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Boules de comme

Publié le par modimodi

La vie, c'est comme le vote, son bulletin finit dans l'urne.

La mort, c'est comme le fracas, avec perte. Pas besoin d'être du tonnerre, pour qu'elle frappe en un éclair.

L'amour, c'est comme la faillite, du découvert à la culbute, une mise sous les verrous.

L'homme, c'est comme le taureau, il faut le prendre par les corones ou par les cornes.

La vie, c'est comme les feuilles mortes, il faut s'accrocher aux branches et ne pas laisser tomber, car beaucoup se ramassent à la pelle.

L'amour, c'est comme le complément, il faut s'accorder directement avec son objet sans se faire avoir.

La mort, c'est comme la musique, une syncope, un contre-temps, une pause, un soupir avant le silence.

Le sexe, c'est comme le dessert, on s'entremet pour deux ronds de flanc.

La femme, c'est comme la Constitution, quand elle est bonne, le moindre article est bien dressé.

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Les quatre vérités 5/6

Publié le par modimodi

 

Dans la vie, vérité de l'esprit et vérité du corps font vérité tangible. Il est toujours possible de tricher avec son âge, pas avec ses artères ! La vérité fardée finit toujours par faire parler la poudre et craqueler les plâtrages ! Beauté éclatante ou éphémère, quand la vérité se dévoile !

On peut prendre plaisir à contempler une exposition sur le thème de : "la robe à travers l'âge" mais, on déchantera souvent du saisissant constat, de l'âge à travers la robe... La vérité est révélation, mais elle mérite parfois de rester cachée. La glasnost ne convient qu'au régime de la Pravda !

Etre vrai avec soi-même, c'est s'accepter sans renoncer. Mais force est de reconnaître qu'il est plus difficile d'admettre la réalité, quand il s'agit de soi. Le miroir révèle parfois une vérité bien amère alors, vive les miroirs déformants qui déguisent la réalité et entretiennent espoir et illusions  Le flou dans l'art et l'estompe ont encore de beaux jours pour de beaux restes ! La vérité qu'on adopte, n'est qu'une adaptation optimiste du regard et de la vision ! "La nuit, tous les chats sont gris!"

Oh bien sûr, la vérité, chacun y tend, chacun la cherche ! Elle est là au fond du puits, prête à remonter dans le seau, si vous ne l'avez pas déjà noyée. Elle sort aussi de la bouche des enfants, avant qu'ils ne grandissent et ne mentent comme des arracheurs de dents. L'âge de raison n'est-il pas l'âge du début des mensonges ?

Et pour de vrai, quelle jouissance, la toute première désobéissance, quand on découvre qu'on peut mentir avec culot et aplomb ! Quelle surprise de découvrir, que ni papa, ni maman, bien qu'ils aient menacé et dit l'inverse, ne s'en rendent même pas compte ! Cela est si vrai que restant toujours de grands enfants, nous poursuivons dans ce délicieux travers...heureusement, sans que nos nez ne s'allongent !

Dire le contraire de la vérité, mentir par omission volontaire ou bien effrontément, est parfois salutaire ou lâche. "En vérité, je te le dis, qu'en cette même nuit, avant que le coq n'ait chanté deux fois, tu me renieras par trois fois." Ces paroles de Jésus à St-Pierre, relatées dans les Évangiles font de Pierre un modèle de couardise. Pourtant, c'est à lui qu'on a confié la mission de bâtir l'Eglise et donné les clés du Paradis ! Drôle de destinée pour un drôle de paroissien ! Cette vérité là n'est pas catholique !

Toi, le cherchant assoiffé de vérité, crois-tu que, c'est avec cette simple vérité, pétrifiée et sanctifiée dans la faiblesse humaine de Pierre, qu'il soit possible de donner raison à Shakespeare, quand il nous dit que " La vérité fait rougir le diable." (King Henry IV)?

Mentir ou se taire peut aussi être la preuve et la marque d'un acte d’héroïsme. Se taire, refuser de dire ce que l'on sait, ne pas renier sa parole ou abjurer sa foi, sous la menace et la torture est un exemple d'abnégation et de bravoure désespérée, poussé à l'extrême !

