide comme l'as de pique !

 

Mon cœur catatonique,

En détresse climatique

Est tout frigorifique.

J'en deviens aphasique,

Hébété et mutique.

Tout mon corps coule à pic.

 

Nom d'une crotte de bique,

J'vais finir en clinique,

Rubrique nécrologique !

Faut sauver la fabrique,

R'lancer la mécanique

Avec une énergique.

 

Sans une polémique,

En accord pacifique,

Chacun raide et stoïque

Rend à l'autre sa tunique.

L'amour se désimbrique,

Bye, bye, ma Frédérique !

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Avat'arts

Publié le par modimodi

Est-ce qu'un jour, les œuvres d'art pourront se libérer de leur éternité, descendre de leurs cimaises, courir dans les galeries et sortir des musées ? Les chefs-d’œuvre quitteront-ils leur écrin ? Les collections vont-elles voyager plus loin que dans nos sensibles imaginations ?

Pourrons-nous voir, rien qu'une fois, les personnages célèbres, sortir de leurs postures figées, dans le marbre ou dans la pierre. Les verrons-nous se dégager de dessous les couches de peinture des toiles et des bois pour retrouver leur éclat ? Les perdrons-nous du regard dans leur ascension tridimensionnelle vers l'impossible infini d'Escher.

N'imaginez- vous pas aisément, Le Penseur de Rodin, perclus de rhumatisme, se dépliant la main pour enfin se redresser et le front libéré de toute idée reçue, crier tonitruant : "Toute pensée est libre, vive la liberté !"

De l'art de la Renaissance à la renaissance de l'art, Mona Lisa peut enfin, soulagée, esquisser un vrai sourire et dire : "J'ai gagné, Léonard ! Ce n'est pas moi, qui ai ri la première au jeu du : je te tiens, tu me tiens par la barbichette !" Tournant alors, la tête elle s'éloigne prestement, heureuse d'échapper, aux regards médusés de ses béats admirateurs.

Partout, le souffle de la vie réanime la splendeur et la beauté des êtres et des choses. Allégories, Dieux et Déesses, Héros et Héroïnes, Célébrités ou Commun des mortels entrent en délivrance. Annulées les époques ! Place Navone, à la Fontaine des Quatre-Fleuves, Praxitèle échange avec Le Bernin. Le temps est aboli, des rencontres improbables prennent réalité. Tout est possible et tout est kitsch. L'art étale ses reproductions et ses statuettes dans tous les magasins de souvenirs !

Koons, de retour de Versailles, expose la Vierge à l'enfant de Dürer, dans une boule à neige. Toute naissante, la Vénus de Botticelli sort frissonnante de sa coquille. Elle tombe sur Adam, très agacé, descendu du plafond de la chapelle Sixtine, pour prier Michel Ange d'achever sa création. Car assurément, il la touchait enfin du doigt.

Partout l'art secoue sa poussière et s'anime. Chez Jérôme Bosch, Au Jardin des Délices, Les Trois Grâces de Raphaël arrêtent de nous prendre pour des pommes et vont se rhabiller. C'est l'heure de prendre chez Marilyn, une Campbell's Soup avec Andy. Les belles anorexiques de Modigliani et de Giacometti décident de suivre le régime de Rubens !

En villégiature, à Milo, le Discobole se masse les reins, atteint par un lumbago. Il admire envieux, les lestes Apollons, Adonis et déesses vénusiennes, dansant bras, dessus-dessous, sous la conduite rythmique et aérobic de L'homme de Vitruve.

Lors de la Cène, au grand dam de L. de Vinci et de l'Humanité à racheter, Jésus, sans avoir pris le temps de rompre le pain et de boire la coupe de vin, quitte la table précipitamment, dévoré par sa Passion. Sa petite Danseuse, rencontrée chez Degas vient de Reims et sourit aux Anges !

Le Pape de Bacon, rouge de honte et de colère, pousse le fameux cri de Munch. Comment lui pardonner ce baiser public, saisi par Klimt et Rodin ?

A la ville, La Liseuse de Fragonard peut enfin tourner la page et connaître la fin de l'histoire. Elle doit ensuite se plonger dans L'œuvre au noir, de Yourcenar, illustré par Soulages.

A la campagne, Le Déjeuner sur L'herbe, chez Renoir s'achève précipitamment sous l'averse mais chez Manet, après le bain, il se prolonge sous le soleil ! Monet a lancé son invitation pour dans une semaine !

A Giverny, la "petite Joconde du Nord", la Jeune fille à la Perle de Vermeer, détourne son regard, enlève son turban bleu et libère ses cheveux pour descendre dans le Jardin de Claude, contempler sur Le Pont Japonais, Nénuphars, Iris et Nymphéas.

A la ferme, tandis que meugle La Vache de Potter, La Laitière se dépêche de vider son pot à lait. C'est Le Printemps ! Botticelli et Arcimboldo sont invités par G. Eiffel à la Tour d'Argent. Vite oubliées, l'usine, les poutres et les poutrelles, le cœur se fait Léger !

