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Articles avec #ecrivain d’ecrits vains tag

Nos mots

Publié le par modimodi

Chaque jour, nous nous étonnons que de nos doigts courant sur le clavier naissent des contes ou des récits, des pensées ou des poésies.

Les mots de notre vocabulaire, ceux qui sommeillent dans les dictionnaires, ceux qui viennent à notre rencontre sont un trésor inépuisable pour écrire, parler, imager nos émotions tissées de l'alphabet du cœur, aux lettres enluminées.

Comme V. Hugo, le révolutionnaire de la langue française, nous pouvons mettre un bonnet rouge au dictionnaire. Nous sommes riches de lettres et de sons gravés et sculptés dans notre mémoire du cœur, aériens et azurés pour l'envol de nos rêves.

Les mots sont à la fois, les témoins du réel des choses et des êtres et à la fois, les veilleurs de notre inconscient. Ils nous permettent de nommer, décrire et énoncer comme de nous connecter à ceux qui les lisent ou les entendent. Le style doit être soigné pour décrire en phrases ciselées tout autant l'insignifiant que l'important.

Les mots comme des papillons s'envolent de la page ou comme des fleurs éclosent sur les bouches. C'est alors qu'en vibrant, ils nous échappent déjà et se réinventent dans une polyphonie de sonorités musicales et d'images multicolores.

Il est impossible de mesurer leur intime effet. En eux comme en nous, sur le terreau de notre culture, ils germent, ouvrent leurs bourgeons et nous irriguent de sève séminale. Mots rouge cerise suspendus à l'arbre de la Liberté ! Oui ! "Les fruits passeront la promesse des fleurs."... Pour vivre et pour aimer !

Dans les surprenants mystères de nos destins individuels, ils nous construisent et nous élèvent au sommet de la cathédrale lexicale, dans une mosaïque chatoyante de termes et de couleurs. Ils se propagent en ondes concentriques dans le labyrinthe des expressions, au centre de la nef linguistique. Ils sont motifs sur des lambeaux de fresques aux notions tombées en désuétude. En les découvrant, notre esprit et notre imagination chamarrent au cœur de la rosace des significations et des métaphores.

Nous nous réinventons. Nous sommes une partie de chaque écrivain et de chaque poète qui nous ont nourris de leurs écrits et que nous exhumons dans la lumière et la poussière du temps. C'est un peu de leur sang qui coule dans nos veines. Chacun par son talent unique balise le chemin de nos vies, célèbre des instants intimes, exprime nos interrogations existentielles et les transfigure dans le surréalisme de nos songes et de nos désirs.

Leur voie intérieure croise la nôtre. Ils sont des référents qui valident nos doutes, nos peurs, nos joies, nos peines et nos amours. Leur legs est collectif. Dans la verte prairie de la littérature, ils nous prennent parfois la main pour danser avec eux la ronde des vocables, la pavane du langage. Dans cette apparente légèreté, ils nous émeuvent et nous mettent face à nous-même.

Ainsi, les mots fouillent notre chair et notre mémoire et nous font rencontrer les autres, nos semblables, qui avec des mots identiques expriment et ressentent des sensations différentes. Quelle que soit notre langue, personne ne peut prétendre avoir le monopole du sens premier, de ses origines étymologiques, de sa richesse d'interprétations.

Nous nous promenons dans les œuvres avec des colliers de mots accrochés à notre cou. Chacun reçoit et interprète leurs parfums et leurs couleurs comme il l'entend et en perçoit l'écho en lui. Les mots sont là comme chez Eluard pour "Donner à voir". Ainsi, le simple terme de pluie peut évoquer les différentes sortes d'ondées déjà subies mais le poète saura seul, faire sentir l'odeur de la pluie et écouter son chant. Le souffle des mots fait entendre leur respiration à travers les éclats des voix écrite, parlée ou déclamée.

Nul besoin d'être obscur, savant, alambiqué. Francis Ponge embellit nos existences en évoquant les objets les plus usuels de notre quotidien avec les mots les plus simples. Quelques effets poétiques peuvent encore être obtenus par la maladresse feinte. Ainsi la répétition ou l'allitération des consonnes et des sons, des voyelles et des rimes embellissent les mots.

Comme dans la caverne de Platon, le cerveau et le cœur appréhendent la réalité à travers le prisme des ombres et des lueurs mouvantes projetées sur les parois de la sensibilité et de l'imaginaire. Au kaléidoscope des émois, les mots ont une polysémie étourdissante de signifiants et de signifiés. Eluard peut écrire : "Tu es le grand soleil qui me monte à la tête."

En cherchant le mot juste, nous appréhendons l’éphémère et la fugacité du temps et de la beauté. "L'étreinte poétique comme l'étreinte de chair, tant qu'elle dure, défend toute échappée sur la misère du monde", disait André Breton. Si les mots ne sont pas éternels, ils ont le privilège de nous faire toucher l'éternité de mille grâces légères.

Pour nos vies, la prose en dévoilant ses charmes s'habille de poésie. Les instants et les impressions se superposent sans s'effacer. Le même mot en faisant sens en nous a l'étrange pouvoir de l'évocation et du frémissement retrouvé. "Nevermore" pour un "oui" murmuré ou "Harmonie du soir" pour "la fleur vibrant sur la tige" d'un seul mot ! Sa nudité nous rend unique.

Nous pourrions à l'infini écrire sur le pouvoir invisible des mots, déjà au moins aimons-les. La sagesse de l'écrivain, c'est de se souvenir des leçons de mots appris dans l'enfance et de se réjouir de la leçon quotidienne d'écriture que lui offrent les mots. Comme chez Rimbaud, l'écrivain peut poétiquement "être et se faire voyant" pour provoquer en l'autre "un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens."

