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Qui es-tu ?

Publié le par modimodi

Qui es-tu 

Pour échapper comme un rire

Porté par le vent

A l'incohérence de ma vie ?

Qui es-tu 

Pour traquer comme un oiseau de proie

L'espace absurde de ma peur ?

 

J'ai peur du vide et de tomber

Comme une torche dans l’abîme,

Peur de te perdre

Comme une vague sans marée,

Comme un cri hurlé dans la nuit.

 

Je ne veux pas survivre,

Bouche ouverte et muet,

Les mains nouées et froides

Sur mon cœur triste et nu.

 

Je n'existerai plus,

Ne serai plus personne

Qu'un rêve inachevé

Dans l'aube pâlissante,

Qu'une cible clouée

Sur l'arbre de l'oubli.

 

Reviens amour, reviens,

Je ne t'ai pas vu grandir,

Nous ne nous sommes pas vu vieillir !

Je t'appelle depuis toujours.

Je t'implore mon tout petit

Mon ciel, mon nid, mon ange.

 

Je te prends comme une enfant,

A peine descendue du manège

Où carousselle ton enfance.

Je te prends comme l'alouette,

À peine échappée des nuages,

Du ciel bleu de l'imaginaire.

 

Je te prends comme un coquillage,

À peine sortie de l'océan.

Je me glisse dans tes dessins naïfs,

Je vacille avec tes voiliers blancs

Qui dansent sur les vagues.

 

Je me soumets à toi, ma reine,

Couronnée des étoiles de mer,

Des colliers scintillants,

Aux cous d'or des sirènes.

 

Reviens amour,

Ne te lasse pas de jouer

Avec mon cœur, avec mon corps.

Toi, ma poupée rose

Aux songes de soie et de dentelles,

Presse-moi contre toi,

Dansons la ronde des vertiges

Sur les ailes des phalènes.

Offrons aux anges des ténèbres,

Tous les feux follets de la nuit.

 

Avec toi contre moi,

Je veillerai jusqu'à l'aube...

J'attendrai jusqu'à l'envol

De la dernière étoile !

 

Qui es-tu pour m'abandonner

Comme un bulbe de vie,

En promesse de fleur,

Comme un bourgeon du temps,

En regain de printemps ?

 

Tu m'as oublié dans la terre froide de l'hiver

Et mon cœur craque comme une écorce,

Privée de feu et de ta fièvre

Privée de force, vidée de sève !

 

Je me tourne vers le ciel,

Sombre comme ce pain noir

Dans l'amère prison

Où mon cœur désespère.

 

Je me souviens des jours

De murmures et de brise,

Du chant des feuilles,

Des noces des saisons,

Des arbres déployés,

Des échelles du ciel.

 

Je nous revois nous envoler,

Libres comme des oiseaux,

Transpercer toutes les murailles

Du ciel et du vent, de l'eau et du feu.

 

Qui es-tu,

Pour te cacher dans la nuit,

Tisser l'oubli, te fondre

Et me perdre aussitôt ?

Qui es-tu,

Pour ne plus me parler

Qu'à travers les barreaux,

Dans la rouille du temps ?

Ô mon cruel geôlier !

 

Assez ! Assez !

Ne me laisse pas au milieu de moi-même !

Je déserte mon corps.

Il en va de moi, il en va de nous

Comme de ces fantômes perdus,

Comme de ces ombres pendues

Sur la toile peinte des nuages.

 

Arrête ta course,

Attends-moi !

Je viens ardent à toi !

 

Ô toi, qui es-tu,

Pour venir écrire en mon cœur

A la craie rouge de tes mots,

Le premier texte de ta désobéissance ?

 

Je ne suis pas un tableau noir du passé,

Ni une page blanche du quotidien.

Je suis un cri du silence,

Je crisse sur l’ardoise des jours.

 

Qui es-tu 

Pour m'ôter le goût

De sauter et de voler,

D'aimer et de rire

Comme un oiseau,

Comme un enfant ?

 

Je ne veux pas que tu abandonnes,

Nos secrets enrubannés,

Nos couronnes d'enfances,

Nos cornes de licornes

Tressées de roses et de racines.

 

Reviens, reviens !

Aurais-tu oublié

Nos émois adolescents,

Les herbes que l'on froissait,

Nos lèvres que l'on pressait

Quand nos corps s'épousaient,

Maladroits, empressés

Contre la grille aux gonds rouillés,

Dans l'odeur doucement sucrée

Des chèvrefeuilles enlacés ?

 

Reviens amour,

Tes grands yeux bleus

D'anémones et de bleuets

Suffisent à mes rêveries,

Tentations buissonnières.

 

Garde-toi mon amour,

Des ombres trompeuses,

De ces fleurs mauves piquées

Dans la coupe des cieux noirs.

 

Dans l'agonie du jour,

Ne tranche pas nos pensées

Aux aciers violets

Des ailes des corbeaux.

 

J'ai peur, tu le sais,

D'enliser nos aveux

Dans les marais croupis

Des horizons en fuite.

 

Qui es-tu donc, rebelle,

Pour te croire émouvante,

Comme un sourire d'enfant

Donne à la bouche

L'éclat framboisé de la chair.

 

Ô trompeuse promesse

Hélas aussitôt envolée

Dans l'éphémère d'un baiser !

Ô lumière mouvante

Des flammes du brasier,

Cendres ensanglantées

Dans ce cœur calciné.

 

Qui es-tu pour croire

Que tu peux faire la course

Avec le temps et la lumière ?

Que tu peux dérober le feu

Gardé au creux de mes mains ?

Je brûle encore comme nos soleils de juillet !

Reviens ! Reviens !

 

Qui es-tu,

Toi, qui t'enfuis

Comme les saisons en ma vie ?

Pourquoi, m'abandonnes-tu

Comme un soleil d'hiver

Derrière la colline ?

