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Boules de comme

Publié le par modimodi

La femme, c'est comme l'étiquette, du décor, homme! Du protocole à la colle, on s'y attache sans retenue!

La mort, c'est comme la lance de l'amour, son fer vous frappe en plein cœur!

La vie, c'est comme un onguent, elle vous passe la pommade jusqu'à l'extrême onction.

L'homme, c'est comme le tabac, du chiqué ou à rouler!

L'amour, c'est comme l'apparition, un miracle pour les jeunes filles encore vierges.

La mort, c'est comme la roulette: " Rien ne va plus, faites vos jeux ", dit le faux-jeton!

Le sexe, c'est comme le fruit: cueilli, pelé, mordu, il peut vous mettre à l'amande et vous réserver des pépins!

La vie, c'est comme le train, si on ne prend pas la bonne voie, on s'égare! On patiente parfois sur une voie de garage et l'on déraille quand on n'est pas ferré. Au final, on est tous des chefs de gare!

L'amour, c'est comme les impôts, il ne suffit pas de connaître le barème. Pour s'en payer une bonne tranche, il faut sauter!

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Ringard 2/2

Publié le par modimodi

 

Tous tes espoirs sont en jachère,

Ton mot préféré, c'est hier !

T'es en super-régime, croisière !

Tu t'es acheté un Land Cruiser,

Un modèl' révolutionnaire,

Une march' avant, cinq march' arrière !

Tu frein's plus que tu n'accélères !

 

Pas question d'être à bout de nerfs

Ou de se montrer téméraire,

Si on veut passer ses hivers

Avec sa jolie routinière !

 

T'es pas dans l'anticipation

Plutôt en rétro-réaction.

T'es pas connecté en 4 G,

Tu n'vois pas le monde en 3 D,

T'as des vinyles, pas des CD !

 

T'as suivi l'dernier procédé

Qui donn' de la suite aux idées...

Et y'a... 30 ans, que t'es fixé !

Tu n'as pas vu le train passer.

On dit que t'es un retardé,

Que tu t'es laissé déborder !

 

Non ! Pas question de galvauder !

On ne va pas tout bazarder

Tant qu'on peut l'raccomoder !

A quoi servent les inventions,

Ces conneries d'innovations,

Pour une espèce en extinction ?

 

Toi, t'es pour la conservation

Des bonn's manières et traditions !

Absent aux inaugurations,

Aux premières, aux retransmissions,

Tu n'aimes pas les créations !

 

Rien qu'le mot de concours Lépine,

Ça t'effraie et tu te débines !

Tu passes pour un démodé :

En patt's d'eph, en pull tricoté

T'as le look du soixante-huitard ;

Tu fais tarte, dans ton blouson noir !

 

T'as été révolutionnaire

Mais y'a trente ans et des poussières !

Plus question de faire des projets.

Tu parais avoir renoncé

Avant mêm' d'avoir commencé !

 

Tu vis au présent, dans l'passé,

D'avance, on te dit attardé !

T'es un pâlot, décoloré,

Mais t'as un'chance inespérée

Car c'est la mode du délavé !

 

T'es poussiéreux et dépassé,

Tu passes pour un arriéré,

Un ignorant dégénéré,

Un gros naze ! Oh ! Miserere !

 

Mais à tous ces bachi-bouzouks

Qui t'ont étiqueté de gros plouc,

Toi, tu réponds du tac au tac,

Qu'y'a pas besoin d'être réac

Pour être un lion du zodiaque !

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Bête comme mes pieds 3/3

Publié le par modimodi

Ah ! Mes bons amis, je crains, qu'en temps que mauvais rimailleur, je n'arrive plus désormais qu'à "prendre mon pied" dans l'absurde d'un beau "sans queue ni tête" ! Je me mets moi-même le pied aux fesses !

J'ai grand besoin d'un bon chausse-pied. Je dois consulter un orthopédiste, spécialiste en versification pour poète éclopé, qui sache redresser les rimes bancales et les vers estropiés. J'aurais du m'appeler clopin-clopant au lieu de "modimodi"aux maudits mots dits.

