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La belle et la bête

Publié le par modimodi

L'usage affirme, sois belle et tais-toi !

Moi, j'en connais beaucoup trop qui ont choisi.

Elles s'entretiennent et parlent, de leurs grains de beauté, des dernières tendances glamour, des maillots de bain 2 pièces et du bikini imprimé fleuri, acheté pour l'été. Tout nouveau, tout beau ! Elles causent et bêlent ainsi, toujours de plus belle, de la mode et des collections, enfin de tout et de rien !

Enfin, de ce petit presque rien, qui rassure et qui permet d'appeler Charme, ce qui manque à la Beauté...

Sortie du bain parfumé au jasmin, la peau encore perlée, la belle sourit aux anges de se voir si belle en ce miroir ! Vivement demain, les vacances, enfin ! Du bon temps édénique, un avant-goût terrestre de divin paradis !

Elle en a rêvé, toute l'année ! Elle s'y est préparée par des séances d'UV. Elle le sait, sur la plage, la belle, comme un ange, va attirer le bonheur céleste ! Pas un beau ténébreux, voué aux coups de foudre, non ! Un bel Adonis, callipyge joufflu, aux yeux bleus et au regard d'ange !

Elle s'avance sur le sable, lumineuse, éclatante, somptueuse et fatale. Elle s'allonge, languide, radieuse Vénus, offerte à Phébus ! Elle est ardente, éblouissante, belle comme un astre ! Calme, sereine, dans le silence intérieur de son cœur, un ange passe.

C'est alors, qu'un bon petit diable, déguisé en charmant Chérubin, déploie ses ailes et son zèle. Il l'enchante, la louange de compliments et de promesses. De sa plus belle plume, il trace sur le sable, un cœur fléché avec ces mots : MON ANGE !

Elle est son ange du ciel. Elle est irréelle, incomparable, éthérée et spirituelle ! Il lui certifie en rougissant, ne pas s'intéresser au sexe, uniquement à sa beauté céleste !... Il l'exalte, elle est dans toute sa grâce auréolée, son ange de douceur et de vertu, l'ange gardien de son cœur. Il lui donne sa ferveur, il se brûle les ailes, lui embrase le cœur !

Il la monte en bateau et rame pour être convaincant ! Elle est du signe de la Vierge ! De laudes en angélus, il multiplie ses dévotions. Avec une patience d'ange, il lui affirme que ses charmes délicieux le mettent aux anges, tout en pensant, qu'ils le portent... au nu ! Il la voudrait, offerte, abandonnée, lascive, emportée au firmament, pour tutoyer les anges. Il se voit prince de cœur dans l'empire de ses sens.

Charmée et transportée à son tour, l'angélique pascalienne, confondant Dieu et l'arc-ange Cupidon, lui donne alors sa foi et bien plus ! Elle résout enfin, avec bonheur, l'énigme du sexe des anges et fait, en tant que rayonnante, "stella maris", la liaison entre le ciel et la terre. Il la lui avait promise, elle a décroché la lune. Doux Jésus, que sa joie demeure !

Il est magnifique, il a le port royal ! A l'aise Blaise ! Au septième ciel de son lit étoilé, la belle Néréide est aux anges et en oublie toute Pensée : "Qui fait l'ange, fait la bête." Pas la bête à Bon Dieu ! Non ! La petite bête qui monte, qui monte... la bête à deux dos !

Alors, après mille baisers salés et quelques marées, l'amour fait reflux. Après lui en avoir tendrement conté, de bien belles, après l'avoir plumée et après avoir assidûment épuisé, au plumard, tous les charmes de sa charmante et belle, la bête se fait la belle !

C'est l'été ! D'autres belles-de-jour, d'autres belles-de-nuit, légères comme plumes au vent, l'attendent pour jouer des mirettes et des gambettes, pour succomber au charme toxique de l'amour. Ah, bella donna !

Car l'ange lassé du point G, n'est plus qu'un âne, voué aux seins et aux bonnets ! L'amour estival, trop beau pour être vrai, n'était bâti que sur le sable où il ne reste que l'amer à boire et les souvenirs à boucler dans les valises... Enfin, si la belle s'embête, elle aura, tout l'hiver, pour rêver au bellâtre, en train de se remplumer et de bûcher avec ardeur, au coin d'un bel âtre, son sujet d'ange séducteur !

