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Lettres d'a.m.o.u.r. 1 Ardemment

Publié le par modimodi

Ardemment

Vous me demandez Madame, une lettre d'amour, d'écriture manuscrite.

Où puis-je la déposer ? En-tête ou dans le cœur ?

Quelles lettres vous donner, qui aient du caractère ?

Saurez-vous déchiffrer leur vol calligraphié par mon cœur porte-plume ?

Prendrez-vous à la lettre, cette lettre d'amour ?

Voudriez-vous le A ? A, prime, reine de l'alphabet ! Ah ! Le fat, le bêta, trop indigne de vous ! ...Pourtant, lettre d'amour.

Choisiriez-vous le M ? Et n'en diriez-vous qu'une, M, aime, émoi, aimez-moi comme moi, je vous aime.

Prendriez-vous le O ? L'eau qui vient à la bouche, si tôt, oh ! Oui, trop tôt, qu'on vous parle d'amour.

Chercheriez-vous le U ? Pour joindre à l'Uni-son, l'U-tile à l'A-gréable dans ce chant des voyelles, hirondelles de plein ciel ?

Laisserez-vous ouvert, pour un U-ltime envoi, votre cœur, boîte aux lettres, boîte aux lettres d'amour, d'un bel amour, amor !

Prendrez-vous l'accolade et vous laisserez-vous faire ?... Si, sans en avoir l'R, l'amour vous fait la moue, dans cet épistolaire ?

Garderez-vous en plein, nos déliés aux corps et aux jambages, nos liaisons et nos correspondances ?

Ou en resterez-vous aux idées de l'amour, à ses idéogrammes ?

Vous laisserez vous graver et imprimer ces signes azurés à l'encre de vos yeux ? Enlumineront-ils la page blanche de votre corps parcheminé ?

Vous embraserez-vous à ces lettres de feu ?

Serai-je assez lettré ? Aimerai-je avant la lettre ? Serai-je digne d'épreuve ? Resterai-je lettre morte ?

Serai-je trop littéral, pas assez explicite, un peu trop laconique ou mêlerai-je les lettres d'un amour en désordre ?

Ou préférerez-vous, les cinq sens aux cinq lettres et la lettre à l'esprit ? Ou le vent aux nuages et la raison au cœur ?

Enfin, sans m'A B C, de l'amour à la lettre, à la lettre d'amour, initiale, majuscule, capitale, géminée, me laisserez-vous ardemment épeler votre nom, épris de liberté, éperdu de lumière, mon Âme, mon A.m.o.u.r.

 

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Maladresses

Publié le par modimodi

Je me suis jeté à vos pieds

Avec une gerbe de mots,

Délicatement parfumés

Aux fleurs satin de votre peau.

 

Je me suis jeté contre vous,

Le cœur à nu, tout embrasé

De la fièvre d'un doux baiser,

Déposé au feu de ma joue.

 

J'me suis traîné à vos genoux,

Les mains tendues, le cœur ouvert

À votre ciel et ses chimères

D'amours rêvés et éphémères.

 

Mon genêt, ma reine-des-prés,

J'ai déposé dans vos pensées,

Cent azalées, mille orchidées

Et des roses, de pleins bouquets.

 

J'ai voulu ouvrir les possibles,

De ce cœur inaccessible

A mes envies les plus sensibles,

A mes ardeurs inextinguibles !

 

J'ai voulu plus que votre bouche !

J’ai rampé jusqu'à votre couche,

Le corps trop lourd de mes désirs,

De vos extases, à recueillir.

 

J’ai murmuré cent fois, je t'aime,

Vous ai déclamé des poèmes,

Portant l’amour jusqu’à l’extrême

D’un diadème de mots suprêmes !

 

Mes serments n’étaient qu’du haschisch,

Pour enivrer mes hémistiches.

Mêmes les tirades étaient godiches,

Vous m’avez traité de potiche !

 

Dans l'espoir d'ébats érotiques,

Mes élans fleuraient le colchique.

Mais pas d’secousse, rien de sismique,

J'n'ai obtenu que vos mimiques :

 

Trois minables et maigres soupirs,

Aucun espoir de défaillir,

De venir contre moi frémir

Et de jouir à en mourir !

 

Pas un aveu, pas un quitus,

Votre corps est un vrai cactus !

Vous ne m'offrez com'grand bonheur

Que mouron et dame d'onze heures.

 

Je reprends mon bouquet de fleurs,

Mes clameurs, mes doux chants d'ardeur,

Mes maladresses de p’tit charmeur,

Tous mes vers d'apprenti rimeur.

 

Je jette à terre, mes mots flétris !