Il lui revient de célébrer les noces blanches et lilas de l'exactitude et de l'émotion, du profane et du sacré. Il doit ouvrir le regard vers l'ailleurs, au plus loin de lui-même et transporter vers l'au-delà de l'être. Il doit donner à penser et à goûter, il doit libérer et ne pas enfermer. Oui ! "Je est un autre." Il doit faire percevoir la grâce infinie des mots et leur symphonie stellaire. Il doit reconnaître le don que l'autre lui accorde en le faisant magicien. Il doit lever la tête vers le ciel et lancer ses mots au sein des étoiles.

 

 

 

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Bafouillis

Publié le par modimodi

Ô lecteur, doux amant des belles Lettres et de ta Muse ! Mon ami, mon semblable !

Tu as pris Églantine pour Rose d’Ispahan !... Tu crois que c'est l'amour, ce n'est qu'une amourette !

Ô toi, bel amoureux, tu te tiens devant elle ! Tu rosis, tu balbuties et tu bafouilles ! Ton cœur n'est pourtant pris que dans les ronces de l'églantier et déjà tes élans et tes premiers murmures portent des éraflures ! Comment seras-tu, petit Ronsard, quand tu te piqueras au rosier du grand amour et qu'il t'écorchera tout vif ?

Moi aussi, vois-tu, je me pique d'aimer la vie, la beauté et les arts ! Mais je confonds parfois arts avec artifices, artiste avec artificier ! Je vénère la littérature et j'adore les mots, comme on aime la beauté des femmes, des Muses et des Vénus ! Mais avec eux et avec elles, je suis un éternel apprenti ! Piètre écrivain et mauvais artilleur ! Oh ! je sais enflammer, mettre le feu aux poudres. Je sais, quand il le faut, être tout feu tout flamme mais je ne fais pas assez long feu. Je lance des idées qui s'élèvent et scintillent mais retombent aussitôt. Et quand j'offre un bouquet, c'est un bouquet final.

Mes mots crépitent sous ma plume qui bégaye, mes pensées fusent en étincelles bredouillantes ! Je déclare ma flamme en jaillissements de mon cœur embrasé ! Mes yeux pétillent, mon souffle littéraire attise les jets ardents de ma prose flamboyante ! Mais d'émois et de maladresses, je ne sais gribouiller que de tendres bafouilles.

Mon éloquence est comme un tableau pointilliste, criblé de paroles serrées et précipitées. Mes déclarations d'amour, toutes en points d'exclamation n’entraînent qu'interrogations et n'aboutissent qu'en points de suspension !

Mais comme une œuvre de Signac, de Seurat ou de Pissarro, j'impressionne par petites touches, la page blanche et la toile écrue de mon récit. Je fragmente et j'unis les sons. Je fonds les syllabes pour composer et nuer les mots. Il suffit alors de prendre du recul pour en apprécier la forme, l'expression, les lignes et les couleurs ! C'est l’œil du cœur qui accommode, c'est l'oreille du cœur qui me rend intelligible aux yeux du lecteur.

Pour un peu, je ferais de mes bafouillages, un art suprême du barbouillage ! Pour un peu, je me piquerais d'élever mes "méli-mélos dits" à la hauteur d'un art mosaïque. Je n'ai pas besoin d'être à la dernière mode, j'étais déjà beauté décorative dans l'Antiquité, à Capoue ou à Byzance ! Je suis intemporel ! Je fais plus qu'appartenir au décor, je suis dans l'Art déco. J'ai le modernisme de l'alphabet plastique de Vasarely et je bats encore, dans ce sud que j'aime, le pavé de la Villa Kérylos ! Mes mots et mes phrases, mes textes et mes pensées ont le vol en zigzag des hirondelles de mer !

Je courtise ma muse, ma gente dame Inspiration mais faute d'être toujours adroit, je suis gauche parfois ! Le gentil trouvère se décompose alors dans un grouillis de vers désordonnés. Oui, je suis emprunté comme un amoureux à son premier rendez-vous, aux premiers émois d'un baiser de la langue d'oc ou d'oïl !  Je desserre à peine les lèvres ! Je ne veux pas que nos langues se délient. Je reste court ! Je ne sais plus souffler mot. Je marmonne, j'articule à peine, j'annone, je zézaye et zozote ! Dans un spasme, je me pâme !

Ma plume elle-même imagine d'impossibles amours épistolaires avec une lectrice, à la page. Devant une belle inconnue, elle ose à peine tremper ses lèvres dans l'eau de son regard ! Elle rougit et sa graphie se trouble. Elle bat de l'aile, elle barbote et s'ébroue dans l'encrier. Elle blablate et débite un mot sur deux qu'elle estropie ! Ma Muse n'aime pas mon cheveu sur la langue ! 

C'est après tout, sans importance au fond, pour moi, puisque je multiplie les duplicata de couacs dans la mare aux vilains canards boiteux ! Mais peut-être, est-ce important pour vous, lecteurs de hasard, si en tombant sur mon bec claquant ses bredouillis, vous vous retrouvez alors, à votre tour, marmonnant et bredouilles d'intérêt littéraire !

Qu'importe d'ailleurs, la linguistique ou l'élocution, le style ou la rhétorique ! Ne me jugez pas embrouillé, hermétique ou confus, je suis volontairement filandreux pour que vous puissiez vous accrocher à la trame du récit et que vous n'en perdiez pas trop vite le fil ! Je babille parfois comme un enfant de la balle d'un coton à broder !

