Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Articles avec #eclats de vie-eclats de voix tag

Lettre à une absente : ultime intervalle ! 3/3

Publié le par modimodi

"Tu me manques", m'as-tu dit ! Et souvent même, tu t'es montrée pressante.

Ma douce amie, tu dois savoir qu'iI faut des intermèdes dans une relation de couple et que le désir d'amour se régénère pendant l'entre-actes ! Dans ces moments forts, il ne s'agit pas de manques mais de surabondance de plaisirs et de débordement de jouissances. La plénitude a besoin de transitions pour se ressourcer et subsister.

L'immédiateté ne fait pas durer l'amour à travers le temps. Entre la satisfaction et le désir, il y a parfois loin de la coupe aux lèvres. Alors loin de moi l'idée, mon amie, qu'une tendre relation peut survivre si on ne s'y attache que de loin. Il faut de la complicité et de la proximité mais paradoxalement aussi de l'audace pour expérimenter, jusqu'où aller ou ne pas aller trop loin.

La gestion de l'intervalle entre deux êtres suppose de la fermeté dans le sentiment qu'on éprouve. Elle requiert aussi de la chance pour ne pas être en porte-à-faux et en décalage d'attentes et de désirs...

Notre environnement fait parfois le grand écart. La pensée se distend et le bon goût se relâche quand un apôtre du mal-dire affirme que le sens de l'humour et du doigté sont nécessaires à qui est assis, le cul entre deux chaises !... Hélas ! Il n'y a pas d'intervalle dans la bêtise !

A moins de mépriser l'autre, il n'est permis à personne de devenir hautain et lointain. Mais comme le voyageur en avançant croit voir reculer l'horizon, la passion qui nous anime repousse sans cesse nos limites. Non ! L'intervalle entre deux êtres n'est pas un piège dans lequel, on tombe comme dans un cul de basse fosse ! L'autre bien qu'absent est toujours présent au plus profond de notre moi secret ! Aimer c'est prendre sur soi, avec soi et en soi ! Aragon l'a chanté :

"Mon bel amour, mon cher amour, ma déchirure                                           Je te porte dans moi comme un oiseau blessé                                                Et ceux-là, sans savoir, nous regardent passer                                                Répétant après moi, les mots que j'ai tressés                                                  Et qui pour tes grands yeux,tout aussitôt, moururent.   

Il n'y a pas d'amour heureux.                 

Tâchons l'un et l'autre de faire mentir le poète ! Le manque n'est un risque que pour les défaillants, ceux qui se renient eux-mêmes en manquant à leur parole intime. Qui se dédit se trahit lui-même ! Les fugueurs des amours buissonnières se volatilisent comme leurs serments de sable gonflés par les tourbillons du vent. Le mot "lâche" porte en lui cette richesse sémantique du pusillanime faible, du traître méprisable et du capitulard qui a desserré le nœud de sa promesse.

Même dans les intervalles d'une relation, il faut se tenir de près, à ses convictions. Tu as raison. Y mettre trop de distance, c'est s'exposer à être soi-même distancié, à errer entre deux souvenirs, à s'égarer entre deux engagements. L'homme n'est fait ni pour l'esquive ni pour le renoncement mais pour l'affrontement avec l'avenir. Il doit d'ailleurs y laisser sa vie. Alors moi, je ne passe pas, je demeure. Tu es en sûreté avec moi, près ou loin de moi.

Toi et moi, nous ne sommes ni ne serons jamais divisés. Nous nous tenons dans l'unité du temps, la poésie, la beauté et le vent. Tu es la fleur qui se donne au fruit. Moi, j'habite à jamais ton mystère, l'espace secret de ta solitude et je cours heureux comme un enfant, vers la source de ton regard intérieur. Nous ne sommes qu'une trace, un sillage dans l'azur, la preuve du risque d'aimer.

Oh ! Amie, je sais que tu sais, qu'il nous faut rester encordés et ne pas distendre le fil du vivant. Sur notre chemin de vie, il vaut mieux aller, progresser sans se retourner. Je veux à jamais chanter et murmurer en toi. L'amour dans notre intervalle aura toujours le dernier mot... Mais un jour, j'espère lointain, il faudra provisoirement se séparer. La mort comblera définitivement l'intervalle d'avec la vie !...

Ce jour-là, dans le bruit des cymbales sonores du destin, retentira le "dies irae, dies illa". Alors, porté par les anges qui nous ont escortés, viendra se poser à jamais en ton cœur, cet oracle des mots de René Char : "Ne te courbe que pour aimer. Si tu meurs, tu aimes encore."

 

Voir les commentaires

Lettre à une absente : soupirs à distance 2/3

Publié le par modimodi

Ma tendre amie, "tu me manques", m'as-tu dit ! Oh ! Je crois savoir ce que tu souhaites !...

