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Calcul mental La tirelire 1/3

Publié le par modimodi

La tirelire

 

J'en ai plein le cartable,

Des nombres et des tables.

Je compte sur mes doigts

J'pose dix, je retiens trois.

Ai-j' plus ou moins d'bonbons ?

J'comprends pas la question !

 

Addition, soustraction ?

Je mélange les notions,

J'm'trompe d’opération,

J'trouve pas la solution !

J'demand'rai à Gaston

A la récréation !

 

J'l'ai encore mal posée !

J'vais encore me tromper

Et me faire gronder.

Je n'sais pas aligner,

Je préfère semer

Mes nombres par paquets !

 

Surtout qu'c'est pour compter

Carottes et navets !

En plus d'être écolier

Faut être jardinier !

Je vais fair' la neuvaine

Des zéros à la chaîne !

 

Je ne me tromp' jamais,

Quand c'est maman qui met

Des sous dans ma tirelire.

J'commenc' juste à pâlir

Quand on m'parle de déduire

Au lieu de m'la remplir !

 

Aujourd'hui, j'ai d'la veine !

J'ai appris les dizaines

J'en connais la rengaine !

C'est une bonne aubaine,

Je calcule en quinzaine,

En vingtaine et trentaine.

 

J's'rai plus en quarantaine !

D'un treize à la douzaine,

J'arriv' même aux centaines.

J'vais gonfler ma moyenne

Sans me donner de peine !

Je n's'rai plus à la traîne !

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Boules de comme

Publié le par modimodi

La vie, c'est comme la pensée, fugace.

L'amour, c'est comme l'hérésie, il attire les infidèles.

La mort, c'est comme les blés, réservés pour la gerbe... épis, et pis, c'est tout!

La vie, c'est comme le textile, c'est bien coton de ne pas perdre le fil.

L'homme, c'est comme la bruyère, il fait le coq pour une pipe.

La femme, c'est comme les tapis, ça convient aux carpettes, sinon qu'elles se brossent!

L'amour, c'est comme les chaînes, on s'enlace et on s'en lasse.

La mort, c'est comme la mousse, de la bière à la pierre.

Le sexe, c'est comme les escaliers, ça marche mieux avec des paliers.

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Bip ! Bip ! 1/2

Publié le par modimodi

Ah ! Sacré nom d'une pipe !

Va falloir que j'm'agrippe

A tes fripes, à tes nippes

Tu vas trop vite, Bip ! Bip !

Tu r'mues, t'as la bougeotte,

Tu sautes, tu gigotes,

T'as le prix ravigote

D'la course à l'échalote !

 

Pas le temps de traîner

D'lambiner, d't'arrêter

Tu es overbooké,

Jusqu'à la fin d'l'année !

On dit qu't'es agité,

Frénétique, excité,

Speedé pour la journée !

 

Pas le temps d'fignoler

Emballé, c'est pesé,

Même à moitié bâclé !

T'es si précipité,

Qu'on n'te voit pas passer.

Express et T G V,

Tu vas me décoiffer !

 

Pour être le premier.

T'as mis l'feu au plancher,

On t'appell' la fusée !

Tu es électrisé,

Constamment survolté !

Ton câble va péter

Tous tes plombs vont cramer !

Tu vas carboniser

T'en aller en fumée !

 

Pas d'temps pour un bisou,

T'es sur les chapeaux d'roue!

Pas d'temps pour un couscous,

Tu manges sur le pouce

!

Pas d'paresse, en vitesse

Et tout en maladresses !

Jeunesse ou bien vieillesse,

Tu brûles la politesse !

 

Hyperspeed, t'es aux pièces

Comme un attaché d'presse !

T'as pas un poil de graisse,

Pour toi plaire aux gonzesses !

 

Tu presses et tu t'empresses,

Tu roules à fond la caisse,

T'as mis tes feux d'détresse,

On dit qu't'as l'feu au fesses !

