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Culture terre à terre en tête à tête

Publié le par modimodi

Il existe un fécond rapport entre les travaux des champs et l'activité intellectuelle.

Le même mot pour la terre et la tête : la Culture ! Un même mot sorti des ténèbres de l'ignorance pour prouver que la plante ou l'humain ont besoin de lumière pour croître et pour s'élever.

L'agriculteur cultive, l'enseignant cultive et tous les deux,  sans oublier de se cultiver, sont des cultivateurs qui veillent au grain pour éviter les mauvaises graines. L'un et l'autre doivent donner leurs lettres de noblesse aux expressions : "terre à terre" et "tête à tête".

Ils doivent se pencher au ras du sol ou au ras des pâquerettes et prendre soin des jeunes pousses comme des épis, qu'ils soient mûrissants au soleil de juillet ou rebelles sur de jeunes crâneurs aux idées en bataille.

Cultiver et éduquer sont indissociables pour permettre à la plante comme à l'humain de s'élever et de s'adapter à son environnement.

Sur le champ, l'un creuse la terre, l'autre se creuse la tête pour creuser celle des autres ! C'est parfois bêtement se fatiguer pour quelques têtes de pioche et inutilement s'entêter pour quelques têtes de mule en pensant donner des perles aux pourceaux.

Le premier engraisse et fume la terre, l'autre, voulant philosopher, tient selon certains incultes, des propos fumeux et fait école. Il y a même des têtes brûlées qui pratiquent la politique de la terre brûlée. La cambrousse ou la classe, les nourritures terrestres ou intellectuelles, voici, la nouvelle terre promise !

Fertiliser le sol, ensemencer l'esprit, ne rien laisser en plan ou en jachère, savoir planter sans se planter... Voilà, le huitième art, l'art du Génie rural ! Le savoir-faire agreste du terroir est l'art du rendement de l'are à l'hectare, le savoir-être est l'art de la conduite des arts au nectar.

Ainsi, semer les grains et les perles de culture vont de paire, au point que chacun patiemment, cherche à faire germer le blé ou l'idée. Le rustique se met au vert, le pédagogue aux vers d'une pastorale ! Les bucoliques les unissent ! Sur ce terrain d'entente, l'élévation les transcende de l'élevage à l'élève ! Panser et penser sont frères de lait et de ruminations.

Le désarmant : "Faites labour, pas la guerre", ne pourrait-il pas devenir le nouveau slogan culturel. Le credo dépaysant à beugler dans les étables ! Ne pourrait-il pas remplacer la morale de Jean de la Fontaine : "Travaillez, prenez de la peine, c'est le fond qui manque le plus au mien."

Holà ! Holà, amis ! Dans la rosée du matin, avez-vous avec moi perdu la tête ? Nos idées ont-elles coulé dans les pierres d'achoppement de notre raisonnement de bouseux ? Nos connaissances se sont-elles enlisées dans les ornières de nos jugements mal cultivés ?

Pourquoi s'en étonner, si nos pensées vagabondent dans les sillons de notre raison mal abreuvée, si notre culture ne surgit que de nos lacunes ? De la culture au terre à terre, il n'y a souvent qu'un pas, chaussé de gros sabots pour qui ne sait pas arpenter le sol de la science ou fertiliser le terreau des connaissances !

Hélas et lasse, à l'école ou l'université, chaque tête bien pleine présente souvent des allures défaites de tête intello, Waterloo, morne plaine ! Alors, haro sur le baudet et sur les têtes de lard et de turc, adeptes du sans queue ni tête ! Ils se repèrent à leurs rires agricoles mal cultivés.

C'est peut-être pour se consoler de ne pas avoir un cerveau musclé, que certains esprits en friche, s'adonnent alors, à "la gonflette". Confondant la tête et les jambes, ils sont fiers d'appeler cela, de la culture physique ! Mais à faire le poirier, pour ceux qui ne tombent pas sur la tête, les idées passent derrière ou par-dessus la tête !

Ils acquièrent de la puissance, tout en muscles mais pas en pensées ! Ces belles têtes de pipe souvent ne pipent mot et considèrent que les beaux discours ne sont que du pipeau ! Bêtes à manger du foin à la fourche, ils y sont sur les dents, à la botte de ceux qui font du foin médiatique avec leurs performances.

Maigre récolte et amer constat pour les cultivateurs de la terre et de l'intelligence ! Que faudrait-il en dire ? Soit, "foncièrement, Esprit, es-tu là ?" ou soit, "Esprit, n'es-tu pas las de ruminer sur le plancher des vaches ? Pourquoi tenter intensivement mais vainement, de vider et d'épuiser notre trésor patrimonial et culturel ?"

Exploitants ou exploités, laboureurs et semeurs, moissonneurs d'épis, de lauriers et de médailles, culs-terreux, cultureux ou culturistes, vous êtes tous, des petits ou grands tragi-comiques des comices agricoles.

Le champ de la culture produit en abondance des betteraves, des cornichons ou des melons. Vous serez un jour, distingués et décorés pour le plus beau navet, la plus belle salade ou le plus beau pâté de têtes !

Vous qui êtes con-formés à l'esprit grégaire et maison des maisons ou des salons de la culture et de l'agriculture, unissez-vous pour essaimer, les uns, les autres. Soyez féconds !

 

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