Qu'à l'échelle du temps, je te fasse la courte échelle, la plus courte possible !... Que l'espace entre nous demeure un espace vital !... Que cette interruption momentanée de l'image et du son ne soit pas relâche de la représentation... Que nous ne soyons pas des intermittents du spectacle... Que mes acrobaties du cœur ne te fassent pas le grand écart !

Mais je te l'ai déjà expliqué, tout est relatif dans l'appréciation de l'intervalle de contacts entre deux êtres. Pour l'un, trop loin, pour l'autre, trop près !... La distance et le temps évoluent et se conjuguent dans l'estimation de l'attente des retrouvailles ! Hier nous allions l'un vers l'autre, à pied, à dos d'âne, en diligence, en omnibus, aujourd'hui, c'est en avion !

Tout s'accélère, nos battements du cœur et nos mots d'amour ! De la missive en malle-poste, au télégramme et au mail instantané ! Hier nous avions nos soupirs pour faire entendre notre souffle, aujourd'hui, de la voix dans le téléphone au direct sur Skype, nos cris du cœur sont désormais parlants et expressifs !

Certes, nous sommes tous deux, dans un intervalle espace-temps distendus et provisoirement séparés par nécessité. Mais comme nous savons garder le contact, nous ne nous perdons pas de vue !...  Tu apprécieras ici, l'ironie de cette expression populaire. Alors ? Même si chacun tourne dans son bocal, ne sommes-nous pas comme on dit "heureux comme des poissons dans l'eau", même si, nous sommes toi et moi, bouche bée et inexpressifs, paralysés d'attendre. Nous nous efforçons simplement de ne pas nous écraser le museau sur la paroi de l'aquarium, où depuis belle lurette, nous avons appris à nager.

Oh ! Mais profondément heureux, certains le sont réellement ! Je te parle du banc de mes frangins qui savent nager dans les remous de l'existence. Pour détendre l’atmosphère de mes joyeux drilles et accorder répit à leur réflexion agitée du bocal, je les interromps parfois.

Un court instant, je leur offre un intermède sentencieux au petit sourire malicieux... Je les apostrophe : "Qu'on se le dise, gais compagnons ! Rien ne justifie jamais la mise à l'écart d'un être cher ou l'éloignement d'une belle." Car je suis malheureusement, certain qu'il y aura toujours un affreux macho qui se plaira à ironiser : "Sauf, si elle est belle de loin mais loin d'être belle !"

Attention ma chère absente, ne souffre pas de cet interlude ! La non-présence d'un être cher ne signifie pas non plus l'oubli temporaire ou définitif. Elle peut n'être qu'une privation momentanée par impossibilité physique d'être ensemble.

Le rêve utopique de l'ubiquité pourrait prendre alors toute sa force dans "Etre à la fois ici et ailleurs." Si physiquement, c'est encore impossible, par la rêverie ou les rêves nocturnes, par l'élan amoureux ou mystique, c'est depuis toujours réalisable et mieux qu'en hologramme.

Toi, sans doute, ne te l'ai-je pas assez exprimé, mais toi, tu réalises ce prodige ! Tu es en moi, omniprésente sans le savoir et parfois même contre ma volonté. Tu es une part de moi-même, une douce et charmante habitude, la volupté fugace d'un infini délice.

Il est admis que l'absent qui fait défaut peut laisser à son partenaire une impression de vide et de désertion. Celui-ci peut se sentir alors seul ou abandonné. Il peut s'isoler et se retirer dans le vallon pour épancher son cœur aux sources fraîches. Il ira peut-être se percher sur un promontoire pour orgueilleusement braver la tempête de son désordre amoureux ! Dans sa quête d'amour absolu, il déclamera aux nues sa mélancolie en traînant son ennui. Laissons-le tendrement souffrir et pousser son lamento romantiquement lamartinien : "Un seul être vous manque et tout est dépeuplé !"

Cet état de retrait orgueilleux, de réclusion apitoyée traduit peut-être un manque de confiance dans la solidité de la relation vécue. En effet, l'incertitude spécifique de nos propres sentiments peut provoquer la crainte de tout perdre. Plus l'amour qu'on croit profond est effondré ou creux, plus nous nous enfonçons dans l'abîme de la dépression. Plus l'impression de vide nous happe et plus la séparation est un gouffre qui creuse notre cœur.

Au quotidien, le coude à coude, le côte à côte et la main dans la main sont bien sûr préférables au dos à dos ! Pour traverser l'existence, mieux vaut être proches dans l'effort qu'en opposition ou confrontation. Mais on ne peut pas toujours être collés serrés, il faut aussi laisser de l'espace pour agir et individuellement prendre sa place dans l'action.

Il faut encore réserver de la marge pour permettre les ajustements du cœur et prévoir des interlignes pour que s'expriment ses silences. Il devient souvent nécessaire de prendre du recul pour garder la lucidité, conserver la vue d'ensemble et faire le point. Une relation est ainsi faite de constants réglages et de régulières accommodations pour conserver, à distance calculée, des perspectives constructives.

