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Responsabilité partagée 3/3

Publié le par modimodi

 

Sommes-nous individuellement ou collectivement responsables ? Dans la réalisation d'une oeuvre, l'action est une co-action et l'interaction amène la réaction en chaîne, plus ou moins solidaire !

La réalité dépasse la fission, même pour les électrons libres ! Impossible d'être neutre quand on est neutron ! Si on vous lance un ultimatum, ne croyez pas, parce que vous êtes devenu le dernier atome crochu de l'entreprise et que vous ne provoquerez pas de réaction en chaînes, si vous venez à exploser ! La bêtise, la haine et la lâcheté peuvent toujours se multiplier à l'infini.

La théorie de la responsabilité ressemble à celle de la vie. Frère humain, tu n'es qu'une quille dans le jeu si quelqu'un se met en boule contre toi. Et toi-même, de ton propre mouvement, de ta simple action, tu peux entraîner la chute des dominos. Tu te croyais banal et tu es renversant ! Il te faut donc rester debout et inébranlable dans ta volonté responsable.

Devant l'aléatoire et l'imprévisible, chacun doit faire acte de présence, sans s'éparpiller, car les absents ont toujours tort ! "Il est difficile à ceux qui ont l'esprit qui fuit, d'avoir de la présence d'esprit."

Chacun doit s'efforcer d'apporter la preuve de ses aptitudes par son implication dans sa fonction et l'adaptation permanente de sa conduite responsable. Rien n'empêche bien sûr l'initiative personnelle, la spontanéité réfléchie et l'originalité créatrice. L'enthousiasme est une force d'espoir. Le responsable est en principe optimiste et constructif. Avec un compassé, (orthographe à vérifier), ce n'est pas la joie !

Pour chacun, la liberté est forcément un risque, surtout si on prend des libertés avec elle. Mais a contrario, le refus de responsabilité rend chacun, esclave des autres et de l'enchaînement des choses. Qui ne risque rien n'a rien, alors en veux-tu ? En voilà ! N'en veux-tu pas, en voilà quand même ! Sartre dit : " On ne fait pas ce qu'on veut et cependant on est responsable de ce qu'on est."

Comme le dit si bien le proverbe : "La responsabilité ne peut pas être partagée." C'est ainsi ! La responsabilité collective risque toujours d'engluer l'individu dans la poisse de ses excuses. Il vit à la colle avec elle. Quand il a pris la liberté, il ne peut la reprendre. Quand il a accepté, il lui faut assumer et prendre sa part, même si ce n'est pas du gâteau ou de la tarte. C'est pour sa pomme ou pour des prunes !

Dans la traversée de l'océan des jours, frère humain, tu n'as souvent qu'une coquille de noix pour esquif et tu ballottes. Sur la terre ferme, ce n'est guère mieux ! Dans le match de ta vie, en cas de mauvaise passe, tu vas encore chercher à louvoyer, à renvoyer la balle et pour finir à dégager en touche... Attitude irresponsable et sans courage pour impliquer les autres dans la difficulté ou dans l'échec, dont tu es majoritairement responsable.

Les termes "adhérent" et "adhérant" portent phonétiquement en eux l'ambiguïté sémantique pour nous pousser à la faute et nous poser fortement une colle. Quand le jeu est brouillé, le responsable politique ou le membre d'un parti peut aller jusqu'à rendre sa carte et se mettre en vacances de militantisme. S'il joue alors cartes sur tables, elles ne sont plus que postales ou images de vieux châteaux en Espagne !

Pourtant l'acteur responsable et compétent que nous devons tous êtres, sait bien qu'adhérer ne signifie pas s'assimiler, qu'adhésion n'est pas adhérence et que la fusion d'ensemble n'est pas la confusion.

Vous avez dit : responsables ?

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Ballade des guerres du temps jadis et d'aujourd'hui 1/4

Publié le par modimodi

Où sont Achéens chevelus,

Agamemnon, l'atride, Ménélas le cocu,

Qui en des siècles révolus,

Pour venger la trop belle Hélène,

À cheval et à tape-cul

Provoquèrent la ruine troyenne?

Loin sont Ulysse, Achille, Ajax...

Déjà la paix est en surtaxe.

