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Deux dates, deux rois: 987, Hugues Capet // 1111, Louis VI, dit le Gros.

Publié le par modimodi

Etre châtelain, roi, souverain,

C'n'est pas sans risqu' ni sans Pépin,

Succès garanti, clés en mains !

Mérovingiens, Carolingiens

Place au règne des Capétiens !

 

C'est en 987,

Que Hugues remport' la compète !

Ses vassaux n'en font qu'à leur tête

Il faudrait bien qu'ils les soumettent

Mais ceux-ci refusent les courbettes !

 

Qui a pu oublier, ma foi,

La réplique, pleine de sang-froid

D'Adalbert, le rabat-joie !

- Qui t'a fait comte ? - Qui t'a fait roi ?

Qui nous laissa royalement coi !

 

Si le règne d'Hugues fut court,

Que neuf années au compte-tours,

Les Capétiens ont un parcours !

Leur dynastie fit les trois huit

Jusques en 1328 ! 

 

Mais il était temps pour la France,

De mettre fin à l'arrogance,

De restaurer l'obéissance,

De réinstaurer la confiance,

Louis VI fut la bonne chance !

 

Appelé l'Gros depuis l'enfance,

Par quelques kilos d'abondance

Le roi fait preuve de vaillance

Il fait cesser le brigandage

Des seigneurs au sein des villages.

 

Le château d'Hugues du Puiset

Est conquis, détruit et rasé.

Le seigneur est fait prisonnier.

Le pays retrouve la paix

Et la liberté d'circuler.

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Tricheur 3/3

Publié le par modimodi

 

Au quotidien, tu fais semblant,

Faut te croire ! Quand t'as mal aux dents,

C'est soi-disant le mal d'amour ! 

Mais si on t'croit, on est balourd

Comm' Louis d'vant la Pompadour !

 

Moi, je t'ai cru au quart de tour,

Quelques baisers et des mamours, 

"Viens ici, que je te savoure !"

Et depuis, j'attends ton retour...

 

Tu es experte en duperie,

T'as l'oscar d'la supercherie !

Tes lunettes à double foyer

Auraient sûr'ment dû m'alerter.

 

Où as-tu encore égaré

Ta carte de fidélité ?

Si je viens à te questionner,

Toi, tu sais me désarçonner !

 

" - Mais voyons, t'as dû oublier

La nouvelle expo du musée ! "

" - T'as raté, l'rencard de quatre heures ! "

" - Oh ! C'est à caus' du changement d'heure  "

 

Faut-il vraiment que je te crois

Quand tu fais les sold' chaque mois?

Mais t'as un prétexte pour tout,

Ton bagout est ton passe-partout!

 

Si je te vois, moi, je vois trouble.

C'est normal d'vant un agent double !

T'as été vue! C'n'était pas toi...

T'as sûrement un sosie, ma foi !

 

Anastasia, Mata Hari,

D'l'imposture, de la jalousie,

De faux airs de faussaires à vie,

T'es déjà une anthologie !

 

Tu t'prends pour la reine d'Autriche,

T'es jamais qu'la rein' de la triche.

Mais tu n'sais pas que je m'en fiche

Comme de ta quiche aux pois chiches !

 

Moi aussi, j'suis à double face...

Car sous mes petits airs bonasses,

Je suis l'roi des tours de passe-passe.

Mais t'es pas assez perspicace

Pour percer l'défaut d'ma cuirasse !

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Histoire: Les croisés 2/2

Publié le par modimodi

Cent mille hommes sur le pied de guerre,

Maladie, fatigue et misère,

Jérusalem reste une chimère.

Bien peu d'entre eux y arrivèrent !

 

Échec pour la prime mission,

L'Orient terre de soumission,

La chrétienté en perdition !

Pèlerin, Croisé, reprends l' bâton!

 

L'pape Urbain lance la promotion :

Pour tous péchés, la rémission !

Son vibrant appel de Clermont

Redonne foi et convictions.

 

Une nouvelle expédition !

À sa tête, Godefroy de Bouillon,

Le grand Bouillon de la religion !

La guerre est sa dévotion.