Gloire aux résistants, exécutés pour notre liberté, aux croyants persécutés, à ceux qui ont donné leur vie, au nom d'une vérité plus grande que la douleur ! La vérité a la couleur du sang versé. Honneur au grand poète espagnol, Frédérico Garcia Lorca, fusillé pour ses croyances républicaines, en résistance à la dictature franquiste. Me viennent aux lèvres, ces quelques vers d'Aragon :

Celui qui croyait au ciel

Celui qui n'y croyait pas

Quand les blés sont sous la grêle

Fou qui fait le délicat

Fou qui songe à ses querelles

Au cœur du commun combat

La rose et le réséda

A dire vrai, personne ne sait, si son courage, son cœur, son corps et son âme seront assez forts, en ces instants cruciaux ! La vérité même la plus parfumée est aussi épineuse que la rose. Luigi Pirandello disait : "Il est plus facile d'être un héros qu'un honnête homme. Héros nous pouvons l'être une fois par hasard ; honnête homme, il faut l'être toujours."

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Ô mon amour, je veux t'aimer

Publié le par modimodi

Ô mon amour, je veux t'aimer

Comme les oiseaux fidèles

Au rendez-vous des arbres,

Dans la muraille des feuillages,

Dans la déchirure des écorces,

Dans la morsure des racines,

Dans les derniers fruits de l'automne,

Entre les bras nus de l'hiver.

 

Ô mon amour, je veux t'aimer,

Et m'endormir entre tes mains,

Murmures de sable au creux des houles.

Je veux me couler en tes doigts,

Langues de feu et de soleil.

Je veux m'envoler dans le vent

Aux voyelles de brume

De tes yeux bleu-marine.

 

Entends-tu battre la mer

Et emporter, glissant vers toi,

Mes émois et ma fièvre

En plaintes obsédantes,

En vagues impatientes?

Hormis au sablier,

Où va le grain de sable?

 

Ô mon amour, je veux t'aimer

D'aubes en crépuscules,

D'aurores en pluie d'étoiles.

Ouvre-moi les ténèbres,

Déchire-moi la nuit,

Délivre la lumière,

Incendie l'univers,

Mon cri emplit l'espace!

 

Ô mon amour, je veux t'aimer,

Je veux me rouler en ton ciel,

Me laisser embraser au feu de tes désirs

Eclater, crépiter en gerbes d'étincelles.

Je veux mourir entre tes bras,

M'oublier en ton cœur,

Volcan mémoire de notre amour.

 

Ô mon amour, prends-moi,

Contre moi, serre-toi!

Je frissonne, j'ai froid.

Donne-moi de ce feu,

Conservé dans les braises

De ton corps extasié...

 

Ô ma lueur de l'infini,

Toi, ma flamme éternelle,

Quand tout s'achève,

Tu jaillis et renais,

Illuminant la voie lactée

De nouvelles promesses.

 

Ô mon amour, je t'aime

Et chante par tes lèvres,

La source qui bleuit

Aux cendres du matin.

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Célébrités

Publié le par modimodi

Est-ce un intellectuel de vague culture qui a déclaré : "La philosophie, c'est comme le bouillon, avant onze heures, c'est pas la mer à boire."

Jacques Clément tournait-il déjà autour du pot ou visait-il le trône?

Darwin avait raison: la génération spontanée existe! On rencontre une colombe et c'est une oie, on épouse une caille et c'est une dinde.

Lawrence d'Arabie: Est-ce d'avoir épousé un chameau, qu'il alla rouler sa bosse dans le désert?

Judas: Un traître à avoir à l’œil et à flanquer à la porte. Doux Jésus, fallait pas l'inviter!

Pâris, après avoir tricoté des gambettes, faisait-il sa pelote avec l'Hélène?

Voltaire, dit Arouet: Il aurait mérité une élection à l'Académie, dans un fauteuil mais il eut du fil à retordre.

Curie: Pierre et Marie, un amour radieux, plein d'atomes crochus.

Jésus choisit-il St Pierre parce qu'il était une armoire à glace ou pour le cocktail de ses qualités, quand il lui demanda de bâtir une Eglise, "on the rocks"?

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Les quatre vérités 4/6

Publié le par modimodi

Vivre suppose de chercher à donner un sens aux écrits, aux paroles et aux actes.

Comme la vérité est toujours probable, elle continue de s'élaborer dans un mouvement continu. Le scepticisme est donc salutaire comme le jugement critique. Il peut y avoir besoin de réfuter ou de contredire la vérité. La science elle-même, ne peut jamais prétendre avoir atteint la vérité, même la probabilité, disait Popper.

Seuls les énoncés sont donc vrais ! D'ailleurs, sans la liberté de contester la vérité, de la délier, y a-t-il place pour l'invention ? Sans le hasard ou l'intuition mais aussi, sans l'espoir d'une nouvelle vérité, toujours provisoire, y-a-t-il place pour la découverte ?

