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Articles avec #faits divers tag

Lettre aux lecteurs de presse 2/2

Publié le par modimodi

 

Oyez et voyez le journaliste !

Rubrique nécro en black-board, infos nature, écolo-chic dans le vent des éoliennes, transition énergétique avec frein sur le réchauffement, nouvelles politiques hard, brutes de pommes de discordes, carnet mondain, petits potins rusés, indiscrétions ou astuces de gros malins, propos coquins ou bêtes comme chou, le mérinos audiovisuel bêle, bêle, bêle en ménageant la chèvre et le press-book.

Chaque mouton de Panurge de la communication, broute et transhume d'ondes en fréquences, de chaîne en chaîne ou de magazine en hebdo pour avoir la meilleure analyse, la plus belle photo, l'info choc, le dernier buzz ! Flash-man, Web rédacteur, journaliste sportif ou culturel, tous sont attendus, à chaque coin de kiosque, d'affiche publicitaire, de reportages et de spectacles.

Pour entrer dans le chou et ne pas se faire trop voler dans les plumes, il faut avoir de la patte et du talent. Le pamphlétaire, les écriveux des villes, les poéteux des champs ne doivent pas être piqués des vers et faire des choux farcis de hachis d'opinions et de gâchis de réputation. Tous les choux doivent être comestibles car de feuilles en feuilletons, pâte à papier est pâte à choux !

Avec x et périls, le chroniqueur doit sauvegarder ses vieux bijoux ! Pour sauver ses petits bouts de choux, ses petits joujoux, il devra éviter vieux hiboux, vilains poux et autres lanceurs de cailloux qui le mettraient sur les genoux. Un lanceur de pavés peut facilement tomber dans la mare à scandales.

Si par malheur le gratte-papier a fait chou blanc, s'il a trop pédalé dans la choucroute ou si, comble de la panade, ayant voulu éplucher et se faire la peau de quelques grosses légumes, son journal vient à boire le bouillon, il ne lui reste qu'à tremper avec le populaire sa première soupe aux choux. Il a tout gagné, il est à jamais de la revue ! Il ne lui reste plus qu'à accommoder des restes d'informations pour tenter de tirer la couverture à lui !

Alors famélique d'idées et groggy d'un dernier coup de manchette, loin des choux gras qui firent ses délices, il peut aller planter ses choux au jardin des désillusions. En effet, il sait bien que l'écrit est soumis à l'épreuve du terre à terre, du con qui teste à terre et que le paradis est réservé aux pommes qui aiment se prendre des tartes !

Il faut donc à notre homme, avec les choux se garder des pâtés comme des navets, s'il ne veut pas que son canard en fasse spécialité. Au risque d'ailleurs, pour lui de danser illico, un dernier french cancan à se casser trois pattes sur la mare aux canards.

A Sarcelles ou à Pilet les oies, les chers canetons dans les cours de récréation barbotent et cancanent sous le regard bienveillant de quelques vieux ou futurs palmés. Mais c'est trognon et chou à la crème car tous, sont déjà sensibilisés aux BD et albums illustrés ou à colorier : "Pomme d'Api, Okapi ou Astrapi" ont toujours la cote. Là, "Babar" rencontre "Petit ours brun" en compagnie de "Bambi". "Les P'tites Princesses" et les "P'tites Sorcières" font la "Pirouette" avec les "P'tites Filles à la vanille".

On leur apprend à lire en fixant très tôt leur imaginaire avec "Les belles histoires" ou "Le Journal des enfants" et "Mon Petit Quotidien". On les éduque bien sûr déjà, aux charges de futur citoyen avec "Picsou Magazine" et "Super Picsou Géant". On éveille leur vocation de bricoleur ou leur intérêt avec "Comment ça marche" ou "Cosinus" et les nouvelles publications au goût du jour comme les tablettes numériques répondent à l'éclectisme de leurs centres d'intérêt.

Le journaliste sait tout faire : écrire pour les enfants, les ados, les adultes ! D'ailleurs, la première rédaction de l'écolier fait ou fera peut-être la vocation du futur rédacteur de journaux ou de tracts. Elle lui donnera la possible envie de devenir publiciste, bonimenteur, lanceur de poudre aux œufs et aux yeux. Tant pis pour les gobeurs !

PS : Moi, je fais partie de la grande famille des petits journalistes. J'ai un journal de bord sous la forme d'écrits, un quotidien que j'ose faire paraître et dans lequel je déblogue... Mais j'ai aussi un journal intime, tenu secret... Parce que je sais bien qu'il ferait inévitablement partie des invendus.

 

 

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Lettre aux lecteurs de presse 1/2

Publié le par modimodi

Y'a des limaces dans la pomme des choux ! Y'a des bébés dans le cœur des choux ! Y'a des navets dans les feuilles de choux !

Cherchez le journaliste ! Il est là, à la popote en train de préparer une soupe aux choux, canards et navets ! Oui ! Vous allez le trouver dans les choux, perdu entre deux feuilles, suivant attentivement à la trace l'information, la toute dernière, celle qui vient de naître. Vous le verrez impatient et piétinant derrière celle qui se traîne et escargote mais qui s'étalera peut-être, demain ou après-demain, dans les colonnes de son baveux.

C'est toujours ainsi ! Le journaliste va aux nouvelles comme vous allez aux champignons ou aux fraises, à confesse ou au charbon. Avec lui, surtout si le filon est exclusif, la nouvelle la plus mineure aura l'heureuse veine d'épater la galerie.

Car l'homme est homme de taille de crayons et de plumes, habile tire-ligne et gratte-papier de feuillets et billets riches en post-scriptum ! Mais gare aux imposteurs ! Colporteur de l'écho, bien avant la rumeur, l'apprend-il de bonne source, sitôt il la répand, mettant l'eau à la bouche !

Pas de cale sèche pour cracheur d'encre ! Pas de répit pour le zombie des on-dit et des ouï-dire ! Ici ami, tu piges, on fait aux pigeons, la pige ! On rhabille les vedettes qui se sont dénudées.

Pour l'éditorialiste, tout est urgent et à la presse. De message en dépêche, partout faut qu'on se presse ! De bobard en canular, de scoops en scripts, la nouvelle comme poisson passe dans l'entrefilet ou à la une. Avec un peu de chance, elle se débite à la radio, découpée en tranches servies et resservies ou bien va triompher à la grande hune télévisuelle.

 

Oyez le journaliste ! Pour un chou des plus chouettes, l'homme public, tout terrain, reporter sans lendemain ne pose ni limite ni frontière à ses investigations. Il est branché sur le courant. Carnet d'interviews dans la poche, ici, il vous présente en souriant son micro, là-bas, il cadre, espérant réaliser le zoom de l'année.

Il désire vous attirer, vous convaincre, vous séduire, aiguiser votre appétit, vous nourrir sans vous rassasier ni étancher votre soif d'information... Il est prêt à tout, le commentateur ! Il sait tout, le critique ! Avec le poids des maux et le choc des faux taux ! Oh dis, mate ce qui passe sur BFM ou LCI !

En ce siècle médiatique, chacun a ses trucs et ses tics pour être d'attaque et d'étoc pour passer du sujet toc qui tombe à pic au fait antique d'une autre époque. Partout ça gaze dans les gazettes où l'actualité n'attend pas. C'est la guerre des idées et le duel des polémistes ! Chacun interprète sa partition dans la clameur cacophonique.

