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Articles avec #eclats de vie-eclats de voix tag

Lettre à distance : ultime intervalle ! 3/3

Publié le par modimodi

"Tu me manques", m'as-tu dit ! Et souvent même, tu t'es montrée pressante.

Ma douce amie, tu dois savoir qu'il faut des intermèdes dans une relation de couple et que le désir d'amour se régénère pendant l'entre-actes ! Dans ces moments forts, il ne s'agit pas de manques mais de surabondance de plaisirs et de débordement de jouissances. La plénitude a besoin de transitions pour se ressourcer et subsister.

L'immédiateté ne fait pas durer l'amour à travers le temps. Entre la satisfaction et le désir, il y a parfois loin de la coupe aux lèvres. Alors loin de moi l'idée, mon amie, qu'une tendre relation peut survivre si on ne s'y attache que de loin. Il faut de la complicité et de la proximité mais paradoxalement aussi de l'audace pour expérimenter, jusqu'où aller ou ne pas aller trop loin.

La gestion de l'intervalle entre deux êtres suppose de la fermeté dans le sentiment qu'on éprouve. Elle requiert aussi de la chance pour ne pas être en porte-à-faux et en décalage d'attentes et de désirs...

Notre environnement fait parfois le grand écart. La pensée se distend et le bon goût se relâche quand un apôtre du mal-dire affirme que le sens de l'humour et du doigté sont nécessaires à qui est assis, le cul entre deux chaises !... Hélas ! Il n'y a pas d'intervalle dans la bêtise !

A moins de mépriser l'autre, il n'est permis à personne de devenir hautain et lointain. Mais comme le voyageur en avançant croit voir reculer l'horizon, la passion qui nous anime repousse sans cesse nos limites. Non ! L'intervalle entre deux êtres n'est pas un piège dans lequel, on tombe comme dans un cul de basse fosse ! L'autre bien qu'absent est toujours présent au plus profond de notre moi secret ! Aimer c'est prendre sur soi, avec soi et en soi ! Aragon l'a chanté :

« Mon bel amour, mon cher amour, ma déchirure

 Je te porte dans moi comme un oiseau blessé

Et ceux-là, sans savoir, nous regardent passer

Répétant après moi, les mots que j'ai tressés

Et qui pour tes grands yeux, tout aussitôt, moururent.   

Il n'y a pas d'amour heureux. »             

Tâchons l'un et l'autre de faire mentir le poète ! Le manque n'est un risque que pour les défaillants, ceux qui se renient eux-mêmes en manquant à leur parole intime. Qui se dédit se trahit lui-même ! Les fugueurs des amours buissonnières se volatilisent comme leurs serments de sable gonflés par les tourbillons du vent. Le mot "lâche" porte en lui cette richesse sémantique du pusillanime faible, du traître méprisable et du capitulard qui a desserré le nœud de sa promesse.

Même dans les intervalles d'une relation, il faut se tenir de près, à ses convictions. Tu as raison. Y mettre trop de distance, c'est s'exposer à être soi-même distancié, à errer entre deux souvenirs, à s'égarer entre deux engagements. L'homme n'est fait ni pour l'esquive ni pour le renoncement mais pour l'affrontement avec l'avenir. Il doit d'ailleurs y laisser sa vie. Alors moi, je ne passe pas, je demeure. Tu es en sûreté avec moi, près ou loin de moi.

Toi et moi, nous ne sommes ni ne serons jamais divisés. Nous nous tenons dans l'unité du temps, la poésie, la beauté et le vent. Tu es la fleur qui se donne au fruit. Moi, j'habite à jamais ton mystère, l'espace secret de ta solitude et je cours heureux comme un enfant, vers la source de ton regard intérieur. Nous ne sommes qu'une trace, un sillage dans l'azur, la preuve du risque d'aimer.

Oh ! Amie, je sais que tu sais, qu'il nous faut rester encordés et ne pas distendre le fil du vivant. Sur notre chemin de vie, il vaut mieux aller, progresser sans se retourner. Je veux à jamais chanter et murmurer en toi. L'amour dans notre intervalle aura toujours le dernier mot... Mais un jour, j'espère lointain, il faudra provisoirement se séparer. La mort comblera définitivement l'intervalle d'avec la vie !...

Ce jour-là, dans le bruit des cymbales sonores du destin, retentira le "dies irae, dies illa". Alors, porté par les anges qui nous ont escortés, viendra se poser à jamais en ton cœur, cet oracle des mots de René Char : "Ne te courbe que pour aimer. Si tu meurs, tu aimes encore."

 

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Lettre à distance : soupirs 2/3

Publié le par modimodi

Ma tendre amie, mon cher amour, "tu me manques", m'as-tu dit ! Oh ! Je crois savoir ce que tu souhaites !...

Qu'à l'échelle du temps, je te fasse la courte échelle, la plus courte possible !... Que l'espace entre nous demeure un espace vital !... Que cette interruption momentanée de l'image et du son ne soit pas la relâche de la représentation... Que nous ne soyons pas des intermittents du spectacle... Que mes acrobaties du cœur ne te fassent pas le grand écart !

Mais je te l'ai déjà expliqué, tout est relatif dans l'appréciation de l'intervalle de contacts entre deux êtres. Pour l'un, trop loin, pour l'autre, trop près !... La distance et le temps évoluent et se conjuguent dans l'estimation de l'attente des retrouvailles ! Hier nous allions l'un vers l'autre, à pied, à dos d'âne, en diligence, en omnibus, aujourd'hui, c'est en avion !

