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Articles avec #a recycler tag

Googlito

Publié le par modimodi

Espérant lauriers et laïus,

Auréole et gloire de Phébus,

Cela fait des jours, tant et plus

Que je s'coue mes puces sur G+...

Je dédie, ce billet cactus

Aux Romulus et aux Rémus

Qui ont fondé l'réseau++,

Aux dix milliards d'Olibrius,

Qui se prennent pour Confucius !

Je viens célébrer les Vénus,

Les Nimbus et les Marius,

Tous les gogols de Google+.

 

A toi, insignifiant gugusse,

A toi, ô glorieux minus

Qui poste orbi et omnibus,

Je tire ma langu' Lucullus !

 

Le principal, c'est d'apparaître,

D'être toujours dans le paraître

Et de sans cesse reparaître

Pour recycler, faire compost

De potins, à longueur de posts !

Celui-là croit qu'il poétise,

Hélas ! Hélas ! Il prosaïse !

Il gorge chaude, il gargarise 

Et s'ébahit d'une queue d'cerise,

D'la queue du chat qui électrise,

Du penchant pour la tour de Pise !

Lui, dédicace et pindarise,

Clame ses stances à la Marquise,

En espérant qu'elle vocalise

Quand il la prendra par surprise.

L'autre, courtise et Rousseauise

Sa Julie, Nouvelle Héloïse !

 

Sur G+, on idéalise,

On se fait miel et mignardises,

On est complices, on sympathise,

Avec Lulu, Lise et Élise,

Les girls, les miss et les ladies !

Amie, ami, on fraternise !

On remercie, on s'fait la bise !

On pédantise, on latinise

On bêtifie, on ringardise

On trouve géniale, la sottise,

On commente, on hyperbolise, 

On flatte un peu, on Ronsardise !

On se fait sucre et friandises,

On roucoule ! Pigeons à Venise

Pour fair' rêver, la douce exquise

Et finir comme cul et chemise !

 

Y'a plus d'une astuc' sur G+

Pour rechercher le consensus :

Eviter les sujets cactus,

Ne pas faire d'honneur, au médius.

Adoucir les mœurs de Brutus :

Un chorus : le "Christus, Agnus",

Un Mozart : "Clémence de Titus",

Un Racine : le "Brittanicus"  

Représenté sans un lapsus

Dans une version biélorusse !

Tu peux même espérer en su :

Le son d'un stradivarius,

Un zoom su'l'sabot-de-Vénus,

Un ciel bleu d'altocumulus,

Un smile enivrant de Bacchus,

L'embarquement pour Uranus,

En fumant de l'eucalyptus ! 

 

Tu peux écrire, tu peux crier,

Tes cris, écrits sont étouffés

Dans les portugaises ensablées

Des overblogueurs aveuglés.

Dans un incessant défilé, 

G+ t'enverra promener,

De posts en posts, pied à pied,

Dans un désordre échevelé :

Vlà, un souvenir du temps passé

D'un vieux romantique esseulé,

Un chat, une fleur, une poupée,

Un' têt d'oiseau ébouriffée,

Des chats, des chiens dans un panier

Qui s'animent, au doigt appuyé,

Un pigeon, deux cygn' enlacés.

La mer toujours recommencée, 

Le bonheur en train de filer

Avec tes textes délaissés,

Ta prose et tes vers ignorés.

 

Ô symphonie inachevée !

V'là un aria, un andante,

Pour tes mots, tes petits voiliers,

Qui rêvent sous les alizés

D'enfin rencontrer le succès.

Tiens ! Pour toi sur ton blog, penché

Vlà ! Un banc, un chien, un muret,

Une girouette, un clocher,

Une citation illustrée,

Un proverbe dédicacé.

Des tournesols Van Gogh-lisés,

Illusions, miroirs et reflets :

La définition d'la beauté ! ...

Des commentaires, à la volée

Et des platitudes, par flopée ! ...

Des ratons laveurs, un baiser,

L'inventair' de Prévert entier !

 

Du bon sentiment étalé,

A toute heure de la journée !

Du "good morning" à "bonne soirée" :

Des "merci, amis !", rabâchés

Des "bisous, bisous" par milliers

De tous pays, du monde entier !...

Arrête, arrête d'espérer,

Ô laborieux écrivassier

Tu ne peux pas être prisé,

Tes textes sont trop compliqués,

Y'a trop d'idées, trop de pensées

A réfléchir, à déchiffrer !

 

Sur l'écran, les yeux explosés,

Googlito, le cerveau bloqué,

N'a plus d'suite dans les idées !

Sur le Web, il s'est échoué,

Débranché et déconnecté !

 

A quoi bon, donc se lamenter,

Me disait un jeun' Facebooké !

On cherche tous à se montrer,

A troller ou à podcaster

Par procuration, s'afficher.

Mais sur les réseaux, prisonnier,

De la grande toile d'araignée,

On est peinard, on est planqué,

On peut faire discret ou kéké,

Avoir l'impression d'exister,

D'avoir de l'esprit, de penser,

De pouvoir aimer, être aimé,

D'être actif, toujours occupé,

D'avoir des amis par milliers

Et de vivr' comme un naufragé,

Comme un oiseau emmazouté,

Dans le virtuel englué.

 

Cess' de taper sur ton clavier, 

D'écrire comme un acharné,

De caler, touches enfoncées,

De te croire seul, abandonné,

De jouer les désespérés.

Sur le net, faut te connecter,

Rejoindre les communautés.

A l'univers, tous reliés, 

Tous inconnus mais réseautés,

Sur le mêm' pied d'égalité.

Tu vas pouvoir les retrouver....

Petit écrivain raté,

Démodé, aigri, isolé,

Inspiré, réac, exalté,

Tu seras enfin apprécié

Si t'es branché et Googlisé !

