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Éloquence 1/3

Publié le par modimodi

Il est des phraseurs et des beaux parleurs qui ont aussitôt les mots pour le dire, pour ne rien dire souvent. Ceux-là sont dits éloquents, comme moi, peut-être !

Oui ! Je n'ai de cesse, gonflé d'espoir et d'illusions, de vous parler et vous écrire ! Je discours pour de virtuels lecteurs ou auditeurs, des muets le plus souvent, dont le silence est lui-même éloquent !

Ah ! Mais quelle bouteille à l'encre asséchée pour ma plume assoiffée de mots. Je suis le disert qui soliloque dans le désert pour les cailloux et les chameaux. A force, je déblatère et déblatère encore ! J'ai la harangue sur le bout de la langue généreusement tirée !

Je nomadise dans les dunes des réseaux sociaux. Au milieu des mirages, j'emprunte d'un pas lent de caravanier, les voies tracées pour les méharistes aux songes sableux ! J'irrigue même ici et là, dans l'espoir de créer une oasis mais le sol est ingrat. Il ne convient souvent qu'aux espèces acclimatées aux zones arides et incultes.

Je suis une espèce désolée et adaptée, réservée aux esprits stériles. Je m'enroche pour m'accrocher à l'ingratitude d'un sol pauvre et mince qui ne convient qu'aux terre-à-terre. Et si je chauffe à blanc, je prends de suite un refroidissement.

Ô vous les anonymes, indifférents, taiseux, je suis votre victime ! Mon enthousiasme subit vos variations de température et d'humeur qui éclatent et fragmentent toutes mes résolutions, pourtant dures comme la pierre. Je suis au bagne ! Un seul grain de sable suffit d'ordinaire à me gripper. Et là, des milliers de cailloux comme autant de scrupules sautant de vos chaussures, jonchent désormais le sol désertique de ma faconde inculte.

Je caquette pour rien, pour des scorpions assoupis au milieu des cactus désolés ! Quelques lézards et d'agiles vipères à corne s'insinuent au hasard d'un buisson de commentaires épineux, des araignées cherchent à tisser leurs idées, des gerboises songeuses et rongeuses de pensées recherchent quelques hypothétiques oiseaux nocturnes !

Rien ! Pas un souffle ! A peine le murmure soyeux d'une coulée de sable ! Mon style rocailleux a peut-être égratigné la moindre de vos idées. J'hésite moi-même entre l'erg et le reg ! A l'oued rien de nouveau ! J'attends comme un yucca la succulence d'une observation mais le moindre agave fait de la rétention comme un chameau cagneux !

Du fond de mon isolement, j'entends la plainte du poète : "Un seul être vous manque et tout est dépeuplé."... Nulle âme qui vive ! Mes paroles s'envolent dans les murmures du simoun. Mon inspiration s'y érode. J'espère inlassablement que le sirocco les poussera jusqu'à vous mais je ne suis qu'un tourbillon qui s'élève dans le vent des tempêtes ! Au matin, chaque peine en mon cœur se dépose lentement, en rosée de silence sur vos roses de sable.

Devrais-je traverser la vallée de la mort de la fantaisie dans le dessèchement de votre indifférence ? Comment vous mettre l'eau à la bouche? En quel vide, vous êtes-vous condensés ou évaporés ? Si seulement, il pleuvait des reproches !... Je peux seulement rêver sous des cascades d'illusions!

La déception assèche mes plaisirs. Quelques rencontres de hasard ne parviennent pas à les tempérer. Comment voulez-vous être éloquent, quand seul le silence vous répond en écho ?... Sur l'écran de ma tablette, je vois bien que vous restez sans voix ! Votre statut d'internaute voudrait m'imposer sa loi ! Mais je n'entends rien aux sms, aux +1 et aux emoticons ! Je reste sur ma faim, tout assoiffé car je ne peux même pas boire vos paroles. Je ne peux que déchiffrer des signes vides.

Je ne goûte pas l'indigence de votre expression, votre prosaïsme est dérisoire. Je vais, je le crains, rester longtemps déshydraté. Je ne sais pas m'adonner frénétiquement à l'insignifiance et comme vous, béguer mes mots en style abrégé, dans des goutte-à-goutte de pensées troubles et agitées. Comment s'y abreuver ou s'en désaltérer ?