Dans sa feuille de chou, le dessinateur illustre et caricature les mœurs et les événements pour faire rire et réfléchir. Avec la satire ou la caricature, c'est le ara qui rit jaune le vendredi et qui pleure le dimanche ! Là, un chroniqueur à effets de manchettes, au ton pataud logique prend des airs affectés pour vous inoculer quelque événement inflammatoire, symptomatique du Landerneau. Ici, un pisse-copie débite quelques sondages, là, un présentateur tente de vous faire prendre ses vessies pour éclairer vos lanternes.

C'est toujours à vous de stopper le bruit qui court ou d'éponger le secret qui transpire pour démêler le vrai de l'info ! Il vous faut toujours éviter de tomber dans le panneau en même temps que tombe la nouvelle.

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Lettre à un syndicaliste : exagération syndicale 2/2

Publié le par modimodi

Bien sûr, camarade syndicaliste, que tes convictions, ton histoire et tes valeurs t'ont mis au cœur, la mission de défendre les pauvres et les opprimés et d'exercer, sans relâche, ta vigilance citoyenne. Bien sûr, que tu sais, comme le disait l'humoriste, que le capitalisme, c'est l'exploitation de l'homme par l'homme et le socialisme l'inverse ! Bien sûr, que tu ne brodes pas par plaisir, des jours sombres mais reconnais que tu ne fais pas, non plus dans la dentelle !

Tu ramasses partout la misère et le chômage et tu n'as pas de peine à faire du catastrophisme ! A gauche toute, contre les profiteurs exploiteurs, les odieux actionnaires qui mettent tout à gauche ! Tu en as fait ton parti et la crise est ton fonds de commerce.

Attention ! Tu ne dois pas te faire oublier de tes camarades, car bientôt aux élections, il faudra battre le ou les collègues syndicalistes en face. Si tu veux rester majoritaire, il te faut être le plus actif, le plus pertinent et le plus convaincant aux yeux de tes adhérents ou sympathisants. Ce n'est jamais l'extinction de la lutte ni du brasero !

Pas de détail et pas de quartier ! Tu as des revendications à revendre et des pétitions à faire signer. Salaires, temps de travail, emplois, pouvoir d'achat, santé, sécurité et modes de production sont tes articles en magasin. Tu en as le monopole et tu en fais réclame au porte-voix. Tes flyers sont tes tracts et ton enseigne est ta banderole et ton drapeau.

Tu vends de la lutte et de l'espoir. Tu es dans le combat permanent. Délégué par ton syndicat, désigné et élu par tes camarades, ta colère est légitime. Contrôler, analyser, sonder, suspecter le prochain coup de grisou patronal, creuser et tailler dans les mesures est ton filon inépuisable ! Tu as bonne mine de défendre ceux qui n'ont pas le choix ou la veine d'aller au charbon.

Tu es dans l'étude de chaque événement et tu prônes la résistance aux changements qu'on te propose. Pourtant tu souhaites imposer les tiens à longueur d'arguments et de slogans. Tu perturbes sans cesse en attendant le grand chambardement.

"Le poisson commence par pourrir par la tête".  Alors, tu te réfères toujours au sommet de l'entreprise. C'est ainsi que tu es sans cesse au comble de l’écœurement. Les méthodes qui descendent du plus haut degré de la hiérarchie, sont de la dernière extrémité ! Bien informé, tu es d'ailleurs au faîte de tous leurs projets.

Tu échafaudes des contre-propositions. Tu contestes à fond, tu sapes les actions et les résultats pour toujours mieux en protestant, tester, agiter et consulter ta base. C'est sur elle que se fondent l'énergie de tes convictions et la légitimité de ta révolte...

Voilà, c'est fait ! Enfin ! La direction a daigné répondre. Tu es mandaté pour négocier ! Demain, tu feras entendre ta voix. Tu vas exiger, taper du poing sur la table. Avec la force collective des camarades, tu vas asséner tes contre-propositions et poser tes exigences. S'il le faut on bloquera l'usine et prolongera la grève ! Ce n'est pas pour rien que tes camarades t'appellent "crame-palettes" !

Les propositions qu'on va te soumettre, seront comme toujours inacceptables, irrecevables, et justifieront le maintien de la grève. En face, le patronat dont c'est l'intérêt, joue bien sûr, la montre et le pourrissement. Toi-même, à force de repousser les offres, tu vas te retrouver acculé au fond de l'impasse.

Alors, au final, tu vas encore être dans le compromis, sans bien sûr, te compromettre pour n'obtenir que quelques clopinettes. Tu vas sauver la face. Chacun aura l'impression d'avoir gagné... surtout le patron qui n'a cédé qu'au minimum, selon la limite qu'il s'était fixée et une issue qu'il avait largement anticipée !

C'est ainsi, en idéaliste idéologue, qu'au fond de toi, tous les soirs sont des grands soirs... Tu le promets au plus grand nombre. Tu voudrais donner le la de l'hallali ! Tu rêves sûrement, la nuit, du défilé du prolétariat autour du catafalque de la bourgeoisie. A la lueur vacillante des 36 chandelles du front populaire, au son de l'internationale, les camarades processionnent, tous derrière toi, ô grand thuriféraire de la révolution sociale ! On le chante dans les congrès et les universités : "Insoumis un jour, insoumis toujours !" La véracité est dans l'hologramme !

Oh ! Camarade, mais, excuse-moi, voilà à mon tour, que j'exagère ! On peut adhérer à un syndicat, être adhérent d'un parti, coller à un point de vue, sans être adhésif ! C'est pourquoi, il ne faut pas se remplir comme une outre de vaines promesses mais passer outre, toute outrance... Dans le pays de Parmentier, des bourguignons, de Hollande et des macs (à) ronds, il est vain, de balancer la purée, d'en faire tout un plat ou tout un fromage !

L'histoire de France nous l'a appris. Un croissant avalé trop vite, au café ou dans la rue, peut être néfaste. La sagesse dit : " Qui trop embrasse mal étreint ! " Quand la démesure atteint des sommets, souvent la souris accouche d'une montagne et le passage du col se fait dans la douleur ! Alors faut pas pousser trop fort ni traiter l'autre d'enflure. Un jour ou l'autre, on se déballonnera comme une baudruche.

La grenouille qui a voulu se faire plus grosse que le bœuf n'est pas devenue forte comme un bœuf ! Tu sais coâ ? Elle a muté en grenouille-taureau mugissante et elle pousse désormais, des cris taurins. Dans l'atelier, sur ton estrade, sous la pluie parfois, dans ton mégaphone, quand à la place de cocoricos, tu pousses tes beuglements, que tu crois faire un effet bœuf, tu en es, un peu la caricature...

Tu as gagné la lutte et tu la crois finale, quand au nom de la justice sociale, fiscale et environnementale, dans la rue, désormais la nouvelle arène syndicale, le peuple défile drapeau rouge et muleta en tête. Ce n'est que le marais qui court en sautant de joie ou de colère pour assister à la corrida des batraciens de la politique ! Le marais espère en débordant, noyer et faire vaciller la République. Les médias sont à l'affût des moindres signes de crues.

Les rassemblements sont le conglomérat de manifestants en meutes qui déboulent de partout dans l'espoir d'obtenir la convergence des conflits sociaux. Il n'y a plus de service d'ordre, chacun se presse en mots d'ordre et, en ordre dispersé... bien vite par des forces de l'ordre, musclées et souvent prises à partie. Pourtant, tu te dis que la cause est juste puisqu'on manifeste pour le droit à manifester.

