Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Articles avec #emiatej tag

Amour aveugle 3/3

Publié le par modimodi

Toi, mon miroir aux alouettes,

L'amour n'est-il qu'à la sauvette ?

Ma voix restera-t-elle muette

Lorsque je t'exhorte à tue-tête ?

 

Suis-je condamné à perpète 

A garder fermées mes mirettes ?

Dois-je t'aimer à l'aveuglette

Ou porter une pair' de lunettes ?

 

Quand je t'ai connue mon oie blanche,

J'étais muet comme une tanche,

A présent, tu as ta revanche,

J'erre et je braille en canne blanche.

 

Je tâtonne, je m'accroche aux branches,

Mais quand je me penche, je flanche !

Je cherche ton regard pervenche.

Non ! Je n'ai plus de vision franche !

 

J'ai beau jeté les yeux au ciel,

Le chasseur Orion me constelle

De grandes gerbes d'étincelles !

A moi, les anges ! Par St Michel !

 

St-Gabriel et Raphaël,

Venez à moi à tire-d'ailes,

Mettez le feu à mes prunelles,

Donnez à mes yeux l'arc-en-ciel !

 

Pour en avoir le cœur bien net,

Dois-je monter dans la charrette,

Toiser, me décrocher la tête

Comm' l'a fait Marie Antoinette ?

 

Dois-j'prendre le bout d'la lorgnette

Pour voir entre deux planètes

Briller ma star, toute en paillettes

Qui m'a coûté les yeux d'la tête ?

 

Aurais-je droit aux viatiques 

Des aveugles et paralytiques ?

Ou vais-je demeurer en disgrâce,

Lire l'avenir dans la mélasse ?

 

Créon écoutait Tirésias,

Moi, je suis seul dans la brouillasse

Où je broie du noir comme Horace

Et, je crois bien que j'le surpasse !

 

De toi, faut-il faire mon deuil ?

M'as-tu donné le mauvais œil

Pour ne m'offrir que larme à l’œil

Et ton amour en trompe-l’œil ?

 

Mon petit trèfle à quatre feuilles,

Dois-j'garder mon compas dans l’œil,

Faut-il ravaler mon l'orgueil,

Et t'aimer au doigt et à l’œil ?

 

L'amour est-il la vue d'l'Esprit,

Concédée en catimini

A tous les anges du Paradis,

Pour leur faire croire à l'Infini ?

 

Suis-je donc fou d'y croire aussi ?

 

Voir les commentaires

Amour aveugle 2/3

Publié le par modimodi

L'amour m'a laissé son bandeau,

C'est ma couronne et mon cadeau.

Dans mon royaume, y'a que les borgnes

Qui la convoitent et qui me lorgnent !

 

Ils m'envient de leurs gros yeux ronds,

Tels que des caméléons.

Moi, sous la flèche de Cupidon,

J'ai perdu vision et raison.

 

Comme un hibou, j'ai la berlue

J'ressemble à un hurluberlu !

Il m'est impossible d'être en vue,

Je n'ai plus le moindre point de vue.

 

Je t'ai aimée à première vue

Et je t'ai portée jusqu'aux nues,

T'imaginant offerte et nue

Dans l'abandon des ingénues !

 

Yeux dans les yeux, de prime abord,

Je t'ai fait don de tout mon corps !

Oui, je t'ai tout donné hier

Enfin, presque tout ! Oh ! Misère !

 

Qu'avais-je à garder mes œillères ?

Pourquoi t'avoir dit, convaincu

Que j'étais ferme et résolu,

Qu' j'taimais à perte de vue !

 

À présent, tout en maladresse,

Je veux prodiguer mes caresses,

Que toute à moi, tu te dévoiles,

Tout en tutoyant les étoiles !...

 

Mais quand moi, j't'aime les yeux fermés,

Tu tournoies, hors de ma portée

Comme Amélia au bal masqué.

Je n'ai que ton ombre à happer.

 

Mystérieuse jusqu'à l'ultime,

Tu te donnes à moi, en énigmes.

Il me faudrait des yeux de lynx

Pour percer l'énigme du Sphinx !

 

 

Voir les commentaires

Amour aveugle 1/3

Publié le par modimodi

Ô mon amour, mon embellie,

Mon imperceptible éclaircie,

Quand mon cœur traversait la nuit,

Tu m'attendais dans l'infini.