Hector se fait embobiner,

C'est la vengeance de l'Athénée.

Pâris claque du palpitant.

Qu'elles sont belles, ces guerr's d'antan!

 

Où sont les preux du temps jadis,

Ceux qui pour l'amour d'une dame

Rompaient les lances, entraient en lice?

Ces chevaliers des ans courtois

Guerroyant derrière l'oriflamme,

Loin est le temps de leurs exploits!

Guenièvre où sont tes amants,

Où sont Lancelot et Tristan?

Désormais règnent les manants.

Mercenaires ou faux combattants,

L'honneur a ses sous-traitants.

Mais où sont les guerres d'antan?

 

Où sont chevaliers de Terre Sainte

Qui criant "Sus à l'infidèle!"

Mirent ceinture à leur conjointe

Pour qu'elle leur demeura fidèle?

Où sont croisés et templiers,

Le hardi Godefroi de Bouillon

Qui sans armure délier

Versa le sang à gros bouillons.

Jérusalem, fille de Sion

N'a plus que des lamentations.

Hébron, Gaza, haine de tout temps!

Mais où sont les guerres d'antan?

 

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Responsabilité partagée 2/3

Publié le par modimodi

 

Comment exercer sa res-ponce-habilité, sans se faire piéger par les autres ? Alors qu'être responsable, c'est affirmer sa liberté, tout au moins celle de l'esprit !

Tout citoyen a le loisir, le droit même de faire usage de sa responsabilité et de l'éprouver sans crainte de l'user ! La ponce la lui polit pour être au net de ses intentions. A notre tour, nous pouvons donc en faire usage sans redouter l'usure. "Il n'y a que les cœurs de pierre qui redoutent les coups... d'éclats", devait penser l'homme de Neandertal, à l’œil crevé !

D'ailleurs chacun de nous sait bien couvrir sa responsabilité civile et individuelle par une assurance et des garanties multirisques, financières ou professionnelles. Attention, peut-être, à avoir une bonne conduite, si vous ne voulez pas faire trop tôt usage de votre garantie obsèques !... Par ici, la sortie ! Res-Ponce-habile-ite ... missa est !

Mais ce qui est sûr et certain, c'est que " la vie est plus mortelle que l'ennui !" Malgré notre prudence, nous courons tous le risque d'être responsables. Dans notre entourage, ceux qui acceptent que nous le soyons nous font confiance et fondent celle-ci sur des compétences et un parcours scolaire ou professionnel. Affirmées dans notre CV, nous nous en portons garants. Les autres nous les reconnaîtront, surtout si nous les confirmons ! Chacun doit absolument assurer car il est le bonus de la collectivité !

 Il devient ainsi pour son entreprise, le garant d'une partie du projet et il en répond par la caution solidaire de son action responsable. Il paye de sa personne, il est comptable de ses actes et indirectement solidaire des miens au sein de l'équipe. Il est même payé pour son savoir et son savoir-faire ! Son assurance sert d'assurance et le lie à la communauté par une obligation contractuelle. A l'école de la vie, s'il a le sens du devoir, il ne doit rien aux autres hormis le respect de ses engagements.

Il n'est leur obligé que par cette obligation morale. C'est ce qui donne de la noblesse à son caractère sérieux et raisonnable, c'est la justification sociale de sa discipline interne et des règles qu'il s'impose. 

S'il est léger, on ne lui confiera pas de charge et il n'aura pas à exercer de lourdes responsabilités écrasantes. Mais à moins qu'il ne s'en balance,  qui lui dira s'il fait vraiment le poids? Le poids mort n'est-il pas une tare pour l'équilibre de sa vie? Le poids de ses regrets ou de ses remords fera t-il bonne mesure avec sa conscience ?

Quel gâchis, pour son existence et son amour propre ! S'il est négligent, il ne peut pas prendre soin de rien ni de personne. S'il refuse de s'engager, il tourne le dos aux opportunités et fait le gros devant les sollicitations. Ses associés auront beau s'éreinter, il refusera d'endosser la responsabilité et il les aura à dos !...

Alors, messieurs les gens responsables et sérieux, croyez-moi, faites comme moi, le choix de l'amour. Aimer donne le sens des responsabilités : "Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé." dit Saint-Exupéry dans Le petit Prince. Ah ! le renard !...