Tout s'accélère, nos battements du cœur et nos mots d'amour ! De la missive en malle-poste, au télégramme et au mail instantané ! Hier, ma douce, nous avions nos soupirs pour faire entendre notre souffle, aujourd'hui, de la voix dans le téléphone au direct sur Skype, nos cris du cœur sont désormais parlants et expressifs !

Certes, nous sommes tous deux, dans un intervalle espace-temps distendus et provisoirement séparés par nécessité. Mais comme nous savons garder le contact, nous ne nous perdons pas de vue !...  Tu apprécieras ici, l'ironie de cette expression populaire. Alors ? Même si chacun tourne dans son bocal, ne sommes-nous pas comme on dit "heureux comme des poissons dans l'eau"... même si, nous sommes toi et moi, bouche bée et inexpressifs, paralysés d'attendre. Nous nous efforçons simplement de ne pas nous écraser le museau sur la paroi de l'aquarium, où depuis belle lurette, nous avons appris à nager.

Oh ! Mais profondément heureux, certains le sont réellement ! Je te parle du banc de mes frangins qui savent nager dans les remous de l'existence. Pour contribuer à détendre l’atmosphère de mes joyeux drilles et accorder répit à leur réflexion agitée du bocal, je les interromps parfois.

Un court instant, je leur offre un intermède sentencieux au petit sourire malicieux... Je les apostrophe : "Qu'on se le dise, gais compagnons ! Rien ne justifie jamais la mise à l'écart d'un être cher ou l'éloignement d'une belle." Car je suis malheureusement, certain qu'il y aura toujours un affreux macho qui se plaira à ironiser : "Sauf, si elle est belle de loin mais loin d'être belle !"

Attention mon aimée, ma chère absente, entends-moi ! Je t'exhorte ! Ne souffre pas de cet interlude, de ce simple battement du temps ! La non-présence d'un être cher ne signifie pas non plus l'oubli temporaire ou définitif. Elle peut n'être qu'une privation momentanée par impossibilité physique d'être ensemble.

Le rêve utopique de l'ubiquité pourrait prendre alors toute sa force dans "Être à la fois ici et ailleurs." Si physiquement, c'est encore impossible, par la rêverie ou les rêves nocturnes, par l'élan amoureux ou mystique, c'est depuis toujours réalisable et bien mieux qu'en hologramme.

Toi, sans doute, ne te l'ai-je pas assez exprimé, mais toi, tu réalises ce prodige ! Tu es en moi, omniprésente sans le savoir et parfois même contre ma volonté. Tu es une part de moi-même, une douce et charmante habitude, la volupté fugace d'un infini délice.

Il est admissible que l'absent qui fait défaut puisse laisser à son partenaire une impression de vide et de désertion. Celui-ci peut se sentir alors seul ou abandonné. Il peut s'isoler et se retirer dans le vallon pour épancher son cœur aux sources fraîches. Il ira peut-être se percher sur un promontoire pour orgueilleusement braver la tempête de son désordre amoureux ! Dans sa quête d'amour absolu, il déclamera aux nues sa mélancolie en traînant son ennui. Laissons-le tendrement souffrir et pousser son lamento romantiquement lamartinien : "Un seul être vous manque et tout est dépeuplé !"

Mais cet état de retrait orgueilleux, de réclusion apitoyée traduit peut-être un manque de confiance dans la solidité de la relation vécue. En effet, l'incertitude spécifique de nos propres sentiments peut provoquer la crainte de tout perdre. Plus l'amour qu'on croit profond est effondré ou creux, plus nous nous enfonçons dans l'abîme de la dépression. Plus l'impression de vide nous happe et plus la séparation est un gouffre qui creuse notre cœur.

Au quotidien, le coude à coude, le côte à côte et la main dans la main sont bien sûr préférables au dos à dos ! Pour traverser l'existence, mieux vaut être proches dans l'effort qu'en opposition ou confrontation. Mais on ne peut pas toujours être collés serrés, il faut aussi laisser de l'espace pour agir et individuellement prendre sa place dans l'action.

Mon exquise, il faut encore réserver de la marge pour permettre les ajustements du cœur et prévoir des interlignes pour que s'expriment ses silences. Il devient souvent nécessaire de prendre du recul pour garder la lucidité, conserver la vue d'ensemble et faire le point. Une relation est ainsi faite de constants réglages et de régulières accommodations pour conserver, à distance calculée, des perspectives constructives.

Se replier dans l'introspection douce et recueillie ne signifie pas prendre le large, se détacher de l'autre ou l'abandonner. Les sentiments ont besoin de la mécanique de précision du cœur. Le mien, tu le sais, bat au métronome du tien.

Pour toi, pour moi, les poètes l'ont chanté ! Amants unis ou séparés, nous ne pouvons nous approcher du soleil sans nous brûler les yeux. La lumière comme la liberté exigent de se tenir à distance du feu et des entraves. Tout au plus, pouvons-nous vivre les fulgurations de l'amour et tenter d’attraper comme les papillons le font, en frôlant les lucioles, quelques fugitives étincelles. Aimer, c'est chasser les ombres dans la transparence du cœur.