 

Jamais au dépourvu,

Sans arrêt à l’affût,

T'adores l'imprévu,

Tu lui sautes dessus,

Cours, cornes rabattues,

Plus vite qu'un zébu,

On dit qu't'as le feu au c... !

 

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Le tort des absents 1/2

Publié le par modimodi

Ah! Elle a eu sûrement raison, la belle Cléopâtre de montrer à César le bout de son nez ! Par amour, il la fera reine d’Égypte. Ah, bon sang de bois qui ne saurait mentir ! Il a peut être eu moins de chance, notre brave Pinocchio de se présenter au nez et à la barbe de Gepetto, à son établi et sous son maillet créatif!

Quoique! N'est-il pas devenu par son nez qui remue, un héros légendaire ? Et, n'est-il pas encore plus plaisant de penser que, grâce à lui, la vérité peut désormais se découvrir nez à nez et même s'apercevoir à vue de nez !... Si nous étions soumis à ce verdict nasal, je connais plus d'un amant bonimenteur qui en embrassant sur la bouche mettrait aussitôt le nez dans l’œil !

Apparemment dans l'existence, pour donner prise à la réalité, il faut pouvoir se manifester et donner une preuve matérielle et tangible de sa présence. Il faut que l'autre se casse le nez dessus. Certains pourront comme moi faire une référence d'indulgence plénière à la foi de l'incrédule Saint Thomas, qui lui, "ne croit qu'à ce qu'il voit."

Plus d'un bon apôtre de mes amis procède ainsi !... En l’occurrence, il ne suffit pas de ressusciter, d'apparaître puis de disparaître pour créer la preuve de l'existence et du miracle. Il faut a minima laisser une impression, même de déjà-vu ! Recueillir le témoignage de ceux qui sont sur place est un luxe d'annales historiques !

Et sait-on jamais! Des revenants pourraient en abuser. Le marché locatif des grottes serait alors en pleine expansion! Je vois bien sur les routes béarnaises, ces encarts publicitaires : " Profitez de nos locations saisonnières pour vos apparitions mariales ! Tarif préférentiel pour les vierges sur le retour ! "...

Par contre, profession solennelle d'iconoclaste, je proclame ici, le respect et la dévotion envers les saints et les saintes Nitouche ! ]

 

Persévérer dans la foi en l'autre, tout en connaissant le doute, est une preuve, soit d'amour, soit de naïveté !

Dans le même esprit, je voudrais encore plus simplement commenter avec vous le proverbe de Destouches : "Les absents ont toujours tort !"... A l'école de la vie et de ses plaisirs, je l'ai maintes fois éprouvé. Si je n'ai pas eu de gâteau, de bonbons ou d'étrennes, c'est parce que je n'étais pas présent au moment de la distribution... Ah ! la bonne excuse qui donne bonne conscience !

Je trouve et peut-être vous aussi, que cette expression est d'ailleurs raide comme la justice ! Elle vous met en garde. Si vous n'êtes pas à la barre pour plaider votre bonne foi, les autres vous chargeront ! Un risque à courir !... Et soit dit en passant, comme le suggérait un humoriste de mes amis : "Si les absents ont toujours tort, pourquoi voudriez-vous que les accusés se lèvent ?"

Pour se défendre, il est vrai qu'il vaut mieux, en général faire face à l'accusation ! Heureusement, la profession d'avocat vous permet de vous abstenir en vous faisant représenter. Dans certains cas, la non comparution n'est pas une contumace mais un choix réfléchi. L'attitude de défection peut être préférable, à condition d'avoir choisi le bon avocat du diable qui répond pour vous de vos fautes les plus infernales. N'en déplaise donc à l'opinion, vous pouvez être absent et tout de même avoir raison !

A moins de rédiger des aveux, celui qui utilise sa plume réquisitoriale ou pamphlétaire ne fait pas partie des coupables. Présent et grand témoin pour ses contemporains, il se donne le beau rôle à faire entendre raison. D'aucuns penseront ici au célèbre : "J'accuse !" de E. Zola.

