Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Articles avec #l'ecole de la vie tag

Perrault raison 3/3

Publié le par modimodi

 

N'allez pas tirer avantage

Des privilèges de votre âge !

Plus encore que doux badinages

Méprisez le cabotinage.

D'ardeurs et de libertinages,

Ne faites pas dévergondage.

 

"Quand vous voyez qu'une fine femelle,

En même temps fait les yeux doux

A quinze ou seize jeunes fous,

Qui tous ne doutent point d'être aimés de la Belle

Pourquoi vous imaginez-vous

Qu'elle les attire chez elle

Si ce n'est pour les plumer tous ?" (5)

 

Méfiez-vous des frêles cervelles

Comme des aimables cruelles !

 

"Quand on a pris parti pour les yeux d'une belle,

Il faut être insensible à tous autres attraits,

Il faut jusqu'à la mort lui demeurer fidèle,

Ou s'aller cacher pour jamais." (6)

 

Si votre cœur fait le serment

D'épouser Belle au Bois Dormant,

Il vous faudra vertu, patience,

Mille secrets et mille sciences.

 

"Trop croire en son mérite est manquer de cervelle,

Pour s'y fier maint amant s'est perdu.

Pour gagner le cœur d'une belle,

Rien n'est tel que d'être assidu." (7)

 

Le temps ne fait rien à l'affaire

Pour une âme farouche et fière

Qui ne geint ni ne désespère

De vivre un amour éphémère.

 

"Attendre quelque temps pour avoir un Époux,

Riche, bien fait, galant et doux,

La chose est assez naturelle,

Mais l'attendre cent ans

Et toujours en dormant,

On ne trouve plus de femelle,

Qui dormît si tranquillement." (8)

 

5) Le Labyrinthe de Versailles. XXII - Le Milan et les Oiseaux

6) Le Labyrinthe de Versailles. XII - Le combat des Oiseaux

7) Le Labyrinthe de Versailles. XX - Le Lièvre et la Tortue

8) La Belle au Bois Dormant - Moralité

Voir les commentaires

Perrault raison 2/3

Publié le par modimodi

 

Oh ! Ne redoutez pas de prendre un vertigo,

J'ai belles références pour chacun de mes mots.

Je puise leur noblesse auprès du bon Perrault.

Et si parfois ma barbe bleue

S'accorde à vos penchants fleur bleue,

Ne craignez rien ma mie, ma belle

Ne prenez mouche de mes querelles,

Pas de désordre en vos dentelles,

Ni sur mon dos de coups d'ombrelle.

 

"Il n'est plus d'époux si terrible,

Ni qui demande l'impossible,

Fût-il mécontent et jaloux.

Près de sa femme, on le voit filer doux ;

Et de quelque couleur que sa barbe puisse être,

On a peine à juger qui des deux est le maître."(3)

 

Je me passerai bien de votre humeur champêtre,

Si le but recherché est de m'envoyer paître !

Vous jouvenceaux, jeunes amants,

Vous, verts rameaux de frais printemps,

Vous qui rêvez, princes charmants,

À la belle vêtue de blanc,

Si dame nature un peu ingrate

Vous a fait court ou haut de pattes,

Taille mal prise et nez camus,

Oreilles longues et dos bossu,

Grasses verrues joufflues, poilues

Contentez-vous de votre sort,

Il pourrait être pire encore !

 

"En vain un galant fait le beau,

A beaux traits, beaux habits,

Beau linge et belle tête,

Si du reste c'est une bête,

Il n'est bon qu'à jeter en l'eau." (4)

...

3) La Barbe bleue. Autre moralité.

4) Le Labyrinthe de Versailles. XXXIII - Le Dauphin et le Singe

 

Voir les commentaires

Perrault raison 1/3

Publié le par modimodi

Deux commères faibles de raison

Mais expertes en péroraisons,

Prises de fièvre et de vapeurs

M'ont demandé d'un air trompeur,

D'une ferveur plutôt hostile

De changer de ton et de style.

 

Dois-je garder l'humeur rieuse

Quand une sotte précieuse,

Façonnée de simple coquette

Cabotine, cancane et caquette,

Parée des plumes de la bêtise

Avec un geai fort en sottises ?

 

Sans doute, chiffonné et aigri,

Perrault déjà l'avait écrit :

 

"Il est des gens de qui l'esprit guindé,

Sous un front jamais déridé,

Ne souffre, n'approuve et n'estime

Que le pompeux et le sublime." (1)

 

Souffrez donc qu'à vos ridicules,

Je mette vos tares en bascule,

Que de vos sornettes affichées,

Je conserve le trébuchet.

 

Comme bons contes font bons amis,

Les navets, le salmigondis,

Nul souci que vous goûterez

Ces allégories acérées.

Je ne résiste point ma foi

Au plaisir, d'il était une fois

Vous conter, trouvère et héraut

Les morales du bon Perrault.

 

Chaperon rouge, mon petit ange !