 

Ô mon amour ?

J'ai déjà vécu ce que tu cherches.

Il m'est resté la plume noire

Dans l'encrier sec de la nuit,

Fumées et larmes glacées,

Croix de pierre et routes perdues,

Vaines escapades de vide,

Doubles de temps et d'espaces

De réalité et de songes.

 

Je sais encore des mots d'hier

Aux ruses clandestines,

Quand je perdais ma vie

Dans les vallées profondes

Des brûlures du destin,

Laissant creuser comme des rides

Ma raison et mes certitudes.

 

Vois les ravines de mon cœur,

Charriant leurs tourments,

En fleurs flétries d'amour.

Ne t'enlise pas comme moi,

Dans les sables boueux

Des laisses de ta mémoire.

Un jour, il est trop tard...

S'il ne l'est déjà !...

Las !

 

Reviens, ma tendre, ma douce,

Mon enfant !

Reviens-moi au silence

D'un pétale de neige.

Je saurai te bercer

Dans la caresse du matin,

Poser mes mains sur ton front

Et garder tes secrets !

 

Ne me dis rien de tes errances,

J'ai encore mes semelles usées !

Je sais déjà la douleur,

Et l'oubli que tu ignores !

Le sang ne sèche plus

Au fond des cicatrices

Qui ourlent mes tristesses.

 

Reviens, reviens !

Tu brilles comme un fanal,

Un flambeau dans la nuit,

De lueurs boréales.

Le désir t'auréole...

Je gémis comme le vent du nord.

Je m'enfonce et je fonds

Dans le glacier des illusions

Et la confusion des étoiles !

 

Tu me trouveras qui t’attend

Au bout de ma jeunesse.

Je ne suis que le fuyard

De ton amour qui se dérobe.

Je te désire encore

Comme un papillon, la lumière,

Comme la flamme de la chandelle,

Résolue et tremblante

Se hisse vers l'étoile.

 

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Lettre à mon dentiste

Publié le par modimodi

Docteur, depuis hier, j'ai la gencive qui me chatouille. Ouille ! Ouille ! Ouille ! Ma langue détecte un gonflement douloureux à chaque passage ! Je ressens une hyper sensibilité au moindre effleurement. La douleur est nettement localisée, elle pulse avec insistance pour marquer sa présence.

Ordinairement, je boursoufle et j'enfle de l'égo mais pas de la bouche ! Avec une bonne hygiène buccodentaire, je me passe de vos services. Nul besoin de docteur en fatuité pour guérir de l'hypertrophie du moi et nul besoin de dentiste pour confirmer mon appétit de vivre ou constater qu'avec mes dents du bonheur, me voilà armé jusqu'aux dents.

Je vous ai donc téléphoné pour connaître votre avis d'expert. A ma grande surprise, vous m'avez demandé si j'avais mes dents de sagesse. Ah docteur ! Je ne savais pas que la sagesse poussait avec les dents, qu'elle se montrerait ainsi menaçante en me montrant les crocs et qu'il faudrait l'arracher avant même qu'elle ne se déchausse pour franchir le seuil de mon existence. Pourtant, toute ma vie, je l'ai espérée et cherchée joyeusement, le pied léger et la fleur aux dents.

A ressentir cette grosseur en fond de bouche, je me dis que si je n'ai pas eu la bosse des maths, notamment lors de l'extraction des racines carrées, j'ai sur un tard, obtenu la bosse de la sagesse ! Avec cette sensation douloureuse d'oreillon, je sens son rappel à l'ordre. La sagesse impatiente et sur les dents vient brutalement me tirer l'oreille.

Quand je me souris dans la glace, j'ai toujours, maxi l'air de croquer la vie à pleines dents. Oh ! Je ne me souviens pas de la percée de ma première dent de lait ni de celles que j'ai laissées sous mon oreiller pour la petite souris. Mais je peux constater comme l'humoriste, un nombre relatif de 30 dedans et deux dehors d'une dentition aux dents encore blanches et à l'haleine presque fraîche.

D'ailleurs, mieux vaut sans doute ne pas m'avoir dans le nez car même si je n'ai jamais eu de dent contre personne, je suis capable d'avoir la dent dure. Ah ! Mais je constate que la sagesse ne fait guère mieux que moi. Si elle croit qu'en me frappant la joue gauche, je vais lui tendre la droite, elle peut attendre jusqu'au jour où les poules auront des dents.

En effet docteur, je ne voudrais pas non plus avoir besoin de vos services. Comme j'ai toujours eu les dents longues, est-il nécessaire de me les limer ? A la rigueur, je veux bien être couronné mais je ne veux pas aujourd'hui desserrer les dents pour me laisser plomber, prendre le mors, ronger mon frein et finir, ô rage, par mordre la poussière en claquant de mes dernières dents. Seule une sage-femme pourrait accoucher ma raison et me résigner à votre intervention en me promettant de croquer la pomme des plaisirs charnels et charnus, afin d'obtenir un futur mal de dents, un exquis mal d'amour.

Peut-être m'avez-vous menti comme un arracheur de dents et ne s'agit-il que d'une inflammation passagère de ma dent creuse ? Allez donc ramener votre fraise ailleurs ! Si vous insistez, je crains fort que vous ne vous cassiez les dents sur mon refus car j'ai peut-être un mol air, mais je ne vous crains pas.

Et même faute de dents de sagesse, j'ai, vous le savez les dents du bonheur et de la chance. Je n'ai jamais le moral en dents de scie et je ne chicote pas avec la vie. Je mâche avec bonheur, les tendres fleurs de trèfle et je ne ris pas du bout des dents... Je ne suis pas près de les laisser tomber.

Sachez que demain, je prendrai encore la lune avec les dents.

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Célébrités

Publié le par modimodi

A la fin de sa vie, l'Oncle Tom avait-il une case en moins ?