Car ce monde qu'il nous propose est bien étrange ! Les petits princes ont des cheveux couleur de blé. Ils seront donc un jour fauchés ! Les planètes sont toutes improbables, elles incitent à être dans la lune.... Et on voudrait que nos enfants soient posés et deviennent réalistes, responsables avec les pieds sur terre !... Et puis là-bas, comme c'est étrange ! Les messieurs trop sérieux gonflent d'orgueil dans un monde où aujourd'hui, le dictat c'est la minceur ! Les boas sont affamés et gobent tout, les éléphants sont des benêts qui nous trompent, les roses sont des vaniteuses aux caprices d'amoureuses piquantes... Ce monde soi-disant d'innocence n'est qu'un pays imaginaire pour une traversée du désert !... Moi, ça ne me donne pas envie d'y poser mon avion et d'atterrir !...

Mais vous alors, les lecteurs philosophes ? Je vous trouve bien songeurs ! Qu'attendez-vous ? Que voulez-vous ? Vous êtes encore là ? Revenez donc à vos moutons ou je vous fais moi aussi, un dessin ! ... Est-ce que vous aimez les baobabs ?

 

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Histoire: Les bourgeois de Calais -1346 2/2

Publié le par modimodi

A-t'on vraiment exagérer

L’héroïsm' des bourgeois d'Calais ?

Était-ce vraiment très glorieux

Que de se rendre tout piteux,

Aux pieds du roi d'Angleterre,

Capituler, sans être fiers

Et livrer la ville à l'ennemi,

Si l'on s'en tient aux faits précis !

 

Mais doit-on croire ce que l'on dit

Ou croire ce qui est écrit?

Jean Froissard a-t-il falsifié

Les faits si souvent rapportés ?

 

Les récits qui sont historiques

Sont-ils toujours chronologiques,

Tous les faits sont-ils véridiques ?

L'héroïsme est-il chimérique ?

Le chroniqueur a-t-il brodé

Des événements enjolivés ?

 

Les bourgeois ont-ils proposé

De mourir pour voir épargnés

Tous les habitants de Calais,

Depuis un an exterminés ?

Edouard avait-il exigé

La tête des six sacrifiés ?

 

Avait-il app'lé le bourreau

Pour les raccourcir illico ?

La reine Philippa de Hainaut

Les a-t-elle sauvés du billot,

Suppliante, à deux mains jointes

Que son mari ouït sa plainte ?

 

Fut-il à ce point attendri

Qu'il leur laissa sauve la vie ?

Ainsi d'une histoire banale

Crée-t-on un mythe national,

Que Rodin immortalisa

 A la gloire des six bourgeois !

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Responsabilité partagée 1/3

Publié le par modimodi

Elle nous est affirmée par les moralistes, les éducateurs, les hommes politiques : notre liberté repose sur l'exercice de la responsabilité.

Faut-il leur faire confiance ? Est-ce une réalité ou un vœu pieux ? Qui nous inculquera le sens des responsabilités ?

Robert Heinlein nous a laissé cette pensée qui est devenue proverbiale : "La responsabilité ne peut pas être partagée". Alors, rassurez-vous, il n'est pas ici question, au risque de lasser le valeureux lecteur de gloser sur le concept de liberté ni de faire le partage conceptuel, philosophique, juridique et social entre liberté civile et pénale, individuelle et collective. Des penseurs émérites font déjà référence en la matière.

Je préfère m'adonner à mon passe-temps d'écriture qui mêle sérieux de la réflexion et fantaisie des idées, qui joue avec des mots en apparente opposition et des expressions détournées...

On a tendance à dire que pour être responsable, il faut le vouloir ou l'avoir voulu, être l'auteur des actes commis et en accepter les conséquences. Quand vous vous entendez dire : "Oh là là, quelle tête, tu fais !" Vous n'êtes pas responsable de votre tête, qui vous a été donnée morphologiquement à la naissance et que l'existence et le temps ont pris le temps de façonner!

De même, vous savez bien que la folie avérée ou la contrainte qu'on vous aurait imposée, au terme de plaidoiries innombrables, vous exempteraient sûrement de la responsabilité de votre action. Vous n'auriez pas à répondre de vos faits et de leurs effets. Tant pis pour les victimes ! Elles peuvent rester folles de douleur et de dépit...

