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Articles avec #lecteur tag

Bafouillis

Publié le par modimodi

Ô lecteur, doux amant des belles Lettres et de ta Muse ! Mon ami, mon semblable !

Tu as pris Églantine pour Rose d’Ispahan !... Tu crois que c'est l'amour, ce n'est qu'une amourette !

Ô toi, bel amoureux, tu te tiens devant elle ! Tu rosis, tu balbuties et tu bafouilles ! Ton cœur n'est pourtant pris que dans les ronces de l'églantier et déjà tes élans et tes premiers murmures portent des éraflures ! Comment seras-tu, petit Ronsard, quand tu te piqueras au rosier du grand amour et qu'il t'écorchera tout vif ?

Moi aussi, vois-tu, je me pique d'aimer la vie, la beauté et les arts ! Mais je confonds parfois arts avec artifices, artiste avec artificier ! Je vénère la littérature et j'adore les mots, comme on aime la beauté des femmes, des Muses et des Vénus ! Mais avec eux et avec elles, je suis un éternel apprenti ! Piètre écrivain et mauvais artilleur ! Oh ! je sais enflammer, mettre le feu aux poudres. Je sais, quand il le faut, être tout feu tout flamme mais je ne fais pas assez long feu. Je lance des idées qui s'élèvent et scintillent mais retombent aussitôt. Et quand j'offre un bouquet, c'est un bouquet final.

Mes mots crépitent sous ma plume qui bégaye, mes pensées fusent en étincelles bredouillantes ! Je déclare ma flamme en jaillissements de mon cœur embrasé ! Mes yeux pétillent, mon souffle littéraire attise les jets ardents de ma prose flamboyante ! Mais d'émois et de maladresses, je ne sais gribouiller que de tendres bafouilles.

Mon éloquence est comme un tableau pointilliste, criblé de paroles serrées et précipitées. Mes déclarations d'amour, toutes en points d'exclamation n’entraînent qu'interrogations et n'aboutissent qu'en points de suspension !

Mais comme une œuvre de Signac, de Seurat ou de Pissarro, j'impressionne par petites touches, la page blanche et la toile écrue de mon récit. Je fragmente et j'unis les sons. Je fonds les syllabes pour composer et nuer les mots. Il suffit alors de prendre du recul pour en apprécier la forme, l'expression, les lignes et les couleurs ! C'est l’œil du cœur qui accommode, c'est l'oreille du cœur qui me rend intelligible aux yeux du lecteur.

Pour un peu, je ferais de mes bafouillages, un art suprême du barbouillage ! Pour un peu, je me piquerais d'élever mes "méli-mélos dits" à la hauteur d'un art mosaïque. Je n'ai pas besoin d'être à la dernière mode, j'étais déjà beauté décorative dans l'Antiquité, à Capoue ou à Byzance ! Je suis intemporel ! Je fais plus qu'appartenir au décor, je suis dans l'Art déco. J'ai le modernisme de l'alphabet plastique de Vasarely et je bats encore, dans ce sud que j'aime, le pavé de la Villa Kérylos ! Mes mots et mes phrases, mes textes et mes pensées ont le vol en zigzag des hirondelles de mer !

Je courtise ma muse, ma gente dame Inspiration mais faute d'être toujours adroit, je suis gauche parfois ! Le gentil trouvère se décompose alors dans un grouillis de vers désordonnés. Oui, je suis emprunté comme un amoureux à son premier rendez-vous, aux premiers émois d'un baiser de la langue d'oc ou d'oïl !  Je desserre à peine les lèvres ! Je ne veux pas que nos langues se délient. Je reste court ! Je ne sais plus souffler mot. Je marmonne, j'articule à peine, j'annone, je zézaye et zozote ! Dans un spasme, je me pâme !

Ma plume elle-même imagine d'impossibles amours épistolaires avec une lectrice, à la page. Devant une belle inconnue, elle ose à peine tremper ses lèvres dans l'eau de son regard ! Elle rougit et sa graphie se trouble. Elle bat de l'aile, elle barbote et s'ébroue dans l'encrier. Elle blablate et débite un mot sur deux qu'elle estropie ! Ma Muse n'aime pas mon cheveu sur la langue ! 

C'est après tout, sans importance au fond, pour moi, puisque je multiplie les duplicata de couacs dans la mare aux vilains canards boiteux ! Mais peut-être, est-ce important pour vous, lecteurs de hasard, si en tombant sur mon bec claquant ses bredouillis, vous vous retrouvez alors, à votre tour, marmonnant et bredouilles d'intérêt littéraire !

Qu'importe d'ailleurs, la linguistique ou l'élocution, le style ou la rhétorique ! Ne me jugez pas embrouillé, hermétique ou confus, je suis volontairement filandreux pour que vous puissiez vous accrocher à la trame du récit et que vous n'en perdiez pas trop vite le fil ! Je babille parfois comme un enfant de la balle d'un coton à broder !

Quand mes sons, appelés mots grasseyent et se répètent dans le fond de ma gorge, ne me croyez pas pour autant polyglotte ! Je soliloque et je radote alors, car je suis plus un bafouilleur littéral, un trifouilleur littéraire, un littérateur raté et un cafouilleur à embrouilles qu'un fouilleur de pensées lexicales !

Oui, j'ai le ton saccadé, je parle et j'écris haché-menu ! Ah ! J'ai beau avoir à jamais l'amour des belles lettres ou des belles personnes, au moment d'aimer ou de les enlacer, je suis un pataud, écrivain du pathos. Ma pâte à papier est une pâte à platées plâtreuses. Je suis un piteux empoté pour des lecteurs épatés ou dépités par mes épais pâteux pâtés !

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Entre les gouttes

Publié le par modimodi

Lecteur assidu ou de passage, ne me cherchez plus ! Je suis là ! Je suis dans mes nuages. J'y joue au professeur Nimbus.

Sachez que l'écrivaillon ne craint jamais l'eau ! Il se croit capable de faire la pluie et le beau temps ! D'ailleurs, quand la pensée rouille d'humidité, qu'alors l'idée bégaye, que le mot juste ânonne, que la solution ne coule pas de source, il n'hésite pas un seul instant, il se jette à l'eau, disons plutôt, à l'encre.