La lutte n'est jamais finale. Hier, c'était les bonnets rouges. Ici, ce sont les gilets jaunes jonquille qui rêvent du printemps social, du muguet d'un nouveau 68 et d'un bonheur partagé et certifié par un référendum d'initiative populaire ! R.I.P, requiescat in pace, la cinquième République !

Là, ce sont les Verts écolos en détresse climatique qui ne manquant pas d'air pollué, s'accrochent aux branches des arbres de la liberté dans l'espoir de respirer à pleins poumons. Ce sont les scaphandriers qui plongent à l'aveugle dans des mers de plastique !

Ce sont des mécontents de la politique d'austérité, des contestataires des dernières lois passées en force, des revendiquants du droit à la différence, à l'égalité professionnelle hommes-femmes, à la liberté d'expression, etc. Ils accourent de partout, crient leur ras-le-bol et battent le pavé. Avec leurs meilleures intentions, ils croient ainsi échapper à leur enfer.

"Tant va la cruche à l'eau, qu'à la fin, elle se casse !" Qu'importe, toi, tu ne crains pas la rupture ! Car tu as le choix dans le renouvellement constant des motifs de revendications et des moyens d'actions !

Tu peux tout te permettre, même grenouiller et être dans les débordements de la vase. D'ailleurs, tu es déjà dépassé par ta base et tes défilés sont infiltrés par des casseurs. Alors, inutile de pleurer sur ton sort. Dans les affrontements, on t'offre illico les lacrymos gratos !

Mais tu n'es pas en peine. Tu survivras à tout, tu es déjà vacciné ! Tu peux toujours corser la dose pour que ce soit fort de café et la lutte encore plus robusta ! Tu peux forcer la note pour faire entendre tous les couacs et faire croire à l'union, aux lendemains qui chantent. Tu peux aller à la pêche aux adhérents et pousser le bouchon pour noyer le poisson. Tu peux faire monter la mayonnaise pour agiter les huiles et même charrier dans les bégonias pour le leur dire avec des fleurs ! C'est le printemps des luttes !

 

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Googlito

Publié le par modimodi

Espérant lauriers et laïus,

Auréole et gloire de Phébus,

Cela fait des jours, tant et plus

Que je s'coue mes puces sur G+...

Je dédie, ce billet cactus

Aux Romulus et aux Rémus

Qui ont fondé l'réseau++,

Aux dix milliards d'Olibrius,

Qui se prennent pour Confucius !

Je viens célébrer les Vénus,

Les Nimbus et les Marius,

Tous les gogols de Google+.

 

A toi, insignifiant gugusse,

A toi, ô glorieux minus

Qui poste orbi et omnibus,

Je tire ma langu' Lucullus !

 

Le principal, c'est d'apparaître,

D'être toujours dans le paraître

Et de sans cesse reparaître

Pour recycler, faire compost

De potins, à longueur de posts !

Celui-là croit qu'il poétise,

Hélas ! Hélas ! Il prosaïse !

Il gorge chaude, il gargarise 

Et s'ébahit d'une queue d'cerise,

D'la queue du chat qui électrise,

Du penchant pour la tour de Pise !

Lui, dédicace et pindarise,

Clame ses stances à la Marquise,

En espérant qu'elle vocalise

Quand il la prendra par surprise.

L'autre, courtise et Rousseauise

Sa Julie, Nouvelle Héloïse !

 

Sur G+, on idéalise,

On se fait miel et mignardises,

On est complices, on sympathise,

Avec Lulu, Lise et Élise,

Les girls, les miss et les ladies !

Amie, ami, on fraternise !

On remercie, on s'fait la bise !

On pédantise, on latinise

On bêtifie, on ringardise

On trouve géniale, la sottise,

On commente, on hyperbolise, 

On flatte un peu, on Ronsardise !

On se fait sucre et friandises,

On roucoule ! Pigeons à Venise

Pour fair' rêver, la douce exquise

Et finir comme cul et chemise !

 

Y'a plus d'une astuc' sur G+

Pour rechercher le consensus :

Eviter les sujets cactus,

Ne pas faire d'honneur, au médius.

Adoucir les mœurs de Brutus :

Un chorus : le "Christus, Agnus",

Un Mozart : "Clémence de Titus",

Un Racine : le "Brittanicus"  

Représenté sans un lapsus

Dans une version biélorusse !

Tu peux même espérer en su :

Le son d'un stradivarius,

Un zoom su'l'sabot-de-Vénus,

Un ciel bleu d'altocumulus,

Un smile enivrant de Bacchus,

L'embarquement pour Uranus,

En fumant de l'eucalyptus ! 

 

Tu peux écrire, tu peux crier,

Tes cris, écrits sont étouffés

Dans les portugaises ensablées

Des overblogueurs aveuglés.

Dans un incessant défilé, 

G+ t'enverra promener,

De posts en posts, pied à pied,

Dans un désordre échevelé :

Vlà, un souvenir du temps passé

D'un vieux romantique esseulé,

Un chat, une fleur, une poupée,

Un' têt d'oiseau ébouriffée,

Des chats, des chiens dans un panier

Qui s'animent, au doigt appuyé,

Un pigeon, deux cygn' enlacés.

La mer toujours recommencée, 

Le bonheur en train de filer

Avec tes textes délaissés,

Ta prose et tes vers ignorés.

 

Ô symphonie inachevée !

V'là un aria, un andante,

Pour tes mots, tes petits voiliers,

Qui rêvent sous les alizés

D'enfin rencontrer le succès.

Tiens ! Pour toi sur ton blog, penché

Vlà ! Un banc, un chien, un muret,

Une girouette, un clocher,

Une citation illustrée,

Un proverbe dédicacé.

Des tournesols Van Gogh-lisés,

Illusions, miroirs et reflets :

La définition d'la beauté ! ...

Des commentaires, à la volée

Et des platitudes, par flopée ! ...

Des ratons laveurs, un baiser,

L'inventair' de Prévert entier !

 

Du bon sentiment étalé,

A toute heure de la journée !

Du "good morning" à "bonne soirée" :

Des "merci, amis !", rabâchés

Des "bisous, bisous" par milliers

De tous pays, du monde entier !...

Arrête, arrête d'espérer,

Ô laborieux écrivassier

Tu ne peux pas être prisé,

Tes textes sont trop compliqués,

Y'a trop d'idées, trop de pensées

A réfléchir, à déchiffrer !

 

Sur l'écran, les yeux explosés,

Googlito, le cerveau bloqué,

N'a plus d'suite dans les idées !

Sur le Web, il s'est échoué,

Débranché et déconnecté !

 

A quoi bon, donc se lamenter,

Me disait un jeun' Facebooké !

On cherche tous à se montrer,

A troller ou à podcaster

Par procuration, s'afficher.

Mais sur les réseaux, prisonnier,

De la grande toile d'araignée,

On est peinard, on est planqué,

On peut faire discret ou kéké,

Avoir l'impression d'exister,

D'avoir de l'esprit, de penser,

De pouvoir aimer, être aimé,

D'être actif, toujours occupé,

D'avoir des amis par milliers

Et de vivr' comme un naufragé,

Comme un oiseau emmazouté,

Dans le virtuel englué.

 

Cess' de taper sur ton clavier, 

D'écrire comme un acharné,

De caler, touches enfoncées,

De te croire seul, abandonné,

De jouer les désespérés.

Sur le net, faut te connecter,

Rejoindre les communautés.