Ma muse me fait des crocs-en-jambe ! Quand je me précipite sur la vibrante inspiration, que le lyrisme s'avance sur la pointe des pieds, que mon poème prend corps et que je suis tout près de faire danser la gaillarde à mes vers, patatras, je bute et j'achoppe !

Je suis le roi du bal des casse-pied ! Du coup, je ne sais plus sur quel pied danser et vous avez raison de m'envoyer valser. Il me faut tout reprendre et retomber sur mes pieds pour à nouveau versifier pied à pied. Je suis un jongleur de mots, un bateleur, un danseur polypode qui vous amuse de mes pieds et mes mains !

Je peux bien "aller au diable" avec mes "pieds fourchus" et mes rimes qui "ne riment à rien", car, m'a t'on dit, seul le diable, surgi de sa boîte va savoir "retomber sur ses pieds" ! Que dire en cette circonstance : Au diable vos vers ! Ou au diable vauvert ?... Sans savoir, je reste là et je persévère dans mes vers de vieux trouvère. Alors, si vous aussi, lassés de mes "bains de pied", vous vous en lavez les mains, moi, je me jette dans "le pédiluve" !

Amis, je vous le dis ! Vous jugez trop durement ces vers, vous vous en tenez aux faits, dits vers ! Vous ne connaissez pas mon terrible univers !... Car ma muse infernale me prend à revers et me pousse à versifier encore et toujours sur un rythme endiablé ! Peste soit de la géhenne ! C'est ma traversée du disert. A l'aide les poètes ! Par St Georges et St Paul, sans rencontrer le moindre petit pin parasol du "cimetière marin", je n'ai pas le moyen de m'y mettre à l'ombre et de reposer "mes pieds à son pied" !

Je n'ai plus qu'à souhaiter que ma muse, cette diablesse que je révère, cesse de se lever "du pied gauche". Je lui demande d'inspirer mon lyrisme et ma plus belle prosodie afin d'achever mon oeuvre littéraire, si proche du supplice dantesque "d'Enfer et Damnation" ! 

Oui, je reste prosaïque car je ne suis en vers et contre tous que le vulgaire de La Vulgate ! Je ne suis compris que par le commun des mortels et peut-être uniquement par ma muse, qui m'attend à la porte de l'enfer ! Mon bel enfer !... Mais chacun de vous sait bien qu'Orphée échoue à ramener Eurydice à la lumière.

M'adonnant aux rites païens, je n'ai peut-être plus qu'à prendre quelques licences poétiques pour lui sauter dessus "à pieds joints" ! J'en serai d'avance, bienheureux ! C'est là, mon seul paradis encore possible et peut-être promis !... J'espère y parvenir sans vous laisser en plant dans la vigne au nectar parnassien. Je voudrais éviter d'avoir à vous quitter trop vite "les pieds devant" pour le grand, définitif et mérité "repose-pied" !

C'est, je le sais, l'avenir de tout poète ! Rester attaché à son terroir et à ses vers de terre afin de vivre éternellement, la tête dans les étoiles et les pieds dans l'eau de l'oubli, du Léthé !

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Autant en emporte le vent 2/2

Publié le par modimodi

 

Nous n'allons pas à contre vents,

Nous allons tête et nez au vent !

Si petite pluie abat grand vent,

Nous domptons tous les éléments.

Contre les marées et le vent,

Le bonheur est un brise vent !

 

Nous ne craignons pas les coups d'vent,

Les courants froids et décevants.

Nos cœurs s'enlacent sous l'auvent.

Ta chemis' flotte au gré du vent !

Nus, derrière ce paravent,

Nos désirs nous rendent émouvants.

 

Autant qu'en colporte le vent,

Nous leur gémissons : au suivant !

Autant qu'en exporte le vent,

Nous confions nos ébats au vent

Pour que monte le plain-chant

De nos émois, tambour battant !

 

Comm´ des oiseaux, ailes au vent,

Nous fendons le ciel, en gravant

Nos cœurs, enlacés tendrement.