Hélas ! Trois fois hélas ! Comme je n'ai moi-même inventé, ni l'eau chaude, ni l'eau tiède, ni l'encre sympathique, souvent je n'y vois goutte. Je reste les yeux dans le vague, mi terrestre, mi céleste, pénétré jusqu'au tréfonds d'une idée fixe. Je m'abrutis à répéter que ce n'est quand même pas la dernière goutte de ma veine asséchée qui fera déborder le vague de mon âme, en manque d'inspiration !

Hors de question de me noyer dans une goutte d'eau et de donner raison à cette expression dépassée : "La goutte qui fait déborder le vase !" déjà plein de mes mots… D'ailleurs, à moins d'être pris pour une cruche, l'affirmation apparaît bien trop évasive pour me faire perdre contenance.

Au contraire ! Je remue l'eau dormante de mes pensées, j'en filtre les impuretés afin de couler des phrases claires comme de l'eau de roche. Qu'elle soit un filet d'eau ou un torrent de mots, j'évite soigneusement de me répandre. Je prends soin à ne pas m'épancher pour ne noyer personne sous un déluge d'idées éparpillées.

Comme certains sont parfois imperméables, je ne cherche pas à pénétrer leur esprit par quelques averses de propos ou un déluge de textes. Je préfère glisser doucement en eux, voilà pourquoi, je garde toujours pour chacun, une goutte d'huile essentielle, une perle de bon sens et de culture…

Mais comme je n'y vois pas toujours clairement goutte, le souffle a tendance à s'envoler et quand le talent s'évente, je sèche au fond de l'écritoire. Mon inspiration crève comme un nuage mais pas la moindre gouttelette.

A ce moment -à, j'apprécie vos larmes qui ruissellent de rire ou de désespoir tandis que je me dissipe dans la brume de ma pensée et la bruine de mes idées. Car, c'est alors que je peux me disperser avec vous, chers lecteurs, passagers de la pluie, dans la fine pluie de vos petits reproches ! C'est l'eau tiède du printemps qui arrose mes fleurs de rhétorique. J'écris pour les oiseaux qui s'abritent sous mes feuilles.

Par chance, l'eau des soucis stylistiques glisse sur moi comme sur les plumes du canard. Mieux encore, comme un poisson dans l'eau, je tourne calmement et silencieusement en rond dans mon petit bocal, répétant avec force bulles, la métaphore aquatique, dans l'espoir insensé de vous rendre bouche bée… J'ai tout mon temps… L'aquarium ne risque pas de déborder pour une petite queue de poisson dans ma vie littéraire !

Je ne vais pas non plus, par dépit, crier : "La coupe est pleine !" Je prends d'ailleurs grand soin de m'en éloigner. La coupe de fiel peut devenir un fatal bouillon d'onze heures si la goutte est de poison. Ainsi, Socrate qui ne philosophait pas au compte-goutte, y a laissé son âme, goutte-à-goutte, jusqu'à la dernière de l'élixir de vie !

Pour autant, n'allez pas croire, que je vive à l'épargne, en rétention de cette belle eau jaillissante de l'esprit et du cœur !... Non ! Je vous offre toutes mes libations d'une eau-de-vie, distillée dans l'alambic du bonheur. D'ailleurs, une petite goutte d'excès, si elle est d'optimisme ne fera pas déborder le vase du bon sens. De même, la goutte d'eau bénite tombée du Haut des Cieux ne va pas noyer la grenouille du bénitier de "la Cathédrale" de Huysmans ni mouiller la poule d'eau du "Lac" de Lamartine ! 

Sans tout laisser filer à vau-l'eau, je suis plutôt comme la couleur du temps, "à la coule", afin de suivre allègrement le fil de l'existence. Vous pouvez donc, sans crainte boire à la rosée des jours perlant de mes feuilles quotidiennes et passer confiants entre leurs gouttes de pluie, loin de vos ennuis crachins ou averses d'orages. Le souffle emportant la brise de mes mots séchera vos larmes, je vous ferai venir l'eau à la bouche.

Au fil de mes pages, venez vous désaltérer à mon eau vive, à mon eau courante. Dégustez jusqu'à la dernière goutte, ma belle eau de jouvence. Vous ne tarderez pas à constater que vos petits tracas ne sont plus que des gouttes d'eau dans l'océan de ma tranquillité littéraire.

 

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Le couteau

Publié le par modimodi

Nos ancêtres au temps du paléolithique, il y a plus de 25000 ans ont inventé le premier couteau. L'un d'entre eux à l'esprit affûté, s'est sans doute, en se coupant le doigt, rendu compte qu'une obsidienne ébréchée avait un côté plutôt mordant. Ensuite, les silex n'ont pas fait long feu pour s'éclater en mille morceaux ! L'ère des os de mammouths taillés, des pierres aiguisées aux vives arêtes ont eu vite fait de dépecer et de trancher la viande des animaux tués, comme de racler les peaux.

Outil du quotidien pour la cueillette ou arme blanche pour la chasse, les premiers hommes sont déjà à galets polis et à couteaux tirés ! L'utilitaire côtoie le défensif, le pacifiste comme le guerrier. Le dominateur veut tenir l'autre sous sa coupe. Le couteau est ainsi l'instrument bénéfique du coupe-faim et le poignard, celui du coupe-coupe, radical pour couper définitivement l'appétit ! De la mâche à la machette, nos prédécesseurs hachent menu et coupent la poire en deux ou plus radicalement le sifflet ! Mais inutile de couper court avec une bande de fiers à bras raccourcis !

Si je veux, à mon tour, trancher dans le sujet, je dois mettre en garde mes lecteurs affûtés sur ses emplois coupants et ses sens affilés... L'oie blanche doit se méfier de l'arme blanche de la voix et des belles paroles du bonimenteur, prédateur de basse cour ! Vous-mêmes, tenez-vous loin de votre voisin, surtout s'il a le visage en lame de couteau. De son double tranchant, il pourrait bien en jouer pour se faire une place au soleil ou vous planter dans le dos !

