Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Nez à nez

Publié le par modimodi

Certaines stars aujourd'hui qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, ont parfois recours à la chirurgie esthétique pour se faire rectifier le nez afin d’améliorer leur face ou leur profil. Le résultat est garanti, si par malchance l'opération a échoué, ça se verra comme le nez au milieu de la figure !

"Néanmoins", n'a-t-elle pas eu raison, la belle Cléopâtre de montrer à César le bout de son nez ? Puisque par amour, sans se faire mener par le bout du nez, il la fera reine unique d’Égypte. Ah ! Bon sang de bois qui ne saurait mentir ! Il a sans doute eu moins de nez, notre brave Pinocchio de se présenter au nez et à la barbe de Gepetto, pour aboutir à son établi, sous son maillet créatif ?

Quoique ? N'est-il pas devenu par son nez qui s'allonge, un héros légendaire ? Et, n'est-il pas plaisant de penser que, grâce à lui, la vérité peut désormais se découvrir nez à nez et même s'apercevoir à plein nez ? Ne rougissez pas, ne vous trémoussez pas, si votre nez remue, vous vous êtes trahi et vous êtes démasqué !

Si nous étions soumis à ce verdict nasal, nous connaissons plus d'un séducteur, bonimenteur qui en embrassant sur la bouche mettrait aussitôt le nez dans l’œil ! Ne pas s'étonner que désormais les occasions lui passent sous le nez, qu'on l'ait définitivement dans le nez, qu'on lui claque la porte et qu'on lui raccroche au nez !

Apparemment dans l'existence, pour donner prise à la réalité, il faut pouvoir se manifester et donner une preuve matérielle et tangible de sa présence. Il faut que l'autre se casse le nez dessus. Accordons une spéciale indulgence plénière à l'incrédule Saint Thomas qui "ne croit qu'à ce qu'il voit" et à ce qu'il touche.

Plus d'un mauvais apôtre tâtonnant dans sa foi libertine procédait ainsi. Aujourd'hui, il n'a plus le temps de balancer d'un pied sur l'autre, il est aussitôt balancé dans la soue des pourceaux. Plus de dévotions iconoclastes avec une sainte Nitouche !

D'ailleurs, il ne suffit pas de ressusciter, d'apparaître puis de disparaître pour créer la preuve de l'existence et du miracle, pensait par un heureux hasard, un hagard à la gare St Lazare.

Il faut a minima créer une impression même de déjà-vu ! Fourrer son nez, n'est pas un vilain défaut de curiosité, réservé au mêle-tout. Recueillir le témoignage de ceux qui étaient sur place est un travail d'enquêteur ou le luxe d'annales historiques... "Élémentaire mon cher Watson, nécessaire mon cher Froissard !" Mieux vaut tout de même avoir la tête de l'emploi, le nez fin ou le nez creux !

Et sait-on jamais ! Des revenants pourraient en abuser. Le marché locatif des grottes pourrait être en pleine expansion ! Il est facile d'imaginer la Lourdes promotion et la multiplication des encarts publicitaires sur les routes béarnaises. "Profitez de nos locations saisonnières pour vos apparitions mariales ! Tarifs préférentiels pour les vierges sur le retour !"

Du nez, de la patience, de l'observation, de l'imagination, de la déduction et des références scientifiques, il en faut aux paléontologues ou archéologues pour, en fouillant faire parler un silex, un os, une dent, un bouton, une pièce, un tesson de poterie et trouver l'âge de Pierre ! Dater à vue de nez la période, relève de l'exploit, car à part la Belle Époque préhystérique, que d'épiques époques opaques !

Gloire aux célèbres appendices nasaux ! Vive la petite musaraigne, l’oryctérope, le tamanoir, le grand fourmilier et le rhinoféroce ! Gloire à Cyrano dont E. Rostand a su tirer les vers du nez !

"Moi, Monsieur, si j'avais un tel pif / Je m'ferais sur le champ, tasteur de beaujolpif ", déclamait un rimailleur nasillard, s'essayant à quelques pieds de nez après s'être piqué le nez à boire de la piquette !

Certains sans mettre le nez dehors, se donnent l'air d'être au courant. D'autres qui pensent être dans le vent sont comme les morveux au nez qui coule. Ils se croient intelligents et plein d'idées, ils n'ont parfois pour preuve que la chance d'un rhume de cerveau.

Avant que vous ne piquiez du nez sous mon nez ou que vous vous vouliez me le bouffer parce que je vous sors par les trous de nez, j'ai deux bonnes nouvelles. Sachez qu'un nez puissant est promesse de vigueur, sachez qu'un nez camus peut vous faire écrivain ! Vous qui êtes à beaux nez, absents, ne doutez pas que la vie vous réserve des faveurs, si vous avez du nez pour les flairer.

Je ne connais pas beaucoup d'artistes, au nez en trompette qui savent jouer du saxo, les doigts dans le nez. Ceux-là peuvent être fiers et aller nez au vent, partout, jusqu'au port d’Amsterdam, où "les marins se mouchent dans les étoiles !"

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Réveillon masqué et magie de Noël.

Publié le par modimodi

Musique maestro ! "Décalétacan, décalétacan, ohé, ohé" ! A répéter quatre fois comme la Compagnie Créole le fait en intro de sa chanson. Qui ne connaît pas le célèbre tub des pistes de danse ? " Au bal, au bal masqué, ohé, ohé, elle danse, elle danse, elle ne peut pas s'arrêter de danser, danser, danser..." et, vous d'arrêter de fredonner l'air qui vous trotte dans la tête !

Ne faites pas la sourde oreille ou la fine bouche car après le bal masqué, vous êtes invité, cette année, au réveillon masqué. Mais l'ambiance a terriblement changé.

Oubliez vite les paroles : "Aujourd'hui, je fais ce qui me plaît, me plait !" Non ! Non ! Plus question, mon ami ! Vous n'êtes plus à la fête, vous êtes en état d'urgence sanitaire ! 

"Aujourd'hui tout est permis, permis" ! Non ! Sûrement pas, c'est bien trop dangereux ! Respect absolu du nouveau permis de conduite en société. Stoppez sur le champ de bataille sanitaire, l'entêtante rengaine : "Derrière mon loup, j'embrasse qui je veux, je veux !"

Pas question ! Vous devez respecter les consignes et appliquer les gestes barrière. Pas de bisous à personne en entrant, ni au Père Noël, ni après déballage, en remerciements des cadeaux déposés au pied du sapin ! Embrassez-vous en vidéo. Et n'oubliez pas de vous laver les mains aussitôt ! L'ennemi invisible ne prend pas de gant pour vous serrer dans ses bras !

Dès que vous arrivez, comptez ! Le nombre d'invités est limité à 6 adultes à table ! Car le septième, est déjà là ! C'est l'invité surprise, c'est la Covid ! Alors pas de rapprochements, seul le pied sous la table est autorisé. S'il avait vécu à notre époque, G Verdi, dans le Bal Masqué, l'aurait sûrement envisagé pour Ricardo et Amélia. Mais surtout son opéra "La Traviata" aurait fait de Violetta, une tragique victime de l'épidémie, époumonée dans l'agonie de son chant d'amour.