Je n'ai pas choisi la traversée du désert de votre platitude sèche et stérile. Pourquoi voudriez-vous que je m'y retire pour méditer en silence, si je ne peux parler à vos consciences ?...

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Grammaire L'exil au Bled 3/9

Publié le par modimodi

L'exil au Bled

 

Là, où je suis phénoménal,

C'est devant le group' nominal !

Je suis un vrai pro, nominal !

En pleine forme grammaticale !

 

Les consonnes ou les voyelles,

Le singulier ou le pluriel,

Le, la, les, hop ! à la marelle,

Un, une, des, en ritournelle !

 

Il ne faut jamais que j'emmêle,

Mes petits pieds dans les ficelles,

Sinon pas de septième ciel

Avec la bell' Marie-Noëlle !

 

Je dois bien mettre mes bésicles !

Pas confondre les noms, les articles !

Sinon, je redouble mon cycle,

Et je peux rouler en tricycle !

 

Mais j'me ramasse une gamelle

Et j'me prends du plomb dans l'aile,

Tout ça, à caus' du grand cruel,

Le complément circonstanciel !

 

Quand je cause avec Isabelle,

Je fais des fautes à pleines pelles !

Ma langue tient la manivelle

Qui active le carrousel.

 

Dans la grande tour de Babel,

Je frise la correctionnelle.

Bavard comme une pipistrelle,

Je n'entends pas que l'on m'appelle.

 

Oh ! Pas d'châtiments corporels,

Je m'fais remonter les bretelles !

De reproches en pluie d'étincelles,

J'auréole de mille arcs-en-ciel !

 

Par un décret ministériel,

Maîtres et maîtresses sont formels !

Je prends de suite, mon manuel

L'exil au Bled, oui, c'est cruel !

 

Je m'plante ! Je r'pique en ribambelle,

Exercices et choux de Bruxelles 

Loi du talion ou de Bescherelle

S'applique aux écoliers rebelles !

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Boules de comme

Publié le par modimodi

La vie, c'est comme un (le) journal, à la une, en petites annonces puis chronique jusqu'à la (sa)dernière rubrique nécrologique!

La mort, c'est comme les pneus, ça vous gonfle quand on manque d'air!

L'amour, c'est comme le bail, une obligation de jouissance, mais il faut trouver preneur et mettre le prix.

La femme, c'est comme l'eau de vie, elle vous fait macérer pour des prunes avant de vous consommer!

La vie, c'est comme la boxe, elle vous pousse dans les cordes, au dernier crochet, c'est le K.O.

L'homme, c'est comme la hache, il part en guerre avec une mine de déterré!

L'amour, c'est comme le besoin, ça vous pousse au dénuement!

Le sexe, c'est comme la malédiction, une affaire de con-damné et de mise à l'index!

La mort, c'est comme le bar de nuit, elle vous achoppe d'une dernière bière.

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Empoté 3/3

Publié le par modimodi

Quand tu agis, toi tu t'embrouilles,

Inutil' donc que tu te grouilles !

La seule fois, où tu t'dépatouilles

C'est pour fair'chauffer l'eau des nouilles !

Ça tombe bien ! Il faut qu'ça bouille,

Tu pourras fair' cuir' les andouilles !

 

Tu es joyeux, toujours hilare,

On te prend pour un vrai jobard !

Tu n'cass' pas trois patt' au canard,

T'es déjà toi-même, béquillard !

Quand tu brises, les patt's au homard,

Tu t'pinces le doigt, t'es trop veinard !

 

Mais apparemment, tu t'en fiches,

Tu vas, tu viens et tu t'affiches,

En trottinant comme un caniche.

Tu coll' aux basques, tu coll' aux miches

De quelques mémères en postiches

Aussi envasées qu' des potiches.

 

Quand tu t' prends les pieds dans ta laisse,

Ces p'tites duchess' de la mollesse

Sans pitié pour ta maladresse,

T'apostroph' sans délicatesse :

"Tu pourrais pas bouger tes fesses !"

 

C'est toujours ainsi qu'les plus moches

Peuvent se consoler des gauches,

En les houspillant de reproches,

En les traitant de double-cloche,

Traîne-galoche, grosse brioche !

 

C'est ainsi que les empêtrés,

Dans leurs bêt' intentions ratées,

De tout espoir, vidés, ruinés

Gagn' la confianc' des empruntés

Sans avoir à les encaisser.

