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Bouteilles à la mer 2/2

Publié le par modimodi

Sur le journal de bord de naufragé involontaire de tous mes textes "sans queue ni tête", j'ânonne et j'épèle, je parle pour ne rien dire, j'écris pour ne pas être lu !  J'ai le bec dans l'eau ! Je divague. Je doute ! ...

Dans mes entrefilets, je ramasse des coquilles, vides de sens que je brise et rature. Bernique ! Par Saint-Jacques et clovisses, les grenouilles de bénitier ont aiguisé les couteaux !

L'océan des vaines prétentions est, faute de lauriers, mon linceul de varechs. Je fais le lit, bateau des muses qui paressent au lit des ratures. Hélas ! J'ai fait rimer scribouillard et plumard, j'ai confondu page et pageot. J'ai mis la puce à l'oreille des belles lettres. Au fond de mon pucier de grand litté-rateur, je me suis battu les flancs contre le bat-flanc de mes contradictions. Je me suis empalé au pieu de ma paresse. Je suis le grabataire pathétique de la littérature, liée par ses ratures, ses ratés d'écriture. Personne à l'horizon. Ma corne de brume sonne là, la lie de vains écrits.

Au pied de la lettre, au creux de la vague, je me noie dans ma bouteille à l'encre ! Je manque de caractères. Je n'ai plus que des minuscules et je naufrage entre deux signes de détresse. Tirets, points, je tente le morse ! Je ponctue mon désarroi, je lance des S.O.S d'accents aigus et graves. Je n'ai plus qu'à jeter ma ligne de mots hameçonnés de hiéroglyphes.

Quand je reviens sur terre, je piétine sur la berge de la réflexion. Ma nasse fuit, mon épuisette est vide. Je pêche par omission d'idées. Mes rêves paressent au fil de l'eau. Ils flottent comme des bouchons. Ils me narguent, passent et m'échappent d'une rive à l'autre.

Ô Virgile ! Ô V. Hugo ! "Et ruit oceano nox ! ... Et la nuit s'élance de l'océan." Les flots m'attirent... Je cours sur la jetée mais la digue est déserte ! C'est l'amer à boire ! Je mets les voiles mais les vents me sont contraires. Mon inspiration mollit, mes phrases moutonnent, mon style clapote. Le cabotin cabote.

Flasque fiasque de pensées, mon esprit reste en carafe. Ma muse doit me prendre pour une cruche et se payer ma fiole... Lassé de lancer des bouées aux lecteurs naufragés, je lance des bouteilles à la mer. J'y enferme des mots, des vers, des cris d'amour. De ma fenêtre, je les regarde danser sur les eaux, plonger, rebondir, tourner sur elles-mêmes, décrire de libres arabesques. Elles deviennent mes voiliers d'espoir, cinglant pour l'Amérique ou le Parnasse. Je les suis jusqu'à les perdre du regard...

Mais voilà que rompant le silence des pensées vagabondes,soudain se fait entendre un joyeux tintamarre de cacophonies criardes. Ce sont des mouettes rieuses en train de battre le rappel pour raconter la dernière anecdote marine.

La nouvelle a été rendue officielle au palais princier ! Au musée océanographique de Monaco, ils ont capturé une nouvelle espèce de poissons. Ils ont analysé les mouvements et les sons de leurs bouches. A leur grand étonnement, certains vocalisaient de petits cris "d'écrits en liberté", en battant des nageoires.

Oh ! Joie pour votre serviteur !... Vaincu, l'atavisme du muet bâillant comme une carpe, du menu fretin littéraire, des figures de style plates comme une limande, du vain écrivain, mauvais pêcheur qui noyait son poisson ! Le destin m'a enfin tendu la perche ! A force de tourner autour de mes bouteilles à la mer et de tenter de déchiffrer mes messages, quelques poissons de Méditerranée ont acquis l'intelligence inespérée de mes lecteurs tant désirés.

A la criée, je vais enfin retrouver des surfeurs du Net, des internautes, des liseurs frais comme des gardons ! Alors, excusez-moi, je dois vite vous quitter. Car même, s'ils ne se serrent pas encore comme des sardines, je me dois à mon nouveau public !