Depuis, de descendance en descendance, nous n'en finissons pas de couper dans tout ce qui se présente à nous ! La vie nous est donnée en bloc, le sort de chacun est un épais brouillard comme parfois mes textes, à percer, à couper au couteau ! Bien malin celui qui peut fendre son rocher de Sisyphe quand certains ne parviennent même pas à trancher leur cordon ombilical !

Tout le monde ne peut être au premier plan, il y a des seconds et des troisièmes couteaux qui font pis que pendre et ne sont que des manches ! Il y a des porte-flingue qui ne savent pas tirer, même les lapins.

Bien sûr! Il faut de tout pour faire un monde: des désosseurs qui vous tombent sur le râble et qui vous surinent ou bien des économes qui épluchent finement quelques grosses légumes. Vous avez malheureusement le choix de vous faire étriper, écharper, émincer, hacher par quelques tranchelards. Dans tous les cas, évitez alors d'être à couteaux tirés !

Moi, je n'aime pas les amateurs à court d'idées qui font du cinéma. Ils ne savent ni tourner court ni couper court à la facilité ! Car l'existence est une suite de plans séquences avec plus ou moins de relief et plus ou moins de coupures et de coupes sombres !

Le grand cinéaste du septième art de la Vie Éternelle, dans son studio au septième ciel se prend sûrement pour un dieu. Avec sa caméra super trois huit, il offre chaque jour, à tous les fondus et enchaînés que nous sommes, un long ou un court métrage de labeur ou d'existence. Personne ne le censure, ni ne lui coupe sa parole, elle est dite d’Évangile ! Et qui plus est, il est dit ineffable !

D'ailleurs, il n'est pas bienveillant ni miséricordieux, il est cruel et sans pitié. Le Caravage nous l'a illustré, quand il exige le sacrifice d'Isaac sous le couteau d'Abraham. De plus, pour achever le tableau, nous savons qu'il viendra aussi nous couper le souffle afin de couper court à notre tragique destin. D'ailleurs, nous apprenons, dès la naissance, que nous avançons, jour après jour, dans "la nuit des longs couteaux" et que nous n'allons pas y couper !

Mais pourquoi nous débiter ainsi la vie en tranches et nous-mêmes, en rondelles comme un saucisson à l'âne de la crèche ? Pourquoi permettre aux raseurs de couper les cheveux en quatre et de nous mettre en rogne ? Pourquoi autoriser les tourmenteurs à tourner leur couteau dans nos plaies ? Pourquoi nous mettre en porte-à-faux et laisser le grand faucheur à tête de mort sortir le couperet qui va nous prendre de court, si nous ne savons pas tenir le cou ?

Pour survivre, il faudrait, semble-t-il, savoir trancher en permanence dans la difficulté. Celui qui a plusieurs cordes à son arc comme plusieurs lames à son couteau suisse a plus de chance pour trancher les nœuds serrés de la difficulté. L'écrivain au style acéré pourrait ainsi aisément trancher les mots dans le vif de son texte et parler à mots couverts pour ne pas blesser le lecteur, qui lui fait l'honneur de passer à sa table de lecture...

C'est d'ailleurs, mon humble ambition d'écrivain émoussé. Mon couteau est de papier. Il ne peut nuire à quelques mines de papier mâché, lassées par tant de mes boulettes. Il ne goutte pas du sang de ma veine tarie ! Oui, je l'espère ! Il va luire enfin dans un éclair d'inspiration car sa lame est d'or comme le croissant que la lune offre à la terre, en se penchant vers elle.

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Bout de l'an

Publié le par modimodi

Enfin ! Enfin ! L'année tire à sa fin et me laisse sur ma faim !

Certains penseront peut-être que je suis trop sévère avec moi ! Mais si vous saviez, amis lecteurs combien de fois, j'ai eu, au nom d'une fantaisie débridée, à batailler avec des idées, sans queue ni tête et des vers sans rimes ni raison ! Combien de coups de pieds tordus !

Durant toute cette année, pour être obsessionnellement nouvelle vague, ma muse qui jouait les sirènes m'a fait sans cesse des queues de poisson tandis qu'à contre-courant, je m'évertuais à mettre mon grain de sel sur la queue de l'oiseau lyre !

Hélas ! Je ne suis pas parvenu à atteindre l'oiseau rare juste à approcher la tête de linotte. Avant que je ne lui vole dans les plumes, l'inspiration s'était déjà envolée. Et c'est mon talent plombé qui a pris de fréquents et sérieux coups dans l'aile !

Hélas ! Vous le savez ! Trop souvent, je vous ai fait bâiller. J'ai endormi votre enthousiasme de lecteurs exigeants. Vous m'avez peu à peu oublié ... Dans le fond de vos oubliettes, le temps s'est offert mon temps et s'est pris du bon temps. J'ai bien vu qu'il s'étirait, comme vous dans la paresse de mon imagination.

Je la houspille pourtant, je vous l'assure. Oh oui ! Mais je suis las de constater que trop souvent, elle n'en fiche pas une secousse, pas même une fantaisie de bon ton et de bon goût. A peine, tapote-t-elle parfois mon bureau de petits coups de crayons de bois agacés. Alors, je l'invective copieusement : "On ne va quand même pas y passer la Trinité ! ... Pâques ! ... et Noël " Mais amer est le constat ... Autant en emporte le vent dans les feuillets de l'éphéméride ... Le temps a filé trop vite l'écheveau de ses saisons. Mon style est atone et ma verve est aphone...

Mauvaise nouvelle pour tous ! Le 25 décembre est passé. La fête est finie ! Le père Noël est rentré en Laponie et le sapin perd ses aiguilles. Le miracle n'a pas eu lieu. Je ne suis plus qu'une bûche calcinée dans l'âtre éteint des vaines espérances et je garde vides mes gros sabots !

L'ultime occasion, est peut-être pour ce jour qui s'est mis sur son 31 !... Bon an, mal an, si je désespère, j'ai conservé la force et le réflexe de m'écrier encore" On ne va pas y passer le réveillon ! " Oui ! Ce soir, c'est le grand soir. Je n'ai plus toutes mes chances, seulement la dernière ! On va faire la fête à la dinde ! Personne ne doit être marron !

