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Articles avec #ardeur tag

Par tous les temps

Publié le par modimodi

Je t'attendais depuis longtemps.

Je me disais même : Passe-t'en !

Elle se joue de toi ! Va-t'en !

Tu as attendu trop longtemps,

Elle te fait perdre ton temps.

 

En trois mouvements et en deux temps,

Je me suis donné du bon temps !

J'avais peur de manquer de temps,

Alors, j'ai gaspillé mon temps

En vains plaisirs, petits passe-temps.

 

Tu m'es advenue entre-temps.

Plus de temps mort ! Il était temps !

J'ai dansé la valse à mille temps,

Sans un faux pas ni contretemps.

J'ai perdu la tête en rien d'temps !

 

On s'est aimé par tous les temps.

Tu m'as donné plus de printemps,

Que d'hivers et de mauvais temps.

J'ai conjugué à tous les temps

Nos corps, nos amours, nos vingt ans !

 

Au temps présent du grand beau temps,

A l'imparfait des pertes de temps,

J'ai voulu être de mon temps

En conjuguant aux quatre-temps,

Le verbe aimer à tous les temps !

 

Je t'ai perdue de temps en temps...

A présent ? J'ai tué le temps

Pour ne garder que l'bon vieux temps.

Nous le savons depuis longtemps,

Le bonheur nous arrive à temps.

 

L'amour n'est pas intermittent

Tapi dans l'ombre, il nous attend.

Pas besoin d'être combattant,

Il nous mitraille à bout portant

De frissons et désirs constants.

 

Il ne peut siffler la mi-temps,

Nous n'avons pas fait notre temps...

N'aurions-nous plus qu'un dernier temps.

Pour nous donner plus de bon temps,

A la mode et dans l'air du temps ?

 

Vent d'autan ne dure qu'un temps !

Si l'présent est notre seul temps,

De nous aimer, il est grand temps !

Je cours plus vite que le temps,

Je ne crains pas la fin des temps.

 

Laissons aller le temps au temps.

Nos cœurs battent sur le même temps,

Sans un temps mort depuis longtemps.

Passe la vie, passe le temps !

L'amour nous lie, la mort distend.

 

Nous n'pouvons arrêter le temps,

Il fait soleil, il fait beau temps.

Oui ! Je t'aime au-delà du temps,

Au futur, à l'instant, tout l'temps,

Pour l'éternité, à plein temps !

 

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Ô mon amour, je veux t'aimer.

Publié le par modimodi

 

 

Ô mon amour, je veux t'aimer

Comme les oiseaux fidèles

Au rendez-vous des arbres,

Dans la muraille des feuillages,

Dans la déchirure des écorces,

Dans la morsure des racines,

Dans les derniers fruits de l'automne,

Entre les bras nus de l'hiver.

 

Ô mon amour, je veux t'aimer,

Et m'endormir entre tes mains,

Murmures de sable au creux des houles.

Je veux me couler en tes doigts,

Langues de feu et de soleil.

Je veux m'envoler dans le vent

Aux voyelles de brume

De tes yeux bleu-marine.

 

Entends-tu battre la mer

Et emporter, glissant vers toi,

Mes émois et ma fièvre

En plaintes obsédantes,

En vagues impatientes ?

Hormis au sablier,

Où va le grain de sable ?

 

Ô mon amour, je veux t'aimer

D'aubes en crépuscules,

D'aurores en pluie d'étoiles.

Ouvre-moi les ténèbres,

Déchire-moi la nuit,

Délivre la lumière,

Incendie l'univers,

Mon cri emplit l'espace !

 

Ô mon amour, je veux t'aimer,

Je veux me rouler en ton ciel,

Me laisser embraser au feu de tes désirs,

Éclater, crépiter en gerbes d'étincelles.

Je veux mourir entre tes bras,

M'oublier en ton cœur,

Volcan mémoire de notre amour.

 

Ô mon amour, prends-moi,

Contre moi, serre-toi!

Je frissonne, j'ai froid.

Donne-moi de ce feu,

Conservé dans les braises

De ton corps extasié...

 

Ô ma lueur de l'infini,

Toi, ma flamme éternelle,

Quand tout s'achève,

Tu jaillis et renais,

Illuminant la voie lactée

De nouvelles promesses.

 

Ô mon amour, je t'aime

Et chante par tes lèvres,

La source qui bleuit

Aux cendres du matin.

 

SECOND POÈME

 

Ô mon jardin ! Ô mon verger !

