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Articles avec #pain, humour et fantaisie tag

L'amour vache

Publié le par modimodi

Notre histoire est une ménagerie !

C'est la cata, une vraie vacherie !

Tu te prends pour la vache qui rit !

On t'entend de la fromagerie !

 

Moi, j'm'attendais au Saint Esprit,

Au ramage et aux gazouillis

Des beaux oiseaux du Paradis,

Mais tu bavardes comme une pie !

 

Je t'ai appelée, ma perdrix,

Mon rossignol, mon colibri,

J'ai chanté comme un canari,

L'amour et ses pots-pourris !

 

Toi, tu m'as pris pour une perruche,

Et p'tit à p'tit pour une autruche.

J'suis ta p'luche et tes fanfreluches, 

Je m'suis fait enduire la baudruche.

 

Je voudrais m'suspendre à tes lèvres,

Alors n'me fais pas tourner chèvre !

N'me dis pas de fuir les dondons

Qui s'font friser comme des moutons !

 

Non ! Mon amour, ma p'tite caille,

Je ne fréquente pas la volaille,

Et encore moins le gros bétail.

Moi, je m'impatiente au bercail !

 

Mais t'es jalouse comm'cent coucous,

Faut qu'je file comme un p'tit toutou,

Le caniche du cirque de Moscou !

Tu m'tiens en laisse, faut que tu m'dresses,

Que j'disparaisse, réapparaisse

Battant papattes, de la grosse caisse ! 

Hier, tu m'offrais tes caresses

Aujourd'hui, tes griffes de tigresse !

 

Tu veux qu'je fasse des prouesses,

Que j'cavalcade avec noblesse.

 À ma crinière, t'as fait des tresses,

J'suis un baudet d'cirque en détresse !

Hier, tu m'appelais Fanfan,

Je devais te faire quatre enfants.

Aujourd'hui, tu m'traites d'éléphant.

Je dois me remuer tout l'temps !

 

Tu me prends pour ton chameau,

Faut que je bosse, t'es sur mon dos !

J'suis mêm'ton zèbre, maillot rayures

Car pour une fâcheuse éraflure :

J'dois refaire toute la peinture !

Plus le temps d'dormir comme un loir

Ou j'finis à la rôtissoire

Comme un bon gros magret d'canard !

 

Oublié, le temps des aubades !

J'suis ta bête noire, ta régalade,

Je suis ton bœuf et ta croustade,

Tu me cuisines à l'estouffade,

Tu vas m'finir en carbonnade !

Pas un jour, tu ne fais relâche,

J'voudrais simplement qu'tu m'lâches !

Je n'en peux plus de cet amour vache !

 

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Alimentaire, mon cher Watson ! 4/4

Publié le par modimodi

 

Suite des aventures d'Archibald, aux mains d'une bande de gangsters, la bande à Tony-truand. Ils lui font subir un très sale quart d'heure. Quand tout à coup, branle-bas de combat, affolement général, des sirènes de police retentissent...

Vingt-deux les gars ! J'allais peut-être pouvoir respirer. Avec la volaille au croupion, mes marmitons flingueurs ne risquaient plus de me tirer dans les plumes. J'avais un répit. Comme une oie blanche, je m'étais fait pigeonner et j'avais failli être le dindon de la farce mais j'allais pouvoir voler de mes propres ailes et me les faire, bec et ongles.

Ah ! Mes poulettes, il était dit que votre Archibald n'était pas encore fait comme un rat... Plus d'une souris vous le dira ! Aussitôt, dans ma tête, mes petites cellules grises s'activaient. Aussitôt, je gambergeais à la vitesse de la lumière.

Dès que les perdreaux entreraient pour leur tomber sur le râble, je plongerai là, de l'autre côté, par-dessus la table et je prendrai le parabellum à ce gros thon aux yeux de hareng pas frais. Je vais transformer tous ces ploucs en passoire. Je balancerai la purée, je cracherai les Valdas. Avec ma pétoire, j'enverrais les pruneaux. Gare à la sauce suprême, une épaisse sauce tomate ! Ce soir, y' aura de la viande froide en rab et de l'hémoglobine à l'égouttoir !