Notre amour glisse, en écrivant

La chanson d'amour et de vent

Que font les amants en rêvant.

 

Nos corps vont pleine voile au vent !

Nous volons en virevoltant,

En filant l'amour à tout vent.

En cœur à cœur dorénavant :

Nous prenons le temps et le vent

De nous aimer aux quatre vents.

 

Autant qu'en comporte le vent,

Nous cueillons les roses des vents,

Que nous effeuillons au levant !

Moi, j'vais vers toi, flamberge au vent

Pour que tu penses à moi souvent !

Autant t'en apporte le vent !

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Éloquence 2/3

Publié le par modimodi

L'éloquence suppose au moins une élocution, des sons, une voix, des réponses orales formulées dans des paroles audibles ! Mais l'écriture sur blog, vigoureuse, enflammée, convaincante que j'offre à votre lecture n'est pas entendue de vous ! Sur vos écrans d'ordinateur ou de tablette, vous ne pouvez ouïr mon bel enthousiasme. Je ne perçois rien en retour, ni votre souffle ni votre impatience.

Si un cœur qui soupire n'a pas ce qu'il désire, que voulez-vous de moi ? Devrais-je contre ma volonté, rendre à mon tour, mon tout dernier soupir sans l'avoir su, un jour ? Mon âme s'envolera-t-elle tandis que mes écrits resteront lettre morte ?... Je n'avais qu'une parole, l'aurais-je tenue pour rien ?

Je ne serai jamais traité d'éloquent. Il manque le ton de ma voix et ses envolées lyriques, exaltées. Il manque les nuances des émotions et des sentiments ! Il manque l'expression des intonations, les rythmes et le phrasé, les gestes et l'échange de vos regards ! Je ne peux pas vous faire vibrer !

Je ne peux vous toucher que par mon expression écrite. Je peux être significatif par une sémantique ciselée et l'association généreuse des sens mais pas par l'art oratoire. Vous ne pourrez me reprocher ma prononciation, mon accent voire mes travers d'articulation. Il manquera toujours le souffle qui témoigne de l'inspiration !

Alors, je peux être verbeux mais pas loquace ! Je ne serai jamais un homme de paroles ! Vous ne pouvez me répondre à votre tour que par l'écrit chétif de vos commentaires ! Oh ! Gare aux couacs ! Un mot de travers et je prends illico, "un pan sur le bec" verseur de mon encrier, de la part de mes petits canards likés ! Une claque pour un clic !

L'âne, que je suis, a beau braire pour avoir du son, le virtuel ne nous permet pas de nous entendre. Je ne pourrais devenir éloquent qu'à travers vous, en me dédoublant... Il m'arrive ainsi de vous imaginer en train de déclamer un de mes poèmes, (une fois n'est pas coutume) que vous auriez apprécié. Alléluia ! Avec votre emphase nous voici, enfin en phase ! Vous me rendriez éloquent et peut-être même grandiloquent !

Quand on n'est pas Verlaine, est-ce cela "l'art poétique" ?... Consisterait-il dans la rhétorique, c'est-à-dire dans l'art de faire couler les mots d'une plume quasi diarrhéique, pour faire déborder de lyrisme, l'émotion des lecteurs ? Mais cet art oratoire ne suppose-t-il pas un minimum de capacité aratoire chez un lecteur, au moins cultivé !

Moi, j'ai le plus souvent le verbiage à la place du verbe ! Mon style empâté et boursouflé vous prouve simplement que le verbe s'est fait chair et que le mot écrit ou parlé défend avec passion bien chèrement sa peau! Paroles! Paroles ! Je suis sûrement trop elliptique pour vous ! Vous êtes sans doute, motus et bouche cousue d'or de votre silence !

D'ailleurs, si j'avais la possibilité de vous parler et d'être entendu, ne parlerais-je pas à un sourd et à une muette ? Je parie que je pourrais même parler à votre nez et à votre barbe, puisque vous m'y riez déjà ! Je pourrais parler d'abondance puisque vous me faites les cornes! Je finirais alors par croire que ma muse est une corne-muse !

