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Que vois-je ?

Publié le par modimodi

Un homme, une ombre, un inconnu

Longtemps parti puis revenu ?

Un poète ou un philosophe

Un des trois frères Karamazov ?

Que viendrait-il faire, c'est absurde

On a tué le dernier Kurde !

 

Personne ne vient plus chez nous, on a brûlé toutes les cartes, désaiguillé toutes les boussoles, effacé le moindre chemin, soufflé du vent sur les nuages. 

 

Tous les oiseaux se sont perdus

Le printemps n'a pas survécu.

Que fait en approche, cette barque

Est-ce le grand retour de Bismarck ?

Grand-père, m'a pourtant dit, c'est moche

Qu'on avait tué l'dernier Boche !

 

Aucun ami, aucun ennemi ! Aucun mot, aucune nouvelle, aucun murmure fraternel ! Mes souvenirs emportent le silence des étoiles, seules voix muettes en ma mémoire.

 

Mes yeux, paupières clouées

Sont fatigués d'avoir veiller.

Je voulais juste m'accrocher

Au fantôme d'un égaré.

Mais impossible, je le savais

On a tué les étrangers !

 

Il n'y a plus rien au fond de l'eau, plus de chimère, plus de sirène, même plus d'étoile de mer. Il n'y a plus rien dans le ciel, plus rien sur terre, dans les sillages ou les abîmes.

Plus rien à voir, que mon reflet dans le miroir. Est-ce lui, ce dernier étranger, auquel je peux m'accrocher?

 

 

*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-

 

 Escapade de poète

 

A quoi bon partir en voyage?

J'ai enfermé tous les mirages

Dans un collier de coquillages.

J'ai fait prisonnier la lumière

Pour amalgamer au désert

Rose de sable et cœur de pierre.

 

Le ciel est assoiffé. Le sable a englouti les traces de la dernière caravane. Elle va l'amble au feu d'or des étoiles. Je marche lentement au rythme pesant des pas d'un forçat errant. La nuit a bu le lait cru de la lune, si blanc qu'on dirait de la neige.

Je frissonne, j'ai froid. Il reste un feu oublié dans la grotte, au pied de la montagne. Je dois le retrouver, affronter le danger. Je suis à la merci d'un volcan de dune vomissant ses laves. Je rampe, elles vont me dévorer. Je vais me minéraliser, mon cœur de pierre roule, glisse et s'enfonce dans les sables des songes.

Doucement chamelier, retiens ton pas, je dors transfiguré dans la rose de sable. Laisse-moi reposer, mêler mes chants d'amour aux douces voix des djinns. 

Ah ! Aime-moi enfin, ô Muse migratrice, toi, la justification finale de ma course aux étoiles, je t'offre moi aussi, ma rose de papier.

 

 

*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-

 

Nocturne

 

Seule la nuit est à venir avec son feu noir et d'oubli.

Elle viendra la nuit avec ses vides blancs du passé en absence, avec ses ombres déchirées au silence de nos adieux.

Seule la nuit est à venir avec ses temps contractés dans le marbre froid de l'éternité.

Elle viendra la nuit avec les échos inutiles des victoires claironnées par tous ces pauvres cœurs, insignifiants d'amour. Moi aussi, j'aurais honte de mes élégies, de mes émois tremblants et des paroles que je n'ai jamais dites.

Seule la nuit est à venir avec quelques plumes arrachées à l'oiseau de la Liberté.

Je l'attends ! Qu'elle vienne déposer en ma page blanche, gonflée comme une voile, des mots de feu, des mots de joie, des cris de vie hissés jusqu'au ciel de ma poésie, en gerbes de fleurs et d'étoiles !

Je veux traverser les ténèbres . Je veux happer la lumière figée dans le sang des astres roses. Je veux enflammer les silences des pensées qui se dérobent.

Je veux au matin, courtiser le hasard, l'appeler Inspiration, baiser sa chair, prendre sa langue et tordre sa bouche menteuse. Je veux désarmer la beauté, peindre des roses sur l'armure et m'affronter à l'absolu.