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Bête comme mes pieds ! 1/3

Publié le par modimodi

Il est dans la vie courante des expressions que nous aimons ! Elles émaillent nos conversations. Nous les employons tous sans réfléchir. Elles me vont bien car elles donnent du sens à ma rubrique "d'écrivains aux écrits et aux cris vains !"

Dans ce pays de courage et de peine-emploi, comment le patoche que je suis ne pourrait-il pas penser, en premier, à tous mes laborieux concitoyens qui travaillent "d'arrache-pied", sans "prendre leur panard" ! Quand en plus, leurs patrons sont pour la plupart, de vrais "casse-pied", comment voulez-vous que dès l'aube, les braves ouvriers, aux pattes et bras déjà cassés, aient encore le moral et la santé !

Comment se lever "du bon pied", le matin, quand on se sait menacer, "au pied levé" par la sanction d'une "mise à pied" ou brutalement par le chômage ! Il faut drôlement être souple pour savoir se mettre des "coups de pied au cul" et se motiver alors, qu'au final, on n'aura peut être plus rien d'autre à faire que "le pied de grue" devant Pôle-emploi !

De quoi "perdre pied" et avoir "les pattes coupées" ! D'ailleurs, j'en connais plus d'un, qui ayant "pieds et poings liés" avec les cadences infernales, va au turbin avec des "pieds de plomb". Voyez celui-ci ! Il lui faudrait un pied de biche pour soulever l’enthousiasme et lui donner envie de "prendre son pied", ne serait-ce qu'une plombe ! En désespoir de cause, comment ne pas comprendre qu'il est plus facile de lever le coude que le pied, sauf peut-être celui du verre... au café du commerce !

Oh! Je vous entends me dire, toi, le piteux écrivain, aux "pieds plats" comme tes récits, tu devrais travailler "au pied de la lettre" car pour l'instant, tu n'excelles qu'à écrire "sot en trois lettres" Alors, je vous dirais bien Zut ! En voilà encore trois et je peux vous en concéder quatre ou plus!... Zut ! Zut !  Zut ! Crotte et flûte !

Oh! vous, mes amis qui me suivez "pied à pied", je peux bien vous promettre de m'améliorer pour vous en dire dorénavant cinq! Je vous sais débrouillards pour trouver le synonyme qui convient !

Et vous, vilains critiques '"aux petits pieds", vous qui m'attendez de pied ferme, je sais bien ce que vous pensez ! Je vous entends déjà !

_"Toi, le mauvais poète, "aux pieds tordus", tu ferais mieux, avant de publier, de t'adonner à "l'arrache pied ! " Car tu n'as réussi jusqu'alors qu'à mettre tes "pieds dans le plat", celui des platitudes !"

_"A quoi peuvent bien rimer tous ces vers blancs que tu nous offres ? Tu n'as plus d'accents toniques, tu es plat de chez Raplapla ! Ton talent prend la pause mais ce n'est qu'un repose-plat, "du plat du pied" de ta trop mauvaise poésie !"

_"L'anapeste en syllabes assonantes, soit, je te le laisse ! Tu es libre ! Mais l'acrostiche dans lequel tu t'étales, je le rejette ! Tes césures à l'hémistiche recousues de fil blanc sont à plates coutures. Tu prends la pose et tu minaudes mais tu ne sais faire que du plat, à ta muse hautaine !"

_"Apparemment, poète, tu lèves plus facilement la jambe que tu ne dresses le iambe ! Serais-tu allergique au dactyle ? Aurais-tu perdu l'humour à cause de ton esprit envahi par le ver-coquin ? Serais-tu parasité ou simplement amoureux de la langue, que tu as hélas trop chargée ?"

_"Aurais-tu le syndrome de Ruy Blas : "ce ver de terre amoureux d'une étoile" ? Mais regarde-toi  ! Tes vers vont de travers et tu scandes à revers ! Tes pieds sont bloqués dans les "cale-pied" ! Rien qu'un vers, un seul et tu cales ! Ton calvaire serait-il celui de G. Apollinaire, ignorant "de ne plus connaître l'ancien jeu des vers" ? Seras-tu à ton tour pardonné ?"