Nos cœurs sont sans symétrie.

Je me redresse endolori,

Notre amour est un pot-pourri.

 

 

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Le canif : lettre à mon frère

Publié le par modimodi

T'en souviens-tu, frérot, du temps insouciant, heureux et lumineux de notre enfance ? Nos visages rayonnaient comme nous étions alors : un, deux, trois soleils ! Notre sœur Marie était l'aînée et entendait bien le rester. J'étais le cadet, remuant et espiègle, tu étais mon bien aimé petit frère, l'objet de toutes mes affectueuses facéties.

Comme tous les garçons, j'étais fasciné par l'épée d'Ivanhoé et les couteaux en tout genre ! Surtout celui que gardait papa, un petit canif au manche en corne blanche, gravé d'une étoile rouge. Toujours en poche, il lui réservait d'innombrables usages qui, ce matin, affluent en ma mémoire.

Je le revois déplier la lame pour couper une cordelette, une ficelle de taffetas, pour nous éplucher une pomme, découper ses quartiers. Fin jardinier réputé par ses voisins de potagers mitoyens, je me rappelle de sa fierté à leur exhiber le plus lourd navet, le plus fort poireau, la plus grosse carotte qualifiée de "mahousse" répétée et exclamée à la ronde !

Je l'aperçois au pied de la ligne tracée dans la terre noire et grasse du sol minier. Je l'observe gratter la terre collée sur le plantoir de bois pour mieux planter, chaque traditionnel 22 mars, jour de la Saint Joseph, ses pommes de terre. Je distingue sa silhouette qui s'en va détacher d'un coup sec, de sa tige élancée, un chou palmier. Je lui souris, quand il cueille au milieu de la rangée, la plus belle des salades qu'il sectionne net au pied et je cours avec lui, la porter, plein de fierté à maman.

J'ai des bruits et des odeurs qui me reviennent. J'entends le bruit saccadé de la lame humide sur la planche de bois. Je revois papa en train de ciseler l'ail et le persil pour les incorporer au hachis rosé du sacro-saint pâté de lapin. Ô délices parfumés de la grande spécialité paternelle, qu'une fois cuit, je pourrai déguster en tranches grasses avec des frites soufflées et craquantes et de la laitue, assaisonnée d'une vinaigrette à l'estragon !

Je le retrouve encore dans les images fugitives de mon enfance, resurgie à la simple évocation du mot couteau. Il est là près de moi, voulant m'ouvrir une bogue pour me détacher une châtaigne ou occupé à m'équeuter une tomate cœur-de-bœuf, (la première me disait-il) fraîche et juteuse, rouge et sucrée comme les joues de ma cousine Léa. J'y mordais à belles dents, tandis qu'il essuyait sur son pantalon de velours marron côtelé, la lame luisante de suc sanguin.

Je reconnaîtrais entre mille le cliquetis du canif qu'on referme, quand le plat du couteau se replie pour retrouver son logement. J'aimais son aspect luisant et tranchant entretenu par des aiguisages réguliers. Je revois le mouvement du pouce frottant la lame d'acier et testant de sa pulpe la qualité de l'affûtage. Le danger m'excitait. Mais bien que nous en ayons une terrible envie, il était interdit aux enfants de toucher la pierre à aiguiser que papa prenait soin d'humecter avant emploi. Je rêvais de devenir un jour, apprenti rémouleur.

Mais ce que j'aimais par-dessus tout, c'était de voir notre père, dès le matin, en maillot de corps bleu marine. La peau luisante de sueur, éclatant de vigueur, il s'activait au milieu de notre petit champ de patates, qu'il arrachait à la bêche et jetait d'un geste sûr et puissant sur le côté. Avec une cadence de ballet, elles retombaient en pluie, bondissaient et s'étalaient en grappes.

Je me rappelle ces moments que nous partagions, où l'après-midi, après un court temps de séchage, nous revenait l'importante et amusante tâche de ramasser les tubercules. Nous devions débarrasser délicatement leur peau de la terre séchée et friable et les poser dans un seau en plastique que nous déversions doucement dans un sac de jute.

C'était au bois de Luyot, traditionnellement vers le 14 juillet, en plein cœur de l'été. Mais au milieu de la récolte, j'attendais surtout le moment béni où notre père sortirait son couteau pour nous détacher de son pain d'alouette, une tranche luisante d'un épais fromage blanc, savamment salé et poivré par notre grand-mère Virginie !

