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Défaitiste

Publié le par modimodi

L’défaitiste est mal dans ses shoes,

C'est un has been fait pour la loose,

Le bourdon et les coups de blues.

Avec ses deux pieds dans la bouse,

La mouise lui coll' comme une ventouse !

Des prunes, des nèfles, des arbouses

Toujours par treize au lieu de douze.

 

 Du malheur, il a la compil :

« Profites-en, toi qui jubiles !

Regard' la dévein' qui s'profile

T'auras des pannes, t'auras des tuiles,

Tu ne peux te fair' que d'la bile

Car ça ne baign' jamais dans l'huile !

Toi, qui t’regardes le nombril

Tu t'feras prendre au talon d'Achille ! »

 

Inutile de retourner l’disque !

Vous courrez d’identiques risques

De supporter les mêmes suppliques :

Le grand désastre économique,

L’absurdité des politiques,

Avec eux, tout tourne au tragique !

Les résultats sont rachitiques,

Les déficits sont tous chroniques

A déboussoler Copernic !

Le moindre accroc, c'est la panique,

Bérézina, le Titanic !

Tout devient apocalyptique !

 

Plus rien n'tourne sur des roulettes,

Plus rien ne roule, sauf les boulettes

Et les binettes tristounettes ! 

« Elles sont funestes ! Je le regrette !

Mais c'est ta vie que l'on maltraite !

On t'fait tirer la chevillette

Mais c'est toi, la marionnette ! »

 

Lui, il se crève la peau et trime

Mais il restera anonyme

Avec en prime, une belle déprime !

Il n'est pas sérieux, il est triste

Pas motivé mais défaitiste !

« Tous malheureux, tous des lampistes ! »

Il peut vous en dresser la liste 

" A moins d’être rêveur, utopiste

Ou un triomphant j’men-foutiste,

Si t'es pas fleuriste ou touriste

A quoi te sert d'être optimiste ! »

 

Il a l’moral en-bas d’la cave

Si son petit bobo s’aggrave

Il se voit finir en épave

Au milieu des crapauds qui bavent !

De se sentir vieux, avant l'âge

Ça lui retire tout courage !

Pas de sauvetage ! C'est un naufrage !

Y'a plus qu'les épav' qui surnagent !

 

Pour n’pas tirer la queue du diable

Ne bâtis jamais sur le sable,

T’auras un résultat minable !

C'est d'une rigueur implacable.

Il vaut mieux rester à l'étable,

Ruminer, pleurer comme un veau,

Malchanceux com' Caliméro,

Le poussin noir de Mirano !

 

Tout est foutu dans ce pays !

La poul' qui est au pot, pourrit.

Manque de blé et trop de riz,

Ne chantent plus qu'les canaris !

Lui, dépérit et rabougrit.

« C'est sûrement le béribéri,

La maladie, d'la pénurie ! »

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Ecologie du langage

Publié le par modimodi

Eco-buzz

 

Si Raymond Devos et Pierre Dac nous ont amusés avec l'expression : "parler pour ne rien dire et ne rien dire pour parler", et "s'il vaut mieux la fermer avant de l'ouvrir", des questions restent à régler ! A qui parle-t-on et de quoi, et pourquoi ?

Il est des professions, pour informer, défendre et convaincre ! Ce sont celles de journalistes de la presse radiophonique ou télévisée, d'éditorialistes, de chroniqueurs, d'animateurs qui en ont fait un métier en vogue ! Car aujourd'hui, plus les mots sont vagues, plus ils sont en vogue.

Voguent donc les galères de tous ces mots prisonniers des buzzs de l'audimat. Ils font chemin dans l'opinion et imbibent les auditeurs et téléspectateurs, avachis dans leur fauteuil ! Les dictionnaires s'enrichissent chaque année de tous ces néologismes venus de la rue ou de la presse ! Si la littérature est un vert pâturage pour lecteurs ruminant, qui aurait cru que les lexiques seraient ainsi engraissés et que l'agriculture serait aussi forcée et polluée !

Désormais, le vacher cherche "l'amour dans le pré" aux nitrates, en organisant un speed dating de prétendantes !... Sur l'écran TV LED Full HD, grand jeu de retoquage de bucoliques névrosées, envoyées sur les roses artificielles des amours défraîchies, grande rumination amoureuse de bergères refoulées, envoyées paître à la campagne et transhumer dans les alpages, grande pastourelle bêlante de bergers hystériques comptant sur leur bâton pour donner envie de souffler dans le flageolet !

Eco-buzz permanent ! L'océan est souillé ! Voguent donc les mises en bouteilles journalistiques de l'onde amère aux algues vertes à l'empire des ondes hydrocarburées ! 