 

Comme l'étoile du puits,

Tu as surgi, m'as ébloui,

Jetant en pluie de confettis,

Poudre d'azur et pierreries.

 

Eros n'est pas un antiquaire,

L'Amour est un diamantaire.

Il offre aux amants, solitaires,

Saphirs et rubis en rivières.

 

Pour que Cupidon, sagittaire,

Perce leurs cœurs, ces lapidaires,

Gangues de pierres et de lumière

D'éclairs de passion incendiaires.

 

Oui ! Tu m'en as mis plein les yeux,

J'ai de quoi en remplir les cieux.

Mon cœur n'a pas de contre-feu

Je demande un cessez-le feu.

 

J'avais imploré mes aïeux,

Secrètement le grand bon Dieu

De m'ôter les tourments sableux

De ce jeteur de poudre aux yeux.

 

Fidèle, un peu moyenâgeux,

Je refusais d'être cendreux,

Petit amoureux poussiéreux,

Aux songes creux et nuageux !

 

Je voulais que mon cœur neigeux

Se fusionne au tien peu à peu,

En étincelles, à petits feux,

Jaillissants lors de nos aveux.

 

Tu m'as envoyé mille foudres,

Je n'ai plus l'temps de me dissoudre !

Mon cœur fait flick, mon cœur fait flack !

Je me noie dans la premièr' flaque !

 

Ah ! Je n'y ai vu que du feu !

J'ai fondu pour tes grands beaux yeux !

Je suis aveugle, je n'y vois goutte,

Je perds la vue ! C'est la déroute !

 

Si tu as toujours ton cœur d'or,

Emmène-moi à Épidaure !

Des ténèbres, je voudrais guérir

Mais pas d'amour, dois-je en mourir !

 

Prends mon bras et tiens-moi la main,

Que je ne trébuche en chemin.

Je suis comme Œdipe et Tobie,

Je porte les yeux de la nuit.

 

 

Voir les commentaires

Par tous les temps

Publié le par modimodi

Je t'attendais depuis longtemps.

Je me disais même : Passe-t'en !

Elle se joue de toi ! Va-t'en !

Tu as attendu trop longtemps,

Elle te fait perdre ton temps.

 

En trois mouvements et en deux temps,

Je me suis donné du bon temps !

J'avais peur de manquer de temps,

Alors, j'ai gaspillé mon temps

En vains plaisirs, petits passe-temps.

 

Tu m'es advenue entre-temps.

Plus de temps mort ! Il était temps !

J'ai dansé la valse à mille temps,

Sans un faux pas ni contretemps.

J'ai perdu la tête en rien d'temps !

 

On s'est aimé par tous les temps.

Tu m'as donné plus de printemps,

Que d'hivers et de mauvais temps.

J'ai conjugué à tous les temps

Nos corps, nos amours, nos vingt ans !

 

Au temps présent du grand beau temps,

A l'imparfait des pertes de temps,

J'ai voulu être de mon temps

En conjuguant aux quatre-temps,

Le verbe aimer à tous les temps !

 

Je t'ai perdue de temps en temps...

A présent ? J'ai tué le temps

Pour ne garder que l'bon vieux temps.

Nous le savons depuis longtemps,

Le bonheur nous arrive à temps.

 

L'amour n'est pas intermittent

Tapi dans l'ombre, il nous attend.

Pas besoin d'être combattant,

Il nous mitraille à bout portant

De frissons et désirs constants.

 

Il ne peut siffler la mi-temps,

Nous n'avons pas fait notre temps...

N'aurions-nous plus qu'un dernier temps.

Pour nous donner plus de bon temps,

A la mode et dans l'air du temps ?

 

Vent d'autan ne dure qu'un temps !

Si l'présent est notre seul temps,

De nous aimer, il est grand temps !

Je cours plus vite que le temps,

Je ne crains pas la fin des temps.

 

Laissons aller le temps au temps.

Nos cœurs battent sur le même temps,

Sans un temps mort depuis longtemps.

Passe la vie, passe le temps !

L'amour nous lie, la mort distend.

 

Nous n'pouvons arrêter le temps,

Il fait soleil, il fait beau temps.