L'art entrelace et mélange les époques et les lieux. Il vagabonde de l'underground à la lumière crue des cités. L'art Brut triomphe partout et fait la bombe.

A New York, en complicité avec Warhol, Basquiat écorché vif, entre graffiti et peintures explose violemment la palette vive des couleurs. Il masque, démasque et couronne la beauté des corps et des visages de collages, de traits et d'écritures aux signes mystérieux. L'art primitif est de retour.

En Angleterre, le street art de l'énigmatique Bansky recouvre les murs des villes, de motifs au pochoir. Prônant l'éphémère de l'art mercantile, il va jusqu'à l'auto-destruction d'une œuvre aux enchères, selon le principe "going, going, gone !", adjugée, adjugée, disparue !

La réalité est le reflet de l'artiste qui l'exprime, à sa façon, tantôt familière, mélancolique ou fictionnelle. Voyez, contemplez, rêvez ! Ici, une Maison près de la voie ferrée et des Fenêtres la nuit, là, une Chambre d'hôtel, Gas, des pompes à essence et un Café de Nuit où Hopper, désabusé rencontre Van Gogh, désespéré pleurant sur l'air de Tosca "e lucevan le stelle". L'art est un exorcisme.

La mémoire est culturelle, elle vous transporte au gré de vos états d'âme. Elle vous élève avec Parrish dans un utopisme éthéré au sommet de l'Extase ou dans le surréalisme de Chirico et de son Chant D'amour. Le coeur est en joie. Ce soir, c'est fête et danse pour tous Les Amoureux et Les Demoiselles d'Avignon ! D'ailleurs Chagall, Picasso et Manet ont sorti fifre, guitare, tambour et violon.

Les Joueurs de cartes de Cézanne et les Glaneuses de Millet finissent leur partie et leurs prières. C'est l'heure de L'Angélus et du pastis peuchère ! Tandis que le facteur Cheval s'empresse de finir son Palais Idéal. Son confrère Roulin, à la fin de sa tournée va les rejoindre au zinc !

Il connaît tous les détails des Noces de Cana de Véronèse ! Qu'elles étaient belles, Les Ménines de Velázquez et puis surtout, y'avait du vin à volonté !

Allez ! Qu'on se le dise par Tati et par Matisse, c'est Jour de Fête et Joie de Vivre ! Allez ! C'est Kermesse et Procession une fois ! Après s'être payé une dernière pinte de bière et de bon temps avec Bruegel, le Maneken Pis se soulage à la pissotière de Duchamp, reparti sur son nouveau dada, un monocycle.

A Samothrace, Bartholdi, sacré artiste de l'année, remporte la victoire des Golden Arts Awards, pour sa statue de la Liberté. Magnifique photo souvenir de la soirée avec Les Poseuses de Seurat !

Partout, le renouveau, la libre fantaisie ! La nature est en fête. Le destin insouciant a rendez-vous avec le désir et l'amour. Ils s'élancent joyeux, sous le regard coquin de Fragonard, dans Les Hasards Heureux de l'Escarpolette !

Le temps est alangui, il prend la pose. Dans leurs alcôves, la Vénus d'Urbin de Titien et Olympia de Manet rêvent et reposent. Tout le jour, Les Colombes de la Paix de Matisse et Picasso vont porter la bonne nouvelle.

A Arles, chez Vincent, sous La Nuit Étoilée, Les Tournesols baissent la tête en révérence et en cadence, charmés et bercés par le sublime hymne à la lune : "O Casta Diva" de Bellini.

 

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Grippe-sou

Publié le par modimodi

Déjà ton père, c'est dans tes gênes,

Ne voulait respirer qu'à peine

Afin d'ménager son haleine !

D'harpagon, t'as la litanie :

Débourser est une sale manie,

Ton amie, c'est parcimonie !

 

Hier, c'était les bouts d'chandelles,

Les mégots et les bouts d'ficelle,

Aujourd'hui, c'est riz, pain et sel.

Pas de lait dans la béchamel,

Économie d'produits vaisselle

Et toujours vide, le sac-poubelle !

 

On te dit rapiat et grigou,

Le grippe-sou de la soupe au chou !

Tu comptes la semoule, grain à grain,

T'es un mesquin et un radin !

Ta spécialité, c'est la quiche

De pois cassés et de pois chiches !

 

Tout se mange, jamais de restes,

Soupe de fanes, gâteau de zestes,

Plus c'est léger, plus c'est digeste !

Mistigri est tout rabougri,

Pas de fromage et pas d'souris !

Reste plus qu'à lécher l'tapis !

 

Un seul credo ! Chasse au gaspi !

Y'a pas d'petites économies :

Têtes de gondole et promotions,

Rabais, ristournes en obsessions !

T'es un faucon et un rapace,

Là où tu passes, le prix trépasse.

 

Point de désirs ni de besoins !

Diète et carême, point d'embonpoint !

Toujours entasser, conserver,

Réparer, ne rien remplacer.