Tchao ! Votre vieux loup de mer se jette à l'eau ! Un poisson d'avril ou une sirène m'attend peut-être...

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Fleurettes Les grosses têtes ! 1/2

Publié le par modimodi

Les grosses têtes !

 

Mon Pierrot, ma Pierrette !

Vos têtes sont fin prêtes !

Pas de mine défaite,

Pas de savoir gadgets,

De notions obsolètes,

De cours blablas, causettes,

De leçons prises de tête,

De critiqu' aigrelettes...

L'école vous brevète.

 

Guidés par leur houlette,

Les profs vous promettent

Des lauriers en en-tête.

Pas de faim ni de diète,

De binett's maigrelettes,

De bouilles tristounettes,

Mais des cervell' rondelettes

D'érudition replètes,

Des cerveaux, des grosses têtes !

 

D'la joie, plein les mirettes,

Du feu à vos pommettes,

Jours fériés, jours de fête !

Un avenir honnête,

Du boulot, d'la galette,

Du blé dans vos mallettes...

Cacahuètes, en fait,

Des clous et clopinettes !

Des pauvres, des pauvrettes !

 

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Second cerveau

Publié le par modimodi

Pourquoi faut-il avoir la reconnaissance du ventre ? Quelle question ventriloquente, me direz-vous ! Vous pourriez alors, amis lecteurs en rester estomaqués. Car l'auteur ne vous parle pas ici de nourritures terrestres mais de nourritures spirituelles.

Je vous entends déjà, me concernant, parler de bouillie d'idées et de style plâtreux. Et pourtant, j'ai mis du cœur au ventre à vous alimenter. Des circonvolutions labyrinthiques de mon cerveau aux diverticules enflammées de ma panse, j'ai pensé très fort !

Mais que voulez-vous ? Ma tête, ce joyeux fourre-tout est comme un estomac d'autruche, on y trouve de tout. Je gobe ce que je trouve. Jetez-moi la première pierre, je l'avale et vous la ressers ! Ne vous plaignez point alors qu'elle soit votre pierre d’achoppement, c'est vous-même qui me l'avez donnée.

Qu'espériez-vous donc en venant à ma table des matières ? Que voulez-vous qu'une tête sans cervelle mette à son menu ? Voyez ! Ma tête d’œuf peut tout au plus battre ses pensées en omelette sans en faire tout un plat. Je peux encore vous offrir un peu de brioche mais j'aurai du mal à me mettre à plat ventre.

Vous-mêmes, faites fort bien l’œuf, vous vous moquez, vous riez jaune ! Mes œufs à la coque sont, je le sais, tous durs. Impossible de faire une mouillette de plaisir... Trop échaudé, trop de douche froide, je ne suis pas près de faire couver la poule aux œufs d'or.

Maintenant, quand je vous regarde dans le blanc des œufs, je me dis que vous avez peut-être eu les yeux plus grands que le ventre. Ou bien affamés de sensations nouvelles, avez-vous fait des yeux de braise qui ont eu un double effet : pour vous, des yeux de merlans frits et pour moi, deux beaux yeux au beurre noir ? Mon lecteur casse-croûte qui voulait me manger des yeux a encore dû donner un grand coup de fourchette à mon écrit. Aïe ! Il m'a tapé dans l’œil.

Au final, les critiques m'ont aussi descendu en flammes. Et comme, vous m'avez vous-mêmes incendié, je suis grillé ! ... Quelle déception ! Je pensais vous mettre l'eau à la bouche, je vous donne la nausée. Mes textes sont indigestes, je suis en renvois entre deux haut-le-cœur.

Je pensais être bidonnant, on me dit que je suis bidon ! Est-ce ma faute, si je suis hoquet plutôt qu'okay ? N'est-ce pas plutôt la faute ou la conséquence de mon deuxième cerveau ? Car le savez-vous ? Mon cerveau entérique, composé de mon tube digestif et de mon petit bedon bourré de neurones est en interactions sérotoniques constantes avec ma tête.

Promesses de progrès pour la recherche ! Car, l'approche scientifique peut ouvrir un champ d'études et porter les espoirs de compréhension et de guérison des maladies neuro-dégénératives comme celles de Parkinson ou d'Alzheimer mais ...elle peut aussi, plus humoristiquement vous expliquer le mal qui m'atteint.