A l'univers, tous reliés, 

Tous inconnus mais réseautés,

Sur le mêm' pied d'égalité.

Tu vas pouvoir les retrouver....

Petit écrivain raté,

Démodé, aigri, isolé,

Inspiré, réac, exalté,

Tu seras enfin apprécié

Si t'es branché et Googlisé !

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Étrange lucarne

Publié le par modimodi

Idiot visuel !

Je risque de passer pour un réac rétrograde, un ringard de l'audiovisuel, un idiot visuel fini, un incroyant pas cathodique ! C'est peut-être moi, le guignol de l'étrange lucarne, le pignouf du paf, le Gogol de Google !

Mais, je continue de penser qu'à l'ère de la communication, les têtes à têtes se font plus avec l'écran de la tablette, de l'ordi ou de la télé qu'avec l'Autre, qui même physiquement présent n'est perçu que comme une ombre.

Aujourd'hui, la télévision mais aussi internet sont un formidable réservoir, un trésor d'informations et de documentations, une banque d'images inépuisable. Le monde est à nous, il se veut clair et Net !

Il met le nez à la fenêtre avec Windows, il est au bout des doigts de la télécommande ou du clavier. Le web n'a pas de frontière. Culturellement éveillé, chacun peut accéder à un savoir sans bornes. L'univers est infini, no limit ! Nous sommes à l'école universelle de la vie.

La création dévoile l'insondable diversité de sa beauté. A condition d'être curieux et généreux, je peux avec toute la terre, être altruiste et solidaire, en communion avec mes frères, en humanité. L'œil et le cerveau, sans cesse sollicités, font de moi un voyant éclairé, un témoin permanent, un citoyen du monde.

Alors, pourquoi paradoxalement, dois-je nuancer mon propos et tempérer mon enthousiasme ? Pourquoi, suis-je devenu à la fois progressiste et conservateur ? Pourquoi, faut-il que la promesse du Paradis de la connaissance tourne au cauchemar de la surinformation et la stimulation intellectuelle, en rivalités multi médiatiques ?

Dans la guerre, que se livrent les producteurs d'accès et les médias, c'est l'esprit qu'on envahit et qu'on occupe. C'est la réflexion qu'on colonise et l'opinion qu'on annexe. Plus le terrain des idées est en jachère ou inculte de bon sens, plus les semailles de vieilles graines de culture seront fécondes. La conquête du jugement et de la raison se réalise par le rêve ou l'émotion.

Qu'importe la qualité des semences et de la moisson, seul compte, le label de la pensée unique ! La politique en use et en abuse pour vous faire prendre vos rêves pour la réalité. La bonne parole est dans la parabole, le désir est un satellite comme la lune qui vous est promise. Les mille paillettes des stars filantes brouillent votre clairvoyance. Vous vous pensiez voyant, vous n'êtes qu'un voyeur !

L'engrais d'opinion répandu à profusion est composé d'annonces pour citoyens crédules ou de rengaines entêtantes pour graines de star. Des rêves de puissance dans des jeux addictifs sont offerts à des ados, accros de leur console.

Aux heures de grande écoute, les jeunes n'écoutent plus qu'eux-mêmes, incarnés dans les personnages d'un univers métaphorique et onirique plus ou moins délirant. Dans ce monde de fiction, la e-génération des jeux vidéo peut jouer, regarder et discuter entre clones et perdre inconsciemment la réalité, sans cesse augmentée d'images virtuelles.

L'accès à l'image est devenu tellement aisé, qu'il en comporte un aspect stupéfiant, brouillant la perception du réel. La raison du narco pratiquant, part en voyage hallucinogène. Game et score, Came et scoop sont l'opium du toxico. L'héro et l'héroïne sont dans l'image !

Le point G, puissance 4 !

Quelle réalité nous offre la télévision ? Rêves télépathiques et plaisirs faciles assurément, mais sommes-nous encore libres ?

Nos goûts et nos préférences littéraires et musicales sont continuellement formatées et con-formées, voire transes formées. Récitals ou concerts, galas de charité publique, le grand cirque médiatique bat le tambour !

Sans bouger de chez soi, on chante en hits party et en karaoké, sous les paillettes, dans des one-man shows et des talk-shows ! On est vedette, on danse, on chante pour le Prince de Lu ; on est un grand chef, on cuisine, on pâtisse pour le roi de Prusse !

Passant de chaînes en chaînes, les mêmes stars font le spectacle pour vous en prime ! Prononcez Praim Taim ! Les chochottes font le grand show, les DJ mixent l'opéra soap. Aboyez à la lune ou faites le moonwalk !

Le feuilleton d'hier est devenu saga, diffusé et multidiffusé, en saisons, épisodes et Séries. Prononcez " Cérises ", sur le gâteau de l'audimat, où il faut être au Top et pas au Flop, pour doper l'audience !

Fictions historiques, téléfilms d'amour, dessins animés, aventures extraordinaires, passions et crimes, policiers et héros sont disponibles, toute la journée, en direct ou en replay, sur le petit écran. Dès le réveil, le petit écolier s'excite en devenant un héros intergalactique et renverse son bol de petit-déjeuner.

La ménagère de 50 ans, qui n'épluchera plus désormais ses oignons en pleurant, grâce au nouveau et révolutionnaire robot, commandé en direct, a le temps de vivre sa love story et de se prendre pour Cendrillon ou Sisi. A l'heure "des feux de l'amour" et du torchon qui brûle, la carbonnade oubliée est elle aussi attachée. C'est décidé, elle dira à sa fille d'appeler son prochain bébé Timberlake ou Gloria, si elle veut l'allaiter !

Hélas, le facteur qui sonne trois fois à la porte, n'est pas le Prince charmant et les lettres d'amour ne sont que des factures et des recommandés !

Les magazines de nos idoles, les documentaires, les matches en direct ou en différé, la vulgarisation des sciences, les enquêtes et reportages de toute nature et les jeux en pagaille, divertissent et évadent, tout en nous rivant au téléviseur et en nous collant au fauteuil. Plus besoin d'aller à l'école, la culture populaire est devenue culture de masse et la masse est dans la nasse !

Il n'y a plus que les forfaits qui soient mobiles car les abdos sont restés dans la tablette ! Le plaisir est un TGV à domicile ! La jouissance est au point ! Vive le point G à la TV, puissance 4 et bientôt 5 ! L'extase est dans l'emphase ! Comme Pégase, nous pouvons prendre un pied d'enfer ! Oh ! génération canapé vautrée dans ses rêves de puissance et de grandeur ! Le service n'est pas gratuit car le merlan Free ne peut pas être rasé, gratis ! Il doit donner au denier du culte de l'image !

Les autoroutiers de l'information ont aussi inventé l'autoroute à péages des émissions cryptées ou décryptées. Le téléspectateur n'est pas un globe-trotteur de la pensée mais un sédentaire formaté, floué ou flouté !

Après la redevance, voici les taxes sur les abonnements et les décodeurs ! Ils ont même fait exploser le box-office des navets avec la TNT, en nous offrant, en plus, les fleurs des bouquets satellites !

Télé transes-mission !

Fidéliser par le rêve ou l'émotion, par l'intrigue à rebondissements, par l'humour et les rires sur commande est l'objectif constant des programmes. Le bonheur survitaminé et permanent des familles formidables permet l'identification des petits et des grands aux émissions d'une réalité déformée et mercantile.