Cette année, au réveillon, pour s'épargner de telles conséquences et tenir la distance les jours prochains, un plan de table bien pensé n'aura pas oublié la bonne distance à respecter, de deux mètres au moins entre les convives. Retour aux temps anciens où roi et reine se tenaient face à face pour festoyer, à une longueur telle que les nombreux mets refroidissaient en passant de l'un à l'autre. Ce soir, on sera loin du collé-serré des dancings, car c'est la Covid qui ouvre le bal et mène la danse.

Le port du masque est recommandé entre les plats. Le meilleur service a d'ailleurs prévu des parts individuelles et un dîner vite expédié. Oubliez les Noëls gourmets et gourmands avec foie gras, boudin blanc, saumon fumé, huitres, escargots, etc ! C'est la soirée dinde, une cuisse et vite au lit ! Quant à la bûche, ne soyez pas un bellâtre, évitez de la prendre pour ne pas être marron et farci par la Covid !

Plus de coude à coude mais vous pouvez encore lever le coude. L'ivresse de l'amour familial ne vous fera pas tituber. Toutefois, vous n'avez le droit que de caresser la tête de la bouteille de vin ou de champagne. La consommation d'alcool doit rester modérée mais pas celle du gel hydroalcoolique, à verser, jusqu'à plus soif ! La Covid elle-même se frotte les mains, dès qu'elle vous frôle !

Évitez d'exprimer bruyamment votre satisfaction ou votre bonheur ! Cachez votre joie et parlez à bas bruit. Vous avez le droit de penser que votre petite fille, est votre portrait tout craché mais ne postillonnez pas sur elle, en vous exclamant !

Sustentez-vous, régalez-vous mais n'alimentez pas la conversation d'un lamento plaintif sur les contraintes de la Covid ! C'est ainsi ! Vous êtes passé en une mascarade, de convive à contaminant.

Ne vous plaignez pas ! Vous n'êtes pas obligé de vous passer de rassemblements familiaux comme en Italie. En Corée, il est interdit de recevoir quelqu'un chez soi. En Belgique, un seul invité et pas de danse mais contredanse assurée en cas de non-respect. Les Wallons sont en liberté surveillée par des drones !

Par contre à table, vous pouvez raisonnablement vous échauffer pour compléter les bienfaits de votre petite laine. Ce soir, le mouton est de circonstance et la doudoune et la chancelière sont des cadeaux très appréciés !

Après la douche froide des restrictions, la tendance est de fêter Noël au balcon ou au jardin. A condition que votre crèche offre ce confort comme de disposer de parasol chauffant pour compléter la chaleur humaine.

D'ailleurs chaque foyer ne porte plus l'appellation de foyer, que de nom, lorsqu'on évoque la contamination. Car si on applique le couvre-feu, on l'éteint et on grelotte. On gèle et l'on n'est pas loin d'atteindre la température de conservation du vaccin !

Dans la pièce de réception, il est recommandé d'aérer dix minutes par heure. Brrr ! Brrr ! Attention aux personnes vulnérables ! Soyez chaleureux avec elles et ne laissez pas mamie, dans le courant d'air, si vous ne voulez pas que ce soit son dernier Noël ! Déjà, la Covid trop affectueuse ne pense probablement, en traitresse, qu'à lui sauter dessus, pour la refroidir.

Ayez bonne mine, faites pourquoi pas bombance mais pas la bombe ! La bête à picots a de nouvelles souches mutantes. Le traditionnel Christmas pudding qui a réussi à passer la frontière, n'est plus recommandé après la messe de minuit, prévue désormais à 19 heures trente !

Pauvre petit paroissien placé un siège sur trois et un banc sur deux, tu ne pourras plus donner le liturgique baiser de paix, à moins d'avoir le bras long. A minuit, heure solennelle, il y a quelque chose qui cloche ! Plus d'avoine dans le râtelier et les auberges sont fermées. Le petit Jésus est né mais il crèche sur la paille comme nombre de bons chrétiens pris pour des poires et qui ne croient plus au Père Noël.

F. Villon nous balladait quand il disait : "Tant crie-t-on Noël qu'il vient !" Certes, dans un cri du cœur, il vient pour nous, faire la fête mais surtout, il nous voit venir avec nos visages masqués, nos bandeaux sur les yeux et nos mines défaites.

Réveillonnez ami, sans réveiller la Covid. Vous êtes blanc comme neige ! Innocent comme un nouveau né ! Croyez à votre bonne étoile. Mais attention ! Elle est peut-être filante !

Soyez donc prudent, pas inconscient et toujours optimiste ! Moi j'ai les images de mon enfance où la féerie de Noël lui donnait le mystère enchanté d'un conte. Je me souviens de l'attente de ce jour, de l'ambiance fiévreuse et festive qui le précédaient : l'achat et la décoration du sapin avec les guirlandes et les fragiles boules multicolores et surtout l'instant magique de l'étoile qu'on plaçait en dernier à son sommet. Sans doute, que déjà je pressentais son pouvoir bénéfique et que je savais qu'il me faudrait vivre en levant la tête plus haut, toujours plus haut.

Je participais aussi à la construction de la crèche : des figurines, Marie en manteau bleu, penchée avec Joseph sur le rudimentaire berceau vide, couvert de paille, en attente comme moi de la venue du petit Jésus. J'aidais ma sœur à placer les bergers avec leur canne, les différents moutons blancs et frisés, trois rois mages couronnés portant un coffret, un bœuf et un âne gris. J'entends encore le froissement du papier imitant le rocher qui serait l'abri de la sainte famille jusqu'à la Nativité.

Je ressens également les émotions lors de l'ouverture des cadeaux mais je perçois en plus un mélange d'odeurs douces et sucrées : le parfum d'orange et de coquille qu'on me distribuait à l'école et que je rapportais triomphant à la maison. Ah ! L'arôme entêtant et suave des mandarines ou de la brioche trempée dans le chocolat chaud qu'on dégustait en rentrant de la messe de Minuit. L'enfant Jésus sur la nappe, nous nous regardions les yeux luisant de joies et d'émotions liées. La voix de mon père chantant le difficile "minuit chrétien, c'est l'heure solennelle" emplit encore de sa vibrante nostalgie, mon oreille tendue vers les échos de l'au-delà.

Ami, à chaque âge, chaque époque laisse son empreinte dans les cœurs. Le plus important, c'est de ne pas vous laisser influencer par la morosité ambiante et de garder votre capacité d'émerveillement. Appréciez et partagez votre plein bonheur !

Vous avez une immense et extraordinaire responsabilité ! Vous n'êtes pas des rois mages mais vous possédez le pouvoir magique de mettre de l'or dans les yeux des enfants ! Ce soir, cette nuit, demain et tous les autres jours, soyez empli de gaieté, de sourires et de rires, pour eux comme pour vous et ceux que vous aimez. Que la joie soit dans les cœurs ! Joyeux Noël !