 

Difficile est la progression :

La faim, la soif, les répressions,

Trois ans de pérégrination,

De sacrifices, de restrictions !

 

Anicroches, carnage, prise d'Antioche,

À feu, à sang, chacun s'embroche !

Mais le but reste Bethléem

Et le siège de Jérusalem !

 

En mille quatre-vingt-dix-neuf, enfin

La ville est prise, le but atteint !

Deux jours d'assaut, fleuve de sang

Le grand massacr' des mécréants !

 

Tous les vœux sont donc accomplis,

Mais Seigneur Dieu, oui ! A quel prix !

Pour le saint Sépulcre et le Temple

Fallait-il des malheurs si amples ?

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Corne d'abondance 1/2

Publié le par modimodi

Depuis notre plus tendre enfance,

L'amour nous offre l'opulence.

Baisers, tendresse et bienveillance

Du premier cri de la naissance

Aux jours bénis de la croissance.

 

Petits soins pour notre existence,

Indulgence pour notre innocence,

Education, jeux, insouciance,

Maternelle et douce présence,

Au paternel, obéissance !

 

Ah ! Nos émois d'adolescence,

Acnés, rougeurs, impertinences,

Maladresses et inexpériences,

Défis, désirs, exubérance

Et des tire-couettes à Laurence !

 

Pas d'avenir sans la vaillance !

Besoin de chance, de compétences,

D'efforts et de reconnaissance,

D'amitié forte et de confiance

Pour le chemin de l'existence.

 

Puis un jour, ô bonheur immense !

Temps des semailles et de jouvence,

L'amour offre sa récompense.

Nos deux cœurs unis se fiancent,

Nous nous passons les alliances.

 

Cadeau de deuxième naissance,

Notre nouvelle vie commence.

Plaisirs, caresses et jouissances,

Corps tremblants d'extase et de transes,

La vie se donne en abondance.

 

Chaque jour est de providence.

L'autre a toute votre importance.

C'est votre unique référence :

Attention, grâce et révérences,

Bienfaits, mutuelle assistance.

 

D'la joie en toutes circonstances,

Des besoins en surabondance,

Du confort, belle résidence,

Toujours plus : loisirs et vacances.

Au diable, soucis, prévoyance !

 

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Histoire: Les croisés 1/2

Publié le par modimodi

 

L'histoire, balbutie, se répète.

Que ce soit récit de conquêtes,

Défaites ou victoires parfaites,

Y'a pas d' place pour les mauviettes !

 

Pour rentrer un jour dans l'histoire,

Faut pas rester dans son manoir,

S'faire balancer de l'encensoir,

Faut avoir la foi et y croire !

 

Ah ! Noms de dieux ! Quelle panade,

Les illuminés d'la croisade !

Païens crétins, crétins chrétiens

Endoctrinés, les bons pèlerins!

 

Il faut défendre les lieux saints,

Reprendr' Jérusalem en mains,

Israël, à cors et à cris

Et le tombeau de Jésus-Christ !

 

Têtes de turcs et d'infidèles,

Des hérétiques à la pelle,

Sus à l'ennemi, combats cruels,

Ce pèlerinage est mortel !

 

Pierre l'Ermite rapport' des horreurs :

Bain de sang, massacre à toute heure !

Le pape prêche d'un ton vengeur,

Le voyage purificateur.

 

"Aux armes, prends ton épée, ta croix,

Comme au temps de Roland : Montjoie !

Croisé, en marche pour de longs mois,

Ta voie est un chemin de croix !"

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Tricheur 2/3

Publié le par modimodi

 

T'en as maintenant l'habitude !

L'école n'était qu'un prélude.

La vie te donn' tout' latitude

Pour développer tes aptitudes.

 

Y'a du plaisir à friponner,

Il suffit d'un peu d'habileté !

L'état est l'premier des escrocs,

Faut pas s'gêner pour les impôts !

 

Ce n'est pas commettre d'abus

Qu'd'oublier une retenue,

C' n'est pas une malversation,

Rien qu'une faut' d'inattention !

 

Les coquettes sous maquillage

Se trompent toujours sur leur âge !...

Le commerçant le plus honnête

Confond les prix des étiquettes !