Est-ce parce qu'elle était alléchante que la femme de Pavlov, lui en faisait baver ?

Onan disait : Il faut que je m'exerce, si je ne veux pas perdre la main.

Si la faiblesse d'Achille était dans son talon, avait-t-il au moins l'estomac bien accroché ?

L'histoire d'amour entre Samson et Dalila était-elle tirée par les cheveux ?

Si depuis la Genèse, le ver est dans le fruit, Eve n'avait-elle pas raison de prendre Adam pour une pomme ?

Sait-on si la Vénus de Milo tombait à bras raccourcis sur ceux qui baissaient les bras ?

En vieillissant, Lady Chatterley a-t-elle dit ? Cela suffit, le sexe m'est resté en travers de la gorge !

Cléopâtre refusait-elle à César de se laisser mener par le bout du nez ?

Robespierre mettait-il fin brutalement à ses discours révolutionnaires en disant : Ci-devant, je dois couper court !

Est-ce pour tenir le cou que Minerve est sortie armée et casquée du crâne de Zeus ?

Il n'y a rien de pi(s) que de tourner en rond, disait Euclide au cercle de ses amis. Croyez-moi, j'en connais un rayon.

Est-ce qu'en tombant amoureuse du Cyclope Argès, Phrygie s'était mis le doigt dans l'œil ?

Avant de mourir, Louis XIV, le roi Soleil, a-t-il soupiré : Déjà, je ne suis plus que l'ombre de moi-même.

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J'te largue !

Publié le par modimodi

Pas d'excuses, à ma décharge !

Toi, tes rêves étaient grand large,

Moi, mesquins, sans idées larges.

Dans ton cœur, fier, noble et large,

J'avais la part la plus large,

Quand t'as dit : Je prends le large.

 

Je n'en ai pas mené large.

Depuis, j'suis complètement barge,

Je me goinfre dans la marge,

Je suis gros, gras, en surcharge,

J'en fais des tonnes au sens large,

Notre amour a pris l'monte-charge !

 

En fait, tu m'as bêtement largué,

Tu m'as jeté, valdingué

En cale sèche, relégué,

J'ai le corps tout déglingué,

Mon cœur lâche, trop fatigué,

Je n'pourrais pas bourlinguer.

 

Je vais errer, divaguer,

Dans mes souvenirs, zigzaguer.

Tu peux t'sauver, naviguer

Tanguer, te laisser voguer,

Tu n'as pas besoin d'draguer,

Tu vas tous les subjuguer.

 

Tous ces pingouins, ces homards.

Il suffit d'leur dire : J'me barre !

Ils vont te suivre au radar.

Moi, si tu m'avais dit : J'te plaque,

J'aurais quitté mon hamac,

J'aurais pris d'l'aphrodisiaque !

 

Si tu m'avais dit : J'me taille !

J'me serais mis au travail !

Si tu m'avais dit : J'te lâche !

J'n'aurais jamais fait relâche

Si tu m'avais dit : J'm'arrache !

Je m'serais tué à la tâche.

 

 

Si tu m'avais dit : J'me casse

Je m'serais r'mué la carcasse,

Pour moi t'offrir les palaces.

Si tu m'avais dit : J'me tire,

Je serais venu me blottir

Et t'arracher des soupirs.

 

Si tu m'avais dit : J'te quitte !

Je n'ai que ton cœur en kit,

Si tu m'avais dit : J'fous l'camp !

J'ai besoin d'un conquérant,

Je t'aurais mis sur le champ,

Ton corps à feu et à sang !

 

Si tu m'avais dit : Je file,

Arrête un peu ton babil,

Montres-toi bien plus habile,

Sois mon amant, modern-style, 

J'en ai assez, j'mets les voiles !

J't'aurais fait voir les étoiles.

 

Si t'avais dit : Mon piqu'vers, 

Moi, je joue la fille de l'air !

Je t'aurais écrit mille vers,

J'aurais fait mieux que Prévert !

Mais tu es élémentaire,

Tu manques de vocabulaire !

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Ce n'était pas mon jour !

Publié le par modimodi

J'ai réussi tous mes concours, surtout ceux de circonstances ! J'ai tout raté, sauf le rendez-vous avec la malchance et les chats noirs. Ah vraiment ! Ce n'était pas mon jour !

Comme ce jour d'examen où la voiture ne démarre pas, comme ce jour d'entretien d'embauche, où mon train a du retard. Depuis, je suis ce voyageur sans bagages qui attend sur le quai de l'emploi.

Je suis né un vendredi 31 mais, l'officier de l'état civil était dyscalculique, il a reporté 13 sur le registre. Décidément, ce n'était pas mon jour ! Depuis, mon existence est une corrida, je ne compte plus les coups de corne du destin. Je bois la tasse, je manque de bol, je manque de pot mais pas de pot de peinture blanche que je renverse, transformant en tableau impressionniste le canapé rouge du salon. J'aurais mieux fait de remettre au lendemain, ce que je faisais le jour-même.

J'ai une pluie de pépins ! Si j'ouvre un parapluie, à coup sûr, il se retourne sur la belle qui me croise en coup de vent sans me claquer la bise. Si j'ouvre une porte, la poignée me reste dans la main ou la clé casse dans la serrure. La tuile me tombe dessus comme sur Eschyle, la mélasse comme la fiente du pigeon sur mon chapeau et le guano sur ma voiture fraîchement lavée ! 

Je veux prendre mon vélo, il a le pneu crevé. Ce jour-là, j'ai sans doute évité que ta robe se prenne dans les rayons et qu'un chien nous court après. Si j'ouvre ma portière, elle se fait arracher, victime de l'angle mort. Si je cours après la chance, je mets le pied dans les flaques ou dans le ciment frais. J'ai la mouise qui me colle aux semelles. A la guerre à la scoumoune, mon fusil s'enraye à tout coup et je prends une balle perdue. Je suis le Tartarin de la chasse au bonheur, mes aventures sont mésaventures. Aucun jour n'est le bon jour !