Je sais que vous voulez savoir ce que j'ai dans le ventre, quand mon cerveau bouillonne et produit ses gargouillis. Oui ! Le barbouilleur vous barbouille. Oui ! Mes idées que je triture se livrent une guerre intestine, quand je dois digérer vos critiques. J'aérophage pour mon aréopage.

C'est simple, quand je ballonne, je vous gonfle et quand je flatule, le poète en moi veut faire son trou dans la couche d'ozone. Le plus souvent, c'est donc ventre à terre que je livre des écrits bien terre-à-terre. Dois-je en rire à ventre déboutonné ou dans l'honneur des samouraïs me crever avec abnégation la paillasse, en me faisant hara-kiri ?

Vous l'avez sûrement perçu ! Quand je mets mes tripes sur un sujet ou que j'ai la peur au ventre de vous déplaire, je mets en jeu mes émotions les plus profondes, au même titre que lorsque je me fais de la bile ou un sang d'encre d'écrivaillon.

Ce qui me console maintenant, c'est que je sais pourquoi, je nombrilise et ventripote de la boursouflure de mon égo. Je sais pourquoi, je fais un bide !

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Boules de comme

Publié le par modimodi

La vie, c'est comme l'écriture, des maux et cris sous les ratures!

La mort, c'est comme la vis, ça vous emboîte le pas.

L'amour, c'est comme le bois, austères embûches pour le bellâtre.

L'homme, c'est comme la femme, il faut joindre l'utile à l'agréable.

Le sexe, c'est comme le con promis, surtout s'il est con plaisant.

L'amour, c'est comme le piment, ça donne du piquant à la vie pour mieux vous assaisonner.

La vie, c'est comme les préfaces, on passe souvent à côté.

La mort, c'est comme les couleurs, d'idées noires en peur bleue, on cherche à se mettre au vert avant le grand blanc.

Les femmes, c'est comme les alouettes, un miroir les fait réfléchir, mais toujours trop tard!

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Pessimiste 2/3

Publié le par modimodi

C'est un malchanceux convaincu !

Au moindre incident survenu,

Il est navré, contrit, battu,

Et c'est d'sa faute ! Bien entendu !

 

Oui ! C'est l'poids de l'hérédité,

Poisse et scoumoune, à pleins paquets,

Car la guigne, il l'a héritée

Comm' cadeau d'la fatalité !

 

Quand l'Titanic s'est abîmé,

Son aïeul était passager !

Tout a coulé, tout a sombré ;

La malédiction est restée !

 

Coquin de sort ! Destin à dos,

Il peut bien pleurer comme un veau !

Pas besoin de prendre un paquebot

Pour lui, s'noyer dans une goutte d'eau !

 

Depuis, il craint tous les naufrages,

D'embarquer, il vous décourage.

Écartez-vous de ce maussade !

N'écoutez pas ses jérémiades !

 

Si vous n'voulez pas être en rade,

Gardez l'envie des escapades !

Laissez-lui ces dout' qui l'assaillent,

Laissez-lui ses épouvantails !

 

Tout est au r'vers de sa médaille !

Comme il doit tout voir dans l'détail,

S'il ne peut vérifier les rails,

C'est sûr que son train déraille !

 

Attention ! Il f'ra la culbute,

Vivra ses dernières minutes,

S'il prend l'avion, sans parachute !

C'est bien fait pour lui ! Et puis flûte ! ...

 

D'un vrai sang d'encre, en magnanime,

Ce sont vos malheurs qu'il imprime,

Avec cent catastrophes, en prime

Pour mieux vous filer la déprime !

 

Si vous aimez, vous aurez mal !

L'amour a le destin fatal.

Cupidon enverra ses flèches,

La douce deviendra revêche...

 

Y'a plus d'mégère apprivoisée,

Y'a plus qu'des Médées, des Circés !

A César, sûre, de son succès,

Cléopâtre faisait bien le nez !