Mon amour de plein ciel, chacun de nous vit et parcourt ainsi son chemin de poussières et d'étoiles. Mais personne ne sait exactement estimer et précisément quantifier le temps des différentes périodes de la vie. Quels intervalles, quelles limites à l'enfance ? Quid de la maturité, de l'automne, de la nuit qui s'avance dans les ténèbres ? Y a-t-il des bornes à la douleur quand le temps coupe les liens ?...

Se plaindre de la distance est parfois le signe d'une propre crainte, celle de ne pas tenir soi-même la distance. Qui ne supporte pas l'espacement, souvent doute de lui. Alors, dans sa course contre le temps, celui-là ne sait pas prendre de pause et n'a pas encore perçu que le silence participe de l'harmonie.

Ainsi, en est-il pour tout homme de la petite musique du cœur. La pause, humble complice du silence n'est pas l'arrêt de la sérénade. Entre nous, pas d'arrêt définitif, pas de brisure, juste une interruption de la ligne, une discontinuité dans l'échange et la présence.

Nous devons être rassurés. Au lieu de nous séparer ou de nous diviser, nous prenons matériellement conscience que l'intervalle nous relie indéfectiblement l'un à l'autre. Il assure nos cœurs d'une permanence de sentiments. "Heureux les amants séparés / Et qui ne savent pas encore / Qu'ils vont demain se retrouver."

 

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Lettre à distance : Intervalle 1/3

Publié le par modimodi

Mon amie, mon bel esprit, c'est souvent que tu me dis ou m'écris : "Tu me manques".

Ce soupir, cette plainte, ce reproche ou ce cri m'obsèdent. Qu'expriment-ils au juste ? Les ratés de notre liaison ? Ma maladresse qui a échoué à t'atteindre et à te toucher profondément ? L'envie ou le besoin exaspéré de me voir ou de m'entendre ? Le vide que mon absence crée en ton cœur ? N'est-ce pas plutôt une expression toute faite, corrélative du dicton : "Loin des yeux, loin du cœur !"

Dans les relations humaines qui unissent socialement ou affectivement deux êtres, la distance est une question primordiale. Comment se tenir ni trop près, ni trop loin pour éviter les confusions et les amalgames, l'étouffement ou l'indifférence ? Comment être en adhésion et pas en adhérence ? Quel espace choisir entre l'interstice et l'étendue, l'ouverture et l'impasse ?

En effet, sauf à choisir les tendres effusions du corps à corps, n'est-il pas préférable de veiller à conserver un espace instinctif ou négocié dans le face à face ? La fusion mène à la confusion et le miroir de soi en l'autre n'est qu'une psyché narcissique.

En échanges de communication comme en amour, je me plais à te répéter : "Le plus délicat, c'est de gérer l'intervalle !" Cette gestion est d'ailleurs autant matérielle qu'affective. Qu'il s'agisse d'un départ ou d'une absence, elle s'exprime en intonations, en mesures de longueur et en temps ! Mais nombreuses sont les nuances entre "hors de vue ou hors de portée", entre "au bout du monde" ou "à des années-lumière" ! Importante est la différence entre : "ça me paraît long !" ou "mais, c'est un siècle !" ou encore "c'est une éternité !" 

L'absence, quand elle n'est pas synonyme de disparition brutale provoquée par l'exil ou la mort n'est souvent qu'un éloignement. Les degrés d'intensité de notre perception, notre sensibilité plus ou moins écorchée, notre humeur du moment peuvent nous faire croire à un abandon, alors qu'il ne s'agit souvent que d'une vacance limitée dans le temps.

Bien sûr, ce temps est un temps vécu, c'est le nôtre ! Inutile d'en démontrer ici, l'importance psychologique. Nous avons tous ressenti un jour, le poids de la durée, de moments qui s'éternisent ou d'instants passés trop vite ! Le simple effet des intervalles de temps, pourtant strictement identiques, suivant qu'ils sont appréciés objectivement ou subjectivement, modifie notre perception !

Quand je te dis, "Amour, je serai là dans une heure !" Le laps de temps peut être vérifié sur ta montre mais cette courte absence peut être vécue différemment par toi. La conscience que tu éprouves de la durée de ce temps est alors fonction de ton activité plus ou moins prenante ou de l'impatience irrépressible que tu manifestes pour mon retour ! Gérer l'intervalle, c'est admettre les décalages de nos sensations !

Je me permets d'aviver ton érudition. Tu sais bien que les philosophes Husserl et Bergson ont précisé ces notions en parlant, l'un de temporalité liée à l'activité et, l'autre de durée vécue, de temps ressenti ! Ne trouves-tu pas que nous voilà d'un coup, l'esprit plus léger pour vivre ce manque, ce vide de l'absence ! Évidemment, chacun trouve et donne sa réponse dans le dialogue intérieur entre son cœur et son esprit !

Ne t'alarme pas ! Comment pourrais-tu admirer le soleil qui s'éclabousse de rayons dans la flaque devant toi, s'il n'y avait pas une distance entre lui, l'eau et toi ? Comment te réjouir du chant de l'oiseau, s'il n'y avait pas un espace, entre ton oreille et lui, niché dans le feuillage ? Tu t'enchantes de cette vision et de cette perception sans t’inquiéter le moins du monde de cet écart de position. Alors pourquoi te contrarierais-tu de l'éloignement passager entre toi et moi puisque l'amour rayonne en nous et que nos aveux fredonnent leur tendre mélodie !