Y'a plus que l'erreur qui soit nette !

 

C'est l'époqu' du : pas vu, pas pris !

Le monde lance des défis,

Il vaut mieux gagner ses paris

Que de se faire harakiri !

 

Apprends à jouer au bonneteau,

Tu gagneras plus, qu'au loto !

Y'a des flambeurs et des gogos

A qui tu peux dire banco !

 

Si t'as un moral de vainqueur,

Tu n'peux pas être un pt'it joueur !

A pile, tu perds, face, je gagne !

A eux, le pays de Cocagne

A toi, les châteaux en Espagne !

 

La vie n'est qu'un grand jeu de dés

Sur la piste des jours, lancés.

Toi, tu sais comment les piper,

Tu ne paieras pas la tournée !

 

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C'est ma faute, c'est ma très grande faute ! 5/5

Publié le par modimodi

 

Vive la réforme de l'orthographe ! Il faut écrire droit et filer droit avec les orthopédagogues aux pieds plats ! Adieu l’étymologie, adieu la sémantique ! La langue française est reconnue difficile. Les sms et mms sont bien plus accessibles pour des esprits au bon sens abrégé ! Les 40 académiciens jivaros l'ont donc réduite et scarifiée.

Dans les grands faitouts de l'orthographe, 2400 mots portés au nouveau lexique vont subir ce lifting : "Oignon pourra s'écrire ognon et nénuphar, nénufar." C'est ainsi : soit tu pleures, soit tu t'effares ! Elle est éléfantesque cette réforme, mes bons enphants. Tout le monde pourra donc se tromper !

En restant droit comme un i, ne pensez-vous pas que nos habits verts auraient mérité de se prendre une belle tarte à l'ognon, un entartage à la pissaladière et d'aller s'occuper de leurs "onions" ! Boris Vian, lui-même, aurait sûrement "écumé tous les jours" de devoir tailler le nénufar qui pousse dans le poumon droit de Chloé et aurait déclaré nos immortels bons pour le caveau, de Saint-Germain ou d'ailleurs !

Mais ainsi l'ont-ils voulu ! L'imbécile frappé d'imbécilité fera moins de zèle qu'avec ses deux ll. Et comme on ne fait pas d'omelette sans casser d'œufs, on ne fait pas de réforme sans casser des "e" ! Chacun pourra s'assoir et se rassoir quand le maitre ou la maitresse qui ne feront plus porter le chapeau (ni le bonnet d'âne) vous mettront les points sur les "i" et vous y autoriseront ! Dernier chaussetrappe : le joailler pourra manger les fruits du groseillier ! Hi ! Hi ! Sans s'étrangler !

" Oignez vilain, il vous poindra, poignez vilain, il vous oindra." La sagesse est toujours proverbiale ! En attendant, c'est nous qui sommes piqués au vif ! Nous l'avons dans l'oignon, et des gnons et des gnons dans l'ognon ! Vous verrez bien qu'un jour, par pudeur, ils supprimeront la lettre Q pour éviter les coquilles !

Mais pour nous rassurer, la réforme non contraignante sera facultative et la graphie pourra être alternative ! Ainsi l'avait voulu en 1990, nos académiciens valétudinaires : " Il ne peut être évidemment demandé aux générations antérieures de désapprendre ce qu'elles ont appris et donc l'orthographe actuelle doit rester admise. " L'Académie, maison de tolérance et de délirium trémens !... La réforme est peut-être le symptôme de dégénérescence littéraire de nos perpétuels à la mémoire en pelures d'ognon !

Mais vous en ferez le constat, au final, voilà beaucoup de bruit pour rien !... Nous sommes en présence d'un statuquo linguistique pour une nouvelle langue clignotante et une écriture à clochepied ! Il nous est octroyé une double chance, celle de réussir ou de nous tromper. A la rentrée, les manuels scolaires présenteront les deux usages. Les nouveaux professeurs devront être formés aux différentes possibilités et aux tours de passepasse. J'imagine bien les corrections de dictée à options d'un français placébo.