Pas de laisser pour contre ni de trêve pour les confiseurs ! Chacun aura sa part du gâteau. Je vais les glacer. C'est ma tournée, c'est moi qui régale, c'est Archi qui arrose ! Avec un flambeur comme moi, il faut toujours prévoir les retours de flamme. Je n'étais pas vraiment grillé. Je sais toujours mettre le feu aux poudres... Plus d'une belle allumeuse vous le dira ! Avec moi, pas d'artifice, label :  bleus garantis !

Je vais les passer au mixer, en faire des boulettes et des croquettes d'abats. Je vais tous les sulfater et si ça ne suffit pas, je les finis au coupe-choux. Je les taillade, je les embroche. Je leur taille dans le vif des croupières, je les assaisonne en carpaccio ! Ça va saigner. Archi chahute ! Archi charcute !

L'un des truands a dû lire dans mes pensées assassines. Au même moment, il me pointe du menton :

- "Qu'est-ce qu'on fait du tas de viande ?"

- "On le tranche en assiette anglaise et on le colle dans la chambre froide."

A peine avait-il terminé qu'un des fricasseurs de service m'allonge un pain Poilâne de six livres. Je m'affaisse sur le champ...

Aïe ! Ouille ! Aïe ! Aïe !... En fait, c'est mon arthrose du genou qui se réveille et me réveille, en nage, chauffé à blanc... Je n'avais que rêver... Je passe la main dans ma tignasse, je tire la langue, elle est plus chargée qu'un Beretta.

Je soulève le rideau. Il pleut sur les quais. Je me passe le visage à l'eau fraîche. Je lisse ma moustache, je chausse mes church's préférés, je prends mon feutre gris, j'enfile mon vieil Ulster, je serre ma pipe au fond de ma poche. Je sors ! On ne sait jamais !...

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Corps d'artichaut

Publié le par modimodi

Un peu, beaucoup, passionnément,

Tu t'es offerte à ton amant.

D'à la folie à pas du tout,

Tu as mis mon cœur à genoux,

Tu m'as envoyé dans les choux,

J'ai la tête dessus-dessous.

 

Mon petit trèfle à quatre feuilles

T'as mis mes désirs en mille-feuille.

En complicité de clins d’œil,

Je t'ai confié, empli d’orgueil :

"Je voudrais bien que tu t'effeuilles,

Dès que tu franchis mon seuil.

 

Dans un jeté éblouissant,

Enlève-moi tes sous-vêtements,

Que le désir soit grandissant !

Ne va ni trop vite, ni trop lent,

Je suis sur des charbons ardents,

Mets mon corps à feu et à sang !"

 

Avec la Pucelle d'Orléans,

J'aurais été chaud et bouillant,

Je m'serais embrasé en rien d'temps

De mill' plaisirs neufs et flambants,

Mais toi, tu as mis trop de temps,

J'm'suis endormi entre temps.

 

Pour mes désirs, c'est l'hécatombe !

De trop languir, moi, je succombe.

Si te dessaper prend des plombes,

Vaut mieux qu'j'attende les palombes,

Que je plum' la premièr' colombe,

Car j'ai ma vigueur qui retombe !

 

De t'aimer, je ne suis plus chaud !

Que tu te dépouilles, peu me chaut !

Il me faut un corps d'artichaut

Que j'épluche de bas en haut,

Sans tomber dans les mille embûches

Du froufrou de tes fanfreluches !

 

Je n'vais pas attendr' le dégel

Pour goûter à la bagatelle !

Je te veux à la croque au sel,

J'te monte à cru, au septième ciel,

Pas pour l'extase spirituelle

Mais pour les délices charnels !

 

Oh ! Je m'rappelle de Marguerite !

J'y pense encore et ça m'excite.

J'arrachais ses bas, sa chemise

A chacun de ses strip-teases.

Je veux t'farcir jusqu'à la goule !

On appelle ça la barigoule !