Rivé à l'écran, scotché au feuilleton, pendu au Câble, l'esprit est formaté à mort ! Pour nos tout petits, l'attention est peu à peu saucissonnée, le comportement agité et le développement cognitif anarchique dans des centres d'intérêts dispersés !

Les pubs en permanence créent le désir futile et les vrais-faux besoins : voitures, parfums, vêtements, produits alimentaires, cosmétiques ou nettoyants..., produits high-tech, achats ou abonnements, films, prochains événements du show-biz sont tous en promotion ! Le bonheur se brade et se ristourne à prix discount ! La vie est en réclame, la pensée unique en promo !

L'obsolescence de la vedette et du produit est même programmée. Pas de vaccin contre la fièvre acheteuse ! Le téléspectateur devient une fashion victime au consentement solidaire, un parfait consommateur sommé de consommer pour être de son temps !

La dévotion est au cœur de la religion télévisuelle avec ses icônes, ses dieux et ses déesses de la télé réalité. C'est tellement facile à celui qui ne croit ni à Dieu ni à diable d'obtenir le bon Dieu sans confession à la grand-messe païenne du "Panem et circenses" ! Au cirque ou au forum, dans les débats politiques, on peut même rencontrer ses élus et ses stars, les applaudir, les interviewer, dialoguer, chanter et jouer en direct, avec eux. On est fan frénétique, grand témoin ou jury ; on vote et on élit ; on gagne des lots ou à être connu !

C''est l'objectif affiché à la Une, donner une télé transes-mission convulsive qui vous enchaîne en continu et vous déchaîne en crises d'hystérie collectives ! Seuls les médiums des médias sont transes-lucides ! Si "trans" signifie "de l'autre côté", c'est vous le télé-mateur qui êtes promis et garanti à l'Ouest ! Vous vous y voyez ! Ainsi, sans grand talent particulier, vous passerez vous-même un jour, à la télé ! Vedette d'un seul jour, pour le téléspectateur mais pour toujours, dans votre quartier du Landerneau.

Tout est fait et pensé pour sublimer les frustrations, provoquer les désirs et sortir de la banalité du quotidien par le clinquant des variétés, des faits divers montés en exploits, des manies passées pour dons ou des particularités physiques ou psychologiques présentées comme des phénomènes extraordinaires.

Tout est également conçu, pour vivre la vie rêvée des people en famille ou en vacances, de la belle et de ses princes, pas toujours charmants, ou pour filer, dans le pré, le parfait amour ou l'amour vache, à gros sabots !

Grâce à la télé ou la tablette, les arbres sont même épargnés, halte à la déforestation, vive Amazone et le kiosque virtuel. Aujourd'hui, le livre et le journal sont lus pour vous. L'information aux mains des grands groupes de presse est aseptisée et orientée pour formater les esprits, manipulée pour mieux vous prendre en mains.

Au règne de l'image, le monde est exposé, de manière modérée ou radicale, dans le sensationnel ! Sur fond de guerre des ondes, des canaux et des chaînes, flashes, scoops et grands reportages, infos en live et news en boucle, font dans le pathétique ou dans le sympathique.

Constat tragique, comique ou tragicomique ? Toujours les mêmes ressorts classiques ! Du pathos pour les patauds. Logique ! Du burlesque et de la farce pour les bouffons et fanfarons ! Au final, l'objectif à atteindre, c'est de faire pleurer Margot et ou bêler le mouton de Panurge. Vous pouvez zapper, vous avez le choix !

A tue-tête !

L'actualité est aujourd'hui vécue en temps réel et en direct. Au risque de se noyer dans le flot des nouvelles en crue, chacun doit surfer sur la vague ou faire le buzz.

Big Brother est partout. Pour aller toujours plus vite, le téléspectateur transformé en internaute, doit connaître le vocabulaire de l'époque, être Smart ! phone ! Oh ! Vite un plan Snapchat ! Oui ! J'te like et j'te Skype !

Les messages sont codés comme au temps de Radio Londres ! Tu peux te faire youtuber ou facebooker jour et nuit ! Mais attention encore à ne pas être largué ou dépassé, si tu ne sais pas rentrer par le portail ouvert et ouvrir le fichier numérique.

Sans ramer à contre-courant, il faut naviguer dans l'Appstore de ses I phones, toujours plus rapides, toujours plus légers et plus performants. L'apprenti se doit d'être maître des applications, fonctions et paramètres. La génération Y des digital natives ne peut pas rester sur la touche ! Pour ses twittos : #chébran et émoticônes lol ! Smileys, les ouistitis !

Elle doit savoir ouvrir You tube, Dailymotion, acheter le nouvel iPad, la nouvelle Xbox One PS4 ou S, accéder au Wi-Fi intégré, brancher le Bluetooh, relier en USB son mobile à son Mac ou son PC et pratiquer la mise en boîte, pour vivre librement et gratuitement, grâce à sa LiveBox v 4 ou sa Freebox. Mais à peine connectée, elle est déjà ringarde ! La high-tech est la course perpétuelle et inassouvie vers le futur et ses nouveaux produits ! En permanence, on enfonce le cloud et il suffit d'avoir la fibre pour avoir du très haut débit... de factures !

Aujourd'hui, les Google Glass, les électro lunettes du futur lui mettent le monde réel et virtuel, à vue de nez ! Heureux, celui qui ne verra pas plus loin que le bout de son nez ! Les montres de l'Apple Watch lui offrent de chercher midi à quatorze heures à l'échelle de la planète ! L'humanoïde est désormais sur système Android ! La Google Car roule pour le mettre en toute sécurité au pied du mur et... le faire tomber !

Le plaisir permanent est devenu extatique et croissant, voire orgasmique, quand chacun peut toucher le point G, force 3 puis force 4 pour s'accoupler et communiquer en ligne, de plus en plus vite et tous azimuts ! Le Plan Marshall est un plan Q !

Fini l'isolement ! Je ne suis plus jamais seul ! J'envoie des mails, qui s'enmailent et se mêlent aux courriels des derniers défenseurs de la langue française. Dans le secret, je crypte mes identifiant et mot de passe. Incognito ou en correspondance privée, j'établis des contacts. Je me connecte et j'envoie, en Microsoft qui peut, en abrégé, des textos et des sms, des images et des vidéos. SOS ! Hier, si la coupe était pleine, aujourd'hui, c'est la messagerie qui déborde.

Je peux aussi discuter en direct, tout en voyant sur Skype, Yahoo! mes pseudo centaines d'amis, mi-réels, mi-virtuels, géolocalisés et co-choisis sur Facebook ! Comme Pénélope, je tisse en continu, de nouveaux liens sociaux avec ma communauté numérique. Le chimérique espoir, l'introuvable bien aimé(e) sont désormais Meetic ! En amoureux transi, je n'ai plus à écrire des vers en solitaire, je peux adopter un mec, être attractif mondialement et trouver l'âme sœur chérie, sur un site de rencontres en pratiquant le jeu du Chat et de la souris !... C'est à spamer ! Follow-me ! Mais la cage est toujours plus grande que le rat !

A la moindre envie, je deviens tactile pour tweeter à mes abonnés, ma pensée en cent quarante signes maxi... Raccourcis de la pensée ou la pensée raccourcie ? Je peux désormais parler pour ne rien dire et écrire pour ne rien exprimer, penser en illimité sans y penser, sans me dépenser ni rien dépenser. Mes idées sont contingentées, mon esprit est comprimé, mais je fais partie des élites 2.0. Je réseaute, j'ai du style, je suis cool, hip et swag !

