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Articles avec #lecteurs et ecrits vains tag

Le factice

Publié le par modimodi

Bigre ! Bigre ! Après que les grands mégalos dogmatiques et leurs charniers à ciel ouvert, nous aient convaincus de la tyrannie de l'utopie et du caractère terroriste de la vérité, nous vivons l'ère du vide, des crises économiques et de la faillite des idéologies des états providence.

Parallèlement dans la surabondance du mauvais goût, avec la recrudescence du faux et des apparences, par le désir d'éphémère et de sensationnel, sous l'emprise de la passion du factice, du simili et du simulacre, le trompe-l’œil nous fait des clins d’œil. Oh ! Même si nous savons bien que " Tout ce qui brille n'est pas or", nous nous illusionnons nous-mêmes en croyant donner l'illusion.

De tout temps fasciné par la magie de l'image et du verbe, l'homo mediaticus n'en finit pas de se prendre au miroir aux alouettes de la duplicité et de la duplication. Il copie ou il fait semblant. Tricheur et truqueur autant par son désir de se singulariser que d'appartenir par le look à un clan, il choisit les signes de reconnaissance de sa tribu.

La vogue et la vague du faux et du jeu déferlent d'ailleurs sur nos mièvreries publicitaires et rousseauistes qui prônent le retour à la nature. Nos lessives sont lavées plus blanc que blanc, sur fond de champ de blé ou de cascades aux chants d'oiseaux. Sur " Les quatre saisons " de Vivaldi, les changes nous font des risettes célébrant le printemps de la vie.

Avec " La truite " de Schubert dans son iPod, la nana qui connaît moins oncle Vania que sa périodicité féminine s'en tamponne sous forme d'activité sportive intense. Les dessous de bras et les aisselles qui ruissellent, sentent les embruns vanillés d'îles exotiques ! Vivre sur les dents mais toujours éclatantes et manger sain et bio sont les valeurs refuges de la bonne santé, vendues artificiellement sur fond de carton-pâte et de trompe-l’œil écolo.

Mais tout est déjà dans la nature. L'homme n'a rien inventé. Les oiseaux donnent la parade nuptiale ou amoureuse. Pour séduire, l'homme, ce drôle d'oiseau qui promet le paradis, joue comme il peut de son dimorphisme sexuel et glandulaire. Il met ses plus belles plumes colorées, gonfle son jabot ou sa crête au gel béton et se pavane devant l'oiselle sous les sunlights ! Il roucoule ses chants les plus mélodieux, pousse des cris les plus sonores et saute et danse en ondulant du croupion chatoyant et irisé.

Il déploie ses arguments et ses courbettes, il vibre en harmonie discrète ou se donne en spectacle, sous forme d'acrobaties ou d'affirmation de sa testostérone. Tout en s'offrant, il fait offrande pour mieux convaincre la douce et belle femelle. Il espère, il attend la prise de bec. Pour conclure, il ira même lui promettre un nid douillet.

Et moi ? Que fais-je d'autre que parader en écrivant et en agitant ma plume ? D'un battement d'aile, je crois vous emporter. Je joue de l'art du leurre et du factice. Que ne tentai-je pas à mon tour de vous séduire, d'attirer n'importe quel lecteur hermaphrodite de cette littérature con, plaisante. La preuve m'est souvent donnée, quand j'obtiens l'effet inverse par mon style trop gonflant ou trop ébouriffant.

Je suis mon propre faux semblant d'aimer, de partager et je fuis pas à pas. Ma création me nargue et m'échappe. Ce qui me paraît original n'est peut-être qu'une pâle copie. J'imite le talent sans jamais l'égaler. Je m'illusionne.

Poésie et philosophie sont souvent mes garde-fous pour éviter les pièges de moi-même et de mes semblables. Si je cherche à comprendre, Lévinas m'apporte sa réponse. Si la relation à autrui est asymétrique, la relation à l’œuvre que je contemple est donc un face à face entre l'être que je suis, vivant et animé et ce qui s'apparente au néant, une œuvre figée dans sa beauté intemporelle. Rien n'empêche que certaines créations que je contemple et scrute m'interpellent et dépassent mon simple regard.

Comme chaque visage rencontré et observé est offert dans son dénuement, aucun ne peut à lui seul faire sens en dehors de ma propre perception et de ma participation émotive. Chacun de mes textes est ainsi un visage d'encre offert à votre vue et à votre regard intérieur !

Il n'y a pas d'ambivalence dans cette conversation muette, uniquement parfois dans mes intentions. Il n'y a rien de possible dans la rencontre avec l'autre comme dans la contemplation d'une œuvre en dehors de ma propre volonté. J'en suis donc responsable, ma subjectivité ne peut m'en dédouaner. Le reste n'est qu'arrangement avec le ciel et soi-même. Mais le ciel ne saurait mentir...

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Tous les coups sont permis ! Baisser de rideau ! 3-3

Publié le par Modimodi

Coucou ! Lecteurs et spectateurs, hypothétiques amis, voici venu le temps de mon ultime chiquenaude littéraire !

Allez ! Encore un coup, un dernier coup ! Oui ! Pour vous, un vrai cadeau : un joli coup de collier si vous tenez le cou sans y prendre vos jambes !

Je devine votre impatience et votre étonnement. Sûrement, pensez-vous que je vous ai réservé un dernier coup, par surprise et que voulant atteindre mon but, je vous ai préparé un coup de p... ! Gentils poètes du dimanche, aux coups d'éclats de rimes, je vous fais confiance pour trouver la consonance.

Vous êtes en droit de l'espérer. Normalement, au troisième acte, avant le baisser de rideau, de la pièce intitulée : "Plais et bosse", vous attendez de l'auteur, un ou plusieurs coups de théâtre.

Personne n'imagine que le créateur n'a pas suffisamment bossé pour surprendre et plaire à son auditoire. Personne ne compte tomber sur un cas pareil au mien : un apprenti dramaturge, à son premier coup d'essai !

Excédés et déçus, n'allez pas vous mettre à crier : "Remboursez !" Vous n'avez qu'à imaginer la suite et espérer le coup de génie. Et puis, pas de mauvaise foi, vous auriez dû vous renseigner et le savoir ! L'auteur ne tient pas le coup. Je ne vaux pas le coup !

Mon talent faute de pièces à succès est bien trop rapiécé. Jusqu'alors, aucune de mes créations n'a fait d'un coup, d'un seul, un tabac. Sans doute, suis-je plus, dans le passage à l'acte que dans le passage à tabac !... Pétunez donc à plein nez et ne vous traumatisez pas de cette mauvaise blague.

Comme le dirait vulgairement, la crème des patates : "Purée de nous autres !" En effet, moi aussi, j'en suis réduit à écraser le coup. Fi donc ! N'allez pas vous plaindre pour si peu. Non ! Non ! Non ! Vous n'êtes pas dans le brouillard ni dans la purée de pois. D'ailleurs, il n'en reste plus ! Ils sont tous, comme moi, cassés à force de pains dans les miches ! Pas d'exagération ! Vous n'êtes pas non plus, devenus marrons à cause de cette châtaigne littéraire, à la bogue hérissée !