Quand mes sons, appelés mots grasseyent et se répètent dans le fond de ma gorge, ne me croyez pas pour autant polyglotte ! Je soliloque et je radote alors, car je suis plus un bafouilleur littéral, un trifouilleur littéraire, un littérateur raté et un cafouilleur à embrouilles qu'un fouilleur de pensées lexicales !

Oui, j'ai le ton saccadé, je parle et j'écris haché-menu ! Ah ! J'ai beau avoir à jamais l'amour des belles lettres ou des belles personnes, au moment d'aimer ou de les enlacer, je suis un pataud, écrivain du pathos. Ma pâte à papier est une pâte à platées plâtreuses. Je suis un piteux empoté pour des lecteurs épatés ou dépités par mes épais pâteux pâtés !

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Entre les gouttes

Publié le par modimodi

Lecteur assidu ou de passage, ne me cherchez plus ! Je suis là ! Je suis dans mes nuages. J'y joue au professeur Nimbus.

Sachez que l'écrivaillon ne craint jamais l'eau ! Il se croit capable de faire la pluie et le beau temps ! D'ailleurs, quand la pensée rouille d'humidité, qu'alors l'idée bégaye, que le mot juste ânonne, que la solution ne coule pas de source, il n'hésite pas un seul instant, il se jette à l'eau, disons plutôt, à l'encre.

Hélas ! Trois fois hélas ! Comme je n'ai moi-même inventé, ni l'eau chaude, ni l'eau tiède, ni l'encre sympathique, souvent je n'y vois goutte. Je reste les yeux dans le vague, mi terrestre, mi céleste, pénétré jusqu'au tréfonds d'une idée fixe. Je m'abrutis à répéter que ce n'est quand même pas la dernière goutte de ma veine asséchée qui fera déborder le vague de mon âme, en manque d'inspiration !

Hors de question de me noyer dans une goutte d'eau et de donner raison à cette expression dépassée : "La goutte qui fait déborder le vase !" déjà plein de mes mots… D'ailleurs, à moins d'être pris pour une cruche, l'affirmation apparaît bien trop évasive pour me faire perdre contenance.

Au contraire ! Je remue l'eau dormante de mes pensées, j'en filtre les impuretés afin de couler des phrases claires comme de l'eau de roche. Qu'elle soit un filet d'eau ou un torrent de mots, j'évite soigneusement de me répandre. Je prends soin à ne pas m'épancher pour ne noyer personne sous un déluge d'idées éparpillées.

Comme certains sont parfois imperméables, je ne cherche pas à pénétrer leur esprit par quelques averses de propos ou un déluge de textes. Je préfère glisser doucement en eux, voilà pourquoi, je garde toujours pour chacun, une goutte d'huile essentielle, une perle de bon sens et de culture…

Mais comme je n'y vois pas toujours clairement goutte, le souffle a tendance à s'envoler et quand le talent s'évente, je sèche au fond de l'écritoire. Mon inspiration crève comme un nuage mais pas la moindre gouttelette.

A ce moment -à, j'apprécie vos larmes qui ruissellent de rire ou de désespoir tandis que je me dissipe dans la brume de ma pensée et la bruine de mes idées. Car, c'est alors que je peux me disperser avec vous, chers lecteurs, passagers de la pluie, dans la fine pluie de vos petits reproches ! C'est l'eau tiède du printemps qui arrose mes fleurs de rhétorique. J'écris pour les oiseaux qui s'abritent sous mes feuilles.

Par chance, l'eau des soucis stylistiques glisse sur moi comme sur les plumes du canard. Mieux encore, comme un poisson dans l'eau, je tourne calmement et silencieusement en rond dans mon petit bocal, répétant avec force bulles, la métaphore aquatique, dans l'espoir insensé de vous rendre bouche bée… J'ai tout mon temps… L'aquarium ne risque pas de déborder pour une petite queue de poisson dans ma vie littéraire !

Je ne vais pas non plus, par dépit, crier : "La coupe est pleine !" Je prends d'ailleurs grand soin de m'en éloigner. La coupe de fiel peut devenir un fatal bouillon d'onze heures si la goutte est de poison. Ainsi, Socrate qui ne philosophait pas au compte-goutte, y a laissé son âme, goutte-à-goutte, jusqu'à la dernière de l'élixir de vie !

Pour autant, n'allez pas croire, que je vive à l'épargne, en rétention de cette belle eau jaillissante de l'esprit et du cœur !... Non ! Je vous offre toutes mes libations d'une eau-de-vie, distillée dans l'alambic du bonheur. D'ailleurs, une petite goutte d'excès, si elle est d'optimisme ne fera pas déborder le vase du bon sens. De même, la goutte d'eau bénite tombée du Haut des Cieux ne va pas noyer la grenouille du bénitier de "la Cathédrale" de Huysmans ni mouiller la poule d'eau du "Lac" de Lamartine ! 

Sans tout laisser filer à vau-l'eau, je suis plutôt comme la couleur du temps, "à la coule", afin de suivre allègrement le fil de l'existence. Vous pouvez donc, sans crainte boire à la rosée des jours perlant de mes feuilles quotidiennes et passer confiants entre leurs gouttes de pluie, loin de vos ennuis crachins ou averses d'orages. Le souffle emportant la brise de mes mots séchera vos larmes, je vous ferai venir l'eau à la bouche.

Au fil de mes pages, venez vous désaltérer à mon eau vive, à mon eau courante. Dégustez jusqu'à la dernière goutte, ma belle eau de jouvence. Vous ne tarderez pas à constater que vos petits tracas ne sont plus que des gouttes d'eau dans l'océan de ma tranquillité littéraire.

 

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Lettre à ma muse ! Mon truc en plumes. 4/4

Publié le par modimodi

 

Ô ! Belle Muse de mes vingt ans ! J'ai fait ce rêve fou, gastronomique et littéraire de t'offrir un canard au 100 !