Raconter relève de la même difficulté ! Joinville dans ses Chroniques a éprouvé l'exercice de la vérité historique et de la véracité des faits. A-t-il donné le fin mot de l'histoire ? Maurice Sartre disait que la vérité "en histoire, relevait de l'utopie." Narrer, c'est traduire et traduire, c'est trahir! Personne ne peut exprimer l'exacte similitude de la réalité ! Quelles que soient son éthique, sa méthode et ses sources, l'historien ne peut échapper à la représentation et donc à l'interprétation. Sa vérité enseignée et professée est donc relative.

Déjà du réel à la réalité, il y a le prisme déformant de la vision, de la subjectivité, des références culturelles. Suivant, les points de vue, les mots et les sens qu'on leur accorde, les couleurs et les sensibilités donneront des photos, des textes et des tableaux absolument très différents d'un artiste à l'autre. Chacun objectivement a pourtant vraiment vu ! Chacun est authentique sans parvenir à être dans l'authenticité. Chacun a le poids et la richesse de sa subjectivité et de ses émotions ! La vérité est un hymne à la Nature et à la Beauté.

Si la vérité doit être relativisée, tout est donc relatif ! La vérité n'est que la réalité perçue par chacun. Quand il s'agit de peinture et d'art, on obtient de magnifiques chefs-d'oeuvre. Les mêmes bords de Seine, à Bougival ont ainsi offert un merveilleux décor et une chatoyante palette impressionniste à A. Renoir, C. Pissaro, J. M. W. Turner, A.Sisley, C. Monet. L'art est la vérité de chaque artiste ! Cette vérité là, se fait entendre et souvent nous parle !

Mais qui pourrait avoir la prétention de juger la vérité ? De vous ou de moi, quelqu'un détient-il la vérité au doigt levé ? Sont-ce Dieu, le Pape, dont l'infaillibilité est un dogme ? Est-ce son représentant devant qui je m'agenouille pour me confesser en lui disant toute la vérité, ... enfin, toute ma vérité ! Car, en mon âme et conscience, il m'est demandé de ne pas me mentir, d'être en accord et en raccord avec moi-même.

Suivant la plasticité de mes propres codes moraux, je ne peux donc me repentir que de fautes, jugées et estimées, à l'aune de mon éducation religieuse et sociale. La vérité ne serait-elle que la sincérité et la franchise de mon cœur et de ma conscience individuelle ? Dans ce cas, la faute et le péché ne seraient que de simples cas de conscience et ma liberté de conscience, le siège de ma seule et unique vérité !

Mais dites-moi, la vérité niée, débridée est-elle inconsciente ? Peut-on l'appeler, folie ? Est-il fou et peut-il être pardonné ou sauvé, le mythomane qui croit, que ce qu'il rêve et dit sincèrement, est la vérité ?

L'homme se tient-il entre folie et vérité, entre raison et représentation, entre les perceptions de la réalité et de sa pensée ? La vérité est-elle au carrefour de la démence, de la psychose et des délires ? La vérité est-elle hallucinatoire ou simplement interprétation ? A l'aide! Foucault, Lacan, Freud, Derrida ! La vérité n'est-elle qu'un désir de vérité et une manipulation du réel ?

Depuis l'origine du monde, pour se faire entendre, l'homme vocalise sa vérité. Celle-ci peut être, sourde, ouverte, fermée, comme les voyelles, elles-mêmes. D'ailleurs, puisqu'il existe une accentuation des voyelles dans toute expression écrite ou orale, comment s'exprime l'accent de la vérité ? Sont-ils graves ou aigus, les accents de franchise et de sincérité ?

Avec les mêmes mots, tous les amants du monde expriment leur amour ou leur passion. Qu'est-ce qui fonde donc leur crédibilité ? Seul le temps permet de dire, si les élans du cœur étaient profondément avérés ou l'effet d'un simple emballement des aiguilles de l'horloge du destin. Vérité de l'amour ou amour de la vérité !

Bien sûr, suivant l'usage répandu, la sincérité s'accorde souvent avec la vérité. La vérité est même une qualité. "Ma parole, la vérité, si je mens !" Alors peut-on, sans faire de cinéma, mentir de bonne foi ? D'ailleurs, y a t'il plus de plaisir à mentir qu'à dire la vérité ? La vie est-elle un jeu de ni oui ni non, de vrai ou faux, un grand bluff ?

Chacun choisit sans doute de dire la vérité, toujours ou tout au moins, le plus souvent possible... Dans cette courte vie, rien n'est à exclure! Et à moins de subir la piqûre du sérum de vérité, ne faut-il pas prêcher le faux pour savoir le vrai ?