Que les oiseaux viennent bruire et lancer leurs trilles aux musiques célestes ! Que la grâce ruisselle de la clématite de mes chants ! Que le printemps donne sa vigueur à mon langage, noueux cassant comme un bois sec ! Que le feu éclate ses sonorités dans les brindilles de mes rimes et ranime les cendres au sein de mes ratures !

La nuit peut venir, je l'attends avec ses promesses chuchotées. Le futur est son clandestin échappé des barbelés du temps. Il va me rendre visite, faire tourner sur ses gonds la lourde porte de mes poncifs uniformes, aux couleurs craquelées. Je pousserai les verrous pour le laisser entrer. 

Je peux fermer les yeux et m'endormir. Aux croisées d'ogives des étoiles, je croque l'hostie noire de la nuit. La poésie est un art sacré.

 

 

 

 

 

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Tu ne m'aimeras jamais !

Publié le par modimodi

Je n'ai pas bel aspect

Avec mon vilain nez, 

De melon charentais

Et mon vieux dos voûté,

En bec de perroquet.

 

J'voulais être un jockey

A la taille de cricket.

Mais je n'suis qu'un basset,

Un bedonnant roquet,

Trop gros, trop grassouillet.

 

Tu préfères les minets,

Pas les efféminés,

Plutôt les freluquets,

Ces jeunes paltoquets

Sachant faire du chiqué !

 

J'sais pas faire le coquet,

J'suis un coquelet rondelet, 

Un porcelet replet,

Boudiné, mal ficelé,

Toujours saucissonné.

 

J'ai le cœur aux aguets.

Je voudrais sans délai

Me jeter à tes pieds,

Mais avec mon tonnelet,

J'n'arrive plus à m'baisser.

 

Tu dois me trouver laid,

J'ai droit aux quolibets.

Tu n'veux pas d'un boulet,

Je suis bien trop épais,

Tu ne m'aimeras jamais !

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Mystères

Publié le par modimodi

Est-ce parce que l'homme est con comme la lune et pas toujours au clair, qu'il se fait taper dedans ?

Son témoignage était-il boiteux, à force de s'emmêler les pieds et de faire des entorses à la vérité ?

Une jolie fille a-t-elle la chance ou la malchance d'être bien roulée et bien balancée ?

Vaut-il mieux n'avoir pas de bol et pas de pot ou être cul-de-jatte ?

La bise : un baiser en coup de vent ?

Prononce-t-on des paroles blessantes, si on est à couteaux tirés ?

Prendre un remontant, est-ce un conseil pour celui qui a la dalle en pente ?

Dans ce trou perdu, qu'a perdu la fille perdue ?

Comment s'introduire auprès de celles qui font la fine bouche ?

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Fil de fer

Publié le par modimodi

Pour toi, rentrer dans ton maillot

Toi, tu fais la chasse aux kilos !

Ton objectif, être naïade,

Mais pas prise pour un' pintade !

Plus d'estouffade ou d'marinade,

Plus de brandade ou de truffade.

 

Au gras, tu portes l'estocade,

Mincir n'est pas un' rigolade,

Une croustade, c'est l'incartade,

V'là deux plis à la dérobade,

Un capiton en embuscade !

 

Tu crois voir partout des bourrelets,

Tu te veux minc' comme un cricket.

Tu as la taille haricot vert,

Mais tu veux être fil de fer !

 

Tu es abonnée aux régimes,

Tu prends dix grammes et tu déprimes,

Tu prends 100 grammes, et c'est le drame !

Tu te traites d'hippopotame.

Plus de y'a bon, plus de miam, miam,

De croque-monsieur, de croque-madame,

Tchao le sucre, viv' l’aspartame !

Sus au moindre des centigrammes !

Pauvre famill' que tu affames !

 

Pas le moindre dîner en ville,

Diète, abstinence, ainsi soit-il !

Un colibacille, tu jubiles,

Ton kilo en trop se défile !

Tu fais des cur' de désintox,

Les calories, toi, tu les boxes.

Ton seul dictat, c'est la minceur

Jogging, step, muscu, rameur!

 

Les radis n'ont plus droit au beurre,

C'est bouillon, tisane à toute heure !

Du grillé et de l'allégé,

De la salade à volonté !

Adieu les sauces, miel et brioche

Ça vous donn' l'allur' d'une cloche !

Bye bye, friture et cochonnailles,

Si tu veux garder belle taille !