Nos vingt ans sont bien loin ! Depuis cent sept ans et plus, j'ai avec toi franchi les portes de l'Olympe ! J'ai pris les sandales ailées du vent mais regarde ! J'ai redescendu mes petits pieds sur terre pour t'offrir mes premiers cents pas.

J'ai aujourd'hui couru à la rédaction où nous avons tant travaillé et j'ai soufflé la poussière accumulée sur les tablettes du ciel. Je viens de graver pour toi des voyelles d'azur.

Vois ! J'ai parcouru cent et mille lieues célestes et plus. Je suis aux cent coups du lever de rideau de l'aurore. Tout est à feu, tout est à sang pour ce centenaire incandes-cent. Tout est cent dessus-dessous bien que dé-cent pour ce bel amour renaissant entre le temps des cents et le temps des milles.

En un mot comme en cent, joyeux anniversaire, en un mot commençant, merveilleux centenaire, somptueux millénaire ! C'est le père-cent pour la revue, c'est la quille avec ses boules et le flambeau éblouit cent.

Comme un journaleux phosphores-cent, j'ai le stylo efferves-cent. Mes mots se dressent turgescents pour ton visage rosissant. Verbe et ac-cent, nom et adjectif adja-cents se déploient arbores-cents.

Mais tu le sens. Entre les griffes de la pensée et la dent de l'imaginaire, l'idée première, Eva naissant, est sur feuille de chou déhis-cent. L'encre éjaculée se répand en flots, puisse cent ! En effet, je suis à toi à cent pour cent et sans être concupis-cent, un sujet, un plan, un projet conçu piquant et puis cent sont sur parchemin chic ou papier in au cent.

Ce qu'on pressent, ce qu'on consent, les présents et les absents, tout scribouillard précédent, enfant adulte, adoles-cent espacés et espaçant, nuançant ou décontenançant, propos écrits rubes-cents, resurgissent efflores-cents dans ce bondissant numéro 100. Et les voilà, tous à toi, tous pour toi à dix, à vingt, à mille pour cent !

Chavirant dans l'exubérance, méconnaissant grammaire et règles, la syntaxe comme l'orthographe prennent des versants renversants. Tout est sens et tout est 100 et sensation, à cent à l'heure !

Le propos désobéi-100 s'échappe de la page en dan-100. L'écrivassier faibli-100, le rédacteur molli-100, tout va brui-100 et grandi-100. Les caractères envahi-100 se font la casse buissonnière. Le claviste s'aga-100, dans la marge se fait cares-100. Le plein jaillit du délié devant le photo-compo impui-100 et le linotypiste grima-100. Les lettres s'élèvent, parfum d'en-100.

Numéro 100 resplendissant, numéro 100 - oh ! Tout puisse 100 ! Oui ! Pour toi, c'en est jamais trop ! Alors je t'offre ces 1000-pertuis pour nos 1000-feuilles et 1000 folies ! Oui ! 1000 fois mercis et 1000 grâces pour encore 100 ans, pour encore 1000 ans et plus ! Ô belle muse, Shéhérazade de mes mille et une nuits !

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Mon truc en plumes ! Lettre à ma muse 3/4

Publié le par modimodi

 

Ô Muse, belle Muse,

Avec toi, je veux encore et toujours avoir 20 ans de panache et de plume pour pondre des poulets parfois bien ampoulés. 20 ans de plume de geai, de premier jet. Vains temps de plumes de corbeau à feindre l'anonymat. Vingt ans de blancs de justification et de lignes pleines, vingt ans d'ornements ondulés, tremblés et azurés.

20 ans d'oiseau rare pour passer dans l'entrefilet. 20 ans de : Bon à tirer ! Pan sur le bec ou coup dans l'aile ! 20 ans de plumes acier à travailler et prendre de la penne. 20 ans de porte-plumes, empesées de corrections ! Il me faut avec toi sans cesse retoucher pour t'effleurer et te toucher.

L’œuvre d'amour n'est jamais achevée. Je ne regrette pas ces vingt temps où nous filions le parfait amour avec les mots, au rouet du Français que certains aujourd'hui voudraient privilégier et sauvegarder en l'appelant made in France. Un comble !

Quand bien même, c'est coton de ne pas trouer à n'en plus finir, comme l'a fait Pénélope, la trame du récit, je totalise déjà vingt ans de canevas et de vie à tes crochets. Vingt temps à broder et à filer la métaphore, sans le faire à l'anglaise, malgré tous les nœuds et les spams que j'ai appelés pourriels.

20 ans de vague à l'âme, à garder la côte en évitant les écueils. 20 ans pathétiques de naufrage évité dans le récit fleuve de tant de fadaises. 20 ans à verser dans la facilité en croyant versifier mes élégies amoureuses. Mais je faisais rimer, rimaille avec limailles, semailles avec pagaille, prémices avec abysses dans lesquelles je sombrais.

L'oiseau lyre n'était pas souvent lyrique. En fait de plumes, c'était souvent l'illusion féerique de la revue emplumée des Bluebell Girls et des Lido Boys ! Je pouvais bien te fredonner comme au temps de Zizi Jeanmaire : " Mon truc en plumes ! ", mes idées et mes rimes descendaient en se cassant le talon, l'escalier du succès.

Du vent et du ballet ! Notre histoire d'amour littéraire ne méritait pas une chorégraphie de music-hall aux plumes multicolores. Elle était plutôt un épique roman à épisodes romantiques, une idylle entre prose et poésie burlesque.