Se replier dans l'introspection douce et recueillie ne signifie pas prendre le large, se détacher de l'autre ou l'abandonner. Les sentiments ont besoin de la mécanique de précision du cœur. Le mien, tu le sais, bat au métronome du tien.

Les poètes l'ont chanté ! Amants unis ou séparés, nous ne pouvons nous approcher du soleil sans nous brûler les yeux. La lumière comme la liberté exige de se tenir à distance du feu et des entraves. Tout au plus, pouvons-nous vivre les fulgurations de l'amour et tenter d’attraper comme les papillons le font, en frôlant les lucioles, quelques fugitives étincelles. Aimer, c'est chasser les ombres dans la transparence du cœur.

Chacun de nous vit et parcourt ainsi son chemin de poussières et d'étoiles. Mais personne ne sait exactement estimer et précisément quantifier le temps des différentes périodes de la vie. Quels intervalles, quelles limites à l'enfance ? Quid de la maturité, de l'automne, de la nuit qui s'avance dans la ténèbre ? Y a-t-il des bornes à la douleur quand le temps coupe les liens ?...

Se plaindre de la distance est parfois le signe d'une propre crainte, celle de ne pas tenir soi-même la distance. Qui ne supporte pas l'espacement, souvent doute de lui. Alors, dans sa course contre le temps, celui-là ne sait pas prendre de pause et n'a pas encore perçu que le silence participe de l'harmonie.

Ainsi, en est-il pour tout homme de la petite musique du cœur. La pause, humble complice du silence n'est pas l'arrêt de la sérénade. Entre nous, pas d'arrêt définitif, pas de brisure, juste une interruption de la ligne, une discontinuité dans l'échange et la présence.

Nous devons être rassurés. Au lieu de nous séparer ou de nous diviser, nous prenons matériellement conscience que l'intervalle nous relie indéfectiblement l'un à l'autre. Il assure nos cœurs d'une permanence de sentiments. "Heureux les amants séparés / Et qui ne savent pas encore / Qu'ils vont demain se retrouver."

 

Voir les commentaires

Lettre à une absente : Intervalle 1/3

Publié le par modimodi

Mon amie, mon bel esprit, c'est souvent que tu me dis ou m'écris : "Tu me manques".

Ce soupir, cette plainte, ce reproche ou ce cri m'obsèdent. Qu'expriment-ils au juste ? Les ratés de notre liaison ? Ma maladresse qui a échoué à t'atteindre et à te toucher profondément ? L'envie ou le besoin exaspéré de me voir ou de m'entendre ? Le vide que mon absence crée en ton cœur ? N'est-ce pas plutôt une expression toute faite corrélative du dicton : "Loin des yeux, loin du cœur !"

Dans les relations humaines qui unissent socialement ou affectivement deux êtres, la distance est une question primordiale. Comment se tenir ni trop près, ni trop loin pour éviter les confusions et les amalgames, l'étouffement ou l'indifférence ? Comment être en adhésion et pas en adhérence ? Quel espace choisir entre l'interstice et l'étendue, l'ouverture et l'impasse ?

En effet, sauf à choisir les tendres effusions du corps à corps, n'est-il pas préférable de veiller à conserver un espace instinctif ou négocié dans le face à face ? La fusion mène à la confusion et le miroir de soi en l'autre n'est qu'une psyché narcissique.

En échanges de communication comme en amour, je me plais à te répéter : "Le plus délicat, c'est de gérer l'intervalle !" Cette gestion est d'ailleurs autant matérielle qu'affective. Qu'il s'agisse d'un départ ou d'une absence, elle s'exprime en intonations, en mesures de longueur et en temps ! Mais nombreuses sont les nuances entre "hors de vue ou hors de portée", entre "au bout du monde" ou "à des années-lumière" ! Importante est la différence entre : "ça me paraît long !" ou "mais, c'est un siècle !" ou encore "c'est une éternité !" 

L'absence, quand elle n'est pas synonyme de disparition brutale provoquée par l'exil ou la mort n'est souvent qu'un éloignement. Les degrés d'intensité de notre perception, notre sensibilité plus ou moins écorchée, notre humeur du moment peuvent nous faire croire à un abandon, alors qu'il ne s'agit souvent que d'une vacance limitée dans le temps.

Bien sûr, ce temps est un temps vécu, c'est le nôtre ! Inutile d'en démontrer ici, l'importance psychologique. Nous avons tous ressenti un jour, le poids de la durée, de moments qui s'éternisent ou d'instants passés trop vite ! Le simple effet des intervalles de temps, pourtant strictement identiques, suivant qu'ils sont appréciés objectivement ou subjectivement, modifie notre perception !