Oui, c'est vrai, amis, que je suis bête comme mes pieds car je n'ai pas déniché le pic-vert qui avalera les vers perforant mes poèmes. Je n'ai pas pu me procurer l'arrache-clou pour mauvais vers. Je n'ai trouvé que l'arrache-cœur de B Vian pour les éventuels mauvais cœurs de mes lecteurs à contre-cœur et à l'envers ! Mais je veux bien encore, pour le printemps des poètes, déposer à "leurs pieds" un petit bouquet de primes vers !

 

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Au doigt et à l’œil 2/2

Publié le par modimodi

Mon trèfle, ma bête à bon dieu,

Je joins les doigts, lève les yeux

Je suis si pieux, béni des dieux,

Qu'avec toi, je touche les cieux!

Des pluies d'étoiles, yeux dans les yeux,

Tu m'éblouis, sauve-qui-peut!

 

J'suis ton toutou sur la carpette.

Tu m'en jettes plein les mirettes,

Je peux t'aimer à l'aveuglette!

Mais y'en a que pour ta binette!

Trop occupée par tes frisettes,

Par tes caprices de jeune coquette,

V'là qu'tu n'aim's plus mes yeux noisette.

 

Tu me reproches mes croquettes

Qui te coûtent les yeux de la tête!

Toutou doit quitter le fauteuil!

Et tu me détestes, à vue d'oeil!

L'amour n'est plus qu'un tape-à-l’œil!

Désormais, tu me tiens à l’œil!

 

J'avais bon pied, j'avais bon œil,

J'n'avais pas vu l'compas dans l’œil!

Enfoncé bien droit, jusqu'au coude!

J'n'ai plus d'honneur, rien qu'un baroud

Et pour un comble, c'est toi qui m'boudes!

 

Je n'avais pas le bon coup d’œil,

L'amour n'était qu'un trompe-l’œil!

Je n'aurais pas dû fermer l’œil

Et faire le mort dans mon cercueil!...

J'devais avoir l'alarme à l’œil

Et me méfier du mauvais œil!

 

Joue pas ta marquis' de Merteuil,

Fais pas ta poulard' demi-deuil!

Tu m'a mis les bois du chevreuil.

Je peux ravaler mon orgueil,

De ton amour porter le deuil!

 

Mon petit trèfle à quatre feuilles,

Tu m'as mis le cœur en mille-feuille!

Notre union a bien trop d’écueils

Notre ros' peu à peu s'effeuille

Se ride et fan' comme un cerfeuil!

 

Mon cœur n'est plus qu'une déroute!

Ton amour se donne au compte-gouttes

Malheureusement, je n'y vois goutte!

A un petit doigt près, sans doute,

Notre passion était majeure!

 

Il ne lui rest' qu'un doigt d'honneur,

Dressé au ciel, en cris vengeurs!

Faut-il y voir le doigt de Dieu

Qui nous met à l'index, aux cieux,

Roulant devant nous ses gros yeux,

En nous fixant dans l'blanc des yeux?

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Grammaire En parenthèses 2/9

Publié le par modimodi

En parenthèses

 

Je n'ai pas les méning's d'Hercule !

En français, je suis ridicule !

Y'a trop d'exceptions, de formules !

Devant la langue, je capitule !

 

J'ai une aversion majuscule

Et une volonté minuscule.

Y'a trop d'erreurs que je cumule

Avec la grâce d'une libellule !

 

Tous mes maîtres sont incrédules :

Je rêvasse et je coince la bulle,

Je m'amuse et je gesticule...

C'est mieux que d'mettr' des virgules !

 

Je suis un pauvre funambule,

Y'a trop de règles qui pullulent.

J'les bouscule, j'en perds mon pendule,

Je m'en balance et je bascule.

 

V'là que j'm'agite sur ma chaise,

Thérèse m'a mis un'punaise !

Oui, j'dois écrire en anglaise

Et mêm' apprendr' la Marseillaise !

 

Je ne suis pas bien à l'aise !

Tous ces mots qu'il faut que je pèse,

Ces fautes qui ramènent leur fraise !

À la douzaine, moi, j'en prends treize.

 

Crime de majesté, à l'aise,

C'est le beau parler que je lèse.

Je mix' les mots en mayonnaise,

Langue française, sauce béarnaise !

 

J'fais des lapsus, je l'ai mauvaise,

Il vaudrait mieux que je me taise.

J'ai un phrasé de steeple chase,

J'fais partie de la crème anglaise !