 

Moi, j't'aime comme un meurt-de-faim,

Je veux bien plus qu'un baise-main,

Je veux du sexe et tout l' tintouin !

Je veux monter au paradis,

Comme un conscrit ragaillardi,

La fleur d'artichaut au fusil !

 

Mais j'suis bête à manger du foin,

J'n'ai qu'ton aigrette entre les mains...

La relation s'est vinaigrée !

Tu as pris ton air détaché,

Et tu es restée habillée...

Pas question de capitules ! Hé !

 

Adieu, plaisirs d'effeuillaison,

Adieu, bonheur des floraisons,

Car si dans ton cœur, tout est bon,

Avec toi, j'ai touché le fond !

Valait mieux toucher le pompon

D'un marsouin breton du Léon !

 

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Alimentaire, mon cher Watson ! 3/4

Publié le par modimodi

 

Suite des aventures d'Archibald sous la torture et les interrogatoires de trois scélérats teigneux et sournois...

- "Tu sais tranche de cake, on ne te parle pas pour des prunes. Si tu aimes les tartes aux quetsches, on en a un stock en réserve. Ce que tu as goûté jusqu'à présent ne sont que des amuse-gueule. Attends un peu de voir ce qu'on t'a gardé pour la bonne bouche. Tu vas prendre ta ration de châtaignes alors que tu croyais tirer les marrons du feu.

- Tu as mangé ton pain blanc Archi, on va te retourner comme une crêpe et te faire une tête de nègre. Tu auras l'air d'un congolais. Même ta mère, mon coco, elle ne sera pas capable de retrouver les ingrédients. Alors arrête de nous prendre pour des noix !"

Holà, mes bons amis ! Non ! Mais ma parole, ce gâte-sauce insulte ma mère !

Mais quelle déconfiture et quelle dégelée, je ne pouvais réagir pour l'instant. Je devais résister en silence mais autant vous dire que je n'avais pas la pêche mais plutôt la tête comme une coucourde. Je m'étais fichu dans une sacrée marmelade. Avec cette giboulée de coups, j'allais devenir une crème renversée et sucrer les fraises avant l'heure. Pauvre truffe ! A trop me faire mousser, je me retrouvais lamentablement chocolat !

Pour moi, ça sentait le roussi ! J'avais beau être blanc comme une sauce béchamel, j'étais grillé. Sur leurs charbons ardents, je brûlais d'être ailleurs. L'addition au final risquait d'être gratinée pour mon nez taillé en courgettes. A l'évidence, ce cuisinier spécialiste des coups de feu mais à la cervelle pas plus grosse qu'un petit pois n'aimait pas être mis en boîte.

Je les faisais mariner mais l'assaisonnement de mes salades leur restait sur l'estomac et la moutarde leur montait au nez. Je ne tarderai pas à manger les pissenlits par la racine. J'allais finir en steak tartare ou en chair à saucisses, charcuté au hachoir ou à la moulinette. A moins que les trois rôtisseurs n'aient décidé de me faire mourir à petit feu, de me griller la plante des pieds au chalumeau et de me déguster en escalope panée.

Mes oreilles étaient des feuilles de chou rouge. Je m'efforçais de résister et je crânais en ayant la banane. Mais j'avais beau me presser le citron pour leur filer une fausse information, je passais pour un cornichon et la situation tournait au vinaigre. Cet enviandé de basse pègre et les deux autres gibiers de potence n'hésiteraient pas à me faire la peau et à m'éplucher comme un oignon.

Ah ! Ils en avaient gros sur la patate les trois sinistres cordons bleus de cet infâme tord-boyaux ! N'étant pas du genre à couper les frites en quatre ou à avoir plusieurs casseroles au feu, ils allaient sûrement accommoder mes restes et me régler mon compte.

Requiem pour Archibald ! Comme les trois vilains étaient lassés de faire le poireau et qu'ils faisaient chou blanc, pour moi, c'était la fin des haricots. Je ne devais pas flageoler mais c'est sûr, les carottes étaient cuites. J'allais en voir des vertes et des pas mûres. J'avais vraiment l'impression de jouer dans un mauvais navet, noyé dans le bouillon du pot au feu ! Ils me prenaient pour une grosse légume de waterzoi. A coups sûrs, je finirai écrabouillé dans une purée aux beurres noirs ou comme un vulgaire haricot plat dans une tortilla !