Mes amis de passage, mes anonymes virtuels, mes clandestins des réseaux, mes réfugiés psycho-pathétiques, si vous saviez ! ... Au terme d'une année de disette littéraire et de traversée du tunnel, je croyais bien ne jamais en voir le bout ! Mais enfin ! Oh oui enfin ! Après avoir tiré à bout portant sur la moindre pensée volage, me voilà au bout du rouleau et de mes peines, au bout du mois et de l'an !

Après avoir prié de bout en bout, tous les saints du calendrier grégorien, je tiens peut-être enfin le bon bout !... Le dernier de la chandelle de l'année ! Malgré sa flamme vacillante, voyez, comme je l'ai brûlée par les deux bouts et comme c'est à bout de souffle que je parviens au bout de l'an !

Mais, quelle chance ! Demain tout ira mieux ! ... En effet, quand arrive le 1er janvier, on sait toujours par quel bout commencer sans savoir, si on atteindra le bout de la nouvelle année ! D'ici le 31 décembre prochain, un arbre peut, tout à coup, cacher la forêt entière des 365 espèces à feuilles persistantes ou caduques !

Ah ! 366, ce serait mieux ! J'en rêve ! En effet, une année bissextile m'offrirait l'heureux présage de pouvoir bénéficier d'un jour d'aubaine ou de risque en plus! En attendant, il me faut sans tarder toucher du bois, m'accrocher aux branches et prier Saint Sylvestre pour une année sans gueule de bois !

En ce dernier soir de l'année, lecteurs fidèles, j'ai besoin de toutes vos forces pour faire ensemble la fête à la morosité. Allez ! Lançons cotillons, confettis et serpentins à la tête de la déveine. Que mon esprit à facettes tourneboule et vous chamboule de ses flashs stroboscopiques ! Plus de fours que des petits fours ! Si nous devons coincer la bulle que ce soit celle du champagne ! N'ayons pas les boules par crainte de manquer d'idées multicolores. Faisons des vœux en nous embrassant sous les guirlandes et le gui !  Nous avons droit à nos étrennes !

Pour nous tous, que l'an nouveau soit le signe du renouveau de l'innovation et de la création. Que mon esprit soit lumineux de tous les feux de joie de l'imagination et de tous les feux d'artifice de l'intuition. Que dans un son et lumière, vous puissiez avec moi chanter alléluia !

A l'occasion du réveillon, réveillons ensemble ma muse ! Si, lassée de mes écrits trop terre à terre, elle veut jouer la fille de l'air, laissons la s'envoler dans le vent de tous les soupirs exaspérés que j'ai poussés ... Et puis, que le souffle lyrique emporte également mes pensées. De sons de cloche en sons de cloche, que les anges portent mon blog autour du globe et qu'il devienne un blog trotteur !

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Velouté

Publié le par modimodi

Encore une bizarrerie de mes sens qui s'égarent mais je dois avouer que la consonance du mot volupté a fait surgir en moi, l'idée et la sensation du velouté ! Je dois avoir le cerveau qui travaille par association ou subitement, un grand besoin de douceur ! Allez savoir !

Est-ce peut-être aussi le contraste de l'instant ? Comme bon nombre d'écrivaillons, j'essaie en vain de caresser mon lecteur dans le sens du poil !  Tout en y réfléchissant, assis devant mon clavier, ma main passe machinalement sur ma joue et mon menton. Je me trouve râpeux comme une bille de bois et rugueux comme une écorce !

Je sais que certains d'entre vous penseront en douce : "Ce n'est pourtant pas faute d'être rasoir !" Oh ! Les blaireaux de tout poil, tout doux ! Assez d'être barbés quand on est glabre ! Ne vous faites pas bêtement de la mousse. Assez de lotions acnéiques, ce n'est quand même pas moi, l'unique barbifiant qui vous file tous vos boutons !

Vous êtes blancs comme un linge ! C'en est assez de vos coups de calcaire, adoucissez-vous ! Mitigez vos grandes eaux, vous n'avez pas non plus, à ce que je sache, inventé l'eau tiède. Stop, amis ! Cessez de me lessiver ! J'ai un grand amour-propre !

Je fais dans le satin et dans la soie, même sauvage ! Ne vous effrayez pas, si je vous parais parfois à sec ! Une fois que j'ai effleuré votre sensibilité, que je vous ai touchés, vous n'avez plus moyen de vous détacher ni de me détacher ! Votre plaisir fait gentiment tache d'huile !

D'ailleurs, je tiens à préciser à quelques bourrus de tout poil tout rêche et à des pimbêches revêches que faute d'être la crème des hommes, j'essaie au moins d'être la crème des écrivains... d'écrits vains. Mais pas une crème à raser !...

Et même, si je parais être une crème peut-être, plus renversée que renversante, je reste une petite gourmandise à déguster ! J'écris en pleins et déliés avec mollesse et délicatesse. J'ai un toucher léger pour effleurer l'idée, caresser la pensée ! Je refoule sans énervement mes objections paralysantes. J'émulsionne avec tact mes mots et mes phrases, je mixe mes visions emmêlées à mes rêves ! Je monte les blancs de mes nuits en neiges éternelles.

Je travaille mon coup de pâte ! Je la confis aux fruits de ma fantaisie. Je pâtisse pour que vous n'en pâtissiez pas ! Je me garde d'être trop lénifiant ou sucré, sirupeux ou écœurant. Je suis juste en proportions et formulations et jamais gêné dans mes tournures. Mon style n'a guère besoin d'édulcorant ni d'aspartam pour âme sensible. Ma prose est onctueuse et ma poésie moelleuse ! Appréciez-moi, je suis du gâteau pour de bonnes pommes au cœur gold-en ! Personne ne s'est encore cassé les dents sur un trognon d'idée, rongée d'incertitude !

De grâce, n'allez pas non plus penser que je suis dans le potage ou que je fais pour autant de la bouillie ! Non ! Je m'efforce d'ôter les grumeaux. Je ne délaye pas, je tamise chaque formule, je lisse chaque expression, la plus sotte comme la plus grenue !