Les meubles, faut pas les frotter

Par crainte de trop les user.

 

Se chauffer ? Luxe superflu,

Avec trois pulls, on est vêtu !

Tes panards ont double chaussettes,

Tu zieutes dessus les lunettes,

Pour pouvoir épargner les verres,

Comme aurait dit le cher Molière.

 

Toi, tu geins, tu pleur' de misère,

T'as plus qu'du sel dans ta salière

Et d'l'eau bénite  pour les prières.

Mais ton compte en banque prospère,

L'avarice est mère nourricière,

On dit mêm' que t'es millionnaire.

 

Jamais d'bijoux ni de cadeaux,

Mieux vaut amasser les lingots

Que d'donner des perles aux pourceaux.

Pour tes voisins, t'es un fauché,

Un édenté, désargenté,

Un avare aux poches trouées.

 

Fermeture-éclair de coincée,

Il est à sec, ton porte-monnaie !

Perds pas ton temps à te fouiller,

Tu ne peux jamais rien payer.

Quand l'addition est à régler,

Aux toilettes, tu t'en es allé !

 

De brocante en vide-greniers,

Toutes tes semelles sont usées.

Tu t'échines à tout marchander,

Prix bradés, dix fois négociés,

Occasions, produits périmés,

Pour toi vivre et t'alimenter.

 

Tu te vêts sans rien dépenser,

Tes habits sont tous élimés.

Par chance, tu peux t'pavaner,

T'es à la mode, cette année !

Le grunge-bobo décontracté

A rendu chic, le déchiré !

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A toi, ma paire, version d'amour

Publié le par modimodi

Ma douce et belle, ma moitié, nous l'affirmons à notre tour : la femme est l'égale de l'homme et les deux font la paire.

De même, "Liberté, Égalité, Fraternité" sont la sainte trinité laïque de notre démocratie. Chacune par ses bons côtés est équilatérale à l'autre.

Mon amour, nos cœurs sont en concordance, quand ils sont du pareil au m'aime ! Au pied de la lettre, nos gentils et tendres mots d'amour sont en correspondance, en équivalence d'intentions et d'élans.

L'amour, qu'on définit comme une équation à, au moins deux inconnus, est pour nous une simple adéquation, en totale péréquation. Oui, mon amour, tu es ma moitié en parfaite égalité. Je viens te le murmurer, d'égale à égal. D'ailleurs, tu le sais à demi-mot.

En ce matin d'équinoxe où le jour est égal à la nuit, entends mon hymne : Fi les doutes, phi es-tu, divine proportion de la beauté, nombre d'or de la création, esthétique de mon action, harmonie de nos rapports dans l'univers, en équilibre dans ma simple vie. Toi, ma formule magique, ma mythique et ma mystique, mon unité !

Pas de place à l'improvisation, tout a été prévu dans la création ! Pied à pied ou patte à patte, la fine aigrette et le butor mais par la loi de la nature, les hérons et les grues aussi, peuvent vivre sur un même pied d'égalité. "Asinus asinum fricat" et kif-kif bourricot !

Les cons font la conformité dans la continuité. Tu a beau les fuir, ils existent. Ce sont nos semblables en humanité, même si nos cartes d'identité et nos A.D.N nous distinguent. Chacun a l'air d'en avoir deux, des cases en moins et des araignées dans le plafond.

Heureusement, depuis Jules Ferry, l'école de la République tente de gommer les inégalités. Sans pourtant être uniforme, chaque élève a des compétences et des aptitudes. Tout l'art de l'éducation, c'est de valoriser comme égalitaires les différences et comme équivalentes les performances de chacun. Dans le jargon officiel, l'autre est pour son co-apprenant un pair et un expert.

J'en passe des écrits pédagogiques sur les pairs pépères, les pairs mutant en pairs formant, les experts peinards et les paires missionnaires, élevées chez les bons Pères. J'en oublie des doctrines de la didactique, affirmées comme l'art d'enfiler les perles de culture pour des équipes de pairs, hors pair ! Car l'expérience crée l'expert spirituel.

A égalité de réactions, à stabilité d'humeurs et d'intellects, quand les encéphalogrammes sont unanimement plats, quel bonheur incomparable ! Après la minute de silence au génie inconnu, la galerie rit d'une même voix.

Ah ! La belle paire de manches ! Les empotés sont épatés, les emphatiques sont sympathiques, les empiriques sont emphatiques, les aphasiques sont apathiques, les hermétiques émétiques et les bâilleurs ébahis !

Oh ! Révérend Saint Père siffleur ! Il appert qu'ils nous exaspèrent, en permanence et à perpète, tous ces pairs sévères et tous ces pairs roquets emplis d'impertinence.

Bien sûr, mon amour, sans être fusionnels et pour donner le change en amour, nos contemporains vivent parfois au pair, disons logés et nourris, partageant le même toit, la même boîte de petits pois et les mêmes contrariétés.