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ! ... Il faut appeler les choses par leur nom. Parlons donc de responsabilité.

Au sens latin du terme, RES, la chose est entendue par tous. Nous devons opérer tous ensemble, coopérer dans l'enthousiasme mais pas dans la naïveté. Il convient de faire bien les choses et même au mieux et de ne pas être tout chose devant l'action, les faits et leurs conséquences.

Si nous sommes à pied d'oeuvre, ne nous en lavons pas les mains ! Attention ! Le fantôme savonneux de PONCE dit le Pilate rôde autour de nous. Aux détours du manque, de l'erreur ou de l'échec, il mousse d'excuses et de renoncements.

Mais heureusement ou lâchement pour la bonne conscience morale, militante et engagée, l'argument habituel surgit. " Ce n'était pas mon idée personnelle, c'était le projet de l'ensemble de mes associés. L'action et les décisions étant communautaires, les risques sont donc partagés !" Ouf ! Me voilà, épargné et sauvé !

C'est ainsi que vous entendrez souvent : "Ah! ce n'est pas moi, c'est nous tous !" ou bien, c'est "on", ce pronom malhonnête ! Car " dans le groupe, "on avait dit, on avait pensé que..." C'est tous ensemble qu'on avait décidé !"

Responsable à la rigueur mais pas coupable ! Ce n'est pas parce que j'ai une bonne tête que je doive porter le chapeau ! Comme un diable sortant de sa boite, le "on" surgit par magie ! il vous échappe comme une savonnette, pleine de bulles de reniements irresponsables et navrés, légère et inconsistante comme votre sincérité !

C'est toujours la même rengaine de l'accord des ah, de l'accord des on, des accords d'Eon ! De toi à moi, du je au nous, la responsabilité est à genoux ! Car pour moi être impliqué et responsable, il m'importe d'être reconnu par les autres, agréé, HABILITÉ.

Mais comment être habilité sans habileté ?

 

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Le pont aux ânes 2/2

Publié le par modimodi

 

" Un âne à deux pieds peut devenir général et rester un âne. " disait la mère Simone qui citait la comtesse de Ségur. Le grand ânier officiel, François le premier, venu de Hollande, celui qui a le bât qui blesse, moulinait à vide entre deux braiments présidentiels : " Moi, l'âne à fort en gueule ! Moi, l'âne à fort des halles ! Moi, l’âne à fort de France ! "... Dans l'étrange lucarne transformée en mangeoire à bobards de picaillons et picotins, il promet le son en voulant rouler tous les ânes dans la farine. Car il est à craindre que nous n'aurons encore avec ce çon de cloche, qu'une bien belle avoine...

Mais alors ! Si tout le monde sait qu'on ne fait pas d'un âne, un cheval de course, pourquoi s'adonne-t-il lui-même à tour de bras avec des bravaches qui sont bras droits de braves types qui ont le bras long !

Mais à nous, cela nous fait une belle jambe et de beaux pieds pour battre le pavé de l'enfer des bonnes intentions ! Oh ! Lui, il va sûrement encore nous envoyer un âne charlatan, le plus bel âne du dernier salon de l'agriculture qui se prend pour un pur-sang... Mais au final, il cherche à nous faire tourner bourriques ! Hi-han ! Hi-han !

Et chaque matin, à l'heure de la ponte et de la traite, les médias nous signalent une nouvelle ânerie venue directement de la grande étable ministérielle ! Mais alors là! Je ris de toutes mes dents car si les mouches ont changé d'âne, je ne suis plus, comme au temps de ma joyeuse scolarité, le seul à porter le bonnet d'âne ! Le crâne d’œuf pointu sur le sujet, qui croyait porter un bonnet d'évêque, porte aussi le sien! Voilà le féru ferré.

Sur le pont des soupirs, évident comme le pont aux ânes, nous pouvons tous nous croiser et nous saluer ! " Asinus asinum fricat ! " Les sots se complimentent entre eux ! Si les têtes de pioche, se creusent la cervelle, si les larges d'esprit ont l'esprit qui prend le large, les bornés n'ont pas à poser de limites à leur bêtise! Sachez en tout cas, que je ne m'appelle pas encore Buridan. Je ne vais pas me laisser tirer la queue ou les oreilles qui dépassent de mon bonnet de Midas, sans lancer quelques jolis coups de pied !