Nous sommes toi et moi, en conjonction de pensées et d'intentions. Nous sommes étroitement attachés l'un à l'autre. Sachant que les parallèles de notre intervalle se rejoignent à l'infini d'un absolu d'amour, nous nous aimons, cœurs battants, d'élans en soupirs, à intervalles rapprochés. Nous convergeons dans l'attente d'une prochaine jonction. Notre couple est une alliance d'espoirs, une mise en regard dans la coulisse de notre intervalle.

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Sous cloche

Publié le par modimodi

J'ai le seum, le blues, le bourdon,

Ras le casque et ras les pompons

De tous ces virus à la con

Et du Covid en dispersion.

 

Il est partout, collé aux basques,

A mes baskets et à mon masque.

Je dois me méfier de tout :

Amis, voisins et mêm' de vous !

 

Je n'peux plus manger d'pot au feu,

Ils m'ont mis sous le couvre-feu.

Je n'peux plus me taper la cloche,

Ils ont mis mes plaisirs sous cloche.

 

Plus de délices à toute heure,

Tous à la maison, à neuf heures !

Pleurez, amis restaurateurs,

Y'a plus qu'du bouillon d'onze heures !

 

Plus de vie, ni d'animation,

J'ai le choix ! Faut trouver le bon,

Mourir de faim, d'inanition 

Ou être en réanimation...

 

 

 

 

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De l'art de l'enfance à l'enfance de l'art. 2/2

Publié le par modimodi

L'œuvre propose par son organisation originale un visage aussi différencié que les visages humains.

Face à l'objet, nous sommes seuls et maîtres absolus des interprétations et des signes de connivence qui surgissent. En effet, dans les arts du spectacle, la danse, l'opéra, le théâtre, la résonance sociale est immédiate et fonction de l'interprète. Son art est de faire advenir ce qui n'était juste là que latent et de réaliser grâce à une complète maîtrise de virtuose le projet d'une perfection.

La musique, disait Leibnitz, est un exercice d’arithmétique d'un esprit qui ne sait qu'il compte. Attention ! Trop de technique et d'académisme dégradent l'oeuvre. Si l'inspiration ne soulève pas la danse, elle dissimule mal l'entraînement gymnique qu'elle impose.

L'intellectualisme qui ramène la contemplation esthétique à la perception d'un ordre rationnel ne respecte pas la spécificité de l'émotion esthétique. Apprendre l'esthétique par une analyse technicienne qui essaierait de révéler les procédés de la fabrication de l'oeuvre serait confondre l'artiste et l'artisan. L'art est toujours libéré de la technique.

Évitons de théoriser sur le beau. Nous nous rappelons ce que Voltaire nous laissait entendre. Si on demandait à un crapaud ce qu'est la beauté, il nous répondrait que c'est sa crapaude. La beauté de l'oeuvre n'est pas celle de la nature.

Les pouilleux de Murillo, les tabagies des peintres hollandais, les vaches de Potter ou les chaudrons de Chardin sont artistiquement beaux. La visite des musées ou des expositions peut inciter à peindre, la lecture de poèmes ou de romans peut donner l'idée d'écrire. L'Art sous tous ses aspects est une transposition et non un reflet du réel.

En bons pédagogues que nous tentons d'être avec nos enfants et petits-enfants, prudence et mesure ! Expliquer une oeuvre, c'est malmener son originalité brute. Tout au moins, pouvons-nous insister sur la mise en forme de matériaux préexistants et dire ce que les concertos de Bach doivent à Vivaldi. Mais l'histoire, la sociologie ou la psychologie n'expliqueront de l'art que ce qui en lui n'est pas artistique.

Le secret de la création est dans l'élan mystérieux qui emporte les matériaux, les sources et qui les métamorphose. Pour en faire des créateurs, faisons de nos jeunes initiés, des spectateurs, des auditeurs, des contemplateurs, des témoins heureux, épris de jouissances immédiates, emportés par leur joie intérieure. Ils ont déjà en eux, le don de l'émerveillement, la naïveté de l'innocence. Ils possèdent l'essence de l'art dépouillé de tout artifice maniéré.

Gardons-nous bien des succès trop faciles. Le mélodrame où Margot a pleuré n'est pas forcément une oeuvre d'art et l'émotion de Margot n'est pas non plus l'assurance de sa contemplation artistique. L'émotion esthétique n'est pas porteuse de coopération, elle est involontairement égoïste et individuelle car incommunicable.

Il faut progressivement amener nos juvéniles artistes à être ravis, arrachés à leur propre univers, emportés dans leurs rêves, envahis par une joie persistante, majestueuse, obsédante, exclusive, révélée, déjà transcendante et bientôt extatique.

Assurément, il n'est pas aisé d'initier de l'Art de l'Enfance à l'Enfance de l'Art !

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Retour en enfance

Publié le par modimodi

Peut-on avoir des états d'âme, si l'on vit dans un état d'absurdité, dans un fatras de pensées dispersées ? Psyché peut-elle encore personnifier le souffle qui emporte l'esprit hors de toute contrainte de temps et de sens ?

En cet instant, suis-je moi-même en train de délirer ou de retomber en enfance ? Mon cerveau semble s'agiter sans raison, libéré des pesanteurs de mon esprit. Je philosophe comme un arracheur de dents de sagesse. Je divague entre l'être et l'avoir, ces indispensables auxiliaires de vie qui me permettent de penser et de dépenser. Oh oui ! Si penser, c'est agir dans l'immobilité ou dans le désordre de ses idées alors je peux vous assurer que je m'y dépense sans compter.