Je peux admettre qu'à la fin de ce texte, vous ayez quelque mal à tenir le coup et estimiez avoir été victimes d'un coup fourré de coups de plumes. Rassurez-vous, il y a toujours pire ! J'ai en préparation un essai appelé : "L'assommoir". Une histoire de café littéraire où vous pourrez boire des petits coups tout en découvrant l'infortune de Gervaise et les coups de cœur de Lantier pour Adèle.

Alors, ce coup-ci, si je vous parais abattu, si j'ai les yeux battus, je ne m'avoue pas pour autant vaincu. Pas question de donner des coups de sabre à mes écrits. En toute prétention, je me dis que même, s'il m'hante au logis, le grand Victor n'a qu'à bien se tenir !

J'ai en réserve quelques coups durs de ma trempe, toujours plus durs encore au corps des lettres.  Alors nulle inquiétude ! Je ne suis pas de ceux qui s'en tapent. Je ne vous donnerai pas le coup de grâce. Je vous préviens : mon simple coup de semonce devrait suffire. Toutefois, si vous persévérez, c'est à vos rixes et périls !

Et à la fin, qu'importe, vos humeurs ! Ce texte ne vous a pas plu ?... Tant pis ! Je préfère avec vous éviter tout accrochage, au grand dam de mes idées… Si vous en avez perdu le fil, c'est que mon style, à tous les coups, était téléphoné ! ….

Eh bien non ! Je renonce. Je ne vais pas tamponner votre inappétence phraséologique contre mon autosuffisance textuelle. Je me refuse à entrechoquer vos goûts littéraires comme à entrer en collision avec votre esprit frappeur, frappé, sans doute de belle indifférence.

Je suis un surréaliste des mots fulgurants. J'assène les sons qui se tissent et qui viennent frapper de leurs petits marteaux mon esprit. René char et Pierre Boulez me cognent de leur "Marteau sans maître". Les premiers termes résonnent en moi : "Tu es pressé d'écrire, / Comme si tu étais en retard sur la vie. / S'il en est ainsi fais cortège à tes sources. / Hâte-toi. / Hâte-toi de transmettre / Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance. / Effectivement tu es en retard sur la vie."

Soit ! Il est vrai que l'inspiration défaillante me tient à distance et me ralentit. Par manque de talent, mon style est percutant, mon talent embouti, faute d'être abouti… Je donne donc un coup d'arrêt au sort, qui m'est contraire. Je m’exécute sur le coup, sans attendre. Allez ouste, pas de rouste ! Ça baigne sans beignets !

Pas de contrariété pour des prunes ! Je me retire meurtri, encore sur ma faim, sans distribution de pains. Je le fais calmement, sans coup de calcaire ou de boutoir ! Pas de coup de boule pour quelques nerfs en boules ni de pugilat sans une vraie mise aux poings ! Ici d'ailleurs, une simple mise au point devrait suffire, des points en pointillé avant le point final…

J'espérais mieux ! Je me suis fourvoyé. J'attendais trop et sans doute tout de vous ! Vos encouragements auraient dû avoir l'effet d'un coup de fouet. J'aurais apprécié vos vibrants coups d'archet, mais en francs-tireurs, vous ne m'avez envoyé, à jets continus, que vos flèches de méchants archers. Vous m'avez matraqué de mauvais commentaires. J'avais la grosse tête, vous me l'avez faite au carré !

Aujourd'hui, j'ai beau respirer à grands coups, je suffoque. Je suis hors-jeu ! Vos coups ne sont pas francs, je tente de les amortir mais vous me dégagez en coups de coin ou en touche.

Je meurs au champ d'honneur des incompris, victime du coup fatal de votre ennui mortel. Je vous ai surinés, je me suis mis votre patience à dos, je prends votre coup de poignard… Blessé pourtant, je tente de me répandre encore. Voyez ! Je m'obstine à vous offrir une dernière pinte de bon sang de ma veine d'écrivain !... Considérez cela comme mon dernier coup de Jarnac ! Je resterai un mythe errant dans l’Élysée des belles lettres.

Je demeure placide. Je ne ruerai pas dans les brancards, sur lesquels gisent les cadavres exquis de tous mes frères poètes, rongés par leurs propres vers. Il me suffit déjà, de votre coup de patte, un vrai coup de pied de l'âne !… Mais sachez-le, "même pas peur !" Si vous me cassez la figure, ce n'est que ma figure de style.

Inutile de pleurer un bon et dernier coup ou de jouer des castagnettes, sous la menace d'une castagne. Je ne serai pas mis à bas, sous l'emprise d'un coup de barre ! Je l'ai placée trop haute, je m'esquive en passant dessous ! L'auteur, bon ou mauvais a bien des droits d'hauteur !

Oh ! Je déguste bien sûr ! Votre indifférence dépitée est pour moi une gifle, une tarte, un soufflet cuisant qui n'est pas près de retomber dans mon orgueil offusqué. Vous avez mijoté votre coup. Vous me cuisinez des critiques, aux petits oignons, vous me rentrez dans le chou et dans le lard. Vous me mettez la pâtée. Qu'importe ! J'irai désormais, à la soop populaire des romans de gare.

Mon style avait du swing. J'ai donc pris un crochet du droit d'auteur ! Je suis sonné et sommé, alors n'en jetez plus ! Ce coup d'éponge m'oblige à m'effacer, par l'arrêt de votre libre arbitre. Fin du combat par coups bas. KO ! KO !... OK ! Je reconnais ma défaite, je n'étais pas dans la bonne catégorie… Je ne suis qu'un poids plumes ! L'assommant assommé !

Petits juges et censeurs, je suis passé du ring au tapis. Me voilà, pour le compte, pieds et poings liés avec vous. D'ailleurs, il vous est apparemment, plus aisé de me mettre à vos pieds ou à pied, à grands coups de pompes !

Je prends donc provisoirement mes cliques et mes claques et m'esbigne, à grands coups de blues, le vague dans le regard et l'âme. Je décolle en coup de vent comme une bulle de savon. J'ai eu tort de me faire mousser ! Le coup de gong bourdonne dans mes oreilles. Au coup de cymbale, fin du bol de soap opéra d'quat' sous, fin de ma ptit' œuvre à deux balles !

Je vais sûrement gagner le prix "tannée" de la rentrée littéraire. Ça me fera peut-être un coup de plumes et un coup de pub !… J'attends des jours meilleurs et les coups de cœur de mes lecteurs. Je sais, cela paraît sûrement contradictoire mais de tels coups, j'en redemande en corps et encore !

Alors, au finish et au final, je m'incline. Vous pensez peut-être juste !… Je perds trop vite la tête sur un coup de tête, mais je ne lâche rien. Je fais à coup sûr, ma forte tête à claque ! J'attends ! Vous pouvez non pas me la donner mais me la faire !