Voir les commentaires

Paupières closes

Publié le par modimodi

Comme les pétales de rose

Veillent sur les amours encloses,

Je garde mes paupières closes

Sur ta beauté à peine éclose.

 

Aphrodite qui a pris la pause

A ton corps se métamorphose

Et pour ton doux amant dépose

Une couronne de lauriers-roses.

 

A ton côté, je me réveille,

Tu es encore dans le sommeil.

A travers les volets, merveille !

Sur ta peau nue joue le soleil.

 

Je ne connais rien de pareil !

Les palis vermeils de la treille,

La chanson douce des abeilles,

Qui murmurent à mon oreille,

 

A ta beauté sont en osmose.

Mais sans émois, toi, tu reposes,

Alanguie en troublantes poses.

Mes désirs contre toi explosent.

 

L'amour en mon cœur se dépose,

Le comblant de charmes grandioses.

Pour conserver l'apothéose,

Je garde les paupières closes.

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Lettre à mon instituteur

Publié le par modimodi

Merci, monsieur l'instituteur pour les leçons, les devoirs et la transmission du savoir ! Votre exigence et votre patience m'ont permis de m'élever et de rester debout comme un citoyen éclairé et responsable. J'ai appris à réfléchir, à raisonner, à croire et à douter, à exercer mon sens critique. Grâce à vous, la vie est pour moi, un champ d'analyses et d'expériences.

A l'école, l'écolier en apprenti sage et tissage doit adroitement éviter de faire des sacs de nœuds avec les connaissances pour éviter de filer un mauvais coton scolaire. J'ai commencé à broder avec vous, puis avec vos collègues instituteurs et professeurs, le canevas de ma vie, sans jamais vivre au crochet de personne ou attendre vainement en faisant tapisserie.

Vous avez fait progresser ma pensée avec des notions et des démonstrations, enrichies de mots et d'expressions. J'ai eu bons points et images quand j'étais bon élève et enfant sage. Sinon, c'est parfois à la férule que j'ai appris les règles pour vous les réciter sur le bout des doigts.

Vous m'avez transmis, la rigueur et le sens de l'effort dans la recherche de la vérité. Au tableau noir, vous avez affiché les valeurs de la morale et m'avez ainsi permis d'apprécier les plaisirs honnêtes et sincères de la camaraderie. Vous avez accentué mes découvertes sociales pour un bien vivre ensemble.

Je sais qu'il est vulgaire d'apostropher et inamical de mettre en parenthèses son condisciple. J'ai découvert que l'amitié comme l'amour est l'auxiliaire de la vie qui permet d'être sans se faire avoir. Plus tard, j'ai ainsi cherché à rester un fort en t'aime !

En calcul, j'ai eu nombre de problèmes. Au total, souvent mon compte était bon ! Je comprenais le dixième ! J'avais beau additionner concentration et application, je multipliais les erreurs et restais nul en sommes, entre le zéro et l'infini.

Vous vous êtes mis en quatre et votre pédagogie m'a apporté logique et déduction. Aujourd'hui, j'arrive à compter les moutons. Je ne me soustrais plus aux difficultés sans demander mon reste et grâce à la géométrie, j'ai le compas dans l’œil, ce qu'apprécie particulièrement le cercle de mes amis.

La géographie m'a fait faire de fabuleux voyages et donné le goût de l'aventure sans jamais perdre la boussole. Je n'ai pas découvert l'Amérique, ni crié après moi, le déluge ou c'est Byzance ou c'est le Pérou ! Mais j'ai toujours plein de rêves dans les cales de ma caravelle.

En histoire, les grands hommes m'ont donné le goût des conquêtes et de l'art. J'ai accompli un travail de romain pour retenir, dates, époques et hauts faits. J'ai évité la mégalomanie en ne me prenant jamais pour César, Alexandre, Louis XIV ou Napoléon. Je n'ai jamais eu non plus de victoire à la Pyrrhus. Le roi ne fut jamais mon cousin et mes guerres furent toujours de tendres guerres.

Au contact des grands savants, j'ai appris la joie des découvertes, la méthode et l'humilité. Je sais que si le progrès est continu, la vérité est toujours provisoire. J'ai même, grâce à Einstein, rapidement compris que je n'étais pas une lumière et Ampère m'a mis au courant. Pythagore m'a mis la tête au carré de l’hypoténuse, Archimède m'a plongé dans le bain des sciences. Moi, le terre à terre des platitudes, quand ça ne tournait plus rond, je fus heureusement décentré par Copernic et Galilée. C'est Newton qui a évité à ma pomme de tout laisser tomber et d'abandonner mes études.

En musique, flûte, je suis tombé sur un bec ! Quant au chant, je n'ai su que me casser la voix et les oreilles de mes camarades. Aujourd’hui, c'est pourtant d'un ton juste que je prends voix au chapitre ou que je pousse la sérénade aux belles.

En sport, j'ai appris l'endurance, bien utile pour le marathon des jours ainsi que la résistance aux contacts, pour me lancer dans la mêlée. Même à la brasse, je n'ai jamais coulé et au tennis, en prenant chaque balle au bond, je n'ai jamais pris ma volée !

Rien ne sert de courir, il faut écrire à point. J'ai généreusement jeté l'encre en me mettant à la tâche. J'ai goûté au pied de la lettre, au fil des pages, le plaisir majuscule de la belle écriture en d'innombrables et minuscules efforts. Vous avez gravé mon caractère et m'avez aidé à corriger et enluminer mes épreuves. Grâce à vous, je fais toujours bonne impression.

Vous avez ponctué l'apprentissage du français de mises au point, d'interrogations et d'exclamations. J'y fais régulièrement référence. Elles résonnent en moi encore aujourd'hui dans mes rapports aux autres, tantôt agréables, tantôt abrupts et composent la syntaxe de ma vie en société.   L'entente cordiale dans la vie de tous les jours, c'est au fond comme la grammaire, une affaire d'accords.

Sans faire du genre, il est d'ailleurs difficile de trouver l'accord parfait entre le masculin et le féminin. Je pense désormais que faire l'amour avec un grand A est préférable à faire l'amour avec un petit tas et ce, pour des tas de raisons. Les fleurs que j'offre aux belles sont toujours des fleurs de rhétorique.

Au jardin des lettres, j'ai découvert les grands auteurs. Si je prends mon pied à écrire, je n'arrive toutefois pas à leur cheville. Ronsard m'a conduit à préférer les roses sauvages aux roses trop sages. L'émotion est à jamais dans mon cœur le terreau de l'innocence et de l'amour. La poésie m'a embarqué sur son voilier pour un grand voyage à la lumière de mes songes étoilés.

Avec mes parents, vous avez fait de moi, un Homme. Vous m'avez enseigné le monde, la vie, l'amour et l'amour de la vie. Aujourd'hui, je sais que l'existence, c'est comme la déclinaison des temps. Le futur est toujours conditionnel et le présent déjà composé de passé simple. La conjugaison de l'amour reste d'ailleurs l'exercice le moins didactique et le plus agréable.