 

Sorry ! My God ! Y'a pas d'malaise ! 

Je n'mérit' pas le Père La Chaise,

Je vais me mettre en parenthèses !

C'est bien pratiqu' pour mes fadaises !

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Mystères

Publié le par modimodi

Les vieux tableaux, mis à l'index entrent-ils dans la légende de l'amour, sans avoir eu droit au chapitre?

Les callipyges trouvent-elles des poires pour les appeler Madame?

Ceux qui l'ont dans le Q doivent-ils le prendre au pied de la lettre ou protéger leurs arrières?

La danse macabre se danse-t-elle mieux ivre-mort?

Pour un puits de science, la vérité qui sort du puits coule-t-elle de source?

L'amour qui écume vous rend-il amer et plein de vague à l'âme?

A l'article de la mort, la vie fait-elle encore la loi ou n'est-elle déjà plus que chronique?

Si depuis le Paradis, la femme est un péché, vaut-il mieux tomber dessus ou dedans?

Est-ce que les plus beaux yeux du monde vous feront boire le bouillon?

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Empoté 2/3

Publié le par modimodi

Tu n'sais pas compter jusqu’à trois,

Tu n'sais rien fair' de tes dix doigts,

Tes constructions sont de guingois,

T'as le talent d'un maladroit !

Tu es partout mis à l'index,

Chacun est devant toi perplexe,

Tu manques de bons vieux réflexes !

 

T'as un moral d'acier trempé

Mais on croirait que t'es rouillé !

T'es un'momie, un empaillé,

Quand est-c' que tu vas t'réveiller ?

 

Avant même que tu n'décèdes,

J'te trouve déjà bien trop raide !

Tu passes pour un grand timide

Mais en fait, t'es bien trop rigide !

C'est sûr, que tu cours à ta perte,

Si tu restes ainsi inerte !

 

Car avant mêm' qu'on dise : il fut

Tu étais déjà tout confus !

Souviens-toi du temps de l'école :

Tu prends plein d'colles et de torgnoles,

T'as les épaules qui dégringolent,

Ta tête flageole, com' tes guibolles.

T'as jamais l'esprit qui décolle.

 

Devant toi, ton maître est inquiet,

Tu bafouilles, tant tu es troublé.

Tu bredouilles ton alphabet,

Tu récites comme un benêt.

Entre l'alpha et l'oméga,

Tu occup' la plac' du bêta !

 

Tu accumules, échec et bourdes,

Tu ferais bâiller les palourdes,

Heureusement qu'elles sont sourdes !

T'as la tête, comme une coucourde !

Pour ne plus passer pour un'gourde,

Faut la remplir avec l'eau d'Lourdes !

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Goutte-à-goutte

Publié le par modimodi

Si, comme le dit le proverbe, c'est "la goutte d'eau qui fait déborder le vase", moi, je ne crains rien. Je n'ai pas la tête dans l'amphore, je ne finirais pas cassée au mont Testaccio ! Non ! Mes amis, je ne me noie pas dans une goutte d'huile, de vin ou d'eau, je passe entre les gouttes.

De gouttes de lait maternel en gouttes de miel, je fais offrandes antiques aux dieux d'ici et d'au-delà. Qu'ils me donnent l'ambroisie pour l'éternité !... D'ailleurs, j'espère toujours que mes mots en aient la douceur distillée et qu'ils soient un baume, de douce heure pour mes lecteurs. Suivez-moi, prenez sans vous mettre en nage, ma petite voix d'eau !

Voyez ! Jusqu'à ce jour, l'inspiration s'est instillée en moi, au goutte-à-goutte. Nulle crainte de la panne sèche ! Point de gouttes de sueur perlant pour rien au front, humectant mes lauriers ! Point de supplice de la goutte d'eau qui viendrait s'écraser sur vous avec la régularité du métronome. Point de torture !... "Plus fait douceur que violence !"

Bienfaisante petite goutte de sang de ma veine d'écrivain ! Elle rougit ma page et rosit à vos joues qui s'empourprent parfois de mes royales audaces ! Entre vous et moi, c'est ce lien du sang qui carmine nos joies des coquelicots messicoles. Oui ! J'aime quand vous venez moissonner les champs de blés mûrs, aux grains de mes mots ronds et chauds de soleil ! Je rêve avec vous !... Je vous entends sonner, de votre crête rouge, le réveil de mes matins d'été. Vous vous épanouissez en mon cœur, impressionnant de mille pavots, le tapis de promenade de Claude Monet !