Les nouveaux vocables se pressent à la une des quotidiens ou se lancent à la hune des mâts télévisuels. Esquifs surfant sur les vagues du direct et de l'audience, coquilles de noix vides souvent de sens mais pleines de nouvelles expressions ! Ils fluent et refluent sur les pages des baveux ou s'échouent triomphants sur les plages horaires et sonores des access prime time des chaînes publiques ou câblées.

Attention ! Vous êtes perdus si vous avez manqué un épisode et si vous ne savez pas revoir l'émission en replay ! Vous êtes archaïques et ringards, si vous ne savez pas répondre en direct et hashtaguer. L'univers est googlisé, vous êtes en compte, facebookés et vous savez twitter votre pensée raccourcie en signes ou smser en 160 caractères émoticônés. Les vacances se prennent en low-cost dans des apparts B and B et vous pourrez compléter votre fitness par des afters zumba !

Holà ! Messieurs les jargonneurs ne faudrait-il pas respecter l'auditeur ? Vous contentez-vous d'être compris à demi-mot ? Avez-vous besoin de réfléchir pour trouver quelque chose à dire ? Parler, vous évite-t-il de penser ou vous permet-il de penser tout haut pour finalement ne faire que du bruit ? Fondamentalement dire et écrire, n'est-ce pas chercher à être compris ? N'est-ce pas s'adresser intelligiblement à l'esprit, au cœur, à la raison pour expliquer, argumenter, exposer les thèses, développer en antithèses les points de vue et tenter d'en dégager des perspectives ou des solutions provisoires ? Faut-il "néologiser" dans le lisier médiatique pour briller ?

Ne vous écoutez pas parler ! Ecoutez-vous ! Voici quelques exemples allergènes : "Les politiques, ces nouveaux Léviathans doivent être dédiabolisés." Ou bien : "Cette actrice, était un sex-symbole des sixties, aujourd'hui encore, c'est une bombe !" Ou encore repêchée dans la mare aux diableries, celle-ci : "L'examen des fadettes par la brigade financière permettra de prouver l'honnêteté du candidat." Et enfin « Les champs institutionnels de notre environnement se sont bipolarisés socio-économiquement"....

De quoi intriguer et perdre le brave téléspectateur de tous horizons entre quelques phrases, heureusement compréhensibles ! Car bien sûr, la concentration des exemples cités ici, renforce l'effet caricatural de la charge ! Qui n'a pas parfois entendu ces naïfs commentaires de braves concitoyens : "Il est calé celui-là !"... "Il connaît son sujet."... "C'est compliqué, mais il explique bien." A traduire par : "Je ne comprends pas tout ce qu'il dit, mais globalement, ça va quand-même !" (Sous-entendu, il me rend intelligent.) C'est un peu, comme l’environnement : c'est pollué, l'air devient irrespirable, mais on va, on vient, on vit et on survit quand même !

 

Ringardisé !

Messieurs les jargonneurs, adeptes des termes techniques, oyez ici quelques charabias et galimatias entendus dans la bouche de vos confrères :

"Il nous faut apprendre à vivre dans un vécu quotidien globalement conflictuel"... "Le petit monde politique se trouve actuellement décentré par l'entourage influent du milieu." et enfin, voici probablement le must : "Pour sortir du contexte de la crise actuelle, il faut attendre la reprise de la conjoncture qui devrait prochainement se normaliser grâce aux nouveaux dispositifs de régulation récemment mis en place et adapter les réponses économiques au marché structurellement invariant."

Mais tout ceci passe mieux quand le chant s'élève de la douce voix d'une sirène audiovisuelle ! Pour autant, soyons justes, les émissions ne sont pas toutes rébarbatives, elles cherchent plutôt à vulgariser. Les sujets ne durent jamais plus de quatre à cinq minutes. Les dialogues entre débatteurs choisis pour leurs oppositions, sont interactifs et assez souvent animés et expressifs ! Les commentaires sont illustrés de reportages et d'images.

Pour être honnête, les programmes thématiques économiques et financiers, philosophiques ou culturels, lorsqu'ils sont spécialisés, sont un peu plus difficiles d'accès et rarement interrompus par des coupures publicitaires. La formule des talk-shows eux-mêmes, en variant le choix des invités, des sujets d'actualités et des débats alternent sérieux et sourires, mêmes les plus pincés !

Parler ou écrire est un choix. La presse-papier peut aussi avoir des articles difficiles, réservés aux initiés ! En voici, un incroyable exemple : "Que l'économie de marché prenne son essor définitif en Europe, et non en Chine ou ailleurs, relèverait de la contingence historique au regard de la loi fondamentale de son irrésistible expansion à l'échelle de la planète et de son avènement comme mode de régulation unique des échanges et de la production, voire de la vie sociale tout court." Exemple tiré d'une revue économique !