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Lettre aux journalistes

Publié le par modimodi

Y'a des limaces dans la pomme des choux! Y'a des bébés dans le coeur des choux! Y'a des navets dans les feuilles de choux!

Cherchez le journaliste! Il est là, à la popote en train de préparer une soupe aux choux, canards et navets! Oui! Vous allez le trouver dans les choux, perdu entre deux feuilles, suivant attentivement à la trace l'information, la toute dernière, celle qui vient de naître. Vous le verrez impatient et piétinant derrière celle qui se traîne et qui s'étalera peut-être demain ou après-demain dans les colonnes de son baveux.

C'est toujours ainsi! Le journaliste va aux nouvelles comme vous allez aux champignons ou aux fraises, à confesse ou au charbon. Avec lui, surtout si le filon est exclusif, la nouvelle la plus mineure aura l'heureuse veine d'épater la galerie.

Car l'homme est homme de taille de crayons et de plumes, habile tire-ligne et gratte-papier de feuillets et billets riches en post-scriptum! Mais gare aux imposteurs! Colporteur de l'écho, bien avant la rumeur, l'apprend-il de bonne source, sitôt il la répand, mettant l'eau à la bouche!

Pas de cale sèche pour cracheur d'encre! Pas de répit pour le zombie des on-dit et des ouï-dire! Ici tu piges, on fait aux pigeons la pige! On rhabille les vedettes qui se sont dénudées.

Pour l'éditorialiste, tout est urgent et à la presse. De message en dépêche, on se presse! De bobard en canular, de scoops en scripts, la nouvelle comme poisson passe dans l'entrefilet, ou à la une. Avec chance, elle se débite à la radio. Découpée en tranches, elle triomphera à la grande hune télévisuelle.

Oyez le journaliste! Pour un chou des plus chouette, l'homme public, tout terrain, reporter sans lendemain ne pose ni limite ni frontière à ses investigations. Il est branché sur le courant, carnet d'interviews dans la poche, ici, il vous présente en souriant son micro, là-bas, il cadre, espérant réaliser le zoom de l'année.

Il désire vous attirer, vous convaincre, vous séduire, aiguiser votre appétit, nourrir sans rassasier ni étancher votre soif d'information... Il est prêt à tout, le commentateur! Il sait tout, le critique! Avec le poids des maux et le choc des faux taux! Oh dis, Mate ce qui passe sur LCI!

En ce siècle médiatique, chacun a ses trucs et ses tics pour être d'attaque et d'étoc pour passer du sujet toc qui tombe à pic au fait antique d'une autre époque. Partout ça gaze dans les gazettes où l'actualité n'attend pas. C'est la guerre des idées et le duel des polémistes! Chacun interprète sa partition dans la clameur cacophonique.

Dans sa feuille de chou, le dessinateur illustre et caricature les mœurs et les événements pour vous faire rire et réfléchir. Avec la satire, c'est le ara qui rit! Là, un chroniqueur à effets de manchettes, au ton pataud logique prend des airs affectés pour vous inoculer quelque événement inflammatoire, symptomatique du Landerneau. Ici, un pisse-copie débite quelques sondages, un présentateur tente de vous faire prendre ces vessies pour éclairer vos lanternes.

C'est toujours à vous de stopper le bruit qui court ou d'éponger le secret qui transpire pour démêler le vrai de l'info! Evitez de tomber dans le panneau en même temps que tombe la nouvelle.

Oyez et voyez le journaliste!

Rubrique nécro en black board, infos nature et écologique, brute de pommes, carnet mondain, petits potins rusés, indiscrétions ou astuces de gros malins, propos coquins ou bêtes comme chou, le mérinos audiovisuel bêle, bêle, bêle en ménageant la chèvre et le presse book.

Chaque mouton de Panurge de la communication, broute et transhume d'ondes en fréquences, de chaîne en chaîne ou de magazine en hebdo. Flash-man, Web rédacteur, journaliste sportif ou culturel, tous l'attendent à chaque coin de kiosque, d'affiche publicitaire, de reportages et de spectacles.

Pour entrer dans le chou et ne pas se faire trop voler dans les plumes, il faut de la patte et du talent. Le pamphlétaire ne doit pas être piqué des vers et faire des choux farcis de hachis d'opinions et de gâchis de réputation. Tous les choux doivent être comestibles car de feuilles en feuilletons, pâte à papier est pâte à choux!

Avec x et périls! Pour sauver ses petits bouts de choux, ses petits joujoux, il devra éviter vieux hiboux, vilains poux et autres lanceurs de cailloux qui le mettront sur les genoux. Un lanceur de pavés peut facilement tomber dans la mare à scandales.

Si par malheur le gratte-papier a fait chou blanc, s'il a trop pédalé dans la choucroute ou si, comble de la panade, ayant voulu éplucher et se faire la peau de quelques grosses légumes, son journal vient à boire le bouillon, il ne lui reste qu'à tremper avec le populaire sa première soupe aux choux. Il a tout gagné, il est de la revue! Il ne lui reste plus qu'à accommoder les restes d'informations pour tenter de tirer la couverture à lui!

Alors famélique et groggy d'un dernier coup de manchette, loin des choux gras qui firent ses délices, il peut aller planter ses choux au jardin des désillusions. En effet, il sait bien que l'écrit est soumis à l'épreuve du terre à terre, du con de test à terre et que le paradis est réservé aux pommes!

Il faut donc à notre homme, avec les choux se garder des pâtés comme des navets, s'il ne veut pas que son canard en fasse spécialité. Au risque d'ailleurs pour lui de danser illico un dernier french cancan à se casser trois pattes sur la mare aux canards.

A Sarcelles ou à Pilet les oies, les canetons dans les basses cours de récréation barbotent et cancanent sous le regard bienveillant de quelques vieux ou futurs palmés. Mais c'est trognon et chou à la crème car tous sont déjà sensibilisés aux BD et albums illustrés: "Babar" rencontre "Petit ours brun" en compagnie de "Bambi". "Les P'tites Princesses et les "P'tites Sorcières" font la "Pirouette" avec les "P'tites Filles à la vanille".