J'ai passé 20 ans à pester ma mauvaise foi ! 20 ans à jurer comme un charretier païen ! Vains temps d'idées tronquées, mais je ne pouvais pas toutes les traiter de cônes chaque fois qu'elles me laissaient en plan ou que l'imagination décidait de prendre la tangente ! Vingt temps à marner, à interroger les signes antédiluviens de mes pensées archaïques, à chercher des points de vue crétins du crétacé supérieur, de sacrées couches pour mes idées quelconques !

Ah ! Ces vains temps des motifs, des points de vue squelettiques, faméliques, plumés et déplumés. Vingt ans rasoirs de barbe et de barbules ! Vingt temps perdus pour des surcharges, des réflexions pesantes et encombrées.

Bien sûr, 20 ans sans panoplie de talents pour le sentier de la gloire ! Bien sûr, pas de place ni de chance pour un petit poids plumes s'il s'imagine, un jour, passer à la postérité du Parnasse !

Mais avec toi, mon immaculée conception, ma belle inspirée, mon génie créatif, j'ai 20 ans et plus de petits papiers et de billets doux car nous sommes vélin pour l'autre. Nous avons 20 ans de feux d'artifices de notre passion. Nous comptons 20 ans sur le bout de nos doigts à tenter de rester loin des ratés et des ratures de nos sentiments. 20 ans d'amitié entre le plumassier et ses lecteurs et 20 ans d'amour entre toi et moi, ton vaillant et persévérant plumitif.

Vingt temps inutiles à craindre les vains temps. 20 ans de plumes et de bonheur. Alors, si tu le veux, ma Muse, pour aujourd'hui et pour 100 ans, l'esprit et le génie peuvent encore être de la revue littéraire, en mille grâces légères comme nos plumes au vent !

 

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Mon truc en plumes ! Lettre à ma muse 2/4

Publié le par modimodi

 

Ô Muse, ma Muse, je fête nos 20 ans.

20 ans d'apprentissage, de classes et de grande classe, de tableaux noirs en tableaux d'honneur. 20 ans accumulés à te solliciter depuis mes premières petites rédactions jusqu'aux grandes dissertations. 20 ans, de l'âge des bêtises naïves et enfantines jusqu'aux douces folies à en perdre mes facultés.

20 ans bien occupés, de cours d'école en cour ardente auprès de toi pour que tu m'inspires davantage. Vains temps d'essais brouillons et de ratures ! Vains temps d'articles contractés et prosaïques, sans rime mais de raison. 20 ans d'accords et d'accolades, de subordination aux figures, aux corps, aux caractères. 20 ans d'amour des formes possessives et des conjonctions copulatives.

Vingt temps de verbe aimer au conditionnel du lecteur ! Vingt temps de concordance à ses attentes. Vains temps à tenter d'être plus que parfait. Oh ! Mais pour être édité, j'ai appris que les temps sont durs de la feuille ! Vains temps de manchettes et de crochets, de plomb et d'épreuve. Vingt temps de tirage, toujours à la presse. Allez rouler !

20 ans de calculs et de probabilités, de nouvelles sensationnelles prises pour des idées géniales. 20 ans d'hypothèses et d'opérations quatre à quatre, d'amours algébriquement scripturaires où l'autre est l'inconnu mais jamais l'étranger ! Vingt temps de soustraction à la facilité, d'efforts additionnés et multipliés pour trouver le dénominateur commun au thème et au style. Vains temps de quadrature du cercle fermé pendant lesquels, tu as souvent pris plaisir à me faire tourner en rond avec mes pauvres idées fixes.

20 ans de sujets sans objets directs, juste juxtaposés. 20 ans de verbes réfléchis ou actifs, d'accents toniques ou graves. Vains temps de mauvais ou bons caractères ! 20 ans de lettres coulées et moulées, d'écriture penchée au penchant affirmé pour nos correspondances. Vingt temps de pleins et de déliés pour des liaisons pleines de sens, de licences et d'harmonie. Oh oui ! J'ai rêvé bien des fois d'une calligraphe généreusement callipyge mais cette tête de linotte était linotypiste !

J'ai pris 20 ans pour en baver sur des sujets terre à terre du baveux. Vains temps d'imagination limace, de coquilles et de feuilles de chou ! 20 ans d'idées cornues et bis-cornues. 20 ans de cagouilles et d'idées qui tire-bouchonnent encore dans les circonvolutions de ma tête de limaçon.

Ô ma Muse, je n'en finis pas, encore aujourd'hui, d'espérer le souffle de ton inspiration pour mobiliser mes calamiteuses pensées, encalminées ! J'ai cru en la jeunesse créatrice de nos 20 ans. Nous avions l'âge des équipées sauvages, des prouesses et du succès. Nous avions la fraîcheur des quadrilles et la vigueur des cancans mais pas des chahuts et des couacs. Pourtant ma prose épileptique avait parfois le coin coin dansant d'un delirium tremens.

Il est vrai qu'en vingt ans, j'ai eu suffisamment le temps d'accumuler 20 ans de faits divers qui ont jeté un froid de canard. Je me souviens, tu m'avais alors déserté. Je te cherchais quand j'étais à sec et que mon calame gelait dans l'encrier, incapable de graver mes pensées, soit pâteuses, soit argileuses.

J'ai pris avec toi, vingt ans de coups de griffes sur mes papiers de verre, 20 ans de petits coups de poinçons à rayer des idées rouillées que je croyais neuves. 20 ans durant lesquels, j'ai abrasé mon expression. J'en ai poncé la forme pour obtenir une esthétique aux formes lisses. Je t'ai suivie et j'ai écouté N. Boileau : " Vingt fois sur le métier, remettez votre ouvrage : / Polissez-le sans cesse et le repolissez ; / Ajoutez quelquefois, et souvent effacer... "

Je l'ai fait consciencieusement, sans rechigner, pour ton plaisir, jusqu'à m'effacer à mon tour ! Et toi seule es restée en affirmant ton caractère. Oui ! Ma grande et belle Muse, j'ai 20 ans de ciel infini et je t'aime, mon petit ange à la plume céleste !