L'éducation nationale est, elle aussi, devenue championne en la matière. Elle avait déjà noyé les parents entre méthode globale et syllabique, acquis et prérequis, mots et syntagmes. Aujourd'hui, dès l'école maternelle, le stylo, le crayon ou le feutre sont "des outils scripteurs" tenus par l'élève, par "l'apprenant". Le vocabulaire est classé par "catégories sémantiques" et la légende urbaine a fait du ballon, "un référentiel bondissant".

Bien sûr, messieurs les jargonneurs, vous n'êtes plus cru ni compris sur parole. Quand vous ne voulez pas nous exposer à la complexité, vous savez nous abreuver d'émissions de télé-réalité qui polluent notre bon goût. Le journaliste se fait bateleur, bonimenteur, amuseur et charlatan pour nous offrir la mise en scène quotidienne d’amours vulgaires et adolescentes autour d'intrigues dont le seul but est de se pécho pour des coquins plans-cul !

Les monologues hystériques rebaptisés dialogues sont des échanges de tics verbaux pour se soulager entre insultes et psychodrames. D'écologie, il n'y a plus que la langue verte, certes créative ! C'est un truc-de-ouf mais les anges de la télé-réalité sont des cassos patants et pathétiques qui ne vivent que de bad trip !

Et je ne parle pas des pollutions sonores avec rires sur commande de programmes en direct ou de la pollution visuelle et intermittente de nombreux spectacles vivants ! Vous subissez peut-être la pollution chronique et diffuse, de l'émission au succès grandissant : "Touche pas à mon poste" et de ses gimmicks culte : "ma petite beauté" et "mes chéris" qui vanne le public, cartonne et explose l'audimat !... Mais simuler une interview dans le seul but de se mettre en valeur et de parler de soi n'est-il pas aussi sottise et vanité ?

Je ringardise très fort, car le public adore et adhère aux vannes et aux pitreries. Plus c'est énorme, plus ça racole ! Me voilà sur la touche ! Heureusement, j’ai ma télécommande !

Bref ! A vous écouter, gens de presse et de télé, cabotins et histrions de l'audimat, nous sommes tous soumis à une obsolescence programmée. Rassurez-vous ! Vous aussi ! Les mots du vocabulaire anglais, arabes, de la rue, etc, sont empruntés et même détournés...

Quel que soit votre taff', vous risquez en permanence de ne plus être kiffés ni calculés et de passer pour des boloss ! Oh ! Sa race ! Inutile d'être vénère ou d'avoir le seum, vous gavez grave les cousins et vous êtes déjà les vieux et les bouffons des auditeurs ! C'est chelou ou relou mais sûr, c'est trop la honte ! Médiamétrie est intraitable et vous serez un jour ou l'autre, les pafs du PAF !»

 

Brave en-mazouté !

Messieurs les jargonneurs et distillateurs d'une pensée alambiquée, je me sens directement au parfum et con-cerné. Mon environnement est directement menacé par les pollueurs de mots, par les délinquants écologiques de notre écosystème grammatical et syntaxique.

Halte à la marée noire des écrivains ayant jeté l'encre ! Moi, le poète albatros, ne me mazoutez pas la plume ! Rendez-moi le babil animal du premier jour, le vert paradis végétal de mes amours enfantines, pas le bavardage des beaux parleurs. Ne menacez pas mes équilibres morphosyntaxiques par des présents imparfaits et des futurs hypothétiques. Épargnez-moi les saumures potassiques et chlorées de vos périphrases plombées. Laissez-moi mes allusions, je vous laisse vos alluvions résiduaires et vos propos fumeux sur les plaines nitratées de vos mornes pages. Je préfère l'argile du potier des mots aux boues rouges de vos ortografes assassinées.

Au-delà des éclaboussures lexicales, j'abhorre encore plus les généreuses déclarations philanthropiques qui contaminent les discours humanitaires ou écologiques ! Ils ne savent plus faire que des transitions énergétiques !

Vous voilà jargonneurs, amis des puissants, édités au Mercure de France ou chez Plon ! Votre discours politique est un manifeste aux lendemains qui déchantent ! La libre fantaisie des mots est une écologie de la conscience littéraire! Je préfère l'usage domestique d'un vocabulaire accessible et sans engrais, aux effets de parisianisme pédant, à usage industriel intensif et chimique avec des propos, dignes d'une usine à gaz !