Quand je te dis, "Amour, je serai là dans une heure !" Le laps de temps peut être vérifié sur ta montre mais cette courte absence peut être vécue différemment par toi. La conscience que tu éprouves de la durée de ce temps est alors fonction de ton activité plus ou moins prenante ou de l'impatience irrépressible que tu manifestes pour mon retour ! Gérer l'intervalle, c'est admettre les décalages de nos sensations !

Je me permets d'aviver ton érudition. Tu sais bien que les philosophes Husserl et Bergson ont précisé ces notions en parlant, l'un de temporalité liée à l'activité et, l'autre de durée vécue, de temps ressenti ! Ne trouves-tu pas que nous voilà d'un coup, l'esprit plus léger pour vivre ce manque, ce vide de l'absence ! Évidemment, chacun trouve et donne sa réponse dans le dialogue intérieur entre son cœur et son esprit !

Ne t'alarme pas ! Comment pourrais-tu admirer le soleil qui s'éclabousse de rayons dans la flaque devant toi, s'il n'y avait pas une distance entre lui, l'eau et toi ? Comment te réjouir du chant de l'oiseau, s'il n'y avait pas un espace, entre ton oreille et lui, niché dans le feuillage ? Tu t'enchantes de cette vision et de cette perception sans t’inquiéter le moins du monde de cet écart de position. Alors pourquoi te contrarierais-tu de l'éloignement passager entre toi et moi puisque l'amour rayonne en nous et que nos aveux fredonnent leur tendre mélodie !

Nous sommes toi et moi, en conjonction de pensées et d'intentions. Nous sommes étroitement attachés l'un à l'autre. Sachant que les parallèles de notre intervalle se rejoignent à l'infini d'un absolu d'amour. Nous nous aimons, cœurs battants, d'élans en soupirs, à intervalles rapprochés. Nous convergeons dans l'attente d'une prochaine jonction. Notre couple est une alliance d'espoirs, une mise en regard dans la coulisse de notre intervalle.

 

 

Voir les commentaires

La clé

Publié le par modimodi

Mes bons amis, tout le monde parle d'ouverture et veut la pratiquer. Mais l'ambivalence est l'idéologie dominante de la société.

Il faudrait à la fois ouvrir son cœur à son prochain et fermer le robinet des aides sociales ; il faudrait ouvrir des perspectives d'accueil ou d'intégration et fermer les frontières.

En général, il faut même à la fois ouvrir les yeux et fermer sa gueu... D'autant plus facile, si vous possédez le grand catalogue du serrurier de l'existence… Même les esprits obtus cherchent à ouvrir les angles ! 

Pour toutes ces situations paradoxales, vous aurez deviné qu'il est un mot quasi-magique de notre vocabulaire courant, un mot passe-partout pour notre existence, c'est la clé ! "Cherchez et vous trouverez !"

La vie est une énigme. La science cherche rationnellement à la percer et à l'expliquer tandis que la religion la magnifie par le miracle de la foi dans le mystère divin. Une même obsession, trouver la clé du mystère qui ouvrira la compréhension de l'univers. Comme si la réponse était bouclée à double tour dans la grande conscience cosmique !

Vous êtes, peut-être comme moi, un gentil rêveur qui passe sur cette terre, la tête dans les nuages voire même, certains jours de grand bonheur, la tête dans les étoiles ! Vous êtes, sans doute, un de ces oiseaux qui jouent avec le ciel et que le vent rabat vers les plaines des humains. Nous y sommes ensemble à semer nos descendances, à faire fructifier nos réussites, à cueillir les fleurs du plaisir pour en faire des bouquets champêtres. Nous courons tous épris de liberté et nous cherchons inlassablement à prendre la clé des champs.

Quand la nuit s'étend, nous cherchons sur notre trousseau la clé des songes qui ouvrira la serrure de nos rêves et qui, dans la lumière du petit matin, décodera notre inconscient. Je ne sais pas si vous y voyez clair mais moi, j'ai dû égarer la clé et la perdre quand j'étais dans la lune.

A l'hôtel du "croissant d'or", j'ai pris l'habitude de partager ma clé avec mon colocataire Morphée et de la mettre sous le paillasson. J. Prévert m'avait rencardé : "La clé des songes est sous le paillasson. Un petit dieu bien propre surnommé Cupidon fait le garçon d'hôtel et l'agent de liaison."  Tiré de : "Volets ouverts volets fermés"

Comme je trouve cette perspective nocturne drôlement réjouissante, me voilà sitôt prêt à entreprendre le premier parcours fléché qui m'offre la promesse d'une belle et grande ascension au Septième ciel !

D'ailleurs, je ne veux pas acquérir la clé des ceintures de chasteté. Non ! Parmi toutes les clés scintillantes du royaume des cieux délicieux, j'espère trouver au plus vite le sésame paradisiaque. Je n'imagine pas autrement la promesse de vie éternelle faite par ma déesse ou le grand Portier !