Si certains pensent que je les enfarine et que je les mets à toutes les sauces. Qu'ils se rassurent, quand je balance la sauce, c'est de la belle sauce blanche, délayée, il est vrai, parfois à l'eau de rose ! S'ils boivent du petit lait, de suite, je leur offre une succulente béchamel. Ils peuvent à loisir pédaler dedans ! Je peux même, si elles le souhaitent, donner du velouté aux moules ! Ah ! mes poulettes, quelle belle fin de finir ainsi trempée, au jus, pour une petite poule mouillée !

Goûtez-moi !  Il s'agit d'un vrai velouté littéraire, pas d'une soupe de poix ! J'ai tout lié avec la crème fraîche de la créativité ! Avec moi, vous ne rirez pas jaune, je ne fais jamais l’œuf ! Je ne veux offrir à vos palais de gourmets et délicats lecteurs que drôlerie et frivolité ! Je vous ai concocté un délicieux consommé solennel grâce à la communion de l'extravagance et du bon goût ! Du velouté maison, dont je garde fièrement et secrètement la recette !

 

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Funambule

Publié le par modimodi

Il est des avis qui sont tenaces et contradictoires. Ainsi en est-il de ces deux expressions opposées : "Le ridicule tue." ou "Le ridicule ne tue pas."

Qui a raison ?... Au premier degré, celui dont on se moque, celui qui prête à rire et qui n'est plus pris au sérieux est traité de ridicule. Dans ce monde des apparences, iI est socialement mort avant même de mourir de sa belle ou méchante mort.

Par contre, celui qui a de l'humour vis à vis de lui-même, qui reconnaît que bien des fois, il se retrouve gauche, emprunté ou risible, celui-là sait que le ridicule n'est pas mortel. La preuve vivante, c'est qu'il y a survécu... C'est que moi-même, j'y survis !

Que devrions-nous craindre, alors ? Le regard de l'autre ou notre propre sensation ?... Si la vie est une grande scène de théâtre où chacun joue avec plus ou moins de talent la comédie, alors oui, notre personnage peut apparaître grotesque et clownesque ou émouvant et pathétique ! Soit il tient son rôle en forçant le trait, soit il incarne la vérité du sentiment, l'instantanéité du moment, la fragilité de l'émotion ! En cette alternative, ma plume hésite toujours !

Etre un bouffon ou un acteur authentique, quel choix ! Il n'est pas besoin d'exagérer, parfois le naturel suffit... De toutes façons, c'est d'abord le jugement de l'autre qui vous rend génial ou ridicule. Vous pouvez par votre attitude, pressentir voire même induire une appréciation générale, un point de vue d'ensemble. Mais son vrai degré de pertinence vous échappe. Car l'impression que vous laissez à votre observateur se module en fonction de son éducation, de sa culture, de ses mœurs et même de la mode du moment! Ainsi en est-il du rapport écrivain, lecteur !

Moi, je suis au bord du vide des idées et ma plume hésite et vacille au bord du précipice de l'encrier. Je ne tiens pas sur le fil de ma plume rasoir. Pauvre funambule, je chancelle devant le lecteur qui parfois me balance ! Je peux travailler sans un filet, ma bêtise me les tend. La preuve, immédiatement sur la piste aux étoiles ! ...

C'est ainsi! Une maladresse de langage peut vous jouer un mauvais tour et rendre comique ce qui se voulait sérieux ou pathétique ! Une mauvaise tournure de phrase peut vous jouer un mauvais tour, rendre affecté votre style et empêtrer votre bête expression au point de faire "tourner le dos au cercle de vos admirateurs !" CQFD !. ...

- "Holà ! Holà ! Je vous arrête ! Monsieur l'accroc-bath écrivain, quelle est cette figure : "faire tourner le dos au cercle..." - "Et bien, ce n'est rien que la preuve d'un nouvel et bel exemple du ridicule consommé et assumé par votre serviteur, ce grand guignol de la plume au chapeau!..."

D'ailleurs, je suis tellement conscient de mes défauts d'écriture, de mes fausses perles que j'ai créé pour me dédouaner une piètre rubrique, intitulée:  "sans queue ni tête !" Avec l'espoir que le ridicule ne me tue pas, je vous y offre allègrement, balivernes et calembredaines !

Je renouvelle ainsi les inepties syntaxiques du galantin bourgeois gentilhomme. J'abuse d'inélégantes turlupinades sous forme de "mystères et boules de comme". Je suis prétentieux comme Trissotin. Je suis parodique. Vous pourriez me mettre en boîte, j'en surgirais encore comme un diablotin !

Et pourtant comme le ridicule ne tue pas, en toute invraisemblance, certains m'apprécient encore... Mon ridicule, mon sac de nœuds et le saugrenu de mes élucubrations sont parfois récompensés... Sans doute à ma juste valeur ! Comme on ne prête qu'aux riches, moi, je prête donc à rire et j'ai une vraie richesse de fond, celle de mes illusions, pas toujours comiques ! Vous pouvez donc bâiller, ô Corneille !

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Bête comme mes pieds 3/3

Publié le par modimodi

Ah ! Mes bons amis, je crains, qu'en temps que mauvais rimailleur, je n'arrive plus désormais qu'à "prendre mon pied" dans l'absurde d'un beau "sans queue ni tête" ! Je me mets moi-même le pied aux fesses !

J'ai grand besoin d'un bon chausse-pied. Je dois consulter un orthopédiste, spécialiste en versification pour poète éclopé, qui sache redresser les rimes bancales et les vers estropiés. J'aurais du m'appeler clopin-clopant au lieu de "modimodi"aux maudits mots dits.

Ma muse me fait des crocs-en-jambe ! Quand je me précipite sur la vibrante inspiration, que le lyrisme s'avance sur la pointe des pieds, que mon poème prend corps et que je suis tout près de faire danser la gaillarde à mes vers, patatras, je bute et j'achoppe !

Je suis le roi du bal des casse-pied ! Du coup, je ne sais plus sur quel pied danser et vous avez raison de m'envoyer valser. Il me faut tout reprendre et retomber sur mes pieds pour à nouveau versifier pied à pied. Je suis un jongleur de mots, un bateleur, un danseur polypode qui vous amuse de mes pieds et mes mains !