Au jeu de l'amour et du hasard, l'existence n'est qu'un fragile château de cartes. Il faut être l'as des as pour jouer avec patience à la bataille. Pour les réussites, une bonne pioche et un joker sont souvent nécessaires. C'est vous qui m'avez offert la première martingale du bonheur.

Vous avez fait de moi un humain, empli ma tête autant que mon cœur et forgé mon caractère. Vous avez donné de la gravité et de la légèreté à ma vie en m'inculquant les certitudes essentielles et la beauté de l'éphémère. Que l'inconnu qui vous a accueilli vous porte ma gratitude éternelle.

 

Voir les commentaires

Lettre à une coiffeuse

Publié le par modimodi

Madame, je n'ai pas pour habitude de couper les cheveux en quatre, mais là, je dois m'exclamer trop, c'est trop ! Voilà quelques arguments au poil hérissé pour vous, sacrée et décoiffante coiffeuse !

Sur vos conseils, j'avais décidé de me laisser pousser la barbe. Paraît-il qu'elle correspondait mieux à mon profil hugolien d'écrivain. Hélas ! J'en compris ultérieurement l'amère référence.

Si elle me vieillissait de quelques années, elle présentait aussi d'indéniables avantages : un aspect sérieux et respectable, une estompe douce des ingratitudes du visage, un gain de temps à la toilette matinale.

J'avais donc accepté votre proposition avec la promesse que vous en assureriez la taille régulière. Or, voilà que sur une décision soudaine, vous m'annoncez sèchement la fin de ce service, au motif qu'il n'entrait plus dans vos prestations.

François Ier avait raison de graver ses deux vers sur la fenêtre de sa chambre à Chambord : "Souvent femme varie, bien fol est qui s'y fie !" Victor Hugo (le revoilà) a repris la phrase dans "le Roi s'amuse". Il faut admettre que l'un et l'autre s'y connaissaient en conquêtes féminines et en effets de barbe coquine !

Si je n'étais pas contrarié par le reniement de votre parole donnée, j'aurais été prêt à chantonner l'air du duc de Mantoue dans l'opéra Rigoletto de G. Verdi : "la donna è mobile, qual pluma al vento, muta d'accento e di pensiero". "Telle une plume au vent, la femme change de ton et d'idée." Vous en êtes la parfaite démonstration.

Ah petite dame oiselle ! Si j'en avais les moyens, je vous volerais bien dans les plumes pour vous faire changer d'intonation et d'avis. Car enfin, votre salon pour attirer trois pelés et un tondu, affiche bien sur sa devanture : " coiffure mixte". Il aurait fallu, en plus préciser : tout soin sauf la barbe !

Votre brutale résolution, tombée comme un cheveu sur la soupe et présentée en coup de vent m'a défrisé et complètement décoiffé. Mais sachez que pour autant, je ne suis pas tombé sous votre coupe. Oh non, loin de là !

Je m'insurge et suis prêt sur le champ à vous crêper le chignon. J'ai l'humeur ébouriffée, le poil hirsute et en bataille. Vous m'avez dit d'aller me brosser, j'en ai les cheveux qui se dressent sur la tête.

Votre incompréhensible décision me semble plus tirée par les poils de barbe que par les cheveux. Il est évident que vous vous êtes, dans tous les sens du terme, payé ma tête ! Vous m'avez pris pour un blaireau, empoigné dans le sens du poil et m'avez fait mousser avec l'illustre référence au grand Victor. En fait, j'ai reçu un shampoing en plus d'une douche froide et sans me coiffer sur votre poteau d'exécution, vous m'avez séché.

Mais, je ne vais pas pour autant baisser la tête devant vous et je ne permettrai plus désormais que vous me cherchiez des poux dans la tonsure. Impossible de traiter le mal à la racine. Je ne vais donc pas rester à ciseaux tirés avec vous et me transformer en barbouze.

D'ailleurs, il est inutile de vous dénigrer davantage, vous faites très bien vous-même les dégradés. Au fond, vous êtes peut-être une frustrée, car vous ne serez jamais célèbre. Qui se souvient du coiffeur des hommes illustres ?

Nul doute qu'après cette coupe amère, bue jusqu'à la lie, la contrariété qui m'égratigne comme un barbelé va me donner davantage de cheveux blancs, mais je ne vais pas me les arracher par poignées pour autant. Avec le temps, plus dure sera la chute ! Chauve qui peut, sans doute !

Non ! Je ne vous décevrai pas non plus ! Je serai désormais irritant et rasoir lors de chaque nouvelle coupe. Je sais que vous êtes la parfaite illustration de la tête bien faite plutôt que bien pleine. Avec vous, seule la coupe est pleine mais vous serez comblée !

Vous êtes à un poil d'avoir de l'esprit. Oh ! Heureusement que l'on peut fermer les yeux et que le sèche-cheveux évite de temps en temps de vous entendre. Enfin, je me console en souriant et en me disant que mon malheur eut été bien plus grand, si vous aviez eu, en plus un cheveu sur la langue !

Faute de pouvoir vous faire une tête au carré, je vais rester de mauvais poil. Je vous avais élevée au rang de Madame Figaro, mais vous n'êtes au fond que Joséphine la barbante barbière de Napoléon et Marie-Antoinette, la tondeuse de moutons, la bergère à Louis. Vous constaterez ainsi aisément que j'arrive encore au quart de poil, à rire dans ma barbe !

Une chose est sûre désormais. Petite ébarbeuse, vous m'avez bien rasé ! Je n'ai plus qu'à reprendre du poil de la bête. Dès demain, je me mets en quête d'un autre merlan barbier ou bien je reste imberbe, voire je me mets à votre niveau et me fais une boule à zéro !... 

D'ailleurs, si permanente raseuse, vous escomptez me tenir par la barbichette, sachez que moi, je ne serai jamais de mèche avec vous. Ni frisettes, ni risettes ! A chaque rendez-vous, je saisirai la moindre occasion aux cheveux et mettrai un point d'honneur, à votre nez et à votre barbe, pour ponctuer mes conversations, de sonores exclamations : Ah ! Quel toupet ! Ah ! La barbe !

Vous n'y couperez pas alors ! Ne comptez pas sur moi pour couper court aux cheveux en quatre !

 

Voir les commentaires

Ignorance

Publié le par modimodi

Inutile de se réjouir ou de s'enorgueillir exagérément du présent. Nous ne savons rien de la vie ni de l'avenir. Nous sommes dans l'ignorance des choses, des faits et de nous-mêmes. Cette attitude de sagesse est un principe de philosophie orientale.

En effet, si "Tout bien portant est un malade qui s'ignore", sans doute, vaut-il mieux ne rien savoir afin de ne pas être dans l'angoisse de la maladie ! Il est préférable de rester optimiste et d'espérer des lendemains qui chantent comme se dit la cantatrice, victime d'une extinction de voix.

Laisser quelqu'un dans l'ignorance, c'est le laisser en dépendance de lui-même et à la merci de son environnement. L'instruction publique a voulu sortir l'individu de sa servitude en l'alphabétisant. Cette attitude philanthropique est nécessaire mais non suffisante.