Amis, plus l'actualité se déchaîne, plus notre imagination s'enchaîne, captifs de nos écrans ! Apple nous a pris pour des bonnes pommes. La nouvelle culture est numérique et, c'est par milliers qu'addicts et abêtis par ces matraquages assassins et assommants, nous nous brûlons la cervelle, en live, à tue-tête !

Allez, je vous offre quand même, un happening, happy end car, si vous ne l'avez déjà fait, je me zappe et m'efface : Ctrl+Alt+suppr.

 

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Godillots ! 4/4

Publié le par modimodi

 

Quel mois de juin ! Vivement le 49-3 ! Qu'on en finisse avec cette loi Travail ! Oui ! Mais ce serait, me direz-vous un déni de démocratie ! Pourquoi ? La grève répétée et qui nous rend otages est-elle une démonstration de démocratie ?

Attention, de la crise à la manifestation, de l'insurrection à la révolution, il n'y a qu'un pas de gréviste exaspéré ! Nous sommes vraiment en état d'urgence !

Triste époque où la rue s'acharne à faire la loi et voudrait renverser un gouvernement affaibli politiquement qui, hélas ! hélas ! n'aurait plus qu'à faire emploi de la force après avoir tenté une ultime négociation ! Personne ne veut capituler et il n'y a plus d'homme providentiel pour se dresser avec toute son autorité morale. Le seul génie est à la Bastille, il se dore !

C'est donc ainsi ! Quand la grève a été votée à la majorité, elle est obligatoire. Vae victis ! Malheur aux vaincus !

Bien sûr, nous ne le savons que trop ! L'effet direct d'une grève est d'arrêter la production de produits et de services et de provoquer une gêne, la plus générale possible afin de faire pression. Mais où est la limite ? Jusqu'où peut-on porter atteinte à la liberté individuelle ? Quelles limites donne-t-on au bien commun et à l'intérêt général ? Quelles distinctions fait-on avec des revendications corporatistes et les principes réformistes de social-démocratie ?

En survivance de la grève des esclaves, certains syndicats ou leaders maintiennent l'idée d'un pouvoir employeur et d'un patronat autoritaire qui tiennent dans les fers du productivisme "les damnés de la terre." La dialectique du maître et de l'esclave, la lutte du patron contre l'ouvrier sont en survivance.

Aucune nuance n'est plus possible dans ces bras de fer et cette radicalisation du tout ou rien. Ne vous avisez pas de critiquer ces manifestations et d'exprimer votre exaspération devant ces grèves à répétition, vous seriez tout aussitôt taxés de suppôts du patronat. Vous auriez, dit-on, la mémoire courte de tous les avantages acquis autrefois de haute lutte par les camarades ! Vous insulteriez le mouvement ouvrier, son action et même notre Histoire sociale.

Devant la pression et la vocifération de la rue, il n'est plus d'autre choix qu'adhérer au combat, participer ou subir. Personne n'est paraît-il otage de la situation sauf les obstinés de leurs leitmotivs et les enragés de leurs slogans. La violence en meute peut même donner une bonne conscience dans l'anonymat du grégaire !

Le Communisme contre le Capitalisme, l'asservissement salarial contre l'exploitation humaine sont des concepts qui perdurent et qui donnent encore sa légitimité à la notion de classe sociale et de lutte éternelle. Les discours enflammés le prouvent encore et toujours dans leurs arguments et leur vocabulaire. L'idéologie s'assouplit mais elle demeure vivace. Seul l'humoriste fait la différence en donnant une bonne définition des deux systèmes : l'exploitation de l'homme par l'homme pour l'un et l'inverse pour l'autre.

Bien sûr, la grève est un droit mais peut-il y avoir droit sans la contrepartie des devoirs. A quand un manifeste pour les manifestants ? Où est donc la conscience de classe ? Bat-elle le pavé de la rue et déterre-t-elle les pavés de la plage d'opinion pour affirmer la prévalence d'un syndicat sur l'autre ? Quel impact quand ils retombent dans la mare du conflit qui s'envase ?

Chacun espère-t-il compter ses nouveaux adhérents pour dominer le classement ? Car les classes sont hétérogènes dans leurs analyses et leurs positions. Mais au final, les rivalités entre elles comme les blocages qui paralysent le pays et la circulation des citoyens manquent vraiment de classe !

Les plaisirs des grévistes aux portes des raffineries ne sont vraiment pas raffinés pour le brave automobiliste ! Mais ça marche ! Oui ! Chers camarades grévistes, vous en êtes convaincus par la ligne de votre parti pris, la France est vraiment un pays de godillots ! Chacun veut être le roi du pavé et les autres n'ont qu'à le battre, si c'est autorisé !

Mais devant la peur de l'insurrection, les syndicats et le gouvernement aux petits pieds trouvent la danse du compromis : un pas en avant, un pas en arrière ! Une boucle pour tourner en rond et pour la boucler !

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Godillots ! 3/4

Publié le par modimodi

 

Juin 2016

La grève s'étend un peu partout et encombre les trottoirs. Les ordures ménagères ne sont plus ramassées pour mieux faire la grève sur le tas !

Les fonctionnaires dysfonctionnent et les aiguilleurs du ciel sont en pelote. Les têtes et les pieds s'échauffent. Personne ne veut être à la botte d'un autre. Le bon peuple fait sa révolution à gros sabots et sa tête de mule ! Pas question de claquer des talons ou du bec ! Pas le temps de pantoufler ! Comme on dit à la S.N.C.F. : "Une grève peut en cacher une autre !"

En attendant le train de mesures et le bout du tunnel, les trains de marchandises et de voyageurs sont à l'arrêt. Le prisme parisien médiatique nous montre des Parisiens qui prennent la mouche à force de se faire monter en bateau.

A marche forcée, la capitale trotte, trottine, boitille. L'esprit de clocher est à cloche-pied. C'est le temps des claque-galoches, des va-nu-pieds et traîne-savates ! Chemineaux ou cheminots, chacun est mis à pied ou mis au pas. On peste, on rage, on fulmine et on fume ! Pour le calumet de la paix, il faut encore attendre ! ... Chacun espère bien quand-même, avant l'été indien ! Les camarades écoutent le grand sachem Martinez, l'oreille collée sur les rails !

Moi, je vous fiche mon billet de seconde classe, qu'au bout du tunnel du conflit, chacun qui clopine n'aura que des clopinettes ! C'est couru... Il est cocu, le chef de gare ! Pourtant il avait bien cru, lui aussi, trouver chaussure à son pied.

Moi, le poète aux pieds déchaussés, aux rimes plates comme des semelles percées, j'ai envie de crier : "France, terre des arts, des armes et des lois", ménage-toi des correspondances. La Lorraine en sabots n'a pas bonne mine. La Charentaise est à la réforme ! A Bordeaux, ça bouchonne ! Marseille est en plein pastis ! A Rouen, on s'enflamme, des vagues de mécontentements déferlent à Nantes et à Rennes.

Tout va de mal en pis, au grand pays des labourages et des pâturages. Par monts et par vaux, c'est bien connu, les Français sont tous des veaux dont le grand vacher-fromager cherche à se payer la tête.

Comme l'herbe leur a été coupée sous les pieds, les moutons de Panurge broutent l'asphalte. Bien sûr, quelques bêlants leaders syndicaux annoncent qu'ils ont pris le taureau gouvernemental par les cornes. Ils rêvent même de tenir tous les toréadors aux joyeuses ou aux valseuses pour une dernière danse ! Une Carmagnole, peut-être !