Le créateur a pourtant bien fait les choses : "Au commencement était le verbe"… Mais le verbe s'est fait cher. Le verbe être s'est fait avoir et laissé faire. Alors, l'Homme qui s'est découvert sujet a cherché l'objet de son existence. Il a inventé par occupation ou par ennui, l'action. Elle devait le mener à sa fin dernière, soit au bonheur épicurien, soit à la vertu Kantienne.

De l'intuition à l'intention, de la pensée à la passion désordonnée des sentiments, l'action était née ! Fichtre et fichu Fichte qui osait clamer : "Agir, agir, voilà notre raison d'être ici-bas." Tandis qu'en écho, un de ses frérots intello, tendance gaucho, Marx renchérissait sur le "Capital" avec des déclarations matérialistes en s'écriant : "La philosophie a pensé le monde, il s'agit maintenant de le faire." A peine est-il lui-même parvenu à tourner en rond, à faire un tour du monde ou à en faire tout un monde. Quelques matérialistes rêvent toujours de le bâtir !

En avant marche, peuples laborieux d'une humanité plus souffrante que progressiste, plus criseuse qu'idéaliste, plus activiste qu'active, brûlant ses idéaux dans le feu de l'action ! De sempiternelles questions taraudent la conscience de l’humanité… Devrions-nous toujours réfléchir avant d'agir ? Qui en a décidé l’absolue nécessité ? Quel mâcheur de chewing-gum a décrété qu’il fallait tourner sept fois sa langue avant de parler ?

Certains y vont de leurs savantes hypothèses. J’en reste perplexe. Qui ou quels événements dictent nos choix ?  Saurions-nous lire dans les lignes de la main du destin ? Tout se joue-t-il très tôt, à la naissance et au plus tard dès la petite enfance ?

L'école est permanente comme le grand cinéma ! De Jules Ferry à Baden-Powell, du b-a, ba à la B.A, il n'y qu'un bât réservé aux quelques ânes qui auraient l'insolente réticence de ne pas être toujours prêts.

Oui ! Sans débats, la vie nous impose ses hauts et ses bas de bilan et fructifie les promesses aussi vite qu'elle ne ruine les espoirs ! Mais au bout du compte, l'intérêt est-il toujours profitable et capital ? La bourse vaut-elle la peine qu'on y consacre sa vie et qu'on y laisse pour solde de tout compte, sa santé ? En conservant les acquis du savoir et de l'expérience, un retour en enfance est-il possible ?

Si mes espérances de richesse intérieure sont aujourd'hui ruinées, c'est encore et toujours la faute à l'Education Nationale ! Car moi, j'ai vécu ces temps anciens ! Une bonne note pour une bonne réponse, un bon point pour une bonne action… La pédagogie était devenue l'art du troc et du toc ! Dans les cours officiels, par manque parfois d'échanges avec leurs élèves, certains enseignants étaient ainsi passés maîtres dans l'art de donner le change. Moi, j'excellais à brocanter les rossignols de mon savoir sur ce marché scolaire où je me faisais secouer les puces au milieu du bric-à-brac de mes apprentissages.

Mon professeur était un excellent bailleur de devises cornéliennes qui s'épargnait sans doute en affirmant qu’« aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années. » Mais seul Rodrigue avait du cœur, un cœur d'or pour Chimène !

Mon problème fut de ne jamais parvenir à trouver l'unité d'action, de lieu et de temps pour mes primes et tendres amoureuses. "Ô rage ! Ô désespoir !"... Ô jeunesse ennemie ! La première tragi-comédie de ma vie ! Mon premier aveuglement d'amour !

Les années ont roulé les graviers des souvenirs jusqu’à l’écluse du temps. En y songeant, dans ce fauteuil, les yeux mouillés de larmes, je comprends pourquoi le commun des mortels affirme que les vieux retournent voire retombent en enfance.

 

 

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De l'art de l'enfance à l'enfance de l'art 1/2

Publié le par modimodi

Qui donnera l'envie, le goût de l'art ? Qui montrera à nos chères têtes blondes que l'oeuvre s'offre en nous faisant signe ?

Qui leur apprendra et leur fera sentir que le temple, la statue ou le tableau sont des objets uniques dont nulle copie n'atteindra jamais l'original ? La confirmation est d'autant plus perceptible avec la musique ou la poésie, soumises à d'inévitables interprétations et dont la trahison et la nouveauté imprimées par l'exécutant transforment l'oeuvre et l'esprit présumé de l'auteur.

C'est d'ailleurs à travers cette loi de constante dépossession du créateur que s'établissent la gloire, la mémoire et la mort d'un nom qui éveille la création, elle-même, au-delà de son auteur. Alors, l'éducation et l'initiation artistiques que nous donnons à nos enfants et petits enfants devraient contribuer à asseoir l'unicité et le prestige des œuvres. 

Toutes ne s'appréhendent pas de manière identique. L'oeuvre d'art plastique se situe dans un monde qui participe à son emprise. La lumière, le mouvement et la distance entrent ainsi dans la jubilation esthétique.