 

Je t'aime sans le dire,

Je t'aime sans le vouloir,

Je t'aime au désespoir

De ne plus le savoir.

 

Ô mon jardin ! Ô mon verger !

Dans ce jour qui renaît,

De pâles asphodèles

Étoilent entre tes cils.

Tes yeux savent les mauves 

D'anémones marines

Et tes lèvres décloses 

Libèrent un camélia.

De ton corps éveillé,

L'aube vient de glisser

Comme le sang des œillets.

 

Ô mon amour, tu m'attires,

Je m'embrase, te désire.

A la clarté du jour, tu offres

Un ciel de gentiane et de lin.

Une écharpe d'iris 

Flotte sur tes épaules,

Tes mains palpitent 

De mille giroflées.

 

Ô mon amour, je veux t'aimer !

Mes désirs carillonnent

Comme des campanules.

Les roses ancolies

Frissonnent sur ta peau,

Ô extase odorante

De cannelle et lavande!

Je voudrais cueillir sur tes lèvres

Le rouge de ta bouche fraise.

 

Enfin ! Amour ! Tu y consens,

Tu as dit oui à ton amant !

J'éclate comme une bulle

Dans l'ambre de tes seins,

Des pavots fascinés

T'éclatent au creux des reins.

Ton corps de primevère

M'offre son gai printemps

Et le soleil est soûl 

De sauter les genêts.

 

Ô mon jardin ! Ô mon verger !

Ton corps de Floréal

A parfumé le jour.

De grands oiseaux s'envolent

D'un ciel de chèvrefeuille.

Nos peaux se frôlent,

S'entrelacent et se tressent,

Nos corps se tendent

Comme des osiers

Courbés au vent.

Nos cœurs sont des bleuets

D'azur et de liberté.

Vois ! Je vis, je renais !

 

Enfin Amour, je peux t'aimer !

Ton corps de Floréal

A incendié le jour de mille et une gerbes

De feux et de tisons, 

Ton corps de Floréal

A parfumé l'azur de mille et un bouquets 

De parfums enivrants.

 

J'avais oublié

Ce goût du baiser,

Rouge de framboise, 

De fraise écrasée.

 

J'avais oublié

Le chant du grillon

Réveillant d'ardeur

Nos rêves fripons,

Ondulant nos corps,

Grains lourds de moissons,

Aux épis dorés,

Craquant de frissons.

 

Ô mon amour enfin,

Je sais t'aimer d'amour !

L'ardeur verse en nous,

Ses ors d'élixir.

Je viens de goûter

L'opium du plaisir.

 

Je peux délirer,

Brûlant de désirs,

Entendre tes cris, 

Tes chants, tes soupirs,

Trembler, défaillir,

Aimer et mourir !

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Belle

Publié le par modimodi

Mon fruit d'or, petite mirabelle,

Toi, ma trop belle, ma toute belle, 

Dans la soie comme dans les dentelles,

Tu es cent et mille fois belle,

Belle, belle, belle et encore belle,

Belle, belle, belle, toujours rebelle.

 

On t'a appelée, Gabrielle,

Le prénom qui donne des ailes.

Pourquoi pas choisir Isabelle

Car tu es à jamais, la belle, 

De la beauté, son vrai label....

Elle en pâlit d'envie, Cybèle !

 

Moi, j'pouvais m'appeler Raphaël,

Abdel ou Bébel de Babel,

On m'a prénommé Jean-Michel.

Depuis, je braie, depuis, je bêle

Des belle, belle, belle en ribambelle

Pour écarquiller tes prunelles.

 

Pas besoin d'une grande échelle

Ni de monter sur l'escabelle

Pour inspecter les nues si belles.

A l'horizon, pas une ombelle

Et nulle belle sous ombrelle,

Tu es mon unique arc-en-ciel !

 

Si j'pouvais, j'ferais des étincelles,

J'danserais la valse, la tarentelle,

J'sauterais plus haut que les gazelles,

Pousserais si fort ta balancelle 

Que j'm'envolerais au septième ciel !

Mais... je m'raccroche à mes bretelles !

 

J'voudrais fuir au maquis, ma belle,

Me retirer dans le djebel,

Crier, hurler mes décibels,  

Et t'entonner un vieux gospel,

Pendant ta balade en chamelle...

Mais je chante comme une crécelle.

 

J'voudrais remplir ton escarcelle

D'étoiles, de rêves, perpétuels !