Au grand piquenique de l'orthographe, c'est le prof croquemitaine qui te pique et te nique ! Mais assez de persifflage, inutile d'être combattif comme un boursoufflé, tirebouchonné de l’ego. Je suis, nous voilà tous embarqués sur le charriot ou la charrette révolutionnaire qui mène à l'échafaud du langage ! Inutile, la mort dans lame, de se faire en plus une crise d'exéma ou un douloureux harakiri.

Ainsi le diront haut et fort et le clameront les agités de la plume et de la bienpensance qui s'inquiètent depuis toujours des tempêtes dans les verres d'eau dans lesquels ils se noient ! Ainsi au nom d'un apriori souvent mal étayé porteront-ils l'anathème suprême en parlant de déchéance de "circonflexité" ou de nationalité pour ces jeanfoutre du français.

Mais inutile de s'entredévorer entre les sympathisants de la réforme et les classiques réfractaires ! Pas de vaines querelles entre les pas assez anciens et les presque modernes ! Tout est question de conventions. Rien n'est jamais figé ni gravé à vie dans le marbre, sauf dans celui de la mémoire universelle.

Au-delà de l'attachement affectif et esthétique à nos habitudes d'écriture, n'oublions pas, mes bons et indulgents amis lecteurs, qu'une langue est vivante. Elle se modifie en permanence à l'écrit comme à l'oral. Ni le ministère de l'Education ni l'Académie française ne peuvent freiner son évolution ! La vitalité est toujours créatrice. Nous sommes des millions en France et dans le monde à l'ensemencer, à la perpétuer et à l'aimer pour la léguer aux futures générations qui prendront notre relai. Éternels écoliers !

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C'est ma faute, c'est ma très grande faute ! 4/5

Publié le par modimodi

 

Au Panthéon des belles lettres, dans le temple de la langue française, les gardiens et les défenseurs de la langue à vouloir faire les vulgarisateurs sont tombés dans le vulgaire. Les esprits les plus élevés ont laminé et nivelé par le bas l'orthographe lexicale et grammaticale. Pôvres de nous !

Il suffit d'aller lire le rapport présenté le 19 juin 1990 par M. Maurice Druon, secrétaire perpétuel de l'Académie française au premier ministre de l'époque pour juger si les buts assignés sont atteints : " Formuler des propositions claires et précises sur l'orthographe du français, apporter des rectifications utiles et des ajustements afin de résoudre, autant que faire se peut, les problèmes graphiques, éliminer les incertitudes ou les contradictions et permettre aussi une formation correcte aux mots nouveaux que réclament les sciences et les techniques." En quelque sorte, une réforme passepartout pour le grand fourretout.

Afin de garder notre langue universelle, il s'agissait de " proposer des retouches et des aménagements, correspondant à l'évolution de l'usage et permettant un apprentissage plus aisé et plus sûr."

Par chance, la loi était votée, publiée au JO du 6 décembre 1990 mais jamais encore appliquée ! Fallait-il la laisser encore sommeiller ou la réveiller d'urgence dans cette atmosphère nationale de grand branlebas de combat ! Était-ce la priorité nationale du moment ? (Parution au bulletin officiel de l'Education nationale du 26 novembre 2015.)

La Ministre qui s'en défend, n'avait sans doute rien de mieux à faire pour notre école que de sacrifier notre langue et d'inciter à la paresse intellectuelle. Oui ! Le français est riche de ses particularismes et toutes les langues ont leurs spécificités et leurs verbes irréguliers ! Mais la Ministre est une adepte de l'allègement du savoir, de l'assèchement des programmes, du nivèlement de la culture de masse par le martèlement des notions !

Alors fallait-il tout chambouler et se frapper la poitrine en criant : " C'est ma faute, c'est ma très grande faute ! " tandis que les médias faisaient des maximums de nos mea culpa ! Horreur ! Encore des mots latins ! Je vais définitivement le perdre ! Vite ! Réfugions-nous à la cuisine !