Le temple grec, l'église romane restent enracinés dans leurs sols respectifs, liés aux chemins qui y conduisent pour que chaque pérégrination puisse suivre, à travers les raisons du temps, les symboles et les voies d'une civilisation. De même, l'architecture, la sculpture ou la peinture nécessitent de pleins jeux de lumières et des modulations impossibles à éluder.

Distincte de ce qui l'entoure, l'oeuvre plastique se détache dans sa nouveauté, s'offre dans son unité de masse ou de surface, pour être saisie d'un seul coup d’œil. Douce illusion de tenir sous le regard, en un instant, tout un objet ! Mais qu'importe! Il faut apprendre à nos artistes en herbe à cultiver l'illusion indispensable à la contemplation esthétique, ressort indispensable à la fascination.

En musique, un fond de calme et de silence suffit à faire naître et s'enchaîner les accords. Chacun des instants successifs participe dans le développement temporel de l'oeuvre, à une attente, un désir, un déroulement et une continuité nécessaires. Nous l'avons déjà expérimenté. Nous ne saurions donc l'oublier ou le nier... Quelques mots d'un poème, quelques lignes d'un livre, une phrase de sonate peuvent nous donner accès à l'ensemble de l'oeuvre. Il nous est alors possible de la juger en subissant la fascination de son inépuisable et intemporelle unité alors que nous la recevons dans l'instant éphémère de notre jubilation et que nous en retrouvons le génie brut de l'enfance !

J'ai par trop souffert de la militarisation de quelques doctes stratèges en initiation artistique qui s'employaient à grand coups de canon tirés sur la beauté. Enseigner l'art, c'est d'abord l'approcher, l'apprivoiser, éduquer à l'émotion, à nouveau donner le goût et susciter l'envie en la gravant dans l'inconscient. Evidemment, on ne peut l'étudier sans aborder les règles et les conventions qui président à l'organisation d'une oeuvre mais pourquoi faudrait-il tout comprendre et tout expliquer ?

C'est d'abord dans la joie, la liberté et le plaisir qu'elles doivent être pressenties et découvertes. Elles seront après, parfois bien après, relativisées en fonction d'une grammaire propre, d'une école, d'une tradition, d'un style jamais immuable par définition.

A partir de ces éléments, variables et propres à chaque créateur, la règle esthétique ne peut être qu'individuelle et correspondre à notre propre sensibilité ou évolution artistique. La sculpture s'offre à notre corps en tant que corps redoublé dont nous pouvons faire le tour, passant illusoirement derrière le miroir... Notre imaginaire découpe alors le bloc de pierre brute pour sculpter et modeler à nouveau chaque forme. Chaque fragment ôté est un coup porté à nos vulgaires préjugés pour détacher de la pierre brute, l'émotion et la beauté contenues dans l'oeuvre.

 

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Éloquence 2/3

Publié le par modimodi

L'éloquence suppose au moins une élocution, des sons, une voix, des réponses orales formulées dans des paroles audibles ! Mais l'écriture sur blog, vigoureuse, enflammée, convaincante que j'offre à votre lecture n'est pas entendue de vous ! Sur vos écrans d'ordinateur ou de tablette, vous ne pouvez ouïr mon bel enthousiasme. Je ne perçois rien en retour, ni votre souffle ni votre impatience.

Si un cœur qui soupire n'a pas ce qu'il désire, que voulez-vous de moi ? Devrais-je contre ma volonté, rendre à mon tour, mon tout dernier soupir sans l'avoir su, un jour ? Mon âme s'envolera-t-elle tandis que mes écrits resteront lettre morte ?... Je n'avais qu'une parole, l'aurais-je tenue pour rien ?

Je ne serai jamais traité d'éloquent. Il manque le ton de ma voix et ses envolées lyriques, exaltées. Il manque les nuances des émotions et des sentiments ! Il manque l'expression des intonations, les rythmes et le phrasé, les gestes et l'échange de vos regards ! Je ne peux pas vous faire vibrer !

Je ne peux vous toucher que par mon expression écrite. Je peux être significatif par une sémantique ciselée et l'association généreuse des sens mais pas par l'art oratoire. Vous ne pourrez me reprocher ma prononciation, mon accent voire mes travers d'articulation. Il manquera toujours le souffle qui témoigne de l'inspiration !

Alors, je peux être verbeux mais pas loquace ! Je ne serai jamais un homme de paroles ! Vous ne pouvez me répondre à votre tour que par l'écrit chétif de vos commentaires ! Oh ! Gare aux couacs ! Un mot de travers et je prends illico, "un pan sur le bec" verseur de mon encrier, de la part de mes petits canards likés ! Une claque pour un clic !

L'âne, que je suis, a beau braire pour avoir du son, le virtuel ne nous permet pas de nous entendre. Je ne pourrais devenir éloquent qu'à travers vous, en me dédoublant... Il m'arrive ainsi de vous imaginer en train de déclamer un de mes poèmes, (une fois n'est pas coutume) que vous auriez apprécié. Alléluia ! Avec votre emphase nous voici, enfin en phase ! Vous me rendriez éloquent et peut-être même grandiloquent !

Quand on n'est pas Verlaine, est-ce cela "l'art poétique" ?... Consisterait-il dans la rhétorique, c'est-à-dire dans l'art de faire couler les mots d'une plume quasi diarrhéique, pour faire déborder de lyrisme, l'émotion des lecteurs ? Mais cet art oratoire ne suppose-t-il pas un minimum de capacité aratoire chez un lecteur, au moins cultivé !