Brusquement, un serveur que je n'avais pas encore vu, à la mine enfarinée, entre en criant dans la pièce :

- "Chef, je crois que nous avons des visiteurs !"

- "Des visiteurs, de quel type ?" demande le minable maître-coq, le plus agressif.

- "Du style en poulets, chef !"

 

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Pomme cuite au four !

Publié le par modimodi

Inutile de m'appeler mamours,

Ta p'tite marquise d'Pompadour !

Tu n'as plus ta voix de velours,

Quand tu te faisais troubadour !

 

Tu es désormais hors concours.

Tu ne sais plus chanter l'amour.

Tu piailles tel un poussin d'un jour

Mais c'est faux-jour et contre-jour !

 

Tu n'es qu'un vieux coq de bass'-cour,

Qui s'égosille au point du jour,

Sans agacer les alentours,

Sans réveiller dans les faubourgs.

 

Tu ne sais plus être en atours,

Je peux t'appeler Balo, balourd,

Gras du jarret, et bien trop lourd

Comme un vieux cheval de labour !

 

Tu crois que d'partout, on accourt

Pour tes crottins d'Rocamadour !

T'es une vieill' carn', sur le retour,

Tu n'as plus la fraîcheur du jour !

 

T'as trop d'kilomètres, au compte-tour,

T'as le moteur en fin de parcours,

Plus d'priorité au carrefour.

T'as commencé ton compte à rebours !

 

Tu es un mufle au souffle court.

Tu veux me faire ta chasse à courre,

Je ne veux pas que tu m'débourres,

J'aimerais mieux fair' demi-tour !

 

Pour un concerto de Brandebourg,

Tu prends ton cor. Ouah ! Au secours !

Il vaudrait mieux devenir sourd,

Que d'ouïr tes morceaux d'bravoure.

 

Autant me jouer du tambour !

Je n'entends plus tes mots d'amour !

Pourquoi, voudrais-tu qu'je savoure

Tes gauloiseries, tes calembours ?

 

Pourquoi veux-tu me faire la cour,

Que je me pâme et m'énamoure

Comme une vieille belle-de-jour,

D'un trognon de pomme d'amour ?

 

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Alimentaire, mon cher Watson ! 2/4

Publié le par modimodi

 

Suite des aventures d'Archibald...

Pris par surprise alors que j'étais en filature sur les docks, je me fais cuisiner par trois affreux marmitons qui veulent me faire cracher le morceau ! Ces mauvais cuistots ne le sont plus quand il s'agit d'appliquer les recettes raffinées des supplices gourmands de douleurs ! Je suis farci comme une tourte !

Je leur dis, tout de go :

- "Écoutez, les gars, on ne va pas se brouiller ! Vous n'allez pas en faire tout un plat et tuer dans l’œuf ma carrière de détective. J'ai les idées en omelette déliquescente, les lèvres baveuses et les yeux enfoncés dans le soufflé. J'ai autant de ressort qu'un vieux flan et autant de pep's qu'un lokoum ! J'ai la tête comme une meringue !

Voilà douze heures que vous me cuisinez. Je vous ai dit que je n'avais pas de complice. Je ne connais pas de Curnonsky et je ne suis jamais allé rue Brillat-Savarin. Je n'ai pas fait d'aller-retour Paris-Brest et je n'ai pas habité le faubourg Saint Honoré ! J'ai depuis une heure un mille-feuilles de mêmes réponses et mon compte de plaisirs ! Cessez de me faire pétrir la brioche par ce moule à gaufre et par ce gros bras en rouleau de pâtisserie. Je suis confit comme un clafoutis et en miettes comme un crumble.