 

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Grammaire Conjugaison 4/9

Publié le par modimodi

Conjugaison

 

Il faut appeler un chat, un chat !

Tous les mots sont mis au pas.

Le verbe, dans tous ses états,

Prend son temps comme une diva !

 

Il me sign' des autographes,

Au milieu d'mes paragraphes !

Désinence et terminaison,

Conjugaison en pâmoison !

 

Pas de déroute ! En route, belle troupe !

Premier, deuxième ou troisième groupe,

Chaqu' verbe se vend à la découpe !

Pour la grimace, j'vais à la soupe !

 

Il faut bien que je vous l'avoue,

Je brouille les personnes et les choux,

J'conjugue à la mode de chez nous !

Je, tu, il, elle... j'en deviens fou.

 

Je les mets sans dessus, dessous

Et quand je passe du je au nous,

Et que je veux faire mon trou,

J'me plante alors, à leurs genoux !

 

Il faut savoir prendr' son temps

Et s'balader par tous les temps

En donnant d'la voix, d'temps en temps !

Moi, c'est comme il vient, que j'prends l'temps. 

 

Je veux vivre de l'air du temps

Et ne jamais perdre mon temps.

Quand je participe au présent,

Je ne veux prendr' que du bon temps !

 

Tantôt actif, tantôt passif,

J'veux un plaisir infinitif.

Mais parfois fautif ou poussif,

Y'a le subjonctif qui s'rebiffe.

 

On me donne des impératifs

Et pas, qu'à titre indicatif !

J'dois passer en mode correctif.

Oh ! J'connais alors le tarif !

 

Quelques zéros et pif ! paf ! pif !

En style direct et punitif !

J'dois fair' cent lignes, bien appliqué,

J'me souviens de l'intitulé :

 

"Je dois apprendre à conjuguer

Le verbe aimer sans me tromper."

Alors moi, je crois mordicus

A la formul' du Prof Nimbus !

 

Si moins par moins, ça peut faire plus,

Pour tout' ma vie, c'est du bonus !

Car, à force d'être imparfait,

J's'rai un amant plus que parfait !

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Mystères

Publié le par modimodi

Est-ce une preuve d'amour de se faire envoyer sur l’Éros?

Les fromagers et les carillonneurs mariés doivent-ils en plus se payer la cloche?

L'amazone amoureuse ne s'accroche-t-elle qu'à la queue de son cheval de bataille?

L'amour qui fait son cinéma peut-il se passer: d'entractes, de bon! bon! d'exquis mots, de chocs, holà!... glacés de frissons?

Était-elle avertie qu'en amour, une femme prévenue est doublement acquittée ou à quitter?

Même si seuls les vits comptent, les trous duc sont-ils des bâilleurs de fond?

Est-ce qu'on peut-dire que la création de l'homme ne tient pas de boue puisque Dieu le forma du limon de la terre?

Quand un merlan fait les yeux doux à une morue, dans l'intention de la dessaler, est-il frit ou déjà grillé?

Le maître étalon fait-il bonne mesure en amour?

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Ringard 1/2

Publié le par modimodi

Tu vas en prendre pour ton grade !

Tu recules en pleine escalade,

Tu descends de la barricade,

Tu n'es pas fait pour l'estocade,

Tu es le roi d'la débinade,

Le champion de la débandade !

T'es un hasbeen, un rétrograde !

 

Un imprévu te désempare,

Tu t'crois coincé, tu es hagard,

Sitôt, tu regrett's, t'es pleurnichard :

C'était mieux du temps d'l'oncle Oscar !

 

T'as trois ou quat 'métros d'retard

Et tu restes sur le quai d'la gare,

Tout bête, agitant ton mouchoir...

Puis, tu r'viens à ton point de départ !

 

T'es un vieillot, t'es un ringard,

T'as qu'des regrets sur ton dossard,

La nostalgie pour étendard.

Si tu mises, tu choisis l'tocard !

Tout se barre, même le hasard !