Si le Saint-Chrême est le viatique pour la divine révélation de la suprême Vérité. Qu'on se le dise, moi, j'aimerais prendre tout mon temps ! Si la mort est inéluctable de certitude, si elle s'affirme comme la vérité suprême de la Vie, moi, j'aimerais m'inscrire en faux !

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Nuit blanche

Publié le par modimodi

Le jour a jeté ses tisons

Dans la brûlure du soir.

Dernières lueurs de braise.

Le soleil haut-fourneau

A craché sa lumière.

Des ombres flamboyantes

Dévorent l'horizon.

La nuit en souveraine

S'avance lentement,

Portée par des Vestales.

Odeurs de souffre,

Vapeurs d'acide,

Vagues de cendres,

La mer qui se brise

Chevauche le silence.

 

Je vais te retrouver.

Et tu me sais, qui viens.

Ta lampe a découpé

Des oiseaux sur le mur,

Vols lents et lourds,

Étranges arabesques,

Bruissants envols,

Froissements d'ailes...

Et je me glisse,

Voleur d'étoiles,

Jusque vers toi,

Astéroïde

De ma nuit blanche.

 

Étrange créature,

Surgie du fond des eaux!

Est-ce la fée Morgane

Ou l'antique Dahut,

Fille du roi Gradlon?

Ai-je pu pénétrer

Au sein d'Is engloutie?

Et n'es-tu point

L'Iseult de ton île Tristan?

Mais tu ne réponds point...

 

Ta chambre tamisée,

Écrin de roses thé,

M'enlace en sa clarté.

La porte se referme

Nous laissant face à face,

Éblouis, interdits...

Moi,

Pèlerin au bout de son voyage,

Chevalier du Graal

Au terme de sa quête.

Toi!

Mystérieuse et infinie,

Inaccessible et souveraine.

 

Ô éphémères instants

Du tout premier regard,

Brume bleutée et irisée!

Arc-en-ciel du destin,

Pont silencieux, tendu

Entre toi, entre moi

Où déjà sous les arches

S'étire l'indicible...

 

Passerelle de nos mains

Aux doigts entrecroisés...

Premier frisson,

Première peur,

Premiers liens,

Brûlures!

Flammes tourbillonnantes

De l'enfer de tes yeux.

Premier fer d'esclavage!

Enchaîné, asservi,

Galérien par tendresse!

 

Mais, le pont s'est brisé

Et nos doigts ont glissé

Jusqu'à se séparer...

Première rupture ou trahison,

Première brèche...

Le désir est à gué,

Nous voilà, eaux dormantes...

 

Ta chambre s'est remplie

Du tambour de nos pas,

Des éclats de nos voix.

Les oiseaux sur le mur

Ont repris leur envol,

Tournant autour de nous

Nous effleurant de l'aile.

 

Et l'île s'est noyée

Dans les creux de la nuit.

Le phare seul lance au ciel

Sa peur de naufrager.

Murmures de la marée,

Bruits de filins rouillés,

Aux ancres attachées.

Plaintes aux souvenirs

D'antiques traversées.

 

Il pleure des embruns

Des amarres échouées...

Et ton corps désarmé,

Chavire lentement

Dans les sillages creux

De ce fauteuil satin.

 

Le temps a jeté l'ancre

Au sein de cette chambre...

Entre toi, entre moi

Toute parole est vaine.

 

Aux griffes du sommeil,

Tu luttes, sombres et renais.

Envol de l'ange,

Face à face,

Cœur à cœur,

Peur à peur...

 

Lagoya égrène des sanglots de guitare,

Pleur à pleur...

Glissement silencieux

Aux nacres de tes joues.

D'un poème sans je t'aime,

Mozart réécrit son Requiem.

"Lacrimosa dies illa"

 

Nuit en corolles

De satin bleu et noir,

Fleur à fleur reposée

Dans les vases, oubliée.

Mains ouvertes et données

Aux ombres parfumées.

 

Et les meubles étirent

Leurs jointures noueuses.

Feux des cristaux,

Carafes et flacons

Aux couleurs de l'été.

Les oiseaux ont niché

Dans le vert du tableau.

Un arbre se déhanche

Sans espoir de printemps,

Et tout son tronc se tord

A pousser au soleil

Ses bois entrelacés.

 

Tu viens de t'endormir...

Ouvertures de Verdi...

Tu rêves de Venise,

Saint Marc illuminé,

Sa place qui roucoule,

Le pont du Rialto,

Et celui des soupirs.

Un gondolier te chante

D'antiques barcarolles.

 

Et tu es Colombine

Aux feux du carnaval.