Je peux traverser à pas d'âne et dos d'âne. De l'autre côté du pont, l'herbe est paraît-il plus verte ! Je n'ai pas à faire la fine bouche, on me promet des bouchées doubles, voire on me mâche la besogne ! Je vais sûrement rester sur la paille, mais paraît-il qu'elle sera plus fraîche !

Attention donc, veilleurs debout de la République, amis de marris-âne ! Pas de fuite en Egypte et pas de faux pays de Cocagne ! Pas d'exode biblique ou de fables d’Ésope ! Moi, je ne vais pas me laisser mener sur un chemin sur lequel je ne veux pas m'engager ! Je ne voudrais pas dormir ou mourir debout, sur place en tapant du sabot, ni tomber ivre mort de promesses qui me saoulent comme un mac rond en marche louvoyante !

Allons ! Amis ne vous laissez pas non plus charger par des promesses de transports ! Soyez Hubert Riv(é)s mais pas ubérisés. Ce n'est pas Noël !  Ne soyez pas à votre tour, stupides ! Ne croyez pas que vous finirez en contact immédiat, à côté du ravi de la crèche ! Doux Jésus ! Quel spectacle ! Avec le bœuf et la vache qui rient, ça a une sacrée gueule quand de toutes vos dents, vous souriez aux anges !

Moi, j'ai beau passer pour un âne, j'en ai sa qualité première, je suis sage et têtu, autant qu'humble et patient ! Vive la vie qui m'a donné une collection de bonnets ! Moi, je vais rester jeune, éternellement, car une tête d'âne ne grisonne jamais. Je peux donc n'en faire qu'à ma tête, agiter mes grandes oreilles de lièvre et d'âne, réfléchir, reculer, me cabrer et refuser d'avancer ! ... Congres debout ! Je pourrais même bien vous amuser ou vous faire braire, à mon tour, en écrivant les nouvelles Mémoires d'un âne.

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Le pont aux ânes 1/2

Publié le par modimodi

A l'école, plus je faisais l'âne, plus j'avais des leçons ! Aujourd'hui, j'ai tendance à braire, sans doute pour avoir de l'avoine et pas du bâton ! Hi-han ! Hi-han !

C'est l'époque qui veut cela ! Chacun se plaint d'être un pays d'ânes surchargés. Le pays grogne, le pays geint ! Tout va mal ! Trop d'impôts, de chômage, plein le dos ! La politique a mis son bonnet phrygien mais ce n'est qu'un bonnet d'âne à la cocarde nationale !

Les places publiques résonnent la nuit de coups de sabots de quadrupèdes ! Les histoires à dormir debout, vous font passer la "nuit debout" ! En permanence, les médias sont prêts à nous livrer aux guérisseurs et charlatans. Chaque parti politique recommande son spécialiste qui confond équidé et équité !

La France est atteinte de maladie chronique. Rien n'évolue sauf les symptômes ! D'ordonnances ministérielles en ordonnances ministérielles, le remède miracle est annoncé mais il reste promis. L'épidémie se propage dans une éruption de réformettes inflammatoires d'opinions ! Hi-han ! Hi-han ! Ah oui ! ... Ah ! N'est-ce ? ... Pas !... Ânon ! Tous verts baudets, tous ruminants, mis à la purge de l'herbe rare !

Tous les fous alliés dans l'amour patriotique remuent ciel et terre dans l'espoir de trouver, enfin tombé du ciel, l'homme providentiel ! Mais comme le disait la sagesse populaire : " Des chercheurs qui cherchent, on en trouve, des chercheurs qui trouvent, on en cherche." Mais ô miracle de basse-cour ! Cocorico ! On aurait trouvé le grand sorcier. L'avenir nous dira si l'on est encore une fois de de plus passé du coq à l'âne !