Sans brûler trente-six chandelles,

L'histoire propose un bon cocktail :

De César à Papa Noël,

D'Cléopâtre à Cadet-Rousselle !

 

Le temps est une douce aquarelle

De jours gris et de jours pastels

Pour ma mémoire à l'eau d'Javel !

Pour t'endormir ma demoiselle,

J'te parlerai de la Pucelle,

D'Colombine et de Polichinelle.

Pendant qu'tu joues à la marelle,

Je te conterai mille nouvelles,

Sans logique, un fourre-tout, pêle-mêle !...

 

Ecoute bien la ritournelle :

Jézabel trahit l'Eternel ;

Isaac grimpe sur l'autel,

Sans qu'on lui fasse la courte-échelle.

La tour de Babel monte au ciel 

Entre vingt cris et cent appels.

Icare se prend une belle gamelle, 

Elles sont fondues ses deux ailes !

Là-bas, Caïn tue Abel.

Là, le peuple se rebelle

Pour le sel de la gabelle.

C'est à Poitiers, qu'Charles Martel

Prend la tête des Infidèles !

 

Tourne, tourne le carrousel !

Des rois des reines, des kyrielles, 

De portraits qui s'entremêlent : 

Charles le Chauve et Philippe le Bel,

La frondeuse, la Grande Mademoiselle.

Des prises de forts, de citadelles...

Tiens ! On fait l'siège à La Rochelle,

Tandis qu'en Suisse à Neufchâtel,

D'une flèche de Guillaume Tell,

V'là, la pomme qui s'écartèle !

 

Parfois, le monde est bien cruel,

Parfois, toute la vie étincelle

Mais tu n'en as cure, mam'zelle

Toi, tu vis, petite hirondelle,

En paix avec les tourterelles.

Tu es trop belle, colombelle !

 

Mêm' si j'n'suis plus un ménestrel,

Si je suis, ma beauté, ta brêle,

Si j'titube et si je chancelle,

Finirais-je à la croque au sel

Ou serais-je jeté à la poubelle,

Comme une croûte de Babybel ?

 

Avant d'filer à tire-d’ailes

Et d'm'envoler faire la belle,

Pour échapper à tes querelles,

Eviter ton courroux, donzelle,

Je te décerne jouvencelle,

De la beauté, le prix Nobel 

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Plaisirs fous

Publié le par modimodi

 

Je voudrais cette nuit, m'endormir contre vous,

Tendrement enlacé, vos lèvres à mon cou

Et ranimer les braises à nos cœurs d'amadou.

Vous faisant murmurer les aveux les plus doux

Vous me diriez : "Amour, je brûle, je suis à vous,

Entre vos tendres bras, tout mon cœur se dissout."

 

Mais quand à vos genoux, je vous crie archifou :

"Votre nom, je tatoue, votre corps, je m'y cloue !"

En haussant les épaules, votre moue me rabroue.

 

Etant bien plus têtu qu'un âne du Poitou,

Je braierais mon bagout, fût-il de mauvais goût !

Mes milliers de "je t'aime" sont mon meilleur atout

Pour apaiser d'amour, votre furieux courroux,

Votre mauvaise humeur, vos propos aigres-doux,

Chaque fois qu'emporté, je me rue vent debout,

Affolant votre pouls, vos sens aux quat' cents coups.

 

Je me ferais marabout, sorcier, grand manitou,

Papou, zazou, zoulou, s'il le faut loup-garou

Pour chasser les grigous, les jaloux andalous

Afin de m'adonner aux délices de Capoue,

Vous couvrant d'or, de soie, de parfums, de bijoux.

 

Conquistador fiévreux de tout l'or du Pérou,

Je me ruerais sur vous, risque-tout, touche-à-tout ;

Vous gémirez pâmée : "Mon bel ami, tout doux !"

Je braverais les dangers, courrais le guilledou

Pour baiser vos paupières, souple cuir de Cordoue

Et faire battre vos cils, souple soie de Trévoux.

 

Je boirais à vos lèvres tous les vins de l'Anjou.

De mille chattemites, montrant patte de loup,

Je grappillerais vos seins, raisins mûrs de Corfou.

Enflammant vos désirs comme fusée à Kourou,

Je ferais jaillir la vie comme or noir de Bakou !

 

Je vous ferais clamer les serments les plus fous.

Accrochant de vos ongles notre lit d'acajou,

Vous mènerais goûter aux voies de Katmandou

De somptueux délires, pleins de sagesse hindoue.