 

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Mon truc en plumes ! Lettre à ma muse 1/4

Publié le par modimodi

Ô muse, un jour, un éternel amoureux de la littérature t'a sans doute murmuré. Quand on aime, on a toujours 20 ans ! Moi je t'aime, tu le sais et j'ai toujours 20 ans ! Moi, je ne te le murmure pas. Je te le crie, je l'écris !

20 ans ! Ah le bel âge ! 20 ans ! La fleur de l'âge ! Ô toi, ma muse, mon idéal ! Ma rose de Ste Rita à l'épine rédemptrice, en pointe de ma plume ! Petite fleur de mon jardin des lettres, mon paradis embaumé de tant de divins plaisirs !

J'ai déposé pour toi, à chaque page, un florilège de cent bouquets de parfums fleuris. A ma boutonnière, voici des idées reines à effeuiller passionnément comme une marguerite ! Entre les dents, voilà des pensées sympathiques comme mon encre, modestes comme des violettes, en cascade vers toi comme des chèvrefeuilles.

J'ai depuis longtemps délaissé les soucis que l'on trouve en réclame. Je ne broute pas dans les feuilles de choux des amours à scandale. Je laisse aux autres le soin de ruminer au quotidien ce mouron et ces chiendents. Je les abandonne avec leurs belles de jour et de nuit dans l'espoir de boucler leur cycle. Amen !

Je les laisse en plan avec leurs vains temps d'amourettes qui s'abattent sur eux, en petites pluies d'illusions ! Comme ce doit être long, ces vains temps au pied de la lettre, ces 20 ans et plus à la casse, ces vains temps passés à faire bonne impression ! Ces vingt ans de composition et de grand labeur.

J'ai un fichu caractère et avec toi, 20 ans et plus d'écrits et d'éditions en tous genres ! 20 ans de variantes, de mémoires, d'anecdotes, d'articles, d'entretiens, d'annonces et de déclarations. 20 ans de revues, de publications, de rapports, d'exposés et de discours. 20 ans d'un amour toujours à l'approche et à cran ! 20 ans où je t'ai supplié : " Mets-moi dans tes petits papiers et fais-moi signe ! "

Merci ! Ô généreuse Muse ! Tu m'as entendu ! J'ai appris à déchiffrer et à tracer les hiéroglyphes de tes éclairs de génie sur les tablettes de mon esprit et de mes réflexions, mes belles Pierres de Rosette.

J'ai 20 ans d'écrits vains de la grande famille des écrivains, des journalistes, des calamars, des cracheurs d'encre ! Mais tu m'as fait confiance ! Tu le sais ! Pas de potins ni de menus fretins, au risque de me faire embrocher au bout de la ligne de trop !

Mais ô ma Muse, pour le plaisir de la langue, pour nos délices et nos fièvres d'écriture, nous avons aussi vingt ans de Belles-lettres aux mots d'amour, de dons de nous, éclos dans le langage des fleurs de rhétorique. 20 ans de fantaisies, de fous rires et de délires.

20 ans où tout se mêle et se confond, nos corps de lettres et nos cœurs battants. 20 ans d'élans l'un vers l'autre, bras ouverts. Vains temps parfois à se voler dans les plumes d'oie ou d'édredon ! 20 ans, l'âge où Cupidon, bonne pâte à papier fait flèche de tout bois d'un simple trait de plumes ! 20 ans d'efforts pour être à la page !

20 ans de battements, où moi, ton chroni-coeur, je me mets à ta mesure pour aller à l'amble. 20 ans, avec toi, sans commune mesure de bonheur et de plénitude. 20 ans de fleurs de la passion de rédiger, de transcrire et de récrire. 20 ans d’emblématiques mots d'amour écrits et parfumés à l'eau de rose ! 

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Le couteau

Publié le par modimodi

Nos ancêtres au temps du paléolithique, il y a plus de 25000 ans ont inventé le premier couteau. L'un d'entre eux à l'esprit affûté, s'est sans doute, en se coupant le doigt, rendu compte qu'une obsidienne ébréchée avait un côté plutôt mordant. Ensuite, les silex n'ont pas fait long feu pour s'éclater en mille morceaux ! L'ère des os de mammouths taillés, des pierres aiguisées aux vives arêtes ont eu vite fait de dépecer et de trancher la viande des animaux tués, comme de racler les peaux.

Outil du quotidien pour la cueillette ou arme blanche pour la chasse, les premiers hommes sont déjà à galets polis et à couteaux tirés ! L'utilitaire côtoie le défensif, le pacifiste comme le guerrier. Le dominateur veut tenir l'autre sous sa coupe. Le couteau est ainsi l'instrument bénéfique du coupe-faim et le poignard, celui du coupe-coupe, radical pour couper définitivement l'appétit ! De la mâche à la machette, nos prédécesseurs hachent menu et coupent la poire en deux ou plus radicalement le sifflet ! Mais inutile de couper court avec une bande de fiers à bras raccourcis !

Si je veux, à mon tour, trancher dans le sujet, je dois mettre en garde mes lecteurs affûtés sur ses emplois coupants et ses sens affilés... L'oie blanche doit se méfier de l'arme blanche de la voix et des belles paroles du bonimenteur, prédateur de basse cour ! Vous-mêmes, tenez-vous loin de votre voisin, surtout s'il a le visage en lame de couteau. De son double tranchant, il pourrait bien en jouer pour se faire une place au soleil ou vous planter dans le dos !