Elle vous paraît sans doute fragile et inoffensive, cette gouttelette rubis sur l'ongle de ma main, de bon ou mauvais écrivain ! Détrompez-vous, amis ! Si elle ne fait pas déborder le vase de l'inspiration, elle a la force de creuser le roc de ma tête, d'humecter le désert de mes idées arides, de faire germer mes pensées les plus profondes, d'émulsionner le style et l'expression.

La moindre goutte d'encre me met à la tâche, en état de grâces parfois fécondes. Elle macule mes doigts semeurs d'espoir, de troubles et d'étrange... Je veille à ne pas dégouliner pour autant de bons sentiments huileux pour vieilles salades littéraires. Je dégoutte en versant sang et eau et je l'espère, sans trop vous dégoûter ni même vous bassiner, à la longue !

Je ne voudrais pas non plus mettre la moindre goutte d'eau dans le gaz, ni de citron dans l'huître. Mes lecteurs peuvent tout à loisir, éteindre ma flamme, exploser ou bâiller. S'ils s'ennuient, je leur offre bien sûr une goutte qui coule de sources de joie et de jouvence. Je les brumise de quelques aspersions de gouttelettes de bonne humeur patiemment cultivée par de multiples irrigations dans mes trouvailles fantaisistes. Qu'ils pensent comme moi, toujours à l'ubuesque Alfred Jarry qui disait : " L'eau, liquide si impur qu'une seule goutte suffit pour troubler l'absinthe !"

Amis de mes libations littéraires, je vous rassure ! N'ayez pas le mal de l'amer à boire. Pas de tempête dans mon encrier, mon verre d'eau ou mon tonneau !  Je sais mettre de l'eau dans mon vin. Et quand Bacchus me met l'eau à la bouche de son divin nectar, j'en tire avec ivresse des larmes que je vous offre de déguster en millier de lichettes ! Mais attention à la goutte qui fait déborder le nase quand il a abusé du grand "château la pompe" ! Le mauvais humour m'évite peut-être d'être insipide ! ... 

Je suis un pieux dévot des vignes du Seigneur mais je ne fais pas pour autant de neuvaines ! Ma mise à l'épreuve spirituelle m'a éloigné des spiritueux plaisirs de la Chartreuse, de la trappiste et de la Bénédictine. Ma crise de conscience et de foi m'a ainsi protégé des crises de foie et de goutte. J'ai provisoirement épargné mes articulations et mes neurones !

Mon catéchisme de bon vivant a le même credo pour l'eau bénite que pour l'eau de vie que je vous incite à prendre jusqu'à la dernière goutte et jusqu'à la dernière minute !... Enfin, dans ces eaux-là !...

Prenez le temps de laisser glisser le bateau de papier de vos rêves avec l'eau qui coule tranquillement sous les ponts. Capitaines, ô capitaines des saute-ruisseaux, veillez simplement à ne pas boire la tasse ou à naufrager dans la mauvaise flaque, avant de lever l'ancre ! 

Au fond, lecteurs de passage, je suis, peut-être comme vous, un éternel adolescent, dans les nuages ! Alors, considérez cette raison comme supplémentaire et suffisante pour éviter de crever trop vite et de tomber de la dernière pluie, en criant après moi, le déluge !

Avant, l'heure fatale de la dernière goutte d'élixir, faites comme votre trublion de la plume de l'ange de Lumière !...J'aurais, je l'espère, appris durant ma vie, à me protéger des inévitables intempéries et à ne pas nager en eau trouble. J'aurais veillé à ne pas trop me mouiller en passant entre les gouttes des douches froides. J'aurais aussi tenté de garder mon cœur à l'abri des gouttes de feu ou des pluies de cendres de quelques amours volcaniques.

Aujourd'hui, que mon puits n'est pas encore à sec, à cette heure vespérale, où l'existence m'aura donné l'expérience et la sagesse d'aimer la lumière qui décroît, je sais que j'ai encore à transmettre ma goutte d'eau pure tombée du ciel. Oui ! Comme le dit, un proverbe africain : " Le vieil éléphant sait où trouver de l'eau. " Je vous y emmène...

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