Pour le coup, après toutes ces déplumées, vous auriez raison de penser que votre plumitif doit sûrement travailler du chapeau à plumes. Oui ! Même, si je suis, grâce à vous, sans panache, à force d'y avoir laissé des plumes, je vous donnerai encore, aux douze coups de minuit de cette nuit d'encre, un dernier coup de chapeau bas, de mon haut-de-forme littéraire !

 

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Tous les coups sont permis ! Les quatre cents coups. 2-3

Publié le par modimodi

Nous nous exprimons souvent avec les mêmes mots. Le mot COUP en est un exemple frappant, qui entre à tous les coups, dans de nombreuses expressions idiomatiques courantes.

Du coup, le modeste écrivain que je suis, a frappé les trois coups d'une fantaisie intitulée : "Plais et Bosse ! " Il espère même fidéliser sans les heurter ses délicats lecteurs…

Or donc, disais-je alors, si j'ai trimé et bossé, j'ai plu aussi tant et plus ! Les belles interlopes ont été gentilles avec moi, j'ai eu chattemites plutôt que coups de griffes. J'ai connu des chattes qui se faisaient souris et même parfois tigresses. J'ai connu le plaisir et la jouissance, d'un seul coup, du premier coup, au coup par coup et parfois après coup ! J'ai eu des coups fourrés et fait parfois coup double mais ni coups de mou, ni coups de pompe !

Plutôt une brillante vie d'amour à petits coups de brosse à faire reluire. Des coups de maître pour de maîtresses femmes ! Pas de coup d’État sinon de tous mes états ! Une guerre en dentelles, sans coup de canon pour une quelconque grosse Berta ! Mes belles étaient toutes canon, même si j'étais souvent, je le pense, leur boulet.

Toujours à la pointe, j'ai dégainé, tiré l'épée, j'ai ajusté les coups et porté l'estocade mais je n'ai pas donné de coups d'épée dans l'eau afin de ne pas finir mes récits comme mes amours, en eau de boudins ! Les belles étaient modèles en galantes, in ! Oui ! Pas besoin de dégelées. Je suis parfois resté figé et tremblant, sous le coup de l'émotion. A mourir de plaisir, j'aurais pu, plus d'une fois, mourir sur le coup. Oh ! La belle petite mort sur un petit nuage rose !

Orgueilleux en amour autant qu'en prétention littéraire, j'ai tenté de les mettre à la page, à mes pages. J'ai usé de tous mes atouts. Au gré de mes souvenirs, je me remémore en tendresse mes coups de poker amoureux. Ma carte maîtresse était une carte du tendre. J'égrainais ainsi en jouisseur délicat, mes coups de rein et mes coups de folie.

Je ne connaissais pas le coup du Père François mais je retiens de mes ébats d'antan, quelques jolis coups montés : le coup de l'étrier avec une écuyère qui hennissait de plaisir, le coup de bambou avec une belle asiatique, le coup de filet avec une sirène et le coup de torchon et de sirocco avec Aïcha, une rose des sables au désert de l'amour.

Que du bonheur, sans peur, sans heurts, sauf une seule fois ! Oh ! Ce jour endiablé, où pour un coup d'un soir, une diablesse de belle de Cadix m'a chassé à grands coups de balai, quand elle connut l'amour sorcier ! Je subis pour la seule et unique fois le coup de la panne.

Aucune douce victime, légèrement bouleversée, lors de touchants assauts charnels ou émue au sortir de quelques tendres accrochages, ne s'est écriée : je m'en tamponne ! Sans doute, parce que dans les collisions amoureuses, si on ne manque pas son coup, presque à tous les coups, on gagne… Ah ! Pas toujours le Paradis mais au moins le septième ciel du paradis artificiel. Le mont de Vénus fut mon mont de piété. Oui ! J'ai été très pieux, assidu dans mes dévotions. Miséricorde ! Ça, je le jure sur la tête du soldat inconnu.

J'ai eu des coups de veine mais heureusement pas de coups de sang ! Je n'ai pas eu à accuser le coup, comme ce bon roi Louis qui eut tort d'agir, sur un coup de tête ! Pas de coups bas ! Au contraire, la tête haute, j'ai su dévier la hache et tenir le cou en échafaudant de bons coups. Au bilan même, on peut m'accrocher la cocarde tricolore du coq gaulois, sans un coquart !

Joyeux drille mais pas querelleur, il m'est arrivé de me laisser prendre au coup du dernier verre. J'ai eu un coup dans les carreaux, un petit coup dans le nez mais jamais un gros coup sur le nez, de ceux qui vous envoient à carreau !

Joyeux amis, buvons vite un bon coup ! C'est ma tournée ! La rasade mais pas la bourrade ! … En cet instant, l'ivresse des sens et des mots a probablement envahi les lecteurs qui pensent que la vie n'est pas un roman, ni un conte de Cambrinus pour buveurs de bière !

L'ivresse n'est évidemment pas la même, quand tout à coup, le sol se dérobe sous vos pieds et que vous ne valez plus un clou. J'ai donc tenu le coup et évité de rendre coup sur coup ! Un coup d'épaule qui vous aide, c'est mieux que le sale coup de boule ou de massue d'un abruti cogneur qui vous déstabilise, vous laisse commotionné et mal en points de suture ! Je me pique même de n'avoir jamais donné, même un petit coup d'épingle !

J'ai ainsi toujours tenu à être dans le coup et pas en dehors du coup. Mais en passant devant le miroir du temps, j'admets qu'il n'est pas facile d'attraper un coup de jeune alors qu'il est tellement aisé de prendre un coup de vieux… Que n'ai-je encore gardé, année après année, l'espoir de devenir célèbre en montant comme Romain Gary un grand coup littéraire à la Émile Ajar ! Si le talent ne nous est pas commun, au moins partageons-nous le goût de la farce.

Au bilan, je me suis souvent trouvé dans tous mes états sans commettre pour autant le moindre putsch, en ma vie. Aucun coup de cafard à broyer du noir ni de coup de canif dans le contrat ! Sans coup de fatigue, mon cœur, lui-même a tenu le coup de grâce… De sa grâce, bien sûr ! Celle de ma Muse, l'amour de ma vie, mon unique coup de cœur... La seule, qui sache lire dans mes pensées, à livre ouvert.

 

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Tous les coups sont permis ! Plais et bosse ! 1/3

Publié le par modimodi

Notre vie est remplie d'événements extrêmement variés que nous exprimons souvent avec les mêmes mots !

Dans ce domaine, le mot COUP est un exemple frappant. Son emploi est immense. Il entre à tous les coups, dans de nombreuses expressions idiomatiques courantes. A coup sûr, il y a une locution ou une expression lexicale qui coïncide avec la situation que vous voulez décrire.

Oh oui ! Sûrement que depuis l'invention du langage, le vocable tient le choc, car tous les coups sont permis, tous les coups me sont permis ! Je frappe donc les trois coups de ma plume, pour donner le coup d'envoi et lever le rideau sur cette fantaisie intitulée : Plais et bosse !