"Ce n'est pas une chose étrange

S'il en est tant que le loup mange.

Je dis le loup, car tous les loups

Ne sont de la même sorte ;

Il en est d'une humeur accorte,

Sans bruit, sans fiel et sans courroux,

Qui privés, complaisants et doux,

Suivent les jeunes Demoiselles

Jusque dans les maisons, jusque dans les ruelles ;

Mais hélas ! Qui ne sait que ces loups doucereux,

De tous les loups sont les plus dangereux." (2)

...

1) Peau d'âne. Prologue

2) Le Petit Chaperon Rouge. Moralité

 

Voir les commentaires

Étrange lucarne

Publié le par modimodi

Idiot visuel !

Je risque de passer pour un réac rétrograde, un ringard de l'audiovisuel, un idiot visuel fini, un incroyant pas cathodique ! C'est peut-être moi, le guignol de l'étrange lucarne, le pignouf du paf, le Gogol de Google !

Mais, je continue de penser qu'à l'ère de la communication, les têtes à têtes se font plus avec l'écran de la tablette, de l'ordi ou de la télé qu'avec l'Autre, qui même physiquement présent n'est perçu que comme une ombre.

Aujourd'hui, la télévision mais aussi internet sont un formidable réservoir, un trésor d'informations et de documentations, une banque d'images inépuisable. Le monde est à nous, il se veut clair et Net !

Il met le nez à la fenêtre avec Windows, il est au bout des doigts de la télécommande ou du clavier. Le web n'a pas de frontière. Culturellement éveillé, chacun peut accéder à un savoir sans bornes. L'univers est infini, no limit ! Nous sommes à l'école universelle de la vie.

La création dévoile l'insondable diversité de sa beauté. A condition d'être curieux et généreux, je peux avec toute la terre, être altruiste et solidaire, en communion avec mes frères, en humanité. L'œil et le cerveau, sans cesse sollicités, font de moi un voyant éclairé, un témoin permanent, un citoyen du monde.

Alors, pourquoi paradoxalement, dois-je nuancer mon propos et tempérer mon enthousiasme ? Pourquoi, suis-je devenu à la fois progressiste et conservateur ? Pourquoi, faut-il que la promesse du Paradis de la connaissance tourne au cauchemar de la surinformation et la stimulation intellectuelle, en rivalités multi médiatiques ?

Dans la guerre, que se livrent les producteurs d'accès et les médias, c'est l'esprit qu'on envahit et qu'on occupe. C'est la réflexion qu'on colonise et l'opinion qu'on annexe. Plus le terrain des idées est en jachère ou inculte de bon sens, plus les semailles de vieilles graines de culture seront fécondes. La conquête du jugement et de la raison se réalise par le rêve ou l'émotion.

Qu'importe la qualité des semences et de la moisson, seul compte, le label de la pensée unique ! La politique en use et en abuse pour vous faire prendre vos rêves pour la réalité. La bonne parole est dans la parabole, le désir est un satellite comme la lune qui vous est promise. Les mille paillettes des stars filantes brouillent votre clairvoyance. Vous vous pensiez voyant, vous n'êtes qu'un voyeur !

L'engrais d'opinion répandu à profusion est composé d'annonces pour citoyens crédules ou de rengaines entêtantes pour graines de star. Des rêves de puissance dans des jeux addictifs sont offerts à des ados, accros de leur console.

Aux heures de grande écoute, les jeunes n'écoutent plus qu'eux-mêmes, incarnés dans les personnages d'un univers métaphorique et onirique plus ou moins délirant. Dans ce monde de fiction, la e-génération des jeux vidéo peut jouer, regarder et discuter entre clones et perdre inconsciemment la réalité, sans cesse augmentée d'images virtuelles.

L'accès à l'image est devenu tellement aisé, qu'il en comporte un aspect stupéfiant, brouillant la perception du réel. La raison du narco pratiquant, part en voyage hallucinogène. Game et score, Came et scoop sont l'opium du toxico. L'héro et l'héroïne sont dans l'image !

Le point G, puissance 4 !

Quelle réalité nous offre la télévision ? Rêves télépathiques et plaisirs faciles assurément, mais sommes-nous encore libres ?

Nos goûts et nos préférences littéraires et musicales sont continuellement formatées et con-formées, voire transes formées. Récitals ou concerts, galas de charité publique, le grand cirque médiatique bat le tambour !

Sans bouger de chez soi, on chante en hits party et en karaoké, sous les paillettes, dans des one-man shows et des talk-shows ! On est vedette, on danse, on chante pour le Prince de Lu ; on est un grand chef, on cuisine, on pâtisse pour le roi de Prusse !

Passant de chaînes en chaînes, les mêmes stars font le spectacle pour vous en prime ! Prononcez Praim Taim ! Les chochottes font le grand show, les DJ mixent l'opéra soap. Aboyez à la lune ou faites le moonwalk !