On leur apprend à lire en fixant très tôt leur imaginaire avec "Les belles histoires" ou "Le Journal des enfants" et "Mon Petit Quotidien". On les éduque bien sûr déjà, aux charges de futur citoyen avec "Picsou Magazine" et "Super Picsou Géant".

Oh oui! Le journaliste sait tout faire: écrire pour les enfants, les ados, les adultes! La première rédaction du petit écolier donne la vocation. Elle fera naître peut-être un futur rédacteur de journaux ou de tracts!... Pas de confusion! Le publiciste, faux journaliste est un bonimenteur, un lanceur de poudre aux œufs et aux yeux. Tant pis pour les gobeurs!

Moi, je fais partie de la grande famille des petits journalistes. J'ai un journal de bord sous la forme d'écrits, un quotidien que j'ose faire paraître. Mais j'ai aussi un journal intime, tenu secret... Il ne pourrait que faire partie des invendus.

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Godillots ! 4/4

Publié le par modimodi

 

Quel mois de juin ! Vivement le 49-3 ! Qu'on en finisse avec cette loi Travail ! Oui ! Mais ce serait, me direz-vous un déni de démocratie ! Pourquoi ? La grève répétée et qui nous rend otages est-elle une démonstration de démocratie ?

Attention, de la crise à la manifestation, de l'insurrection à la révolution, il n'y a qu'un pas de gréviste exaspéré ! Nous sommes vraiment en état d'urgence !

Triste époque où la rue s'acharne à faire la loi et voudrait renverser un gouvernement affaibli politiquement qui, hélas ! hélas ! n'aurait plus qu'à faire emploi de la force après avoir tenté une ultime négociation ! Personne ne veut capituler et il n'y a plus d'homme providentiel pour se dresser avec toute son autorité morale. Le seul génie est à la Bastille, il se dore !

C'est donc ainsi ! Quand la grève a été votée à la majorité, elle est obligatoire. Vae victis ! Malheur aux vaincus !

Bien sûr, nous ne le savons que trop ! L'effet direct d'une grève est d'arrêter la production de produits et de services et de provoquer une gêne, la plus générale possible afin de faire pression. Mais où est la limite ? Jusqu'où peut-on porter atteinte à la liberté individuelle ? Quelles limites donne-t-on au bien commun et à l'intérêt général ? Quelles distinctions fait-on avec des revendications corporatistes et les principes réformistes de social-démocratie ?

En survivance de la grève des esclaves, certains syndicats ou leaders maintiennent l'idée d'un pouvoir employeur et d'un patronat autoritaire qui tiennent dans les fers du productivisme "les damnés de la terre." La dialectique du maître et de l'esclave, la lutte du patron contre l'ouvrier sont en survivance.

Aucune nuance n'est plus possible dans ces bras de fer et cette radicalisation du tout ou rien. Ne vous avisez pas de critiquer ces manifestations et d'exprimer votre exaspération devant ces grèves à répétition, vous seriez tout aussitôt taxés de suppôts du patronat. Vous auriez, dit-on, la mémoire courte de tous les avantages acquis autrefois de haute lutte par les camarades ! Vous insulteriez le mouvement ouvrier, son action et même notre Histoire sociale.

Devant la pression et la vocifération de la rue, il n'est plus d'autre choix qu'adhérer au combat, participer ou subir. Personne n'est paraît-il otage de la situation sauf les obstinés de leurs leitmotivs et les enragés de leurs slogans. La violence en meute peut même donner une bonne conscience dans l'anonymat du grégaire !

Le Communisme contre le Capitalisme, l'asservissement salarial contre l'exploitation humaine sont des concepts qui perdurent et qui donnent encore sa légitimité à la notion de classe sociale et de lutte éternelle. Les discours enflammés le prouvent encore et toujours dans leurs arguments et leur vocabulaire. L'idéologie s'assouplit mais elle demeure vivace. Seul l'humoriste fait la différence en donnant une bonne définition des deux systèmes : l'exploitation de l'homme par l'homme pour l'un et l'inverse pour l'autre.

Bien sûr, la grève est un droit mais peut-il y avoir droit sans la contrepartie des devoirs. A quand un manifeste pour les manifestants ? Où est donc la conscience de classe ? Bat-elle le pavé de la rue et déterre-t-elle les pavés de la plage d'opinion pour affirmer la prévalence d'un syndicat sur l'autre ? Quel impact quand ils retombent dans la mare du conflit qui s'envase ?

Chacun espère-t-il compter ses nouveaux adhérents pour dominer le classement ? Car les classes sont hétérogènes dans leurs analyses et leurs positions. Mais au final, les rivalités entre elles comme les blocages qui paralysent le pays et la circulation des citoyens manquent vraiment de classe !

Les plaisirs des grévistes aux portes des raffineries ne sont vraiment pas raffinés pour le brave automobiliste ! Mais ça marche ! Oui ! Chers camarades grévistes, vous en êtes convaincus par la ligne de votre parti pris, la France est vraiment un pays de godillots ! Chacun veut être le roi du pavé et les autres n'ont qu'à le battre, si c'est autorisé !

Mais devant la peur de l'insurrection, les syndicats et le gouvernement aux petits pieds trouvent la danse du compromis : un pas en avant, un pas en arrière ! Une boucle pour tourner en rond et pour la boucler !

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Godillots ! 3/4

Publié le par modimodi

 

Juin 2016

La grève s'étend un peu partout et encombre les trottoirs. Les ordures ménagères ne sont plus ramassées pour mieux faire la grève sur le tas !