Certains lecteurs s'attendaient peut être au titre : Plaies et bosses… Sûrement plus en écho et dans l'attendu du thème ! Mais non ! Mais non ! Mes parents m'ont appris qu'il fallait, dans la vie, savoir se donner du mal pour plaire, pour réussir et rester dans le coup…

Paraît-il qu'à notre naissance, une fée se penche sur notre berceau, s'il n'est pas trop près du mur ! Moi, je n'ai pas eu de coup de baguette magique, elle l'avait probablement cassée ! Il ne lui restait qu'un bâton, mais par chance, c'était un bâton de pèlerin, taillé pour la route, pas pour la baston.

J'ai donc beaucoup bossé et bien roulé ma bosse ! J'ai fait de ma vie un chemin d'efforts et de vertus, de plaisirs et de joies communicatives. Quand il a fallu, j'en ai mis un sérieux coup, ne rechignant pas dans les différents coups de feu.

Mais on ne fait pas sa place au soleil, sans prendre de temps en temps, un coup sur la tête, voire un coup de soleil ! Depuis d'ailleurs, j'en connais bien-sûr, un rayon !... Je me vois même déjà en garnir un niveau dans votre bibliothèque de bibliophiles.

Par chance, mes bons parents qui m'ont très tôt, mis dans le coup, ne m'ont pas traumatisé ni administré de baffes et de taloches. Encore aujourd'hui, par le petit Jésus en culotte de velours, je n'ai pas eu à manifester, en battant le pavé et en criant : A bas la calotte ! A bas la calotte !

J'ai maintes fois bataillé avec la vie. N'étant pas un mauvais cheval, j'ai pris le mors aux dents et donné des coups de collier, sans jamais porter d’œillères. Je n'ai pas rué dans les brancards, filé de coups de sabots mais j'ai plutôt donné des coups de mains. J'ai joué des coudes en y mettant beaucoup d'huile pour rester dans le bain. En de nombreuses occasions, quand ça en valait la peine, c'est à dire vraiment le coût, j'ai souvent tenté le coup. 

Pas de plaies et bosses ! Prudent, j'ai su me tenir éloigné des drôles d'oiseaux moqueurs, de leurs coups de bec et de pattes. Pas de coup d'éclat, j'ai préféré briser là et me tirer à grands coups d'ailes que de prendre un coup dans l'aile ! Je n'aime que l'oiseau rare qu'on appelle l'oiseau lyre ou cet autre que je nomme l'oiseau-lire et que je vous dédie. C'est notre oiseau de paradis.

Pour ne pas toujours compter les coups, en guise de contrecoup, j'ai de temps en temps donné un coup de dents, un coup de corne, un petit ou un grand coup de gueule et quelques coups de langue. Mais pas de raclée ni de numérotage d'abattis !

Personne ne m'a appelé petit lord-gnon ! Pourtant à bien y regarder, faut dire qu'il y a parfois des faux-derches à qui on rêve de claquer le baigneur et pour lesquels, des tas de coups de pied au cul se perdent, à grands coups de pompe.

Par Notre Dame, je n'ai pas eu de coup tordu à la Quasimodo. Je n'ai pas eu de coup de génie, non plus ! Heureusement, par un surprenant coup de pot, le destin n'est pas resté sourd et m'a souvent donné des petits coups de pouce. Par la pichenette de la chance ou un petit coup de dé favorable, le coup de la Providence m'a offert la grâce du ciel.

Cela m'a permis d'éviter de me faire envoyer paître comme de recevoir en vache, des coups de pied de l'âne. Au final, j'ai eu autant de coups de chance que de coups de chaud. Avec les belles, si je n'avais pas le ticket chic, il m'est arrivé souvent d'avoir le ticket-choc de tendres secousses corporelles.

Et bien qu'un peu chaud lapin, j'ai eu heureusement plus de coups de foudre que de coups de fusil. J'étais et je reste fleur bleue, d'ecchymoses ! Faut dire qu'elles valaient toutes le coup d’œil et les battements de cils, pour vous faire faire les quatre cents coups. Elles m'ont d'ailleurs, souvent mises aux cent coups !

Avec elles, j'ai cueilli la rose des vents afin de ne jamais désorienter mes lecteurs.

 

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Nos mots

Publié le par modimodi

Chaque jour, nous nous étonnons que de nos doigts courant sur le clavier naissent des contes ou des récits, des pensées ou des poésies.

Les mots de notre vocabulaire, ceux qui sommeillent dans les dictionnaires, ceux qui viennent à notre rencontre sont un trésor inépuisable pour écrire, parler, imager nos émotions tissées de l'alphabet du cœur, aux lettres enluminées.

Comme V. Hugo, le révolutionnaire de la langue française, nous pouvons mettre un bonnet rouge au dictionnaire. Nous sommes riches de lettres et de sons gravés et sculptés dans notre mémoire du cœur, aériens et azurés pour l'envol de nos rêves.

Les mots sont à la fois, les témoins du réel des choses et des êtres et à la fois, les veilleurs de notre inconscient. Ils nous permettent de nommer, décrire et énoncer comme de nous connecter à ceux qui les lisent ou les entendent. Le style doit être soigné pour décrire en phrases ciselées tout autant l'insignifiant que l'important.

Les mots comme des papillons s'envolent de la page ou comme des fleurs éclosent sur les bouches. C'est alors qu'en vibrant, ils nous échappent déjà et se réinventent dans une polyphonie de sonorités musicales et d'images multicolores.

Il est impossible de mesurer leur intime effet. En eux comme en nous, sur le terreau de notre culture, ils germent, ouvrent leurs bourgeons et nous irriguent de sève séminale. Mots rouge cerise suspendus à l'arbre de la Liberté ! Oui ! "Les fruits passeront la promesse des fleurs."... Pour vivre et pour aimer !

Dans les surprenants mystères de nos destins individuels, ils nous construisent et nous élèvent au sommet de la cathédrale lexicale, dans une mosaïque chatoyante de termes et de couleurs. Ils se propagent en ondes concentriques dans le labyrinthe des expressions, au centre de la nef linguistique. Ils sont motifs sur des lambeaux de fresques aux notions tombées en désuétude. En les découvrant, notre esprit et notre imagination chamarrent au cœur de la rosace des significations et des métaphores.

Nous nous réinventons. Nous sommes une partie de chaque écrivain et de chaque poète qui nous ont nourris de leurs écrits et que nous exhumons dans la lumière et la poussière du temps. C'est un peu de leur sang qui coule dans nos veines. Chacun par son talent unique balise le chemin de nos vies, célèbre des instants intimes, exprime nos interrogations existentielles et les transfigure dans le surréalisme de nos songes et de nos désirs.

Leur voie intérieure croise la nôtre. Ils sont des référents qui valident nos doutes, nos peurs, nos joies, nos peines et nos amours. Leur legs est collectif. Dans la verte prairie de la littérature, ils nous prennent parfois la main pour danser avec eux la ronde des vocables, la pavane du langage. Dans cette apparente légèreté, ils nous émeuvent et nous mettent face à nous-même.

Ainsi, les mots fouillent notre chair et notre mémoire et nous font rencontrer les autres, nos semblables, qui avec des mots identiques expriment et ressentent des sensations différentes. Quelle que soit notre langue, personne ne peut prétendre avoir le monopole du sens premier, de ses origines étymologiques, de sa richesse d'interprétations.