Oui ! Je t'aime au-delà du temps,

Au futur, à l'instant, tout l'temps,

Pour l'éternité, à plein temps !

 

Voir les commentaires

Vision

Publié le par modimodi

Dans mon sommeil et mes nuits bleues,

Dans mes yeux aux rêves sableux,

J'ai cru vous avoir reconnue

Dans les éclairs discontinus

De pluies d'étoiles répandues.

 

Elles s'embrasaient, emportées

Pour incendier la voie lactée

Aux tisons de ma volupté.

Je n'avais plus qu'à m'enflammer

Au brasier de l'éternité.

 

Dans la féerie visionnaire,

Mes songes se condensèrent.

Vous étiez l'azur et l'éther,

Le temps, l'espace et l'univers,

Les sphères aux divins mystères. 

 

Mon cœur était incandescent.

Éros était le tisserand

De désirs fous et sans tourment.

L'amour brillait au firmament,

J'étais son buisson ardent.

 

Avec vous, tout est présage,

Avec vous, je romps les cordages,

Avec vous, je pars en voyage,

Dans les comètes et leurs sillages.

Je crois déjà à vos mirages.

 

Quand mon bonheur a ce visage,

Qu'importe ce monde éphémère,

L'éternité et ses jachères,

Le ciel, l'enfer et ses torchères,

Si vous en êtes la Chimère !

 

Les Pléiades portent votre emblème !

Mille étoiles font un diadème

Qui poudroient, diffusent et parsèment

Des galaxies de grâce extrême,

Au sein de l'harmonie suprême.

 

Je n'ai plus aucun stratagème,

Je suis un autre, je suis moi-même,

Je ne crains plus les anathèmes,

Vous êtes le chant de ce poème

Qui murmure que je vous aime !

 

Voir les commentaires

Paupières closes

Publié le par modimodi

Comme les pétales de rose

Veillent sur les amours encloses,

Je garde mes paupières closes

Sur ta beauté à peine éclose.

 

Aphrodite qui a pris la pause

A ton corps se métamorphose

Et pour ton doux amant dépose

Une couronne de lauriers-roses.

 

A ton côté, je me réveille,

Tu es encore dans le sommeil.

A travers les volets, merveille !

Sur ta peau nue joue le soleil.

 

Je ne connais rien de pareil !

Les palis vermeils de la treille,

La chanson douce des abeilles,

Qui murmurent à mon oreille,

 

A ta beauté sont en osmose.

Mais sans émois, toi, tu reposes,

Alanguie en troublantes poses.

Mes désirs contre toi explosent.

 

L'amour en mon cœur se dépose,

Le comblant de charmes grandioses.

Pour conserver l'apothéose,

Je garde les paupières closes.

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Décalages

Publié le par modimodi

Malgré les décale-âges,

Épines de la rose,

Je me tiens devant toi,

Désarmé, incertain !

 

En ce premier matin,

Mon amour, je te lance

Des bouquets de "je t'aime" 

Parfumés de rosée.

 

Ton cœur était trop grand,

Pour tous les rêves de tes vingt ans.

Tu les as élevés

Dans les veines de sève,

De ton corps femme-enfant.

 

Tu les as transportés

Dans les souffles du vent,

Hissés dans la lumière,

À la cime des arbres,

Au plus haut de toi-même.

 

Moi, je les ai suivis

Comme des vols d'oiseaux

Aux flèches du soleil.

Tu me les as offerts, 

A la croisée d'ogives 

De notre première nuit étoilée !

 

Les voiles gonflées

De songes et de fièvres,

A tous les arcs-en-ciel

Des saisons de mon âge,

Je porterai ta jeunesse

Sur les ailes des anges.

 

En moi, désormais,

Tu bats comme la vague

Contre mon cœur rocher.

Je ne crains pas l'avenir,

Ni tes départs, ni tes envols,

La mer me couvre de baisers bleus.

 

En moi, en ton absence,

La lampe du soleil,

La lanterne de la lune

Poudreront de lueurs

Leurs ombres scintillantes,

Au front ridé des jours,

Aux portes de la nuit.

 

Dans le tourbillon des planètes,

Les étoiles danseront

Comme des éclairs de fin d'été

Au feu d'or de la galaxie !