Ne désertez pas la simplicité et le bon sens ! Ne reniez pas vos propres règles grammaticales et lexicales ! Ce sont les bases de votre développement durable ! C'est votre or vert ! Ne prenez pas exemple sur les déserteurs d'engagements d'une vie meilleure. Je me contrains moi-même à jouer avec les mots pour ne pas m'enliser dans une prose neurasthénique ! Si j'étais poète, je me mettrais aux vers qui aèrent la terre nourricière de l'inspiration !

Allez ! C'est go ! C'est tout go, Ségo ! Ah ! la Royale bravitude et les verts écolos qui ne cherchent qu'à se Placer sans le talent d'un Vincent d'Arles ou qui vous disent Causse toujours, eh Manuel ! Y'a du beau pain sur la planche pourrie et du beau linge sur la planche à laver plus blanc !

Après les verts, les revers des petits vers dans le carré des grosses légumes et dans les fruits de la discorde ! Ah ! Les retournements de veste et les mauvais tours de copains comme cochons ! Voilà tout lard de l'altruiste politique qui patauge dans la bauge à truies !

Mais le peuple n'a que faire de tous vos atomes crochus et de la prolongation du nucléaire. Il prie avec des mots et expressions consacrées, notre Dame des Landes ! Il vous crie en bombant le torse : "Un pour tous, tous pourris ! Chacun pour soi, chacun pourceau ! Des sous, toujours des soues " Arrêtez donc de faire du gras avec nous, vos cochons de payants !

"Sauvons les espèces menacées", crie l'élégante qui suffoque sous son manteau de bébé-phoque ! "Pitié pour l’Amazonie, les zéléphants, la couche d'ozone" zozote l'amazone gainée en croco, bottée en serpent, agitant ses ivoires !

Messieurs les chroniqueurs pollueurs, entendez ce plaidoyer. N'aggravez pas non plus la couche d'ozone de la sémantique ! Ne rendez pas notre langue irrespirable ! Bien sûr, il faut qu'une langue se renouvelle et évolue et pourquoi pas créer de nouvelles espèces de termes. Mais avant recyclez toutes vos promesses d'essayistes, mettez de la couleur au florilège de vos idées poubelles, triez vos déchets : faux-sens, solécismes et barbarismes. Mettez-vous, vous-mêmes à l'index !

Sur la voie du succès ! Messieurs les commentateurs, avancez à l'énergie propre ! Restez branchés et au courant des nouveautés littéraires. Mangez bio, et si possible avec appétit, hélas, même les navets des autres, puisqu'il le faut ! Heureux ceux qui végètent à rien ! La chaîne alimentaire ne peut être rompue !

Opération sens propre et mains propres. Lessivez biodégradable tous vos discours ! Vous pouvez espérer passer au « vingt heures », surtout si vous avez bonne mine et bas goût ! Ah ! La bonne heure ! Chaque spot publicitaire (greenwashing) blanchit l'argent et la mini mire télévisuelle paye un maximum, beaucoup plus hélas, que les prix littéraires !

 

Tous copains, Cop 21 !

Petits journalistes jargonneurs, mettez-vous au vert ! L'accord que vous devez commenter et couvrir est en photo-synthèse. Messieurs les moralistes au lyrisme écologique, riez jaune et chantez ! "Nuit de Chine, nuit câline", une bonne rengaine pour ringards, à nous couper tous, le souffle ! Oui ! Nous voilà tous asphyxiés ! Tous au charbon, nous les amoureux de la nature et de la bonne expression !

Les dix commandements de l'écologie sont la nouvelle religion ! Il faut convaincre ou croire ! A Paris, le miracle aura lieu en cette année 2016, le pape a promis la fumée blanche ! C'est l'état d'urgence, contre les états terroristes pollueurs comme pour vous, c'est encore et toujours la mobilisation générale contre les coups d'état de plumes vindicatives et brutales aux néologismes imposés !

Parlez sérieusement et juste ! Parlez peu mais bien et uniquement de ce que vous connaissez... Parler pour soi au nom des autres et parler de ce qu'on ignore est une imposture !... 130 chefs d'état réunis pour La COP 21 cherchent à désamorcer la bombe à retardement du climat!

Deux degrés de moins et le monde est sauvé, disent avec énergie quelques théoriciens fossiles, adeptes des énergies renouvelables mais qui brassent surtout du vent ! Des îles pourraient même disparaître : les îles vierges, les îles Caïmans, les Bahamas... Qu'en pensent les futurs réfugiés et ruinés climatiques ? Garderons-nous au moins, "L'île au trésor" et celle de Robinson ?