Mais rien ne presse ! Il faut déjà avoir des portes à ouvrir et à fermer, des portes d'entrée et des portes de sortie et ne pas rester entre deux portes ou gaspiller son temps à enfoncer des portes ouvertes.

J'ai acquis quelques clés qui cliquettent dans ma petite vie terrestre : une clé de contacts pour mes relations, une clé magnétique pour rapidement débloquer les opportunités de l'existence, un passe-partout pour les banalités de chaque jour, une clé de sûreté pour garantir ma vie privée, trois clés de musique et des chants pour la partition harmonique de mon quotidien et enfin, une clé de douze pour chaque mois.

Les avez-vous toutes ? Savez-vous que la plus précieuse, celle qu'il ne faut pas perdre, c'est la clé de voûte de votre existence. La mienne soutient la pression de chaque jour et élève mes pensées au sommet de la cathédrale, dans une conquête infinie de lumière.

Pour les tempêtes sous mon crâne, il me faudrait un ouvre-boîte. Dans mes prétentions d'écrivain, je cherche inlassablement le mot-clé qui ouvrira la serrure de la porte-double de l'exactitude et de l'émotion. C'est là, ma seule garantie d'être original et de ne pas craindre qu'un faussaire ne puisse en faire un double.

Toutefois, détrompez-vous amis, la clé merveilleuse et indispensable, n'est pas celle de Saint-Pierre qui ouvre la porte du paradis de la sagesse céleste… Ce n'est pas celle de l'accordeur de piano qui met en concordance les jours blancs et les jours noirs. Ce n'est pas la fragile et rare clé du succès, par essence éphémère. Pour vous comme pour moi, la plus importante, c'est la clé universelle du cœur. Elle vous prend à la gorge et vous ouvre la porte étroite du Bonheur.

Pour en conserver la joie et les plaisirs, il vous faut avoir du cran, la bonne combinaison et le sens de l'engagement. Quand par chance, vous l'avez trouvé, mettez-y vite un cadenas et évitez d'en casser la clé dans la serrure.

Mais hélas, comme rien n'est jamais définitivement acquis, j'ignore quand s'ouvrira la grande porte du paradis et s'il me faudra passer par le chas d'une aiguille. Peut-être même trouverai-je porte close ?

Ma clé a définitivement pris la forme d'un point d'interrogation, tel un sillage de comète et l'envol d'un cheveu d'ange… Je suis aux nues !

 

Voir les commentaires

Sous cloche

Publié le par modimodi

J'ai le seum, le blues, le bourdon,

Ras le casque et ras les pompons

De tous ces virus à la con

Et du Covid en dispersion.

 

Il est partout, collé aux basques,

A mes baskets et à mon masque.

Je dois me méfier de tout :

Amis, voisins et mêm' de vous !

 

Je n'peux plus manger d'pot au feu,

Ils m'ont mis sous le couvre-feu.

Je n'peux plus me taper la cloche,

Ils ont mis mes plaisirs sous cloche.

 

Plus de délices à toute heure,

Tous à la maison, à neuf heures !

Pleurez, amis restaurateurs,

Y'a plus qu'du bouillon d'onze heures !

 

Plus de vie, ni d'animation,

J'ai le choix ! Faut trouver le bon,

Mourir de faim, d'inanition 

Ou être en réanimation...

 

 

 

 

Voir les commentaires

De l'art de l'enfance à l'enfance de l'art. 2/2

Publié le par modimodi

L'œuvre propose par son organisation originale un visage aussi différencié que les visages humains.

Face à l'objet, nous sommes seuls et maîtres absolus des interprétations et des signes de connivence qui surgissent. En effet, dans les arts du spectacle, la danse, l'opéra, le théâtre, la résonance sociale est immédiate et fonction de l'interprète. Son art est de faire advenir ce qui n'était juste là que latent et de réaliser grâce à une complète maîtrise de virtuose le projet d'une perfection.

La musique, disait Leibnitz, est un exercice d’arithmétique d'un esprit qui ne sait qu'il compte. Attention ! Trop de technique et d'académisme dégradent l'oeuvre. Si l'inspiration ne soulève pas la danse, elle dissimule mal l'entraînement gymnique qu'elle impose.

L'intellectualisme qui ramène la contemplation esthétique à la perception d'un ordre rationnel ne respecte pas la spécificité de l'émotion esthétique. Apprendre l'esthétique par une analyse technicienne qui essaierait de révéler les procédés de la fabrication de l'oeuvre serait confondre l'artiste et l'artisan. L'art est toujours libéré de la technique.

Évitons de théoriser sur le beau. Nous nous rappelons ce que Voltaire nous laissait entendre. Si on demandait à un crapaud ce qu'est la beauté, il nous répondrait que c'est sa crapaude. La beauté de l'oeuvre n'est pas celle de la nature.