 

T'es à la mode, cell' du bizarre !

D'vant l'époque, tu fais l'grand écart,

T'es rococo, c'est tout un art !

Lunettes, en forme de guitare,

Brocards, foulard, toque en renard,

Pompes en lézard, vert épinard,

Tu t'prends pour César ou le tsar,

 

Dans la winstub du vieux Colmar,

T'es l'coq au riesling de Dambach

Pour un 'tite gretchen de Rouffach !

Ton air périmé, décalé

A réussi à attirer,

Cette timide effarouchée,

Le cœur et le feu au plancher !

 

Elle ne pourra pas t'approcher,

Ses avances, tu as repoussées.

Aucune chaussur' n'va à ton pied.

T'es un langoureux déchaussé !

 

Au progrès, tu es opposé.

Tu as peur de la nouveauté ;

Fût-elle un grand prix de beauté !

Ah ! Cette oie blanch' de la paroisse,

Sûr ! C'est d'la poisse, d'la boul' d'angoisse !

 

À la rigueur, un vieux fossile,

Une rosière encore habile

Pourraient te faire battre des cils !

Car pour ton cœur de romantique

Il t'en faut une, chantant cantiques,

Une chaisière apostolique,

La Vestal' de la Rome antique !

 

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Bête comme mes pieds ! 2/3

Publié le par modimodi

Quelle prise de conscience, peut-être salutaire !

Je le reconnais, je ne suis pas seulement un écrivain aux vains écrits "sans queue ni tête", je suis aussi "bête comme mes pieds". La preuve ! Je poétise à coups de poing et à "coup-de-pied" ! Je suis boiteux, je porte bot et je n'aime pas "le son du cor" .

Ô mes petits cadets de Gascogne, vous n'arriverez qu'à me "tirer des vers du nez" ! Je suis rosse tant soit peu!  Alors méfiez-vous de mes coups de rapière, de mes coups de plumes, de mes coups de sang de rimailleur et ferrailleur gascon!... "Je peux, avec panache, de quelques simples vers // vous fendre sur le champ, la raison et le cœur !"

Sont-ce là, de subits excès de classicisme élégiaque, de nostalgie lyrique, de regrets hellénistiques tragiques ou une simple illusion canonique de la "Pléiade poétique" ? Je ne sais! Mais que voulez-vous ! Loin du phare d'Alexandrie, ces deux alexandrins épiques et submergés de prétention ne peuvent que naufrager ! Je ne suis qu'un poète maladroit, qu'un héroïco-romantique à la Cyrano, qui tente de vous chanter le pathétique de l'amour, en vous faisant en cachette, ses petits "pieds de nez" !

Voyez ! Comme je "prends mon pied" ! Je ne bats pas la mesure au pif mais au contraire, avec application. Je me contrôle au podomètre. Je me suis toujours efforcé de respecter la cadence de la métrique, mais trop de petits coups de cœur faussement poétiques, m'ont rendu arythmique !

J'abuserais, paraît-il, de démesure alors que d'autres me reprochent de versifier en demi-mesure ! Comment mesurer toute l'exactitude de ces remarques sans être, à mon tour, abusé outre-mesure dans les grandes largeurs ?

Oh oui!  J'aime ma terre de langue française aux ceps chargés de promesses, toutes fécondes de poésie ! Sur ses sarments, je fais serment de la servir aux quatre saisons de la belle et vigoureuse inspiration qui fermente en moi !

Oh oui ! Je sais l'ivresse du poète qui, en grand seigneur, taille ses vers et ses" pieds de vigne" afin que "la grappe" ne soit pas "en deuil" ! Oh oui ! Je veux bien m'enivrer: "Et maintenant, ô fleurs du vignoble natal, // Je bois à vos noces fécondes !"

Voyez ! Je vous admire tant, Lamartine, Hugo, Apollinaire, en vos maisons de poésie que je lève mon calice, trop souvent d'amertume ! Voyez, ô vendangeurs des coteaux de l'azur : "Mon verre est plein d'un vin trembleur comme une flamme." Moi, aussi je tremble et je titube. Ma poésie "perd pieds" ! Dans La Nuit Rhénane, vous pouvez hausser les épaules: "Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire."