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Pierre qui roule... 1/2

Publié le par modimodi

J'aime trop les Rolling Stones pour aller plus vite que la bonne musique ! ... "I can't get no satisfaction"... A quoi bon me moquerai-je des rockstars, aujourd'hui septuagénaires ! Allez ! Roulez jeunesse éternelle des rock n'rollers !

Roulez où bon vous semble mais roulez jusqu'à moi ! Que votre énergie infuse mes écrits en volume et puissance. Ma plume chante avec vous les révoltes et danse les pas endiablés de l'amour libéré, dans des transes de plaisirs extrêmes.

Les pierres musicales qui roulent de par le monde peuvent entraîner les voyageurs de tout âge, qui se trémoussent sur les pistes, au son des guitares électriques, des claviers et d'une batterie aux rythmes survitaminés. M'alimentant à leur énergie, à mon tour, je m'efforce de transformer le plumitif en plume, hâtif.

Je ne rirais jamais, non plus des Rouletabille, des rouleurs de mécaniques ou des rouleurs de bosse qui n'ont pas toujours roulé carrosse et mérité le moindre roulement de tambour ! ...  Pour ne pas me noyer dans un océan de divagations aux vaines prétentions moralisatrices, j'abandonne aussi, ici, les marins et moussaillons qui bourlinguent et écument les mers aux vagues mousseuses. Je les laisse s'encanailler dans les bastringues enfumés autour de chopes, gorgés d'alcool comme de musique criarde et surmodulée. Le proverbe a raison : "Pierre, mer ou bière qui roulent n'amassent pas mousse !"

De ma plume toute émoussée, je m’apitoie plutôt sur Sisyphe et l'absurdité de sa vie ! Lui, ce pauvre héros obligé, pour avoir défié les dieux, de faire rouler éternellement jusqu'au faîte d'une colline du Tartare, un rocher qui redescend indéfiniment, avant d'avoir atteint son sommet !

Pauvre Sisyphe, condamné à un travail harassant et interminable, stupide et déprimant de par son caractère répétitif ! Moi, je ne peux comme A. Camus, l'imaginer heureux.

Oh ! Bien sûr, passe encore pour un piètre écrivain comme moi, d'avoir le grand bonheur de se référer à N Boileau :

"Vingt fois sur le métier, remettez votre ouvrage :

Polissez-le sans cesse et le repolissez ;

Ajoutez quelquefois, et souvent effacez..."

Je le fais volontiers car l'effort répété et exigé poursuit un noble but, celui de l'amélioration poétique ! Et puis l'artisan du classicisme et le gardien du bon goût littéraire a pris, en exergue, le soin de me conseiller. Avant d'entreprendre tout travail :

"Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage."

Je me le tiens donc pour dit. Je ne suis, moi-même, chaque jour, qu'un petit Sisyphe qui concasse et sème inlassablement, dans un style caillouteux, des mots dans ses écrits. Je taille ma plume, j’affûte ma pensée, j'aiguise mon style, je rabote mes tournures, je polis mes phrases et j'adoucis mes expressions. J'applique même, comme je le peux, dans ces textes lapidaires jetés à des inconnus, cette autre sentence précieuse de" l'Art poétique" :

"Avant donc que d'écrire, apprenez à penser."

Je m'y efforce et me mets à évoquer tous les pousseurs de pierre, ces journaliers qui s'usent les mains et les pieds à hisser la charge et à grimper la pente. Je pense à mes frères humains qui se fatiguent souvent pour rien, sans autre résultat que la sueur au front et la stupidité de leur abrutissante condition humaine !

Infernale destinée ! Sans force, recommencer, toujours recommencer pour toujours retomber plus bas et mordre, faute d'un tapis de mousse fraîche, la crissante poussière. Lutter sous le poids, esquiver, se jeter de côté, pour ne pas être écrasé par la fatalité aveugle de l'existence. Supporter la répétition des jours et des nuits, des causes produisant les mêmes effets !

ET malgré tout, garder confiance en soi, croire et espérer, arc-bouté contre l'obstacle, que l'épreuve va enfin atteindre son sommet d'efforts et de souffrance. Et puis, se révolter peut-être, mais toujours en vain ! Parce que, sournoisement et sourdement, le non sens de la vie rend à l'usure, chacun fataliste. Certains optimistes diront sage pour résigné et serein pour angoissé ! ...