Gardez donc toujours méfiance ! Les mauvaises langues vous le prouvent. il suffit que vous ayez le dos tourné pour qu'en votre absence, on vous raille et qu'on médise. Nous avons tous en référence l'air de la calomnie du "Barbier de Séville", chez Beaumarchais.... Troublante actualité, d'ailleurs : "Croyez qu'il n'y a pas de plate méchanceté, pas d'horreurs, pas de conte absurde qu'on ne fasse adopter aux oisifs d'une grande ville, en s'y prenant bien..."

Là, pour les coups de plume, de langue ou de dent, les absents ont vraiment tort. La rumeur dans le silence radio est souvent celle de radio-couloirs, radio-trottoirs... Et nous marchons, l'esprit hanté !

 

 

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A fleur de peau 1/2

Publié le par modimodi

Mes amis, vous le savez, inutile de me tanner, je peaufine mes textes ! J'ai l'application besogneuse du rond-de-cuir !

Certes, je ne suis pas brillant, je ne le suis qu'en lustrant mes manchettes ! A mon bureau, je ne fais ni cocottes en papier, ni confettis. Non ! Sur ma tablette, je suis au Net et bien trop poli pour gaspiller et torchonner !

Mais dommage pour vous, exigeants lecteurs ! J'y discute le bout de gras dès que je me mets à la tâche ! J'enmaile alors mes idées qui poissent et s'embrouillent dans mes emmanchures graisseuses !

Je suis un consciencieux besogneux. Je découpe au scalpel ma prose... mais pas trop !  Je ne veux pas risquer de réduire en peau de chagrin mon imagination ni rimailler pour vous faire verser des larmes de crocodile ! Je m'applique inlassablement.

Voyez ! Je n'ai pas la moindre poudre de perlimpinpin ! Je talque peu à peu ma poésie car je la veux plus sensible. Hélas ! Comme mon talent est brut, mes vers restent le plus souvent rugueux comme un papier de verre, secs, fissurés et froids comme une peau de lézard ! 

Il me faudrait accomplir ma mue littéraire pour faire peau neuve. Mais je reste brut de dépeçage, un plumitif sauvage en peau de bête. Comme " Caïn s'enfuyant de devant Jéhovah", je cours sans cesse après la chance et je cours encore  ! Vous me direz ce n'est qu'un cas courant de "Conscience" légendaire !... Mon œil Victor !...

Lassé d'attendre des lecteurs et des spectateurs, d'avoir la tête saoule de tourner, sans un rond, dans ma cage, je crains d'avoir vendu trop tôt la peau de l'ours ou bien de n'avoir pas su la sauver. Car je n'ai plus qu'une peau de mouton qui frise le ridicule. Autant dire peau de balle !

S'améliorer, toujours s'améliorer ! Devant les exigences d'une bonne littérature, ma peau, de tant d'hérésies, pèle. Je gratte mais tout aussitôt crevasse et fendille comme une vieille peau. Je tente bien d'assouplir le grain de mes expressions et j’écale attentivement les peaux mortes de mes phrases surchargées. Mais à force de rayer, d'empâter mes ratures, mes pages sont en peau de zèbre. Certains ne peuvent même plus me voir en peinture !

A force de desquamer mon style, mes phrases en croûte de cuir tendue s'assouplissent péniblement. Il faudrait mettre de l'huile de coude et de la crème pour faire partie de la fine fleur littéraire, mais je suis dans le cirage et à côté de mes pompes !

J'ai vraiment la peau dure comme une antilope et la plume tenace comme un croupionnant cuir d'autruche ! J'excorie, j'exfolie, je m'entame et m'irrite. Je m'écharne tout en m'acharnant. Je suis à vif, je suis fini ! Plus malingre que malin, bientôt il ne me restera que la peau sur les os de mes cadavres exquis.

A tant risquer ma peau, j'ai d'ailleurs la mauvaise tendance à affirmer que mon art est pleine peau. Pour essuyer les revers de fortune littéraire, je l'aurais bien voulu en peau de chamois. Mais je suis apprécié comme un cuir de baudet pleine fleur, je passe auprès de mes princesses, pour un âne conteur ! Pourtant, je ne saurais pas donner le moindre écu d'or, même si je suis plus têtu que la mule du pape.