 

J'invoquerais alors, Jéhovah ou Vishnou,

Prierais dévotement, Saint-Antoine de Padoue,

Pour m'avoir fait trouver les trésors, je l'avoue,

Dans le soyeux froufrou de vos légers dessous.

 

Si, à bout de raison et le corps sans verrous,

Vous me laissiez cueillir, en haut de vos genoux,

L'épi de thermidor doré au soleil d'août !

 

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Vice-versa 2

Publié le par modimodi

 

Pas besoin de dire, mon p'tit chat,

Que t'faire l'amour me met en joie !

Oh ! Combien je plains celle-là !

Je crois qu'elle s'app'lait Ludmila,

Petite, épaisse comme un d'sous-d'plat,

Tombée dans les bras d'un rasta,

Qu'la malédiction engrossa

Et qui dans le vice versa,

Vendant son corps, son camélia,

Pour une vodka, deux téquilas !

 

Toi, tu me sautes dans les bras,

Je ne peux pas rester de bois !

Pas d'patati ni d'patata

Et avanti pour la fiesta !

Pas besoin d'valpolicella,

De chicha, de marijuana

Ou des photos de Lolita

Pour mettre mes sens en émoi !

Tu as ce p'tit, je ne sais quoi !

 

J'dégraf' le haut, j'enlèv' tes bas

Et moi, je t'aime de haut en bas !

Je fais tes desiderata,

Tu es ma reine de Saba !

Les yeux bandés, je n'y vois pas,

J'apprends à lire du bout des doigts !

Jeux de bouches et langue-de-chat,

De caresses, on fait plein emploi,

En pas de deux et entrechats,

De souplesse, on fait des exploits !

 

Hier, c'était un grand soir !

J'ai sauté du haut de l'armoire,

Aussi souple qu'un jaguar,

Sur toi, ma jolie couguar,

Alanguie sur le plumard,

Toute nue, dans ton peignoir !

 

Sur le lit, dans la baignoire,

Nous avons pris un panard

A nous luxer les nageoires,

A cramer l'allume-cigare,

A en perdre la mémoire,

A ne plus jamais savoir

Prendre le sens giratoire !

 

Tout est permis à nos ébats !

Sur la table ou sur le sofa,

Sur le carr'lage ou le mat'las,

En toi, moi dessous, toi sur moi !

En tête bêche et vice versa

Comme à l'envers ou à l'endroit,

On récit' le kamasutra !

Jambes en l'air, sursum corda !

 

Non! Jamais tu n'es flagada!

Quand je te crie: Pause! Halte-là !

Hissant le drapeau blanc des draps,

Tu me dis: encore un chouia !

On n'a pas fini le repas !

Y'a toujours un nec plus ultra,

Il reste une bell' chipolata !

 

Pour ranimer le vieux soldat,

Tu déclenches la lambada,

Tu m'allumes, tu te frottes à moi,

Tu ondules comme un boa !

Car tu connais le résultat,

Je me r'dresse, effet immédiat !

Ferme et prêt au branle-bas-d'combat !

 

J'suis ton mercenaire, ton forçat.

Jamais ma vigueur ne décroit.

Flamberge au vent, Anjou! Montjoie !

Sus aux manières de p'tit bourgeois !

J'vais t'aimer comme un hors-la-loi !

J'te prends à l'envers, à l'endroit,

Recto, verso et vice-versa,

J'escalade le Golgotha !

Je veux mourir les bras en croix !

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Éternel printemps

Publié le par modimodi

 

 

 

Mon aimée, ma mie, ma douce, mon bonheur de plein ciel,

Bien avant toi, mon cœur courait les jouvencelles.

Je flambais aux froufrous des belles en balancelles !

Dames et damoiselles venaient en ribambelles.

Dociles amourettes, jupons et bagatelles, 

Péronnelles charnelles, émois dans leurs dentelles.

Plaisirs, frissons, vertiges, du feu, des étincelles,

Extases intemporelles, bonheurs artificiels !

 

Accroché à leurs bas, rien que pour une échelle

Je pensais naïvement grimper au septième ciel

Mais je ne suis monté qu'en haut de leur gratte-ciel ;

Les couleurs aperçues n'étaient pas d'l'arc-en-ciel !

 

Bien avant toi, tu sais, en voulant me distraire,

J'ai connu la luxure, les tourments de la chair,

Les étreintes lascives de beautés éphémères, 

Petites fleurs du mal qui ignoraient Baudelaire...

J'allumais le brasier, nous brûlions en enfer.