Chaque rêve est ton royaume

Où mes ans se confondent.

 

Tu m'offres les mystères

Du crêpe des brouillards

Aux chandelles de l'aube

Et de ta main de sable

Tu répands le soleil.

Tu es ma voie du ciel.

 

 

Tu triomphes d'insouciance

Comme le jour qui naît

Du ventre éclatant de la nuit.

Tu offres le silence

La grâce et l'innocence

A la terre et au ciel.

 

L'amour en ton cœur grand ouvert

A déposé ses sortilèges,

Donné des songes à tes chimères,

Posé des pièges d'innocence

A ta chair de nacre rose.

 

Son portail est grand ouvert

Sur le ciel bleu de ton enfance.

Tu ne connais pas la souffrance

Des trahisons de fin d'été,

Et les parfums désespérés

Du dernier chèvrefeuille.

 

Tu ignores ces étranges brumes,

Premiers voiles d'obscurité,

Rideaux voilés, tendus

Sur tes yeux endormis

Quand les songes d'azur

Répandent leurs étoiles.

 

Je suis antique,

J'ai mille ans qui me pèsent.

Je suis un bloc du destin,

Un cyprès orgueilleux,

Prisonnier des racines

Qui plongent vers la mort.

 

Tu es feu éternel,

Surgi des profondeurs

Et des forges du temps.

Tu jaillis en mon cœur,

En mon corps indompté.

 

Je renais à jamais,

Ma nuit transfigurée,

Ma soif de vin et de rosée.

Je bois les bulles du printemps

Aux sources fraîches de tes yeux verts.

 

__________________________________________________________

 

Malgré nos décale-âges,

Épines de la rose,

Mon amour je te lance

Dans l'écharpe du vent

Où dansent les abeilles,

Des bouquets de "je t'aime !"

 

Je me souviens des hivers nus.

J'étais loin, j'étais seul…

Pour venir jusqu'à toi,

J'ai marché dans ta nuit

Jusqu’aux nuées de l’aube.

 

J'ai désarmé les ombres.

J'ai masqué mon passé,

J'ai voilé mes élans,

J'ai tranché ma mémoire

D'un éclat de miroir !

 

J'ai pris tous tes chemins.

Dans la forêt des songes,

J'ai suivi chacun de tes pas,

Légers et feutrés, déposés, gravés

Dans la neige de l'enfance,

Brodée de dentelles,

Blanches d'innocence.

 

Je t'ai attendue et cherchée !

Au jardin muet du silence,

J'ai arraché les herbes folles, 

Chiendents des lâches abandons.

J'ai ouvert toutes les fenêtres

Pour écouter le chant du ciel

Et te laisser entrer dans la clarté du jour.

 

Sur l'île aux mâts brisés, 

Aux ancres échouées, 

Je me suis laissé déposer.

Je t'ai espérée tremblante,

A l'écume de chaque vague.

Mais le soleil s'était noyé

Dans une lune de sang.

 

J'ai imaginé ta route et ses dérives,

J'ai inventé ton cap,

J'ai cherché ta lumière

Dans les suies de la nuit,

Dans les embruns de brume…

J'ai traversé par la fente de l'aube

Les nuages de pluie et les ombres brouillées…

J'ai cru voir ta voile traverser l'horizon.

 

 

J'ai attendu debout.

Comme la lampe du phare,

Fidèle flamme d'espoir

Pour les cœurs naufragés,

Dès que la mer mugit

Ses cruelles errances

Aux âpres vents d'oubli.

 

J'ai tremblé dans tes yeux…

Ils ont la beauté grise

Des silex bleuis

Au croissant de l'acier

D'un clair de lune déchiré

Au front de la nuit ivre d'éternité.

 

J'ai veillé aux portes de ton corps.

J'ai attendu que tu te donnes

Comme le parfum d'une orange,

Comme le printemps au bourgeon,

Comme la becquée aux oisillons,

Comme le jour à la lumière,

Comme la fleur au fruit

Et le vent aux nuages.

 

Dans une flambée de vertiges,

Tu as tout emporté,

Dispersant mes certitudes aveugles

Aux lueurs de l'aurore.

 

Tu m'as donné l'oubli

En ton lit, cette nuit !