Un jour, j'y laisserais sûrement ma peau de saucisson d'âne. Mon inspiration est en effet si mince qu'on la réserve au parchemin et que je fais partie des auteurs fragiles qu'on enlumine et enguirlande ! Ah ! La carne ! Ah ! La vache ! C'est Io qui se gausse en me voyant me mettre en boule de suif et sécher sur mon maroquin !

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Tête d'athlète !

Publié le par modimodi

À l'école, pas d'mauviettes,

De lavettes, de crevettes,

Pas d'fluettes maigrelettes

De cloches ou de femmelettes

Qui vous jouent les coquettes.

Non ! Pas de ça Lisette !

 

Faut pas qu'remplir la tête,

Faut muscler les jambettes,

Et avoir en tablettes,

Du pep's pour la gonflette !

Pas de tire-barbichette,

Ouah ! ça pue la défaite !

 

J'suis pas une majorette,

Je n'porte pas la jupette !

J'en ai plein les chaussettes,

Des sauts et pirouettes,

Roulad's et galipettes

Sur tapis et carpettes !

 

Je voudrais qu'on arrête

Patins et trottinette

Pour les niaises nymphettes,

A chouchous et couettes,

Chemisiers à fleurettes !

Tcha ! Tchao ! Les douillettes !

 

Hello! Les pitchounettes

N'perdez pas vos serre-têtes

Et relevez vos socquettes !

Faut faire comm' les Claudettes 

Et sauter mes minettes

Jusqu'au panier de basket !

 

Je n'suis pas une fillette !

Donnez-moi une raquette,

Je vais remporter l'set !

Oui ! Je suis un athlète !

Demain, j'serais une vedette !

Ça s'lit sur ma casquette !

 

J'ai l'plus beau des survêts !

J'vais gagner la compète

Du roller tour en skate !

J'm'envol' comme une mouette !

Hello ! Les choupinettes !

Suffit d'lever la tête !

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Mystères

Publié le par modimodi

Si les morutiers vont à la pêche à la morue, dans les abris côtiers, va-t-on à la pêche abricot?

Est-ce, parce que la mort est le dernier port de la vie et le premier havre d'éternité, que la vie reste en rade?

L'insomniaque, qui ne fait plus que des sommes, peut-il croire encore au compte des mille et une nuits?

Quand on a eu toute sa vie, de l'influence et du tempérament, qu'on a multiplié les avances, peut-on, à terme, avoir une mort à crédit?

Méditation de Mohican: Quand "Les derniers seront les premiers", qu'adviendra-t-il du jugement dernier?

Est-ce la motte ou la dot qui donne de la cote aux plus sottes?... Est-ce leur faute, si elles nous bottent et qu'il nous faille, mein Gott, un jour, payer la note?

Si les absents ont toujours tort, pourquoi voulez-vous que les accusés se lèvent?

Les constipés sont-ils à l'abri du besoin?

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Pessimiste 3/3

Publié le par modimodi

Cœur en berne et en demi-teinte

Il n'est que plaintes et complaintes.

De" Malheur !" en "pour qui ?", "Pourquoi ?"

Il va de Charybde en Scylla.

Plein, le tonneau des Danaïdes !

Toujours, le verre à moitié vide !

 

Constamment, il est défaitiste,

Quand il s'afflige, il te rend triste.

Envahi par la sinistrose,

Mouron est sa fleur de névrose

Qu'il t'offre en regrets ou en peines,

Sans un remords, sans plus de gêne !

 

"Notre destinée est bien sombre !

Nous ne courons qu'après les ombres,

Nous sommes déjà en surnombre !"

Lui, grise mine et dégoûté,

Traîne la jambe, tête baissée,

Avec sa mine de déterré, 

Il ne regarde que ses pieds !

