Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Les quatre vérités 2/6

Publié le par modimodi

A l'école de la vie, la philosophie devrait être enseignée, non pas dans un catéchisme mais dans la méthode du doute critique.

Amis de la philosophie de l'existence, poursuivons donc les approches du concept de la Vérité ! ... Probablement, avez-vous aperçu dans le kaléidoscope de la réalité que la vérité est collante aux faits, qui sont eux-mêmes têtus. La chercher, c'est en accepter la relativité et appliquer une attitude sceptique, c'est se tenir dans l'ouverture aux autres, dans l'être plutôt que dans le paraître. On a beau prendre ses rêves pour la réalité, l'être n'est pas l'apparence et le vrai n'est pas le vraisemblable.

Pour être en adéquation avec cette insaisissable vérité, polymorphe et fluctuante, il ne faut donc pas rater ses multiples correspondances et prendre la bonne voie, fût-elle une ultime impasse !

Ce cher Beaumarchais ne fait-il pas dire à Figaro : "Toute vérité n'est pas bonne à croire !" (Le mariage de Figaro, 1784)... Bientôt, le pressent-il déjà, au rendez-vous de l'histoire, le culte de la Raison effacera le culte de la Vérité !... Encore quelques années et la vérité ne sera plus qu'un foyer de révolution aux idées tranchantes! Montesquieu et Rousseau ont eu beau inspirer la volonté de dire et faire le juste, la vérité n'a pas su tenir le cou ! Inutile de prier Saint-Just, l'archange de la Terreur ! C'est quand même dans le sang à peine sec, que s'écrira en 1793, la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. La vérité universelle a du sang froid !

Alors, un juste raisonnement donne-t-il la vérité ? En s'appuyant sur le concret des faits, sur des événements établis, sur des arguments démontrés avec preuves matérielles irréfutables, la vérité est-elle à coup sûr, incontestable ? L'existant est-il indubitable ? Quel juste prix devrait-on payer au tribu de la vérité ?

Les sciences en font une quête éperdue. Les scientifiques procèdent pour ce faire par postulats et axiomes admis. Par tâtonnements et erreurs, la vérité progresse dans l'ombre des probabilités, des raisonnements hypothético-déductifs et analytiques ainsi que dans la logique de ce qui est concevable. La vérité scientifique est ainsi synthétique et se renforce par formules et modèles.

Il est vrai d'ailleurs, que l'erreur est toujours juste, jusqu'à preuve du contraire. J'ai raison aujourd'hui et j'aurai tort demain ! Encore faudrait-il distinguer les formes d'erreur, d'interprétation, de manipulation ou d'ignorance. Clémenceau nous disait, dans " Au soir de la pensée " : "L'erreur peut être une vérité en devenir... Toute vérité est une erreur dépassée." Nombreux sont les exemples en ce domaine ! Chacun a en tête, Galilée, Newton, Benjamin Franklin... La gestation de l'idée, l'accouchement au monde de la réalité sensible s'inscrivent dans la nuit de l'expérience avant d'être mises au jour dans un cri de délivrance : Eurêka ! Fiat lux ! La vérité est bonheur !

Il n'y aurait donc aucune certitude, sauf à ériger nos préjugés en vérité et la vérité en dogme, c'est à dire en impératifs d'opinions, en croyances. Les prosélytes et religieux fanatiques sont ainsi enfermés dans des idéologies totalitaires et des convictions religieuses aveugles, au nom desquelles les pires barbaries sont perpétrées : " Crois, convertis-toi, et tu seras sauvé !" " Sus aux hérétiques et infidèles !" " Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens" ! (Arnaud Amaury, lors du sac de Béziers.) Croisades, guerres de religions, persécutions, tortures, inquisitions, déportations, intifadas, massacres d'innocents... Que de haine et d'horreurs au nom de la vérité ! Dans la nuit de l'aveuglement, est-ce que la vérité finit par se faire jour ?

Celle-ci n'est-elle pas ou ne devrait-elle pas, être sœur de la tolérance? C'est la moindre des exigences ! Mais attention au danger des slogans, équivoques pour le sens des mots. Que penser du perfide : " tolérance zéro " ?

En tant qu'être humain et citoyen du monde, le respect de l'autre est vertu et devoir. Ainsi en est-il, en réciprocité, pour la défense de ma liberté et de mes droits ! Chacun connaît cette citation attribuée à Voltaire : "Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'au bout pour que vous puissiez le dire."