Mais le peuple danse devant le buffet de la gare aux illusions et pas perdus ! Gouvernement et syndicats promettent tous la même soupe populaire au chou blanc. L'un la sale, les autres la poivrent.

Mais quand une partie de la population court après la carotte, qu'une autre lui raconte des salades, la France qui n'a plus un radis se retrouve dans le potage et fait la soupe à la grimace en défilant avec l'estomac dans les talons. Le drapeau noir flotte sur la marmite et le gréviste met d'autant mieux les pieds dans le plat, qu'il est vide !

Bisque, bisque, dans les gares, l'espoir est à quai et tous attendent en rêvant un train qui sifflerait trois fois ! Pendant que les uns et les autres remâchent leurs désillusions, dans les prés, les vaches ruminent leur mélancolie, au grand désespoir de n'avoir plus rien à regarder passer, hormis quelques protestataires occupant les voies ferrées.

S'il ne faut pas mettre la charrue devant les bœufs, il ne faudrait pas non plus mettre les wagons devant la loco ! Vivement que le pays retrouve un peu d'entrain ! Car pour l'heure avec cette loi, "quelle connerie", il ne nous reste que les transports au cerveau. Et pour moi, la grève du zèle de ma plume !

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Godillots ! 2/4

Publié le par modimodi

Juin 2016

C'est la grève ! Impossible d'adoucir "la loi travail" alors, la seule qui s'affirme, c'est la loi de la jungle ! Pas touche à ma Convention Collective, à ma Branche déjà sciée et à la hiérarchie des normes !

L'heure est au maintien des sacro-saints acquis et de leur défense jusqu'à la paralysie ! L'économie et la société peuvent bien évoluer dans un contexte de plus en plus complexe mais pas le code ni le droit du travail!  Le code de la route de la C.G.T prône le principe d'avoir toujours ses clignotants allumés. Sa voiture débraye et fonce, pleins phares avec sa remorque en porte-à-faux ! Car il F.O ce qu'il faut !

Pendant ce temps, une armée de bras cassés qui n'ont jamais cassé des briques ni trois pattes à un canard se sont transformés en horde de casseurs. Ils croient dur comme barres de fer que leur cause est à tout casser, la meilleure !

Comme les bonimenteurs de l'emploi et de la qualité de la vie leur ont déjà cassé les oreilles de fausses promesses et de relances, eux, nous les relancent et cassent tout : les pieds, les dents et les bonbons, les vitrines et le mobilier urbain. 

Attention! A trop jouer avec le feu, un jour funeste, quelqu'un finira par casser sa pipe ou se crever un œil à force de se le fourrer jusqu'au coude ! On appellera cela une bavure, un accident regrettable mais prévisible ! En effet, la violence comme l'envie de dialoguer sont aveugles et sourdes. La conviction d'une France qui va mal, arrange les syndicats qui nous l'assènent et la renforcent de tout leur air buté.

Pas d'accord possible envisageable sinon plaqué en mise aux poings. La nouvelle loi du Talion clame partout son nouveau mot d'ordre : " Pour un œil, les deux yeux, pour une dent toute la gueule ! " On en aimerait presque cette douce invective du petit Napoléon à talonnettes : " Casse-toi, pôv' con ! "

Le droit de grève est lui-même ostensiblement dévoyé dans la brutalité des provocations et des manifestations, par tous ces briseurs qui ne sont pas de grève. L'autorité de l'Etat est bafouée sous les sarcasmes et devant les caméras!

Et que font les "merdias" ? Quand la France défile, ils marchent à côté de leurs godasses. Ils font leurs choux gras de cette chienlit à coups d'agitation par leurs reportages choc : "De la loi travail à la loi de la chute des corps" ! "De la nuit debout à la manif debout !" Le déchaînement fait du bien aux chaînes comme le piétinement des manifestants, au pas et à la botte des meneurs aboyeurs, fait du bien aux revendications qui font du sur place !

Devant la fureur apparemment irrépressible des hooligans syndiqués ou pas, nos médias nous disent même d'aimer la police ! Embrassons-nous ! Folle ville au grand n'importe quoi ! Mais voyons ! Il n'y a pas à l'aimer, il y a à faire usage de la force publique et à faire respecter la loi ! Pausanias avait raison quand il disait : "La loi doit avoir autorité sur les hommes, et non les hommes sur la loi."

L'effet produit du"big bisou et d'adopte un keuf" est d'ailleurs inverse à l'effet attendu ! La rue en folie ne fait pas de bisous mais la nique et les hurleurs taguent à tout va pour mieux persuader l'opinion. Cette loi de l'amour imposée est évidemment absurde ! N. Chamfort avait tort quand il disait que " le Français respecte l'autorité et méprise la loi. " Aujourd'hui, il crache sur les deux, mon général !

Chers grévistes, moi, je vous dis qu'il n'y a qu'une loi qui prévaut, c'est la loi morale propre à chacun de nous et d'entre vous ! Cet article 1 prévaut sur l'article 2 ! Oh ! Je ne dis pas que vous êtes tous sans foi ni loi mais quand même... ! Je me contrains moi-même a faire grève sur le tas de mes pensées qui ne vous sont pas favorables en m'imposant presque la loi du silence !

Bien sûr ! Si la poudre aux yeux est le sable de la grève, le droit de grève est licite. Les naïfs peuvent espérer trouver sous les pavés, la plage ! Les salariés ont bien le droit de s'entendre pour cesser le travail dans l'attente d'obtenir leurs revendications.

C'est même, depuis M. Millerand un droit démocratique obtenu au poing levé ! Dans "Mes mémoires" J. Caillaux nous l'explique : "Dorénavant, lorsque les ouvriers d'une usine voudront se mettre en grève. Il devra être procédé à une consultation préalable. Tous les travailleurs intéressés voteront pour ou contre la cessation du travail. Si la moitié plus un des ouvriers opine pour la grève, la minorité - dans l'espèce, la moitié moins un - devra s'incliner. La grève est obligatoire."

Comment voter contre, quand la pression du nombre est à son comble ? Le parti des mécontents est toujours majoritaire ! Plus! Toujours plus : de bruit, de cris, de slogans scandés au pied levé, de harangues enflammées, de besoins et d'insatisfactions, mains levées !

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Godillots ! 1/4

Publié le par modimodi

Mai-Juin 2016

Les grévistes, c'est comme les godasses, les deux font la paire ! Il est devenu dingue, ce si beau pays dont on dit que l'économie piétine. Mais que voulez-vous ? Voyez ! Il y a toujours quelqu'un en grève, qui défile, qui bat la semelle, qui racle le pavé. Le pays est dans ses petits souliers ! Personne n'a plus de botte secrète !

La France chemine car dans un ultime bras de fer, son chemin de fer rouille à son terminus. Au siècle des lumières, des néons, des leds et des halogènes, les lampistes ont des ampoules aux pieds !

Avant hier, sur les ondes, la dernière pantalonnade gouvernementale avait son hymne national prisé et reprisé sur un air connu : " La société est décousue, / Si ça continue, / On verra le trou de la Sécu ! "

Hier, la mise en train, c'était pour battre en retraite et rester, de guerre lasse, sur la voie de garage, là où toujours le consensus déraille. Aujourd'hui, à contre-voie, la voix du peuple s'éraille pour la loi travail ! Aie ! Aie ! Duraille ! Duraille ! La vie du rail !