Je te sais vénitienne

Héritière des lagunes,

Des tableaux de Guardi.

"Oh, saro la piu bella!

Tu, tu amore

Sola, perduta, abbandonata"...

 

Tout se bouscule,

Mots enflammés,

Rêves et réalité...

Puccini ou Musset

" Dans Venise la rouge,

Pas un bateau ne bouge..."

 

Je reste naufragé,

Ensablé, près de toi...

Je voudrais être au large,

Dériver sous le vent.

Je voudrais être flot,

M'engouffrer au chenal.

Je voudrais être lame,

Me briser aux écueils.

Je voudrais te rejoindre,

Atteindre l'autre rive,

Accoster sur ton île.

 

Viens, viens,

Laisse-moi me baigner

Dans le bleu et le vert,

Au corail de tes yeux

Verser larmes de ciel.

 

Laisse-moi clapoter,

Déposer mes baisers,

Coquillages en fleurs,

Anémones tremblantes,

Aux nacres des écumes

Des roulis de ta chair.

 

Laisse-moi chevaucher

La houle de tes hanches

Rouler et balancer,

Danser sur tes frissons,

Ondoyer près de toi

Oh! viens, viens, viens...

 

Et tu hisses la voile

De ton bras blanc, tendu

Entre mer et ténèbres.

Je cours dans le gréement,

Saute jusqu'à la hune,

Monte dans les haubans

Jusqu'au mât de misaine.

Plus haut, plus haut,

Toujours plus haut!

 

Je dors dans la dunette,

J'y ai posé mon cœur.

Ô mon amour,

Nappe d'or constellée,

Pluie d'étoiles versant

De longs sanglots d'azur,

Souffle aux mille alizés.

 

Prends la mer,

Largue tout,

Les amarres et les voiles!

Je reste sur le quai,

Je t'attends et t'espère

Lentement, prudemment,

Serre le vent,

Vire de bord,!

 

Prends le large et...

Mes mains!

Et nos doigts ont glissé,

Cheminé l'un vers l'autre,

Creusant des ravines

Sur le satin du canapé.

Cordes tressées,

Entrelacées,

Mailles fragiles d'un filet.

 

Nos mains se lacent,

Nos doigts se nouent,

Nos mains se croisent,

Nos doigts s'enlacent...

Savant ouvrage,

Points d'Alençon,

Travaux d'aiguilles et de navettes

Tendrement engrêlés,

Tendrement lisérés,

Écrins brodés,

Fils de soie ennoués,

Points de Venise et d'Angleterre,

Points de rose et points de Bruges,

Tendre réseau,

Nos doigts festonnent des dentelles.

 

Mais nos mains se déchirent

Et nos doigts se reprennent,

Nos yeux se cherchent,

Nos mains se soudent

A la nuit qui se noie,

Dans la mer qui se brise.

Cris déchirés d'un goéland,

Lune de cendres...

Nos corps s'étoilent

De désirs magnétiques.

Nos peaux se frôlent,

Nos corps se tendent

Comme des osiers.

 

Frissons d'archets,

Vibrato d'Amati,

Méditation de Thaïs,

L'amour tressaille...

Promesse d'alliages,

Gerbes de feux et de tisons,

Coulées brûlantes

De fébriles caresses.

 

Je tremble et tu frissonnes,

Je te perds, te retrouve...

Je dessine d'un doigt

L'arcature de tes yeux,

Reprenant mille fois,

D'un trait mal assuré,

Chaque creux,

Chaque ovale

Des contours du visage.

 

Mes doigts s'égarent

Dans le brouillard

De tes cheveux,

Frisons soyeux.

 

Un ange s'est posé

Et tu fermes les yeux,

Abandonnée, lascive,

Retenant le plaisir

Qui ondoie sous tes cils,

Retenant les désirs

Qui ouvrent et qui emportent

Les écluses et les digues!

 

Au rempart de ta chair

Les lierres des refus

Délient griffes et racines.

 

J'éclate comme une bulle

Dans l'ambre de tes seins.

Tes souffles ont des promesses.

Nos corps à fleur de peau

Se lient et se déplient

Dans des sillons de volupté.

 

De joutes en élans,

Le levant se déchire,

L'horizon est en feu.

La mer a des reflets

De lande mordorée.

 

Pour un instant,

Ma main suspend

Sa course vagabonde.

Chacun se coule et se prolonge

Dans l'onde des frissons.

 

Seule la veine à ton cou

Se fait douce et saillante.

J'y sais des vaisseaux bleus,

Ancrés depuis longtemps

Et des voiles qui claquent

Quand se lève le vent.