Les fonctionnaires dysfonctionnent et les aiguilleurs du ciel sont en pelote. Les têtes et les pieds s'échauffent. Personne ne veut être à la botte d'un autre. Le bon peuple fait sa révolution à gros sabots et sa tête de mule ! Pas question de claquer des talons ou du bec ! Pas le temps de pantoufler ! Comme on dit à la S.N.C.F. : "Une grève peut en cacher une autre !"

En attendant le train de mesures et le bout du tunnel, les trains de marchandises et de voyageurs sont à l'arrêt. Le prisme parisien médiatique nous montre des Parisiens qui prennent la mouche à force de se faire monter en bateau.

A marche forcée, la capitale trotte, trottine, boitille. L'esprit de clocher est à cloche-pied. C'est le temps des claque-galoches, des va-nu-pieds et traîne-savates ! Chemineaux ou cheminots, chacun est mis à pied ou mis au pas. On peste, on rage, on fulmine et on fume ! Pour le calumet de la paix, il faut encore attendre ! ... Chacun espère bien quand-même, avant l'été indien ! Les camarades écoutent le grand sachem Martinez, l'oreille collée sur les rails !

Moi, je vous fiche mon billet de seconde classe, qu'au bout du tunnel du conflit, chacun qui clopine n'aura que des clopinettes ! C'est couru... Il est cocu, le chef de gare ! Pourtant il avait bien cru, lui aussi, trouver chaussure à son pied.

Moi, le poète aux pieds déchaussés, aux rimes plates comme des semelles percées, j'ai envie de crier : "France, terre des arts, des armes et des lois", ménage-toi des correspondances. La Lorraine en sabots n'a pas bonne mine. La Charentaise est à la réforme ! A Bordeaux, ça bouchonne ! Marseille est en plein pastis ! A Rouen, on s'enflamme, des vagues de mécontentements déferlent à Nantes et à Rennes.

Tout va de mal en pis, au grand pays des labourages et des pâturages. Par monts et par vaux, c'est bien connu, les Français sont tous des veaux dont le grand vacher-fromager cherche à se payer la tête.

Comme l'herbe leur a été coupée sous les pieds, les moutons de Panurge broutent l'asphalte. Bien sûr, quelques bêlants leaders syndicaux annoncent qu'ils ont pris le taureau gouvernemental par les cornes. Ils rêvent même de tenir tous les toréadors aux joyeuses ou aux valseuses pour une dernière danse ! Une Carmagnole, peut-être !

Mais le peuple danse devant le buffet de la gare aux illusions et pas perdus ! Gouvernement et syndicats promettent tous la même soupe populaire au chou blanc. L'un la sale, les autres la poivrent.

Mais quand une partie de la population court après la carotte, qu'une autre lui raconte des salades, la France qui n'a plus un radis se retrouve dans le potage et fait la soupe à la grimace en défilant avec l'estomac dans les talons. Le drapeau noir flotte sur la marmite et le gréviste met d'autant mieux les pieds dans le plat, qu'il est vide !

Bisque, bisque, dans les gares, l'espoir est à quai et tous attendent en rêvant un train qui sifflerait trois fois ! Pendant que les uns et les autres remâchent leurs désillusions, dans les prés, les vaches ruminent leur mélancolie, au grand désespoir de n'avoir plus rien à regarder passer, hormis quelques protestataires occupant les voies ferrées.

S'il ne faut pas mettre la charrue devant les bœufs, il ne faudrait pas non plus mettre les wagons devant la loco ! Vivement que le pays retrouve un peu d'entrain ! Car pour l'heure avec cette loi, "quelle connerie", il ne nous reste que les transports au cerveau. Et pour moi, la grève du zèle de ma plume !

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Godillots ! 2/4

Publié le par modimodi

Juin 2016

C'est la grève ! Impossible d'adoucir "la loi travail" alors, la seule qui s'affirme, c'est la loi de la jungle ! Pas touche à ma Convention Collective, à ma Branche déjà sciée et à la hiérarchie des normes !

L'heure est au maintien des sacro-saints acquis et de leur défense jusqu'à la paralysie ! L'économie et la société peuvent bien évoluer dans un contexte de plus en plus complexe mais pas le code ni le droit du travail!  Le code de la route de la C.G.T prône le principe d'avoir toujours ses clignotants allumés. Sa voiture débraye et fonce, pleins phares avec sa remorque en porte-à-faux ! Car il F.O ce qu'il faut !

Pendant ce temps, une armée de bras cassés qui n'ont jamais cassé des briques ni trois pattes à un canard se sont transformés en horde de casseurs. Ils croient dur comme barres de fer que leur cause est à tout casser, la meilleure !

Comme les bonimenteurs de l'emploi et de la qualité de la vie leur ont déjà cassé les oreilles de fausses promesses et de relances, eux, nous les relancent et cassent tout : les pieds, les dents et les bonbons, les vitrines et le mobilier urbain. 

Attention! A trop jouer avec le feu, un jour funeste, quelqu'un finira par casser sa pipe ou se crever un œil à force de se le fourrer jusqu'au coude ! On appellera cela une bavure, un accident regrettable mais prévisible ! En effet, la violence comme l'envie de dialoguer sont aveugles et sourdes. La conviction d'une France qui va mal, arrange les syndicats qui nous l'assènent et la renforcent de tout leur air buté.

Pas d'accord possible envisageable sinon plaqué en mise aux poings. La nouvelle loi du Talion clame partout son nouveau mot d'ordre : " Pour un œil, les deux yeux, pour une dent toute la gueule ! " On en aimerait presque cette douce invective du petit Napoléon à talonnettes : " Casse-toi, pôv' con ! "

Le droit de grève est lui-même ostensiblement dévoyé dans la brutalité des provocations et des manifestations, par tous ces briseurs qui ne sont pas de grève. L'autorité de l'Etat est bafouée sous les sarcasmes et devant les caméras!