Et encore et encore rouler sa pierre, infiniment jusqu'à la fin. Attendre la mort pour glisser, sans bruit, sous la pierre tombale, dernière pierre terrestre d'achoppement... Et puis, au final de sa destinée, se voir offrir : la stèle pour le commun des mortels, l'obélisque pour le héros descendu de l'Olympe et la montagne des Muses, le haut Parnasse pour les poètes.

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Bouteilles à la mer 1/2

Publié le par modimodi

Je ne compte plus les années passées à écrire sur un blog mes "écrits en liberté". J'ai le grand bonheur de quelques fidèles amis qui m'encouragent et m'apprécient. Mais le plus souvent, je nourris et j'abreuve d'hypothétiques lecteurs, de passage pour un jour ou d'oubli pour toujours... Viendra ? Ne viendra pas ? Lira ? Ne lira pas ?

Sur les réseaux sociaux, je leur offre mes thèmes, ma plume, mes mots d'amour, mes fleurs de rhétorique et quelques sourires complices dans ma série farfelue de textes "sans queue ni tête". Ils me donnent leur indifférence ou leur silence. Ils glissent de mon répertoire, ils m'échappent en posts restants ! ... FB Aie ! G+ en + de peine à les retenir et à les retrouver sur les réseaux sociaux !

Ma vue se brouille à les scruter. Je les cherche dans l'eau trouble de mes écrits boueux. Peut-être se sont-ils enlisés dans mes allusions alluvionnaires ? Je les espère entre deux eaux, l'eau du moulin que j'alimente et l'eau de boudin des maigres boyaux de ma tête. Mais quand je crois les apercevoir, les voilà bondissants et fuyants, plus souples et muets qu'un banc de poissons-chats défrisant leurs moustaches, plus massifs, argentés et râpeux que quelques poissons-lunes.

Mon engouement tangue et bascule.. Mon lectorat coule à pic ! Je suis submergé d'espoirs et de déceptions, d'élans et d'amertume. En manque d'équipage, de marins au long cours, je fais côte, attiré par les récifs où mon moral s'abîmerait davantage. De flops en échecs, je chavire et m'échoue.

Quand le rêve me reprend, je m'illusionne encore ! Je pense que mes petits textes feront de grands récits comme les petits ruisseaux font de grandes rivières. Je me tiens au courant des écrivains en vogue. J'espère attraper des lecteurs en rêvant de parvenir à rédiger des romans-fleuves. Mais toujours, ils m'échappent en courant prendre le large ! Mes attentes tombent dans la mare aux canards littéraires. Ma motivation s'envase, mon intuition fait la grève. Je lance de plates pensées qui font des ricochets.

Je hèle Éole, j'apostrophe Neptune ! Les nues sont muettes, silence des abysses ! Tempête sous mon crâne, coup de vent dans l'encrier ! Je démâte, je dérive ! Ma tête a une voie d'eau. Mon cerveau n'est qu'une coque de noix, tiraillée et roulée dans les vagues de l'indécision, ballottée par les flots obscurs de l'amertume. Je rame, je godille.

Sur mon radeau, au milieu des méduses, mon style échevelé s'en va à vau-l'eau. Je n'ai pas de cap, je n'ai pas de port. Je suis largué ! Je vacille, je louvoie. Je suis la risée sans plus de vent dans les voiles ni de souffle inspirant. J'abandonne la barre à la fortune de mer. Trouverai-je une étoile, encore une chimère ou un ange de mer ?

Pour l'instant, je m'abîme et je plonge dans la mélasse, entre les pneus crevés de mes emphases et les sacs en plastique de mes emballages verbeux... J'y abandonne mes déchets toxiques de pensées incongrues, mes résidus de phrases, mes épluchures de mots impropres, tous mes rejets et mes rebuts d'expressions abruptes et impures. Je rejoins les épaves. Les fruits de mer de ma pêche aux idées sont impropres à la consommation des marins d'eau douce de mon lectorat contaminé.

Je suis une poubelle marine pleine de bonnes intentions échouées. Mon style coulant se déverse dans un océan acide d'aigreurs marinées par les fossiles de mes textes archaïques. Je voudrais remplir ma bouteille vide, de pensées inspirées et de souffles iodés! Pour me donner du large, je la jette à la mer...