Voyez, j'ai d'ailleurs pris plus de coups dans le buffet par cette armoire à glace qu'il n'y a de saints au calendrier. Je veux bien être bonne pâte mais vous me les brisez. Je suis dans le pétrin ! Je ne le sais que trop depuis que vous me malaxez les phalanges. J'ai la patte brisée. Arrêtez donc de me filer des macarons et des gros massepains. Je suis comme un pain perdu et je ressemble à un pudding trempé dans un tiramisu !

Constatez, j'ai déjà pris pas mal de tartes. J'ai les joues plus fouettées qu'une crème aux beurres et les os en compote. Si vous n'arrêtez pas de me claquer le beignet, je finirais par tomber dans les pommes. Alors, assez de bugnes et de coups fourrés, lâchez-moi les chaussons ! Je n'ai jamais rencontré cet Apfelstrudel ni ce Kouign amann qui se cacheraient en forêt noire dans la planque du prince Stroganov.

C'est sûrement bête comme chou, mais je me fais religieuse, si je sais qui a filé avec la recette du dernier casse. Alors arrêtez de me bassiner, je suis fatigué comme une salade lyonnaise et je n'ai plus un radis. Je suis raide, sans la moindre galette. Je suis plus fauché qu'un mendiant. J'ai flambé hier, mon dernier dollar au poker."

En un éclair, un de ces tranche-lard à l'air sadique me saisit à la gorge.

- "Non mais, qu'est-ce que tu nous sers ? C'est merveilleux, j'en suis baba ! Celle-là elle est pure sucre avec cerise sur le gâteau ! Ecoutez ce jésuite ! Monsieur joue les diplomates et essaye de nous rouler dans la farine."

- "Tu oses ramener encore ta fraise !" hurle le gnome à la tête en pain de sucre.

- "Tu nous prends pour des poires ?" rugit le troisième morfalou de bourdaloues...

 

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Alimentaire, mon cher Watson ! 1/4

Publié le par modimodi

Résumé des épisodes précédents :

J'étais en filature sur les docks, où je faisais le poireau. Sacré Poirot, ce cher collègue !

Engoncé dans mon vieil Ulster, le regard affûté sous un feutre gris, je lissais ma moustache en trempant la soupe ! Depuis plus de trois heures d'une pluie fraîche et serrée, j'avais les pieds au bain marie dans mes church's préférés. Encore une heure de plus dans cette enquête qui piétinait et j'aurais les nougats glacés ! Ce qui serait pour le roi des détectives un ice cream de lèche-majesté !

J'attendais donc derrière un container un gros poisson que je ferrais depuis trois semaines. En fait, de gros poisson, ils m'ont cueilli comme un débutant. Des mâles à bar aux yeux de merlans frits. Sale temps pour Archibald !

- "Maintenant, crâne d’œuf, tu vas te mettre à table ! Crache le morceau ! On sait qu'il y a anguille sous roche. Dis-nous ce que tu mijotes, sinon on t'arrange aux petits oignons. On va te faire revenir comme tes souvenirs !"

Le patron, un vilain, spécialiste de l'étouffe-chrétien, entérine du chef. Le maître-queue de cette nouvelle cuisine, qui n'était pas des anges, je vous l'assure, fait scintiller la lame de son couteau dans l'intention de me larder. J'avais beau être paré, je n'aurais probablement pas le temps de faire des vieux os ou de m'encroûter.

Finies les poulettes et la bonne chère, finis les frissons du plaisir ! Pas de regrets, ni de chair de poule ! Ces gangsters épais, aux visages clos comme des Cocottes-Minute, allaient me mettre sous pression et me cuire au bain de vapeur ! Ce genre d'autocuiseurs aux regards de soupapes affolées n'allait pas argumenter ! Ma tête risquait d’exploser comme un couvercle !

Ah ! J'étais mal mes amis ! Avant minuit, j'allais boire le bouillon. C'en était fini du réseau Socrate ! Je n'étais plus dans mon assiette mais dans le potage. J'avais beau écumer, je serais probablement vidé et avalé en deux coups de cuillère à pot !