Le feuilleton d'hier est devenu saga, diffusé et multidiffusé, en saisons, épisodes et Séries. Prononcez " Cérises ", sur le gâteau de l'audimat, où il faut être au Top et pas au Flop, pour doper l'audience !

Fictions historiques, téléfilms d'amour, dessins animés, aventures extraordinaires, passions et crimes, policiers et héros sont disponibles, toute la journée, en direct ou en replay, sur le petit écran. Dès le réveil, le petit écolier s'excite en devenant un héros intergalactique et renverse son bol de petit-déjeuner.

La ménagère de 50 ans, qui n'épluchera plus désormais ses oignons en pleurant, grâce au nouveau et révolutionnaire robot, commandé en direct, a le temps de vivre sa love story et de se prendre pour Cendrillon ou Sisi. A l'heure "des feux de l'amour" et du torchon qui brûle, la carbonnade oubliée est elle aussi attachée. C'est décidé, elle dira à sa fille d'appeler son prochain bébé Timberlake ou Gloria, si elle veut l'allaiter !

Hélas, le facteur qui sonne trois fois à la porte, n'est pas le Prince charmant et les lettres d'amour ne sont que des factures et des recommandés !

Les magazines de nos idoles, les documentaires, les matches en direct ou en différé, la vulgarisation des sciences, les enquêtes et reportages de toute nature et les jeux en pagaille, divertissent et évadent, tout en nous rivant au téléviseur et en nous collant au fauteuil. Plus besoin d'aller à l'école, la culture populaire est devenue culture de masse et la masse est dans la nasse !

Il n'y a plus que les forfaits qui soient mobiles car les abdos sont restés dans la tablette ! Le plaisir est un TGV à domicile ! La jouissance est au point ! Vive le point G à la TV, puissance 4 et bientôt 5 ! L'extase est dans l'emphase ! Comme Pégase, nous pouvons prendre un pied d'enfer ! Oh ! génération canapé vautrée dans ses rêves de puissance et de grandeur ! Le service n'est pas gratuit car le merlan Free ne peut pas être rasé, gratis ! Il doit donner au denier du culte de l'image !

Les autoroutiers de l'information ont aussi inventé l'autoroute à péages des émissions cryptées ou décryptées. Le téléspectateur n'est pas un globe-trotteur de la pensée mais un sédentaire formaté, floué ou flouté !

Après la redevance, voici les taxes sur les abonnements et les décodeurs ! Ils ont même fait exploser le box-office des navets avec la TNT, en nous offrant, en plus, les fleurs des bouquets satellites !

Télé transes-mission !

Fidéliser par le rêve ou l'émotion, par l'intrigue à rebondissements, par l'humour et les rires sur commande est l'objectif constant des programmes. Le bonheur survitaminé et permanent des familles formidables permet l'identification des petits et des grands aux émissions d'une réalité déformée et mercantile.

Rivé à l'écran, scotché au feuilleton, pendu au Câble, l'esprit est formaté à mort ! Pour nos tout petits, l'attention est peu à peu saucissonnée, le comportement agité et le développement cognitif anarchique dans des centres d'intérêts dispersés !

Les pubs en permanence créent le désir futile et les vrais-faux besoins : voitures, parfums, vêtements, produits alimentaires, cosmétiques ou nettoyants..., produits high-tech, achats ou abonnements, films, prochains événements du show-biz sont tous en promotion ! Le bonheur se brade et se ristourne à prix discount ! La vie est en réclame, la pensée unique en promo !

L'obsolescence de la vedette et du produit est même programmée. Pas de vaccin contre la fièvre acheteuse ! Le téléspectateur devient une fashion victime au consentement solidaire, un parfait consommateur sommé de consommer pour être de son temps !

La dévotion est au cœur de la religion télévisuelle avec ses icônes, ses dieux et ses déesses de la télé réalité. C'est tellement facile à celui qui ne croit ni à Dieu ni à diable d'obtenir le bon Dieu sans confession à la grand-messe païenne du "Panem et circenses" ! Au cirque ou au forum, dans les débats politiques, on peut même rencontrer ses élus et ses stars, les applaudir, les interviewer, dialoguer, chanter et jouer en direct, avec eux. On est fan frénétique, grand témoin ou jury ; on vote et on élit ; on gagne des lots ou à être connu !

C''est l'objectif affiché à la Une, donner une télé transes-mission convulsive qui vous enchaîne en continu et vous déchaîne en crises d'hystérie collectives ! Seuls les médiums des médias sont transes-lucides ! Si "trans" signifie "de l'autre côté", c'est vous le télé-mateur qui êtes promis et garanti à l'Ouest ! Vous vous y voyez ! Ainsi, sans grand talent particulier, vous passerez vous-même un jour, à la télé ! Vedette d'un seul jour, pour le téléspectateur mais pour toujours, dans votre quartier du Landerneau.