Alors promeneurs nonchalants, badauds indifférents, faites comme d'habitude, regardez-moi passer ! Je balance, j'oscille entre vos goûts et vos dégoûts et vous me ballottez dans la houle de vos caprices, sur les vagues de vos messages à la dérive...

 

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Amourette, alouette !

Publié le par modimodi

Amourette ! Alouette !

Moi, je chante à tue-tête

Et je lance ma casquette !

J'ai une tit' amourette,

Une super blondinette

A qui je tir' les couettes.

 

J'la taquine, j'l'embête !

J'la trait' de majorette !

Je lui baiss' ses socquettes,

Me moqu' de ses fossettes !

Mais j'ador' ses frisettes,

Je m'noie dans ses mirettes !

 

J'lui donne mes sucettes,

J'dévore ses yeux noisette !

Je l'aime à la sauvette !

Je lui conte fleurette

Sous l'préau, en cachette.

J'adore nos tête à tête .

 

On joue aux devinettes,

J'laisse gagner la doucette.

Elle me fait des risettes,

M'a donné une bisette,

J'ai le feu aux pommettes,

Je marche à l'aveuglette !

 

J'lui cueille des pâquerettes,

Lui prête ma trottinette.

Deux sur ma bicyclette,

On s'casse la margoulette.

Ce n'est pas une douillette,

On rigole à tue-tête !

 

Alouette, alouette !

J'l'aime à fond les manettes,

J'm'enroul' dans ses bouclettes,

J'n'ai plus les idées nettes,

J'ai l'esprit girouette,

J'cours après les mouettes !

 

Elle occupe ma tête

De ses pensées secrètes.

Une pluie de paillettes

Me met le cœur en fête.

Pour elle, je suis poète !

J'lui pouss' ma chansonnette !

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Assurance... vie !

Publié le par modimodi

En ce jour banal et sans intérêt particulier, mon esprit flotte, mes idées flânent. Je ne sais pas pourquoi dans cette nonchalance, le visage solaire au regard bleu profond de ma mère m'apparaît ! Douce et tendre nostalgie ! Je l'entends me dire : Quand je partirai rejoindre votre père au séjour éternel, vous ne serez pas sans rien, ton frère et toi ! J'ai une belle assurance vie !

Aujourd'hui, qu'elle me manque tant, ces mots résonnent de toute leur ironie !...

Et me voilà, en ce jour, songeur, intimidé et déconcerté ! ... "Est-ce ainsi, que les hommes vivent ? Et leurs baisers au loin les suivent comme des soleils révolus." Aragon, Rilke, Léo, "Poètes vos papiers !"...En attendant les derniers vers accrochés au bout de mes lignes, de mes strophes et de ma vie, je mène et nous menons nos existences au gré des événements, poussières d'étoiles dans le vent léger de la vie.

Nous voudrions tout maîtriser, le cours du temps, le fil de l'eau, mais nous devons nager et banquer. Les flux et nos comptes courants nous emportent et nous flottons comme des bouchons au fil de l'eau. Nous voulons saisir l'instant comme un poisson dans la rivière mais il glisse et nous échappe. C'est le temps qui nous ferre avant de nous prélever.

Pauvres pêcheurs, nous n'avons qu'une certitude celle de nager entre deux eaux, avant la touche ! Pauvres épargnants, nous avons l'assurance de devoir passer à la caisse. Quand la vague nous entraîne et nous rejette au bord, sans liquidités, dans les vases ou sur le sable des dépôts, c'est le vague qui nous recueille pour nous offrir notre nouveau terrain d'expériences. Dans ce no man's land des errants, gluants et poisseux, nous sommes à découvert. Nous avons cherché l'aval, nous avons touché le fonds...

Notre temps de vie ou d'amour est comme le marché monétaire et la météo, variable ! Je revois ma mère tapoter sur son baromètre pour faire pression sur la Pythie et interroger ses oracles atmosphériques... Présomption de beau temps dans le doute des orages ou des avis de tempêtes, dans les hypothétiques éclaircies ou les imprévus capricieux du ciel ! Seul, l'amour maternel était toujours en haute pression et tempéré, sous parfois quelques nuages d'altitude, car d'exigences !