Oh oui! Mes bons amis poètes, "Avec le chant lointain du dernier rossignol // Et les premiers cris de la grive" , avec "le chant du batelier", ici même, "au pays des illusions, // à travers la nuit violette", je vous offre l'harmonie d'un bouquet élégiaque de mes quelques pieds d'alouette !

Je la voudrais bien la veine du poète, qui part toujours du "pied droit" et qui ne connaît pas la douleur du "contre-pied" ! Alors que moi, je verse et controverse de plein de "pleins-pieds" boiteux ! Mon piédestal a les marches branlantes, j'accède difficilement sur le "marchepied" de la reconnaissance. Ah ! Si je pouvais, au moins, de "plain- pied" accéder au vers-librisme, je pourrai versifier à découvert !

Holà ! Méchants censeurs, n'empiétez pas davantage sur ma liberté créatrice et ne me marchez pas sur les petons ! Je ne sais que trop que j'ai mis mes "deux pieds dans le même sabot" et que je poétise trop souvent "à cloche-pied" ! J'imagine votre vicieux plaisir de mettre à terre, "à pied" et à "dix pieds sous terre" un pauvre poétaillon !

Ne serait-ce pas, dans ce cas, le vocable de pervers perd-vers qui vous conviendrait le mieux ? Mais ce qui me rassure, c'est qu'à ce point, vous ne parviendrez quand même pas à "dépoéter" plus haut que vous n'avez l'trou du cu-lot !... Mauvais calcul! Je me trompe encore, il va me manquer un pied, je voulais dire: Vous ne parviendrez pas à "dépoétiser" plus haut que vous n'avez le trou de vers !

Oui! Force m'est de constater que le mauvais génie m'a "coupé l'herbe sous le pied", je ne peux plus hélas, que brouter et versifier à "pieds nus". Mes cadavres exquis ont déjà "un pied dans la tombe !" C'est la fosse commune des rimailleurs sans talent qui "s'emmêlent les pieds" en tombant!... Au lieu de versifier à tombeau ouvert, je n'ai déjà que trop piétiné sur le tapis des désillusions. Je vais devoir "mettre pied-à-terre"!

Avec mes petits pieds à pirouettes, pour faire diversion ou pour vous divertir, je suis le plus souvent, le gentil digitigrade de la poésie. Mais je me plante, je me voûte et j'en prends pour mon grade ! Miel alors ! Vous n'êtes vous-mêmes que de vilains ours mal léchés, vous grognez en foulant mes rares lauriers au pied. Ne croyez-vous pas que j'aurais mérité pour le moins de sortir de vos griffes et d'être plutôt votre palmipède distingué !

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Autant en emporte le vent 1/2

Publié le par modimodi

Fidèle à tous tes commandements,

J'applique la loi des amants.

Je t'épargne les boniments

Des prêcheurs, des moulins à vent,

Des infidèles, des mécréants,

D'anciens et nouveaux tests amants.

 

Je t'offre mes plus doux serments,

Emportés comm' des cerfs-volants.

Je suis fervent, je suis ardent,

De tendresse récidivant.

Dans les coussins de ton divan,

Je m'abandonne à toi, rêvant.

 

Je prends ta main, je prends le vent.

Ton corps est mon sable mouvant.

Je m'y enlise en ondoyant.

Comme dans la nuit, l'engoulevent,

J'y glisse délicieusement

Et j'y meurs silencieusement.

 

Notre passion n'est pas du vent

Qui mollit dès le jour levant,

Ell' se nourrit de l'air du temps.

Loin des tempêtes, des ouragans,

L'autan emporte nos tourments,

Autant qu'en emporte le vent !

 

Notre amour va selon le vent

Mais ce n'est pas un mauvais vent !

L’alizé est notre courant.

Plus fait douce heure que violents,

Éventés et cruels instants !

Autant en remporte le vent !

 

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