 

L'un à l'autre scellés,

Nos corps décorsetés

Emmêlent leurs lianes,

Tourbillons affolés

De joies et de délices

En vrilles constellées.

 

Sommeil de l'ange.

Moi, je te sais fragile

Comme souffle de brise

Et... je reste éveillé

Aux portes de ton corps.

Éternité, ô douce éternité!

 

Perdus et immobiles,

Le temps passe sur nous

Emportant nos passions...

 

Et ta chambre s'anime.

Aubade au jour qui naît!

Les oiseaux doucement

Ont repris leur envol

Et franchi la fenêtre,

Emportant dans leurs ailes

Nos soupirs et nos songes

Emplis de volupté.

 

La mer s'est retirée,

Effaçant nos caresses,

Désourlant dans ses plis

Nos extases d'écume,

Dentelle de soie grège.

 

Et l'aube se déverse.

Dans la brume a surgi

Le fantôme laiteux

De ton île Tristan.

Son phare lance au ciel,

Pâle de la nuit blanche,

Sa joie de rescapé.

 

Chaque matin nouveau

Est une nouvelle chance!

Mais il faut se quitter,

S'arracher l'un à l'autre.

 

Porteras-tu le deuil

Des heures envolées?

Porteras-tu le deuil

Du temps, qui s'est enfui?

 

Nos yeux s'ouvrent au jour,

Mais toi seule as capté

La lumière des étoiles,

A présent, endormies

Et gardé l'infini

D'étranges voies lactées...

 

L'aurore a déchiré

Les tentures de la nuit.

Nos mains se brisent,

Défaisant un à un,

Tous les nœuds

De l'amour.

 

Mes lèvres scellées aux tiennes,

Se déchirent, se reprennent.

Ton corps tremble et frissonne,

Et de froid et de fièvre,

De peur et d'abandon.

 

Nous glissons l'un et l'autre,

L'un sur l'autre et en l'autre,

Au sablier du temps.

Nous mourons l'un dans l'autre

Aux lueurs vacillantes

De nos regards mouillés,

Affolés et noyés.

 

Nous nous désamarrons,

Barques vides, échouées

Aux sables de la grève...

 

Tout est consumé.

La nuit éteint ses incendies

Et le jour qui renaît

A des pointes de feu.

 

Adieu ma mie,

Adieu!

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Boules de comme

Publié le par modimodi

La vie, c'est comme les cartes: bataille, poker, patience et réussite, tant qu'on ne fait pas le mort en abattant ses dernières.

Le sexe, c'est comme la pierre. Avec Pierrette, Pierrot doit savoir faire d'une pierre, deux coups.

La vie, c'est comme la tension, à surveiller pour ne pas péter un câble et tomber raide.

L'homme, c'est comme la gymnastique, de la corde lisse à la corde à nœuds, si la femme lui agrée.

La femme, c'est comme le mystère, à chacun de trouver ce qui se cache derrière les voiles: la volupté ou l'âge.

La mort, c'est comme les urgences, toutes affaires cessantes!

La vie, c'est comme les œillets, faut passe-lacets pour trouver chaussure à son pied.

La mort, c'est comme l'indifférence, ça vous laisse froid, même dans la chambre.

La femme, c'est comme l'éloquence, la tirade ampoulée d'un petit coq aux belles envolées, la fait se tirer à tire-d'ailes!

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Les quatre vérités 3/6

Publié le par modimodi

De tout temps, la quête de la vérité se poursuit dans ses contradictions et ses hypothèses, car "La vérité est souvent éclipsée, mais jamais éteinte." (Tite-Live, Histoire de Rome)

Ainsi a-t-il été admis que la vérité scientifique, toujours provisoire n'est plus que consensus. Si elle devait éclairer la route de chaque homme, elle ne pourrait se dissimuler dans les croyances, toujours aveugles. Alors, peut-être, se tient-elle au moins dans chaque cœur aimant et tolérant, aux limites de sa propre conscience ? La vérité ne serait alors que sa vérité propre comme celle de ses semblables dans son universelle illusion. C'est à dire l'inconciliable addition cacophonique de nos vérités personnelles. Sans pour autant désespérer, où pourrait-on la chercher encore ?

Gaulois, craignant toujours que le ciel ne nous tombe sur la tête, nous levons alors nos yeux vers le Père, qui est aux cieux. Depuis le temps, garde-t-il au moins la vérité ? Si comme on l'affirme, il est amour, la vérité est-elle aussi amour ?