Et que font les "merdias" ? Quand la France défile, ils marchent à côté de leurs godasses. Ils font leurs choux gras de cette chienlit à coups d'agitation par leurs reportages choc : "De la loi travail à la loi de la chute des corps" ! "De la nuit debout à la manif debout !" Le déchaînement fait du bien aux chaînes comme le piétinement des manifestants, au pas et à la botte des meneurs aboyeurs, fait du bien aux revendications qui font du sur place !

Devant la fureur apparemment irrépressible des hooligans syndiqués ou pas, nos médias nous disent même d'aimer la police ! Embrassons-nous ! Folle ville au grand n'importe quoi ! Mais voyons ! Il n'y a pas à l'aimer, il y a à faire usage de la force publique et à faire respecter la loi ! Pausanias avait raison quand il disait : "La loi doit avoir autorité sur les hommes, et non les hommes sur la loi."

L'effet produit du"big bisou et d'adopte un keuf" est d'ailleurs inverse à l'effet attendu ! La rue en folie ne fait pas de bisous mais la nique et les hurleurs taguent à tout va pour mieux persuader l'opinion. Cette loi de l'amour imposée est évidemment absurde ! N. Chamfort avait tort quand il disait que " le Français respecte l'autorité et méprise la loi. " Aujourd'hui, il crache sur les deux, mon général !

Chers grévistes, moi, je vous dis qu'il n'y a qu'une loi qui prévaut, c'est la loi morale propre à chacun de nous et d'entre vous ! Cet article 1 prévaut sur l'article 2 ! Oh ! Je ne dis pas que vous êtes tous sans foi ni loi mais quand même... ! Je me contrains moi-même a faire grève sur le tas de mes pensées qui ne vous sont pas favorables en m'imposant presque la loi du silence !

Bien sûr ! Si la poudre aux yeux est le sable de la grève, le droit de grève est licite. Les naïfs peuvent espérer trouver sous les pavés, la plage ! Les salariés ont bien le droit de s'entendre pour cesser le travail dans l'attente d'obtenir leurs revendications.

C'est même, depuis M. Millerand un droit démocratique obtenu au poing levé ! Dans "Mes mémoires" J. Caillaux nous l'explique : "Dorénavant, lorsque les ouvriers d'une usine voudront se mettre en grève. Il devra être procédé à une consultation préalable. Tous les travailleurs intéressés voteront pour ou contre la cessation du travail. Si la moitié plus un des ouvriers opine pour la grève, la minorité - dans l'espèce, la moitié moins un - devra s'incliner. La grève est obligatoire."

Comment voter contre, quand la pression du nombre est à son comble ? Le parti des mécontents est toujours majoritaire ! Plus! Toujours plus : de bruit, de cris, de slogans scandés au pied levé, de harangues enflammées, de besoins et d'insatisfactions, mains levées !

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Godillots ! 1/4

Publié le par modimodi

Mai-Juin 2016

Les grévistes, c'est comme les godasses, les deux font la paire ! Il est devenu dingue, ce si beau pays dont on dit que l'économie piétine. Mais que voulez-vous ? Voyez ! Il y a toujours quelqu'un en grève, qui défile, qui bat la semelle, qui racle le pavé. Le pays est dans ses petits souliers ! Personne n'a plus de botte secrète !

La France chemine car dans un ultime bras de fer, son chemin de fer rouille à son terminus. Au siècle des lumières, des néons, des leds et des halogènes, les lampistes ont des ampoules aux pieds !

Avant hier, sur les ondes, la dernière pantalonnade gouvernementale avait son hymne national prisé et reprisé sur un air connu : " La société est décousue, / Si ça continue, / On verra le trou de la Sécu ! "

Hier, la mise en train, c'était pour battre en retraite et rester, de guerre lasse, sur la voie de garage, là où toujours le consensus déraille. Aujourd'hui, à contre-voie, la voix du peuple s'éraille pour la loi travail ! Aie ! Aie ! Duraille ! Duraille ! La vie du rail !

Marche ou rêve! Vogue donc la canonnière des syndicats contre les franciliens en galère ! Le gouvernement ne sait pas qu'à rêver de rivage, on s'échoue sur la grève, qu'après tant de métro, boulot, dodo, la rame reste à quai, qu'après avoir été pompé, la pompe reste à sec ! Le pays qu'on faisait déjà marcher et courir peut le faire à côté de ses pompes. En panne sèche sauf de revendications!

Marche ou grève ! Flotte donc les banderoles et les drapeaux rouges ! C'est la révolution d'octobre en mai, voire ad vitam aeternam ! Les ouvriers qu'on excite de slogans racoleurs ne savent peut-être pas que ceux qui les téléguident sont payés par le syndicat ! Demandez-leur !  Interrogez les imprimeurs de la C.G.T du livre qui bloquent la parution des quotidiens ! Leur attitude est impayable mais pas eux ! Quand ils nous font des pieds de nez, la France est à pied et regarde le bout de ses godasses.

L'espoir défile et se défile, il prend la route, la voie et l'impasse. Les rassemblements dégénèrent. Pas de quartiers épargnés ! Les tracts et les esprits échauffés sont à la casse ! Les C. R. S. répliquent. Le pays casque ! C'est de l'argent jeté à la rue dévastée et de la poudre aux yeux qui piquent et qui pleurent.

Marche ou trêve ! Que voulez-vous, l'erreur est historique ! Appeler les gars de la S.N.C.F, des cheminots ne pouvait que donner l'idée de faire cheminer le bon peuple ! Eh oh, les nantis ! N'avez-vous pas honte ? A quand l'égalité pour tous et la retraite à 50 ans et à 55 ans pour tous les ouvriers ?  A quand l'examen de tous les services spéciaux ? Il ne s'agit plus de se préoccuper du  : "comment travailler mieux ?" mais du : "comment garder l'avantage du travailler moins ?"