J'ai l'appétit de la vie mais j'accumule les boulettes. J'ai du hachis et du gâchis d'occasions manquées de faire bonne chère. Je suis béni à toutes les sauces, par ce serveur maladroit. J'ai la cerise sur le gâteau de mon existence. J'avale une huître, c'est épatant et hépatite. Je mange une banane mûre, je me casse les dents qui tombent dans la purée. Je m'enivre à l'amour et au vin de Bohème mais la coupe des libations est ébréchée et l'ambroisie est un philtre à la ciguë. Ce n'est toujours pas le bon jour !

Je pars en croisière mais mes vacances se transforment en galère. Un brouillard pendant huit jours, pas de vue mais des bévues. Je prends une malheureuse photo en même temps qu'un paquet de mer. Je voudrais bien fuir la poisse et la purée de pois, me sortir de la m..., mais le rouleau de papier vient de glisser sous la porte et la brosse casse dans la cuvette. J'essuie donc tous les revers. Ce n'était pas mon jour !

Je fais la lutte à l'infortune, mais je perds mon ticket de loto. Pas de chance au jeu, chance en amour, dit-on, à condition de trouver le bon numéro ! Avec toi, mon élue, la roue tourne mais c'est pour me foutre les boules. Il n'y a pas pire malheur que de ne pas être aimé, mais il y a grande misère, de ne point aimer ou mal aimer. Je ne savais pas que nous étions comme le jour et la nuit.

Tu étais belle comme le jour, alors je me suis dit : c'est le bon jour ! Je t'ai déclaré mes feux, j'ignorais que c'était des feux de détresse. Ce n'était pas encore le bon jour de rendez-vous avec le destin. Le hasard avait pipé ses dés. J'avais perdu ma patte de lapin qui avait brouté tous les trèfles, sur le mur de la maison du bonheur, le fer à cheval avait rouillé et au jardin mouillé, l'araignée du soir était en retard. Mes espoirs étaient d'avance ruinés. Au lieu de m'adresser sa flèche, Cupidon m'a mis dans la dèche ! J'attends encore des jours meilleurs !

Mais toi, tu exiges, tu me commandes, tu es mon ordre du jour. C'est trop souvent un mauvais jour ! Je suis un manche et nous sommes à couteaux tirés et croisés. J'ai dû, sans m'en rendre compte, briser le miroir aux alouettes, car de jour en jour, tu veux me plumer la tête.

Tu es du signe du Scorpion, mais ce n'était pas la peine de me piquer au talon. J'étais pourtant toqué, mordu, complètement entiché de toi, mais je n'ai eu que de la déveine. L'aiguille de la chance s'est cassée dans ma veine.  Ah bon sang ! Avec toi, mon astre, j'ai malheureusement piqué une mauvaise étoile à mon ciel de lit.

Victime du mauvais sort, notre amour astrologique est devenu astronomique. Je suis vraiment du signe du Taureau, dominé par Vénus, tu m'as pris par les cornes.

Dois-je t'accorder un concours de circonstances atténuantes ? Avec tant d'ennuis, je n'ai pas le temps de m'ennuyer ! De contrariétés en adversités, j'ai la guigne qui court après la débine. A chaque jour suffit sa peine. Mais les jours se suivent et se ressemblent. Avec toi, on peut tirer l'échelle mais il vaut mieux ne pas passer dessous.

Je voudrais bien crier mon désespoir mais j'ai une extinction de voix. Je vous l'avais bien dit : Non ! Ce n'est pas mon jour !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

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T'es un hypocondriaque

Publié le par modimodi

T'es mal foutu et tout patraque !

T'es à l’affût et à la traque.

Un p'tit symptôme, sitôt tu craques.

T'es un grand hypocondriaque !

 

Tu fais peur à tes congénères,

Toi, le malade imaginaire,

Tu n'es comiqu' que chez Molière !

Tout ce qui circule dans l'air,

C'est pour ta pomme et pour ton blair !

 

Un frisson et tu deviens tiède !

Un malaise, tu crois qu'tu décèdes !

Une crampe et tu deviens raide,

Faut toujours qu'on te vienne en aide !

 

Gorge qui gratte, c'est laryngite,

Pharyngite ou la trachéite !

Un coup d'froid, c'est l'amygdalite,

Si t'éternues, t'as la bronchite !

 

Tu rotes et c'est une gastrite !

Une huître, tu choppes l'hépatite !

Tu te grattes, tu fais du prurit,

Un clin d’œil, v'lan ! Conjonctivite !

 

Mal au ventre, t'as l'appendicite,

L'occlusion, la péritonite !

Les jambes lourdes, c'est la phlébite,

Mal de hanches, c'est la spondylite !

 

Mal au poignet, la synovite !

Mal au dos, v'la la myélite !

Une idée, t'as la méningite,

Dix pensées, c'est l’encéphalite !

 

Le monde est une terre maudite,

Partout rodent les parasites !

Si tu n'craignais pas la dermite, 

Tu t'aspergerais d'eau bénite !

 

Des microbes, faut que tu t'abrites,

Déniche un abri troglodyte,

Deviens un Bernard l'ermite,

Embarque dans un satellite,

Valse comme un aérolite,

Au sein de l'azur, sans limite.

 

Avec toi, les carott' sont cuites,

En amour, faut prendre la fuite !

N'effeuille pas la Marguerite !

Un baiser donn' la gingivite,

Un corps à corps, la mort subite !

 

En maladies, même inédites,

Ta connaissance est érudite.

Petits, gros bobos, vite, vite !

Pas un jour, sans une visite.

 

Pas d'visite, sans contre-visite !