J'ai fait le tour du monde

Et le tour de mon âge !

 

Ce feu d'orage sous la peau,

Tes hanches, tes seins, tes bras

M'ont rendu mes vingt ans.

Je tiens le monde entre mes mains.

 

Mon bonheur de plein ciel, 

Je revis et m'envole

Au cœur de l'éternel

L'amour est à l'étoile,

J'ai pris la caravelle…

 

______________________________________________

 

Malgré nos décale-âges,

Épines de la rose,

Je garde le fol espoir,

Comme la neige d'hiver, 

De devenir la source

Qui gonfle le torrent

Des ruisseaux de mes "je t'aime"

 

Nous nous sommes donnés,

Nous nous sommes aimés. 

Tu as fait danser la lumière

Illuminé mon encrier,

Je peux tremper ma plume

Dans le sillage des étoiles.

 

 

Tu n'auras plus jamais de fin,

Comme les coulées incandescentes

De mes émotions brûlantes,

Comme le vent rouge de mes désirs,

Sur le désert chauffé à blanc.

J’ai un domaine de dunes blondes,

Une oasis et un mirage

Pour t’abriter et pour rêver.

 

Comme le vent chargé

De ces tourments sableux,

Où mon destin s'était perdu

En hésitations et hasard

Dans les ressacs du temps,

Tu as soulevé mes doutes

Et emporté mon cœur.

 

Mon bonheur est sans fin !

Tu m'abordes et tu me tentes.

Je prends la foudre et les éclairs.

Chacun de tes élans

Écume d'ardeur et de douce heure.

Je monte vers le soleil

Avec le vent de la marée.

 

Comme un cri dans la bourrasque

Et des gerbes de larmes de sel

Dans les vagues du ciel,

Ta beauté m'assaille.

 

Tu déferles contre moi,

Aux brisants des désirs,

Aux écueils de mon âge.

Je me déchire à ton cœur corail.

 

Tu es la vague qui me chevauche.

Tu me bats, je me brise,

Tu es mon chant de terre

Et ma brise de mer.

Tu m'as envoûté, ô sirène !

 

Tu es ma fièvre et ma folie,

Ma langueur hallucinée,

Mes délires et ma déraison.

Tu as vaincu la nuit,

Ses pièges et le sommeil.

 

De mon exaltation créatrice

Monte une élégie,

Un hymne à la beauté,

Le chant de l'aube qui va naître

Des derniers feux de la nuit.

 

Elle est comme toi,

Fleur de rosée et du soleil

Incarnée en moi,

Réelle et surréelle,

Expressive, suprême et pathétique.

 

Ma femme fleur, ma femme enfant,

Tu joues avec ma vie,

Tu joues avec mon cœur,

Nous ne faisons plus qu'un,

Je suis ton sang, tu es ma sève !

 

Voir les commentaires

Qui es-tu ?

Publié le par modimodi

Qui es-tu 

Pour échapper comme un rire

Porté par le vent

A l'incohérence de ma vie ?

Qui es-tu 

Pour traquer comme un oiseau de proie

L'espace absurde de ma peur ?

 

J'ai peur du vide et de tomber

Comme une torche dans l’abîme,

Peur de te perdre

Comme une vague sans marée,

Comme un cri hurlé dans la nuit.

 

Je ne veux pas survivre,

Bouche ouverte et muet,

Les mains nouées et froides

Sur mon cœur triste et nu.

 

Je n'existerai plus,

Ne serai plus personne

Qu'un rêve inachevé

Dans l'aube pâlissante,

Qu'une cible clouée

Sur l'arbre de l'oubli.

 

Reviens amour, reviens,

Je ne t'ai pas vu grandir,

Nous ne nous sommes pas vu vieillir !

Je t'appelle depuis toujours.

Je t'implore mon tout petit

Mon ciel, mon nid, mon ange.

 

Je te prends comme une enfant,

A peine descendue du manège

Où carousselle ton enfance.

Je te prends comme l'alouette,

À peine échappée des nuages,

Du ciel bleu de l'imaginaire.

 

Je te prends comme un coquillage,

À peine sortie de l'océan.

Je me glisse dans tes dessins naïfs,

Je vacille avec tes voiliers blancs

Qui dansent sur les vagues.