 

Chasse à l'affût d'la cellulite,

C'est la graisse qu'on décapite !

Tu suis les kilos à la trace,

Pour ne pas être en état de grasse !

Des coupe-faim, des jus à l'eau d'pluie,

Argile et plantes, fruits crus ou cuits

En cataplasm' et en bouillies,

Crème de jour, crème de nuit,

Couche à couche, comme un enduit,

Tu t'affines, tu fonds, tu réduis !

 

Tu en as fait ton sacerdoce :

Ne peser pas plus qu'un sac d'os 

Il est tout tracé ton avenir :

Etre planche à clous pour fakir

Ou, tu pourras te recycler

En planche à pain pour boulanger,

En planche à voile pour vacancier !

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La limace

Publié le par modimodi

Mam'zelle limace,

Tu te prélasses

Et tu rêvasses,

Sur ta paillasse,

Aux grands espaces

Du beau Texas!

 

Debout limace,

Un peu d'audace!

Boug' ta carcasse,

Tu deviens grasse!

 

Sauve-toi limace!

Quitte avec grâce,

Ton chou palace

Et sois vivace!

 

Allez limace,

Fais volte-face,

L'oiseau rapace

Est sur tes traces!

 

Hélas! Hélas!

Mam'zelle limace,

Tu es mollasse

Et tu trépasses!

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Ô mon amour, je veux t'aimer.

Publié le par modimodi

 

 

Ô mon amour, je veux t'aimer

Comme les oiseaux fidèles

Au rendez-vous des arbres,

Dans la muraille des feuillages,

Dans la déchirure des écorces,

Dans la morsure des racines,

Dans les derniers fruits de l'automne,

Entre les bras nus de l'hiver.

 

Ô mon amour, je veux t'aimer,

Et m'endormir entre tes mains,

Murmures de sable au creux des houles.

Je veux me couler en tes doigts,

Langues de feu et de soleil.

Je veux m'envoler dans le vent

Aux voyelles de brume

De tes yeux bleu-marine.

 

Entends-tu battre la mer

Et emporter, glissant vers toi,

Mes émois et ma fièvre

En plaintes obsédantes,

En vagues impatientes ?

Hormis au sablier,

Où va le grain de sable ?

 

Ô mon amour, je veux t'aimer

D'aubes en crépuscules,

D'aurores en pluie d'étoiles.

Ouvre-moi les ténèbres,

Déchire-moi la nuit,

Délivre la lumière,

Incendie l'univers,

Mon cri emplit l'espace !

 

Ô mon amour, je veux t'aimer,

Je veux me rouler en ton ciel,

Me laisser embraser au feu de tes désirs,

Éclater, crépiter en gerbes d'étincelles.

Je veux mourir entre tes bras,

M'oublier en ton cœur,

Volcan mémoire de notre amour.

 

Ô mon amour, prends-moi,

Contre moi, serre-toi!

Je frissonne, j'ai froid.

Donne-moi de ce feu,

Conservé dans les braises

De ton corps extasié...

 

Ô ma lueur de l'infini,

Toi, ma flamme éternelle,

Quand tout s'achève,

Tu jaillis et renais,

Illuminant la voie lactée

De nouvelles promesses.

 

Ô mon amour, je t'aime

Et chante par tes lèvres,

La source qui bleuit

Aux cendres du matin.

 

SECOND POÈME

 

Ô mon jardin ! Ô mon verger !

 

Je t'aime sans le dire,

Je t'aime sans le vouloir,

Je t'aime au désespoir

De ne plus le savoir.

 

Ô mon jardin ! Ô mon verger !

Dans ce jour qui renaît,

De pâles asphodèles

Étoilent entre tes cils.

Tes yeux savent les mauves 

D'anémones marines

Et tes lèvres décloses 

Libèrent un camélia.

De ton corps éveillé,

L'aube vient de glisser

Comme le sang des œillets.

 

Ô mon amour, tu m'attires,

Je m'embrase, te désire.

A la clarté du jour, tu offres

Un ciel de gentiane et de lin.

Une écharpe d'iris 

Flotte sur tes épaules,

Tes mains palpitent 

De mille giroflées.

 

Ô mon amour, je veux t'aimer !