Marche ou rêve! Vogue donc la canonnière des syndicats contre les franciliens en galère ! Le gouvernement ne sait pas qu'à rêver de rivage, on s'échoue sur la grève, qu'après tant de métro, boulot, dodo, la rame reste à quai, qu'après avoir été pompé, la pompe reste à sec ! Le pays qu'on faisait déjà marcher et courir peut le faire à côté de ses pompes. En panne sèche sauf de revendications!

Marche ou grève ! Flotte donc les banderoles et les drapeaux rouges ! C'est la révolution d'octobre en mai, voire ad vitam aeternam ! Les ouvriers qu'on excite de slogans racoleurs ne savent peut-être pas que ceux qui les téléguident sont payés par le syndicat ! Demandez-leur !  Interrogez les imprimeurs de la C.G.T du livre qui bloquent la parution des quotidiens ! Leur attitude est impayable mais pas eux ! Quand ils nous font des pieds de nez, la France est à pied et regarde le bout de ses godasses.

L'espoir défile et se défile, il prend la route, la voie et l'impasse. Les rassemblements dégénèrent. Pas de quartiers épargnés ! Les tracts et les esprits échauffés sont à la casse ! Les C. R. S. répliquent. Le pays casque ! C'est de l'argent jeté à la rue dévastée et de la poudre aux yeux qui piquent et qui pleurent.

Marche ou trêve ! Que voulez-vous, l'erreur est historique ! Appeler les gars de la S.N.C.F, des cheminots ne pouvait que donner l'idée de faire cheminer le bon peuple ! Eh oh, les nantis ! N'avez-vous pas honte ? A quand l'égalité pour tous et la retraite à 50 ans et à 55 ans pour tous les ouvriers ?  A quand l'examen de tous les services spéciaux ? Il ne s'agit plus de se préoccuper du  : "comment travailler mieux ?" mais du : "comment garder l'avantage du travailler moins ?"

Quand défilerez-vous pour réparer cette injustice sociale ! Depuis le temps pénible des foyers rougeoyants des locos à vapeur et des pelletées de charbon pour les alimenter, vous avez gardé des seaux d'escarbilles plein les yeux ! Qu'avez-vous à craindre aujourd'hui, hormis le courant d'air dans l’œil venu de la fenêtre ouverte !

Mais plus, toujours plus de revendications et de slogans éculés comme de vieux godillots baîllant de toutes leurs semelles ! Plus de pieds au sec ! Dans ces temps de crue des cieux et de débordements de violence, que fait donc l'Etat ?

Vous le savez ! La burka est interdite et fait débat car la France vit, rit et chante à visage découvert. Il est impossible de se masquer le visage en cette période troublée de menaces, car nous sommes tous placés en état d'urgence et de vigilance absolue. Mais comble du laxisme ! On peut se présenter cagoulé et armé de battes devant la police !

Personne ne s'en offusque. Les ultras de la droite ou de la gauche font la loi et la guérilla urbaine. Le service d'ordre des syndicats est débordé ou complaisant et la manifestation tourne à l'émeute ultra violente.

Il n'est qu'une solution : la fermeté ! Interdire, réprimer et punir, le temps de reprendre ses esprits et de garantir la sécurité publique ! Mais alors, gare à la violence aveugle qui se déchaîne ! le peuple veut bien de la loi mais pas de l'autorité pour la respecter...

 

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L'école de la vie

Publié le par modimodi

Vaste débat de société toujours dans l'air du temps ! Quelle mission donnons-nous à l'école ?

G. Bachelard disait : " Il faut mettre la société au service de l'école et non pas l'école au service de la société. " Alors, l'enfant doit-il s'adapter à l'école ou l'école s'adapter à ses besoins et ses capacités ? Faut-il faire rentrer la vie à l'école ou bien l'école se suffit-elle à elle-même puisque c'est la vie. Nous sommes en apprentissage tout au long de la vie, dans une éducation permanente.

Quelques élèves hélas, en apprentis-tissage font maladroitement quelques sacs de nœuds avec les notions de base et filent un mauvais coton scolaire. Mais la vie prendra heureusement le temps de leur dispenser formellement ou informellement ses leçons dans une école de la réussite ou de la chance, même si c'est la énième et peut-être la dernière.

Faut-il donc enseigner les connaissances fondamentales et les techniques du savoir lire, écrire, compter ou faire acquérir les compétences du savoir être ? Comment concilier l'égalité des chances et la réussite pour tous ? Le débat sur le maintien ou l'élévation du niveau d'exigences contre le nivellement des acquis par le bas oppose les débatteurs.

Maintient-on la prise en compte du passé et de l'histoire ou place-t-on les contenus en prise directe avec l'actualité et les sciences sociales ? Enseigner ou éduquer, que doit-on privilégier ? L'apprentissage classique n'est-il pas trop élitiste ? Doit-on lui préférer un enseignement commun au plus grand nombre de jeunes ?

Demandez le programme mais l'école n'est pas à la fête: carnaval des réformes, foire d'empoigne des concepts, des critères, des algorithmes, toutes transes disciplinaires ! Tout est dans tout et réciproquement. Le formateur se forme, l'enseigné s'éduque, le s'éduquant se coforme et le coformé se déforme sans se conformer. La théorie de Lavoisier s'appliquant aux opérations cognitives comme aux coups de pied au cul tend à prouver que rien ne se perd et que tout se transforme.

Pourtant qu'il s'agisse d'enseignement élémentaire ou supérieur, il n'en est qu'un, c'est celui de la vie. Le bel apprentissage de la liberté et de la longe évitée impose qu'il n'y ait d'autre alternative, qu'apprendre ou mourir dans les fers de l'ignorance. L'école de la vie partage bises et billes avant bisbilles et donne à chacun ses leçons et devoirs.

Apprendre, c'est apprendre l'autre et avec l'autre. L'amour est l'auxiliaire de la vie qui permet d'être sans se faire avoir. La connaissance n'est que reconnaissance de soi-même et de l'autre. La capacité de savoir, de concevoir et d'agir ne s'intègre mentalement que dans sa pertinence et son exploitation, c'est-à-dire dans son transfert en toutes circonstances utiles et opportunes.

L'amour à l'école nous permet avec quelques maîtresses de faire nos classes et de devenir fort en t'aime. Au théâtre de la vie, celui qui vous aide est au trou du souffleur et permet ainsi à chacun de devenir acteur. Chaque souffle de vie est un intérêt insufflé en interaction avec les dispositions personnelles, les attitudes socio-affectives et les valeurs qui motivent en vices et versa l'enseignant et l'apprenti.

Apprendre avec l'autre à s'organiser, à chercher, à risquer, c'est apprendre à vivre et à inventer le apprendre à apprendre. Le savoir par le cœur remplace le savoir par cœur. L'autre qui vous aide n'est pas pense-bête mais aide-mémoire à vivre et donc à apprendre.

L'élevage fait l'élève, l'apprentissage de la vie l'élève par échange social au rang de sujet actif et de citoyen responsable. Il n'est pas de recette, hormis pour le latin de cuisine dont l'intérêt décline, si l'on en croit Najat, la jolie ministre de l'époque !

Autrefois de la férule à la règle, on apprenait sur le bout des doigts. Aujourd'hui à condition de savoir se décentrer par rapport à lui-même, l'enseignant, hier nombriliste, découvre que le centre de son enseignement, c'est l'écoute de celui qui apprend, sujet en actes de vie, de dire et de penser.

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