Réside-t-elle dans les tables de la Loi, divine ou céleste ? Est-ce la parole d’Évangile qui est l'incontestable Vérité ? La vérité serait-elle absolue et métaphysique. Serions-nous à jamais dépassé par elle ?

Ma logique binaire peut-elle concevoir l'unité, principe ontologique ? Seigneur, Vérité oblige ! Vouloir l'atteindre est-ce folie ? La Vérité est-elle mystère ?... Impasse des doutes et du silence absolu. Motus et bouche cousue, la Vérité est mutique.

En attendant le grand transbordement vers un monde radieux, que certains atteindront par la voie d'une vérité métaphysique de troisième dimension, sommes-nous donc, contraints, ici-bas, de toujours obéir à tous les commandements, moraux ou matériels, à toutes les vérités sociales communément admises ?

Dans tous les cas, craignons qu'il ne nous faille alors, en payer l'addition ! Obéir au code de la route à prendre, au code de bonne conduite, au code de manières civiles, aux codes en tout genre, mais pénal pour finir ! Voilà, en réalité et vérité, notre peine capitale.

Il nous faut tenir, le cou tendu vers l'idéal, en évitant la lame des jours tranchants. Les idées faussement révolutionnaires et les promesses de lendemains qui chantent, roulent avec la vérité dans le panier. "Ah ça ira, ça ira, ça ira !" L'écoulement du sang, de la vie et des saisons, au sablier ne tarit jamais. Ci gît la grande Vérité incontestable pour tous, la Vérité universelle, la Vérité du temps qui passe inexorablement ! Cette même vérité pour tous, est égalité. "La vérité est fille du temps" (Aulu-Gelle, Noctes atticae)

Chacun y croit ! Le peuple est souverain ! Les tables de la loi des droits de l'homme et du citoyen s'éclairent même du triangle divin en confondant le profane et le sacré !

Matérialisée dans un grain de sable, cette vérité est tout aussitôt pulvérisée ou éclatée et le sablier, renversé et brisé. Elle en devient alors, un avantageux profit et une poudre aux yeux, répandue et jetée par les marchands de sable, bonimenteurs de jeunesse éternelle. Car oui, dans les limites étroites de notre propre entendement, le temps éternel comme la vie éternelle sont fondamentalement inconcevables ! L'éphémère illusoire est la seule vérité qui nous soit concevable.

Il n'y aurait donc aucune évidence, aucune vérité, hormis au tribunal ! La véracité des faits s'y établit par la preuve. La justice est, de fait, censée établir la vérité et juger en son âme et conscience. "Jurez-vous de dire toute la vérité, rien que la vérité ? Levez la main droite et dites : je le jure !... Acte est pris de votre serment " 

Oh ! les jurés sincères ou récusés, les avocats véreux, les plaidoiries et les réquisitoires fondés ou à charge ! Oh ! les faux témoins, les témoignages tronqués, les erreurs judiciaires de la justice aveugle ! Combien d'experts abusés, par des faussaires en art et combien de certificats d'authenticité invalidés, par un second expert, tout aussi compétent et assermenté que son premier confrère ! Toute vérité peut donc être critiquée, abolie et annulée.

Mince chance de consolation ! L'horloge universelle nous donne au moins, l'heure exacte, au même titre que l'exacte vérité ! C'est ainsi qu'un espoir se fait peut-être jour... Après la justice incertaine des hommes ou de Dieu, la justesse des choses peut sans doute, nous imposer sa valeur indéniable. Le philosophe, M. Heidegger fait bien la différence entre la recherche philosophique de la vérité et la recherche de l'exactitude qui relève davantage du domaine de la technique.

Si la fidélité humaine est parfois défaillante dans la constance des rapports que nous produisons, la fidélité matérielle d'une copie numérique ne l'est absolument pas ! Pour faire bonne impression, mieux vaudrait donc, être sage comme une image ! La vérité qui n'a su se faire justice, sauf dans l'édiction principielle de la Loi, tente une sortie honorable dans et par la justesse.

La reprographie au scanner et au laser fait mieux que la reproduction humaine. Car la Nature fait ce qu'elle peut ! Homozygotes ou dizygotes, les jumeaux ont plus ou moins de ressemblance mais pas les drôles de zigotos ! Tous semblables dans leurs bizarreries. Inénarrables dans tous leurs comportements, ils nous ébranlent dans nos références, au point de nous faire nous écrier : "C'est pas vrai ! Sans blague !"

La Vérité absolue est à jamais métaphysique et inconnaissable ! Alors pour en apprécier la précision, la vérité humaine qui se veut accessible a-t-elle recours au juste contrôle, qui permet de dire et faire vrai, c'est à dire de vérifier ? 