Mes désirs carillonnent

Comme des campanules.

Les roses ancolies

Frissonnent sur ta peau,

Ô extase odorante

De cannelle et lavande!

Je voudrais cueillir sur tes lèvres

Le rouge de ta bouche fraise.

 

Enfin ! Amour ! Tu y consens,

Tu as dit oui à ton amant !

J'éclate comme une bulle

Dans l'ambre de tes seins,

Des pavots fascinés

T'éclatent au creux des reins.

Ton corps de primevère

M'offre son gai printemps

Et le soleil est soûl 

De sauter les genêts.

 

Ô mon jardin ! Ô mon verger !

Ton corps de Floréal

A parfumé le jour.

De grands oiseaux s'envolent

D'un ciel de chèvrefeuille.

Nos peaux se frôlent,

S'entrelacent et se tressent,

Nos corps se tendent

Comme des osiers

Courbés au vent.

Nos cœurs sont des bleuets

D'azur et de liberté.

Vois ! Je vis, je renais !

 

Enfin Amour, je peux t'aimer !

Ton corps de Floréal

A incendié le jour de mille et une gerbes

De feux et de tisons, 

Ton corps de Floréal

A parfumé l'azur de mille et un bouquets 

De parfums enivrants.

 

J'avais oublié

Ce goût du baiser,

Rouge de framboise, 

De fraise écrasée.

 

J'avais oublié

Le chant du grillon

Réveillant d'ardeur

Nos rêves fripons,

Ondulant nos corps,

Grains lourds de moissons,

Aux épis dorés,

Craquant de frissons.

 

Ô mon amour enfin,

Je sais t'aimer d'amour !

L'ardeur verse en nous,

Ses ors d'élixir.

Je viens de goûter

L'opium du plaisir.

 

Je peux délirer,

Brûlant de désirs,

Entendre tes cris, 

Tes chants, tes soupirs,

Trembler, défaillir,

Aimer et mourir !

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Citrons pressés

Publié le par modimodi

Ô ma jolie Suzon,

Savez-vous ma passion

Pour ce ce jeu polisson,

Qu'on appelle : presse-citrons ?

 

J'suis un vrai patachon,

J'aime faire l'histrion.

Je suis sans prétention,

J'ai l'esprit d'garnison.

 

Je joue au"court bouillon"

Au "monte-bourrichon"

A"retrousse jupons",

"Croque-moi le lardon !"

 

Quand je vois sous l'nylon,

La fierté du balcon, 

Cett' gorge de pigeon

Et vos deux p'tits pinsons,

 

Je veux en toutes saisons,

Et rien qu'à ma façon,

Pratiquer pour de bon,

Le jeu du "presse-citrons"

 

J'suis en adoration

Pour les fleurs en boutons

De vos deux p'tits mamelons.

Je trémousse du menton !

 

Je brouille ma vision

Quand j'vois à l'unisson,

Rouler vos deux brugnons,

Pointer les p'tits oignons !

 

Dansez petits bichons,

Valsez petits fripons,

J'suis déjà rubicond,

Et j'tombe en pâmoison !

 

Les désirs au bourgeon,

J'ai le feu au brandon,

Je frétille du gardon,

Je glousse comme un dindon !

 

J'ai des démangeaisons,

J'veux goûter aux melons,

Aux p'tits potimarrons,

Aux fruits d'ces beaux nichons !

 

Je veux à pleins petons,

Presser vos doux citrons, 

Laisser sur mon menton,

Couler l'jus, tout du long !

 

Pas d'flèches de Cupidon !

Pas de faridondon !

Pas d' flafla, pas d'fonflon !

J'ai pour vous le pompon !

 

Vous êtes ma Manon,

Des sources et des frissons,

Vous êtes le renom

D'la cité des citrons !

 

Aux plaisirs toujours prompt,

J'veux vos blancs calissons,

Suçoter les bonbons,

Croquer vos macarons !

 

En gourmet, en glouton,

Je veux sans précaution,

Je veux sans condition,

Vous aimer à tâtons !

 

Sous les ardents rayons

Des ciels bleus, sans mouton,

Soyons en communion

Aux chants des alcyons !

 

Oh ! Ma mimi, pinçons,

Ces beaux coquins citrons !