Moi, j'ai le plus souvent le verbiage à la place du verbe ! Mon style empâté et boursouflé vous prouve simplement que le verbe s'est fait chair et que le mot écrit ou parlé défend avec passion bien chèrement sa peau! Paroles! Paroles ! Je suis sûrement trop elliptique pour vous ! Vous êtes sans doute, motus et bouche cousue d'or de votre silence !

D'ailleurs, si j'avais la possibilité de vous parler et d'être entendu, ne parlerais-je pas à un sourd et à une muette ? Je parie que je pourrais même parler à votre nez et à votre barbe, puisque vous m'y riez déjà ! Je pourrais parler d'abondance puisque vous me faites les cornes! Je finirais alors par croire que ma muse est une corne-muse !

 

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Éloquence 1/3

Publié le par modimodi

Il est des phraseurs et des beaux parleurs qui ont aussitôt les mots pour le dire, pour ne rien dire souvent. Ceux-là sont dits éloquents, comme moi, peut-être !

Oui ! Je n'ai de cesse, gonflé d'espoir et d'illusions, de vous parler et vous écrire ! Je discours pour de virtuels lecteurs ou auditeurs, des muets le plus souvent, dont le silence est lui-même éloquent !

Ah ! Mais quelle bouteille à l'encre asséchée pour ma plume assoiffée de mots. Je suis le disert qui soliloque dans le désert pour les cailloux et les chameaux. A force, je déblatère et déblatère encore ! J'ai la harangue sur le bout de la langue généreusement tirée !

Je nomadise dans les dunes des réseaux sociaux. Au milieu des mirages, j'emprunte d'un pas lent de caravanier, les voies tracées pour les méharistes aux songes sableux ! J'irrigue même ici et là, dans l'espoir de créer une oasis mais le sol est ingrat. Il ne convient souvent qu'aux espèces acclimatées aux zones arides et incultes.

Je suis une espèce désolée et adaptée, réservée aux esprits stériles. Je m'enroche pour m'accrocher à l'ingratitude d'un sol pauvre et mince qui ne convient qu'aux terre-à-terre. Et si je chauffe à blanc, je prends de suite un refroidissement.

Ô vous les anonymes, indifférents, taiseux, je suis votre victime ! Mon enthousiasme subit vos variations de température et d'humeur qui éclatent et fragmentent toutes mes résolutions, pourtant dures comme la pierre. Je suis au bagne ! Un seul grain de sable suffit d'ordinaire à me gripper. Et là, des milliers de cailloux comme autant de scrupules sautant de vos chaussures, jonchent désormais le sol désertique de ma faconde inculte.

Je caquette pour rien, pour des scorpions assoupis au milieu des cactus désolés ! Quelques lézards et d'agiles vipères à corne s'insinuent au hasard d'un buisson de commentaires épineux, des araignées cherchent à tisser leurs idées, des gerboises songeuses et rongeuses de pensées recherchent quelques hypothétiques oiseaux nocturnes !

Rien ! Pas un souffle ! A peine le murmure soyeux d'une coulée de sable ! Mon style rocailleux a peut-être égratigné la moindre de vos idées. J'hésite moi-même entre l'erg et le reg ! A l'oued rien de nouveau ! J'attends comme un yucca la succulence d'une observation mais le moindre agave fait de la rétention comme un chameau cagneux !

Du fond de mon isolement, j'entends la plainte du poète : "Un seul être vous manque et tout est dépeuplé."... Nulle âme qui vive ! Mes paroles s'envolent dans les murmures du simoun. Mon inspiration s'y érode. J'espère inlassablement que le sirocco les poussera jusqu'à vous mais je ne suis qu'un tourbillon qui s'élève dans le vent des tempêtes ! Au matin, chaque peine en mon cœur se dépose lentement, en rosée de silence sur vos roses de sable.

Devrais-je traverser la vallée de la mort de la fantaisie dans le dessèchement de votre indifférence ? Comment vous mettre l'eau à la bouche? En quel vide, vous êtes-vous condensés ou évaporés ? Si seulement, il pleuvait des reproches !... Je peux seulement rêver sous des cascades d'illusions!

La déception assèche mes plaisirs. Quelques rencontres de hasard ne parviennent pas à les tempérer. Comment voulez-vous être éloquent, quand seul le silence vous répond en écho ?... Sur l'écran de ma tablette, je vois bien que vous restez sans voix ! Votre statut d'internaute voudrait m'imposer sa loi ! Mais je n'entends rien aux sms, aux +1 et aux emoticons ! Je reste sur ma faim, tout assoiffé car je ne peux même pas boire vos paroles. Je ne peux que déchiffrer des signes vides.

Je ne goûte pas l'indigence de votre expression, votre prosaïsme est dérisoire. Je vais, je le crains, rester longtemps déshydraté. Je ne sais pas m'adonner frénétiquement à l'insignifiance et comme vous, béguer mes mots en style abrégé, dans des goutte-à-goutte de pensées troubles et agitées. Comment s'y abreuver ou s'en désaltérer ?

Je n'ai pas choisi la traversée du désert de votre platitude sèche et stérile. Pourquoi voudriez-vous que je m'y retire pour méditer en silence, si je ne peux parler à vos consciences ?...