 

S'il est soudain exclamatif

C'est pour te fair' dresser les tifs

Par un d'ses avis négatifs !

N'écoute pas ses descriptifs

Aussi hâtifs qu'un laxatif !

 

Pour mieux te filer la nausée,

Son message est standardisé

Comme au journal télévisé.

L'univers est désenchanté !

Plus de beauté ni d'liberté !

Que dira la postérité ?

 

Notre planète est polluée,

Évitons surtout d'respirer

Tentons plutôt de nous sauver,

Comm' de vieux oiseaux mazoutés !

Oui ! On est tous en train d'crever,

De glisser au fond des abysses...

Les Martiens en font la jaunisse !

 

Inutile ! De scruter les cieux,

Le monde est par trop affreux.

Le Bon Dieu doit être grincheux

Ou se faire vachement vieux.

Vous pensez pas qu'il s'paye' not'tête,

Pour nous avoir fait aussi bêtes !

 

Pourquoi chanter dans les guinguettes :

Qu'y'a du moral dans les chaussettes,

Que "l'percepteur met sa jaquette...

Pour aujourd'hui, finie la quête !"

Pourquoi écrir' des chansonnettes,

Dir' que la vie est une fête,

Chemin d'amour et d'amourettes,

Parfumé de roses secrètes

Pour de discrètes violettes !

Non mais ! Ça n'va pas la tête ?

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Pierre qui roule... 2/2

Publié le par modimodi

Oh ! mes amis, laissez rouler la pierre devant le tombeau de mes illusions scripturaires ! La vérité est d'une simplicité biblique. Je ne suis pas un bon apôtre, rien qu'un mauvais scribe, porteur de mauvaises nouvelles. Je ne parviendrai pas à ressusciter dans un style renouvelé.

Ne me jetez pas non plus la pierre ! J'aurais tant voulu faire carrière et apporter ma pierre à l'édifice de la littérature ! Voyez ! Mon enfer reste pavé de toutes mes bonnes intentions. C'était sûrement gravé dans le marbre, je ne devais pas avoir assez de veine ! Pourtant, agrippé au filon, c'est bon "grès", mal gré, qu'inlassablement, je construis pierre à pierre chacun de mes récits.

Mais je dois avoir la fatale maladresse de les marquer d'une pierre noire ! Je suis le maudit "modimodi" de tous mes mots dits. Je suis comme la statue du commandeur, un spectre errant, un pauvre Don Juan qui n'a même pas su séduire ses désirés lecteurs.

Bien au contraire, je les effraie sans parvenir à briser leur cœur de pierre ! Mes textes sont comme les serpents de la chevelure de la Gorgone, ils pétrifient et médusent ceux qui y posent leur regard. Il me faudrait être Persée pour couper le cou à la déveine et ne plus perdre la tête.

Si je chaussais les sandales d'Hermès aux pieds de ma poésie, je pourrais écrire sur les ailes du vent ! Mais je suis pierreux. Ma muse caillasse mon inspiration d'un cailloutis d'expressions concassées. Ma prose offre un style rocailleux, un peu gauche, à dégauchir de toute urgence ! J'ai beau ajuster mes pensées et mes expressions, meuler mes transitions, l'ensemble manque de liant. Je reste un inébranlable bloc de prétentions, un amas de maladresses pour le socle de mes illusions. L'impression est par trop pesante et massive. J'accumule des pierres brutes.

Il va me falloir du temps pour passer du paléolithique au néolithique ! Mais sans doute, pas encore assez polis pour être honnêtes, je crains que mes lecteurs caverneux ne se soient taillés d'eux-mêmes ! Alors moi, après la chasse aux bonnes idées encore sauvages et la cueillette des trouvailles mûrissantes, je n'ai plus qu'à me retirer dans ma grotte où je taille mes mégalithes.

Je grave ma tablette. Je n'en vois pas la fin. Je rêvasse. J'attends l'apparition miraculeuse du feu sacré ! ... Des lueurs pour l'esprit, un signe, un dessin, le premier art rupestre, la voie lumineuse pour l'écriture ! ...