Étroitement liée à la vérité, la tolérance est une morale de l'action, elle est engagement, en aucun cas, elle n'est soumission ou renoncement, indifférence ou laxisme. Cette vérité-là devrait être une base de l'éducation humaniste, laïque, non sectaire!

La vérité qu'on nous impose est amère et dure à avaler. Mais notre liberté de penser n'est pas menacée par l'opinion ou la croyance de l'autre. Chacun a droit d'avoir ses opinions, c'est même une marque de personnalité. Il n'y a que dans le totalitarisme ou le terrorisme intellectuel qu'une pensée est dominante et qu'une race est supérieure. Il n'y a donc pas de vérité en soi, seulement du point de vue de sa propre conscience.

Voir les commentaires

Nuit blanche 6/7

Publié le par modimodi

Je tremble et tu frissonnes,

Je te perds, te retrouve...

 

Je dessine d'un doigt

L'arcature de tes yeux,

Reprenant mille fois,

D'un trait mal assuré,

Chaque creux,

Chaque ovale

Des contours du visage.

 

Mes doigts s'égarent

Dans le brouillard

De tes cheveux,

Frisons soyeux.

 

Un ange s'est posé

Et tu fermes les yeux,

Abandonnée, lascive,

Retenant le plaisir

Qui ondoie sous tes cils,

Retenant les désirs

Qui ouvrent et qui emportent

Les écluses et les digues!

 

Au rempart de ta chair

Les lierres des refus

Délient griffes et racines.

 

J'éclate comme une bulle

Dans l'ambre de tes seins.

Tes souffles sont promesses,

Nos corps à fleur de peau

Se lient et se déplient

Dans des sillons de volupté.

 

De joutes en élans,

Le levant se déchire,

L'horizon est en feu.

La mer a des reflets

De lande mordorée.

 

Pour un instant,

Ma main suspend

Sa course vagabonde.

Chacun se coule et se prolonge

Dans l'onde des frissons.

 

Seule la veine à ton cou

Se fait douce et saillante.

J'y sais des vaisseaux bleus,

Ancrés depuis longtemps

Et des voiles qui claquent

Quand se lève le vent.

 

L'un à l'autre scellés,

Nos corps décorsetés

Emmêlent leurs lianes,

Tourbillons affolés

De joies et de délices

En vrilles constellées.

 

Sommeil de l'ange.

Moi, je te sais fragile

Comme souffle de brise

Et je reste éveillé

Aux portes de ton corps.

Éternité, ô douce éternité!

 

Perdus et immobiles,

Le temps passe sur nous,

Emportant nos passions...

Voir les commentaires

Boules de comme

Publié le par modimodi

La mort, c'est comme la dentelle, elle vit au crochet de la vie, jour après jour.

L' amour, c'est comme la pitié, il ne suffit pas d'avoir bon cœur, il faut savoir se laisser toucher. Quelle con-passion!

L'homme, c'est comme l'indulgence, dans la vie comme en amour, il doit choisir: être coulant ou fermer les yeux.

La vie, c'est comme les vampires, on y croque à pleine dents, sus! Qu'on se fasse du mauvais sang ou une pinte de bon sang. Aie, aie, ail! Vidé, on n'échappe pas à la mort sûre!

Le sexe, c'est comme la banque, on se permet des dépôts et des retraits.

L'amour, c'est comme l'explication, pour en tirer argument, il faut montrer et démontrer en s'étendant sur le sujet.

La mort, c'est comme le corbeau, qu'on y croit ou qu'on n'y croa pas, c'est l'oiseau de mauvaise augure.

La femme, c'est comme le vice, une affaire de formes pour mâles façons.

La vie, c'est comme les fractions, de part en part, de réduction en réduction, la mort est le dénominateur commun.

Voir les commentaires

Les quatre vérités : 1/6

Publié le par modimodi

"C'est la vérité vraie, je te le jure et te le dis, les yeux dans les yeux ! Des yeux, ça ne ment pas !" Que de serments et de promesses se sont ainsi échangés et donnés avec même, pour faire plus vrai, genou en terre ou main sur le cœur !

Liberté chérie, Vérité vénérée, en Homme sage, tu te dévoues à sa cause! Vérité suprême, que tu respectes dans ses impératifs. Tu es soumis à son verdict, aux différents temps de ton existence, aux instants uniques de la vie et de la mort. A ta naissance, dans la délivrance du premier cri et à la dernière heure du râle de ta mort ! Grands dieux ! A cette minute de vérité, dans l'arène de la vie, tout esquive est impossible.