Tout est fait et pensé pour sublimer les frustrations, provoquer les désirs et sortir de la banalité du quotidien par le clinquant des variétés, des faits divers montés en exploits, des manies passées pour dons ou des particularités physiques ou psychologiques présentées comme des phénomènes extraordinaires.

Tout est également conçu, pour vivre la vie rêvée des people en famille ou en vacances, de la belle et de ses princes, pas toujours charmants, ou pour filer, dans le pré, le parfait amour ou l'amour vache, à gros sabots !

Grâce à la télé ou la tablette, les arbres sont même épargnés, halte à la déforestation, vive Amazone et le kiosque virtuel. Aujourd'hui, le livre et le journal sont lus pour vous. L'information aux mains des grands groupes de presse est aseptisée et orientée pour formater les esprits, manipulée pour mieux vous prendre en mains.

Au règne de l'image, le monde est exposé, de manière modérée ou radicale, dans le sensationnel ! Sur fond de guerre des ondes, des canaux et des chaînes, flashes, scoops et grands reportages, infos en live et news en boucle, font dans le pathétique ou dans le sympathique.

Constat tragique, comique ou tragicomique ? Toujours les mêmes ressorts classiques ! Du pathos pour les patauds. Logique ! Du burlesque et de la farce pour les bouffons et fanfarons ! Au final, l'objectif à atteindre, c'est de faire pleurer Margot et ou bêler le mouton de Panurge. Vous pouvez zapper, vous avez le choix !

A tue-tête !

L'actualité est aujourd'hui vécue en temps réel et en direct. Au risque de se noyer dans le flot des nouvelles en crue, chacun doit surfer sur la vague ou faire le buzz.

Big Brother est partout. Pour aller toujours plus vite, le téléspectateur transformé en internaute, doit connaître le vocabulaire de l'époque, être Smart ! phone ! Oh ! Vite un plan Snapchat ! Oui ! J'te like et j'te Skype !

Les messages sont codés comme au temps de Radio Londres ! Tu peux te faire youtuber ou facebooker jour et nuit ! Mais attention encore à ne pas être largué ou dépassé, si tu ne sais pas rentrer par le portail ouvert et ouvrir le fichier numérique.

Sans ramer à contre-courant, il faut naviguer dans l'Appstore de ses I phones, toujours plus rapides, toujours plus légers et plus performants. L'apprenti se doit d'être maître des applications, fonctions et paramètres. La génération Y des digital natives ne peut pas rester sur la touche ! Pour ses twittos : #chébran et émoticônes lol ! Smileys, les ouistitis !

Elle doit savoir ouvrir You tube, Dailymotion, acheter le nouvel iPad, la nouvelle Xbox One PS4 ou S, accéder au Wi-Fi intégré, brancher le Bluetooh, relier en USB son mobile à son Mac ou son PC et pratiquer la mise en boîte, pour vivre librement et gratuitement, grâce à sa LiveBox v 4 ou sa Freebox. Mais à peine connectée, elle est déjà ringarde ! La high-tech est la course perpétuelle et inassouvie vers le futur et ses nouveaux produits ! En permanence, on enfonce le cloud et il suffit d'avoir la fibre pour avoir du très haut débit... de factures !

Aujourd'hui, les Google Glass, les électro lunettes du futur lui mettent le monde réel et virtuel, à vue de nez ! Heureux, celui qui ne verra pas plus loin que le bout de son nez ! Les montres de l'Apple Watch lui offrent de chercher midi à quatorze heures à l'échelle de la planète ! L'humanoïde est désormais sur système Android ! La Google Car roule pour le mettre en toute sécurité au pied du mur et... le faire tomber !

Le plaisir permanent est devenu extatique et croissant, voire orgasmique, quand chacun peut toucher le point G, force 3 puis force 4 pour s'accoupler et communiquer en ligne, de plus en plus vite et tous azimuts ! Le Plan Marshall est un plan Q !

Fini l'isolement ! Je ne suis plus jamais seul ! J'envoie des mails, qui s'enmailent et se mêlent aux courriels des derniers défenseurs de la langue française. Dans le secret, je crypte mes identifiant et mot de passe. Incognito ou en correspondance privée, j'établis des contacts. Je me connecte et j'envoie, en Microsoft qui peut, en abrégé, des textos et des sms, des images et des vidéos. SOS ! Hier, si la coupe était pleine, aujourd'hui, c'est la messagerie qui déborde.

Je peux aussi discuter en direct, tout en voyant sur Skype, Yahoo! mes pseudo centaines d'amis, mi-réels, mi-virtuels, géolocalisés et co-choisis sur Facebook ! Comme Pénélope, je tisse en continu, de nouveaux liens sociaux avec ma communauté numérique. Le chimérique espoir, l'introuvable bien aimé(e) sont désormais Meetic ! En amoureux transi, je n'ai plus à écrire des vers en solitaire, je peux adopter un mec, être attractif mondialement et trouver l'âme sœur chérie, sur un site de rencontres en pratiquant le jeu du Chat et de la souris !... C'est à spamer ! Follow-me ! Mais la cage est toujours plus grande que le rat !