Suzon, sus aux suçons !

Oui ! j'en fais profession !

 

Vous êtes ma vibration,

Vous êtes l'inspiration 

Pour l'poète de Menton 

Qui se presse le citron !

 

Tendre sublimation,

Folle vénération,

Coupe des libations 

D'la cité des citrons !

 

Grâces en suspension,

Soleil de ma passion,

Ô douceur de Menton

Dans l'azur bleu-citron !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Au doigt et à l’œil

Publié le par modimodi

Mon petit trèfle à quatre feuilles,

En deux œillades, quatre clins d’œil,

Tu as su me taper dans l’œil,

Mettre mon cœur en portefeuille !

 

Avec tous mes sens en émoi,

Des coups de chaud et plus d’sang-froid,

A genoux et les bras en croix,

Je t'ai promis la bague au doigt !

 

Ce que n'm’a pas dit mon p'tit doigt,

C'est que le loup était dans l'bois,

Et qu'une fois franchi le seuil,

Je march'rai au doigt et à l’œil !

 

J’n’ai pas l'temps d'demander ta main,

Tu m'as aussitôt pris en mains !

A l'école, ma belle maîtresse,

Plus aucun temps pour la paresse.

 

J'apprends à t'aimer feuille à feuille.

Sur ton love book, je me recueille.

Tu as l’parfum des chèvrefeuilles

Et tu me fais tourner de l’œil.

 

Mais quand j'ai voulu qu'tu t'effeuilles,

J'ai reçu pour tout bon accueil,

Dent pour dent et œil pour œil,

La giroflée de tes cinq feuilles !

 

Eros narquois est aux abois,

Il fait sortir le loup du bois

Et m’donn' l'amour à contre-emploi !

Épines aux roses, griffes aux doigts !

 

J’suis paralysé devant toi,

Je n'ose plus bouger l'p'tit doigt !

A tes pieds, comme un chihuahua,

Je voudrais sauter dans tes bras !

 

De mes petits yeux langoureux,

Je t'adore en battant d'la queue !

Ah ! T'bibiser de haut en bas,

Je m'en lèche d'avance, les doigts !

 

Je te fais mes grands yeux, si doux.

Mais je n'avais plus, je l'avoue,

Les deux yeux en face des trous

J’ai perdu la vue sur le coup !

 

J'ai filé droit comme un toutou,

Sans voir l'ombre de tes froufrous,

Sans la soie d'un de tes dessous !

J’ai dû garder tous mes bisous !

 

Pour autant, j’n’étais pas battu !

J'étais mordicus, résolu.

Je frissonnais, tout éperdu,

Je n’avais plus de retenue.

 

Oh ! Je voulais l’manger tout cru,

Ce trop tentant fruit défendu !

Mais tu n'en as pas démordu

Et c'est tous mes doigts, qu'j'ai mordus !

 

Mon trèfle, ma bête à bon dieu,

Je joins les doigts, lève les yeux,

Je fais la neuvaine aux cents vœux

Pour n’avoir pas à t'dire : adieu !

 

 

Je suis si pieux, béni des dieux,

Qu'avec toi, j'vais toucher les cieux !

Des pluies d'étoiles, au fond des yeux,

Éblouis-moi ! Sauve-qui-peut !

 

J'serai ton toutou sur la carpette.

Tu m'en jetteras plein les mirettes,

J'pourrai t'aimer à l'aveuglette.

Oui ! Je te trouve vraiment chouette !

 

Mais le temps n’est plus à la fête !

Finies les belles galipettes,

Moins d’amour, plus que des miettes

Je sens que j'passe aux oubliettes !

 

Y'en a plus que pour ta binette !

Trop occupée par tes frisettes,

Par tes caprices de jeune coquette,

V'là qu'tu n'aim's plus mes yeux noisette.

 

Tu me reproches mes croquettes,

Mes nœuds-nœuds roses, mes houppettes,

Les bains moussants pour ma toilette

Qui te coûtent les yeux de la tête !

 

Toi, tu me détestes, à vue d’œil !

L'amour n'est plus qu'un tape-à-l’œil !

J’avais bon pied, j’avais bon œil,

Désormais, tu me tiens à l’œil !