 

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Perrault raison 1/3

Publié le par modimodi

Deux commères faibles de raison

Mais expertes en péroraisons,

Prises de fièvre et de vapeurs

M'ont demandé d'un air trompeur,

D'une ferveur plutôt hostile

De changer de ton et de style.

 

Dois-je garder l'humeur rieuse

Quand une sotte précieuse,

Façonnée de simple coquette

Cabotine, cancane et caquette,

Parée des plumes de la bêtise

Avec un geai fort en sottises ?

 

Sans doute, chiffonné et aigri,

Perrault déjà l'avait écrit :

 

"Il est des gens de qui l'esprit guindé,

Sous un front jamais déridé,

Ne souffre, n'approuve et n'estime

Que le pompeux et le sublime." (1)

 

Souffrez donc qu'à vos ridicules,

Je mette vos tares en bascule,

Que de vos sornettes affichées,

Je conserve le trébuchet.

 

Comme bons contes font bons amis,

Les navets, le salmigondis,

Nul souci que vous goûterez

Ces allégories acérées.

Je ne résiste point ma foi

Au plaisir, d'il était une fois

Vous conter, trouvère et héraut

Les morales du bon Perrault.

 

Chaperon rouge, mon petit ange !

"Ce n'est pas une chose étrange

S'il en est tant que le loup mange.

Je dis le loup, car tous les loups

Ne sont de la même sorte ;

Il en est d'une humeur accorte,

Sans bruit, sans fiel et sans courroux,

Qui privés, complaisants et doux,

Suivent les jeunes Demoiselles

Jusque dans les maisons, jusque dans les ruelles ;

Mais hélas ! Qui ne sait que ces loups doucereux,

De tous les loups sont les plus dangereux." (2)

...

1) Peau d'âne. Prologue

2) Le Petit Chaperon Rouge. Moralité

 

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Lettre aux marchands de soupe 1/3

Publié le par modimodi

Me voilà bien embêté ! Après avoir écrit une lettre au marchand de sable, je viens de recevoir une protestation de la confrérie des marchands de soupe, me reprochant une concurrence déloyale en faveur d'une catégorie minoritaire, déjà privilégiée ! Ah ! Ils n'y vont pas avec le dos de la cuillère en me traitant de jeteur de poudre aux yeux !

Dois-je, moi le pacifiste, faire parler la poudre qu'on m'attribue et y mettre le feu au risque de me retrouver sur le sable ? Prendrais-je plutôt la poudre d'escampette ou donnerais-je suite à cette humeur épistolaire ?

En effet, je trouve plutôt louche et bien pleine, cette revendication de quelques militants qui ont brutalement les nerfs à fleur de pot-au-feu... Mais en même temps, je n'aime pas les soupes aux nouilles emmêlées et je ne tiens pas non plus à être importuné et bassiné davantage. Je ne veux pas devenir leur matière première, finir par exemple avec la rate au court bouillon ou le nez éclaté, en pied de marmite !

Je vais donc faire la promo des gros pleins de soupe et des soupes au lait ! Je sais bien que demain, je m'expose à la surenchère des marchands de tapis ou autres commerçants bouillonnants d'exigences, mais qu'importe ! Il n'est pas encore né celui qui me mettra un jour, dans le potage !

Alors oui, je vous invite tous à manger de la soupe ! Ça fait grandir ! Faites-le à toute heure du jour ou de la nuit, mais évitez le bouillon d'onze heures, paraît-il moins digeste ! Le meilleur de tous est incontestablement le grand bouillon de culture mais les bons vendeurs se font rares ! Certains ont le melon et n'invitent que des auteurs à radis et oseille. Le brouet aux courges et la soupe aux navets sont les plus prisés et celle à la grimace la plus souvent commercialisée.

Messieurs les marchands de soupe, vous l'avez demandé, prenez donc le temps de lire ma lettre épaisse comme un minestrone ! 

Vous devez le savoir. Mon beau pays de promesses a un gouvernement avec plusieurs grands ministres, tous spécialistes dans leur domaine, des grosses légumes diplômées des grands potagers de l’État, des marchands de soupe populaire ! Des livres de recettes détaillent même par le menu comment tremper la soupe quand le pain est sur la planche.