Veni, vidi vicié, comme l'eau de vos idées quand elles ne coulent pas de source ! Soyez en crue de mots courants. Minéralisez votre langage, ne croyez pas pour autant que votre prose sera plate. Un style simple est toujours potable. Même dans le désert apparent des pensées, l'eau puisée au fond de la conscience peut remonter du puits, pleine de fraîcheur d'intuition ! Sur nos rivages, ça vase et ça gaze à flots. Laissez respirer vos lecteurs ! Les lauriers attendus forment déjà un tapis d'algues vertes et rouges.

Tank you Pégase, les tankers dégazent ! L'égout de votre analyse critique cherche à évacuer l'eau de ruissellement des problèmes linguistiques et des solutions usées. Les rouleurs, truqueurs sans talent, les censeurs, conseilleurs de propositions miracles ne disputent pas votre pseudo-mérite, faussement lyrique, suintant et dégoulinant de générosité formelle. Que votre style s'impose donc un passage à la station d'épuration pour décontaminer vos impropriétés linguistiques transformationnelles qui planent en particules fines dans l'air à la mode. Assez de comédie, vous nous asphyxiez de propos fumeux. Bas les masques !

Les cliques dans les cloaques se font amis à miasmes. Ne vous embourbez pas dans les marécages des terminologies approximatives. Peste soit de vos pesticides qui infectent la terre promise de mes écrits fertiles et qui encrassent mes ans de grâce littéraire et féconde.

Ecoutez beaucoup ! Dire et parler ne sont pas synonymes. Une maxime de sagesse nous a enseignés que : "Beaucoup disent pour parler, peu parlent pour dire." N'oubliez pas alors la valeur du silence et la joie de parler d'amour avec les yeux ! 

Messieurs, tout nous menace. Même mon alter ego altère les goûts et les couleurs. Amis des mots authentiques et de la nature, sauvons la vie ! Enfants de larmes et de rosée, amoureux éternels, vous êtes une espèce protégée ! Ne défoliez pas la marguerite par quelques pluies acides. Peignez les nuages à la lumière bleue du vitrail des jours. Soyez bois et soyez pierres, roulez comme des graviers dans les doigts de nos enfants lecteurs.

Nous sommes responsables de la qualité littéraire comme de notre environnement. La nature se découvre par tous nos sens. Elle ouvre à travers nous la porte d'autres mondes dans l'infiniment petit ou l'infiniment grand des mots et de nos rêves.

La nuit criblée d'étoiles a éraillé le ciel.

 

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Droits de vie et de mort

Publié le par modimodi

Droits de vie et de mort

Messieurs les législateurs, vous auriez dû garder le lit plutôt que d'aller enfiler votre robe à la Chambre !

Partout, le passé nous hante ! Passé décomposé et présent sans futur se confondent dans l'Histoire.

Hier, de guerre lasse, le conscrit prescrit découvrait le droit du plus fort et du belliqueux qui, bien que canonnant, n'en était point canonique. Aujourd'hui, vous-mêmes, vous appliquez le droit canon en tirant à boulets rouges sur les cadres, les petites entreprises et les retraités, au prétexte qu'ils ont tort de posséder trois francs, six sous qu'ils ont durement gagnés et épargnés ! Pauvres de nous, citoyens sacrifiés, nous voilà tous assommés et égaux dans la dèche programmée ! Trop de social tue le socialisme, trop de libéralités tuent le libéralisme !

Hier, pour faire bonne mesure, on jaugeait le troufion, on toisait la bleusaille pour lui faire perdre contenance. On tondait le bidasse, on gavait le pioupiou pour mieux le pressurer de gloire nationale et lui racler l'esprit, d'honneur patriotique. On le chargeait pour le faire monter au front, en première ligne.

Aujourd'hui le front, c'est celui des déficits !  Chacun apprend à ses dépens que ses droits sont dans toutes les directions, des lignes de mire que vérifie la règle : "Tu dois avoir les devoirs de tes droits, donc tu dois !" Lignes de désespoir dans la main du destin !

Pour parvenir à ses droits, l'homme, éternel débiteur doit se dépenser sans compter en obligations d'obligeance, de politesse, d'éducation, d'honneur, de dévouement et de respect. Tout citoyen social et solvable est tenu de rendre ses civilités à ses concitoyens, dont il reste pour toujours l'ayant droit et l'obligé. Tous cochons de payants ! L'équité existe bien devant votre iniquité officielle, celle de la loi du plus fort !

De montants compensatoires en totaux retenus ou multipliés, plumée ou tondue, chaque espèce à l'heure de la traite est une bête de sommes à soutirer ! Messieurs les législateurs, êtes-vous à la solde d'un état tueur à gages qui, de cotisations en exigibilités, nous crible de tant de dettes ? Par Sainte-Apolline, êtes-vous d'accord avec cet état arracheur de dents qui, d'hypothèques en créances, nous meule, nous plombe, nous fait cracher au bassinet ! Avec lui, il pleut! Surtout des promesses non tenues et des averses de taxes !