Mais aucun de nous n'a de certitude de beau fixe permanent sur notre bonne terre ! Les pessimistes, les velléitaires trop prudents ont toutes les raisons d'hésiter pour s'engager ou agir, tels des oisillons avant leur premier envol...Les passifs peuvent évoquer les contingences et prétexter l'aléatoire pour rester figés et englués dans le marais de leurs habitudes. 

Quand maman se dépensait pour nous sans compter, ceux-ci s'épargnaient des tourments, ceux-là économisaient leurs efforts. D'autres fervents optimistes plaçaient leurs espérances dans l'activité ! Ils se plaçaient eux-mêmes, espérant un rendement de leurs parts sociales et spéculaient sur l'intérêt de leurs actions !

C'est ainsi que va le monde ! Il adore le veau d'or ! C'est la bourse pour la vie ! Chaque jour de transaction sociale et professionnelle est un gain qui enrichit l'expérience et qui ruine le capital temps de chacun ! En effet, dans notre portefeuille, nous conservons toujours une ultime obligation, à terme, un dernier chèque de voyage !

Oui! Le temps, c'est de l'argent. Alors croire en l'existence et en l'autre permet de jouer sur le marché d'échanges, de se vendre ou de se racheter. A plus d'un titre, nous donnons de la valeur à nos transactions humaines dans l'attente de revenus substantiels ! Hélas ! Malgré les assurances mutuelles, les contreparties ne sont pas toujours lucratives ! Les fruits ont plus de peaux épaisses que de juteux nectars !

Celui-ci, qui s'est lancé hasardeusement, s'est mis à découvert dans ses projets, celui-là, qui s'est mal associé, a presque tout perdu, passant du boom au krach ! Il en avait mis sa tête à couper mais elle a roulé à la corbeille !

Nous sommes pourtant tous des nantis. En effet, dès notre naissance, nous recevons une assurance de vie, un chèque en blanc, un titre au porteur ! C'est notre unique assurance car nous en ignorons le montant exact. Quand nous espérons une rente, nous n'avons en avoirs que des escomptes. Quelques bulletins de santé périodiques nous servent de relevés de compte et nous placent en crédit mais surtout en débit !

Et puis, un jour, comme ma petite maman, on reste sur la souche ! On réalise qu'il faut souvent encaisser et toujours débourser. Après quelques boni en dividendes, la vie nous demande d'endosser ! Car nous avons tous une dette d'honneur inscrite au grand livre ! Un soir, notre grand soir, le contrat est, soi-disant, rempli... Nous devons alors l'apurer et nous-mêmes, passer en pertes et profits !

Inutile de crier, "Remboursez !", nous avons droit à un dernier transfert pour l'eau, pour l'au-delà. Alors, qui viendra nous dire ?... Est-ce que l'assurance "vie terrestre" n'est qu'une garantie temporaire ou une couverture tous risques pour l'inexorable mystère glacé ?... Existerait-il une assurance "vie éternelle", qui nous certifierait que nous ne perdions pas en vain, nos illusions et même, nos dernières gouttes de sang froid sur le marbre blanc de la nuit ?

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Mystères

Publié le par modimodi

Quand on aime les œufs mollets et qu'on a des mollets de coq, est-ce qu'on est en droit d'ergoter sur la poulette?

L'accès aux plaisirs défendus, est-ce comme pour la fièvre, une affaire de poussée?

Quand il s'est bouché les yeux et les oreilles, que reste t'il encore au bouche-trou?

Ne faut-il pas parler d'humidité, quand l'humilité vous tire les larmes des yeux?

Est-ce que de la queue, les castors tortillent, si à grands frais, les maquereaux frétillent? 

Question sexiste, mûrie aux rayons du mauvais goût, quand le bon s'est éclipsé: abuser d'une femme au soleil, est-ce l'ultra violer?

Les dames de la haute ont-elles des échelles à leurs bas?

Les propos cavaliers désarment-ils, ceux qui sont à cheval sur les principes?

Sans bourse délier, est-ce un slogan de la banque du sperme?

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