Nous nous promenons dans les œuvres avec des colliers de mots accrochés à notre cou. Chacun reçoit et interprète leurs parfums et leurs couleurs comme il l'entend et en perçoit l'écho en lui. Les mots sont là comme chez Eluard pour "Donner à voir". Ainsi, le simple terme de pluie peut évoquer les différentes sortes d'ondées déjà subies mais le poète saura seul, faire sentir l'odeur de la pluie et écouter son chant. Le souffle des mots fait entendre leur respiration à travers les éclats des voix écrite, parlée ou déclamée.

Nul besoin d'être obscur, savant, alambiqué. Francis Ponge embellit nos existences en évoquant les objets les plus usuels de notre quotidien avec les mots les plus simples. Quelques effets poétiques peuvent encore être obtenus par la maladresse feinte. Ainsi la répétition ou l'allitération des consonnes et des sons, des voyelles et des rimes embellissent les mots.

Comme dans la caverne de Platon, le cerveau et le cœur appréhendent la réalité à travers le prisme des ombres et des lueurs mouvantes projetées sur les parois de la sensibilité et de l'imaginaire. Au kaléidoscope des émois, les mots ont une polysémie étourdissante de signifiants et de signifiés. Eluard peut écrire : "Tu es le grand soleil qui me monte à la tête."

En cherchant le mot juste, nous appréhendons l’éphémère et la fugacité du temps et de la beauté. "L'étreinte poétique comme l'étreinte de chair, tant qu'elle dure, défend toute échappée sur la misère du monde", disait André Breton. Si les mots ne sont pas éternels, ils ont le privilège de nous faire toucher l'éternité de mille grâces légères.

Pour nos vies, la prose en dévoilant ses charmes s'habille de poésie. Les instants et les impressions se superposent sans s'effacer. Le même mot en faisant sens en nous a l'étrange pouvoir de l'évocation et du frémissement retrouvé. "Nevermore" pour un "oui" murmuré ou "Harmonie du soir" pour "la fleur vibrant sur la tige" d'un seul mot ! Sa nudité nous rend unique.

Nous pourrions à l'infini écrire sur le pouvoir invisible des mots, déjà au moins aimons-les. La sagesse de l'écrivain, c'est de se souvenir des leçons de mots appris dans l'enfance et de se réjouir de la leçon quotidienne d'écriture que lui offrent les mots. Comme chez Rimbaud, l'écrivain peut poétiquement "être et se faire voyant" pour provoquer en l'autre "un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens."

Il lui revient de célébrer les noces blanches et lilas de l'exactitude et de l'émotion, du profane et du sacré. Il doit ouvrir le regard vers l'ailleurs, au plus loin de lui-même et transporter vers l'au-delà de l'être. Il doit donner à penser et à goûter, il doit libérer et ne pas enfermer. Oui ! "Je est un autre." Il doit faire percevoir la grâce infinie des mots et leur symphonie stellaire. Il doit reconnaître le don que l'autre lui accorde en le faisant magicien. Il doit lever la tête vers le ciel et lancer ses mots au sein des étoiles.

 

 

 

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Bafouillis

Publié le par modimodi

Ô lecteur, doux amant des belles Lettres et de ta Muse ! Mon ami, mon semblable !

Tu as pris Églantine pour Rose d’Ispahan !... Tu crois que c'est l'amour, ce n'est qu'une amourette !

Ô toi, bel amoureux, tu te tiens devant elle ! Tu rosis, tu balbuties et tu bafouilles ! Ton cœur n'est pourtant pris que dans les ronces de l'églantier et déjà tes élans et tes premiers murmures portent des éraflures ! Comment seras-tu, petit Ronsard, quand tu te piqueras au rosier du grand amour et qu'il t'écorchera tout vif ?

Moi aussi, vois-tu, je me pique d'aimer la vie, la beauté et les arts ! Mais je confonds parfois arts avec artifices, artiste avec artificier ! Je vénère la littérature et j'adore les mots, comme on aime la beauté des femmes, des Muses et des Vénus ! Mais avec eux et avec elles, je suis un éternel apprenti ! Piètre écrivain et mauvais artilleur ! Oh ! je sais enflammer, mettre le feu aux poudres. Je sais, quand il le faut, être tout feu tout flamme mais je ne fais pas assez long feu. Je lance des idées qui s'élèvent et scintillent mais retombent aussitôt. Et quand j'offre un bouquet, c'est un bouquet final.

Mes mots crépitent sous ma plume qui bégaye, mes pensées fusent en étincelles bredouillantes ! Je déclare ma flamme en jaillissements de mon cœur embrasé ! Mes yeux pétillent, mon souffle littéraire attise les jets ardents de ma prose flamboyante ! Mais d'émois et de maladresses, je ne sais gribouiller que de tendres bafouilles.

Mon éloquence est comme un tableau pointilliste, criblé de paroles serrées et précipitées. Mes déclarations d'amour, toutes en points d'exclamation n’entraînent qu'interrogations et n'aboutissent qu'en points de suspension !

Mais comme une œuvre de Signac, de Seurat ou de Pissarro, j'impressionne par petites touches, la page blanche et la toile écrue de mon récit. Je fragmente et j'unis les sons. Je fonds les syllabes pour composer et nuer les mots. Il suffit alors de prendre du recul pour en apprécier la forme, l'expression, les lignes et les couleurs ! C'est l’œil du cœur qui accommode, c'est l'oreille du cœur qui me rend intelligible aux yeux du lecteur.

Pour un peu, je ferais de mes bafouillages, un art suprême du barbouillage ! Pour un peu, je me piquerais d'élever mes "méli-mélos dits" à la hauteur d'un art mosaïque. Je n'ai pas besoin d'être à la dernière mode, j'étais déjà beauté décorative dans l'Antiquité, à Capoue ou à Byzance ! Je suis intemporel ! Je fais plus qu'appartenir au décor, je suis dans l'Art déco. J'ai le modernisme de l'alphabet plastique de Vasarely et je bats encore, dans ce sud que j'aime, le pavé de la Villa Kérylos ! Mes mots et mes phrases, mes textes et mes pensées ont le vol en zigzag des hirondelles de mer !

Je courtise ma muse, ma gente dame Inspiration mais faute d'être toujours adroit, je suis gauche parfois ! Le gentil trouvère se décompose alors dans un grouillis de vers désordonnés. Oui, je suis emprunté comme un amoureux à son premier rendez-vous, aux premiers émois d'un baiser de la langue d'oc ou d'oïl !  Je desserre à peine les lèvres ! Je ne veux pas que nos langues se délient. Je reste court ! Je ne sais plus souffler mot. Je marmonne, j'articule à peine, j'annone, je zézaye et zozote ! Dans un spasme, je me pâme !