Le problème, c'est qu'il y a plus de pâte dans le pétrin que de pain au four ! Le moral est rassis et le pain sec ! Faire des annonces et des prévisions à enfourner dans la crédulité béante et chauffée à blanc, certes, ça ne mange pas de pain mais ça ne nourrit pas non plus son homme !

Les marmitons de la République sont toujours prêts pour faire mijoter les citoyens au bain-marie. Les maîtres-queux de la politique veulent sans cesse les plonger dans le bain de vapeurs de leur fièvre électorale. Par ici, la bonne soupe ! Si vous avez du bol, alors ils se ramènent vite, jusqu'à vous ! Ils sont prêts à vous la servir, même si certains n'ont pas hésité auparavant à cracher dedans !

Pour aller à la soupe, c'est d'ailleurs, au clairon, sonnant la charge, qu'ils affichent des bouilles à baisse d'impôts ! La rouille ou la dérouillée ! Au menu : touille et ratatouille, salade niçoise et galéjades ! Mais le must des spécialités gastronomiques reste bien sûr la célèbre sardine bouchant le port de Marseille !... Oh Bonne Mère !

 

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Battements d'ailes 1/2

Publié le par modimodi

Ma colombe, ma dame-oiselle,

Je vous aime à tire d'ailes !

J'accours pour la bagatelle,

Pour vos froufrous, vos dentelles,

Votre coquin porte-jarretelles,

Votre peau parfum cannelle !

 

Mon oiseau de l'arc-en-ciel,

J'veux d'l'amour, du passionnel,

J'veux d'l'extase intemporelle,

J'veux du feu, des étincelles

J'veux vos bas pour une échelle

Qui grimp' jusqu'au 7ème ciel !

 

Ma douce, mon hirondelle,

J'ai du zèle plein mes ailes !

Je veux bien que l'on s'emmêle

Pour danser la tarentelle

Avec tout's les colombelles,

Palombes et bartavelles.

 

J'veux du bonheur, plein mes ailes,

Comme sur les coccinelles,

Sous l'odorante tonnelle,

Qui dansent en ribambelle,

Au cœur d'or des immortelles,

Ou des blanches asphodèles.

 

Mais pas de vaine querelle,

Vous chantez comme un' crécelle !

Vous grincez comm' cent sauterelles,

Hannetons et cicindèles,

En m'aimant à crincrin d'ailes !

C'est bien trop de décibels !

 

Je n'cours pas la tourterelle,

La fausse vieille pucelle,

La roucouleuse d'hôtels

Qui s'fait chatte et sensuelle,

Offrant ses plaisirs charnels

Pour s'faire conduire à l'autel !

 

Vous êtes mon Essence-ciel !

Un simple battement d'ailes,

Un unique frisson d'elles,

Est pour moi Providence-ciel !

Vous m'êtes Existence-ciel !

Mon ange, Référence-ciel !

 

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Détective privé

Publié le par modimodi

La nature l'avait pourvu d'un magnifique appendice nasal. Chaque fois qu'il pointait son nez, son profil lui donnait une longueur d'avance.

Ses camarades de classe, à l'âge des marionnettes, l'appelaient déjà Pinocchio. Au temps de leurs premières BD, ce fut Babar et aux exploits de cape et d'épée, ça lui pendait au nez, il était le grand Cyrano de Bergerac.

Lui, se passionnait plutôt pour Les Pieds Nickelés. L'aquilin Croquignol qui savait en filou, filer sous le nez était son héros préféré. Il s’entraînait dans l'espoir d'être assez souple pour pouvoir faire des pieds de nez.

C'est ainsi qu'à l'heure des jeux de gendarmes et de voleurs, lui vinrent les vocations de policier et de commissaire. Avec Hercule Poirot et Maigret, écloront celles d'enquêteur et d'inspecteur et enfin, avec Sherlock Holmes et Jack Palmer, celle de détective privé.

Il se voyait fin limier, allant le nez au vent et résolvant les doigts dans le nez, les grandes énigmes. A vue de nez, iI serait un pro éminent, s'il savait éviter que la porte du succès ne lui claque au nez et que la fausse information ne lui retombe dessus !

Hélas, il ne vit pas plus loin que le bout de son nez ! Il l'écrasa sur les dossiers sans sentir le moindre indice. Si détective privé, il fut, ce fut un détective, privé d'intuition, du moindre instinct, privé de clairvoyance. Le grand Sphinx au nez cassé !