Les pouilleux de Murillo, les tabagies des peintres hollandais, les vaches de Potter ou les chaudrons de Chardin sont artistiquement beaux. La visite des musées ou des expositions peut inciter à peindre, la lecture de poèmes ou de romans peut donner l'idée d'écrire. L'Art sous tous ses aspects est une transposition et non un reflet du réel.

En bons pédagogues que nous tentons d'être avec nos enfants et petits-enfants, prudence et mesure ! Expliquer une oeuvre, c'est malmener son originalité brute. Tout au moins, pouvons-nous insister sur la mise en forme de matériaux préexistants et dire ce que les concertos de Bach doivent à Vivaldi. Mais l'histoire, la sociologie ou la psychologie n'expliqueront de l'art que ce qui en lui n'est pas artistique.

Le secret de la création est dans l'élan mystérieux qui emporte les matériaux, les sources et qui les métamorphose. Pour en faire des créateurs, faisons de nos jeunes initiés, des spectateurs, des auditeurs, des contemplateurs, des témoins heureux, épris de jouissances immédiates, emportés par leur joie intérieure. Ils ont déjà en eux, le don de l'émerveillement, la naïveté de l'innocence. Ils possèdent l'essence de l'art dépouillé de tout artifice maniéré.

Gardons-nous bien des succès trop faciles. Le mélodrame où Margot a pleuré n'est pas forcément une oeuvre d'art et l'émotion de Margot n'est pas non plus l'assurance de sa contemplation artistique. L'émotion esthétique n'est pas porteuse de coopération, elle est involontairement égoïste et individuelle car incommunicable.

Il faut progressivement amener nos juvéniles artistes à être ravis, arrachés à leur propre univers, emportés dans leurs rêves, envahis par une joie persistante, majestueuse, obsédante, exclusive, révélée, déjà transcendante et bientôt extatique.

Assurément, il n'est pas aisé d'initier de l'Art de l'Enfance à l'Enfance de l'Art !

Voir les commentaires

Retour en enfance

Publié le par modimodi

Peut-on avoir des états d'âme, si l'on vit dans un état d'absurdité, dans un fatras de pensées dispersées ? Psyché peut-elle encore personnifier le souffle qui emporte l'esprit hors de toute contrainte de temps et de sens ?

En cet instant, suis-je moi-même en train de délirer ou de retomber en enfance ? Mon cerveau semble s'agiter sans raison, libéré des pesanteurs de mon esprit. Je philosophe comme un arracheur de dents de sagesse. Je divague entre l'être et l'avoir, ces indispensables auxiliaires de vie qui me permettent de penser et de dépenser. Oh oui ! Si penser, c'est agir dans l'immobilité ou dans le désordre de ses idées alors je peux vous assurer que je m'y dépense sans compter.

Le créateur a pourtant bien fait les choses : "Au commencement était le verbe"… Mais le verbe s'est fait cher. Le verbe être s'est fait avoir et laissé faire. Alors, l'Homme qui s'est découvert sujet a cherché l'objet de son existence. Il a inventé par occupation ou par ennui, l'action. Elle devait le mener à sa fin dernière, soit au bonheur épicurien, soit à la vertu Kantienne.

De l'intuition à l'intention, de la pensée à la passion désordonnée des sentiments, l'action était née ! Fichtre et fichu Fichte qui osait clamer : "Agir, agir, voilà notre raison d'être ici-bas." Tandis qu'en écho, un de ses frérots intello, tendance gaucho, Marx renchérissait sur le "Capital" avec des déclarations matérialistes en s'écriant : "La philosophie a pensé le monde, il s'agit maintenant de le faire." A peine est-il lui-même parvenu à tourner en rond, à faire un tour du monde ou à en faire tout un monde. Quelques matérialistes rêvent toujours de le bâtir !

En avant marche, peuples laborieux d'une humanité plus souffrante que progressiste, plus criseuse qu'idéaliste, plus activiste qu'active, brûlant ses idéaux dans le feu de l'action ! De sempiternelles questions taraudent la conscience de l’humanité… Devrions-nous toujours réfléchir avant d'agir ? Qui en a décidé l’absolue nécessité ? Quel mâcheur de chewing-gum a décrété qu’il fallait tourner sept fois sa langue avant de parler ?

Certains y vont de leurs savantes hypothèses. J’en reste perplexe. Qui ou quels événements dictent nos choix ?  Saurions-nous lire dans les lignes de la main du destin ? Tout se joue-t-il très tôt, à la naissance et au plus tard dès la petite enfance ?

L'école est permanente comme le grand cinéma ! De Jules Ferry à Baden-Powell, du b-a, ba à la B.A, il n'y qu'un bât réservé aux quelques ânes qui auraient l'insolente réticence de ne pas être toujours prêts.