Docteurs, professeurs émérites,

De la médecine, rien que l'élite

Et d'la sécu, le déficit !

 

Un' main tendue et tu t'affoles,

Tu te désinfectes, à l'alcool !

Même si tu pass' pour un guignol,

Ta vie, c'est pas du music-hall !

 

Tes p'tits maux, c'n'est pas d'la bricole

Car tu crains aussi, c'n'est pas drôle :

L'coup de sang dans les artérioles,

Les coups de cœur, les extrasystoles !

 

La rougeole et la rubéole,

La scarlatine, la roséole,

La variole et la vérole,

Le scorbut et l'cholestérol !

 

Aux postillons, toi, tu dis sus !

Tu crains le coronavirus.

Ton cœur fait un collapsus

Dix fois par an, v'lan ! L'infarctus !

 

Devant la glace, tu tournes en rond,

Un point d'acné est un bubon.

Tu te tâtes le cou, le menton,

T'es l'Champollion des ganglions !

 

Tu t'fais d'la bile et du mouron,

Tu t'montes à fond, le bourrichon !

Tu n'crois pas à la guérison,

T'as déjà l'obol' pour Charon.

 

T'as le grand tub et les paroles

De la java des nécropoles.

Pour non-respect du protocole,

La camarde danse la carmagnole.

 

Le pharmacien est ton idole,

Tu es sa rente et son Pactole.

Chez toi, partout, dans les casseroles,

Sur la table, sur le lit, au sol,

Les médocs font la farandole !

 

On ne te posera pas de colles !

D'la santé, t'as le monopole !

Tu peux t'imprimer des bristols :

T'es le Pic de la Mirandole !

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Ni queue, ni tête !

Publié le par modimodi

A en perdre la tête !

Élucubrez, il en restera toujours quelque chose ! Faites preuve de créativité débridée, lâchez les chevaux de l'imaginaire. Ne vous refusez pas, ne vous dérobez pas ! Il y aura toujours quelqu'un pour vous flatter l'encolure ! Quelqu'un qui dira vous comprendre ou faire semblant d'avoir compris.

La raison en est simple. Il est communément admis que le non-sens, perturbant par essence, fait partie du sens. Il est établi que l'implicite peut être interprété, expliqué, exprimé même, de deux manières : claire ou équivoque. Par Janus, chacun ne veut jamais perdre la face !... Mais laquelle ?

En chaque individu, il y a toujours place pour la fantaisie des mots et de l'esprit. Car, l'homme est, par la fantaisie de Dame Nature, un animal généreux et pensant, un homo erectus, coïtus, cogitus. Son côté le plus sérieux s'accorde aux caprices de l'imagination.

En effet, "ce n'est pas tout de rigoler", la pensée de l'humain, la plus communément admise, est formatée pour que l'incongruité et la dinguerie deviennent un tout cohérent et structuré. Ensuite, c'est simplissime : comme l'évidence déduit toujours quelque chose d'un tout, il y a toujours quelqu'un pour donner du sens au délire et parfois même pour crier à l'art nouveau, voire au nouveau génie ! Car il n'y a pas de tout, sans son contraire et vice-versa…

Du tout au tout, pour l'homme, ce touche à tout, il faut risquer ou jouer, le tout pour le tout ! L'irrationalité est un asile pour les illogiques. Les absurdes insensés qu'on croit stupides se révèlent parfois des visionnaires illuminés. Les propos sans suite, à proprement parler, laissent entendre leurs sous-entendus et se correspondent en bouts rimés. Les histoires à dormir debout suggèrent au mental de chacun des représentations et s’interprètent, en rêves, en haute définition. C'est sans rime ni raison, la poésie de la vie : une folle aventure à aimer doublement, d'un fol espoir et d'un fol amour. Pour elle, donnez-vous un mal fou ! 

Divaguez donc amis, dans les eaux folles, surtout, si vous faites marrer la maréchaussée, réputée pour ses idées beaucoup plus vagues que grand larges ! Laissez vos rêves vous envahir et déformer les images de vos visions. Bienvenue aux chimères, aux grotesques, aux féeries fantastiques ! Passez de l'autre côté du miroir avec Alice et demandez l'heure au lapin ! A Dada, sur le Cheval de mon papa !

Ne vous croyez pas hanté, vous êtes rimbaldien grâce au dérèglement de tous vos sens. Votre subconscient vous parle, il vous offre son symbolisme, son surréalisme voire sa métaphysique ! Il se sublime dans les effets de l'Art !

Laissez-vous déconstruire les significations des phrases et des mots, croyez aux hallucinations incomprises de Maldoror. Prenez le Bateau Ivre, psalmodiez ou éraillez-vous la voix avec les litanies vénéneuses des Fleurs Du Mal, ne vous croyez pas Mallarmé pour aborder l'hermétisme en chaque vers suggéré, ni Mal Aimé pour chanter avec Apollinaire ! Ayez l'esprit Breton pour percevoir La Beauté Convulsive, montez dans le Char ailé de la poésie, perdez-vous dans Les Yeux d'Elsa avec Aragon, faites place au délire de l'art avec Artaud entre fulgurance et folie, abandonnez Corps et Biens pour suivre Desnos et deux escargots, A l'enterrement d'une feuille morte en compagnie du Cancre de Prévert. Le monde est beau comme la vie, L'amour la Poésie ; la terre est bleue comme une orange, c'est Eluard qui me l'a dit !

Laissez résonner les fous rires. Il n'y a pas plus cocasse, comme moyen de transport sur l'océan des aberrations, qu'un radeau chargé d'extravagants, d'ineptes et de loufoques ubuesques ! Voguez avec Jérôme Bosch sur La nef des fous jusqu'au Jardin des délices ! Sonnez trompettes de Géricault et qu'ils aillent se gratter, tous les médusés, agités d'urticaire !