Lui, que la nature avait généreusement gâté, en plantant une patate au milieu de son visage restait en plant. Lui, qui avait le nez comme une truffe, voilà qu'il manquait de flair ! Il mettait pourtant son nez dans les affaires mais trop souvent en vin et donc toujours en vain ! Il passait pour un clown au nez rouge.

Est-ce qu'aux âmes bien nez, la valeur n'attend pas le nombre des années ?

Hélas non ! Son avenir se cassa plus d'une fois le nez. En effet, incapable d'avoir le nez creux et de renifler les bonnes affaires, celles-ci lui passaient sous le nez. La chance avait, une bonne fois pour toutes, décidé de lui faire des pieds de nez, car même les plus forts suspects qui, à plein nez, sentaient le coup fourré, réussissaient à l'enrhumer, à l'enfumer et à passer au nez et à sa barbe.

Il faut être Edmond Rostand pour tirer les vers du Nez !

Et même avec le nez en pied de marmite, il ne fut pas non plus, en mesure de cuisiner les durs à cuire. Le milieu l'appela d'ailleurs Rantanplan ou Johny Blair, Pif gadget, le naze du nase ! La moutarde lui montait au nez et la déveine le menait par le bout du nez.

Avec le nez du Concorde, sa carrière ne décolla pas pour autant. Seul l'amour lui donna des ailes. Elle s'appelait Cléopâtra, rencontrée, nez à nez, sous un masque à Venise. Elle n'était pas mufle, ils se plurent et s'aimèrent. Leurs deux nez s'effleurèrent, il sentit le baiser. Dame Nature, la généreuse leur donna même de beaux nouveaux nez, quatre petits morveux aux nez qui coulent !

C'est la camarde enfin, qui l'emporta d'un rhume de cerveau et lui ferma au nez, la porte de la vie. Comble de l'ironie, il ne se sentit pas mourir et ne sut pas, si c'était, en odeur de sainteté.

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Narcisse 2/2

Publié le par modimodi

 

Vise un peu com' j'me selfite !

Regard' com' je me chichite !

Vois com' je m'ouistitite ! 

Ma vie est un ostensoir !

Je me dis Bonjour ! Bonsoir !

Croyez-moi ! Venez y voir !

 

Il suffit de le vouloir,

De s'éblouir de sa gloire...

Tu peux t'prendr' dans le miroir,

De ton reflet t'émouvoir,

Croir' que t'as un auditoire

Qui te donne de l'encensoir !

 

Narcisse connaît bien l'histoire

Du selfie dans la baignoire 

Il y broie encor' du noir !

Pour toi, pas d'amer à boire,

Tu veux vivr' l'instant présent

Que tu saisis sur l'instant.

 

Pour prouver que tu existes

Pas besoin d'être ubiquiste,

De te prendre pour le Christ,

Il suffit d'être iphoniste !

Tu te plantes dans le décor ;

D'un seul shoot, tu es raccord !

 

Plus d'album et plus de book,

Tu peux briller sur facebook !

Même avec une feuill' de vigne

Toi, tu peux te mettre en ligne,

T'es un viril sur le vif,

Il te suffit d'un seul GIF !

 

Abandonnant ta pudeur.

Tu peux t'afficher sur l'heure,

Sauter sur tout ce qui bouge.

Un âne ou un poisson rouge,

Tu vas les photographier !

"C'est toi, qui brais, bouche-bée ?"

 

T'as besoin d'être admiré !

Si tu croises une vedette,

Suffit de glisser ta tête

A côté de la starlette,

T'as ton duo de binettes,

A poster sur internet !

 

Tu veux tous les épater

Et n'pas être supplanté.

Tu l'auras ta vie rêvée :

Dev'nir une célébrité !

Pour l'heure, c'est l'hilarité !

Ça rigole dans les musées !

 

Tout le Louvre est en émoi.

On fait la noce à Cana,

Milo est restée sans bras,

La Joconde en est baba,

Supplantée par Nabila,

"Nom de nom ! Mais allô, quoi !"

 

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Le presse-purée : lettre à marraine Jeanne

Publié le par modimodi

Je passe ma vie à Menton à me presser le citron pour relever la fadeur de mes écrits. Je cherche à obtenir un jus acidulé pour piquer la curiosité de mes lecteurs. Mais certains qui sont aussi bêtes que leurs pieds me reprochent de faire plutôt du jus de chaussettes.