 

Je me soumets à toi, ma reine,

Couronnée des étoiles de mer,

Des colliers scintillants,

Aux cous d'or des sirènes.

 

Reviens amour,

Ne te lasse pas de jouer

Avec mon cœur, avec mon corps.

Toi, ma poupée rose

Aux songes de soie et de dentelles,

Presse-moi contre toi,

Dansons la ronde des vertiges

Sur les ailes des phalènes.

Offrons aux anges des ténèbres,

Tous les feux follets de la nuit.

 

Avec toi contre moi,

Je veillerai jusqu'à l'aube...

J'attendrai jusqu'à l'envol

De la dernière étoile !

 

Qui es-tu pour m'abandonner

Comme un bulbe de vie,

En promesse de fleur,

Comme un bourgeon du temps,

En regain de printemps ?

 

Tu m'as oublié dans la terre froide de l'hiver

Et mon cœur craque comme une écorce,

Privée de feu et de ta fièvre

Privée de force, vidée de sève !

 

Je me tourne vers le ciel,

Sombre comme ce pain noir

Dans l'amère prison

Où mon cœur désespère.

 

Je me souviens des jours

De murmures et de brise,

Du chant des feuilles,

Des noces des saisons,

Des arbres déployés,

Des échelles du ciel.

 

Je nous revois nous envoler,

Libres comme des oiseaux,

Transpercer toutes les murailles

Du ciel et du vent, de l'eau et du feu.

 

Qui es-tu,

Pour te cacher dans la nuit,

Tisser l'oubli, te fondre

Et me perdre aussitôt ?

Qui es-tu,

Pour ne plus me parler

Qu'à travers les barreaux,

Dans la rouille du temps ?

Ô mon cruel geôlier !

 

Assez ! Assez !

Ne me laisse pas au milieu de moi-même !

Je déserte mon corps.

Il en va de moi, il en va de nous

Comme de ces fantômes perdus,

Comme de ces ombres pendues

Sur la toile peinte des nuages.

 

Arrête ta course,

Attends-moi !

Je viens ardent à toi !

 

Ô toi, qui es-tu,

Pour venir écrire en mon cœur

A la craie rouge de tes mots,

Le premier texte de ta désobéissance ?

 

Je ne suis pas un tableau noir du passé,

Ni une page blanche du quotidien.

Je suis un cri du silence,

Je crisse sur l’ardoise des jours.

 

Qui es-tu 

Pour m'ôter le goût

De sauter et de voler,

D'aimer et de rire

Comme un oiseau,

Comme un enfant ?

 

Je ne veux pas que tu abandonnes,

Nos secrets enrubannés,

Nos couronnes d'enfances,

Nos cornes de licornes

Tressées de roses et de racines.

 

Reviens, reviens !

Aurais-tu oublié

Nos émois adolescents,

Les herbes que l'on froissait,

Nos lèvres que l'on pressait

Quand nos corps s'épousaient,

Maladroits, empressés

Contre la grille aux gonds rouillés,

Dans l'odeur doucement sucrée

Des chèvrefeuilles enlacés ?

 

Reviens amour,

Tes grands yeux bleus

D'anémones et de bleuets

Suffisent à mes rêveries,

Tentations buissonnières.

 

Garde-toi mon amour,

Des ombres trompeuses,

De ces fleurs mauves piquées

Dans la coupe des cieux noirs.

 

Dans l'agonie du jour,

Ne tranche pas nos pensées

Aux aciers violets

Des ailes des corbeaux.

 

J'ai peur, tu le sais,

D'enliser nos aveux

Dans les marais croupis

Des horizons en fuite.

 

Qui es-tu donc, rebelle,

Pour te croire émouvante,

Comme un sourire d'enfant

Donne à la bouche

L'éclat framboisé de la chair.

 

Ô trompeuse promesse

Hélas aussitôt envolée

Dans l'éphémère d'un baiser !

Ô lumière mouvante

Des flammes du brasier,

Cendres ensanglantées

Dans ce cœur calciné.

 

Qui es-tu pour croire

Que tu peux faire la course

Avec le temps et la lumière ?

Que tu peux dérober le feu

Gardé au creux de mes mains ?

Je brûle encore comme nos soleils de juillet !