Sans les outils de la réflexion, du discernement et de l'analyse critique, l'homme est le sujet de l'opinion répandue, des préjugés, de la croyance, de la superstition et des dogmatismes qu'entretiennent fanatiques et obscurantistes. Au sens étymologique, c'est la part noble du scepticisme que de ne rien admettre comme vérité sans examen approfondi.

Il faut ici mettre à part la réalité physique généralement admise, car entre un autobus et soi-même, sans en faire l'expérience sensible, chacun sait qui remportera le face à face. Il n'est nul besoin de finesse, d'intelligence ou de culture pour en être convaincu. Nul n'est censé ignorer la loi, surtout du plus fort !

Pour apercevoir l'horizon dégagé, le recul est indispensable. De même la mise à distance et la réserve du jugement permettent de dégager un point de vue personnel et de se fonder un avis original. Cette capacité, quand on l'exerce, rend heureux sans être au point exacerbé de la félicité céleste, réservée aux bienheureux.

Bienheureux les incrédules et peut-être "les simples d'esprit car le royaume des cieux est à eux." Par contre, rien ne prouve que les imbéciles soient vraiment heureux...

Il n'y a pas un grand écart entre les naïfs candides comme des petits enfants, entre les gens qui se contentent du sens premier, qui ne se compliquent pas l'existence ni ne s'encombrent de problèmes métaphysiques et les idiots congénitaux, ignorants par nature. Mais par contre, il y a une différence flagrante avec les idiots qui se comportent de manière irresponsable et les écervelés qui ont des comportements stupides et font fi du bien-être et de la sécurité de leur entourage.

De ceux-là, il convient de se méfier. Leurs idées et leurs exemples sont à ignorer car dangereux d'inconscience et de conséquences. De même, méfions-nous des pseudos scientifiques qui pérorent sur les maladies, les virus et les vaccins alors qu'ils n'en ont qu'une connaissance partielle.

Appliquons sans réserve les gestes barrière vis à vis de la protection de soi-même et des autres, ralentissons ainsi l'épidémie mais appliquons en même temps des comportements barrière. Profanes que nous sommes, gardons une mise à distance face à la circulation des analyses précipitées et contradictoires afin d'éviter l'infection voire la surinfection des informations hasardeuses.

Sans être des incapables ou des incompétents dans leur domaine, certains experts sentencieux et savants ne doutent pas. Ils assènent leurs avis et prônent l’application immédiate sans prudemment reconnaître qu'ils manquent de connaissances certifiées. Ainsi vont les apprentis sorciers dans leurs mystérieuses incantations comme les girouettes au gré du vent capricieux et des coups de vent dans l'air du temps.

Nous sommes tous l'ignorant de quelqu'un. Gardons notre âme d'enfant. Notre couronne n'est parfois qu'un bonnet réservé aux benêts. L'âne alpha-bête souvent retient l'alpha et bute sur le béta. Baudet, bêta de grand dadais ! Les grandes oreilles sont grand ouvertes, pour faciliter la libre circulation des connaissances qui rentrent d'un côté et ressortent de l'autre ! L'âne bâté n'a jamais le bât qui le blesse longtemps.

Si nous ne sommes pas ignorés, nous ne savons pas notre chance, quand nous ne faisons pas partie des oubliés de la vie que le malheur et les échecs accablent. Quand nous n'appartenons pas aux délaissés, aux oubliés du cœur et que nous avons de l'importance pour quelqu'un. Quand nous n'essuyons pas l'indifférence et le mépris de ceux qui ne voyant que leur intérêt vous ignorent et vous trouvent transparents comme leurs illusions.

La sagesse vous enseigne l'humilité, à n'avoir d'autre prétention que celle d'apprendre des autres. Rester silencieusement prudent n'est pas un manque d'assurance, si c'est pour sonder la part inconnue de soi-même. Deux références philosophique et poétique éclairent notre route. Socrate nous rappelle l'injonction morale de la devise inscrite au frontispice du temple de Delphes : "Connais-toi toi-même" et Lamartine nous plonge dans une sage introspection : "Ignorant d'où je viens, incertain où je vais."

 

 

 

 

 

vraiment heureux...

Il n'y a pas un grand écart entre les naïfs candides comme des petits enfants, entre les gens qui se contentent du sens premier, qui ne se compliquent pas l'existence ni ne s'encombrent de problèmes métaphysiques et les idiots congénitaux, ignorants par nature. Mais par contre, il y a une différence flagrante avec les idiots qui se comportent de manière irresponsable et les écervelés qui ont des comportements stupides et font fi du bien-être et de la sécurité de leur entourage.

De ceux-là, il convient de se méfier. Leurs idées et leurs exemples sont à ignorer car dangereux d'inconscience et de conséquences. De même, méfions-nous des pseudos scientifiques qui pérorent sur les maladies, les virus et les vaccins alors qu'ils n'en ont qu'une connaissance partielle.

Appliquons sans réserve les gestes barrière vis à vis de la protection de soi-même et des autres, ralentissons ainsi l'épidémie mais appliquons en même temps des comportements barrière. Profanes que nous sommes, gardons une mise à distance face à la circulation des analyses précipitées et contradictoires afin d'éviter l'infection voire la surinfection des informations hasardeuses.

Sans être des incapables ou des incompétents dans leur domaine, certains experts sentencieux et savants ne doutent pas. Ils assènent leurs avis et prônent l’application immédiate sans prudemment reconnaître qu'ils manquent de connaissances certifiées. Ainsi vont les apprentis sorciers dans leurs mystérieuses incantations comme les girouettes au gré du vent capricieux et des coups de vent dans l'air du temps.

Nous sommes tous l'ignorant de quelqu'un. Gardons notre âme d'enfant. Notre couronne n'est parfois qu'un bonnet réservé aux benêts. L'âne alpha-bête souvent retient l'alpha et bute sur le béta. Baudet, bêta de grand dadais ! Les grandes oreilles sont grand ouvertes, pour faciliter la libre circulation des connaissances qui rentrent d'un côté et ressortent de l'autre ! L'âne bâté n'a jamais le bât qui le blesse longtemps.

Si nous ne sommes pas ignorés, nous ne savons pas notre chance, quand nous ne faisons pas partie des oubliés de la vie que le malheur et les échecs accablent. Quand nous n'appartenons pas aux délaissés, aux oubliés du cœur et que nous avons de l'importance pour quelqu'un. Quand nous n'essuyons pas l'indifférence et le mépris de ceux qui ne voyant que leur intérêt vous ignorent et vous trouvent transparents comme leurs illusions.

La sagesse vous enseigne l'humilité, à n'avoir d'autre prétention que celle d'apprendre des autres. Rester silencieusement prudent n'est pas un manque d'assurance, si c'est pour sonder la part inconnue de soi-même. Deux références philosophique et poétique éclairent notre route. Socrate nous rappelle l'injonction morale de la devise inscrite au frontispice du temple de Delphes : "Connais-toi toi-même" et Lamartine nous plonge dans une sage introspection : "Ignorant d'où je viens, incertain où je vais."