Tandis que je me fâche, d'autres me suggèrent plutôt d'écraser les raisins de ma colère et de donner de l'ivresse à mes propos. A tous ces fâcheux, j'ai bien envie de balancer la purée ! Oh ! Je ne parle pas de la purée septembrale du pressoir, chère à Rabelais. Cette cuvée-là, je la réserve en partage, aux amateurs de bon vin, pas à des bourrus, bouchés et agressifs. Ce serait négocier et me fouler en vain !

Non ! Je ne vais pas perdre mon temps en patati et patata pour ce tas de tubercules terre-à-terre qui passent leur temps à éplucher mes textes ! Je conseille plutôt à ces patates en robe des champs de s'écraser et de filer comme des rattes. Car je leur réserve le fouet et j'appuie moi-même sur leurs grosses têtes au carré !

Je leur réserve ma moulinette car je vais les réduire en purée ! Ensuite, ils pourront toujours venir ajouter leur grain de sel ! Mais qu'ils ne viennent pas se plaindre !... C'est même une récompense et un cadeau que je leur offre car j'ai gardé de mon enfance le doux souvenir du presse-purée, à grandes pattes d'araignée ! Quand l'ennui ou les tracas s'installent, son nom de passe-vite m'étonne voire me fascine encore aujourd'hui.

Je te revois Jeanne, ma jolie marraine, la main sur la boule rouge de la moulinette, tourner la manivelle. Moi, accroché à ton tablier, je voulais évidemment, sur la pointe des pieds, presser et malaxer avec toi. J'étais fasciné par les pommes de terre tièdes qui en passant dans les couteaux se comprimaient pour former une pâte compacte, mi-blanchâtre, mi-jaunâtre, de plus en plus fine, à chaque passage. Le lait et le beurre doux qui fondaient et s'amalgamaient au fur et à mesure rendaient l'ensemble peu à peu onctueux et crémeux ! Une délicieuse promesse...

J'ai conservé dans ma mémoire olfactive l'odeur douceâtre qui émanait du mélange de cette écrasée avec le parfum Cologne de ta nuque et de tes épaules, penchées sur le carrousel du moulin à légumes. Je garde vive la sensation sucrée au bout de mon doigt léché. Car le défi consistait à tromper ta vigilance pour furtivement glisser mon majeur sur les parois de l'appareil et ramener ainsi un bonbon de mousseline. Ce plaisir culinaire et alchimique participe encore aujourd'hui au bonheur sans mélange de mon enfance !

Aujourd'hui, c'est le temps qui passe vite, trop vite et qui malaxe les impressions et les images en ma mémoire. Je me presse dans mon époque ! Je peux chantonner la complainte du progrès de Boris Vian et célébrer : "la tourniquette à vinaigrette, le ratatine-ordures et le coupe-friture, le canon à patates et l'éventre-tomates."

J'ai remplacé mon presse-purée par un mixer et un blender ! Je me suis installé dans la vie. Je fais partie des grosses légumes, des huiles et des truffes avec lesquelles je fusionne et mitonne des potées d'activités. Mais avec lesquelles, je fais aussi des ratas et des ratés.

Purée de nous autres ! Sans avoir la tête comme une patate ni pris trop le melon, je brasse encore de l'air mondain et souvent des idées dans des cocktails. Je suis même parfois dans la panade et je dois alors compoter quelques pommes de discordes.

Au final, j'ai toujours su sortir des purées de pois et éviter de me retrouver dans les bouillies et les marmelades de tracas. Pourtant, imperceptiblement, je sens bien que c'est la vie qui me pressure. Je me tasse et je fonds lentement dans l'épaisseur des jours. Je touille dans mes souvenirs qui s'entassent et s'emmêlent en mon cœur. Je les panache et les métisse dans l'émotion de mes nuits blanches et mes nuits noires.

Par nostalgie, j'en garde encore parfois, un peu gros sur la patate, pourvu qu'elle demeure douce !

 

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L'amour vache

Publié le par modimodi

Notre histoire est une ménagerie !

C'est la cata, une vraie vacherie !

Tu te prends pour la vache qui rit !

On t'entend de la fromagerie !