A la moindre envie, je deviens tactile pour tweeter à mes abonnés, ma pensée en cent quarante signes maxi... Raccourcis de la pensée ou la pensée raccourcie ? Je peux désormais parler pour ne rien dire et écrire pour ne rien exprimer, penser en illimité sans y penser, sans me dépenser ni rien dépenser. Mes idées sont contingentées, mon esprit est comprimé, mais je fais partie des élites 2.0. Je réseaute, j'ai du style, je suis cool, hip et swag !

Amis, plus l'actualité se déchaîne, plus notre imagination s'enchaîne, captifs de nos écrans ! Apple nous a pris pour des bonnes pommes. La nouvelle culture est numérique et, c'est par milliers qu'addicts et abêtis par ces matraquages assassins et assommants, nous nous brûlons la cervelle, en live, à tue-tête !

Allez, je vous offre quand même, un happening, happy end car, si vous ne l'avez déjà fait, je me zappe et m'efface : Ctrl+Alt+suppr.

 

Voir les commentaires

De l'art de l'enfance à l'enfance de l'art. 2/2

Publié le par modimodi

L'œuvre propose par son organisation originale un visage aussi différencié que les visages humains.

Face à l'objet, nous sommes seuls et maîtres absolus des interprétations et des signes de connivence qui surgissent. En effet, dans les arts du spectacle, la danse, l'opéra, le théâtre, la résonance sociale est immédiate et fonction de l'interprète. Son art est de faire advenir ce qui n'était juste là que latent et de réaliser grâce à une complète maîtrise de virtuose le projet d'une perfection.

La musique, disait Leibnitz, est un exercice d’arithmétique d'un esprit qui ne sait qu'il compte. Attention ! Trop de technique et d'académisme dégradent l'oeuvre. Si l'inspiration ne soulève pas la danse, elle dissimule mal l'entraînement gymnique qu'elle impose.

L'intellectualisme qui ramène la contemplation esthétique à la perception d'un ordre rationnel ne respecte pas la spécificité de l'émotion esthétique. Apprendre l'esthétique par une analyse technicienne qui essaierait de révéler les procédés de la fabrication de l'oeuvre serait confondre l'artiste et l'artisan. L'art est toujours libéré de la technique.

Évitons de théoriser sur le beau. Nous nous rappelons ce que Voltaire nous laissait entendre. Si on demandait à un crapaud ce qu'est la beauté, il nous répondrait que c'est sa crapaude. La beauté de l'oeuvre n'est pas celle de la nature.

Les pouilleux de Murillo, les tabagies des peintres hollandais, les vaches de Potter ou les chaudrons de Chardin sont artistiquement beaux. La visite des musées ou des expositions peut inciter à peindre, la lecture de poèmes ou de romans peut donner l'idée d'écrire. L'Art sous tous ses aspects est une transposition et non un reflet du réel.

En bons pédagogues que nous tentons d'être avec nos enfants et petits-enfants, prudence et mesure ! Expliquer une oeuvre, c'est malmener son originalité brute. Tout au moins, pouvons-nous insister sur la mise en forme de matériaux préexistants et dire ce que les concertos de Bach doivent à Vivaldi. Mais l'histoire, la sociologie ou la psychologie n'expliqueront de l'art que ce qui en lui n'est pas artistique.

Le secret de la création est dans l'élan mystérieux qui emporte les matériaux, les sources et qui les métamorphose. Pour en faire des créateurs, faisons de nos jeunes initiés, des spectateurs, des auditeurs, des contemplateurs, des témoins heureux, épris de jouissances immédiates, emportés par leur joie intérieure. Ils ont déjà en eux, le don de l'émerveillement, la naïveté de l'innocence. Ils possèdent l'essence de l'art dépouillé de tout artifice maniéré.

Gardons-nous bien des succès trop faciles. Le mélodrame où Margot a pleuré n'est pas forcément une oeuvre d'art et l'émotion de Margot n'est pas non plus l'assurance de sa contemplation artistique. L'émotion esthétique n'est pas porteuse de coopération, elle est involontairement égoïste et individuelle car incommunicable.

Il faut progressivement amener nos juvéniles artistes à être ravis, arrachés à leur propre univers, emportés dans leurs rêves, envahis par une joie persistante, majestueuse, obsédante, exclusive, révélée, déjà transcendante et bientôt extatique.

Assurément, il n'est pas aisé d'initier de l'Art de l'Enfance à l'Enfance de l'Art !

Voir les commentaires

De l'art de l'enfance à l'enfance de l'art 1/2

Publié le par modimodi

Qui donnera l'envie, le goût de l'art ? Qui montrera à nos chères têtes blondes que l'oeuvre s'offre en nous faisant signe ?