Chapeau ! Si vous parvenez à fumer la pipe avec Magritte, à passer une soirée de Gala avec Dali, à cultiver l'esprit de l'escalier avec Escher, à porter votre regard de Miro sur le monde, à pousser votre chanson d'amour avec Chirico et à danser sur le pont avec Picasso et Les Demoiselles d'Avignon ! Vous pouvez passer le reste de votre vie dans l'œuvre de Max Ernst, vous serez gai comme Le Rossignol Chinois et incollable pendant Une Semaine de Bonté !

Partout, l'anormalité déborde de la normalité et l'incongruité, de la portion congrue du bon sens partagé ! La déraison est une raison dérangée à l'instar du désordre et de l'ordre. Ne vaut-il pas mieux, un désordre vivant qu'un ordre mort ? Quand la ligne de mon semblable, est en dérangement, sa raison tient des apartés et ses réponses sont téléphonées. Quand on tient en tête-à-tête, conciliabule avec soi-même, si on est un âne bâté et qu'on parle à son bonnet, la raison passe, voire saute allègrement, du coq à l'âne.

Essayez ! Il ne tient qu'à vous d'être sourd aux injonctions désagréables pour ne plus entendre : "Faites la queue comme tout le monde !"... Au royaume du Sans Queue ni Tête, plus de queue, plus de tête ! Le moineau est une paupiette ! Dans le miroir, l'alouette n'est plus plumée, juste farcie mais, sans sel sur la queue ! Si la poêle vous tombe des mains, il ne peut que vous en cuire. Ouf ! Il n'y a plus de file d'attente, de premier et de dernier ! L'orage n'en finit plus de gronder sur sa queue, le singe dégringole de l'arbre pour rendre la monnaie, le billard sur son tapis vert n'a plus que des boules de neige à faire rouler et pour finir, le diable s'en tire plutôt bien ! Le taureau ne perd que ses oreilles, le têtard s'ébat dans son milieu aqueux, la méduse de Milo, anarchiquement, bat les bras qui lui en tombent et le lombric, ce terre à terre, attend que ça repousse !

Essayez l'insolite ! Dans la nudité de l'esprit, tout est sans dessus-dessous ! Plus de Queues de poire, de cerise, de lotte ou de poisson, plus de queues de rat, de pie, de cheval, d'écrevisse et de lézard, plus de queues d'avion et de peloton, plus de trompette et de panache ! Plus rien à hocher, pas la queue ni la tête ! Alouette, alouette !

Vous êtes un artiste sans le savoir ! Voyez le tableau et cherchez les indices ! "Les mots ne mentent pas", pas même les images ! Comme par magie ! Plus de Têtes d'épingle, de nœud, de clou, de vis, de gondole, de loup, de bétail, de pont, de client et de con ! Plus de tête de turc, de tête à claques, de tête de pioche, de tête-bêche ou tête en l'air, plus de tête froide ou de tête brûlée, de tête de cochon ou de veau ! Plus rien à ravigoter !

Si vous avez franchi les portes de l'esprit libéré, dans mon monde et le vôtre, on ne marche pas sur les pieds ou les mains et jamais plus sur la tête. Plus de casse-tête, de tête chercheuse, de tête dans le c..., de tête au carré, de mise à prix, de chapeau à porter ou de guillotine.

Et...plus personne au bout de la phrase, de cet écrit, sens dessus dessous, sans queue ni tête, ni tête à tête, ni tête à queue ! Que des éclopés ou des culs-de jatte ! Ô héroïques résistants, qui avez su garder la tête sur les épaules et vous la creuser jusqu'au trou de mémoire, prenez, à votre tour, la fuite, à cloche-pied ou les jambes à votre cou !

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Mdr : Mort de rire !

Publié le par modimodi

RELÂCHEMENT !

Aujourd'hui, si tu ne veux pas t'attirer les regards inquiets et réprobateurs de ton entourage, retiens-toi d'éternuer ou de tousser. N'écoute que les conseils de ta belle :

 

Ô toi, l'olibrius

Y'a comme un hiatus,

Tu débloques des sinus,

T'as l'choléra morbus,

La coqueluche, le typhus,

Tu décotes à l'argus,

Tu sens déjà l'humus !

 

T'as le coronavirus !

Va t'secouer les puces,

Essuyer tes mucus,

Éjecter tes virus,

Ta mini bombe cactus

Mais pas dans l'autobus

Sur l'innocent gugusse !

 

Te foule pas l'cubitus,

Éternue dans l'radius,

Fume de l'eucalyptus,

Redonne-toi du tonus !

Moi, j'te donne un bonus,

T'attraperas pas le virus

Sur mon mont de Vénus !

 

Comme disait Cicéron : "Autres temps, autres mœurs !" Hier, on était gêné et honteux, quand on embaumait l'entourage d'un pet sournois, discret ou miauleur. S'il était sonore, certains se mettaient à toussoter dans le vain espoir de chercher la rime ! Simple question de pot, même de pot d'échappement ! Aujourd'hui, un simple atchoum suffit.

C'est ainsi, comme aurait dit Diafoirus : "Tu es rendu aux dernières extrémités par la bouche ou l'anus. C'est recta et rectum, dans les deux cas, t'es dans la m... " (Pardonnez-moi, ce subit relâchement !)

Grands dieux et demi-dieux du stade oral ou anal, nous avons tous la mort aux trousses et les fèces aux fesses ! Rabelais, passant du divin savoir au grotesque, nous avait déjà conté et poétisé les surprenants torche-cul de Grandgousier et les petites misères "du boyau culier" dans l'incroyable et énorme chapitre 13 de Gargantua...

E. Rostand qui savait si bien tirer les vers du Nez, aurait pu faire dire à Cyrano :

Si j'avais un tel nez

Il faudrait sur le champ

Que je me le mouchasse !