Nos devoirs de citoyen et de travailleur grevé, débité, liquidé, finissent en règlements de comptes où bons ou mauvais traitements ont toujours le même sale air ! Ne pensez-vous pas messieurs que si nous avons de bons devoirs, nous avons encore plus de mauvais droits ?

Assez de nous serrer la ceinture quand l'Etat qui pleure sur la crise multiplie les nouveaux ministres à chaque remaniement ministériel, quand il nous dit maîtriser ses dépenses, alors qu'il compose des délégations officielles de plus en plus pléthoriques à chaque voyage ! Le passeport gouvernemental est un passe-droit sans frontières pour dépasser les bornes !

Il n'y a que la sagesse antique et la philosophie stoïcienne pour nous faire méditer, faute de nous consoler ! Car si pour chaque frère humain, son premier droit fut le privilège de la vie, à l'heure du bilan, son dernier s'abolit dans la mort. Terme échu d'une ultime mise en demeure où chacun règle le passif de ses arrérages et réclame son dû. Dernier bon pour acquit d'une rente perpétuelle dans laquelle chacun s'endort en fin de non-recevoir, raide de tous ses droits et devoirs, recouvrés parce qu'accomplis à jamais ! Dura lex, sex lex !»

 

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L'esprit de la Loi !

Publié le par modimodi

L'esprit de la loi !

Messieurs les législateurs, un brin, toujours nostalgiques, le mythe de l'éternel retour à un état de grâces et de droits ne peut que vous attirer. Avec votre habileté dans l'emploi des codicilles et des arguties, vous allez défrayer les chroniques juridiques et judiciaires, quand des revenants n'en reviendront pas de devoir payer l'impôt sur le revenu !

Vous n'ignorez rien ! Surtout pas que la vie est un droit fondamental que vos collègues, magistrats, juges et avocats détiennent dans leur garde-robe où trop de toges prétextent, le droit du "prête, oh rien !"

Oh oui ! Dans tous ses états, l'ayant droit peut bien continuer de réclamer son dû à l'Etat qui monopolise ses propres privilèges et sonne les charges successives en moult impôts et redevances... Contribuant à la conquête permanente de ses droits, de régie en péage, le contribuable patenté, assujetti, aligné, ratissé et rectifié mais jamais résigné, se redresse et se hérisse encore quand il entend : "à vos rangs, fisc !"

Nécessité fait loi ! Liberté, égalité, fraternité ! Pour couvrir les besoins grandissant de minimas sociaux, vous êtes devenus, les grands champions des lois de finances. Au nom de la solidarité, vous éditez et faites voter un maximum de mesures, de normes, de taxes. Pas de loi initiale sans loi rectificative, c'est la règle du budget annuel !

Vous prônez les économies mais vous y parvenez à peine dans l'inflation stylistique de vos phrases. Ah !  Elles ont bon dos la mondialisation et les règles européennes ! Sus à l'inflation des dépenses mais pas des mesurettes ! Vous avez les coudées franches car personne ne vous dit jamais : "Au nom de la loi, je vous arrête !"

Il fallut quatorze ans de travail à Montesquieu pour achever "De l'esprit des lois". Vous, vous allez bien plus vite aujourd'hui et même, s'il le faut à coups d'Etat, à coups de 49.3.

Vous situant du côté de la lettre, il vous manque simplement un peu... beaucoup d'esprit sur les lois. Qui peut dire, sans se tromper, ce qui est bon et juste pour le plus grand nombre, pour nos concitoyens d'abord ou en termes de droit pour "les étrangers" ?

Au moins, êtes-vous certains de toujours parvenir à conserver la nécessaire séparation des pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires ? Permettez-moi sérieusement d'en douter, en dehors de toute appartenance politique ! Il vous conviendrait sans doute de faire un régime détoxifiant mais le seul régime que vous suivez est le régime juridique ! Vous êtes des champions pour nous appliquer les règles auxquelles vous semblez souvent échapper !

 

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Paroles ! Paroles !

Publié le par modimodi

Gloire à la parole donnée et surtout tenue ! Dans notre petit monde surmédiatisé, la parole s'affiche et se proclame, main sur le cœur, dans des accents grandiloquents de sincérité. Aux grands maux, les petits mots et les remèdes à la petite semaine ! Serments d'hypocrites !...