Qui leur apprendra et leur fera sentir que le temple, la statue ou le tableau sont des objets uniques dont nulle copie n'atteindra jamais l'original ? La confirmation est d'autant plus perceptible avec la musique ou la poésie, soumises à d'inévitables interprétations et dont la trahison et la nouveauté imprimées par l'exécutant transforment l'oeuvre et l'esprit présumé de l'auteur.

C'est d'ailleurs à travers cette loi de constante dépossession du créateur que s'établissent la gloire, la mémoire et la mort d'un nom qui éveille la création, elle-même, au-delà de son auteur. Alors, l'éducation et l'initiation artistiques que nous donnons à nos enfants et petits enfants devraient contribuer à asseoir l'unicité et le prestige des œuvres. 

Toutes ne s'appréhendent pas de manière identique. L'oeuvre d'art plastique se situe dans un monde qui participe à son emprise. La lumière, le mouvement et la distance entrent ainsi dans la jubilation esthétique.

Le temple grec, l'église romane restent enracinés dans leurs sols respectifs, liés aux chemins qui y conduisent pour que chaque pérégrination puisse suivre, à travers les raisons du temps, les symboles et les voies d'une civilisation. De même, l'architecture, la sculpture ou la peinture nécessitent de pleins jeux de lumières et des modulations impossibles à éluder.

Distincte de ce qui l'entoure, l'oeuvre plastique se détache dans sa nouveauté, s'offre dans son unité de masse ou de surface, pour être saisie d'un seul coup d’œil. Douce illusion de tenir sous le regard, en un instant, tout un objet ! Mais qu'importe! Il faut apprendre à nos artistes en herbe à cultiver l'illusion indispensable à la contemplation esthétique, ressort indispensable à la fascination.

En musique, un fond de calme et de silence suffit à faire naître et s'enchaîner les accords. Chacun des instants successifs participe dans le développement temporel de l'oeuvre, à une attente, un désir, un déroulement et une continuité nécessaires. Nous l'avons déjà expérimenté. Nous ne saurions donc l'oublier ou le nier... Quelques mots d'un poème, quelques lignes d'un livre, une phrase de sonate peuvent nous donner accès à l'ensemble de l'oeuvre. Il nous est alors possible de la juger en subissant la fascination de son inépuisable et intemporelle unité alors que nous la recevons dans l'instant éphémère de notre jubilation et que nous en retrouvons le génie brut de l'enfance !

J'ai par trop souffert de la militarisation de quelques doctes stratèges en initiation artistique qui s'employaient à grand coups de canon tirés sur la beauté. Enseigner l'art, c'est d'abord l'approcher, l'apprivoiser, éduquer à l'émotion, à nouveau donner le goût et susciter l'envie en la gravant dans l'inconscient. Evidemment, on ne peut l'étudier sans aborder les règles et les conventions qui président à l'organisation d'une oeuvre mais pourquoi faudrait-il tout comprendre et tout expliquer ?

C'est d'abord dans la joie, la liberté et le plaisir qu'elles doivent être pressenties et découvertes. Elles seront après, parfois bien après, relativisées en fonction d'une grammaire propre, d'une école, d'une tradition, d'un style jamais immuable par définition.

A partir de ces éléments, variables et propres à chaque créateur, la règle esthétique ne peut être qu'individuelle et correspondre à notre propre sensibilité ou évolution artistique. La sculpture s'offre à notre corps en tant que corps redoublé dont nous pouvons faire le tour, passant illusoirement derrière le miroir... Notre imaginaire découpe alors le bloc de pierre brute pour sculpter et modeler à nouveau chaque forme. Chaque fragment ôté est un coup porté à nos vulgaires préjugés pour détacher de la pierre brute, l'émotion et la beauté contenues dans l'oeuvre.

 

Voir les commentaires

L'école de la vie

Publié le par modimodi

Vaste débat de société toujours dans l'air du temps ! Quelle mission donnons-nous à l'école ?

G. Bachelard disait : " Il faut mettre la société au service de l'école et non pas l'école au service de la société. " Alors, l'enfant doit-il s'adapter à l'école ou l'école s'adapter à ses besoins et ses capacités ? Faut-il faire rentrer la vie à l'école ou bien l'école se suffit-elle à elle-même puisque c'est la vie. Nous sommes en apprentissage tout au long de la vie, dans une éducation permanente.

Quelques élèves hélas, en apprentis-tissage font maladroitement quelques sacs de nœuds avec les notions de base et filent un mauvais coton scolaire. Mais la vie prendra heureusement le temps de leur dispenser formellement ou informellement ses leçons dans une école de la réussite ou de la chance, même si c'est la énième et peut-être la dernière.

Faut-il donc enseigner les connaissances fondamentales et les techniques du savoir lire, écrire, compter ou faire acquérir les compétences du savoir être ? Comment concilier l'égalité des chances et la réussite pour tous ? Le débat sur le maintien ou l'élévation du niveau d'exigences contre le nivellement des acquis par le bas oppose les débatteurs.