Ô mon bien aimé frère, nous voilà rajeunis ! Goûtes-tu comme moi cette nostalgie heureuse de nos premières saisons d'enfance vive ? En gardes-tu ses histoires, ses plaisirs promis et ses secrets ? Nous n'avons pu la retenir ni accomplir toutes ses promesses. Moi, j'en ai gardé cette petite flamme qui réchauffe mon cœur et te contient.

Aujourd'hui, le temps a passé sans émousser mes souvenirs et troublé mon regard. Il nous a donné notre lot de joies et de peines emportées avec nos larmes dans le vent bleu du ciel, où nos parents et notre enfance ne nous quittent pas.

Dans le matin de ma mémoire, l'opinel de mes jeunes années est toujours là, tranchant les certitudes de la maturité mais jamais mes racines. Il me met parfois son couteau sous la gorge et je suis souvent un peu trop sur le fil du rasoir. Mais de cette époque, j'ai conservé le goût prononcé des canifs. J'en ai toujours un en poche et je peux t'assurer, frérot, que personne n'oserait venir me couper les ailes.

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Pique-assiette

Publié le par modimodi

Tu n'en laisseras pas un' miette !

A tous les plats, tu fais plac' nette !

Tu t'invit' à toutes les fêtes,

Tu es le roi des pique-assiettes.

 

Tu débarques à l'improviste,

Tu fais que passer, tu insistes !

Bien sûr, c'est l'heure du repas

Mais tu ne veux pas d'embarras.

 

Juste l'apéro, ça ira,

Si vraiment, ça ne dérang' pas !

Deux heures après, t'es toujours là

A te pourlécher les doigts.

 

T'as pas besoin d'être invité

Pour fair' bombance et gueuletonner.

Un vernissage, un mariage,

C'est pain béni, poire et fromage !

 

Tu cours vers tous les vins d'honneur,

T'es qu'un hâbleur, bonimenteur,

Joyeux noceur et profiteur.

Pour boire à l’œil, il n'y'a pas d'heure.

 

Un verre, un toast, un toast, un verre !

T'as le gosier, comme une gouttière.

Les p'tits fours, tu les récupères

Dans l'parapluie ou dans l'imper.

 

On t'a surnommé la sangsue,

Tu fais tache et tu es verrue,

Tu n'as aucune retenue

Tu te crois partout attendu.

 

Pour l'incruste, t'es un vrai génie,

Mêm' mes amis, sont tes amis !

On n'te voulait pas ! Te voici !

Tu ramènes ta bonhomie.

 

C'est même toi, qui officies !

T'as connu l'oncle d'Jérémie :

"Une ressemblance inouïe !"

T'attires toutes les sympathies.

 

T'es le roi de la cérémonie,

Tu verses le Lacryma-Christi,

C'est toi, qui lances les confettis,

Et moi, qui paye l'tutti quanti !

 

T'as pas une minute à toi,

Y'a plus d'place, sur ton agenda,

Tu vas m'inviter, j'en dout' pas

Mais, c'n'est pas encor' pour cett' fois !

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Dans les chaussettes !

Publié le par modimodi

J'ai trouvé chaussure à mon pied

Et com' disait le chat : "Beauté,

Avec toi, l'amour, c'est le pied !"

 

Je peux rimailler, versifier,

Rimes croiser et embrasser,

Danser, sauter à cloche-pied !

 

Question de taille et de pointure,

Pas d'entorse ni de césure,

L'harmonie entre nous perdure !

 

Aucun besoin de chauffe-pieds !

Nous gardons, hiver comme été,

Nos plantes de pieds enflammées.

 

Pas de bouillottes, de chancelières,

Pas d'amours pépère et mémère,

Tu es un vrai calorifère !

 

Tes coups de chaud sont du tonnerre.

Tu embrases en un éclair,

Mon p'tit cœur sans paratonnerre.

 

Je flambe comme une allumette.

Tu mets le feu à la carpette,

C'est jour de fête aux galipettes !

 

Elle monte, elle monte la bébête !

Entre gambettes et pirouettes,

Nos corps s'attisent sans chaufferette.

 

Dans notre lit, pas de flemmards,

De traîne-savate, de pantouflards :

Des chauds bouillants pour l'grand panard !

 

Pas besoin de tirer la couette

Comme le font les catherinettes,

Pour chauffer leurs pieds d'alouettes.

 

Toi, tu t'effeuill's com' une pâquerette.

Tu ôtes voile et gorgerette,

Je te déchire la cuissette.

 

Oh oui ! J't'aime des pieds à la tête,

Sans ton bonnet, sans ta nuisette,

Sans tes bas et sans tes socquettes !

 

Jamais d'moral dans les chaussettes.

Nous gardons baisers et risettes

Pour la disette des amourettes !

 

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Conseils pour une nouvelle année.