Je mesure le chemin parcouru par tous mes congénères burineurs et sculpteurs et le travail titanesque qu'il me faudrait réaliser pour faire partie des géants du panthéon littéraire. J'admire en soupirant la galaxie des étoiles qui brillent au firmament des grands écrivains, des heureux poètes. Leurs pierres accrochées au cou des muses sont des pierreries infiniment précieuses.... Moi, je n'ai à leur offrir que mes coups de collier !

Et puis, pauvre de moi, mon talent n'est pas assez riche. Vous me connaissez ! Voyez comme je suis, un imbecillus, un pauvre d'esprit, un débile, d'origine étymologique. Oh ! Je suis bien trop faible. Je n'aurais jamais les épaules assez solides pour, comme le fit Atlas, porter la voûte céleste ! J'ai trop tendance à m'en faire une montagne lorsqu'il s'agit de tailler dans la masse. Je suis d'ailleurs au point culminant des améliorations correctives. Chaque retouche est une surcharge.

Aucune des pierres que vous avez vous-mêmes lancées, dans mon jardin des lettres, n'est devenue une pierre de touche. Elles ont gravillonné vos chemins de ma mise à l'écart. Elles ont roulé comme des graviers à la rivière de votre indifférence. 

Vous vous en êtes lavé les mains, me livrant à la vindicte du mauvais goût populaire et populiste ! Vos petites pierres roulent encore en ricochant, dans le courant de la vie, sans amasser d'autre mousse que celle que je me fais moi-même, à vouloir faire d'une seule pierre, deux coups. Les coups du sort et de la chance, immortalisés dans la statuaire antique !

Mais au final, pierres d'origine ou pierres sacrées, nous sommes vous et moi, les symboles vivants du monde minéral. Nous portons en nous l'étincelle du premier feu au cœur du silex, la première eau au cœur du rocher !

Si l'omphalos de Delphes est la Pierre, l'axis mundi, le lien entre le Ciel et la Terre... nous sommes nous aussi, pierres au centre de la vie, la genèse de notre descendance. Nous sommes, d'humbles profanes, pierres d'autel de tous nos sacrifices.

Oh ! Sagesse éternelle ! Même, la pierre rejetée par les bâtisseurs est devenue la pierre d'angle, la pierre de fondement. A moi, à nous donc de la tailler ! Amis, mes frères, tout bon spéculatif est un opératif !

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Fleurettes 2/2

Publié le par modimodi

En classe, on fait la dînette :

Des recettes plein la tablette,

Des oh ! Des ah et des p'têt'

Pour en faire des omelettes,

Des trempettes ou des mouillettes,

Et des crêpes avec Suzette.

 

Quand on est bien trop bébêtes,

Et durs de la comprenette,

On hache, on mâche nos boulettes, 

Nos fautes à la moulinette !

Faut dire qu'on est des pipelettes

Et de sacrées girouettes !

 

Pas un seul jour de disette !

Faut remplir la gargoulette

De la litanie complète

Des batailles et des conquêtes,

Des comètes et des planètes

Des nombres et des concepts.

 

Pas de quoi, saperlipopette

Se faire un fromage de tête !

Ne comblez pas vos fossettes,

Ne vous creusez pas la tête,

Ne bourrez pas vos mallettes

De p'tites connaissances gadgets !

 

Des plantes, des arbres, des herbettes,

Tous les p'tits os du squelette,

La liste des dieux et prophètes,

Des toreros pour vachettes,

Des champions d'tir aux fléchettes,

A s'faire exploser la tête !

 

Pour enseigner à perpète,

Des choses sans queue ni tête.

L'école parsème et vous jette

De la culture en paillettes 

Et des milliers de fleurettes

Dans vos têtes oubliettes !

 

Puis un jour, quand tout s'arrête,

Quand retentit la sonnette

Des jours qui prennent la sauvette,

Il reste quelques pâquerettes,

Et de frêles violettes,

Au livre que l'on feuillette !

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