Gloire aux merveilleux mots d'amour des partis politiques ! Vive la rose au poing et les godillots pour pied droit ! Aujourd'hui, on s'aime. Le lendemain, on se déteste ! Ça ne vaut sûrement pas la peine d'en parler mais quand même, parlons-en ! Les exemples historiques comme ceux de 2014 s'offrent au plus offrant... Joutes oratoires, discours trompeurs, démentis solennels ! De couillonnades en fillonnades, on se trahit ! On jure, on se parjure ! On se maudit et l'on médit ! L'heure est à l'émeute militante, pas à la fête du 14 juillet, plutôt aux trois Glorieuses ! Après la monarchie de Juillet, l'anarchie de Jouyet !

Gloire aux paroles amies ! Mais gare aux paroles de quelques vieux chameliers, à la bosse politicarde, qui déblatèrent sur vous ! Car voilà aussitôt, votre traversée du désert assurée ! Menaces voilées, attaques perfides d'allusions, critiques ironiques et cruelles, dénigrements fielleux, fausses déclarations et la méchante parole se colporte, d'oasis en oued asséché. Lentement mais sûrement, au pas des caravanes de chameaux assoiffés, elle chemine, à la recherche du moindre marigot ! Paroles de langue d'aspic des djebels et morsure de vipère des sables mouvants, piqûres de scorpions, griffes d'escogriffe et vous voilà, raide et fichu comme l'as de pique, bleu comme un touareg !

On connait la chanson : Paroles ! Paroles ! Mieux vaudrait être sourd ou parler à un mur de la pluie et du beau temps ! Paroles, paroles de politiciens, bonimenteurs ! Professions de foi de mauvais apôtres ! Au pays de promesses des beaux parleurs qui nous payent de belles paroles, le citoyen finit toujours par mourir de faim ! Quand on escompte, on décompte, même les voix des électeurs déçus !

Gloire à la parole d'honneur ! Pour vanter les qualités émérites de l'homme providentiel, on parle d'abondance, puis après, on lui met des cornes ! Trop parler nuit quand le silence est d'or ! Le politique qui parle pour ne rien dire ne brille pas, il est pesant et souvent parle moins d'or que d'ordure ! Dans ce milieu, il n'y a pas de parole d'honneur qui tienne ! Quand on n'en a pas ou si mal placé, on peut d'ailleurs y mettre un poing ou un doigt d'honneur ! Alors, de partout et allègrement, on s’époumone à souffler dans les bronches du revenant ! On sarko-phage mais l'ami de trente ans sera pendu, au croc de boucher !

Gloire à la parole mémorisée, faute d'être mémorable ! Mais gare aux mouchards, cachés dans le Buisson, gaffe aux fripouilles de la magouille ! Honte aux moutons noirs, aux taupes, aux faux amis, maîtres chanteurs, qui enregistrent votre parole donnée pour en faire scandaleusement une parole rendue ! Une parole vendue, devrait-on plutôt dire ! Détournée du contexte, elle s'interprète ! La parole la plus banale et la plus libre devient incongrue et choquante ! Temps perdu pour la victime, offerte en sacrifice sur l'autel de la calomnie médiatique ! La parole légitime n'est plus qu'à la défense. Elle est alors d'argent pour faire valoir raison et surtout d'argent comptant pour journalistes d'investigation et avocats !

Gloire aux traducteurs, en recherche d'origine, trompeurs sans le vouloir, inexacts de bonne foi ! Traduire, c'est trahir ! La Tradition orale ne peut donc, être crue sur paroles ! La traduction écrite, elle-même se paye de mots ! Ma parole qui croire, alors ? Le verbeux qui parle à tout vent ou le taiseux qui parle à mots couverts et ne dit pas un mot plus haut que l'autre ? Au moins, lui reste-t-il à déchiffrer le langage symbolique universel !

Gloire à l'éloquence, mais pas à la logorrhée ! Les débiles verbeux de la publicité font du verbiage, en racolage. Ce ne sont plus des paroles mais des slogans en boucles et accroche-cœur pour mieux friser le ridicule ! Avec eux, la nouveauté coule de sources jamais taries. Leurs raisonnements se noient dans des flux de paroles oiseuses et des flots de pensées vaseuses ! La logomachie apporte à grand débit, les mots à l'eau des moulins à parole ! Le grand bonheur n'est pourtant pas un cliché, une utopie de lieu commun, une formule truquée, un stéréotype atypique !

Gloire aux naïfs, qui croient tout sur parole ! Chacun fait ce qu’il peut ! Dans le silence glacé des nuits de décembre, celui qui croit en sa bonne étoile apprend aux enfants à croire au Père Noël ! Dans son silence éloquent, c'est lui le premier fidèle et le dernier homme de parole ! C'est lui, le p'tit Papa Noël, droit dans ses bottes, exact au rendez-vous promis du 25 décembre. Oui ! Ce héros d'une histoire millénaire et sans paroles ne nous déçoit jamais !