La correction et l'ajustement permettent la rectitude et la vérité objective, qu'on nomme véracité. Quand il s'agit des comptes à certifier, à reconnaître sincères et véritables, la vérité devient affaire de Cour et l'exactitude est la politesse des rois, référendaires. Vérité des nombres, pas forcément des calculs ! Vive la République ! A vos rangs, fisc ! La vérité est comme la dette, publique !

C'est ainsi, ci-devant, citoyen ! La vérité est toujours, avec armes, au pied du mur, quand il s'agit de vérifier une hypothèse ou une prédiction, une stabilité ou un équilibre. Dans ce cas, il faut être d'équerre dans la méthode, ne pas perdre le fil du raisonnement, ni manquer d'aplomb pour être affirmatif !

De là à faire ses preuves et à les apporter, c'est encore une autre opération, avec nombreux calculs, à plusieurs inconnues ! La vérité est une probabilité toujours à démontrer, toujours à vérifier, toujours à confirmer... avec exactitude et sans retard, comme l'heure à l'horloge universelle. Turgot avait coutume de dire : "J'aime l'exactitude, bien qu'elle soit le sublime des sots."

La vérité devient compatible quand sa théorie peut être modélisée car, ayant horreur du vide, elle se veut alors, certitude dans le présent. Elle se veut rassurante surtout pour le commun des mortels. A vrai dire, le matérialiste agnostique et le prosaïque positif, vous le diraient, du concret, y'a que ça de vrai !

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Nuit blanche 7/7

Publié le par modimodi

Le temps passe sur nous,

Emportant nos passions.

 

Et ta chambre s'anime.

Aubade au jour qui naît!

Les oiseaux doucement

Ont repris leur envol

Et franchi la fenêtre,

Emportant dans leurs ailes

Nos soupirs et nos songes

Emplis de volupté.

 

La mer s'est retirée,

Effaçant nos caresses,

Désourlant dans ses plis

Nos extases d'écume,

Dentelle de soie grège.

 

Et l'aube se déverse.

Dans la brume a surgi

Le fantôme laiteux

De ton île Tristan.

Son phare lance au ciel,

Pâle de la nuit blanche,

Sa joie de rescapé.

 

Chaque matin nouveau

Est une nouvelle chance!

Mais il faut se quitter,

S'arracher l'un à l'autre.

 

Porteras-tu le deuil

Des heures envolées?

Porteras-tu le deuil

Du temps, qui s'est enfui?

 

Nos yeux s'ouvrent au jour,

Mais toi seule as capté

La lumière des étoiles,

A présent, endormies

Et gardé l'infini

D'étranges voies lactées...

 

L'aurore a déchiré

Les tentures de la nuit...

Nos mains se brisent,

Défaisant un à un,

Tous les nœuds

De l'amour.

 

Mes lèvres scellées aux tiennes,

Se déchirent, se reprennent.

Ton corps tremble et frissonne,

Et de froid et de fièvre,

De peur et d'abandon.

 

Nous glissons l'un et l'autre,

L'un sur l'autre et en l'autre,

Au sablier du temps.

Nous mourons l'un dans l'autre,

Aux lueurs vacillantes

De nos regards mouillés,

Affolés et noyés.

 

Nous nous désamarrons,

Barques vides, échouées

Aux sables de la grève...

 

Tout est consumé.

La nuit éteint ses incendies

Et le jour qui renaît

A des pointes de feu.

 

Adieu ma mie,

Adieu!

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Mystères

Publié le par modimodi

Est-ce, parce que la mort règle l'addition et nous met en soustraction, que cette vie est pleine de retenues?

N'est-ce pas tenter l'impossible que de vouloir résister à tout, sauf à la tentation?

Le mauvais poète est-il un casse-pieds, bête comme ses pieds?

Puisqu'elle a du chien, qu'elle me met aux abois, m'man, est-ce qu'enfin je la laisse?

Ceux qui ont une tête d'enterrement font-ils sans blanc, de voir tout en noir?

Est-ce, parce qu'elle est bonne pâte et mise à toutes les sauces, que la  nouille marche sans penne et finira ravie au lit?

Quand une femme est irrésistible, à quoi bon être inflexible, se raidir et tenir ferme?...Et pourtant!

Déclarer sa flamme, enflammer l'autre de désirs, lui incendier le cœur et se consumer, entraîne-t-il des déceptions cuisantes?

Si l'amour est une inclinaison, est-ce, quand on s'abandonne à ses penchants, qu'il vous joue des tours et finisse par aller de mal en Pise?

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