 

Moi, j'm'attendais au Saint Esprit,

Au ramage et aux gazouillis

Des beaux oiseaux du Paradis,

Mais tu bavardes comme une pie !

 

Je t'ai appelée, ma perdrix,

Mon rossignol, mon colibri,

J'ai chanté comme un canari,

L'amour et ses pots-pourris !

 

Toi, tu m'as pris pour une perruche,

Et p'tit à p'tit pour une autruche.

J'suis ta p'luche et tes fanfreluches, 

Je m'suis fait enduire la baudruche.

 

Je voudrais m'suspendre à tes lèvres,

Alors n'me fais pas tourner chèvre !

N'me dis pas de fuir les dondons

Qui s'font friser comme des moutons !

 

Non ! Mon amour, ma p'tite caille,

Je ne fréquente pas la volaille,

Et encore moins le gros bétail.

Moi, je m'impatiente au bercail !

 

Mais t'es jalouse comm'cent coucous,

Faut qu'je file comme un p'tit toutou,

Le caniche du cirque de Moscou !

Tu m'tiens en laisse, faut que tu m'dresses,

Que j'disparaisse, réapparaisse

Battant papattes, de la grosse caisse ! 

Hier, tu m'offrais tes caresses

Aujourd'hui, tes griffes de tigresse !

 

Tu veux qu'je fasse des prouesses,

Que j'cavalcade avec noblesse.

 À ma crinière, t'as fait des tresses,

J'suis un baudet d'cirque en détresse !

Hier, tu m'appelais Fanfan,

Je devais te faire quatre enfants.

Aujourd'hui, tu m'traites d'éléphant.

Je dois me remuer tout l'temps !

 

Tu me prends pour ton chameau,

Faut que je bosse, t'es sur mon dos !

J'suis mêm'ton zèbre, maillot rayures

Car pour une fâcheuse éraflure :

J'dois refaire toute la peinture !

Plus le temps d'dormir comme un loir

Ou j'finis à la rôtissoire

Comme un bon gros magret d'canard !

 

Oublié, le temps des aubades !

J'suis ta bête noire, ta régalade,

Je suis ton bœuf et ta croustade,

Tu me cuisines à l'estouffade,

Tu vas m'finir en carbonnade !

Pas un jour, tu ne fais relâche,

J'voudrais simplement qu'tu m'lâches !

Je n'en peux plus de cet amour vache !

 

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La bourse ou la vie

Publié le par modimodi

 

Aujourd'hui, tout se marchande et se paye. Dans cette époque de hold-up permanent des valeurs morales, au sein d'une société désorientée, plus dans les tics et le toc que dans l'éthique en mastoc, "la bourse ou la vie" reste le slogan qui prépare les futurs contribuables aux mille et vains efforts de la nation.

Inutile de voler la caisse de ce vieil État, hier appelé Providence ! Celle-ci est claire et vide un peu partout : épargne, prévoyance, retraite, secours, allocations en tout genre, indemnisations, aides gouvernementales, etc. C'est l'assurance maladie pour tous nos espoirs en dépôts et consignations ou faillitaires !

Pour notre malheur, avec les infortunés opposants aux lettres classiques, à présent, nous décomptons et déclinons. Finies les œuvres (traduction latine d'opera), terminés les poèmes de "quat'sous" ! En effet, si my taylor is rich, mon vers l'est aussi : l'auto rime avec loto, l'été avec Léthé et ces excès sont insensés, rien qu'à penser aux vahinés, ou c'est inné ou c'est gonflé... Poète à perpète !

Ainsi formé, dans les transes, actions cotées ou non, l'Homme qu'on voudrait moderne hésite toujours entre activiste d'actions directes et actionnaire d'actions mobilières. Qu'il joue ou qu'il paye à cache-cash, somme toute, il est content et pour le reste, il se croit même un crack entre deux Krachs.

Ne le prenez pas en grippe, il a déjà la Covid et les variants de tous les pays ! Dans un pêle-mêle d'actes rarement gratuits, le chef d’État veut bien, coûte que coûte, faire contre mauvaise fortune, bon cœur. En prenant un ton "emprunté", il déconfine les milliards et joue allègrement avec les pourcentages du PIB et de la dette. Quand l'épidémie recule le déficit augmente, mais "à la guerre comme à la guerre !" dit-il.