La réforme de l'orthographe voit les choses en grand ! Pour les nouveaux manuels ou dictionnaires, un potpourri de 2400 mots nous concerne. Quand on sait que sortis en général des cités ghettos, certains ne possèdent que 350 à 400 mots courants pour parler et qu'il faut 2500 mots pour s'exprimer, la tâche est immense pour ne pas faire tache en société ! Parler la langue des cités ne suffit pas. Beaucoup de jeunes en ont conscience et rappent que : "Le savoir est une arme, que les mots sont des balles." Mais parler le français commun, la langue des bouffons, en plus ! "Zarma !" C'est un combat épique, mon frère !

Les porteurs de bicornes qui nous prouvent qu'ils sont immortels comme la bêtise ont décidé de dégainer l'épée coupecoupe et de supprimer le petit chapeau chinois. Ne tirez pas sur l'ambulance, elle va tout droit à la clinique pour cas psychiatriques syntaxiques ! C'est déjà la pagaille aux urgences ! A présent, avec la réforme de l'hôpital, nous l'avons doublement dans l'hos et dans l'os, si nous devons logiquement nous faire "hopitalisés" dans le plus proche hosto ! Mais un immortel par définition n'en a cure !

Nous n'avons pas fini d'en entendre parler ou d'y regarder à deux fois par dessus nos bésicles. Il circule que l'accent circonflexe serait facultatif sur les"i" et les "u", mais demeurerait sur les "a" et les "o" . Pas d'allègement donc des impôts ni du chômage ! F. Hollande va encore pouvoir porter le chapeau dans son château. Sa réélection en sera le cout douçâtre ou le coup fatal, s'il plait au bon peuple de se souvenir des piqures de promesses pêlemêle... L'accent subsisterait encore dans la conjugaison, au passé simple, à l'imparfait et au plus-que-parfait du subjonctif comme dans : il eût voulu qu'on le prévînt.

L'accent est également conservé quand une distinction de sens s'impose comme pour : dur, jeune, mur, sur, du, ... Remboursez ! Je ne demanderais pas mon dû du mauvais spectacle imposé par quelques académiciens cacochymes ! Il faut boire le vin quand il est tiré. Encore eût-il fallu que ce fût fût bon, ne fût-ce qu'un instant et que ce cru fût cru buvable !

A ce sujet, l'humour printanier fleurit en abondance sur les réseaux sociaux! "Je suis sûr ta sœur, elle va bien." et "je suis sur ta sœur, elle va bien." ou "Je vais me faire un petit jeûne." et "je vais me faire un petit jeune."

 

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C'est ma faute, c'est ma très grande faute ! 3/5

Publié le par modimodi

Les académiciens sans doute nostalgiques sont retournés à l'école.

La réforme annoncée de l'orthographe fait couler beaucoup de salive dans les dîners en ville et d'encre chez les éditeurs de manuels scolaires. 

Elle nous offre une nouveauté réductrice de difficultés. Les mots anciennement en olle et les verbes anciennement en otter s'écrivent désormais avec une consonne simple. Ainsi, la jolie Carole, petit bouquet de printemps qui, ouverte à vos compliments, vous avait offert sa corolle se ravise et se renferme. Oubliez donc vite sa corole. Vous n'êtes qu'un mariole ! Ramassez vos groles et fuyez à toutes jambes sur vos deux guiboles !

Les dérivés du verbe ont aussi une unique consonne simple. La petite qui frisotte ne frisera plus le ridicule, dès aujourd'hui, elle frisote comme elle zozote, la sosotte ! Mais font exception à cette règle : colle, folle, molle et les mots de la même famille "qu'un nom en otte comme botter de botte !" Une chance pour Ch. Perrault qui a ainsi évité d'être à la faute avec son "Chat botté" !

L'académie joue donc au père Noël et distribue des jouets de sa hotte avec le mode d'emploi de la prononciation ! Le tréma est désormais déplacé sur la lettre "u" prononcée dans les suites güe et güi et est ajouté dans quelques mots. Avec ce déplacement de tréma, croyez-vous, sans ambigüité, que Socrate aurait-eu une fin moins aigüe en buvant la cigüe ? Quelle révolution de fauteuils et de dentiers ! Les mots dans lesquels est ajouté un tréma sont : argüer ( j'argüe, nous argüons, etc.), gageüre, mangeüre, rongeüre, vergeüre.... L'Académie française nous dit : " Les déplacements du tréma évite les difficultés de lecture ; son ajout empêche les prononciations jugées fautives. " Ah mes aïeux ! Soutiendriez-vous la gageüre de faire une phrase en employant ces quelques mots qui ne font que nous narguer, sans tréma !