Sous couvert de rester muet comme une carpe, j'avais déjà les yeux au beurre noir. Je risquais bien de finir à l'étouffée ou en consommé. J'allais sûrement me faire travailler les côtelettes, embrocher ou hacher menu et périr écorché vif, en sauce bolognaise, dans l'arrière salle de cette pizzeria coupe-jarret.

Un dur aux yeux de braise avec une tronche piquetée comme une écumoire, me souffle de son haleine empuantie de mauvais alcool :

- "Tu ne vas pas une nouvelle fois, t'échapper comme une anguille ! C'en est fini de tes coups fumants et de tes propos fumeux ! Ne nous laisse pas mon salaud sur des charbons ardents ou on te fume comme un saumon !"

- "Si tu me cherches du suif, tu vas voir de quel bois je me chauffe !" me dit le troisième, un court des jambettes, genre nain au nez en pied-de-marmite, repoussant du goulot et plombé de la cassolette à vous tuer un escadron de mouches au vol.

Croyez-moi, je n'avais pas le moindre temps pour tenir salon comme Miss Marple ni pour boire mon thé en croquant des sandwichs au concombre et des scones....

 

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Poignées d'amour

Publié le par modimodi

Tu peux m'aimer à bras le corps,

Me murmurer encore ! Encore !

Moi, je t'aim' de plus en plus fort

A en remplir tonneaux, amphores.

 

Avec toi, j'peux en faire des tonnes !

Je suis barrique, je suis bonbonne,

Je suis tout repos et confort,

Je rassure par mes contreforts.

 

Avec moi, nos amours mijotent.

Menu complet à la popote !

Tu te régales et tu fais "gloup" !

Du bonheur de ton gros plein d'soupe !

 

J'suis ton marmiton, je fais tout :

Rots et pâtés, potées, ragoûts.

J'vais te cuisiner mon p'tit chou !

Mille et un délices. Oh ! Seins doux !

 

De l'amour, j'ai à profusion,

Ras mon chaudron, plein mon bedon !

De Noël à Pâques aux tisons,

Aime-moi de tout' ta passion !

 

Monte-moi sur le bourrichon,

Enfourche le vieux canasson,

Donne caresses, à-coups, frissons

Mais n'casse pas le vase de Soissons !

 

Je ne veux que t'aimer d'amour,

J'ai de la soie et du velours !

Pour t’emmener jusques aux cieux,

J'ai mêm' le plus beau train de pneus !

 

Tu peux toujours avoir confiance !

Jamais je ne perds contenance.

Donne-toi à moi en aisance,

Et enlace-moi avec les anses.

 

Je suis ton pot, je suis ta cruche,

Quand tu m’susurres : Oh ! Ma baudruche,

Allons ! Ne fais pas ta nunuche,

Je veux que sur moi tu te juches !

 

Je boudine entre mes bourrelets.

Je ne suis pas laid, mais replet

Et je sais que cela te plaît,

Quand nous jouons au tourniquet !

 

Quand sur moi, toi, tu te trémousses

De tendres assauts en secousses,

J’admire tes deux pamplemousses

Et contemple ta lune rousse !

 

Alors ma douce, ma mie, mamour

Attrape mes poignées d'amour,

Ne crains pas roulis et tangage,

Agrippe-toi au bastingage !

 

Inutile d’appeler les secours,

Accroche-toi à mes contours !

Fais l'amour à ton gros balourd !

Aime-le, jusqu'au point du jour.

 

 

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La cloche

Publié le par modimodi

Je ne sais pas si j'ai envie de me taper la cloche mais par Notre Dame, mes oreilles bourdonnent.

J'ai le syndrome de Quasimodo ou du bedeau de l'église de Corneville. Je suis le grand virtuose des cloches de Canterbury. Découvrirai-je sur le tard une vocation de carillonneur ? Finirai-je, si je m'accroche, campaniste dans un beffroi ou résident d'honneur de Clochemerle ?

Mais au fait, dans ces inutiles querelles de clocher, dit-on du bien ou dit-on du mal de moi ? Sont-ce des acouphènes ? Qui me tape sur l'enclume et le système ? Est-ce Eustache qui me joue de sa trompe ? Dois-je baisser pavillon ? Ai-je un souffleur de sornettes qui tarabuste mon inconscient ou des bruits de sonnettes dans mes esgourdes ? En tout cas, il y a quelque chose qui cloche !