Brave frère humain ! Le cœur gonflé sous le portefeuille plus souvent que sur la main, l'Homme, éternel comédien d'un bonheur éphémère a oublié que la vie n'était que comédie. Pathelin de sa propre farce, il a pris au sérieux ces mélis-mélos, mélodrames. Bouc-émissaire de sa propre tragédie, il a oublié que le drame au sens étymologique du "drama", donc de l'action était d'abord un art de l'intérieur et de l’être.

Faute de quoi sa destinée le meut, l'émeut, l'agite. Il croit être libre de désirs, de volonté, d'actions et de réactions. Mais tout n'est que mirage au désert des vaines prétentions où passe la caravane de ses illusions de paraître, évanouies avec la brume au lever des réalités. Seule la vie est active et invente des scénarios. Action ! Moteur ! Entre ses clips et ses claps, au cinéma de son ennui, l'Homme est un acteur plus agité, qu'agissant.

Parfois, faute d'avoir trouvé le mobile de l'action, il pousse le crime à ne rien faire. Oisif, paresseux, il tue le temps en silence, préférant l'or à l'argent. Riche d'intentions, prodigue en projets, économe de résolutions, il thésaurise, dernier Crésus de ses envies inassouvies dans l'évanescence du bon temps.

Évidemment, en cette époque décadente, dans la décomposition spirituelle et morale et l'insatisfaction grandissante, l'écrivain fait partie de ce maelström social. Il agit et se bat avec des mots et des idées dérisoires, parfois sans queue ni tête comme des iules au milieu de ses virgules, des blancs dans ses phrases. Il est toujours un mauvais élève à l'école de la vie.

Bien sûr, depuis la Genèse, en amour comme en poésie, les vers sont dans le fruit. Adam rime avec "bosse Adam !", quand Ève le prend pour une pomme ou "brosse Adam !", quand il est sur les dents !

Que chacun se rassure donc, ce billet d'escompte, sans intérêt ne concerne personne... Quoique, quoique !... Notre existence ne se déroule pas exclusivement, à l'intérieur de nos limites hexagonales. La politique économique n'a pas de frontières, elle nous impacte dans la vie de tous les jours !

Est-ce que Rosbeef, ça rime avec naïf ? Brexit ! Frexit ! Ça rime avec déficit ? Qu'est-ce qui incite ou qui excite ? Un kopeck pour un dollar ! Un franc pour un euro ! Vive l'Europe ! Mais au final, qui est-ce qui a été EU ? Demandez aux pêcheurs français ! Quel chahut dans les chaluts !

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Narcisse 1/2

Publié le par modimodi

Adieu ! Belle époque argentique

De tant de clichés héroïques !

Vive l'ère du numérique,

Pose reflex, automatique.

 

Pour capturer l'authentique,

Il suffit d'un simple Clic !

Pour afficher ta plastique,

Plus de ticket choc ou chic,

Il est partout ton public !

Il se fout de l'esthétique,

Il erre entre deux déclics

Du plaisir photographique.

 

Toi, tu es photomimique,

T'es addict et frénétique,

Tu es iconographique,

T'as la folie spasmodique !

T'appuies, t'appuies, c'est un tic !

Tu prends tes clacs et tes clics,

Tirs de zooms égocentriques

Directs, en Mémory Stick !

 

Fi de la dramaturgie !

Tu n'vas pas t'noyer ici,

Dans l'amer et les chichis

Ou les lacrima-christi

Des transis introvertis.

C'n'est pas d'la mythologie

Du barocco à Lulli,

C'est du Nadar garanti !

 

Narcisse est tout réjoui

De son corpus delicti !

Il peut s'aimer à l'envi

D'un désir inassouvi.

C'est la folie du selfie !

Nouvelle psychologie,

Nouveau modus vivendi

De l'égotiste ébaubi !

 

Vive l'érotomanie

Et l'auto-télépathie !

Avec toi, tu communies,

C'est à toi que tu souris

D'un maxi ouistiti !

Tu l'as ton autoportrait,

Tu peux t' kiffer trait pour trait

Tu te trouv' plus que parfait !

 

Tu t'admires de bas en haut,

En photo, dans le rétro,

Tu te trouves dix fois plus beau

Que sur les réseaux sociaux !

Tu t'souris devant la glace,

Cett' fois, tu la tiens la classe !

Ouvre bien grands tes deux châsses,

Plus person' ne te surpasse !

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