Maintient-on la prise en compte du passé et de l'histoire ou place-t-on les contenus en prise directe avec l'actualité et les sciences sociales ? Enseigner ou éduquer, que doit-on privilégier ? L'apprentissage classique n'est-il pas trop élitiste ? Doit-on lui préférer un enseignement commun au plus grand nombre de jeunes ?

Demandez le programme mais l'école n'est pas à la fête: carnaval des réformes, foire d'empoigne des concepts, des critères, des algorithmes, toutes transes disciplinaires ! Tout est dans tout et réciproquement. Le formateur se forme, l'enseigné s'éduque, le s'éduquant se coforme et le coformé se déforme sans se conformer. La théorie de Lavoisier s'appliquant aux opérations cognitives comme aux coups de pied au cul tend à prouver que rien ne se perd et que tout se transforme.

Pourtant qu'il s'agisse d'enseignement élémentaire ou supérieur, il n'en est qu'un, c'est celui de la vie. Le bel apprentissage de la liberté et de la longe évitée impose qu'il n'y ait d'autre alternative, qu'apprendre ou mourir dans les fers de l'ignorance. L'école de la vie partage bises et billes avant bisbilles et donne à chacun ses leçons et devoirs.

Apprendre, c'est apprendre l'autre et avec l'autre. L'amour est l'auxiliaire de la vie qui permet d'être sans se faire avoir. La connaissance n'est que reconnaissance de soi-même et de l'autre. La capacité de savoir, de concevoir et d'agir ne s'intègre mentalement que dans sa pertinence et son exploitation, c'est-à-dire dans son transfert en toutes circonstances utiles et opportunes.

L'amour à l'école nous permet avec quelques maîtresses de faire nos classes et de devenir fort en t'aime. Au théâtre de la vie, celui qui vous aide est au trou du souffleur et permet ainsi à chacun de devenir acteur. Chaque souffle de vie est un intérêt insufflé en interaction avec les dispositions personnelles, les attitudes socio-affectives et les valeurs qui motivent en vices et versa l'enseignant et l'apprenti.

Apprendre avec l'autre à s'organiser, à chercher, à risquer, c'est apprendre à vivre et à inventer le apprendre à apprendre. Le savoir par le cœur remplace le savoir par cœur. L'autre qui vous aide n'est pas pense-bête mais aide-mémoire à vivre et donc à apprendre.

L'élevage fait l'élève, l'apprentissage de la vie l'élève par échange social au rang de sujet actif et de citoyen responsable. Il n'est pas de recette, hormis pour le latin de cuisine dont l'intérêt décline, si l'on en croit Najat, la jolie ministre de l'époque !

Autrefois de la férule à la règle, on apprenait sur le bout des doigts. Aujourd'hui à condition de savoir se décentrer par rapport à lui-même, l'enseignant, hier nombriliste, découvre que le centre de son enseignement, c'est l'écoute de celui qui apprend, sujet en actes de vie, de dire et de penser.

Voir les commentaires

Tête en l'air et ventre à terre !

Publié le par modimodi

Avec les beaux jours, je flâne, je rêvasse, je m'évade. Je me drogue au soleil, à la nature, je prends de la poudre d'escampette. La tête me tourne comme la girouette au vent de ma fantaisie buissonnière. Je divague à tire d'ailes, sans queue ni tête !

Je me souviens ! "Devant la porte de l'usine / Le travailleur soudain s'arrête / Le beau temps l'a tiré par la veste / Et comme il se retourne / Et regarde le soleil / Tout rouge tout rond / Souriant dans son ciel de plomb / Il cligne de l’œil / Familièrement..." (Le temps perdu - Jacques Prévert)

Je me souviens ! En ce temps-là, mon école aussi prenait ses quartiers de printemps ! Je me remémore. Eluard me rappelle que la terre est en fête, bleue comme l'azur, comme un quartier d'orange qui donne envie de croquer dedans. Je vois les écoliers passer en piaillant sous ma fenêtre en rangs desserrés. J'ai envie de leur fredonner à ma manière, cet air connu, plein de gouaille joyeuse : "Quand on se promène au bord de l'eau / Comme tout est beau, c'est rigolo ! / En classe de mer ou en classe d'eau / On est comme des poissons dans l'eau "

Braves pédagos, bucoliques ou champêtres, marins d'eau douce ou flibustiers, alpinistes ou chamois ! Chouettes instits, tuteurs pour la semaine de petits Robinsons, découvreurs d'îles désertes et enchantées aux mille chemins de la beauté !

Vos voyages organisés sont des séjours de développement pour nos enfants. Sympa le dirlo astronome qui fait déchiffrer au tableau noir de la nuit l'alphabet de l'univers ! Super les maîtresses d'écoles, nourrices le jour pour la marmaille de tous ces bruyants marmots, maternelles le soir pour S.O.S. câlins-bobos !