Voués aux impairs qui font péril en la demeure, ils n'ont pour repères qu'une unique obsession : se persuader de faire toujours la paire en évitant d'agir selon le pernicieux principe de "parité bien ordonnée commence par soi-même..."

Nous, nous sommes en constance ! Toi et moi, nous faisons une belle paire de pairs. Je suis ton compère et ton beau pair. Nous sommes toujours ex-æquo, même dans les perturbations amoureuses ! Nous ne cherchons pas à nous rendre la monnaie de la pièce, ce serait fifty-fifty !

Faisant bon poids, bonne mesure, dans notre deux-pièces, nous sommes toi et moi, en pondération. Quand tu fais ton blanc bonnet, c'est bonnet blanc et blanc bonnet et tu n'as pas d'égal.

Quand nous nous tenons à distance, nous sommes en symétrie équidistante. Nous vivons à la régulière. L'intervalle est en corps, la preuve de notre libre parité en plaisirs et désirs partagés.

Je te l'écris pour te faire sourire, je l'espère ! Quand je vitupère le mot paire, y'a mon égal qui se fait pair, y'a mon ego qui s'altère, mon alter qui dit go !... Aux égaux pour la paire et puis, il y a toi, amour qui espères et moi qui coopère.

Au nom du pair, au nom du fils, sain d'esprit, nous sommes des co-pairs rateurs de la coopé-ration conjugale. Dans notre couple, ce doux duo sans duel, à chacun sa part du gâteau d'amour et d'eau fraîche ! Comme deux et deux font quatre, la logique binaire de la paire convient bien aux cons-joints comme aux cruches communicantes... L'un dans l'autre, notre bonheur est ainsi permanent. Tu es ma paire, version d'amour.

 

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Amours mosaïques ! 2 Jeannique

Publié le par modimodi

 

Bye ! Bye! Ma Monique !

Je suis mélancolique !

Alors, un jour, bernique !

Au vent, les vieilles reliques !

Boulimie touristique,

Folies géographiques,

J'ai couru en Belgique !

 

Orgie de gaufres et Kriek,

Moul’frites et cramiques,

Surrégime calorique.

J'deviens pachydermique,

Taillé comme une barrique

Rond comme un pneumatique !

 

C'est pourtant dans un Quick,

Qu'est apparue Jeannique !

Elle avait l'burger chic,

Jouait d'la harpe celtique,

Mais elle aimait Loïc,

Un marin de Pornic !

 

Loin des philtres druidiques,

Dans l'cri des goualéniques,

J'ai quitté l'Armorique

Et ses chants gaéliques.

Non ! Pas assez typique

Et trop de rimes en "ic" !

 

Rêveries exotiques,

Désirs d'autres tropiques :

Réunion, Martinique,

J'ai parcouru l'Afrique,

Pirogue au Mozambique,

Grande chasse aux moustiques !

Rastas en Jamaïque,

Ivre, de soul music !

 

Fuite systématique,

Errances sans tactique,

Du Pérou au Mexique,

Jusqu'aux pays baltiques !

Périples erratiques,

Voile sur l'Atlantique,

L'océan Pacifique,

Bloqué en Antarctique !

 

Cœur sec, muet, étique,

Existence monastique,

Silence de basilique,

Folie quasi mystique !

Je ne cours aucun risque

Et jamais je n’m’implique !

 

Tout régime politique,

Opulences monarchiques,

Dictatures, républiques,

Principes démocratiques,

Résolument laïque !

J’en avalerai ma chique,

Je reste apolitique...

 

Bougeotte spasmodique,

Pas de ligne méthodique !

Sans raison spécifique,

Je kiffe les Amériques,

Je deviens britannique,

Hispano-germanique,

Balkano-brahmanique,

Je suis géocentrique.

 

Voyages œcuméniques :

Études hébraïques,

Du cantique des Cantiques,

Préceptes talmudiques,

Exégèse coranique,

Discipline bouddhique.

Je reste adogmatique.

 

Mais plus d'sexe, v'là le hic !

Amours au point critique,

Langueur pathologique,

Tremblements telluriques,

Moral neurasthénique,

Volonté ataxique,

Pâleur cadavérique.

 

Recherche cathartique

D'un signe évangélique,

D'un séjour édénique,

D’un ange en sa plastique,

Fût-il mêm' satanique,

Du moment qu'il rapplique !

 

Mais toujours, ah bourrique !

De mauvais pronostics.

Destin antipathique,

Désastre astrologique,

Mars est un colérique,

Les vierges sont pudiques,

Tous les scorpions me piquent !

 

Que des couacs et des couics !

Des rires sarcastiques,

Je passe pour un comique,

D’un âge canonique

Qui’a perdu son public !

Plus d'amis, plus de fric,

Tics caractéristiques

D'une vie pathétique,

Déveine automatique

D'une mouise chronique !

 

Toujours plus nostalgique,

Mon cœur, ce famélique

Cherche le platonique

Des amours idylliques.

Rêves mythologiques

De déesses antiques,

Souvenirs pédagogiques

D'humanités classiques !

 

Ouf ! Ce fut l’grand déclic !