Gloire à la parole divine ! Honneurs à Dieu, ce grand bavard biblique ! "Au commencement était le verbe !" Que n'a-t-il, doux Jésus, répandu son message d'amour ? Pourquoi la parole évangélique de paix universelle n'a-t-elle pas été crue ? Pourquoi avoir fait mentir Saint Pierre et trahir Judas ? Cette bonne parole a-t-elle d'ailleurs été bien transcrite et consignée ? Laïus et angélus ! Les Écritures seraient-elles saintes, par l'opération du Saint Esprit ou des saints Glinglin et Frusquin ? Quelles preuves certifiées conformes à l'original ? Sacerdoce des exégètes ! Puisque les paroles s'envolent et que les écrits restent, pourquoi faudrait-il prier et demander le pardon de nos offenses ? Paroles en l'air pour le Très Haut, muet ou aphone !

Ô frères humains, à la fin même de notre propre histoire, qui aura le dernier mot ? Serait-il d'Esprit Supérieur ? Motus et bouche cousue ou histoire sans paroles ? Point de départ ou point final ? Nouvelle vie dans l'espace éternel et silencieux de l'au-delà ou terminus dans la finitude glacée de l'ultime seconde terrestre ? Lux aeterna ou requiescat in pace ?

Gloire à toi, mon amour et à ta parole donnée ! "Abracadabra" et "Sésame ouvre-toi" ! Autant de formules rituelles et mystérieuses pour garder pendant plus de mille et une nuits, le trésor de l'amour ! Je ne les ai pas mises en doute, ces paroles expressives d'engagement et de confiance. Fort heureusement, tes formules magiques ont ouvert mon cœur et éveillé mes sens. Elles m'ont séduit, elles m'ont grisé du sortilège de tes aveux. Elles m'ont étourdi mais jamais au point de t'oublier ! Ces paroles n'étaient pas en l'air mais légères de douceur, le langage des oiseaux du Paradis promis. Elles ne m'ont pas pour autant échappé, au premier vent violent de quelque orage.

Gloire à notre confiante constance et à nos paroles rassurantes, nos serments ont tenu ! Si j'ai manqué à ma parole parfois, jamais je n'ai failli à celle de la fidélité ! Il m'a d'ailleurs été facile de toujours tenir parole, celle que nous nous étions donnée. Oui, je suis resté, au secret de mon être, ton tendre porte-parole, le gardien de tes confidences. Oui, j'ai su bien souvent joindre les gestes à la parole, prendre langues et les délier délicieusement. Nous n'avons pas, comme tant d'autres, eu envie de reprendre nos serments ou de les interrompre ! Les yeux dans les yeux, nos silences sont restés éloquents. L'amour est notre parolier.

 

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L'œuf à la coque

Publié le par modimodi

A l'heure de l’œuf à la coque,

Dans les pagodes, dans les bicoques,

Chaque matin, c'est le grand choc !

Le récital des crêtes de coq!  

 

Ta ritournelle est d'bric et d'broc:

" Cocorico ! Je te convoque !

Jette-toi en-bas du paddock !

Lève-toi et prends tes médocs !"

 

Arrête un peu, toi, tu débloques !

C'est pas du chant mais d'la provoc !

Change ton réveil, Maître-Coq !

Moi, je préfère five o'clock !

 

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Le poisson rouge

Publié le par modimodi

Immobile dans son bocal,

Le poisson rouge fait escale,

Ouvrant son orifice buccal

Comme pour un salut amical.

 

Petit poisson, tu t'y prends mal!

A quoi te sert ton récital

Et tous ces baisers en rafales?

Moi, je n'y entends que dalle!

 

Pourquoi ce sourire commercial?

Veux-tu vendre tes amygdales

Ou as-tu avalé la balle

Du dernier match de handball?

 

 

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L'écureuil

Publié le par modimodi

L'écureuil fait la fête,

Élève sa noisette,

Tel un Sydney Bechet

Soufflant dans sa trompette!

Chouette, ta musiquette,

Petit casse-noisette!

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Petit serpent

Publié le par modimodi

N'écoutez jamais les sornettes

Du rusé serpent à sonnettes!

Prenez la poudre d'escampette

Ou sortez votre clarinette!

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Le crocodile

Publié le par modimodi

Seul sur son île,

Le crocodile

Est immobile,

Queue dans l'argile.

 

Quelle heure est-il

A Brazzaville

Se dit tranquille,

Le crocodile?

 

Buffalo Bill,

Existe-t-il?

Verrai-je le Nil,

Au mois d'avril?

 

Seul sur son île, 

Loin de la ville,

C'est difficile

D'avoir du style!

 

Ainsi soit-il!

 

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