Que de fautes vont nous être évitées grâce à la réforme de l'orthographe ! A présent le participe passé de laisser suivi d'un infinitif est invariable. On n'écrira plus : elle s'est laissée maigrir mais elle s'est laissé maigrir et je les ai laissé partir au lieu de je les ai laissés partir. Vous aurez ainsi tout le plaisir d'enseigner la règle d'accord du complément d'objet direct avec ses exceptions !

N'ayant pas réussi à réduire leurs fractions politiques, nos gouvernants veulent réussir au plus petit dénominateur commun la simplification du français. Ainsi, les mots empruntés forment leur pluriel de la même manière que les mots français et sont accentués conformément aux règles qui s'appliquent aux mots français : des matchs pour des matches, des miss pour des misses et un révolver à un coup désormais accentué.

Vive l'Europe ! On comprend mieux le Brexit (British Exit) de D. Cameron et de Boris Jonhson !... Nous prendrons plaisir dans nos bluejeans décontractés à lire des scénarios en écoutant des solos de jazzmans.

Nos écoliers apprendront-ils pour autant mieux à lire et à écrire ? Faudra-t-il oublier la lecture des auteurs classiques à jamais vivants de notre panthéon littéraire et passer à l'écriture sans faute ! Déjà Balzac était honoré d'un "Cousin ponce" et d'une "Cousine bête", Montaigne marquait des essais et Chateaubriand était d'origine béarnaise !

Alors Oui ! Aujourd'hui tout est pensé pour les simplets et tout doit être simple... Je crains que la brillante consigne gouvernementale ne soit désormais : " Parlez comme vous marchez et écrivez comme vous votez, c'est à dire sans réfléchir ! " Hier, notre orthographe était d'usage, aujourd'hui, elle est d'usure.

Oyez ! Oyez ! Les petits pépères, les perplexes de l'accent circonflexe ! La grande réforme de l'orthographe est lancée ! Ne passez plus, comme en 14, craie au fusil, au tableau noir pour écrire : << Ô mes bons maîtres, ils sont tombés sur la tête!  >> Vous devriez désormais taper sur votre tablette : << Ô mes bons mètres, ils sont tombés sur la tète ! >>

Et ne vous avisez pas de commenter la nouvelle norme ! Vous passeriez pour un ringard à dire que la nouvelle orthographe prend ici des mesures qui vont de mal en pis ! ... A ne plus savoir à quel sein se vouer ou à se faire la grosse tête pour mieux se faire avoir dans les grandes largeurs.

Bien sûr que j'exagère en parodiant l'ortograffe mais je ne suis pas le seul ! En 1990, nos habits verts de l'Académie française étaient devenus adeptes non pas du mieux disant culturel mais du moins disant. Alors, sans doute plus assez jeunes pour le Conseil supérieur et de révision, ils avaient décidé d'imposer un coup de jeûne à l'orthographe...

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C'est ma faute, c'est ma très grande faute ! 2/5

Publié le par modimodi

La réforme de l'orthographe veut-elle sauver l'écolier français et l'aider à échapper à la méchante et sournoise faute d'orthographe qui le bombarde en permanence ?

Si nous avons retenu la leçon précédente, il suffirait simplement de remplacer les traits d'union par la soudure des mots, mis à part pour l'écriture des nombres au delà de 100 ! Mais non, mes petits pioupious ! C'eût été bien sûr, trop simple !

L'Académie française avait d'ailleurs bien compris avant de proposer sa réformette qu'il était impossible de prendre en compte tous les emplois du trait d'union !... Pourrions (-) nous le retirer dans cette simple phrase interrogative ? L'emploi syntaxique lors de l'inversion d'un pronom sujet exige de le conserver entre le verbe et lui.