Publié le par modimodi

Mes amis, prendrez-vous en compte ces conseils de début d'année ?

Souriez à la vie ! Mettez-vous en pause et prenez la pose : le petit oiseau va sortir. Souvent lumière varie, bien fol est qui selfie !

Croyez en l'amour ! Les flèches de Cupidon vous iront droit au cœur. Leurs vibrations sont déjà dans l'air. Il suffit d’être sur la même longueur d'onde et d'éviter de se les prendre dans l’œil.

On n'échappe pas à son destin, vous n'échapperez pas à l'amour. Ô homme, un peu d'humilité ! A quoi vous sert d'avoir des nerfs d'acier et un caractère bien trempé, puisqu'une femme peut vous faire fondre ?

N'écoutez pas celui qui vous reproche de ne pas avoir inventé l'eau froide ou l'eau tiède, son avis est peut-être mitigé.

Si votre avenir est bouché, rachetez-vous une conduite !

Prudence ! Ne faites jamais d'affaires avec un nullard ou un zéro, ils n'ont pas de compte à rendre.

Soyez bouillonnants, vous serez craints des durs à cuire mais ne bouillonnez pas d'impatience, devant ceux qui coincent la bulle.

Rien ne vous sert de courir deux lièvres à la fois, il faut partir à point... comme les souvenirs dans la mémoire.

Croyez au bonheur ! Si vous pensez qu'il s'achète à prix d'or, craignez que votre système de pensée ne vous mène à la banqueroute. S'il vous reste quelques lingots, ce sont peut-être ceux de la fin des haricots !

Ne craignez pas la fuite du temps. Qu'importe que vos jours soient comptés, si vous ne vivez pas au jour le jour.

Ne pensez-pas sans cesse à la Covid. Il y a bien d'autres menaces. Quand surviennent le clou impossible à enfoncer, le furoncle qui se la coule pas cool, le panaris qui vous casse les pieds et les maux de gorge et de rein qui vous cassent la voix et vous en mettent plein le dos, votre vie se complique drôlement. Il n'y a pas qu'un seul mal dominant !

Ne soyez pas à la merci de quelques amours en dents de scie, ils mettraient votre cœur en charpie et vos désirs en confettis !

Croyez aux lendemains qui chantent et vous aurez de la veine. Accrochez-vous au slogan : le bonheur, c'est toujours pour demain ! Vous avez sûrement droit à un essai gratuit !

Croyez en votre cœur ! L'amour qui vous est donné est un amour sourcier. Son eau est une eau de vie. A son fil, il vous faut être l'éclusier du bonheur et du temps qui passe.

 

 

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Bonne année !

Publié le par modimodi

Cette fois, ça y'est ! Premier janvier !

Le grand horloger a poussé

La lourde aiguille des années.

2020 s'en est allé,

Mufle, grincheux, époumoné,

En nous claquant la porte au nez

Sur nos jolis minois masqués.

 

2021, nouveau-né,

Nous arrive plein de santé,

Joyeux, heureux et vacciné !

Elle sera bonne, belle, cette année,

De résolutions, de projets,

De rencontres étoilées,

De réussites parfumées

De roses, de pleins bouquets

Aux tendres fleurs de l'amitié.

 

L'espoir offre ses meilleurs vœux.  

Dans le vol pur, majestueux

D'un magnifique paille-en-queue.

Je vous les apporte, lumineux,

Emplis de rêves fabuleux,  

D'imprévus et d'instants soyeux !

 

J'embrasse d'un cœur affectueux

Famille et amis délicieux.

J'entends vos rires chaleureux.

J'auréole d'un amour radieux,

Ma mie, ma douce, ma fleur bleue.

J'enlace son corps voluptueux

De tant de désirs capiteux.

 

 

De vive voix, en sms,

J'offre des mots pleins de tendresse

Des phrases douces de caresses 

Inspirées de délicatesses,

De folies, de liesse, de sagesse,

De chasse-spleen, de chasse-tristesse.

 

Aux poètes et aux poétesses,

A ma muse enchanteresse

J'offre vers et rimes, en tresses,

Des colliers d'émois et d'ivresses

Pour que s’accomplissent leurs promesses.

 

Superbe année et meilleurs vœux !

Allez amis, levez les yeux

Pour remercier vivants, aïeux,

Papa, maman et le bon dieu,

Ceux d'ici-bas et ceux des cieux

De vous avoir rendu heureux,

De tant d'amour, de dons gracieux

Pour que vos cœurs soient généreux.

 

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Fin d'année

Publié le par modimodi

Clap de fin comme au cinéma avec arrêt sur image ! Mais une seule ne suffira pas pour conclure l'année. Sauf si vous êtes mort de fin !