Car ici, chacun est pris à la gorge ! Je tousse et nous toussons à nous étrangler ! L'âne aux écus d'or de Peau d'âne est lui-même apparu en roué. Ah ! Il aimerait bien ne pas y laisser sa peau ! A la foire d'empoigne, le spécialiste annoncé aurait un traitement miracle pour la Saint Martin ! Que personne ne bronche ! La nouvelle coqueluche, c'est lui ! Par dessus toux, voici le grippe-minaud, le grand grippe-sou au bât brodé d'or ! Mais les Métamorphoses de l'âne d'Or, restent en rêves ou chez Apulée !

Autrefois, au ministère de l'agriculture, on disait : "Bien Fol est qui s'y fie !" On élucubrait ! C'est un âne, Anna, chronique, anal, fat, bête ! Son inspiration d'âne à thèmes récurrents, soit disant providentielle était maligne et contagieuse car elle accroissait davantage la crise de la vie rurale ! Quand chacun s'asphyxiait, lui ne manquait pas d'air ! Hi-han ! Hi-han ! Ce n'étaient qu'histoires à dormir et à passer la nuit, debout !

A présent, il peut à son tour s’époumoner pour nous convaincre. Il a soit disant le sirop à la carotte à avaler, la poudre de perlimpinpin aux chardons et les suppositoires à pousser au fond du problème. Heureusement qu'on ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif car cette nouvelle potion, c'est de la pisse d'âne !... Alors, à moins que vous n'en ayez rien à braire, têtes de mulets francs du collier, hennissez, beuglez et ruez ! Si vous n'entendez rien à ces âneries, c'est parce que cet âne vous prend pour des idiots congénitaux !

Ce concert de fausses promesses scandé sur la peau de tambour et débité avec le sérieux d'un âne qu'on étrille ne vous fera pas danser. Qui ne sait pas que " Chantez à l'âne, il vous fera des pets ! "... le dos tourné !

 

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Urbi et fourbi 4/4

Publié le par modimodi

 

Pour freiner nos envies et adoucir nos frustrations, dès notre plus jeune âge, cette vérité nous est rabâchée: " Tout ce qui brille n'est pas or ."

Alors, des contemporains voulant sortir des sentiers battus ont cherché la parade pour toujours désirer et rêver plus. Voilà pourquoi cet autre proverbe: "Tout nouveau, tout beau" a encore de bien beaux jours devant lui!

La science accomplit en permanence de grands progrès qui font partie des louables nouveautés. Nul retour en arrière n'est possible. Le passé n'est qu'un immense laboratoire à l'abandon, témoin des efforts de l'humanité pour avancer et repousser les limites qu'on appelle l'impossible.

Le noble progrès suppose la volonté du visionnaire et l'envie humaniste de combattre la misère et le malheur. Mais certains l'emploient pour être plus efficaces à faire le mal et à détruire. Les risques l'emportent parfois sur les bienfaits. La réussite n'est jamais la marque garantie du progrès et la preuve que le monde va mieux...

" On a pris un peu de bedaine,

On a atteint la cinquantaine,

Mais l'passé est en quarantaine!

C'est le temps des croque-mitaines,

Des stressés de bouffe-oxygène

Des asphyxiés de la suburbaine.

C'est partout la même rengaine,

Y'a pas d'Eden sans halogène!

 

On fabrique des armes au tungstène,

On n'en sortira pas indemnes.

Plus d'éoliennes, ni d'fêtes foraines

Plus d'fin d'semaine, plate quinzaine

Plus de verveine, ma Marjolaine,

D'la pollution à perdre haleine,

Du hard, du soft, prends-en d'la graine,

Du rap, du rock, remue ta couenne,

Du swing, d'la coke, d'la colombienne,

Du bonheur hallucinogène!

 

Du gin, des rails, l'bar est open

Des Quick, des Mac à la douzaine,

Piercings, tattoos, tags par centaines,

Des boys zappant de games en chaînes,

Du skate-parking, y'a plus d'domaine,

Santiag ou Nike, vise la dégaine!

Des keufs, des meufs qui la ramènent

Et parfois la haine qui s'déchaîne!

 

Tu peux pleurer Marie-Madeleine

Dans le brouillard lacrymogène.

Les taureaux meurent dans l'arène.

Y'a plus d'plaisir sans la géhenne

Du napalm et du kérosène!