Je peux bien "aller au diable" avec mes "pieds fourchus" et mes rimes qui "ne riment à rien", car, m'a t'on dit, seul le diable, surgi de sa boîte va savoir "retomber sur ses pieds" ! Que dire en cette circonstance : Au diable vos vers ! Ou au diable vauvert ?... Sans savoir, je reste là et je persévère dans mes vers de vieux trouvère. Alors, si vous aussi, lassés de mes "bains de pied", vous vous en lavez les mains, moi, je me jette dans "le pédiluve" !

Amis, je vous le dis ! Vous jugez trop durement ces vers, vous vous en tenez aux faits, dits vers ! Vous ne connaissez pas mon terrible univers !... Car ma muse infernale me prend à revers et me pousse à versifier encore et toujours sur un rythme endiablé ! Peste soit de la géhenne ! C'est ma traversée du disert. A l'aide les poètes ! Par St Georges et St Paul, sans rencontrer le moindre petit pin parasol du "cimetière marin", je n'ai pas le moyen de m'y mettre à l'ombre et de reposer "mes pieds à son pied" !

Je n'ai plus qu'à souhaiter que ma muse, cette diablesse que je révère, cesse de se lever "du pied gauche". Je lui demande d'inspirer mon lyrisme et ma plus belle prosodie afin d'achever mon oeuvre littéraire, si proche du supplice dantesque "d'Enfer et Damnation" ! 

Oui, je reste prosaïque car je ne suis en vers et contre tous que le vulgaire de La Vulgate ! Je ne suis compris que par le commun des mortels et peut-être uniquement par ma muse, qui m'attend à la porte de l'enfer ! Mon bel enfer !... Mais chacun de vous sait bien qu'Orphée échoue à ramener Eurydice à la lumière.

M'adonnant aux rites païens, je n'ai peut-être plus qu'à prendre quelques licences poétiques pour lui sauter dessus "à pieds joints" ! J'en serai d'avance, bienheureux ! C'est là, mon seul paradis encore possible et peut-être promis !... J'espère y parvenir sans vous laisser en plant dans la vigne au nectar parnassien. Je voudrais éviter d'avoir à vous quitter trop vite "les pieds devant" pour le grand, définitif et mérité "repose-pied" !

C'est, je le sais, l'avenir de tout poète ! Rester attaché à son terroir et à ses vers de terre afin de vivre éternellement, la tête dans les étoiles et les pieds dans l'eau de l'oubli, du Léthé !

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Bête comme mes pieds ! 2/3

Publié le par modimodi

Quelle prise de conscience, peut-être salutaire !

Je le reconnais, je ne suis pas seulement un écrivain aux vains écrits "sans queue ni tête", je suis aussi "bête comme mes pieds". La preuve ! Je poétise à coups de poing et à "coup-de-pied" ! Je suis boiteux, je porte bot et je n'aime pas "le son du cor" .

Ô mes petits cadets de Gascogne, vous n'arriverez qu'à me "tirer des vers du nez" ! Je suis rosse tant soit peu!  Alors méfiez-vous de mes coups de rapière, de mes coups de plumes, de mes coups de sang de rimailleur et ferrailleur gascon!... "Je peux, avec panache, de quelques simples vers // vous fendre sur le champ, la raison et le cœur !"

Sont-ce là, de subits excès de classicisme élégiaque, de nostalgie lyrique, de regrets hellénistiques tragiques ou une simple illusion canonique de la "Pléiade poétique" ? Je ne sais! Mais que voulez-vous ! Loin du phare d'Alexandrie, ces deux alexandrins épiques et submergés de prétention ne peuvent que naufrager ! Je ne suis qu'un poète maladroit, qu'un héroïco-romantique à la Cyrano, qui tente de vous chanter le pathétique de l'amour, en vous faisant en cachette, ses petits "pieds de nez" !

Voyez ! Comme je "prends mon pied" ! Je ne bats pas la mesure au pif mais au contraire, avec application. Je me contrôle au podomètre. Je me suis toujours efforcé de respecter la cadence de la métrique, mais trop de petits coups de cœur faussement poétiques, m'ont rendu arythmique !

J'abuserais, paraît-il, de démesure alors que d'autres me reprochent de versifier en demi-mesure ! Comment mesurer toute l'exactitude de ces remarques sans être, à mon tour, abusé outre-mesure dans les grandes largeurs ?

Oh oui!  J'aime ma terre de langue française aux ceps chargés de promesses, toutes fécondes de poésie ! Sur ses sarments, je fais serment de la servir aux quatre saisons de la belle et vigoureuse inspiration qui fermente en moi !

Oh oui ! Je sais l'ivresse du poète qui, en grand seigneur, taille ses vers et ses" pieds de vigne" afin que "la grappe" ne soit pas "en deuil" ! Oh oui ! Je veux bien m'enivrer: "Et maintenant, ô fleurs du vignoble natal, // Je bois à vos noces fécondes !"

Voyez ! Je vous admire tant, Lamartine, Hugo, Apollinaire, en vos maisons de poésie que je lève mon calice, trop souvent d'amertume ! Voyez, ô vendangeurs des coteaux de l'azur : "Mon verre est plein d'un vin trembleur comme une flamme." Moi, aussi je tremble et je titube. Ma poésie "perd pieds" ! Dans La Nuit Rhénane, vous pouvez hausser les épaules: "Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire."

Oh oui! Mes bons amis poètes, "Avec le chant lointain du dernier rossignol // Et les premiers cris de la grive" , avec "le chant du batelier", ici même, "au pays des illusions, // à travers la nuit violette", je vous offre l'harmonie d'un bouquet élégiaque de mes quelques pieds d'alouette !

Je la voudrais bien la veine du poète, qui part toujours du "pied droit" et qui ne connaît pas la douleur du "contre-pied" ! Alors que moi, je verse et controverse de plein de "pleins-pieds" boiteux ! Mon piédestal a les marches branlantes, j'accède difficilement sur le "marchepied" de la reconnaissance. Ah ! Si je pouvais, au moins, de "plain- pied" accéder au vers-librisme, je pourrai versifier à découvert !