Depuis, de descendance en descendance, nous n'en finissons pas de couper dans tout ce qui se présente à nous ! La vie nous est donnée en bloc, le sort de chacun est un épais brouillard comme parfois mes textes, à percer, à couper au couteau ! Bien malin celui qui peut fendre son rocher de Sisyphe quand certains ne parviennent même pas à trancher leur cordon ombilical !

Tout le monde ne peut être au premier plan, il y a des seconds et des troisièmes couteaux qui font pis que pendre et ne sont que des manches ! Il y a des porte-flingue qui ne savent pas tirer, même les lapins.

Bien sûr! Il faut de tout pour faire un monde: des désosseurs qui vous tombent sur le râble et qui vous surinent ou bien des économes qui épluchent finement quelques grosses légumes. Vous avez malheureusement le choix de vous faire étriper, écharper, émincer, hacher par quelques tranchelards. Dans tous les cas, évitez alors d'être à couteaux tirés !

Moi, je n'aime pas les amateurs à court d'idées qui font du cinéma. Ils ne savent ni tourner court ni couper court à la facilité ! Car l'existence est une suite de plans séquences avec plus ou moins de relief et plus ou moins de coupures et de coupes sombres !

Le grand cinéaste du septième art de la Vie Éternelle, dans son studio au septième ciel se prend sûrement pour un dieu. Avec sa caméra super trois huit, il offre chaque jour, à tous les fondus et enchaînés que nous sommes, un long ou un court métrage de labeur ou d'existence. Personne ne le censure, ni ne lui coupe sa parole, elle est dite d’Évangile ! Et qui plus est, il est dit ineffable !

D'ailleurs, il n'est pas bienveillant ni miséricordieux, il est cruel et sans pitié. Le Caravage nous l'a illustré, quand il exige le sacrifice d'Isaac sous le couteau d'Abraham. De plus, pour achever le tableau, nous savons qu'il viendra aussi nous couper le souffle afin de couper court à notre tragique destin. D'ailleurs, nous apprenons, dès la naissance, que nous avançons, jour après jour, dans "la nuit des longs couteaux" et que nous n'allons pas y couper !

Mais pourquoi nous débiter ainsi la vie en tranches et nous-mêmes, en rondelles comme un saucisson à l'âne de la crèche ? Pourquoi permettre aux raseurs de couper les cheveux en quatre et de nous mettre en rogne ? Pourquoi autoriser les tourmenteurs à tourner leur couteau dans nos plaies ? Pourquoi nous mettre en porte-à-faux et laisser le grand faucheur à tête de mort sortir le couperet qui va nous prendre de court, si nous ne savons pas tenir le cou ?

Pour survivre, il faudrait, semble-t-il, savoir trancher en permanence dans la difficulté. Celui qui a plusieurs cordes à son arc comme plusieurs lames à son couteau suisse a plus de chance pour trancher les nœuds serrés de la difficulté. L'écrivain au style acéré pourrait ainsi aisément trancher les mots dans le vif de son texte et parler à mots couverts pour ne pas blesser le lecteur, qui lui fait l'honneur de passer à sa table de lecture...

C'est d'ailleurs, mon humble ambition d'écrivain émoussé. Mon couteau est de papier. Il ne peut nuire à quelques mines de papier mâché, lassées par tant de mes boulettes. Il ne goutte pas du sang de ma veine tarie ! Oui, je l'espère ! Il va luire enfin dans un éclair d'inspiration car sa lame est d'or comme le croissant que la lune offre à la terre, en se penchant vers elle.

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Prêcheur du désert

Publié le par modimodi

Ma douce amie, nous nous aimons dans la délicatesse et la tendresse. Nous avons le bonheur de vivre dans ce bien être et dans cette harmonie. Autour de nous, tout s'agite. L'espace est en mouvement. Le dynamisme est dans chaque déplacement. Un pas, un envol, une ondulation, une course sont autant de trajectoires pour l'élan vital universel !

Pour se maintenir et s'accomplir, la vie a besoin d'énergie ! Le principe d'une force en action anime la nature. La vigueur d'un individu, la sève d'une plante, le souffle intuitif de l'esprit donnent la vitalité à l'existence.

Nous ne pourrions vivre sans nous manifester. Nous avons tous besoin de la capacité d'expression pour prendre place dans le monde, pour y être acteur ou participant. En effet, nous sommes à la fois, sujet dans un : "Je pense, donc, je suis." et intervenant dans un : "J'agis, donc, je suis."

De l'intériorité de la conscience à l'extériorité de l'activité, tout homme marque ainsi sa présence. Exister, c'est, au sens étymologique, se poser hors de soi-même pour entrer dans l'environnement et Etre, avec ou parmi les autres. C'est la coupure d'avec soi qui permet de se matérialiser pour intervenir et poser des gestes qui marquent notre présence au monde.

Toi, tu me dis souvent que j'écris et que je prêche dans le désert ! Par St Jean Baptiste! Sans doute, cherches-tu à me faire comprendre que je n'affirme pas assez ma présence au monde... Oui!  Mes écrits ne sont que du vent, réduits au néant. Mes vocables ne sont que des souffles de zéphyr trop doux pour la brutalité des courants d'opinion. Point de chaudes rafales de simoun ou de violentes bourrasques de sirocco qui soient assez impétueuses pour agiter les têtes qui se laissent emporter au vent du large.