 

"Oh ! Là ! Là ! Que d'amours splendides, j'ai rêvées !"

En ces soirs de septembre, chantait Petit Poucet !

Aujourd'hui, que l'automne en moi s'est installé

Je soupire ! Devant toi, tranquille désormais.

 

Si je tremble et frémis, parcourant le passé,

La lippe encore gourmande, les yeux émoustillés,

C'est parc' qu'avec envie et sans trop de regrets

J'évoque mes désordres de joies et volupté.

 

Trop de succès faciles, folles affinités,

Trop d'ombres caressées, douces félicités,

Tant de lèvres offertes, tant de corps qui se tendent !

Tant d'abandon profond dans ces milliers d'offrandes,

Tant d'amours clandestines !... Au point de ne plus croire

Au bonheur éperdu, que l'on sait illusoire.

 

Heureusement, tu es là, mon frêle liseron,

Accroché aux barreaux de mon vieux cœur prison.

Tu as coupé chardons, arraché le mouron,

Sur mes chemins perdus de pauvre patachon,

M'as donné la douceur de mille et un pardons

Et fait chanter, la vie, pinson, petit grillon

En offrant le soleil à mes cheveux flocons.

 

Maintenant que le temps m'a donné du bâton

Soixante coups sonnés, des rêves à foison,

Je croque avec délices, la pomm' de déraison.

Je suis tout à la fois, chenu, petit garçon.

Sur les ailes du vent, j'ai posé mes chaussons !

 

Nous vivons enlacés dans les ans tourbillons,

Nous vivons nos saisons, aimant à l'unisson,

Nos Noëls au balcon et nos Pâques aux tisons.

Tendresse, élans, passion sont en conjugaison.

 

Tiens ! Voilà qu'au carreau vient frapper un rayon,

Que le printemps résonne de mille évocations,

Qu'une douce impatience fait frémir les bourgeons

Et qu'éclosent en nos corps les désirs polissons.

Ah ! Que revienne ardent le temps des déraisons !

Que nous perdions la tête dessous les frondaisons,

Que nous mourrions d'extase, au cœur des floraisons !

 

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Feux d'amour

Publié le par modimodi

Hier, j'étais sans feu ni lieu.

Mon cœur était aventureux,

Aimer n'était plus qu'un jeu,

Pour amoureux ténébreux,

Moyenâgeux malchanceux,

Aux désirs piteux et fumeux.

 

Puis le grand miracle a eu lieu.

Je n'en croyais pas mes yeux,

Tu m'as donné de doux aveux.

Tu m'as murmuré : "oui, tu peux !"

Je n'ai plus rien de langoureux,

Je suis prêt au voluptueux,

 

Tu es l'éclair, tu es la foudre,

Ton corps a fait parler la poudre !

Je suis l'homme le plus heureux, 

Mes désirs incendient les cieux.

Les anges, eux-mêmes sont fiévreux,

Devant Marie et le Bon Dieu,

Ils mènent la danse du feu.

 

Vois! Je prends mes bott' de sept lieues

Pour convaincre les amoureux,

Les timides et les vertueux,

Qu'en amour, il n'est pas dangereux

D'oser jouer avec le feu.

 

Amants d'un jour ou pour toujours

Ne craignez pas les feux d'amour ! 

Aimez-vous donc à petit feu

Ou embrasez-vous, vertubleu

Comme une bigote à son prie-Dieu !

 

Ne clamez pas à qui mieux mieux :

"Au feu ! Au feu ! Sauve-qui-peut !

Couvrez le feu ! Cessez le feu !

Amoureux, pour être joyeux,

Clamez plutôt ce fol aveu :

"Viv'les coups d'feu qui font long feu !"

 

Jeunes naïfs, boutonneux,

Apprentis d'amour, boutefeux

Ou vieux noceurs au coin du feu,

Aux songes creux, tout neigeux

De souvenirs déjà cendreux,

Ne laissez pas jouer le temps 

Qui veut calciner vos serments !

 

Brûlez aux feux de la Saint-Jean

Vos cœurs de blé, vos corps ardents

Sur le grand bûcher des amants.

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Liberté d'aimer

Publié le par modimodi

 

 

 

Vois ! Je ferme les yeux

Pour dessiner ton corps

Oh ! Je le sais gracieux 

Comme fleur à éclore,

Et je le sens soyeux

Comme perle d'aurore.

 

Oui ! Je veux y goûter

Mes hivers, mes étés !