Ma plume elle-même imagine d'impossibles amours épistolaires avec une lectrice, à la page. Devant une belle inconnue, elle ose à peine tremper ses lèvres dans l'eau de son regard ! Elle rougit et sa graphie se trouble. Elle bat de l'aile, elle barbote et s'ébroue dans l'encrier. Elle blablate et débite un mot sur deux qu'elle estropie ! Ma Muse n'aime pas mon cheveu sur la langue ! 

C'est après tout, sans importance au fond, pour moi, puisque je multiplie les duplicata de couacs dans la mare aux vilains canards boiteux ! Mais peut-être, est-ce important pour vous, lecteurs de hasard, si en tombant sur mon bec claquant ses bredouillis, vous vous retrouvez alors, à votre tour, marmonnant et bredouilles d'intérêt littéraire !

Qu'importe d'ailleurs, la linguistique ou l'élocution, le style ou la rhétorique ! Ne me jugez pas embrouillé, hermétique ou confus, je suis volontairement filandreux pour que vous puissiez vous accrocher à la trame du récit et que vous n'en perdiez pas trop vite le fil ! Je babille parfois comme un enfant de la balle d'un coton à broder !

Quand mes sons, appelés mots grasseyent et se répètent dans le fond de ma gorge, ne me croyez pas pour autant polyglotte ! Je soliloque et je radote alors, car je suis plus un bafouilleur littéral, un trifouilleur littéraire, un littérateur raté et un cafouilleur à embrouilles qu'un fouilleur de pensées lexicales !

Oui, j'ai le ton saccadé, je parle et j'écris haché-menu ! Ah ! J'ai beau avoir à jamais l'amour des belles lettres ou des belles personnes, au moment d'aimer ou de les enlacer, je suis un pataud, écrivain du pathos. Ma pâte à papier est une pâte à platées plâtreuses. Je suis un piteux empoté pour des lecteurs épatés ou dépités par mes épais pâteux pâtés !

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Plume d'ange

Publié le par modimodi

Dans mes contes de fée, les carrosses des princesses étaient tirés par un fringuant attelage de chevaux. Gardant mon cœur d'enfant, j'ai cru à ces légendes. J'y crois encore parfois, quand, en pleine crampe d'écrivain, pour me donner de l'élan et du courage, je me surprends à m'esclaffer : "Fouette cocher !", espérant secrètement emporter mes princesses, les Muses, Euterpe et Calliope.

Dans mes humanités gréco latines, j'ai croisé les plaisants Eros et Cupidon. Sans me toucher au cœur, chacun m'a laissé l'image d'une petit dieu ailé, d'un bel ange de l'amour, d'un archer facétieux. Je m'attendais donc, à être, un jour la cible d'un bel ange me dévoilant les délicieux mystères du divin paradis.

A vrai dire, étant d'un naturel plus matérialiste que romantique, si j'en percevais l'éventualité, je me le représentais plutôt sous le traits de Guillaume Tell, visant ma pomme d'Adam et ma pomme d'amour ! Car une belle Eve m'était assurément promise…

Echappée, du tableau de Botticelli, Vénus m'est enfin apparue. Merveille ! Perle sortant de sa coquille, elle donne aussitôt naissance à ma nature profonde, en émois et ravissement, innocence et pureté des sentiments. Son angélique féminité, sa longue chevelure blonde drapant pudiquement les courbes de sa nudité et sa mélancolie rêveuse emportent mon cœur dans un zéphyr d'amour printanier.

Le poète comblé va pouvoir célébrer sa beauté, exprimer ses chants lyriques et floraux de myrte et de roses, clamer et murmurer ses désirs sensuels et ses fantasmes érotiques. Mais surprise désenchantée ! Coup d'archer, coup fourré ! Cupidon doit avoir plusieurs cordes à son arc…

Ma belle histoire d'amour n'a rien de séraphique, elle est tirée par les cheveux. Au lieu de me lancer une flèche de son carquois, pour la tremper dans l'encrier, Eros me laisse sur l'écritoire, une touffe de cheveux d'ange.

Depuis, au lieu de faire des accroche-cœurs, mes textes sont touffus, mes mots ont du toupet, j'ai un cheveu sur ma langue. Devant elle, je zozote, je frise le ridicule ou je la mets à cran… On finira par se crêper le chignon et je risque bien d'être coiffé sur le poteau par un barbant raseur aux idées clairsemées, aux yeux de merlan frit.

Ô bel ange de l'amour, il y a tromperie sur le produit. Je ne voulais pas d'un style ébouriffé aux idées en bataille, je ne voulais pas non plus d'une perruque aux expressions précieuses et poudrées, pas plus qu'une coiffe de chef indien sur le sentier de la guerre éditoriale.

Je veux simplement une plume de mon ange pour vivre, avec elle, ailes dans ailes, de belles envolées au royaume de l'amour étoilé. Plus simplement, il t'est même permis, ma céleste, de m'en prêter une, "pour t'écrire un mot", comme le chantent "au clair de la lune" de charmants chérubins.

Je ne suis qu'un angelot littéraire, qu'un apprenti plumitif et je ne suis pas près de voler de mes propres ailes. Vois, mon messager, j'ai une patience d'ange, pour calligraphier et enluminer les voyelles d'azur. 

J'ai besoin de toi, de ta douceur angélique, de ta lumière et du secours des légions des anges et des archanges pour trouver les mots justes, toucher les cœurs et emplir les esprits de sereine plénitude.  

A l'heure de l'angélus, mon angélique, toi, ma petite marquise des anges, ne te fais pas prier pour accomplir nos pieuses dévotions. Oui ! Je suis l'ange gardien de ton corps.

Ô ma beauté du diable, d'une plume de satin, je veux écrire, aimer et tutoyer les anges dans l'extase de la chair.

Mon cher ange, chaque jour que le bon Dieu fait, volons nous dans nos plus belles plumes et soyons toi et moi, aux anges, au paradis !

 

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Que vois-je ?

Publié le par modimodi

Un homme, une ombre, un inconnu

Longtemps parti puis revenu ?

Un poète ou un philosophe

Un des trois frères Karamazov ?

Que viendrait-il faire, c'est absurde

On a tué le dernier Kurde !

 

Personne ne vient plus chez nous, on a brûlé toutes les cartes, désaiguillé toutes les boussoles, effacé le moindre chemin, soufflé du vent sur les nuages. 

 

Tous les oiseaux se sont perdus

Le printemps n'a pas survécu.

Que fait en approche, cette barque

Est-ce le grand retour de Bismarck ?

Grand-père, m'a pourtant dit, c'est moche

Qu'on avait tué l'dernier Boche !

 

Aucun ami, aucun ennemi ! Aucun mot, aucune nouvelle, aucun murmure fraternel ! Mes souvenirs emportent le silence des étoiles, seules voix muettes en ma mémoire.

 

Mes yeux, paupières clouées

Sont fatigués d'avoir veiller.

Je voulais juste m'accrocher

Au fantôme d'un égaré.

Mais impossible, je le savais

On a tué les étrangers !

 

Il n'y a plus rien au fond de l'eau, plus de chimère, plus de sirène, même plus d'étoile de mer. Il n'y a plus rien dans le ciel, plus rien sur terre, dans les sillages ou les abîmes.