Les optimistes vont s'en donner à cœur joie en pensant : tout est bien qui finit bien. Les pessimistes vont se lamenter en débitant les petits tracas et les grandes inquiétudes qui leur ont fait craindre d'atteindre la dernière extrémité, bien avant l'heure. Pourtant si 2020 ne fut pas une année de vaches grasses, avec le coronavirus, ce fut une généreuse année de cornes d'abondance !

Mais ce soir, personne ne doit se laisser aller à la morosité ambiante. Après l'an foiré, où votre poubelle est sortie plus souvent que vous, fêtez le départ de 2020 dans la gaieté et l'espoir ! Bien avant Noël, vous avez eu les boules, vous vous êtes faits enguirlander, ce soir, restez dans l'ambiance, lavez-vous en les mains avant de lancer cotillons et serpentins ! Mais il est interdit de vous mettre en pétard.

Soufflez sans postillonner dans la sarbacane mais ne soyez pas à bout de souffle ! L'année est finissante, pas vous ! Les années se suivent sans se ressembler. Bonne nouvelle ! Il y a des vaccins pour la Covid. Le pire est donc derrière vous, parole de mutant ! Vous mourrez tous un jour mais vous mourrez guéris !

Il ne reste plus qu'à trouver une solution de continuité du bonheur comme de la santé et une reprise de l'économie en général. Puisque le virus ne semble pas avoir déclaré la fin d'activité, combattez-le sur son propre terrain. Vous n'agissez pas en vain. Ne suspendez pas vos efforts quotidiens, n'abandonnez pas les précautions et 2021 sera un grand millésime.

La fin justifie les moyens appropriés. Eh bien, dansez maintenant ! Entrez dans la farandole et gardez vos distances pour la chenille. Ne laissez pas votre masque au placard si vous ne voulez pas que la Covid redémarre.

Ce soir, tout est prudemment permis. L'année se taille, vous pouvez aussi couper court aux mauvais souvenirs et rabattre les épis des contrariétés en vous amusant. Le destin ne s'est pas payé votre tête, il vous a pris en grippe pour vous faire votre fête, bien avant les fêtes.

2021 vous la fera tourner. Aux douze coups de minuit, votre chant de liesse n'est pas un chant du cygne. Il n'est pas dit que St Sylvestre a plus de pin sur la planche et qu'il se déchêne davantage.

A la fin du compte à rebours, avant les joyeux "Bonne année ! Belle année ! Heureuse année et beaux nénés !", vous êtes loin de vivre votre dernier quart d'heure. Vous atteignez le terme de l'année, cette ultime échéance n'est pas une extinction, juste le déclin des jours annuels au calendrier perpétuel.

"Quand c'est fini, n, i , i , ni, ça recommence !" Il ne s'agit pas d'un point final de non-retour mais juste, d'un point à la ligne de 2020 pour ouvrir un nouveau paragraphe et compléter un des chapitres de votre existence. Ne laissez pas tomber les traits d'union, pour raccrocher les douze wagons du nouvel an. La fin de l'année est un événement festif sur la courbe du temps infini, en aucune façon une fin programmée ou une finalité. A vous de fignoler les finitions !

D'ailleurs, tout est question de moral et d'interprétation. Préférez parler du bout de l'an que de la fin de l'année. Un bout laisse entendre qu'il ne s'agit qu'une partie du tout, un morceau n'est pas le dernier bout. L'année nouvelle rajoute un autre bout qui ne se confond pas avec la dernière extrémité. Ainsi le bout du tunnel laisse entrevoir la lumière et vous tenez le bon bout. Le virus vous a mis à bout, 2021 y met fin. Dès le premier janvier, vous savez par quel bout la prendre et vous entrez dans l'année entière avec l'espoir d'en voir les deux bouts. Vous n'avez pas atteint le bout du bout. Ce n'est donc pas la fin ni le bout du chemin ! Touchez du bois, vous tenez le bout et le bout de vos peines !

Pas de terminus même pour l'austère minus qui rêve de grandeurs sans limites. La fête continue ! Pas de barrière à la joie ! Plus on est de fous, plus on rit. Sans se donner un mal fou, c'est la fête à Neuneu et aux neuneus, le grand saut pour les so-sots ! Vive les fous rires et le grand soir ! Le virus vous a déjà coiffé, du chapeau pointu !

Champagne ou Champony pour de menus plaisirs ! Vous ne voulez peut-être pas qu'on vous prenne pour une truffe ! En application stricte du couvre-feu, vous renoncez à réveillonner, presque rien, juste un bout. Vous vous coucherez plus tôt comme les poules qui ne semblent pas être atteintes par l'épidémie. Au gui l'an neuf, Covid va te faire cuire un œuf !