Oui ! Je veux en frémir

Et brûler mes désirs,

Me consumer aux braises 

De nos plaisirs fournaise !

 

Dans tes regards de femme,

Dévorés par les flammes,

Je veux voir tournoyer

Les soleils éclatés 

Et prendre et grappiller

Les fruits ronds de tes seins

Et me griser, gorgé

Des grappes de raisin.

Oui ! Prendre et faire ployer

Ta taille de blé mûr 

Et t'entendre prier

Entre cris et murmures !

 

Je ne suis rien sans toi,

Qu'une flèche au carquois. 

Je ne suis rien sans toi,

Qu'un écho de ma voix.

Je ne suis rien sans toi,

Qu'un cœur à contre-emploi.

 

Prends ma main. Je te donne 

Ce bouquet d'anémones, 

Dix baisers pour aumône,

Les derniers fruits d'automne.

 

Je tremble, tu frissonnes.

En moi, tu tourbillonnes !

Prends-moi ! Vois, je me donne !

En toi, je m'abandonne !

 

Je veux que tu tressailles

Comme fièvre en semailles

Et lumière en vitrail.

Oui ! Je livre bataille

A tes seins blancs d'émail

Et suis pris en tenaille

Au piège de tes broussailles.

Entre tes reins, ta taille,

Ton corps est un corail

Qui m'écorche et m'entaille.

 

Qu'importe ! Je t'assaille !

J’entrouvre le ventail,

Tu m'ouvres le fermail.

Désirs en éventail,

Doux plaisirs d'épousailles,

Je franchis la muraille !

 

Tu t'offres, je défaille.

Un grand bonheur jaillit

Pour mille et une nuits.

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Cœur sur la main 2/2

Publié le par modimodi

 

Garde-moi, à portée de mains

Et laisse mon cœur sur ta main.

Pas d'jeux de vilains ou de coups d'mains !

Hauts nos cœurs ! Mais pas hautes mains !

 

Traces d'amour, revers de main,

Désunion à cinq doigts d'la main...

Je n'veux pas en venir aux mains,

Je n'veux pas tomber sous ta main.

 

L'amour ne salit pas les mains.

Ne t'en lave donc pas les mains !

J'ai déchiré les essuie-mains.

Prends-moi plutôt à pleines mains.

 

Avec toi, je suis en bonnes mains!

Aucun besoin de frein à mains,

Ne serr' pas mon cœur dans ta main,

Il pourrait t'échapper des mains !

 

Moi, l'innocent aux pleines mains,

Je suis ta tendre affaire en mains,

Sur moi, tu as la haute main,

Prends-moi com' ton homme de mains !

 

Je ne veux pas changer de mains.

Je viens te manger dans la main

Et je me donne en baise-mains,

Sous la caresse de tes mains.

 

Ne me dis pas après-demain !

Mais prends mon cœur, tends-moi les mains,

Ne l'agrippe pas d'une seule main,

Je n'veux pas te glisser des mains.

 

Pour aujourd'hui et pour demain,

Nouons nos doigts, nouons nos mains.

J'veux écrire l'amour à la main,

Sa partition à quatre mains !

J'ouvre mon cœur, ouvrons nos mains.

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Cœur sur la main 1/2

Publié le par modimodi

Plus besoin de joindre les mains,

De faire des pieds et des mains,

De m'engager, la bague en mains,

Pour à tout prix forcer ta main !

 

Je n'tiens plus ma tête à pleines mains,

J'ai coupé mon poil dans la main

Et pris mon courage à deux mains

Pour moi te demander ta main.

 

Quand je t'ai prise par la main,

L'amour s'est donné haut la main,

Sans chichis, en un tournemain,

Sans la crainte des lendemains.

 

A présent, je me frott' les mains.

Ce bonheur, c'est du cousu-main

Pour nos petits cœurs, brodés-main,

Parchemins enluminés-main !

 

Ligne d'amour en pleine main,

Nous nous aimons main dans la main.

La chance nous tend la main,

Le destin nous a pris en mains.

 

D'amour, joignons nos deux mains !

Mettons la confiance en sa main.

Papillon d'amour en ta main,

Moi, je pose mon cœur sur ta main.

 

Je l'abandonne entre tes mains,

Tu peux le prendre à pleines mains,

Mais n'le laiss' pas tomber des mains.

Il est à toi, de première main !

 

Ouvre ton cœur, ouvre ta main,

J'te donne mon amour, clés en mains.

Ne le pass' pas de mains en mains.

Retiens-moi au creux de ta main.

 

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