Reviens ! Reviens !

 

Qui es-tu,

Toi, qui t'enfuis

Comme les saisons en ma vie ?

Pourquoi, m'abandonnes-tu

Comme un soleil d'hiver

Derrière la colline ?

 

Ô mon amour ?

J'ai déjà vécu ce que tu cherches.

Il m'est resté la plume noire

Dans l'encrier sec de la nuit,

Fumées et larmes glacées,

Croix de pierre et routes perdues,

Vaines escapades de vide,

Doubles de temps et d'espaces

De réalité et de songes.

 

Je sais encore des mots d'hier

Aux ruses clandestines,

Quand je perdais ma vie

Dans les vallées profondes

Des brûlures du destin,

Laissant creuser comme des rides

Ma raison et mes certitudes.

 

Vois les ravines de mon cœur,

Charriant leurs tourments,

En fleurs flétries d'amour.

Ne t'enlise pas comme moi,

Dans les sables boueux

Des laisses de ta mémoire.

Un jour, il est trop tard...

S'il ne l'est déjà !...

Las !

 

Reviens, ma tendre, ma douce,

Mon enfant !

Reviens-moi au silence

D'un pétale de neige.

Je saurai te bercer

Dans la caresse du matin,

Poser mes mains sur ton front

Et garder tes secrets !

 

Ne me dis rien de tes errances,

J'ai encore mes semelles usées !

Je sais déjà la douleur,

Et l'oubli que tu ignores !

Le sang ne sèche plus

Au fond des cicatrices

Qui ourlent mes tristesses.

 

Reviens, reviens !

Tu brilles comme un fanal,

Un flambeau dans la nuit,

De lueurs boréales.

Le désir t'auréole...

Je gémis comme le vent du nord.

Je m'enfonce et je fonds

Dans le glacier des illusions

Et la confusion des étoiles !

 

Tu me trouveras qui t’attend

Au bout de ma jeunesse.

Je ne suis que le fuyard

De ton amour qui se dérobe.

Je te désire encore

Comme un papillon, la lumière,

Comme la flamme de la chandelle,

Résolue et tremblante

Se hisse vers l'étoile.

 

Voir les commentaires

Id'aime

Publié le par modimodi

Ah! J't'aime, j't'M, j'thème !

 

Dieu que je t'aime

Idem, idem,

Pareil au m'aime.

Dieu que je t'aime 

Id'aime ! id'aime !

 

Pas de probl'aime  !

Pas de carême

Si toi tu m'aimes.

T'es mon seul thème

Je t'aime ! Je t'aime !

 

Pas d'anathème,

Id'aime ! Id'aime !

J'suis fort en t'aime.

Jamais de flemme

Pour dire je t'aime.

 

L'amour, je sème

Pour que tu m'aimes

D'amour suprême.

Pas de blasphème,

Si j'dis, je t'M !

 

Ma star syst'aime

T'as pour emblème

Un diadème

De mille gemmes

De mes je t'aime!

 

T'es mon peau-aime

D'amour extrême,

Seule crise en t'aime,

Jusqu'à ma mort

Au requi-aime !

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Ivresse

Publié le par modimodi

C'était au joli mois de mai,

Nous avions bu de ce gamay

Qui rend les amants si gais.

Têtes et cœurs tournaient, tournaient,

Je me grisais de tes attraits,

Tu t’enfiévrais du fin bouquet

Des parfums de la roseraie.

 

J'étais Ronsard et du Bellay,

Plume d'oie ou plume de geai.

Je gravais rimes et couplets

De lais, virelais et sonnets.

Hélas ! Mes vers étaient mauvais,

Le vin d'Anjou n'était pas frais;

Tu me lançais des quolibets.

 

Ma mie, je ne goûterai plus jamais

De rosés ou de cabernets

Qu'à tes douces joues framboisées.

Aux libations, je renoncerai,

Le beaujolais dédaignerai,

Tous les primeurs délaisserai;

Seul ton amour vendangerai.

 

Je cueillerai tes raisins sucrés.

Je dégusterai chaque baie

Aux grappes de ta volupté.

Je sais que je peux m'enivrer

En pressant ton sein si parfait,

Que Bacchus t'aurait proclamée

Déesse des plaisirs secrets.

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 > >>