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Plaisirs de vacances

Publié le par modimodi

Juillet et août, des mois d'été à l'unique mot magique : Vacances ! Enfin du temps retrouvé ! Enfin du temps à soi et pour soi ! Enfin du temps libéré pour le repos et les plaisirs !

Le corps a brisé les chaînes des contraintes quotidiennes. L'esprit lui-même est indépendant des normes du métier. Chacun peut prendre des libertés avec les horaires de lever et de coucher. On peut même redécouvrir la petite sieste coquine, se délasser et s'enlacer.

Les vacances permettent de faire le vide des tracas familiers et des soucis professionnels ! La parenthèse doit être enchantée ! La vie n'a plus que les contraintes que l'on se donne. Pour éviter la vacuité et employer intelligemment son temps, quelques projets surgissent. Que voulez-vous la nature a horreur du vide et la vôtre refuse de confondre vacant avec vacancier !

Amis, vous ne sauriez être inoccupés ! Vous êtes disponibles pour l'aventure et le dépassement de vous-mêmes. Balades à pied ou randos en montagne, vtt, sports de l'extrême, seules les montagnes vous dépassent ! Fini le sale boulot, plus de pain sur la planche, rien à battre que vos deux mains plongeantes et vos grands pieds palmés ! Plus de plan de carrière, que des cartes IGN. Vos collègues ne font plus de vagues, la mer s'en charge ! Vous nagez dans le bonheur ! Huilé sur les deux faces, vous pouvez rissoler, griller, flamber et vous abandonner au farniente solaire !

L'été vous donne des couleurs à prendre ! Au camping, Marcel et sa smala s'est mis au vert ! Sous la tente, c'est la détente en toute entente et sous l'auvent, c'est le p'tit blanc. Au bar du club, entre potes, on prend du jaune gentiane ou du rosé, gouleyant et toujours bien frais. Ici comme ailleurs, on peut en boire et en voir de toutes les couleurs, pour tous les goûts et toutes les oreilles. Y'a du cru, du vif, du criard, de l'éclatant, du cramoisi, du mort doré ! Oui ! A l'heure de l'apéro, sur les terrasses des mobil-homes, les cigales se taisent pour écouter les exploits des vrais héros versicolores, des beaux athlètes en tongs, casquettes et maillots fluo ! Un midi chez Jeannot, un soir chez Paulo, barbecue et pétanque, les vacances, c'est la planque ! C'est tous les jours dimanche !

Ceux qui sont restés chez eux par choix ou obligations s'adonnent aussi à leurs loisirs. Mes amis, pour vos enfants, si le temps est pluvieux, rien ne vaut une bonne course d'escargots ou quelques jeux de société. Ces moments sont privilégiés, prenez le temps de les apprécier et de vous faire apprécier ! Parents, prenez le temps le plus précieux, celui de vous occuper d'eux ! ... Il me souvient parfois de ma prime jeunesse et de ces instants de tendresse familiale, petits bonheurs suspendus au ailes des oiseaux laissant leurs sillages dans le ciel bleu pervenche !

Vive la vie et l'humeur du temps ! En cas de vent, du cerf-volant ! En cas de soleil, un pique-nique à l'étang ou au parc ! Enfin, la voilà votre belle nuit pour compter les étoiles et raconter des histoires qui font peur ! La nature offre le plus grand des terrains de jeux pour les cabanes dans les arbres et pour l'observation des plantes et des oiseaux.

Toutes les activités sportives sont accessibles, partagez avec eux ces vrais moments où on ne peut pas tricher avec son corps ! Affichez vos forces et vos faiblesses, rendez égalitaires vos différences. Vos champions vont pouvoir se dépenser et faire de nouvelles rencontres. A cet âge-là, on se fait vite des amis ! Le cœur n'oublie pas comme autant d'exploits, ses premiers émois ! Les amours d'enfance ne connaissent pas de trêve estivale !

Votre région offre des particularités, fêtes, traditions, marchés locaux où s'imprègnent l'histoire et les souvenirs authentiques de chacun. Emmenez-les en voyage et en excursion, à la découverte du terroir ! Commentez vos visites après vous être, si nécessaire, documentés. Montrez-leur que vous aimez votre patrimoine. Que vous y êtes vous-mêmes greffés ! Vous leur offrez sans le savoir leurs petites madeleines de Proust !

Rapprochez-vous ! Même le silence est votre complice ! Pour des moments privilégiés, avec papa, la pêche, c'est extra, avec maman, tarte ou crêpes et chamallows grillés... une fois, la truite dégustée !

Pratiquez les jeux de cache-cache, un peu partout et réservez de merveilleux petits temps d'éclats de vie, de rires et de voix pour les devinettes et les mimes en famille ! Oh ! La magie du cinéma, l'excitation ou les enchantements du concert en plein air ! N'oubliez pas les musées, les expos, la visite des monuments. Vos jeunes adorent l'imaginaire et les châteaux ! Ah! les belles soirées sans télé entre amis et entre soi ! Regardez ensemble les albums photos, racontez des contes, déclamez des comptines et des poésies, lisez à voix haute ! Donnez l'envie de lire et d'écrire même de simples cartes postales !

Favorisez la création, sollicitez l'imagination : coloriage, colliers, bracelets de tout avec trois fois rien, dessins, tableaux, pâte à sel, maquettes, ateliers créatifs... Même le cahier de devoirs de vacances n'est pas une punition, si vous accompagnez sereinement voire ludiquement les révisions !

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