Quand défilerez-vous pour réparer cette injustice sociale ! Depuis le temps pénible des foyers rougeoyants des locos à vapeur et des pelletées de charbon pour les alimenter, vous avez gardé des seaux d'escarbilles plein les yeux ! Qu'avez-vous à craindre aujourd'hui, hormis le courant d'air dans l’œil venu de la fenêtre ouverte !

Mais plus, toujours plus de revendications et de slogans éculés comme de vieux godillots baîllant de toutes leurs semelles ! Plus de pieds au sec ! Dans ces temps de crue des cieux et de débordements de violence, que fait donc l'Etat ?

Vous le savez ! La burka est interdite et fait débat car la France vit, rit et chante à visage découvert. Il est impossible de se masquer le visage en cette période troublée de menaces, car nous sommes tous placés en état d'urgence et de vigilance absolue. Mais comble du laxisme ! On peut se présenter cagoulé et armé de battes devant la police !

Personne ne s'en offusque. Les ultras de la droite ou de la gauche font la loi et la guérilla urbaine. Le service d'ordre des syndicats est débordé ou complaisant et la manifestation tourne à l'émeute ultra violente.

Il n'est qu'une solution : la fermeté ! Interdire, réprimer et punir, le temps de reprendre ses esprits et de garantir la sécurité publique ! Mais alors, gare à la violence aveugle qui se déchaîne ! le peuple veut bien de la loi mais pas de l'autorité pour la respecter...

 

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Primaires, vous avez dit primaires ! 5/5

Publié le par modimodi

 

Les candidats déclarés à la primaire de leur parti pour être désignés à la prochaine élection présidentielle ont peut-être attrapé le virus dès l'école primaire.... Primus inter pares ou minus inter pares ! Primates entre les primates ! Braves et bonnes têtes de P.I.P...

En effet, nous avons pris l'habitude de les rencontrer, tous ces délégués du peuple, du personnel, tous ces délégués syndicaux ou de classe. Ils sont partout postés et porteurs de mandats, émissaires et même parfois boucs à en devenir chèvres à force de se faire rentrer sans ménagement dans le chou.

Peut-être se sont-ils entraînés au collège ou au lycée ? De porteur de cahier de textes et d'éponges à porte-parole de la classe, le chemin du jeune citoyen est comme celui du candidat politique hérissé d'obstacles. Trop souvent, le grand cirque scolaire sollicite de son délégué des prouesses de sauteur de haies, de haies d'honneurs. "Vise les tableaux, bien sûr !"

Mais prêt au steeple chaises et estrades, il ne court pas, il vole au-devant des ennuis. Un vieux cheval de retour, blanchi sous le harnais, dressé sur les principes éducatifs va le désarçonner... Un vieil hussard de la politique, investi du droit canon va tirer à boulets rouges sur la jeune estafette...

Et pourtant ! Malgré les dommages de campagne et les résultats désastreux, des mauvais fondés de pouvoir sont quand même restés ou devenus des fondus du pouvoir au point de se porter encore et malgré tout, candidats aux primaires.

Dans la course aux triomphes, tous les champions coiffés un jour, sur le poteau et tous ceux qui ont pris une veste savent qu'ils peuvent aller se rhabiller du manteau rapiécé des illusions enfuies et des promesses non tenues. Peut-être, est-ce là, leur dernière grande aventure avant d'arriver au grand soir et d'enfiler le dernier costume de sapin, réputé pour faire long feu ?

Heureusement que pour nous consoler, l'idée a circulé et circule encore que rien ne nous appartient en propre si ce n'est l'amour, surtout pas nos mérites, encore moins nos échecs. Il n'y a que notre coq, emblème coco-ricain qui croit que le soleil se lève pour l'entendre chanter. Nous voilà rassurés autant que bernés.

Quel peut-être l'espoir secret de tous ses candidats ? Un peu de noblesse de cœur et d'ambitions voudrait au moins que, certain de la fin de son parcours terrestre, chacun bien que futile cherche à se rendre utile. Qu'il soit humble ou puissant, y en a-t-il encore, au moins un, de sincère qui soit prêt à s'engager pour quelques justes combats ou pour quelques malheureux opprimés, " ces empapapouatés du Nicaragua ", comme les appelait Céline ?

Chacun tente ici-bas de repousser les délais et les limites de l'absurde royaume où ses idées éparpillées danseront enfin avec les étoiles. Mais attention, petit politicien primaire seuls tes rêves d'arrivistes sont grands ! Même si tu essayes de faire un peu de bien en tâchant de faire bien peu, tu cours le même risque que ce défenseur des bonnes causes, dont ce mufle de Gide avait dit : " Il parle du cœur comme on parle du nez ! "

Morveux qui s'en dédit ! Vous voilà tous bien mouchés ! Parmi vous, personne n'est un enfant de chœur et plus personne n'a du cœur. Comment servir sans se servir, comment être charitable sans commencer par soi-même ? Zéro de conduite altruiste et fraternelle ! Il est toujours à craindre que le suffrage ne fasse naufrage social ! Vous voulez notre soutien et notre voix. Il nous faudrait des représentants élus et zélés ! Nous pouvons toujours rêver.

Heureusement, nous préférons les préliminaires aux primaires ! Pour être aux anges, nous avons découvert que seul l'amour peut nous donner du zèle et des ailes... Un ange passe... Mais Chut ! Chute ! Pour vous comme pour moi, attention !