 

C'est partout la même rengaine,

Slogan-bonheur, effets larsen.

Y'a pas d'Eden sans fumigène.

On fait la bombe à l'hydrogène

Pour s'éclater en fin d'semaine! "

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Histoire: Les bourgeois de Calais- 1346 1/2

Publié le par modimodi

Après la bataille de Crécy (6 août 1346)

Qui fut une atroce boucherie,

Edouard III, le roi d’Angleterre

Avant de reprendre la mer,

Toujours empli d'humeurs guerrières

Assiège la ville de Calais.

 

Idéalement située,

En face du rivage anglais,

Il projette d'y installer

Une base sécurisée

Pour lui revenir débarquer

Et conquérir le sol français !

 

Il ceint la ville de remparts

Et mène le siège sans retard.

Impossible de ravitailler,

Les Calaisiens sont affamés !

Le roi de France lève une armée

Pour chasser ces maudits Anglais.

 

Mais Philippe VI est refroidi

Par le désastre de Crécy.

Il cherche donc à négocier

Plutôt qu'à nouveau batailler.

Edouard III ne veut pas traiter,

Le roi de France est offensé.

 

Il décide de se retirer

Et d'abandonner Calais !

Depuis plusieurs mois, assiègée

Sans vraiment plus rien à manger

Que chevaux, chats et chiens crevés,

La ville n' veut pas capituler.

 

Son gouverneur meurtri, forcé,

Veut entamer des pourparlers

Mais Edouard III veut humilier

Les Calaisiens jusqu'au dernier.

Personne ne sera épargné

A moins de le supplier !

 

"Que six bourgeois soient désignés,

Tête nue, corde au cou, nu-pieds,

Qu'ils aillent humblement l'implorer

Et donner les clés d'la cité !"

Six notables sans résister

Acceptent de se sacrifier.

 

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Urbi et fourbi 3/4

Publié le par modimodi

 

Les modes changent et ont tendance à s'exhiber. "Tout nouveau, tout beau". Alors vite, pour donner raison au proverbe et ne pas être anachronique, l'humain les suit et par nécessité s'y adapte.

Ce qu'il appelle le progrès n'est pas toujours une invention surtout quand l'imagination n'a pas d'audace. D'ailleurs, s'il n'est pas fait pour les hommes, pour leur profit, il n'est pas progrès, rien qu'une simple amélioration des objets ou une progression des avancées scientifiques.

La théorie appelle l'expérimentation mais le matériel est vain sans la présence du spirituel. Il n'y a de vrai progrès que dans les idées et les pensées qui élèvent l'homme et qui contribuent à son évolution.

Pour qu'il y ait progrès, il faut qu'il y ait gain d'utilité et apport significatif de bien et de mieux être. Le bonheur n'est souvent que la résultante du moment présent ou le sentiment qu'on perçoit quand on regrette qu'il se soit déjà enfui, trop vite et trop loin!

Rappelle-toi, Mary, ma reine

De nos amours bleu méthylène.

Ah! Souviens-toi, mon Adrienne

Du doux temps des postes à galènes.

Remémore-toi, mon Émilienne,

On s'bécotait sous l'gazogène.

Ah! rappelle-toi ma tyrolienne,

On ioulait à perdre haleine

Pour la défense de la Lorraine

Et le maintien des vespasiennes.

 

Tu te rappelles mon vieil Eugène,

On a chargé à Reichshoffen,

On s'est tapé montagne et plaine

Pour y courir la prétentaine.

On a effeuillé le cyclamen

Avec Julienne et Philomène

Et distillé la marjolaine

De Mireille, la belle arlésienne.

 

On a fait dix-mille fredaines

Avec Katleen, la bigoudène

Et une vingtaine de puritaines.

On a troussé les citoyennes

En buvant du vin de Touraine.

On a fait les énergumènes,

Des folies, des tas de neuvaines

Pour la Ninon, Madame sans gaine

Et quelques demi-mondaines,

Nos héroïnes, nos petites reines!

 

Aujourd'hui que le temps s'égrène

On est devenus des gentlemen.

En finance, on est recordmen!

Mais l'bonheur s'est teinté de peine,

Si l'amour coule au fond d'nos veines,

Ce cher progrès est en déveine.

 

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