Au fond de votre lit, vous ne discuterez pas le bout de gras. Vous pourrez, avant de compter les moutons, former des vœux sans masque, afin de parvenir sans encombre à vos fins, avant la fin de l'année prochaine ! Vous êtes comme nous tous ! Nous souhaitons une fin heureuse pour au moins 107 ans !

 

 

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Nos mots

Publié le par modimodi

Chaque jour, nous nous étonnons que de nos doigts courant sur le clavier naissent des contes ou des récits, des pensées ou des poésies.

Les mots de notre vocabulaire, ceux qui sommeillent dans les dictionnaires, ceux qui viennent à notre rencontre sont un trésor inépuisable pour écrire, parler, imager nos émotions tissées de l'alphabet du cœur, aux lettres enluminées.

Comme V. Hugo, le révolutionnaire de la langue française, nous pouvons mettre un bonnet rouge au dictionnaire. Nous sommes riches de lettres et de sons gravés et sculptés dans notre mémoire du cœur, aériens et azurés pour l'envol de nos rêves.

Les mots sont à la fois, les témoins du réel des choses et des êtres et à la fois, les veilleurs de notre inconscient. Ils nous permettent de nommer, décrire et énoncer comme de nous connecter à ceux qui les lisent ou les entendent. Le style doit être soigné pour décrire en phrases ciselées tout autant l'insignifiant que l'important.

Les mots comme des papillons s'envolent de la page ou comme des fleurs éclosent sur les bouches. C'est alors qu'en vibrant, ils nous échappent déjà et se réinventent dans une polyphonie de sonorités musicales et d'images multicolores.

Il est impossible de mesurer leur intime effet. En eux comme en nous, sur le terreau de notre culture, ils germent, ouvrent leurs bourgeons et nous irriguent de sève séminale. Mots rouge cerise suspendus à l'arbre de la Liberté ! Oui ! "Les fruits passeront la promesse des fleurs."... Pour vivre et pour aimer !

Dans les surprenants mystères de nos destins individuels, ils nous construisent et nous élèvent au sommet de la cathédrale lexicale, dans une mosaïque chatoyante de termes et de couleurs. Ils se propagent en ondes concentriques dans le labyrinthe des expressions, au centre de la nef linguistique. Ils sont motifs sur des lambeaux de fresques aux notions tombées en désuétude. En les découvrant, notre esprit et notre imagination chamarrent au cœur de la rosace des significations et des métaphores.

Nous nous réinventons. Nous sommes une partie de chaque écrivain et de chaque poète qui nous ont nourris de leurs écrits et que nous exhumons dans la lumière et la poussière du temps. C'est un peu de leur sang qui coule dans nos veines. Chacun par son talent unique balise le chemin de nos vies, célèbre des instants intimes, exprime nos interrogations existentielles et les transfigure dans le surréalisme de nos songes et de nos désirs.

Leur voie intérieure croise la nôtre. Ils sont des référents qui valident nos doutes, nos peurs, nos joies, nos peines et nos amours. Leur legs est collectif. Dans la verte prairie de la littérature, ils nous prennent parfois la main pour danser avec eux la ronde des vocables, la pavane du langage. Dans cette apparente légèreté, ils nous émeuvent et nous mettent face à nous-même.

Ainsi, les mots fouillent notre chair et notre mémoire et nous font rencontrer les autres, nos semblables, qui avec des mots identiques expriment et ressentent des sensations différentes. Quelle que soit notre langue, personne ne peut prétendre avoir le monopole du sens premier, de ses origines étymologiques, de sa richesse d'interprétations.

Nous nous promenons dans les œuvres avec des colliers de mots accrochés à notre cou. Chacun reçoit et interprète leurs parfums et leurs couleurs comme il l'entend et en perçoit l'écho en lui. Les mots sont là comme chez Eluard pour "Donner à voir". Ainsi, le simple terme de pluie peut évoquer les différentes sortes d'ondées déjà subies mais le poète saura seul, faire sentir l'odeur de la pluie et écouter son chant. Le souffle des mots fait entendre leur respiration à travers les éclats des voix écrite, parlée ou déclamée.

Nul besoin d'être obscur, savant, alambiqué. Francis Ponge embellit nos existences en évoquant les objets les plus usuels de notre quotidien avec les mots les plus simples. Quelques effets poétiques peuvent encore être obtenus par la maladresse feinte. Ainsi la répétition ou l'allitération des consonnes et des sons, des voyelles et des rimes embellissent les mots.