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Primaires, vous avez dit primaires ! 4/5

Publié le par modimodi

 

L'envie de pouvoir est la plus forte. Les postulants à la présidentielle connus ou à venir ont des picotements d'impatience ! Émoustillés, ortillés ou chatouillés par la prochaine élection, une même étiquette les rassemble : " Démocrate, démogratte-moi où ça me démange ! "

"Faisons le buzz ! Percez mes intentions ! Sondez-moi et sondez pour moi ! Louangez-moi ! Encensez-moi !" demandent-ils aux interviewers, aux serviles thuriféraires de l'audimat. " Portez-moi au pinacle ! Admirez comme au comble de ma fatuité, je charpente mon programme. Entendez comme mon discours se porte au chevet de la cathédrale du social ! "

Haut les chœurs ! Florentin autant que byzantin, le candidat affirme avec une frivole prétention pouvoir prendre en compte la mosaïque des points de vue. Il veut même être le rempart contre l'exclusion en se faufilant dans la brèche du thème à la mode. Mais hélas ! Tout le monde s'y engouffre et le candidat s’abîme dans les abysses de la bien-pensance.

Chacun a son style. Des antiques de sagesse biblique nous poussent : " Le cantique des cantiques ". La France est leur épouse bien aimée :  << Car voici l'hiver est passé ; la pluie a cessé, elle s'en est allée... Le temps de chanter est arrivé. >> Ça va mieux et ça va aller de mieux en mieux ! Parole ! Parole ! Paroles ! Le verbe s'est fait cher au tarif de l'écran publicitaire.

Pour l'amour de l'art, il faudrait accorder les violons et ne pas aller plus vite que la musique ! Mais de l'un à l'autre, c'est toujours les mêmes cordes patriotiques ou nationalistes qui sont pincées. C'est toujours la même chanson des petits ténors et aucun ne peut donner le la. Nous espérions une symphonie, nous n'aurons encore qu'une criarde cacophonie franchouillarde.

De tous ces primaires, un seul sera primé et les autres déprimés ! Alors, sur les ruines des utopies, des ex-cités, des ex-cédés, des ex-portés, des ex-pensifs, des ex-posés expriment des conceptions plutôt baroques ou exaltent des idées rococo. D'aucuns rêvent de renaissance, d'autres nous construisent tout un roman, perdus dans le dédale de syllogismes en barocco. Mais si la forme change, le fond est le même.

Au faîte de son arc de triomphe, le vaniteux promet à tous un avenir sans tuiles pour une France en pannes ! Il crie sur tous les toits qu'il est le meilleur dans un univers aux quatre dimensions car ses vues sont les plus élevées, ses solutions les plus larges et ses pensées les plus profondes. Mais connaît-il nos préoccupations ? Car ce qu'oublie de dire l'outrecuidant, c'est qu'il a aussi les dents les plus longues pour croquer dans la pomme de discorde électorale.

Ah ! Misère démocratique ! Nous savons bien que nous n'aurons pas de choix ! Chacun y va de son avenir élyséen en oubliant le bien commun. Comment abattre nos préjugés pour restaurer l'assise de notre république ? A chacun sa méthode, sa voie et son vote devant l'urne funéraire des argumentations défuntes. Les marionnettes feront deux petits tours et puis s'en iront.

Ainsi va la politique et le destin des hommes. " Rien n'est comparable aux qualités d'un ministre qui arrive, si ce n'est les défauts d'un ministre qui part. " disait Emile Banning... Ainsi en va-t-il des grands personnages comme de chacun de nous. A moins de succéder à soi-même, il faut un jour de grand soir, céder la place et passer à la postérité : c'est à dire à l'oubli. Car dans les absences de l'histoire, on peut être et avoir Léthé.

Le temps des honneurs et des succès est par trop effet mère. Il vous engrosse de souvenirs aux couleurs des joies ou des dépits mais à terme, on n'accouche que de sa mémoire délivrée. Ainsi va la politique !

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Primaires, vous avez dit primaires ! 3/5

Publié le par modimodi

 

La démocratie ne s'use que si l'on s'en sert doivent penser les nombreux arrivistes de la politique. Les grands partis français regorgent déjà de candidats aux primaires. Tous plus talentueux et présomptueux que leurs voisins, tous plus légitimes dans leurs programmes et prétentions...

Mais surtout, tous plus légers et plus primaires que leurs challengers. Ils ont beau dire avoir sondé le terrain électoral et promis de mettre en chantier des réformes sociétales, les épures providentielles restent bien souvent approximatives. Il n'y a que leurs ambitions personnelles qui ont le feu au derrière. Les projets de nos incendiaires ne sont que des pétards mouillés et personne n'est capable de grimper sur la grande échelle des pompiers pour éteindre les flambées économiques.

Mais c'est à qui franchira le mur du son de l'arrogance et nous vendra le remède miracle à tous nos maux. Un tel enfonce des portes ouvertes, un autre sort de ses gonds, ils nous laissent des courants d'air ! Celui-ci l'accuse de déchirer le tissu économique, de jeter l'argent par les fenêtres, de plâtrer des remèdes décrépits, d'abandonner l'Europe. Celui-là tire de la crise actuelle et des réformes prises par les pays voisins, des arguments en béton pour raffermir la confiance en l'avenir et le ciment social. Tous ces maîtres-chanteurs savent faire chanter les lendemains.

A force de voir et d'entendre tous ces teigneux hirsutes, ces barbiers barbant nous bichonner et nous pommader pour quelque combine et manigance tirées par les cheveux, on a peine à croire qu'on ne cherche pas à se payer la tête de la raie publique ! Pauvres blaireaux ! C'est vrai que pour éviter demain d'être au chômage, mieux vaut avoir la gueule de l'emploi. Quitte à friser, en polémiques postiches, ce ridicule qui ne tue pas !

Ecoutez ! Regardez ! Aucun ne veut faire tapisserie au bal des pompiers. Aucun lampiste ne veut plafonner, aucun styliste ne veut descendre de son piédestal. L'enjoliveur souffle sur les nuages pour dégager l'horizon. Il ne parvient qu'à nous envoyer rêver dans le décor ou tomber plus loin dans le panneau.