Plus rien à voir, que mon reflet dans le miroir. Est-ce lui, ce dernier étranger, auquel je peux m'accrocher?

 

 

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 Escapade de poète

 

A quoi bon partir en voyage?

J'ai enfermé tous les mirages

Dans un collier de coquillages.

J'ai fait prisonnier la lumière

Pour amalgamer au désert

Rose de sable et cœur de pierre.

 

Le ciel est assoiffé. Le sable a englouti les traces de la dernière caravane. Elle va l'amble au feu d'or des étoiles. Je marche lentement au rythme pesant des pas d'un forçat errant. La nuit a bu le lait cru de la lune, si blanc qu'on dirait de la neige.

Je frissonne, j'ai froid. Il reste un feu oublié dans la grotte, au pied de la montagne. Je dois le retrouver, affronter le danger. Je suis à la merci d'un volcan de dune vomissant ses laves. Je rampe, elles vont me dévorer. Je vais me minéraliser, mon cœur de pierre roule, glisse et s'enfonce dans les sables des songes.

Doucement chamelier, retiens ton pas, je dors transfiguré dans la rose de sable. Laisse-moi reposer, mêler mes chants d'amour aux douces voix des djinns. 

Ah ! Aime-moi enfin, ô Muse migratrice, toi, la justification finale de ma course aux étoiles, je t'offre moi aussi, ma rose de papier.

 

 

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Nocturne

 

Seule la nuit est à venir avec son feu noir et d'oubli.

Elle viendra la nuit avec ses vides blancs du passé en absence, avec ses ombres déchirées au silence de nos adieux.

Seule la nuit est à venir avec ses temps contractés dans le marbre froid de l'éternité.

Elle viendra la nuit avec les échos inutiles des victoires claironnées par tous ces pauvres cœurs, insignifiants d'amour. Moi aussi, j'aurais honte de mes élégies, de mes émois tremblants et des paroles que je n'ai jamais dites.

Seule la nuit est à venir avec quelques plumes arrachées à l'oiseau de la Liberté.

Je l'attends ! Qu'elle vienne déposer en ma page blanche, gonflée comme une voile, des mots de feu, des mots de joie, des cris de vie hissés jusqu'au ciel de ma poésie, en gerbes de fleurs et d'étoiles !

Je veux traverser les ténèbres . Je veux happer la lumière figée dans le sang des astres roses. Je veux enflammer les silences des pensées qui se dérobent.

Je veux au matin, courtiser le hasard, l'appeler Inspiration, baiser sa chair, prendre sa langue et tordre sa bouche menteuse. Je veux désarmer la beauté, peindre des roses sur l'armure et m'affronter à l'absolu.

Que les oiseaux viennent bruire et lancer leurs trilles aux musiques célestes ! Que la grâce ruisselle de la clématite de mes chants ! Que le printemps donne sa vigueur à mon langage, noueux cassant comme un bois sec ! Que le feu éclate ses sonorités dans les brindilles de mes rimes et ranime les cendres au sein de mes ratures !

La nuit peut venir, je l'attends avec ses promesses chuchotées. Le futur est son clandestin échappé des barbelés du temps. Il va me rendre visite, faire tourner sur ses gonds la lourde porte de mes poncifs uniformes, aux couleurs craquelées. Je pousserai les verrous pour le laisser entrer. 

Je peux fermer les yeux et m'endormir. Aux croisées d'ogives des étoiles, je croque l'hostie noire de la nuit. La poésie est un art sacré.

 

 

 

 

 

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Entre les gouttes

Publié le par modimodi

Lecteur assidu ou de passage, ne me cherchez plus ! Je suis là ! Je suis dans mes nuages. J'y joue au professeur Nimbus.

Sachez que l'écrivaillon ne craint jamais l'eau ! Il se croit capable de faire la pluie et le beau temps ! D'ailleurs, quand la pensée rouille d'humidité, qu'alors l'idée bégaye, que le mot juste ânonne, que la solution ne coule pas de source, il n'hésite pas un seul instant, il se jette à l'eau, disons plutôt, à l'encre.

Hélas ! Trois fois hélas ! Comme je n'ai moi-même inventé, ni l'eau chaude, ni l'eau tiède, ni l'encre sympathique, souvent je n'y vois goutte. Je reste les yeux dans le vague, mi terrestre, mi céleste, pénétré jusqu'au tréfonds d'une idée fixe. Je m'abrutis à répéter que ce n'est quand même pas la dernière goutte de ma veine asséchée qui fera déborder le vague de mon âme, en manque d'inspiration !

Hors de question de me noyer dans une goutte d'eau et de donner raison à cette expression dépassée : "La goutte qui fait déborder le vase !" déjà plein de mes mots… D'ailleurs, à moins d'être pris pour une cruche, l'affirmation apparaît bien trop évasive pour me faire perdre contenance.

Au contraire ! Je remue l'eau dormante de mes pensées, j'en filtre les impuretés afin de couler des phrases claires comme de l'eau de roche. Qu'elle soit un filet d'eau ou un torrent de mots, j'évite soigneusement de me répandre. Je prends soin à ne pas m'épancher pour ne noyer personne sous un déluge d'idées éparpillées.

Comme certains sont parfois imperméables, je ne cherche pas à pénétrer leur esprit par quelques averses de propos ou un déluge de textes. Je préfère glisser doucement en eux, voilà pourquoi, je garde toujours pour chacun, une goutte d'huile essentielle, une perle de bon sens et de culture…

Mais comme je n'y vois pas toujours clairement goutte, le souffle a tendance à s'envoler et quand le talent s'évente, je sèche au fond de l'écritoire. Mon inspiration crève comme un nuage mais pas la moindre gouttelette.

A ce moment -à, j'apprécie vos larmes qui ruissellent de rire ou de désespoir tandis que je me dissipe dans la brume de ma pensée et la bruine de mes idées. Car, c'est alors que je peux me disperser avec vous, chers lecteurs, passagers de la pluie, dans la fine pluie de vos petits reproches ! C'est l'eau tiède du printemps qui arrose mes fleurs de rhétorique. J'écris pour les oiseaux qui s'abritent sous mes feuilles.

Par chance, l'eau des soucis stylistiques glisse sur moi comme sur les plumes du canard. Mieux encore, comme un poisson dans l'eau, je tourne calmement et silencieusement en rond dans mon petit bocal, répétant avec force bulles, la métaphore aquatique, dans l'espoir insensé de vous rendre bouche bée… J'ai tout mon temps… L'aquarium ne risque pas de déborder pour une petite queue de poisson dans ma vie littéraire !

Je ne vais pas non plus, par dépit, crier : "La coupe est pleine !" Je prends d'ailleurs grand soin de m'en éloigner. La coupe de fiel peut devenir un fatal bouillon d'onze heures si la goutte est de poison. Ainsi, Socrate qui ne philosophait pas au compte-goutte, y a laissé son âme, goutte-à-goutte, jusqu'à la dernière de l'élixir de vie !