 

J'n'avais pas vu l'compas dans l’œil !

Enfoncé bien droit, jusqu'au coude !

J'n'ai plus d'honneur, rien qu'un baroud

Et pour un comble, c'est toi qui m'boudes !

 

L'amour n'était qu'un trompe-l’œil.

J’n’ai pas dû donner l’bon coup d’œil !

J'devais avoir l'alarme à l’œil

Et me méfier du mauvais œil !

 

N’joue pas ta marquis' de Merteuil,

N’fais pas ta poulard' demi-deuil !

Non ! Je ne vais pas fermer l’œil

Pour faire le mort dans ce cercueil !

 

Notre union a bien trop d’écueils !

Tu m'as mis les bois du chevreuil.

Je peux ravaler mon orgueil,

De ton amour porter le deuil !

 

Mon petit trèfle à quatre feuilles,

Tu m'as mis le cœur en mille-feuille !

Notre rose, peu à peu s'effeuille

Se ride et fane comme un cerfeuil !

 

Mon cœur n'est plus qu'une déroute !

Ton amour se donne au compte-gouttes

Malheureusement, je n'y vois goutte

Et c’est bien ça qui me dégoûte !

 

A un petit doigt près, d’ailleurs,

Notre passion était majeure !

Il ne lui rest' qu'un doigt d'honneur,

Dressé au ciel, en cris vengeurs !

 

Faut-il y voir le doigt de Dieu

Qui nous met à l'index, aux cieux,

Roulant devant nous ses gros yeux,

En nous fixant dans l'blanc des yeux ?

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Bretelles et ceinture

Publié le par modimodi

Pour être heureux, vite aux abris !

Évitons les intempéries !

Notre amour doit garder le nid.

Pas d’prises de bec, que des cui-cui !

 

Pour sans crainte le préserver

J'te fais d'mon corps, un bouclier !

Prudence est mère de sûreté,

Pas d'épingle ! Elle est bien bouclée,

La ceinture de sécurité.

 

Tu n’as qu’un désir à l’esprit :

Ta tranquillité à tout prix !

Tu m'exiges des garanties,

Des assurances, sans souci :

Du tout risque, sans brouillamini.

 

Pas d'pépins, ni de parapluie !

Nous n'vivrons pas en Normandie

Sous un ciel Lacryma Christi !

Faut du grand bleu au ciel de lit,

Des preuves de tendresse infinie !

 

Cupidon n'est pas un Brutus

Qui fait des promesses au roi d'Prusse !

Aux accrochages, toi, tu dis : « Sus ! »

Les anicroches : « Au terminus ! »

Tu fais droit d'habeas corpus.

 

Tu m’l’as imposé mordicus :

Pas de malus !  Que du bonus

Pour avoir droit à ton quitus !

Ou je peux t'apporter des gages

Ou sans hésiter, tu m'dégages !

 

Pour me bloquer en cas d’tangage,

J'ai besoin d'un solide ancrage.

J'ai renforcé mon arrimage

Avec bretelles au bastingage

Et une ceinture en gros cordages.

 

Je suis au bord du dérapage,

Je suis à deux doigts du naufrage.

Pour ne pas risquer le largage,

Pour éviter le décrochage,

Je me raccroche au bastingage.

 

Tu l’as écrit en bas de page :

Pas le plus petit badinage,

Pas de regard dans les corsages,

Pas le moindre marivaudage.

Au moindre doute, tonne l'orage.

 

J'ai droit à ton grand déballage :

Lessivage, rinçage, essorage !

Stop ! Promis ! Je serai bien sage

Et j'aurai droit à tes images,

D'oiseaux libres mais pas volages !

 

Pour éviter les p'tites cassures,

Je dois t'rassurer, à coup sûr !

Pas de faux pas, ni d'aventures !

Pas de doigts dans la confiture !

Impec sur toutes les coutures !

 

Pas d'écarts et pas de faux pas,

Pas de coup d'canif dans le contrat

Ou j'passe de vie à trépas

Et je me retrouv' dans d'beaux draps

Comme une momie pour l'au-delà !

 

Jurer allégeance, sous serment,

C'est l'devoir de tous les amants.

Celui qui aime, faut qu’il le jure,

A cors et à cris, à murmures !