Holà ! Méchants censeurs, n'empiétez pas davantage sur ma liberté créatrice et ne me marchez pas sur les petons ! Je ne sais que trop que j'ai mis mes "deux pieds dans le même sabot" et que je poétise trop souvent "à cloche-pied" ! J'imagine votre vicieux plaisir de mettre à terre, "à pied" et à "dix pieds sous terre" un pauvre poétaillon !

Ne serait-ce pas, dans ce cas, le vocable de pervers perd-vers qui vous conviendrait le mieux ? Mais ce qui me rassure, c'est qu'à ce point, vous ne parviendrez quand même pas à "dépoéter" plus haut que vous n'avez l'trou du cu-lot !... Mauvais calcul! Je me trompe encore, il va me manquer un pied, je voulais dire: Vous ne parviendrez pas à "dépoétiser" plus haut que vous n'avez le trou de vers !

Oui! Force m'est de constater que le mauvais génie m'a "coupé l'herbe sous le pied", je ne peux plus hélas, que brouter et versifier à "pieds nus". Mes cadavres exquis ont déjà "un pied dans la tombe !" C'est la fosse commune des rimailleurs sans talent qui "s'emmêlent les pieds" en tombant!... Au lieu de versifier à tombeau ouvert, je n'ai déjà que trop piétiné sur le tapis des désillusions. Je vais devoir "mettre pied-à-terre"!

Avec mes petits pieds à pirouettes, pour faire diversion ou pour vous divertir, je suis le plus souvent, le gentil digitigrade de la poésie. Mais je me plante, je me voûte et j'en prends pour mon grade ! Miel alors ! Vous n'êtes vous-mêmes que de vilains ours mal léchés, vous grognez en foulant mes rares lauriers au pied. Ne croyez-vous pas que j'aurais mérité pour le moins de sortir de vos griffes et d'être plutôt votre palmipède distingué !

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Bête comme mes pieds ! 1/3

Publié le par modimodi

Il est dans la vie courante des expressions que nous aimons ! Elles émaillent nos conversations. Nous les employons tous sans réfléchir. Elles me vont bien car elles donnent du sens à ma rubrique "d'écrivains aux écrits et aux cris vains !"

Dans ce pays de courage et de peine-emploi, comment le patoche que je suis ne pourrait-il pas penser, en premier, à tous mes laborieux concitoyens qui travaillent "d'arrache-pied", sans "prendre leur panard" ! Quand en plus, leurs patrons sont pour la plupart, de vrais "casse-pied", comment voulez-vous que dès l'aube, les braves ouvriers, aux pattes et bras déjà cassés, aient encore le moral et la santé !

Comment se lever "du bon pied", le matin, quand on se sait menacer, "au pied levé" par la sanction d'une "mise à pied" ou brutalement par le chômage ! Il faut drôlement être souple pour savoir se mettre des "coups de pied au cul" et se motiver alors, qu'au final, on n'aura peut être plus rien d'autre à faire que "le pied de grue" devant Pôle-emploi !

De quoi "perdre pied" et avoir "les pattes coupées" ! D'ailleurs, j'en connais plus d'un, qui ayant "pieds et poings liés" avec les cadences infernales, va au turbin avec des "pieds de plomb". Voyez celui-ci ! Il lui faudrait un pied de biche pour soulever l’enthousiasme et lui donner envie de "prendre son pied", ne serait-ce qu'une plombe ! En désespoir de cause, comment ne pas comprendre qu'il est plus facile de lever le coude que le pied, sauf peut-être celui du verre... au café du commerce !

Oh! Je vous entends me dire, toi, le piteux écrivain, aux "pieds plats" comme tes récits, tu devrais travailler "au pied de la lettre" car pour l'instant, tu n'excelles qu'à écrire "sot en trois lettres" Alors, je vous dirais bien Zut ! En voilà encore trois et je peux vous en concéder quatre ou plus!... Zut ! Zut !  Zut ! Crotte et flûte !

Oh! vous, mes amis qui me suivez "pied à pied", je peux bien vous promettre de m'améliorer pour vous en dire dorénavant cinq! Je vous sais débrouillards pour trouver le synonyme qui convient !

Et vous, vilains critiques '"aux petits pieds", vous qui m'attendez de pied ferme, je sais bien ce que vous pensez ! Je vous entends déjà !

_"Toi, le mauvais poète, "aux pieds tordus", tu ferais mieux, avant de publier, de t'adonner à "l'arrache pied ! " Car tu n'as réussi jusqu'alors qu'à mettre tes "pieds dans le plat", celui des platitudes !"

_"A quoi peuvent bien rimer tous ces vers blancs que tu nous offres ? Tu n'as plus d'accents toniques, tu es plat de chez Raplapla ! Ton talent prend la pause mais ce n'est qu'un repose-plat, "du plat du pied" de ta trop mauvaise poésie !"

_"L'anapeste en syllabes assonantes, soit, je te le laisse ! Tu es libre ! Mais l'acrostiche dans lequel tu t'étales, je le rejette ! Tes césures à l'hémistiche recousues de fil blanc sont à plates coutures. Tu prends la pose et tu minaudes mais tu ne sais faire que du plat, à ta muse hautaine !"

_"Apparemment, poète, tu lèves plus facilement la jambe que tu ne dresses le iambe ! Serais-tu allergique au dactyle ? Aurais-tu perdu l'humour à cause de ton esprit envahi par le ver-coquin ? Serais-tu parasité ou simplement amoureux de la langue, que tu as hélas trop chargée ?"

_"Aurais-tu le syndrome de Ruy Blas : "ce ver de terre amoureux d'une étoile" ? Mais regarde-toi  ! Tes vers vont de travers et tu scandes à revers ! Tes pieds sont bloqués dans les "cale-pied" ! Rien qu'un vers, un seul et tu cales ! Ton calvaire serait-il celui de G. Apollinaire, ignorant "de ne plus connaître l'ancien jeu des vers" ? Seras-tu à ton tour pardonné ?"

Oui, c'est vrai, amis, que je suis bête comme mes pieds car je n'ai pas déniché le pic-vert qui avalera les vers perforant mes poèmes. Je n'ai pas pu me procurer l'arrache-clou pour mauvais vers. Je n'ai trouvé que l'arrache-cœur de B Vian pour les éventuels mauvais cœurs de mes lecteurs à contre-cœur et à l'envers ! Mais je veux bien encore, pour le printemps des poètes, déposer à "leurs pieds" un petit bouquet de primes vers !