Oui ! Sans débats, la vie nous impose ses hauts et ses bas de bilan et fructifie les promesses aussi vite qu'elle ne ruine les espoirs ! Mais au bout du compte, l'intérêt est-il toujours profitable et capital ? La bourse vaut-elle la peine qu'on y consacre sa vie et qu'on y laisse pour solde de tout compte, sa santé ? En conservant les acquis du savoir et de l'expérience, un retour en enfance est-il possible ?

Si mes espérances de richesse intérieure sont aujourd'hui ruinées, c'est encore et toujours la faute à l'Education Nationale ! Car moi, j'ai vécu ces temps anciens ! Une bonne note pour une bonne réponse, un bon point pour une bonne action… La pédagogie était devenue l'art du troc et du toc ! Dans les cours officiels, par manque parfois d'échanges avec leurs élèves, certains enseignants étaient ainsi passés maîtres dans l'art de donner le change. Moi, j'excellais à brocanter les rossignols de mon savoir sur ce marché scolaire où je me faisais secouer les puces au milieu du bric-à-brac de mes apprentissages.

Mon professeur était un excellent bailleur de devises cornéliennes qui s'épargnait sans doute en affirmant qu’« aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années. » Mais seul Rodrigue avait du cœur, un cœur d'or pour Chimène !

Mon problème fut de ne jamais parvenir à trouver l'unité d'action, de lieu et de temps pour mes primes et tendres amoureuses. "Ô rage ! Ô désespoir ! "... Ô jeunesse ennemie ! La première tragi-comédie de ma vie ! Mon premier aveuglement d'amour !

Les années ont roulé les graviers des souvenirs jusqu’à l’écluse du temps. En y songeant, dans ce fauteuil, les yeux mouillés de larmes, je comprends pourquoi le commun des mortels affirme que les vieux retournent voire retombent en enfance.

 

 

Voir les commentaires

De l'art de l'enfance à l'enfance de l'art 1/2

Publié le par modimodi

Qui donnera l'envie, le goût de l'art ? Qui montrera à nos chères têtes blondes que l'oeuvre s'offre en nous faisant signe ?

Qui leur apprendra et leur fera sentir que le temple, la statue ou le tableau sont des objets uniques dont nulle copie n'atteindra jamais l'original ? La confirmation est d'autant plus perceptible avec la musique ou la poésie, soumises à d'inévitables interprétations et dont la trahison et la nouveauté imprimées par l'exécutant transforment l'oeuvre et l'esprit présumé de l'auteur.

C'est d'ailleurs à travers cette loi de constante dépossession du créateur que s'établissent la gloire, la mémoire et la mort d'un nom qui éveille la création, elle-même, au-delà de son auteur. Alors, l'éducation et l'initiation artistiques que nous donnons à nos enfants et petits enfants devraient contribuer à asseoir l'unicité et le prestige des œuvres. 

Toutes ne s'appréhendent pas de manière identique. L'oeuvre d'art plastique se situe dans un monde qui participe à son emprise. La lumière, le mouvement et la distance entrent ainsi dans la jubilation esthétique.

Le temple grec, l'église romane restent enracinés dans leurs sols respectifs, liés aux chemins qui y conduisent pour que chaque pérégrination puisse suivre, à travers les raisons du temps, les symboles et les voies d'une civilisation. De même, l'architecture, la sculpture ou la peinture nécessitent de pleins jeux de lumières et des modulations impossibles à éluder.

Distincte de ce qui l'entoure, l'oeuvre plastique se détache dans sa nouveauté, s'offre dans son unité de masse ou de surface, pour être saisie d'un seul coup d’œil. Douce illusion de tenir sous le regard, en un instant, tout un objet ! Mais qu'importe! Il faut apprendre à nos artistes en herbe à cultiver l'illusion indispensable à la contemplation esthétique, ressort indispensable à la fascination.

En musique, un fond de calme et de silence suffit à faire naître et s'enchaîner les accords. Chacun des instants successifs participe dans le développement temporel de l'oeuvre, à une attente, un désir, un déroulement et une continuité nécessaires. Nous l'avons déjà expérimenté. Nous ne saurions donc l'oublier ou le nier... Quelques mots d'un poème, quelques lignes d'un livre, une phrase de sonate peuvent nous donner accès à l'ensemble de l'oeuvre. Il nous est alors possible de la juger en subissant la fascination de son inépuisable et intemporelle unité alors que nous la recevons dans l'instant éphémère de notre jubilation et que nous en retrouvons le génie brut de l'enfance !

J'ai par trop souffert de la militarisation de quelques doctes stratèges en initiation artistique qui s'employaient à grand coups de canon tirés sur la beauté. Enseigner l'art, c'est d'abord l'approcher, l'apprivoiser, éduquer à l'émotion, à nouveau donner le goût et susciter l'envie en la gravant dans l'inconscient. Evidemment, on ne peut l'étudier sans aborder les règles et les conventions qui président à l'organisation d'une oeuvre mais pourquoi faudrait-il tout comprendre et tout expliquer ?