 

Si j'avais un tel cul,

Il faudrait sur le champ

Que je me démerdasse !

 

Holà ! Mon ami, entre deux borborygmes, entre deux gargouillis, je t’entends déjà bredouiller des excuses. Dans ces circonstances, évite de t'exclamer : "Parle à mon cul, ma tête est malade !" Ne t'excuse pas, tu pètes la forme, c'est la vie qui jaillit ! Devant une telle explosion de générosité, dis-toi, que plutôt qu'être bouché et mal embouché, il vaut mieux tout simplement en rire.

Si philosopher, c'est selon Montaigne, apprendre à mourir, tu dois d'abord comme Beaumarchais "te dépêcher de rire de tout pour ne pas être obligé d'en pleurer". Pour bien vivre, allez rigole et ris aux larmes ! Comme l'écrivait Rabelais : "Rire est  le propre de l'homme", " le savon aussi", disait Philippe Geluck. Alors garde ton amour propre et réjouis-toi ! Dans ce monde absurde, plus on est de fous, plus on rit.

Ne te gâche donc pas l'existence ! Tu es de toute façon, mortel, parfois même comme ton ennui. Évite les culs bénis qui rient jaune et fuis les pince-sans-rire ! Alors lâche-toi et même relâche-toi.

Certains te disent qu'on peut choisir sa vie mais pas sa mort. Détrompe-toi, tu peux choisir de mourir de rire. N'aies pas honte de t'éclater d'un rot, d'un pet incontrôlables, tu peux rire à pleine gorge et rire en plein nez. Tu peux rire aux éclats et t'éclater de rire.

Tu peux rire à "t'en faire péter les côtes et vomir le duodénum", je te le garantis, c'est mortel ! Laisse parler ta nature. Ris de gaieté de cœur car rire à contrecœur peut être fatal pour ton palpitant. Je le sais bien, moi qui torche mes textes en cherchant le mot pour rire, qui me fait moucher et bien souvent prête à rire.

 

 

 

 

 

 

 

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Lettre au marchand de sable

Publié le par modimodi

Tu dois avoir fait fortune depuis deux mille ans et des poussières que tu nous en jettes plein les mirettes ! Si je pouvais refaire ma vie, je choisirais ton beau métier : marchand de sable ! Je peux t'en donner les raisons :

Avec toi ! Jamais de chômage ni de pénurie de matière et tout le monde t'aime, t'attend ou t'espère !

Celui-là te fait confiance les yeux et poings fermés. Il dort le jour, sur ses lauriers et la nuit, comme un ange dans le poudroiement des étoiles !

Celui-ci rêve les yeux ouverts de bâtir ses châteaux en Espagne ! Mais la mouvance de ses songes enlise un à un ses projets qui s'abattent en silence comme des châteaux de cartes !

Sur le tas, ces pauvres ouvriers enlisés dans le conflit, font la grève en se disant qu'ils sont loin les temps heureux où l'on pouvait faire des pâtés sur le sable des grèves !

Dans cette chambre, des parents t'implorent. Ils sont à bout de contes, de légendes et d'histoires merveilleuses. Ils ont appelé les bonnes fées et même les ogres à la rescousse ! Rien n'y fait, ils implorent en urgence ton passage pour endormir leur petit monstre !

Sur la scène, une miss à paillettes, pour briller de mille feux de paille et d'audimat, jette à ses fans émerveillés et en délire un peu de ta poudre aux yeux !

Dans le lit de la rivière, le fiévreux orpailleur espère le pactole et cherche à lire sa bonne fortune, dans chaque grain de ta boue aurifère !

Oh ! Le monde sait comment te mettre en boule et en tas. L'homme en butte à lui-même te prend en grippe, en te glissant dans l'engrenage de sa vie qu'il espère irisée. Il veut t'en faire voir de toutes les couleurs…

Au bord de la mer, il te présente parfois à quelques artistes du dimanche... Ceux qui te composent un tableau polychrome et qui t'enferment dans des bouteilles dans l'illusoire espoir de retrouver les murmures des vagues et les soupirs des sirènes. Ceux qui te sculptent une statue de rêves éphémères, emportés aux caresses du vent, en milliers d'envols azurés.

Ah ! Tragédie écologique, souillure irrémédiable quand un imprudent te fait broyer du noir et que ta plage porte, en un long crêpe de mélasse mazoutée, le deuil de la liberté des oiseaux sacrifiés. Et là, cet autre voudrait te faire voir rouge quand en matador orgueilleux, auréolé de lumière crue, il dispute au taureau sa gloire, dans ton arène ensanglantée !

Moi-même, je te connais bien ! Tu portes le visage de l'enfance. Tu t'es moulé à la fantaisie de mon bestiaire imaginaire. Tu t'es donné à tous ! Aux enfants dans le bac de leur cour d'école, aux vaguelettes mousseuses, aux coquillages de la plage, aux pas des caravanes, aux dunes de ma Flandre !

Tu as enchanté mes vacances. J'ai paressé sur ton coussin blond et doré, préférant mille fois la douceur de ton banc à celui de l'école. J'y ai gravé mon cœur en l'enlaçant à celui de l'exquise insouciante qui a semé ses premières étoiles dans mes yeux. Je ne savais pas qu'elle préfigurait la Beauté et qu'elle m'offrait son premier visage de Muse, que je n'ai eu de cesse de chercher à retrouver dans mes mirages.

Ô sable de mes jours et mes nuits ! Tu t'es donné aux nues ! Je t'ai lancé dans le vent par poignées, tu as rougi mes yeux ! Tu t'es fâché dans le ciel en tempête, tu t'es levé en tourbillons en hurlant ta colère !

Tu t'es frotté à moi ! Tu as abrasé de peines et d'accrocs le parchemin de mes jours. En un papier de verre, tu as poli mon cœur.