Pour autant, n'allez pas croire, que je vive à l'épargne, en rétention de cette belle eau jaillissante de l'esprit et du cœur !... Non ! Je vous offre toutes mes libations d'une eau-de-vie, distillée dans l'alambic du bonheur. D'ailleurs, une petite goutte d'excès, si elle est d'optimisme ne fera pas déborder le vase du bon sens. De même, la goutte d'eau bénite tombée du Haut des Cieux ne va pas noyer la grenouille du bénitier de "la Cathédrale" de Huysmans ni mouiller la poule d'eau du "Lac" de Lamartine ! 

Sans tout laisser filer à vau-l'eau, je suis plutôt comme la couleur du temps, "à la coule", afin de suivre allègrement le fil de l'existence. Vous pouvez donc, sans crainte boire à la rosée des jours perlant de mes feuilles quotidiennes et passer confiants entre leurs gouttes de pluie, loin de vos ennuis crachins ou averses d'orages. Le souffle emportant la brise de mes mots séchera vos larmes, je vous ferai venir l'eau à la bouche.

Au fil de mes pages, venez vous désaltérer à mon eau vive, à mon eau courante. Dégustez jusqu'à la dernière goutte, ma belle eau de jouvence. Vous ne tarderez pas à constater que vos petits tracas ne sont plus que des gouttes d'eau dans l'océan de ma tranquillité littéraire.

 

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Googlito

Publié le par modimodi

Espérant lauriers et laïus,

Auréole et gloire de Phébus,

Cela fait des jours, tant et plus

Que je s'coue mes puces sur G+...

Je dédie, ce billet cactus

Aux Romulus et aux Rémus

Qui ont fondé l'réseau++,

Aux dix milliards d'Olibrius,

Qui se prennent pour Confucius !

Je viens célébrer les Vénus,

Les Nimbus et les Marius,

Tous les gogols de Google+.

 

A toi, insignifiant gugusse,

A toi, ô glorieux minus

Qui poste orbi et omnibus,

Je tire ma langu' Lucullus !

 

Le principal, c'est d'apparaître,

D'être toujours dans le paraître

Et de sans cesse reparaître

Pour recycler, faire compost

De potins, à longueur de posts !

Celui-là croit qu'il poétise,

Hélas ! Hélas ! Il prosaïse !

Il gorge chaude, il gargarise 

Et s'ébahit d'une queue d'cerise,

D'la queue du chat qui électrise,

Du penchant pour la tour de Pise !

Lui, dédicace et pindarise,

Clame ses stances à la Marquise,

En espérant qu'elle vocalise

Quand il la prendra par surprise.

L'autre, courtise et Rousseauise

Sa Julie, Nouvelle Héloïse !

 

Sur G+, on idéalise,

On se fait miel et mignardises,

On est complices, on sympathise,

Avec Lulu, Lise et Élise,

Les girls, les miss et les ladies !

Amie, ami, on fraternise !

On remercie, on s'fait la bise !

On pédantise, on latinise

On bêtifie, on ringardise

On trouve géniale, la sottise,

On commente, on hyperbolise, 

On flatte un peu, on Ronsardise !

On se fait sucre et friandises,

On roucoule ! Pigeons à Venise

Pour fair' rêver, la douce exquise

Et finir comme cul et chemise !

 

Y'a plus d'une astuc' sur G+

Pour rechercher le consensus :

Eviter les sujets cactus,

Ne pas faire d'honneur, au médius.

Adoucir les mœurs de Brutus :

Un chorus : le "Christus, Agnus",

Un Mozart : "Clémence de Titus",

Un Racine : le "Brittanicus"  

Représenté sans un lapsus

Dans une version biélorusse !

Tu peux même espérer en su :

Le son d'un stradivarius,

Un zoom su'l'sabot-de-Vénus,

Un ciel bleu d'altocumulus,

Un smile enivrant de Bacchus,

L'embarquement pour Uranus,

En fumant de l'eucalyptus ! 

 

Tu peux écrire, tu peux crier,

Tes cris, écrits sont étouffés

Dans les portugaises ensablées

Des overblogueurs aveuglés.

Dans un incessant défilé, 

G+ t'enverra promener,

De posts en posts, pied à pied,

Dans un désordre échevelé :

Vlà, un souvenir du temps passé

D'un vieux romantique esseulé,

Un chat, une fleur, une poupée,

Un' têt d'oiseau ébouriffée,

Des chats, des chiens dans un panier

Qui s'animent, au doigt appuyé,

Un pigeon, deux cygn' enlacés.

La mer toujours recommencée, 

Le bonheur en train de filer

Avec tes textes délaissés,

Ta prose et tes vers ignorés.

 

Ô symphonie inachevée !

V'là un aria, un andante,

Pour tes mots, tes petits voiliers,

Qui rêvent sous les alizés

D'enfin rencontrer le succès.

Tiens ! Pour toi sur ton blog, penché

Vlà ! Un banc, un chien, un muret,

Une girouette, un clocher,

Une citation illustrée,

Un proverbe dédicacé.

Des tournesols Van Gogh-lisés,

Illusions, miroirs et reflets :

La définition d'la beauté ! ...

Des commentaires, à la volée

Et des platitudes, par flopée ! ...

Des ratons laveurs, un baiser,

L'inventair' de Prévert entier !

 

Du bon sentiment étalé,

A toute heure de la journée !

Du "good morning" à "bonne soirée" :

Des "merci, amis !", rabâchés

Des "bisous, bisous" par milliers

De tous pays, du monde entier !...

Arrête, arrête d'espérer,

Ô laborieux écrivassier

Tu ne peux pas être prisé,

Tes textes sont trop compliqués,

Y'a trop d'idées, trop de pensées

A réfléchir, à déchiffrer !

 

Sur l'écran, les yeux explosés,

Googlito, le cerveau bloqué,

N'a plus d'suite dans les idées !

Sur le Web, il s'est échoué,

Débranché et déconnecté !

 

A quoi bon, donc se lamenter,

Me disait un jeun' Facebooké !

On cherche tous à se montrer,

A troller ou à podcaster

Par procuration, s'afficher.

Mais sur les réseaux, prisonnier,

De la grande toile d'araignée,

On est peinard, on est planqué,

On peut faire discret ou kéké,

Avoir l'impression d'exister,

D'avoir de l'esprit, de penser,

De pouvoir aimer, être aimé,

D'être actif, toujours occupé,

D'avoir des amis par milliers

Et de vivr' comme un naufragé,

Comme un oiseau emmazouté,

Dans le virtuel englué.

 

Cess' de taper sur ton clavier, 

D'écrire comme un acharné,

De caler, touches enfoncées,

De te croire seul, abandonné,

De jouer les désespérés.

Sur le net, faut te connecter,

Rejoindre les communautés.

A l'univers, tous reliés, 

Tous inconnus mais réseautés,

Sur le mêm' pied d'égalité.

Tu vas pouvoir les retrouver....

Petit écrivain raté,

Démodé, aigri, isolé,

Inspiré, réac, exalté,

Tu seras enfin apprécié

Si t'es branché et Googlisé !

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