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Bouche à bouche

Publié le par modimodi

Ma douce, ma sainte-nitouche,

Mon cœur dormait comme une souche.

Je paressais mol, sur ma couche,

Au rythme lent d'un bateau mouche.

 

L'amour m'est venu à la bouche,

Je t'ai vue comme un croquembouche.

Mon envie n'avait rien de louche,

Je ne voulais qu'un bouche à bouche.

 

Je ne cherchais pas un touche-touche,

Rien qu'un baiser de mise en bouche.

Je n'allais pas faire le gobe-mouches

Et finir : "Au panier, coucouche !"

 

Je ne cherchais pas l'escarmouche

Mais tu m'as laissé sur la touche.

Tu t'es montrée froide et farouche,

Aussi sec, j'ai reçu la douche !

 

Et tu m'as tiré ta cartouche :

Je n'ai rien de l'oiseau mouche,

Faut que j'arrête mes chants manouches,

Que j'achète vite, un chasse-mouches !

 

J'ai une affreuse haleine tue-mouche,

A l'odeur de vieille babouche.

Il me faudrait plus qu'un rince-bouche

Pour avoir droit au bouche à bouche.

Voir les commentaires

A la tête de l'art

Publié le par modimodi

L'école de la République a la noble mission de sensibiliser nos chères têtes blondes à l'Art avec un grand A... Vaste, noble et belle ambition !

De quel art parlons-nous ? De l'art oratoire des poètes et des beaux parleurs, de l'art culinaire du latin de cuisine, de l'art dramatique des accidentés de la scolarité ?

Parlons-nous des 7 arts libéraux ? Trivium et quadrivium, des trucs en hics, en tics antiques ! Un cauchemar permanent et catastrophique pour certains écoliers, incertains en grammaire, dialectique, rhétorique, arithmétique, géométrie, histoire et musique.

Parlons-nous de l'art en tant que conceptions du Beau, d'esthétique éclatante et d'harmonie plastique des formes et des couleurs ? Parlons-nous, d’œuvres d'art dans l'élégant équilibre des proportions ? Mais encore ! …

Tout n'est-il pas, bien souvent, relatif et subjectif ? Voltaire nous l'a rappelé, "la beauté pour le crapaud, c'est sa crapaude." Mon beau-frère ou ma belle-sœur ont surtout de beaux yeux. "La plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a" mais chacun sait que le plus beau réside dans ce qu'elle ne montre pas. Et chacun a une double chance. Soit à sa naissance : "Tout nouveau, tout beau", soit dans le mystère de sa beauté intérieure. Ceux que la vie n'a pas gâtés, dont on dit qu'ils ne sont pas finis ont même le secret espoir de finir dans la beauté schubertienne d'une symphonie inachevée.

D'ailleurs, l'homme, dans sa petitesse, cherche à se dépasser. Après avoir tenté en artiste de faire le beau, le voilà, en quête éternelle, d'absolu, d'excellence et de perfection. D'ordre esthétique et mystique, la divine proportion, présente dans le corps humain, avec sa section dorée et son nombre d'or, a donc inspiré, nombre de créations : dans la peinture (Dali), l'architecture (Le Corbusier, Ricardo Bofill), la musique (Y Xenakis).

Tous les styles, de toutes les époques, influences ou courants, tableaux et monuments ont une même référence, l'art de toucher, d'émouvoir, d'aiguiser les sens et de provoquer l'intuition et l’intelligence !

La tendance est aujourd'hui à la vulgarisation voire à la vulgarité d'un art autrefois impressionniste et qui s'expose faussement en techniques qualifiées de modernes. Cet art qui a détourné la richesse foisonnante du baroque s'en revendique et se dénomme gothique, avant-gardiste et parfois décadent.

L'art est partout, dans les musées, les auditoriums, les théâtres et dans la rue. Si depuis Platon, la politique est l'art de s’intéresser aux affaires de la cité, aujourd'hui, elle est même devenue un art du cirque où bateleurs harangueurs et jongleurs prévisionnistes amusent gradins, travées et amphithéâtre. Si depuis Socrate, la pédagogie est un art d'accoucher les connaissances par la découverte active de la réflexion et du dialogue, l'éducation nationale a inscrit la découverte des arts à ses programmes.

Au même titre, que la littérature ou les sciences, l'art s'est imposé comme objet d'enseignement. Il a fait école. Car l'exigence pédagogique est ainsi faite : pour faire d'une tête bien pleine, une tête bien faite, il convient de la jeter, aux fins de l'initier, à la tête de l'art !

Mais qui peut nous dire où commence l'art et qui l'a initié, exprimé, façonné, peint ou sculpté ? Sont-ce les peintures murales découvertes dans les cavernes ou les premières poteries, les os de mammouth et les silex taillés, les bijoux ciselés pour les belles primitives ?

Quel en est l'alpha et l'oméga et pour dire cool, y a-t-il un b-a ba de l'art, un b-a-ba-ba- school ? A le vulgariser, ne risque-t-on pas de le rendre vulgaire et de transformer ses face à face en terre à terre ? Quel cauchemar pour un tableau que de finir au tableau noir !

A quel art se vouer ? Pour ne pas compromettre les canons de la beauté, devrons-nous négliger l'art militaire pour les beaux-arts et répudier les neuf muses des arts libéraux pour les neuves nymphes du 7ème Art ? A quelle école, quelle période, quel génie se référer ? Le romantisme ou la Rome antique, l'art byzantin ou le pop'art, le douanier Rousseau ou le facteur Cheval, Manet ou Monet is money, en mille liarts, en dollars ou en roubles-art, c'est toujours de l'art, gens !

Et moi de tous, César, je préfère l'art Zèbre ! Faut vous dire que très tôt, j'ai affirmé de réelles dispositions, encrées en moi depuis toujours. Joyeux bonheurs de l'enfance ! Mes premiers essais grapho-barbouillés ont empâté mes cahiers que les taches, par mes petits doigts, appliquées, ont rendu originaux et camaïeux. Au CP, j'étais dernier en écriture mais premier à la compo de patato-gravure. J'avais là, sans nul doute, la révélation de mes dons précoces.

Dès l'adolescence, j'excellais encore à peindre pour ma douce et tendre, ma mie, quelques croûtes du plus bel effet. Tout à la fois zinzin, zazie, zazou, zozo, je fréquentais z'alors les musées et les zoos. Et c'est devant le zèbre que je connus z'ainsi mes z'ultimes z'émotions z'artistiques. Aucun doute, mon frère en peinture se trouvait là !

Aussi permettez-moi de dédicacer à ce virtuose du pinceau comme à ceux qui se reconnaîtront artistes, cette pochade, en clin d’œil intitulée : 

Le Zèbre

Drôle de zèbre à rayures,

Tu ne manques pas d'allure !

Mais pourquoi ces hachures

En forme d'épluchures ?

Et pourquoi ces ratures

Faites à la peinture ?

Serait-ce l'armature,

L'ébauche d'une armure ?

Sont-ce enjolivures

Que ces quelques zébrures ?