Mon style gonflant le sable des illusions dessèche toujours davantage les imaginations arides. Je parle dans le vide des mirages littéraires à des esprits à vide. Ceux qui escaladent les dunes de mes expressions imagées n'atteignent pas l'oasis fraîche, d'eau à la bouche, propice à leurs lectures méditatives. Dans cette immensité abandonnée et inculte, je ne trouve qu'un unique avantage, celui de n'avoir pas à faire le vide autour de moi !

Secrètement peut-être, espères-tu dans l'intimité, que je me décide à faire la pause. Voudrais-tu que je sèche ma plume plutôt que de m'adonner à mes travaux forcés quotidiens ! Rassure-toi, je ne subis pourtant aucune pression, aucune violence. Je n'entre pas en résistance avec toi ou d'autres importuns. Je ne suis pas un forçat de la littérature, obligé de traîner mon boulet de mots. Je ne me suis pas enchaîné non plus à quelques plumitifs forcenés qui ont trempé dans quelques louches encriers. Non! Je cherche en toute liberté à affirmer ma présence au monde.

Je laisse la contestation s'exprimer. Les quelques opposants à mon style ébouriffé, à ma sémantique rebelle, à mes tournures audacieuses pour leur compréhension arthrosique, ne feront pas fléchir ma détermination. J'écris sur tous les thèmes qui me conviennent. Mes humeurs mutines n'ont qu'à faire des mutins! Je n'ai nul besoin de leur jeter la pierre. Les réfractaires n'ont jamais fait que des fours !

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Velouté

Publié le par modimodi

Encore une bizarrerie de mes sens qui s'égarent mais je dois avouer que la consonance du mot volupté a fait surgir en moi, l'idée et la sensation du velouté ! Je dois avoir le cerveau qui travaille par association ou subitement, un grand besoin de douceur ! Allez savoir !

Est-ce peut-être aussi le contraste de l'instant ? Comme bon nombre d'écrivaillons, j'essaie en vain de caresser mon lecteur dans le sens du poil !  Tout en y réfléchissant, assis devant mon clavier, ma main passe machinalement sur ma joue et mon menton. Je me trouve râpeux comme une bille de bois et rugueux comme une écorce !

Je sais que certains d'entre vous penseront en douce : "Ce n'est pourtant pas faute d'être rasoir !" Oh ! Les blaireaux de tout poil, tout doux ! Assez d'être barbés quand on est glabre ! Ne vous faites pas bêtement de la mousse. Assez de lotions acnéiques, ce n'est quand même pas moi, l'unique barbifiant qui vous file tous vos boutons !

Vous êtes blancs comme un linge ! C'en est assez de vos coups de calcaire, adoucissez-vous ! Mitigez vos grandes eaux, vous n'avez pas non plus, à ce que je sache, inventé l'eau tiède. Stop, amis ! Cessez de me lessiver ! J'ai un grand amour-propre !

Je fais dans le satin et dans la soie, même sauvage ! Ne vous effrayez pas, si je vous parais parfois à sec ! Une fois que j'ai effleuré votre sensibilité, que je vous ai touchés, vous n'avez plus moyen de vous détacher ni de me détacher ! Votre plaisir fait gentiment tache d'huile !

D'ailleurs, je tiens à préciser à quelques bourrus de tout poil tout rêche et à des pimbêches revêches que faute d'être la crème des hommes, j'essaie au moins d'être la crème des écrivains... d'écrits vains. Mais pas une crème à raser !...

Et même, si je parais être une crème peut-être, plus renversée que renversante, je reste une petite gourmandise à déguster ! J'écris en pleins et déliés avec mollesse et délicatesse. J'ai un toucher léger pour effleurer l'idée, caresser la pensée ! Je refoule sans énervement mes objections paralysantes. J'émulsionne avec tact mes mots et mes phrases, je mixe mes visions emmêlées à mes rêves ! Je monte les blancs de mes nuits en neiges éternelles.

Je travaille mon coup de pâte ! Je la confis aux fruits de ma fantaisie. Je pâtisse pour que vous n'en pâtissiez pas ! Je me garde d'être trop lénifiant ou sucré, sirupeux ou écœurant. Je suis juste en proportions et formulations et jamais gêné dans mes tournures. Mon style n'a guère besoin d'édulcorant ni d'aspartam pour âme sensible. Ma prose est onctueuse et ma poésie moelleuse ! Appréciez-moi, je suis du gâteau pour de bonnes pommes au cœur gold-en ! Personne ne s'est encore cassé les dents sur un trognon d'idée, rongée d'incertitude !

De grâce, n'allez pas non plus penser que je suis dans le potage ou que je fais pour autant de la bouillie ! Non ! Je m'efforce d'ôter les grumeaux. Je ne délaye pas, je tamise chaque formule, je lisse chaque expression, la plus sotte comme la plus grenue !

Si certains pensent que je les enfarine et que je les mets à toutes les sauces. Qu'ils se rassurent, quand je balance la sauce, c'est de la belle sauce blanche, délayée, il est vrai, parfois à l'eau de rose ! S'ils boivent du petit lait, de suite, je leur offre une succulente béchamel. Ils peuvent à loisir pédaler dedans ! Je peux même, si elles le souhaitent, donner du velouté aux moules ! Ah ! mes poulettes, quelle belle fin de finir ainsi trempée, au jus, pour une petite poule mouillée !

Goûtez-moi !  Il s'agit d'un vrai velouté littéraire, pas d'une soupe de poix ! J'ai tout lié avec la crème fraîche de la créativité ! Avec moi, vous ne rirez pas jaune, je ne fais jamais l’œuf ! Je ne veux offrir à vos palais de gourmets et délicats lecteurs que drôlerie et frivolité ! Je vous ai concocté un délicieux consommé solennel grâce à la communion de l'extravagance et du bon goût ! Du velouté maison, dont je garde fièrement et secrètement la recette !

 

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