 

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Goutte-à-goutte

Publié le par modimodi

Si, comme le dit le proverbe, c'est "la goutte d'eau qui fait déborder le vase", moi, je ne crains rien. Je n'ai pas la tête dans l'amphore, je ne finirais pas cassée au mont Testaccio ! Non ! Mes amis, je ne me noie pas dans une goutte d'huile, de vin ou d'eau, je passe entre les gouttes.

De gouttes de lait maternel en gouttes de miel, je fais offrandes antiques aux dieux d'ici et d'au-delà. Qu'ils me donnent l'ambroisie pour l'éternité !... D'ailleurs, j'espère toujours que mes mots en aient la douceur distillée et qu'ils soient un baume, de douce heure pour mes lecteurs. Suivez-moi, prenez sans vous mettre en nage, ma petite voix d'eau !

Voyez ! Jusqu'à ce jour, l'inspiration s'est instillée en moi, au goutte-à-goutte. Nulle crainte de la panne sèche ! Point de gouttes de sueur perlant pour rien au front, humectant mes lauriers ! Point de supplice de la goutte d'eau qui viendrait s'écraser sur vous avec la régularité du métronome. Point de torture !... "Plus fait douceur que violence !"

Bienfaisante petite goutte de sang de ma veine d'écrivain ! Elle rougit ma page et rosit à vos joues qui s'empourprent parfois de mes royales audaces ! Entre vous et moi, c'est ce lien du sang qui carmine nos joies des coquelicots messicoles. Oui ! J'aime quand vous venez moissonner les champs de blés mûrs, aux grains de mes mots ronds et chauds de soleil ! Je rêve avec vous !... Je vous entends sonner, de votre crête rouge, le réveil de mes matins d'été. Vous vous épanouissez en mon cœur, impressionnant de mille pavots, le tapis de promenade de Claude Monet !

Elle vous paraît sans doute fragile et inoffensive, cette gouttelette rubis sur l'ongle de ma main, de bon ou mauvais écrivain ! Détrompez-vous, amis ! Si elle ne fait pas déborder le vase de l'inspiration, elle a la force de creuser le roc de ma tête, d'humecter le désert de mes idées arides, de faire germer mes pensées les plus profondes, d'émulsionner le style et l'expression.

La moindre goutte d'encre me met à la tâche, en état de grâces parfois fécondes. Elle macule mes doigts semeurs d'espoir, de troubles et d'étrange... Je veille à ne pas dégouliner pour autant de bons sentiments huileux pour vieilles salades littéraires. Je dégoutte en versant sang et eau et je l'espère, sans trop vous dégoûter ni même vous bassiner, à la longue !

Je ne voudrais pas non plus mettre la moindre goutte d'eau dans le gaz, ni de citron dans l'huître. Mes lecteurs peuvent tout à loisir, éteindre ma flamme, exploser ou bâiller. S'ils s'ennuient, je leur offre bien sûr une goutte qui coule de sources de joie et de jouvence. Je les brumise de quelques aspersions de gouttelettes de bonne humeur patiemment cultivée par de multiples irrigations dans mes trouvailles fantaisistes. Qu'ils pensent comme moi, toujours à l'ubuesque Alfred Jarry qui disait : " L'eau, liquide si impur qu'une seule goutte suffit pour troubler l'absinthe !"

Amis de mes libations littéraires, je vous rassure ! N'ayez pas le mal de l'amer à boire. Pas de tempête dans mon encrier, mon verre d'eau ou mon tonneau !  Je sais mettre de l'eau dans mon vin. Et quand Bacchus me met l'eau à la bouche de son divin nectar, j'en tire avec ivresse des larmes que je vous offre de déguster en millier de lichettes ! Mais attention à la goutte qui fait déborder le nase quand il a abusé du grand "château la pompe" ! Le mauvais humour m'évite peut-être d'être insipide ! ... 

Je suis un pieux dévot des vignes du Seigneur mais je ne fais pas pour autant de neuvaines ! Ma mise à l'épreuve spirituelle m'a éloigné des spiritueux plaisirs de la Chartreuse, de la trappiste et de la Bénédictine. Ma crise de conscience et de foi m'a ainsi protégé des crises de foie et de goutte. J'ai provisoirement épargné mes articulations et mes neurones !

Mon catéchisme de bon vivant a le même credo pour l'eau bénite que pour l'eau de vie que je vous incite à prendre jusqu'à la dernière goutte et jusqu'à la dernière minute !... Enfin, dans ces eaux-là !...

Prenez le temps de laisser glisser le bateau de papier de vos rêves avec l'eau qui coule tranquillement sous les ponts. Capitaines, ô capitaines des saute-ruisseaux, veillez simplement à ne pas boire la tasse ou à naufrager dans la mauvaise flaque, avant de lever l'ancre ! 

Au fond, lecteurs de passage, je suis, peut-être comme vous, un éternel adolescent, dans les nuages ! Alors, considérez cette raison comme supplémentaire et suffisante pour éviter de crever trop vite et de tomber de la dernière pluie, en criant après moi, le déluge !

Avant, l'heure fatale de la dernière goutte d'élixir, faites comme votre trublion de la plume de l'ange de Lumière !...J'aurais, je l'espère, appris durant ma vie, à me protéger des inévitables intempéries et à ne pas nager en eau trouble. J'aurais veillé à ne pas trop me mouiller en passant entre les gouttes des douches froides. J'aurais aussi tenté de garder mon cœur à l'abri des gouttes de feu ou des pluies de cendres de quelques amours volcaniques.

Aujourd'hui, que mon puits n'est pas encore à sec, à cette heure vespérale, où l'existence m'aura donné l'expérience et la sagesse d'aimer la lumière qui décroît, je sais que j'ai encore à transmettre ma goutte d'eau pure tombée du ciel. Oui ! Comme le dit, un proverbe africain : " Le vieil éléphant sait où trouver de l'eau. " Je vous y emmène...

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