Crois-tu que ces marbrures

Te donnent de la carrure ?

Drôle d'architecture !

Bizarre créature !

Tes quelques éraflures

Manquent d'enluminures,

Ta grossière ossature,

Manque un peu de teinture.

Je te le dis, c'est sûr,

Laisse tomber la peinture !

Voir les commentaires

Partage

Publié le par modimodi

L'altruisme qui sied à la vie en société nous incite à partager avec notre prochain et donne tort au proverbe égoïste : "Charité bien ordonnée commence par soi-même."

Car aux yeux de la morale, il est inconvenant de penser à soi avant de se préoccuper des autres. C'est d'ailleurs au nom de ce principe, que les mêle-tout trouvent un encouragement à s'occuper de ce qui ne les regarde pas.

Loin d'être partageur, dans la savane et la jungle des villes, celui qui applique la loi du plus fort se réserve la part du lion. Alors, la charité serait-elle l'apanage des faibles ?

La fraternité elle-même ne serait-elle qu'une parenté familiale comme la sororité naturelle entre frère et sœur ? L'amour fraternel n'a rien d'idéal, si on se réfère aux frères ennemis, Romulus et Remus, Caïn et Abel ?

Alors ne faut-il pas s'interroger sur les bienfaits et l’ambiguïté du partage et ne devons-nous pas rester partagés sur sa signification ? Nous le savons, les mots sont piégeux, leurs sens s'amenuisent avec le temps. D'ailleurs nous risquons de perdre la tête, si nous voulons appliquer à la polysémie du partage ce proverbe de Descartes : "Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée."

En effet, tout s'interprète et se déprécie à l'usure. Dans l'esprit du philosophe, il ne s'agit pas de l'opinion communément admise mais de la raison qui permet de distinguer le vrai du faux et la faculté de discerner le bien et le mal sur le plan moral.

Il convient donc de se méfier de ceux qui veulent partager leur avis quand ils ont l'impudence de tout savoir et tout connaître et qui parfois se perdent et se contredisent dans leurs arguments, en pensant qu'ils font autorité. Il est ici encore intelligemment préférable de rester partagé.

Dans les couples, chacun réserve à l'autre la meilleure part de soi-même et donne à sa moitié son amour, à part entière. Chacun participe aux plaisirs de l'autre et le bonheur se partage dans la félicité. Le temps leur donne sa durée à partager dans un accompagnement de vie commune.

Mais monsieur le maire avant l'échange des consentements l'a dit, l'union des conjoints est contractée "pour le meilleur et pour le pire". Sous-entendu : chacun aura sa part ! La vie commune est un tirage au sort. Mais ce jour de mariage permet de partager le meilleur des espoirs de joie avec tous les amis.

Aussi, après le ciel bleu parfois, dans le ménage apparaissent les premiers nuages, quand après les caresses et la tendresse, le partage du quotidien s'apparente psychologiquement aux plaies et bosses. Les dissensions s'expriment de toutes parts, alors même les torts sont partagés de part et d'autre ou portés devant le juge, chargé de les départager. Dans la communauté réduite aux acquêts, les biens sont répartis de manière équitable et chacun reprend sa part, dans un accord fifty-fifty !

Partager suppose une ouverture du cœur, compassionnelle pour donner sans rien attendre en retour. Cette noble attitude a conduit St Martin à partager son manteau, à St Louis à nourrir les pauvres. Faut-il y voir un total désintéressement ? Que nenni, si le chrétien suit le principe catholique "d'aimer son prochain comme soi-même", il le fait en symétrie de l'amour de Dieu pour lui. L’application caritative du "donnant, donnant" est donc dogmatiquement admise.

Qui ne s'aime pas ne pourrait donc pas être charitable mais simplement solidaire sans être ni dans les largesses ni à demi généreux. La morale laïque de la république affiche à son fronton la fraternité comme la valeur résultante de la liberté et de l'égalité. Au banquet républicain, chaque citoyen français est un compagnon du devoir. Il partage au sens étymologique, le pain et faute de brioche, il bat le pavé, en béret basque et baguette sous le bras.

Le monde est plein de confusions. Nous n'avons souvent à partager que le manteau rapiécé de nos illusions et de nos contradictions. On peut tout partager, ainsi la tarte, en se réservant à la découpe, la meilleure part du gâteau. Ainsi une nouvelle sans en révéler l'entièreté et simplement dans l'intention de diviser l'opinion. Car partager partiellement, c'est toujours partager ! Ainsi les profits et leurs rétributions entre ouvriers et actionnaires, ainsi la division du territoire entre propriétaires, exploitants et occupants. 

Mais l’État prône l'illusion de la démocratie participative pour que chacun ait voix au chapitre, qu'il puisse s'exprimer et partager son point de vue, sitôt noyé dans une synthèse réductrice. Heureusement, il y a les fêtes où l'on peut partager la joie des enfants qui attendent St Nicolas ou le Père Noël. Il y a les expositions d'artistes et les concerts où les spectateurs partagent ensemble les mêmes contemplations des œuvres et la même écoute dans le secret des émotions singulières. Partager offre la possibilité de communier tout en conservant son individualité émotionnelle.

Ainsi ! Le lecteur voudra bien partager un peu de son indulgence pour cette modeste démonstration, critiquable de toutes parts et qui ose malmener les proverbes. Elle ne demande à personne d'adopter la totalité du propos, d'embrasser ses points de vue mais de la partager, en bonne part et en réflexion et non pas en communauté de sentiments. Chacun est en capacité de faire le partage entre ses pensées, ses convictions et ses croyances... même si, au final, il reste tiraillé et partagé.

 

 

Voir les commentaires

Décalages

Publié le par modimodi

Malgré les décale-âges,

Épines de la rose,

Je me tiens devant toi,

Désarmé, incertain !

 

En ce premier matin,

Mon amour, je te lance

Des bouquets de "je t'aime" 

Parfumés de rosée.

 

Ton cœur était trop grand,

Pour tous les rêves de tes vingt ans.

Tu les as élevés

Dans les veines de sève,

De ton corps femme-enfant.

 

Tu les as transportés

Dans les souffles du vent,

Hissés dans la lumière,

À la cime des arbres,

Au plus haut de toi-même.

 

Moi, je les ai suivis

Comme des vols d'oiseaux

Aux flèches du soleil.

Tu me les as offerts, 

A la croisée d'ogives 

De notre première nuit étoilée !

 

Les voiles gonflées

De songes et de fièvres,

A tous les arcs-en-ciel

Des saisons de mon âge,

Je porterai ta jeunesse

Sur les ailes des anges.

 

En moi, désormais,

Tu bats comme la vague

Contre mon cœur rocher.

Je ne crains pas l'avenir,

Ni tes départs, ni tes envols,

La mer me couvre de baisers bleus.

 

En moi, en ton absence,

La lampe du soleil,

La lanterne de la lune

Poudreront de lueurs

Leurs ombres scintillantes,

Au front ridé des jours,

Aux portes de la nuit.