C'est d'abord dans la joie, la liberté et le plaisir qu'elles doivent être pressenties et découvertes. Elles seront après, parfois bien après, relativisées en fonction d'une grammaire propre, d'une école, d'une tradition, d'un style jamais immuable par définition.

A partir de ces éléments, variables et propres à chaque créateur, la règle esthétique ne peut être qu'individuelle et correspondre à notre propre sensibilité ou évolution artistique. La sculpture s'offre à notre corps en tant que corps redoublé dont nous pouvons faire le tour, passant illusoirement derrière le miroir... Notre imaginaire découpe alors le bloc de pierre brute pour sculpter et modeler à nouveau chaque forme. Chaque fragment ôté est un coup porté à nos vulgaires préjugés pour détacher de la pierre brute, l'émotion et la beauté contenues dans l'oeuvre.

 

Voir les commentaires

Cœurs de printemps

Publié le par modimodi

Petits cœurs amoureux! Vous voilà prêts pour le printemps! Vous aviez hier ouvert vos mains à la nuit mauve d'anémones marines, vous aviez piqué des étoiles en vos songes! Mais vous avez ce matin déplié la corolle rouge de l'aube révoltée.

Oubliés à présent les horizons noyés! Vos tentatives d'envol avaient des bruits étouffés. Avec ce chant d'oiseau, le renouveau est sorti des pièges du silence! La belle saison est de retour dans les racines de la nature. Votre enfance y gardait l'amour pour qu'il éclose dans la promesse d'un matin!

La rose des sables a fleuri dans les dunes. Vous voilà amoureux, triomphants du désert! Vous avez su traverser les miroirs des mirages et vous allez aimer sans savoir ce qui restera malgré l'usure du temps et ses milliards de milliards de grains abrasifs et arides!

Vous retrouvez comme par magie votre âme d'enfant pour des chevauchées à travers plaines et forêts. Vous faites partie des futés de la futaie et vous tombez d'abord sous le charme des oiselles et des bouquets de printemps! Vous ne savez pas encore que vous vous égratignerez aux roses aubépines. Dans la fleur de leur âge, elles vous feront pêcher pour vous faire oublier que vous ahanerez sous le boulot sans avoir droit aux lauriers! Alors à force de voir le plaisir de si près votre être tout entier aspirera à se reposer à l'ombre des buis et du pin ...

Et c'est l'un qui papillonne, l'autre qui prend une perruche pour sa mimi-pinson. C'est celui-ci qui fait le paon devant une oie et qui se croit un aigle devant une dinde. C'est celui-là qui sautille et butine pour une sauterelle à la taille de guêpe!

C'est à qui rêvera d'aimer une jeune fille en fleurs, un bouquet de printemps, qui effeuillera la Marguerite pour finir dépouillé par Véronique ou Angélique! C'est à qui confondra belle de jour et belle de nuit et se fera grignoter ou croquer par quelque douce aux yeux noisette.

Fruits défendus, pulpeuses à la peau de pêche, c'est à qui en sera la bonne pomme sucrée ou la belle poire juteuse. Nul Narcisse pour épouser ses propres pensées et nuls soucis, nèfles ou amandes, pépins ou marrons cueillis et récoltés! L'amour ne tombe pas à l'eau!

Aimez donc, gentils cœurs du printemps avec passion, vigueur et insouciance! Ignorez l'infortune, elle n'est ni probable ni systématique! Et puis tant pis! Il n'est pas dit que par la faute de ces gazelles qui bichent, il ne vous restera plus qu'à boire le calice jusqu'à l’hallali!

Petits poètes du mois d'avril, il n'est pas écrit que devant ces fleurs de vertus éphémères et ces pensées offertes dont vous vous éblouissez d'œillades trompeuses, vous finirez au parfum, enivrés pour rien! Au contraire, ardents et bucoliques, romantiques et élégiaques, vous n'en finirez pas de conter mille et une fois fleurette! Qu'importe que vous vous soyez fait faire des bleus au coeur par Jacinthe ou par Violette puisque vous mourrez d'amour un jour, piqués et plantés au doux sein de quelque Rose ou Pâquerette!

Ainsi Cupidon faisant flèche de tout bois, vous êtes tous de joyeux petits apprentis Ronsard! Égratignés au roncier de vos amours, vous versifierez encore pour quelque belle, même si elle s'est fait la belle! 

Que voulez-vous? C'est notre condition terrestre! Quelle que soit notre bonne éducation, nous ne pouvons que faire ce constat: on ne nous a jamais tout appris! Nous restons des éternels apprentis de la vie, des écoliers de bonne volonté, de braves bouffons naturalistes, de studieux vigiles bucoliques. Car nous ne savons toujours pas reconnaître l'arbre qui cache la forêt!

Voir les commentaires

Notes boisées

Publié le par modimodi

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 > >>