Adieu cœur granitique,

Il se fend, crac et cric !

J'ai croisé Frédérique !

A l'amour, je repique !

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Culture terre à terre en tête à tête

Publié le par modimodi

Il existe un fécond rapport entre les travaux des champs et l'activité intellectuelle.

Le même mot pour la terre et la tête : la Culture ! Un même mot sorti des ténèbres de l'ignorance pour prouver que la plante ou l'humain ont besoin de lumière pour croître et pour s'élever.

L'agriculteur cultive, l'enseignant cultive et tous les deux,  sans oublier de se cultiver, sont des cultivateurs qui veillent au grain pour éviter les mauvaises graines. L'un et l'autre doivent donner leurs lettres de noblesse aux expressions : "terre à terre" et "tête à tête".

Ils doivent se pencher au ras du sol ou au ras des pâquerettes et prendre soin des jeunes pousses comme des épis, qu'ils soient mûrissants au soleil de juillet ou rebelles sur de jeunes crâneurs aux idées en bataille.

Cultiver et éduquer sont indissociables pour permettre à la plante comme à l'humain de s'élever et de s'adapter à son environnement.

Sur le champ, l'un creuse la terre, l'autre se creuse la tête pour creuser celle des autres ! C'est parfois bêtement se fatiguer pour quelques têtes de pioche et inutilement s'entêter pour quelques têtes de mule en pensant donner des perles aux pourceaux.

Le premier engraisse et fume la terre, l'autre, voulant philosopher, tient selon certains incultes, des propos fumeux et fait école. Il y a même des têtes brûlées qui pratiquent la politique de la terre brûlée. La cambrousse ou la classe, les nourritures terrestres ou intellectuelles, voici, la nouvelle terre promise !

Fertiliser le sol, ensemencer l'esprit, ne rien laisser en plan ou en jachère, savoir planter sans se planter... Voilà, le huitième art, l'art du Génie rural ! Le savoir-faire agreste du terroir est l'art du rendement de l'are à l'hectare, le savoir-être est l'art de la conduite des arts au nectar.

Ainsi, semer les grains et les perles de culture vont de paire, au point que chacun patiemment, cherche à faire germer le blé ou l'idée. Le rustique se met au vert, le pédagogue aux vers d'une pastorale ! Les bucoliques les unissent ! Sur ce terrain d'entente, l'élévation les transcende de l'élevage à l'élève ! Panser et penser sont frères de lait et de ruminations.

Le désarmant : "Faites labour, pas la guerre", ne pourrait-il pas devenir le nouveau slogan culturel. Le credo dépaysant à beugler dans les étables ! Ne pourrait-il pas remplacer la morale de Jean de la Fontaine : "Travaillez, prenez de la peine, c'est le fond qui manque le plus au mien."

Holà ! Holà, amis ! Dans la rosée du matin, avez-vous avec moi perdu la tête ? Nos idées ont-elles coulé dans les pierres d'achoppement de notre raisonnement de bouseux ? Nos connaissances se sont-elles enlisées dans les ornières de nos jugements mal cultivés ?

Pourquoi s'en étonner, si nos pensées vagabondent dans les sillons de notre raison mal abreuvée, si notre culture ne surgit que de nos lacunes ? De la culture au terre à terre, il n'y a souvent qu'un pas, chaussé de gros sabots pour qui ne sait pas arpenter le sol de la science ou fertiliser le terreau des connaissances !

Hélas et lasse, à l'école ou l'université, chaque tête bien pleine présente souvent des allures défaites de tête intello, Waterloo, morne plaine ! Alors, haro sur le baudet et sur les têtes de lard et de turc, adeptes du sans queue ni tête ! Ils se repèrent à leurs rires agricoles mal cultivés.

C'est peut-être pour se consoler de ne pas avoir un cerveau musclé, que certains esprits en friche, s'adonnent alors, à "la gonflette". Confondant la tête et les jambes, ils sont fiers d'appeler cela, de la culture physique ! Mais à faire le poirier, pour ceux qui ne tombent pas sur la tête, les idées passent derrière ou par-dessus la tête !

Ils acquièrent de la puissance, tout en muscles mais pas en pensées ! Ces belles têtes de pipe souvent ne pipent mot et considèrent que les beaux discours ne sont que du pipeau ! Bêtes à manger du foin à la fourche, ils y sont sur les dents, à la botte de ceux qui font du foin médiatique avec leurs performances.

Maigre récolte et amer constat pour les cultivateurs de la terre et de l'intelligence ! Que faudrait-il en dire ? Soit, "foncièrement, Esprit, es-tu là ?" ou soit, "Esprit, n'es-tu pas las de ruminer sur le plancher des vaches ? Pourquoi tenter intensivement mais vainement, de vider et d'épuiser notre trésor patrimonial et culturel ?"

Exploitants ou exploités, laboureurs et semeurs, moissonneurs d'épis, de lauriers et de médailles, culs-terreux, cultureux ou culturistes, vous êtes tous, des petits ou grands tragi-comiques des comices agricoles.