"Pour la vie, oui, je te l'assure !"

 

Pas de doutes, pas de clair-obscur !

Toi et moi, dansons sous l'azur,

Sans risquer la moindre foulure.

Pas de coups et pas de blessures,

Pas un seul défaut dans l'armure ! 

 

L'amour n'est pas une torture

Il n’y'a pas de tourment qui dure !

Ma foi en toi est pure et dure !

Pas d'intempérie, ni froidure,

La passion est sous couverture ! 

 

Tu m'as donné la procédure :

Du certifié sous signature,

Sans un pâté et sans rature !

Pour qu’la fidélité perdure,

Tu exiges, bretelles et ceinture !

 

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Tristounet

Publié le par modimodi

Pas besoin d'avoir un ciel gris,

Des nuages bas, de la pluie

Pour lui donner mélancolie

Et le faire mourir d'ennui !

 

De chez lui, le bonheur a fui.

Demain sera comme aujourd'hui,

Un jour de deuil, un jour de suie.

Le ciel a son bonnet de nuit.

 

« Changez bien vite de trottoir,

Fuyez ce Monsieur idées noires,

Sa grise mine de brouillard,

Si vous voulez garder l'espoir ! »

 

Il suffit de croiser son r'gard,

Pour vous refiler le cafard.

Vous pouvez sortir vos mouchoirs

Et vous mettre à broyer du noir !

 

D'une tristesse sidérale,

Dans une déprime abyssale

Et des soupirs de pierr' tombale,

Il va vous briser le moral.

 

Avec un entrain sépulcral,

Vous vous jetterez au canal.

Ne lui faites pas donner la soupe,

Il démoraliserait la troupe !

 

Sa p'tite bouille tristounette

Sonn' déjà l'heure de la défaite !

Ne l'invitez pas à la fête

Il vous jouera les trouble-fête !

 

Il a bien la gueul' de l'emploi,

Celle du roi des rabat-joie,

Des rembrunis et des pisse-froid.

Des pleins pots d'colle, de glu, de poix !

 

Rejetez-le ! Quand il s'amène

Avec son stress et sa migraine,

C'n’est pas distribution d'étrennes,

Il vous apporte son âme en peine.

 

Et ne soyez pas trop ému,

Ne devenez pas triste, abattu,

Compatissant et morfondu

Par son p'tit air de chien battu.

 

Tête rentrée comme une tortue,

Ne lui demandez pas : Qu’as-tu ?

N'étant jamais sûr du lend'main,

Il s’prendra la tête à deux mains.

Pour donner ses d'vises en refrain :

 

« Chaque jour est un jour crachin !

Du pain, du vin et t'auras faim !

Araignée du matin, chagrin !

Y'a pas de pomme sans pépins !

Quand ça cloche, c'est pour le tocsin

Et le glas du vendredi saint ! »

 

Tristounet ne fait qu’dans le mélo !

Des gémissements et des sanglots,

Une élégie, un lamento !

Il va, il vient mais le cœur gros,

Plus abattu que les impôts.

Du chagrin, gratis pro deo !

 

De partout, il est accablé,

Ses maigres espoirs sont ruinés,

Sa joie est au mont de piété.

Depuis qu'il est un nouveau-né

A chacun, il s'est présenté

En enfant d'Marie éploré.

Génération désenchantée !

 

Quand il vous dit qu'il est tout gai

C'est d'un air piteux et navré !

Son rire est une jérémiade,

Son sourire prend un ton maussade.

Rien n'vaut une bonne prière,

Un ave, un pater noster

Pour supporter cett' vie austère.

 

Oui ! Pour traverser ces ténèbres

Il a appris la march' funèbre !

Chevalier de triste figure,

S'il a du goût pour la peinture,

C'est pour le style en clair-obscur !

Comm' l'avenir est sinistre et terne,

Il a crêpé son cœur en berne.

 

L'amour n'est pas un bouquet d'roses,

Mais une gerb' de mots moroses,

Un don d'épines et d'amaurose !

Il aime pourtant sa p’tite Myriem !

Pour lui déclamer ses je t'aime

Avec sa bell' face de carême,

Pas de roses ni de poèmes,

Il a choisi les chrysanthèmes.

 

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