Tu t'es offert à moi pour poudrer chacun de mes pas sur mon chemin d'aventures sentimentales. Chaque empreinte laissée au hasard des rencontres était aussi la tienne quand aux quatre vents de mes errances amoureuses, j'effeuillais patiemment les petites fleurs d'amour. 

C'est encore toi qui m'as conduit aujourd'hui auprès d'Elle, au désert de son cœur, pour y cueillir l'unique rose des sables. Celle que j'appelle ainsi, ma Muse, la seule qui puisse retrouver l'eau dans le puits de mon cœur. L'unique qui me fait traverser l'étendue de l'amour.

Grâce à toi, semeur d'illusions et grâce à elle, l'amour ne me quitte plus et tu ne me quittes pas !... Tempus fugit !... Mon cadran solaire repose dans l'ombre de la nuit qui s'avance ! Mais toi, inlassablement, obstinément fidèle, tu t'égrènes et t'écoules en silence, au sablier blanc de ma vie ! 

Tu es en chaque grain, un morceau de moi-même, un éclat de la roche du temps de ma mémoire. Tu es mon éphémère et ma durée, ma minéralité qui m'a fait sable et montagne. Tu es le paradoxe de la certitude qui entretient l'illusion humaine du sablier : trois minutes chronométrées dans une existence, un instant d'éternité pour toi, une dérisoire solution finale pour mon œuf à la coque !

Comme si, je pouvais en le retournant renverser la Vie et renverser l'amour et en remplir mon cœur ! Et quand bien-même, je le pourrais, je ne saurais empêcher son ruissellement. Tout au plus, puis-je, sans avoir l'impression qu'il se vide, emmêler mes mots d'amour et mes élans ! Tout au plus, puis-je coller mon oreille contre son cœur pour percevoir les battements du temps de vivre, du temps d'aimer et d'espérer. Tout au plus, puis-je compter les intervalles de ses silences !

Mais pourrais-je percevoir l'imperceptible froissement des jours qui s'écoulent en chacun de ces grains. Retrouverai-je mes souvenirs en les égrenant et revivrai-je au hasard de leurs évocations des fragments d'émotions ?

Tout au plus, puis-je tenter d'aimer jusqu'au dernier souffle, en guettant le dernier grain. Si l'amour m'a bouleversé et renversé, toi, tu sais bien que le destin répand ses pleurs de tristesse ou de joie, qu'il perle ou se déverse en gouttes de rosée et de sang et qu'il ne remonte pas son cours, sauf dans le mystère ou le néant.

Ô toi, marchand de sable, au moins, t'a-t-on dit que le moindre de tes grains voudrait revoir la mer ? Moi aussi ! Je désirerai ardemment non pas revivre mais vivre un jour, rien qu'un jour pur de lumière et d'amour avec celle qui tient en ses mains et son cœur, mon propre sablier. Tu vois, j'ai confiance ! Je t'écris les yeux fermés dans cette nuit que tu as étoilée !

 

 

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Tête en l'air !

Publié le par modimodi

Tu t'es trompé de rendez-vous,

Tu t'es coiffé avec un clou.

Garé ton scoot, mais tu n'sais où !

Toi, tu perds tout, un peu partout !

T'es dans la lune et les nuages.

T'as oublié le bon message,

L'anniversair' du mariage !

 

Tu mang' la poire avant l'fromage,

Tu désoles ton entourage.

T'es dans le cake et dans l'potage,

Regard absent, en décantage,

T'as l'cerveau en constant réglage,

Un gros problèm' de décentrage.

 

T'as des défauts dans l'alliage,

Sûrement des failles dans l'blindage

Et des trous d'air dans le fuselage !

Tu réussis les décollages

Mais tu rat' tes atterrissages.

Tes idées transhum' aux alpages !

 

Le grand jour de ton mariage,

T'as appelé ta Marie, Sophie,

Devant le maire, abasourdi,

T'as dit : "non !", au lieu de dire : "oui !"

On n' compt' plus tes étourderies,

Elles sont devenues légendaires

Comme les trous noirs et les trous d'air !

 

Tu déambules, la tête en l'air,

Tu embrass' le poteau en fer,

Peau d'banane, les quat' fers en l'air !

Ton domaine, c'est l'imaginaire,

Tu es un extra planétaire 

De la chimère, le globe-trotter.

 

Tu collectionnes les impairs :

Tu cherch' les clés, qu' t'as dans la main,

Tu te trompes, de bus ou de train,

Tu t'es égaré en chemin,

Tu confonds Dublin et Berlin,

T'as mis le mauvais carburant,

T'as app'lé l'colon, adjudant,

Lavé tes dents au détergeant…

T'as l'esprit comme un cerf-volant !

 

T'as collé partout des pense-bêtes,

Mais qu'avais-tu encore en tête ?

La fenêtre est restée ouverte,

Les mémos com' des alouettes

Ont pris la poudre d'escampette.

T'as fait la list' de tes objets,

Noté où tu les as placés…

Tu n'sais plus où tu l'as rangée !

 

Tu passes pour un doux rêveur,

Au minimum, une gaffe par heure !

On sait quel collaborateur

Oublie date et ordinateur,

Ses copies dans le photocopieur,

Jusqu'au nom de son directeur !

 

Tu es connu pour tes erreurs,

Tu t'en es fait collectionneur.

C'est toi, le roi de la bévue !

Les yeux dans l'vague et dans les nues,

On te croit bête, un peu naïf

Mais tu n'es que contemplatif !

 

La raison en apesanteur,

On te croit là, tu es ailleurs,

Distrait et songeur à demeure,

Tu cherches midi à quatorze heures.

Tes pensées vont à rebrousse-poil,

L'instant présent a mis les voiles.

Ta tête a pris la voie royale,

Toi, tu joues avec les étoiles !

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