Quel visage a la vérité à laquelle tout le monde fait ainsi référence ? Avance-t-elle masquée au milieu des mensonges ou des erreurs ? Le mot est employé partout, sans distinction, aussi bien pour désigner une vérité formelle ou banale que pour désigner la vérité historique ou ontologique ! Elle est là, à la fois immuable et toujours en marche... Ici, elle se cache, là, elle éclate, ici, elle fait mal, là, elle rassure ! Elle est pure ou elle est trouble, habillée, ornée, déguisée, altérée, déformée, travestie, on lui tourne le dos ou on lui fait face ! Encore ne faut-il pas en être trop loin ou en-dessous !

La vérité est un concept philosophique majeur et la philosophie, une recherche de la vérité. La boucle est déjà bouclée. Avec tes amis philosophes, cherchez à la dénouer, à l'établir, tout au moins à l'approcher. Elle est abstraite, essayez d'en présenter les sens. Si elle se déballe comme un colis, tentez d'en tirer quelques ficelles !

Vrai de vrai, mordicus ! Apparemment, la vérité, c'est du béton ! Mais est-elle certaine ou incertaine ? La vérité de la Palice est une vérité vraie, mais tout le monde s'en moque, en disant que c'est un truisme, une banalité redondante, une lapalissade.

Luigi Pirandello échappe à la platitude par une esquive : "A chacun sa vérité !" La parabole de cette pièce de théâtre nous enseigne que la vérité est toujours dans le juste milieu, dans l'intervalle des convictions intimes, dans la synthèse de la thèse et de l'antithèse. A chacun sa vérité, à chacun son erreur ! Ce cher Pascal exprime aussi la même idée : "Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà." ( Pensées, v,294 )

Pirandello ne fait que reprendre la thèse de Platon qui, s'appuyant sur Protagoras qui affirmait que "l'Homme est la mesure de toutes choses", avait conclu que l'opinion de l'un n'est pas celle de l'autre. Quand l'un dit froid ou vrai, l'autre dit tiède ou faux ! Sagesse que cette théorie du relativisme qui exige l'attitude prudente de l'étude précise et critique.

Scruter la vérité est une vertu, elle a un nom, le scepticisme. Au rabais philosophique, la vérité résiderait alors dans le sens commun, c'est à dire serait la chose au monde la plus mal partagée ! Résultat : il n'y aurait pas une vérité mais des vérités, réunies dans une unité de sens !

Un proverbe persan dit : "Un cheveu sépare le faux du vrai." La vérité n'est pas évidente, elle entraîne la modération et incite à la prudence. Aimer la vérité, c'est être ouvert aux autres et au monde, et aimer autant leurs idées que nos opinions.

Philosophiquement, la vérité est synonyme de conformité avec la réalité. Dire la vérité, c'est avoir l’expression de ses idées ou de ses jugements, en fidélité avec ce qui existe. La connaissance des faits s'appuie sur leur perception. Il ne devrait donc pas y avoir d'erreurs de jugement. La vérité est un accord à l'existant. Chimère n'est pas vérité mais idée fausse sans consistance réelle. La vérité n'est pas dans l'apparence. Il faut choisir d'être ou de paraître.

Inlassablement, poursuivons notre quête. Provisoirement, méditons le dernier mot d'Emmanuel Kant qui disait, dans Les Pensées : "L'apparence requiert art et finesse ; la vérité calme et simplicité."

Voir les commentaires

Nuit blanche 5/7

Publié le par modimodi

Prends le large 

Et mes mains!

Oh! Merveilles, ô mystères!

Nos doigts ont glissé,

Cheminé l'un vers l'autre,

Creusant des ravines

Sur le satin du canapé.

Cordes tressées,

Entrelacées,

Mailles fragiles d'un filet.

 

Nos mains se lacent,

Nos doigts se nouent,

Nos mains se croisent,

Nos doigts s'enlacent...

Savant ouvrage,

Points d'Alençon,

Travaux d'aiguilles et de navettes,

Tendrement engrêlés,

Tendrement lisérés,

Écrins brodés,

Fils de soie ennoués,

Points de Venise et d'Angleterre,

Points de rose et points de Bruges,

Tendre réseau d'or et d'argent!

Nos doigts festonnent des dentelles.

 

Mais nos mains se déchirent

Et nos doigts se reprennent.