Le champ de la culture produit en abondance des betteraves, des cornichons ou des melons. Vous serez un jour, distingués et décorés pour le plus beau navet, la plus belle salade ou le plus beau pâté de têtes !

Vous qui êtes con-formés à l'esprit grégaire et maison des maisons ou des salons de la culture et de l'agriculture, unissez-vous pour essaimer, les uns, les autres. Soyez féconds !

 

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Looser

Publié le par modimodi

Au premier jour de ta naissance,

Tu devais avoir tout's les chances,

Tes parents étaient tout joices,

T'étais potelé, c'était sensas !

Mais ils t'ont refilé la poisse !

 

T'as de la déveine à tout heure !

Faut faire com' tous les électeurs :

Contr' mauvais' fortune, bon cœur !

Doux Jésus, que ta joie demeure,

Si ta tartin' tombe, côté beurre !

 

T'es sûrement né en soixant'-douze,

La super année de la loose !

T'es un pur produit d'la cambrouse,

T'habite à Trifouillis les grouses !

Ceux qui y vivent, cousent et décousent

Des liquettes, calbars et bénouzes.

 

Toi, tu fais commerce d'arbouses.

Ça n'fait pas bouillir ta galetouse !

Ça ne remplit pas tes fouillouses !

Y'a que la guign' qui soit jalouse

Et qui te refil' des talmouses !

 

Tu es poursuivi par la loose.

Ta p'tite vie n'étale pas ses news.

Tu viens de t'acheter des shoes,

Tu confonds pâture et pelouse,

Les v'là étrennées dans la bouse !

 

Tu t'souviens en deux mille douze,

T'as pris la loose pour épouse.

V'là qu'tu tombes, faut qu'on te recouse !

T'avales les suppos par douze,

Et cass' l'aiguill' de la picouse !

 

T'as rencontré une andalouse,

Une beauté de Santa-Cruz

Qui s'effeuillait à Véra-Cruz...

Mais la bell' venait de Mulhouse,

N'avait rien de Pénélope Cruz

Avait un' tripotée d'papooses

Et n'en croquait que pour ton flouse !

 

C'était un croûton de pochouse,

Le plat préféré de Pie XII...

Toi, tu n'es vraiment pas Tom Cruise

Ni un astronaute de Soyouz,

Tu n'es qu'une sauciss' de Toulouse.

T'as trouvé la r'cett' de la loose !

 

Un beau jour, dans un steak house,

Elle était là, chantait du blues,

De Tahiti, une noir' perlouse,

Tu veux la prendre pour épouse.

Finie la mouise, finie la loose,

Tu lui promets la gross' bagouse !

 

Tu écout' son cœur sous la blouse,

Tour de poitrine, quatre-vingt-douze !

Des grenades, aux mains des barbouses,

De pleins obus pour les fellouzes,

Un sésame, pour soirée partouze !

 

Elle t'appelle mon Pipit farlouse

Ses lèvres sont de vraies ventouses,

Tu la dessap' dans ton penthouse,

Ta Brésilienne est ... une tantouze,

Abonnée au club des tarlouzes !

 

La scoumoune est ta coépouse,

T'es né au pays d'la loose

Comme François de La Pérouse,

Le président des p'tits Franzouses,

Le peuple élu des happy fews !

 

Tu n'seras jamais un winner !

Tu restes à jamais, un looser !

Mais si tu t'achètes un scooter,

Tu peux faire la une, de Closer !

 

Pour ceux qui n'ont pas de moteur de recherche :

Traduction : Loose = malchance... Joice = joyeux... Cambrouse = campagne... Liquette = chemise... Calbar = caleçon, calbute... Bénouze = pantalon, futal... Galetouse = gamelle... Fouillouse = poche, fouille... Guigne = malchance, poisse ... Talmouse = coup, tarte, beigne... Picouse = piqûre... Papoose = enfant, môme... Flouse = argent, fric... Perlouse = perle... Mouise = misère, embêtements... Bagouse = bague... Fellouze = fellaga... Pipit farlouse = passereau, moineau... Partouze = partie de débauche sexuelle à plusieurs... Dessapes = déshabilles... Tantouse = homosexuel actif ou passif... Tarlouze = gay... Fransouze = Français... Happy fews = personnes privilégiées.

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Lettres d'a.m.o.u.r. 2 Télégramme

Publié le par modimodi

Télégramme 

Mon absente, te souviens-tu de ma dernière lettre d'amour, composée aux lettres d'A.M.O.U.R. ? C'était, t'en souviens-tu, ma toute première déclaration, les prémices de notre amour. Nous nous vouvoyions alors.

Je l'avais écrite amoureusement comme je t'aime encore aujourd'hui, d'un authentique élan du cœur, d'un envol de la plume. Je n'en ai plus désormais, qu'une douceur amère.