J'ai beau être un battant et boxer la vie à poings fermés, je suis sonné comme si j'avais été uppercuté. Je suis désarçonné et renversé, j'ai vidé les étriers. Ai-je pris le melon sous cloche ou une pastèque sur la calebasse mais j'ai l'éclairage vacillant à tous les étages. Je vois trente-six chandelles et j'ai modestement en tête la symphonie de Moussorgski. Les cloches de la porte de Kiev me lancent leurs croches et triolets.

Pourtant, nulle majorette à l'horizon ! Alors, qui joue du tambour dans mes caissons ? A part ce foutu crachin, nulle fête bretonne. Pourquoi entends-je ces obsédants couinements de biniou comme un bagadou ? Je me croirais à la grande parade celtique du festival de Cornouailles ! Holà ! Pour que l'inspiration me bombarde, ma vieille muse prend-elle abondance de plaisirs à me souffler dans sa corne ?

Il n'est pourtant pas encore l'heure de me faire sonner les cloches ou de prendre ma volée. Nous ne sommes pas à Pâques ni à la Trinité ! Ce ne sont pas non plus les vacances d'été et la grande transhumance des bisons pas futés qui, avec leurs bufflonnes, quittent le plancher des vaches pour le grand air ! Ah ! Le bonheur des alpages et le son des clarines !

Alors, quelqu'un dira que j'ai entendu un son de cloche mais que je ne sais plus dans quelle étable. Après avoir été fondu, on me croira fêlé. Sur mon passage, les enfants crieront drelin, drelin, le bélin ! On pensera que le coq de mon clocher troué fait la girouette aux quatre vents de la folie et que mes cloches rentrent de Rome !

Si je suis ainsi déréglé, j'ai grand peur que ça s'entende ! Frère Jacques m'en voudra-t-il à l'heure de sonner les mâtines ! Pourquoi ce grand désarroi dans le couvent, aux premiers coups des vêpres ! Entre "La récolte des pommes de terre" et "Les glaneuses", Millet lui-même ne sait peut-être déjà plus quand peindre "L'angélus" !

Alors, si c'est une facétie de ma bonne fée clochette, j'aimerais qu'elle me lâche le grelot et qu'elle renonce à l'agiter ! Je veux bien passer pour une cloche mais je ne veux pas être marteau. Je suis un vrai dur, un écrivain dur de la feuille. Je n'ai que faire de cette jolie lectrice ingénue qui va à cloche-pied. Je ne vais quand même pas me faire traiter de clochard par une belle ou quelques esprits boiteux aux raisonnements de travers !

Dois-je tenter quelque interprétation du phénomène et y voir un avertissement funeste ? Bon sang de bois ! Un jour, c'est la loi d'airain, je partirai, c'est sûr ! Comme une promesse en fumée ou entre quatre planches. Sans faire grand bruit, je déménagerai à la cloche de bois, au son lugubre du tocsin et de la marche funèbre. A gla-gla, j'ai les grelots, j'ai le bourdon et je refroidis déjà ! Sonnez pour le couvre-feu.

Ou alors, avant que ne sonne le glas de mon départ, dois-je le prendre comme une insistante invitation à me taper la cloche ? Il est vrai que j'ai gardé un solide appétit de vivre. J'ai encore faim d'aventures et d'émotions. Dans ce cas, j'ai bien volontiers l'esprit de clocher. Mais dans son clocheton, le sonneur de cloches ne doit pas me faire entendre qu'un seul son de cloche à fromages ! Qu'il carillonne dans tous les terroirs ! Je veux une symphonie de sonnailles à m'en emplir les deux oreilles et la panse ! C'est pain bénit !

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Drôle de fin de semaine !

Publié le par modimodi

Il y a un peu partout autour de moi et en tout temps, des faces de carême-prenant, des gens qui font la gueule, la triste et grise mine !... C'est la conjoncture, c'est la crise ! 