Comme dans la caverne de Platon, le cerveau et le cœur appréhendent la réalité à travers le prisme des ombres et des lueurs mouvantes projetées sur les parois de la sensibilité et de l'imaginaire. Au kaléidoscope des émois, les mots ont une polysémie étourdissante de signifiants et de signifiés. Eluard peut écrire : "Tu es le grand soleil qui me monte à la tête."

En cherchant le mot juste, nous appréhendons l’éphémère et la fugacité du temps et de la beauté. "L'étreinte poétique comme l'étreinte de chair, tant qu'elle dure, défend toute échappée sur la misère du monde", disait André Breton. Si les mots ne sont pas éternels, ils ont le privilège de nous faire toucher l'éternité de mille grâces légères.

Pour nos vies, la prose en dévoilant ses charmes s'habille de poésie. Les instants et les impressions se superposent sans s'effacer. Le même mot en faisant sens en nous a l'étrange pouvoir de l'évocation et du frémissement retrouvé. "Nevermore" pour un "oui" murmuré ou "Harmonie du soir" pour "la fleur vibrant sur la tige" d'un seul mot ! Sa nudité nous rend unique.

Nous pourrions à l'infini écrire sur le pouvoir invisible des mots, déjà au moins aimons-les. La sagesse de l'écrivain, c'est de se souvenir des leçons de mots appris dans l'enfance et de se réjouir de la leçon quotidienne d'écriture que lui offrent les mots. Comme chez Rimbaud, l'écrivain peut poétiquement "être et se faire voyant" pour provoquer en l'autre "un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens."

Il lui revient de célébrer les noces blanches et lilas de l'exactitude et de l'émotion, du profane et du sacré. Il doit ouvrir le regard vers l'ailleurs, au plus loin de lui-même et transporter vers l'au-delà de l'être. Il doit donner à penser et à goûter, il doit libérer et ne pas enfermer. Oui ! "Je est un autre." Il doit faire percevoir la grâce infinie des mots et leur symphonie stellaire. Il doit reconnaître le don que l'autre lui accorde en le faisant magicien. Il doit lever la tête vers le ciel et lancer ses mots au sein des étoiles.

 

 

 

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Défauts et qualités

Publié le par modimodi

La boîte à malices est ouverte ! Chacun dispose d'un référentiel intuitif qui lui permet d'apprécier ses relations et de caractériser ses interlocuteurs comme ses proches.

Mais chaque jugement est une illusion à facettes, comme la tasse que vous voyez avec l'anse à gauche, alors que d'une simple manipulation, elle passe à droite.

Tout dépend du contexte, de votre état émotionnel, de votre rôle social, de votre expérience et des a priori dans lesquels vous vous trouvez.

Si la timidité est une faiblesse pour un entretien d'embauche, surtout si vous bafouillez et rougissez, elle peut être délicieuse si la demoiselle rosit, si le jouvenceau bégaye d'émotion.

Si la curiosité est un vilain défaut, apparentée au mêle-tout, au fouille-tiroir, elle est précieuse à l'esprit scientifique en recherche de causes. Elle l'est également aux chercheurs en ouverture d'esprit et en disponibilité d'expériences pour découvrir et savoir. Elle est indispensable aux aventuriers étonnés et émerveillés de tout, courant pleins d'espoir vers l'inconnu. Mais si vous êtes simplement curieux de savoir ce que l'autre fait, vous pouvez être déçu de constater qu'il ne fait rien !

Si vous êtes ambitieux, ne le montrez pas trop en tant que postulant au poste de directeur général adjoint d'entreprise. Le directeur général en poste pourrait voir en vous, un concurrent aux dents longues. Convainquez le jury, en exprimant votre ambition pour l'expansion de l'entreprise, la diversification de ses services, son audience, l'excellence de sa qualité et le bien-être de ses salariés. Mais attention ! Si vous êtes interrogé par une femme, ne lui évoquez pas l'égalité hommes-femmes, car pour elle, l'accepter, c'est manquer d'ambition !

Ne vous alarmez pas. Il n'y a pas de qualité qui ne soit ou ne devienne également un défaut. Tout est presque relatif. Les mots péjoratifs sont en eux-mêmes dépréciatifs, mais ils sont plus ou moins qualificatifs, suivant leur emploi dans l'expression : un fieffé coquin, des plaisirs coquins ou coquin de sort !

La témérité est une qualité chez un soldat mais un défaut chez le général. La franchise est préférable à la fourberie mais lorsque quelqu'un vous avoue qu'il est capable du meilleur comme du pire, vérifiez que ce n'est pas dans le pire qu'il est le meilleur.