 

Dans le tourbillon des planètes,

Les étoiles danseront

Comme des éclairs de fin d'été

Au feu d'or de la galaxie !

Chaque rêve est ton royaume

Où mes ans se confondent.

 

Tu m'offres les mystères

Du crêpe des brouillards

Aux chandelles de l'aube

Et de ta main de sable

Tu répands le soleil.

Tu es ma voie du ciel.

 

 

Tu triomphes d'insouciance

Comme le jour qui naît

Du ventre éclatant de la nuit.

Tu offres le silence

La grâce et l'innocence

A la terre et au ciel.

 

L'amour en ton cœur grand ouvert

A déposé ses sortilèges,

Donné des songes à tes chimères,

Posé des pièges d'innocence

A ta chair de nacre rose.

 

Son portail est grand ouvert

Sur le ciel bleu de ton enfance.

Tu ne connais pas la souffrance

Des trahisons de fin d'été,

Et les parfums désespérés

Du dernier chèvrefeuille.

 

Tu ignores ces étranges brumes,

Premiers voiles d'obscurité,

Rideaux voilés, tendus

Sur tes yeux endormis

Quand les songes d'azur

Répandent leurs étoiles.

 

Je suis antique,

J'ai mille ans qui me pèsent.

Je suis un bloc du destin,

Un cyprès orgueilleux,

Prisonnier des racines

Qui plongent vers la mort.

 

Tu es feu éternel,

Surgi des profondeurs

Et des forges du temps.

Tu jaillis en mon cœur,

En mon corps indompté.

 

Je renais à jamais,

Ma nuit transfigurée,

Ma soif de vin et de rosée.

Je bois les bulles du printemps

Aux sources fraîches de tes yeux verts.

 

__________________________________________________________

 

Malgré nos décale-âges,

Épines de la rose,

Mon amour je te lance

Dans l'écharpe du vent

Où dansent les abeilles,

Des bouquets de "je t'aime !"

 

Je me souviens des hivers nus.

J'étais loin, j'étais seul…

Pour venir jusqu'à toi,

J'ai marché dans ta nuit

Jusqu’aux nuées de l’aube.

 

J'ai désarmé les ombres.

J'ai masqué mon passé,

J'ai voilé mes élans,

J'ai tranché ma mémoire

D'un éclat de miroir !

 

J'ai pris tous tes chemins.

Dans la forêt des songes,

J'ai suivi chacun de tes pas,

Légers et feutrés, déposés, gravés

Dans la neige de l'enfance,

Brodée de dentelles,

Blanches d'innocence.

 

Je t'ai attendue et cherchée !

Au jardin muet du silence,

J'ai arraché les herbes folles, 

Chiendents des lâches abandons.

J'ai ouvert toutes les fenêtres

Pour écouter le chant du ciel

Et te laisser entrer dans la clarté du jour.

 

Sur l'île aux mâts brisés, 

Aux ancres échouées, 

Je me suis laissé déposer.

Je t'ai espérée tremblante,

A l'écume de chaque vague.

Mais le soleil s'était noyé

Dans une lune de sang.

 

J'ai imaginé ta route et ses dérives,

J'ai inventé ton cap,

J'ai cherché ta lumière

Dans les suies de la nuit,

Dans les embruns de brume…

J'ai traversé par la fente de l'aube

Les nuages de pluie et les ombres brouillées…

J'ai cru voir ta voile traverser l'horizon.

 

 

J'ai attendu debout.

Comme la lampe du phare,

Fidèle flamme d'espoir

Pour les cœurs naufragés,

Dès que la mer mugit

Ses cruelles errances

Aux âpres vents d'oubli.

 

J'ai tremblé dans tes yeux…

Ils ont la beauté grise

Des silex bleuis

Au croissant de l'acier

D'un clair de lune déchiré

Au front de la nuit ivre d'éternité.

 

J'ai veillé aux portes de ton corps.

J'ai attendu que tu te donnes

Comme le parfum d'une orange,

Comme le printemps au bourgeon,

Comme la becquée aux oisillons,

Comme le jour à la lumière,

Comme la fleur au fruit

Et le vent aux nuages.

 

Dans une flambée de vertiges,

Tu as tout emporté,

Dispersant mes certitudes aveugles

Aux lueurs de l'aurore.

 

Tu m'as donné l'oubli

En ton lit, cette nuit !

J'ai fait le tour du monde

Et le tour de mon âge !

 

Ce feu d'orage sous la peau,

Tes hanches, tes seins, tes bras

M'ont rendu mes vingt ans.

Je tiens le monde entre mes mains.

 

Mon bonheur de plein ciel, 

Je revis et m'envole

Au cœur de l'éternel

L'amour est à l'étoile,

J'ai pris la caravelle…

 

______________________________________________

 

Malgré nos décale-âges,

Épines de la rose,

Je garde le fol espoir,

Comme la neige d'hiver, 

De devenir la source

Qui gonfle le torrent

Des ruisseaux de mes "je t'aime"

 

Nous nous sommes donnés,

Nous nous sommes aimés. 

Tu as fait danser la lumière

Illuminé mon encrier,

Je peux tremper ma plume

Dans le sillage des étoiles.

 

 

Tu n'auras plus jamais de fin,

Comme les coulées incandescentes

De mes émotions brûlantes,

Comme le vent rouge de mes désirs,

Sur le désert chauffé à blanc.

J’ai un domaine de dunes blondes,

Une oasis et un mirage

Pour t’abriter et pour rêver.

 

Comme le vent chargé

De ces tourments sableux,

Où mon destin s'était perdu

En hésitations et hasard

Dans les ressacs du temps,

Tu as soulevé mes doutes

Et emporté mon cœur.

 

Mon bonheur est sans fin !

Tu m'abordes et tu me tentes.

Je prends la foudre et les éclairs.

Chacun de tes élans

Écume d'ardeur et de douce heure.

Je monte vers le soleil

Avec le vent de la marée.

 

Comme un cri dans la bourrasque

Et des gerbes de larmes de sel

Dans les vagues du ciel,

Ta beauté m'assaille.

 

Tu déferles contre moi,

Aux brisants des désirs,

Aux écueils de mon âge.

Je me déchire à ton cœur corail.

 

Tu es la vague qui me chevauche.

Tu me bats, je me brise,

Tu es mon chant de terre

Et ma brise de mer.

Tu m'as envoûté, ô sirène !

 

Tu es ma fièvre et ma folie,

Ma langueur hallucinée,

Mes délires et ma déraison.

Tu as vaincu la nuit,

Ses pièges et le sommeil.

 

De mon exaltation créatrice

Monte une élégie,

Un hymne à la beauté,

Le chant de l'aube qui va naître

Des derniers feux de la nuit.

 

Elle est comme toi,

Fleur de rosée et du soleil

Incarnée en moi,

Réelle et surréelle,

Expressive, suprême et pathétique.

 

Ma femme fleur, ma femme enfant,

Tu joues avec ma vie,

Tu joues avec mon cœur,

Nous ne faisons plus qu'un,

Je suis ton sang, tu es ma sève !

 

Voir les commentaires