J'attends impatiemment une réponse, au réveil de chaque jour, au lever de chaque nuit. Sanglots de pluie, voiles de nuages, feux du soleil ou des étoiles, mon cœur patiente au froid d'oubli. J'ai enrubanné chaque lettre mais je reste en poste restante.

N'étais-je pas assez adroit, ai-je manqué d'adresse pour aller jusqu'à toi, lointaine, dispersée et perdue. Où te tiens-tu, mon cœur dans cet azur crépitant d'étincelles, au cœur des cendres et des souvenirs ? Que te reste-t-il à explorer ? Suis-je le destinataire de mon destin à terre ?

Belle aéropostale, où t'es-tu envolée, pour quel voyage, quelle croisière au long cours de notre amour ? Quelle trajectoire trace ton chemin ?

Saurai-je, où tu vas pour te retrouver ? Saurai-je, où tu es pour m'y réfugier ? Que vais-je te télégraphier ? Quelles lettres en morse pourront bien sortir de mon cœur banquise ?

Libres, comme toi, mes mots et mon cœur n'ont pas de boussole. Qu'importe leur dérive ou leur vagabondage, puisque mon unique but, c'est toi !

Qu'importe l'hémisphère où tu te tiens ! Je suis empli de toi et je tourne en rond dans ma tête. Ton amour m'enveloppe. Je suis prêt à te porter mes lettres, en porte à porte, en cœur à cœur ou en dépêche comme nos désirs.

Sans en avoir fait le tri, je te distribue nos cinq lettres, code postal de notre A.m.o.u.r. Oh ! Mon tendre cœur auto-stop, parti sans laisser d'adresse, je te câble, ce télégramme officiel, en correspondance privée.

A comme absence sans alibi, A comme attente sans acheminement, A comme arrivée sans escale, A comme aveu sans franchise, A comme aventure sans passeport, A comme amarres sans port d'attache, A comme ange, messager sans ailes, trop loin d'elle, A comme appel sans allô, ni abonné, A comme arrêt du train postal sans crier gare, A comme affranchi, mais pas de toi.

M comme migration, sans la moindre carte postale, M comme missive, sans mise en pli, M comme malle-poste, sans relais de poste. M comme mémoire à guichets fermés, M comme mer, sans vague ni marée, M comme mensonges, sans mandat-lettre de crédit, M comme message, inconnu à cette adresse.

O comme offre, sans distribution, O comme on-dit, anonyme, O comme optique, sans vision focale, O comme ombres enfuies, O comme odyssée, sans bagages, O comme occident, sans soleil couchant ni perles d'orient, O comme oubli, sans oblitération.

U comme unité, sans union, U comme ultimatum, sans déclaration, U comme ultime atome sans accroche, U comme unanimité, sans accord, U comme unisson, sans parole, U comme univers, sans lieux-dits, U comme urgence, en chrono-post.

R comme racine, sans terre ferme, R comme raison, en mode timbrée, R comme réponse même téléphonée, R comme désespérant renvoi à l'expéditeur, R comme recommandé, sans distribution, R comme retour de mon courrier, franc de port.

Si l'A.M.O.U.R. est un globe-trotteur, tous mes messages d'amour, toutes mes lettres d'Amour jetées, pêle-mêle comme des mélis-mélos dits, auraient dû fortissimo, s'imprimer en toi. Elles auraient pu prestissimo, fuser vers toi et colissimo, s'y déposer.

Tout mon espoir tient dans ta réponse. Je t'attends au pied de la lettre M, ma préférée, le bonheur de toute ma vie. Je lirai et relirai chaque mot de ta missive, je suis certain que chacun aura ton parfum, que j'entendrai ta voix.

Mais pourquoi, ce silence ? Préférerais-tu les S. M. S. ? Ton cœur est peut-être un pèse-lettre et je n'étais pas assez léger ! Mon amour s'est donc fait taxer. A ce tarif-là, il n'est plus recommandable.

Mutisme obstiné, attente exaspérément vaine ! Aucun accusé de réception ! Désespérance affligée, soupirs épuisés ! Rien ! Quand, un jour, à l'extrême de mon impatience, enfin une réponse : un affligeant retour à l’expéditeur !

Tu m'as envoyé un paquet, non pas de lettres mais de silence. Mon bel amour, je mesure là ton éloquence !

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Amours mosaïques ! 1 Monique

Publié le par modimodi

 

Je suis systématique,

Ma vie est un grand hic.

Mon cœur fait la tournique,

Chez lui, c'est la panique.

Sa pendule fait tic-tic,

Son rythme est frénétique !

 

Branle-bas poétique,

J'ai perdu ma métrique.

Ma muse joue et complique

Mes hexasyllabiques.

Je ne suis plus stoïque,

J'emballe la mécanique,

Tout est automatique,

L'amour est électrique.

 

Attirance magnétique,

Émerveillement optique,

J'ai rencontré Monique,

Une fille magnifique,

Au regard féerique,

A la taille de moustique.

Nous étions arythmiques,

Détonants, atypiques,

Nos émois anarchiques.

 

Vive l'épidermique !

Monique était lubrique

Moi, déjà vieux, sadique.