De la même manière si l'on veut distinguer : " il intervient à propos" ou "il a de l'à - propos." La liste est longue ! Les hésitations et les différences entre dictionnaires prouvent les nombreuses disparités. Ecrit-on : mille-feuille(s) ou millefeuille, ramasse-miette ou ramasse-miettes... ? Les nouvelles dispositions à l'intention des lexicographes prévoient toujours de distinguer la langue-de-bœuf quand il s'agit de botanique, de la langue de bœuf que l'on cuisine, sans doute pour mieux la charger ou en varier les odeurs et les saveurs!

Le deuxième point proposé pour les rectifications de l’orthographe concerne le pluriel des mots composés. Un compte-gouttes devient un compte-goutte au singulier et des compte-gouttes restent des compte-gouttes au pluriel ! Ainsi, le trait d'union est resté mais le "s" a disparu au singulier ! Mais dites-moi ! Est-il bien besoin de compter, s'il n'y a plus qu'une seule goutte ! Une chose est devenue sûre, il n'y a plus dorénavant de science infuse ! Celle-ci s'infuse au goutte à goutte !

Désormais, dans les noms composés avec trait d'union, le second élément prend la marque du pluriel, lorsque le mot est au pluriel : Un après-midi, des après-midis, un pèse-lettre, des pèse-lettres et plus bizarrement des perce-neiges, (sans doute parce qu'elles sont éternelles...) et des abat-jours (pour les abonnés des mauvais jours ou les insomniaques aux nuits interminables...) Moi, qui croyais que l'orthographe avait majoritairement du bon sens intuitif, me voilà perdu ! L'école de la vie ne m'a rien appris.

Par contre dans cette réforme iconoclaste et, vous le constaterez, pas très catholique, on écrira toujours des prie-Dieu, des trompe-l’œil et des trompe-la-mort ! Adieu joyeux casse-tête de la grande loterie des pluriels incertains aux mots cure-dent et cure-ongles ! Cette proposition a enfin du bon ! On ne va plus se casser les dents ni se ronger les ongles, simplement les sangs quand l'orthographe tourne en eau de boudin !

Mes bons maîtres m'avaient appris à me méfier et à réfléchir quand j'écrivais un mot. Ils m'avaient convaincu que l'orthographe était à jamais une matière instable. Ils m'avaient appris que phonème ( s ) peut s'exprimer par des graphèmes différents : s / ss / c / ç / sc / t. Ils m'avaient dit que la prononciation était trompeuse et contradictoire : porc, coq, jonc, arc.

Il m'avait fait mettre les points sur les "i" et sur les "j" et appris à placer les accents. J'avais reçu quelques astuces pour échapper aux pièges. "Son avènement fut un événement" était un bon moyen mnémotechnique. L'accent grave sur les voyelles autres que "e" servait à distinguer "a" et "à", "la" et "", "ou" et "". Il fermait la prononciation tandis que l'accent aigu l'ouvrait. Mais ça c'était avant !

Depuis l'Académie est passée par là ! Le nouvel emploi de l'accent grave à la place de l'accent aigu modifie règlementairement les mots comme l'évènement ou le cèleri . Il influe aussi sur le futur ou le conditionnel des verbes comme céder : je cèderai, ils règleraient, j'altèrerai, ils allègeraient. Le modèle de référence est la conjugaison du verbe semer. Ironie probablement intentionnelle pour mieux semer dans la clarté ou le doute le brave écolier ! Puissè-je m'en souvenir moi-même !

Dans cette logique, on conjugue les verbes en eler et eter sur le modèle de peler et acheter. J'amoncelle les bêtises devient j'amoncèle les fautes. Tu époussetteras l'orthographe devient tu époussèteras, probablement pour mieux planquer la poussière sous le tapis et tu étiquetteras s'écrit, tu étiquèteras, bien entendu avec des étiquettes neuves ! Où est donc la bonne vieille logique dans cette modification prétendument amélioratrice ?

Car quand on croit que tout est simplifié, on déchante. Il faut bien en plus, comme toujours, quelques exceptions qui en jettent pour confirmer la règle ! C'est fait avec les verbes appeler et jeter. Ainsi écrira-t-on : "Je me pèle les miches car je t'appelle depuis une heure !" " Oh! Excuse-moi, au milieu de mes amis, je ne t'avais pas entendu m'interpeler !"

 

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