Heureux les profs s'égosillant à la Bastille, à en perdre la tête et le souffle révolutionnaire, à conter l'histoire de France et à recompter dans des rangs toujours fuyants une bande de potaches tout excités.

C'est à la mode de chez nous, quand l'envie prend de changer d'air et d'envoyer promener les petits bouts de choux, les élèves de l'école de la ville vont à la campagne, ceux de la plaine à la montagne et tous un jour finissent par se jeter à l'eau, en rêvant de mener la vie de château de sable.

Vive les classes de découverte et tous ces nouveaux Colomb colonisant un village pour quelques enquêtes auprès des indigènes et études de mœurs des autochtones. Grandes manœuvres et plans de campagne ! Pas un endroit, pas un bosquet, pas un muret, un interstice, pas une grotte, pas un ruisseau, pas un marais, rien n'échappera à la curiosité furieuse des troupes lancées sur le terrain.

Ils sont partout les petits mousses, sur les barrages ou les péniches, dans les sas et dans les écluses ! "Ouvrez les vannes moussaillons, nous rentrons au port !"... Ils sont partout les petits bleus de Bresse, dans les étables, au cul des poules, à l'écurie, dans le fourrage, et ... Hue cocotte !

Ils sont ici à plat ventre ou accroupis, comptant les pattes ou les pétales. "Eh, ça t'épate ou tu détales !" Ils sont là-bas, des vols d'oiseaux dans les jumelles. "Des bartavelles, des bartavelles !" "Mais non, nigaud, des hirondelles !"

Ils vont, ils viennent et font bouquet d'observations et moissons de souvenirs. Heureux temps mêlé de sérieux et d'insouciance, petits bonheurs de l'amitié et des cœurs purs, certains jours, je vous regrette !

 

Voir les commentaires

Ballade des guerres du temps jadis et d'aujourd'hui 4/4

Publié le par modimodi

 

Où sont frères de François Villon

Qui f'saient la bombe à l'occasion,

Force canons sans picaillons?

Le monde s'arme à tours de bras

Nagasaki, Hiroshima,

At home, c'est pas du cinéma!

Asie, mutés les bombardiers

Vont plomber les palétuviers.

Hécatombe parmi les colombes!

Sous les tapis en feu des bombes

Plus de cèdres, rien que des tombes.

Radiations, malformations,

L'espèce est en voie d'extinction.

Si vous voulez mon opinion,

Poussez pas sur le champignon!

Europe, ONU, OTAN, en emporte le vent...

Valait mieux les guerres d'antan?

 

Conflits armés des grands Satans,

Des millions de combattants

Prêts à se battre sur le champ.

La terre entière est un volcan.

Afghanistan, Corée, Iran,

Sinaï, Mali, Syrie, Liban.

Fous du djihad et du Coran,

La nostalgie des Ottomans,

La revanche des musulmans.

Valait mieux les guerres d'antan?

 

Guérillas, attentats, bains d'sang

Narco trafiquants florissants,

Famines et trafics d'enfants

Au Niger, Darfour ou Soudan.

Tant de martyrs et d'innocents!

Exodes, réfugiés et migrants

A nos frontières suppliants.

La planète à feu et à sang,

Pour encore combien de temps?

Valait mieux les guerres d'antan?

Voir les commentaires

Ballade des guerres du temps jadis et d'aujourd'hui 3/4

Publié le par modimodi

 

Où est passée la Grande Armée?

Où sont lanciers et voltigeurs?

Les grenadiers se sont paumés

De Waterloo à Aboukir.

Ils sont battus les mamelouks

Les maréchaux sont tous des ploucs!

Lorsque tout va de mal en pire,

Il vaut mieux qu'ils se tirent ailleurs.

Loin sont Friedland et Eylau,

L'Aigle impérial a l'bec dans l'eau.

Mêm' les grognards sont à l'encan.

Mais où sont les guerres d'antan?

 

Où sont zouaves et cuirassiers,

Traîneurs de sabre, conquérants

Dont le sourire carnassier

Sonnait la charge à la hussarde

Des mercières au coeur battant?

Plus de stratèges en mansardes.

Il est loin le temps des conquêtes.

Bugeaud a rangé sa casquette,

Déroulède chantonne aux soldats,

La Seine coule au pont de l'Alma...

Les pieds dans l'eau rendent impotent.

Mais où sont les guerres d'antan?

 

Où sont nos braves Poilus,

Qui pour l'Alsace recouvrer

Et la Lorraine et leurs sabots,

Coururent la mort à pleins tombeaux?

Tombés par tranchées et talus,

A plein gaz, ils s'en sont allés.

Grosse Bertha a bien œuvré!

C'est la der des der qu'ils voulaient,

En quarante, ce fut la dégelée...

Y'a moins d'amour au chemin des Dames

Que dans les vitrines d'Amsterdam!

Défilez anciens combattants!

Mais où sont les guerres d'antan?

Voir les commentaires

1 2 3 > >>