Notre langage basique

Se dénommait fornique.

Nous étions orgasmiques !

 

Nus comme des lombrics,

Sans bottes et sans tunique,

Vive l'aéronautique !

En l'air, comme des spoutniks

Ébats supersoniques,

Septième ciel, en un clic !

 

Mais l'amour ironique,

A cadence hystérique,

A force, moins énergique

Devint épisodique,

Les assauts sporadiques.

Devenus flegmatiques,

Bientôt le cyclonique

Fit place à l'apathique,

Aux douleurs arthritiques

Puis au paralytique.

Et ce fut dramatique !

 

Transformés en reliques,

Nous étions archaïques,

Taxés d'anachroniques !

Le temps est vampirique,

Il ronge, il est caustique,

Il vous coupe la chique.

 

Un beau jour, claques et cliques,

J'ai perdu ma Monique !

J'étais mélancolique,

Je cherchais une autre "ique" :

Dominique, Angélique,

Un prénom catholique.

J'épluchais les rubriques

Des revues impudiques,

Courais aux basiliques

Devenais liturgique.

 

Mon cœur était supplique,

La liste fatidique

D'un destin pathétique :

Chagrin dysentérique,

Sans homéopathique,

Deuil des zygomatiques,

Larmes océaniques,

Soupirs hémorragiques,

Insomnies horrifiques !

 

Caïc ! Caïc ! Caïc !

J'ai l'coup d'pompe, vite un cric !

Monique, ma mythique,

Je t'en supplie rapplique !

Je n'en peux plus, j'abdique !

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Chiqué !

Publié le par modimodi

Amour, t'es deux fois belle,

T'es belle et t'es re-belle,

Doublement à croquer.

De toi, je suis toqué

Et c'n'est pas du chiqué !

 

En costume étriqué,

Suranné, pas coquet,

Sans t'avoir provoquée,

Sans le moindre chiqué,

Waouh ! Tu m'as remarqué !

 

Miracle inexpliqué !

J'étais estomaqué,

J'ouvrais grand mes quinquets,

J'obtenais un ticket !

Tu m'l'as fait au chiqué !

 

J'ai été débusqué,

Par l'amour, embarqué !

T'as voulu la becquée,

Pas un baiser tronqué

D'un amour au chiqué.

 

Nos deux lèvres plaquées,

Nos langues imbriquées,

Nos corps tout intriqués.

Je n'pouvais plus arquer !

C'n'était pas du chiqué !

 

Mais tout s'est détraqué,

L'envie de m'attaquer,

Le désir de piquer,

Toujours me critiquer,

Tu n'y as pas manqué.

 

Tu t'plais à me moquer !

Je hais les sobriquets !

Hier, j'étais biquet,

Aujourd'hui bourriquet !

Tu n'fais plus ton chiqué !

 

T'aurais dû m'révoquer

Mais je suis ton laquais !

Je dois tout astiquer.

Tout bien faire, m'appliquer

Sans être baraqué !

 

Je cire les parquets.

La têt' dans le baquet,

Secoué de hoquets,

Comme un vieux perroquet,

Tout prêt de suffoquer !

 

J'suis au fond, au taquet !

Je devrais m'syndiquer,

Com' tous ces freluquets

Qui vont revendiquer !

Tu m'as eu au chiqué !

 

Je n'peux mêm'pas m'planquer

Pour boire un p'tit saké,

Aller au bistroquet,

La voisine reluquer.

J'dois m'méfier du roquet.

 

Pour un rien, t'es braquée,

Tu me tires au mousquet,

Je ne dois répliquer,

Tiquer ou rétorquer,

Je ne peux m'expliquer.

 

Tu m'as mis au piquet,

Tu me cloues le caquet.

Dur de communiquer !

Tu parles alambiqué,

Du tabac, du chiqué !

 

Tu t'es sophistiquée,

Tu t'es fait cornaquer

Par un de ces kékés,

Mais t'es mal éduquée

Tu ne peux plus m'saquer !

 

Tu veux me fair' casquer,

Sur moi, te requinquer.

J'ai mes fonds en chiquets,

Mes avoirs déchiquetés,

Et réduits aux acquêts.

 

Me voici escroqué,

Sans plus rien à troquer,

Dépouillé, défroqué,

A ton fer rouge, marqué.

Arnaqué, au chiqué !

 

Je me dois d'abdiquer.

Je peux aller vaquer,

D'avenir bifurquer,

Ma rancœur mastiquer !

Me voici décalqué !

 

Feu le roi Foutriquet !

Le voilà débarqué,

Soufflé et sans chiqué,

Avec arme et paquets.

Un ballot sur le quai !

 

Plus d'noces et banquets !

Les roses, nos pleins bouquets

Ont un parfum musqué

De babouch' de mosquée,

De harengs encaqués !

 

La haine était masquée,

Le froid m'a fait craquer,

Mon cœur est tout frisquet.

Dis, l'entends-tu claquer ?

Et c'n'est pas du chiqué !

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