La fierté que vous manifestez dans la réussite de vos enfants ou dans le résultat d'une bonne action prouve la qualité de votre éducation ou de votre générosité. Mais elle n'est que défaut si elle devient orgueilleusement tapageuse, ostentatoire ou dédaigneuse.

Le plus beau cocorico du réveille matin est la fierté du poulailler comme la gêne du citadin devenu campagnard. L'envie de montrer ses qualités peut à l'excès devenir un défaut. H.G. Wells nous livre une pensée proverbiale : "On a toujours les défauts de ses qualités, rarement les qualités de ses défauts."

L'interprétation et les jugements des autres vous attribuent sans cesse, mérites et imperfections. Vous les trouvez souvent injustes, parce qu'il vous est plus rassurant de vous trouver des qualités que des défauts. Mais vos détracteurs ne s'accrochent qu'à vos défauts car ils se voient de près, tandis que vos qualités ne se voient que de loin. Le secret du bonheur illusoire : choisissez des amis myopes plutôt que des presbytes.

Certains cachent leur jeu pour faire illusion ! Le paraître leur sert d'être, sauf d'être authentiques. Qu'ils prennent garde, au-delà de paraître ridicules, Horace les prévient : "En voulant éviter un défaut, les sots se jettent dans le défaut contraire."

Si vous ne pouvez empêcher les gens de vous critiquer, vous pouvez cesser de les écouter ! La surdité est une affliction et dans ce cas, un soulagement ! Mais la louange peut à l'inverse être tromperie ou le bénéfice secondaire d'un esprit indulgent et positif.

Avant de colporter une nouvelle touchant aux habitudes d'un individu n'oubliez pas d'appliquer les trois filtres de Socrate : "Est-ce vrai ? Est-ce quelque chose de bien ? Est-ce utile ?... Si ce que tu as à me raconter n'est ni vrai, ni bien, ni utile, pourquoi vouloir me le dire ?"

Et l'amour ? Que faut-il en penser ? Est-ce une qualité ou un défaut ? Vous avez sûrement un avis !... L'amour du prochain ou l'amour de la prochaine ? Vaste question en son genre ! Mieux vaut le faire qu'en parler.

L'amour de la patrie, de sa famille du bien et du beau sont des preuves de qualité d'action et de cœur. L'amour du jeu devenu passion dévorante est un chemin de ruine et de désolation, l'amour fasciné pour la mort est une obsession maladive, l'amour de l'argent attire l'avarice, l'amour tendresse si attentionné en devient étouffant, tous n'ont que de néfastes effets. La perfection demeure un idéal.

Alors, le bel amour rend-t-il heureux ? Bien sûr, que dans un couple s'aimer, c'est aimer les qualités de l'autre mais aimer ses défauts n'est-ce pas une vraie et plus grande preuve d'amour ? Préférez la modestie des petits mots affectueux aux grands maux cuisants des promesses oubliées.

Si les torts sont souvent partagés entre les moitiés, le plus grand défaut de la femme, ne le cherchez pas, c'est son mari ! André Chénier a écrit : "Plus une femme aime son mari, plus elle le corrige de ses défauts ; plus un mari aime sa femme, plus il risque d'augmenter ses défauts."

Entendez-vous les viriles protestations masculines ? Un conseil à leur encontre : Le mot rêver qu'on l'écrive à l'endroit ou à l'envers reste le mot rêver !

Les jugements sont des miroirs dans lesquels les défauts inversent leur images en qualités et vice et versa. Prenez une épine, si elle incarne la rose elle figure aussi les ronces. Les défauts font toujours ressortir les qualités. Un défaut dans la pensée peut être une qualité dans l'action. L'enfer ne se comprend que dans l'idéal du paradis ! Les amants sont des aimants où les contraires s'attirent.

Les exemples peuvent ainsi se multiplier à l'infini et s'envisager au prisme du sexe fort et du sexe faible. Lâchez prise et ne râlez pas ! L'humour comble aisément l'amour. Accrochez-vous sans vous disputer. Dans les discussions qui virent bruyamment aux désaccords, sachez que l'obstination est vaine, c'est l'écho qui aura le dernier mot.

Alors, l'équilibre entre défauts et qualités est-il un idéal ? Les magnifie-t-on en les transformant en vices et vertus ? Le silence s'impose... Que préférez-vous, messieurs, les grandes ou les petites vertus ? Que choisirez-vous mesdames, un lion ou un mouton, un macho ou un chameau ? S'il ne se perd pas en chemin, un jour votre prince viendra !

Y réfléchir est une qualité universelle !

 

 

 

 

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