Ce qui importe au candidat aux primaires, c'est de passer en prime time pour faire de l’œil au citoyen et à la caméra... Ce qui était, en son temps, évident avec un certain Jean-Marie, qui confirmait le proverbe qu'au royaume des électeurs aveugles, " les borgnes sont rois ". Alors aujourd'hui, c'est à qui nous fera son cinéma, restaurera les couleurs d'origine, recomposera le paysage en lumière naturelle, enluminera notre grisaille avec force reliefs pour estomper la platitude de ses propres propositions.

Une palette de bons sentiments, un travail d'après nature, du classique, du réaliste, du pointilliste ! Jeune ou vieux tableau, chacun est à la tâche ! Chacun s'adonne à la nuance contradictoire de l'adversaire. Il faut se distinguer, tenter de briller mais surtout, il faut savoir prendre la pose. Il faut apparaître comme la nouvelle cariatide, le candidat modèle, haut en couleurs, original. Il convient de sortir agrandi, révélé par l'épreuve.

Pourtant chacun sait que pour qu'une couleur soit primaire, il faut qu'elle ne puisse être reproduite par un mélange d'autres couleurs. En politique, cherchez l'erreur ! Ah ! Si notre drapeau national n'avait pas mis de blanc entre le bleu et le rouge !

Le reste des présentations ou proclamation n'est que caricature, esquisse, pastiche, grandes lignes en trompe-l’œil, assurances en ombre portée. Le propos est illustré à grands traits de sujets sans motifs ni perspectives, hormis le dessin d'en remettre une couche à l'huile, de la dégrader et même d'étaler à la sanguine le challenger. Et s'il le fallait sûrement, au pistolet...

 

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Primaires, vous avez dit primaires ! 2/5

Publié le par modimodi

 

La multitude des candidats qui se déclare pour se faire désigner par leurs partis ne devrait pas trop s'illusionner ! " Elections, pièges à con ", gueulaient des soixante-huitards hurleurs ! Le slogan reste d'une actualité criante !

En route, belle troupe ! Gauche, droite ! Droite, gauche ! et... balle au centre ! Six mois, un an à l'avance, ils sont déjà presque tous en équipe, sur la ligne de départ ou dans les starting block. Mais la course à l'investiture est de longue haleine. Le marathonien devra tenir la distance et ne pas s’essouffler trop vite. Faire la course en tête ou rester calé dans le peloton est une décision tactique. Les dossards comme les affiches se décollent au vent de l’impopularité et aux bourrasques de la lassitude.

Le joyeux prétendant des primaires ne deviendra pas forcément prioritaire. La primauté n'est pas acquise. Jugé soit trop brut, soit trop tendre, soit trop naïf, soit trop basique, soit trop sévère et déjà compassé (orthographe à vérifier), il s'en ira avec sa prime ôtée de sympathie !

L'originaire déclaré peut commettre le péché originel de se croire original. Alors qu'il n'est que la copie conforme des tendances simplistes exprimées par la ligne archaïque de son parti ! ... Un petit clone devenu le clown du cirque médiatique... Un simplet sympathique face à de vieilles bêtes de scène. 

La différence entre les candidats est parfois si mince, qu'on a l'impression de devoir départager des sosies d'armée mexicaine. Les programmes rudimentaires sont des copiés-collés des manifestes des concurrents. La profession de foi n'a pas d'autres objectifs que des contestations pour faire apparaître de fausses dissensions avec l'adversaire.

A l'extrême, les propositions sont des entorses au bon sens démocratique par excès populiste ou annonce du grand soir. Rassembler les déçus devient le manifeste commun. Les contre-pieds se font trop souvent, la main dans la main et sous la table ! Seuls les sommaires varient, bien fol est qui s'y fie ! Pas de choix vraiment initial, rien qu'une loterie des idées, le jeu du trombinoscope et du meilleur profil, la loi de l'audimat !

Les postulants donnent le champ libre à leurs ambitions. Les revanchards, les consensuels, les faux jeunes ont un même slogan : " Elysée et moi et moi, et moi ! " La manne oeuvre au marché opus des rossignols politiques. On brade, on brocante, on brode, on brocarde !

Que d'émois pour nous, pauvres mortels ! Au mur des lamentations démagogiques, par les maçons des boni mensonges, nous voilà raccordés, jointoyés, liaisonnés, murés dans un gâchis d'appareillage politique mal étayé. Y'a des taloches qui se perdent sur le chantier électoral où nous essuyons les plâtres !

Pas de repos ! Dès les prémices de la rase campagne, les bâtisseurs d'espoir affluent de tous horizons, de toutes couleurs de cocarde, échafaudant mille théories sans fondement. Ils ravalent leurs adversaires du balcon aux communs par quelque basse cour. Ils scellent des pactes biaisés pour épater la galerie journalistique. Ils sont prêts à badigeonner les murs de nos villes, de tracts aux promesses inutiles, aux arguties éculées. 

Les déchus ont beau rester dépités, trop souvent, l'art de la politique, c'est de reprendre les mêmes et de recommencer. Heureusement des résistants ont eu la sagesse de se désister...

 De vieux candidats ont tiré des plans sur la comète puis ont renoncé à y aller en déclarant forfait. Las d'avoir trop brillé, le temps de l'engouement d'un feu de paille, ils se sont retirés, leurs voix se sont éteintes. Enfermés dans leur tour d'ivoire, ils se font passer pour de grands sages éclairés. Ils bâtissent en fait, à présent des châteaux de sable d'utopies, en Espagne et partout dans le monde, chèrement rémunérés...

D'autres apprentis passés fraîchement compagnons se rêvent en maîtres d'oeuvre. Ils tentent de briguer nos suffrages. Souvent plus jeunes dans la carrière politique, ils souhaitent naïvement apporter leur pierre dans un débat à leur taille. Ils seraient prêts à tuer le maître architecte ! Il leur manque simplement le compas dans l’œil ! Les caciques de leur parti auront tôt fait de les remettre à l'équerre !

 

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