A l'époque de ma scolarité, je comprenais pourquoi, le vendredi, les visages s'allongeaient, pourquoi les sourires se figeaient ! Mes congénères de pensionnat et moi, en connaissions la raison hebdomadaire, le motif récurrent : le repas de la cantine ! Un vendredi sur deux, l'odeur du poisson qui flottait dès le matin, dans les couloirs ou la promesse des œufs cuits durs, sauce plâtreuse Mornay, servis avec épinards avaient l'assurance de nous dépiter ! Une seule seule personne semblait s'en réjouir, la bonne sœur, chef de cuisine, si petite mais si rapide à la marche, qu'on l'avait dénommée " trottinette ".

Au temps des études secondaires et de mes humanités classiques, j'étais emporté par le souffle des alexandrins. Corneille, Hugo et Racine avaient le génie de m'enflammer ! C'est en découvrant la seule comédie, écrite par ce dernier : " Les Plaideurs ", que la révélation m'est apparue dans toute son évidence !

Quand Petit-Jean débute son monologue en déclarant : " Ma foi, sur l'avenir bien fou qui se fiera : -Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera. ", je compris alors, pourquoi mes vendredis avaient été funestes et pénibles ! C'était pour avoir la garantie d'une très bonne fin de semaine en famille !

Dans mon optimisme juvénile, j'avais même conclu que la logique inverse devait probablement s'appliquer : " Tel qui pleure vendredi, dimanche rira ! " La pénibilité de chaque vendredi avait la certitude de la joie du week-end, dans l'amour des miens, les rires et les jeux.

Une leçon s'en dégageait. Si cet alexandrin devenu proverbe signifiait que la joie était souvent suivie par la peine, il valait mieux ne pas être le premier à rire pour ne pas être le dernier à pleurer ! Alors, vive la diététique et la science culinaire appliquées à l'école du savoir et de la vie.

Mais, c'est bien plus tard, que j'appris et compris qu'au banquet de l'amour, le vendredi était consacré à Vénus, quand une jolie sirène à queue de poisson m'envoya me faire cuire un œuf !

Le temps a passé et tamisé mes souvenirs. Aujourd'hui, je sais que le bonheur n'est pas constant et que le chagrin succède à la joie. Pas de ciel sans nuages ! Une arête peut venir se loger en travers du gosier, n'importe quel jour de la semaine. En mettant ses œufs dans le même panier, le succès n'est jamais garanti !... J'ai heureusement depuis, oublié les vendredis empestés en découvrant chez Petrossian, les plaisirs exceptionnels de l'alliance des œufs noirs de l'esturgeon avec la vodka !

J'ai également acquis de la sagesse populaire. "Je fais avec ! ", comme on dit. Quand, ayant évité les jours noirs, j'agis à la petite semaine, je dis : " Ça va comme un lundi ! Aujourd'hui, si ce n'est pas mardi gras, ce n'est pas non plus, mercredi des cendres ! Vivement la semaine des quatre jeudis ! " 

Quand je fais le programme du week-end, je pense à Sacha Guitry : " Ne faites jamais l'amour le samedi soir, car s'il pleut le dimanche, vous ne saurez plus quoi faire ". En mauvais bricoleur du dimanche, j'ai dû en appeler à Woody Allen : " Non seulement Dieu n'existe pas, mais il est impossible de trouver un plombier le dimanche. "

Désormais, une autre maxime valable pour tous les jours de la semaine, me menace ou me conforte dans sa grande généralité : "Rira bien qui rira le dernier."

Devant l'adversité, je ne dois jamais renoncer ! La roue peut tourner, le cours défavorable des événements peut s'inverser. Je peux gagner quand je croyais tout perdu ! J'aurais un jour, ma revanche ! Mes adversaires ne perdent rien pour attendre ! " La vengeance est un plat qui se mange froid ! "... comme le poisson ou les œufs mayonnaise !

Dans le fond, au final, au buffet froid de la vie, c'est souvent maigre, vendredi rémoulade ou mimosa !

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