Nos yeux se cherchent,

Nos mains se soudent

À la nuit qui se noie

Dans la mer qui se brise.

 

Cris déchirés d'un goéland,

Lune de cendres...

Nos corps s'étoilent

De désirs magnétiques,

Nos peaux se frôlent,

Nos corps se tendent

Comme des osiers

Courbés au vent.

 

Frissons d'archets,

Vibrato d'Amati,

Méditation de Thaïs,

L'amour tressaille...

Promesse d'alliages,

Gerbes de feux et de tisons,

Coulées brûlantes

De fébriles caresses.

 

Je tremble et tu frissonnes,

Je te perds, te retrouve...

Voir les commentaires

Mystères

Publié le par modimodi

Pour me dorer la pilule, est-ce possible que tu ne m'aies dit qu'amant?

Quand on a été à cheval sur les principes, peut-on, grisé et survolté, mourir d'une fièvre, un samedi soir?

Aux antipodes ou à l'extrême, est-ce que les interdits sont tabous?

Si, dans la vie, on n'est jamais sûr d'avoir de l'oseille, la mort qui vient en douce, est-elle aigre heure?

Un amour absorbant évite-t-il les fuites et les fausses couches?

Être pendu à ses lèvres, est-ce une nouvelle façon de lui faire la moue? 

Le dernier cri du condamné, clamant son innocence, est-il criant de vérité?

Est-ce, parce qu'il nous fait perdre la tête, que l'amour s'exécute et se conclut parfois par une peine capitale?

Est-ce par pendaison qu'il se donne la mort ou par remords, qu'il se repent?

Voir les commentaires

Nuit blanche 4/7

Publié le par modimodi

Je reste naufragé,

Ensablé, près de toi...

 

Je voudrais être au large,

Dériver sous le vent.

Je voudrais être flot,

M'engouffrer au chenal.

Je voudrais être lame,

Me briser aux écueils.

Je voudrais te rejoindre,

Atteindre l'autre rive,

Accoster sur ton île.

 

Viens, viens,

Laisse moi me baigner

Dans le bleu et le vert,

Au corail de tes yeux

Verser larmes de ciel.

 

Laisse-moi clapoter,

Déposer mes baisers,

Coquillages en fleurs,

Anémones tremblantes,

Aux nacres des écumes

Des roulis de ta chair.

 

Laisse-moi chevaucher

La houle de tes hanches

Rouler et balancer,

Danser sur tes frissons,

Ondoyer près de toi!

Oh! Viens, viens!

Entends le désir

Qui tremble dans ma voix!

 

 

Et tu hisses la voile

De ton bras blanc, tendu

Entre mer et ténèbres.

Je cours dans le gréement,

Saute jusqu'à la hune,

Monte dans les haubans

Jusqu'au mât de misaine.

Plus haut, plus haut,

Toujours plus haut!

 

Je dors dans la dunette,

J'y ai posé mon cœur.

Ô mon amour,

Nappe d'or constellée,

Pluie d'étoiles versant

De longs sanglots d'azur,

Souffle aux mille alizés!

 

Prends la mer,

Largue tout,

Les amarres et les voiles!

Je reste sur le quai,

Je t'attends et t'espère.

Lentement, prudemment,

Serre le vent,

Vire de bord!

 

Prends le large et...

Mes mains!

Voir les commentaires

Boules de comme

Publié le par modimodi

L'amour, c'est comme la charcuterie, un assortiment de jambonneaux pour de futurs lardons.

La mort, c'est comme le cafard, un parasite en idées noires.

La vie, c'est comme le lien, qui nous noue, toi et moi en bouquets pour la gerbe.

L'homme, c'est comme le compas, quand on l'a dans l’œil, faut pas tourner autour ou l'aimer aveuglément.

Le sexe, c'est comme la lorgnette, on exagère toujours l'importance du petit bout.

La mort, c'est comme la vésicule, qu'on se fasse ou pas de la bile, elle vous donne les foies.

Les femmes, c'est comme les adjudications, les en chair sont montées.

La vie, c'est comme la mort, elle se paye sa tête.

L'amour, c'est comme la mort, arrêt qui aime ad vitam aeternam.

Voir les commentaires

Nuit blanche 3/7

Publié le par modimodi

Le temps a jeté l'ancre

Au sein de cette chambre.

Entre toi, entre moi

Toute parole est vaine.

 

Aux griffes du sommeil,

Tu luttes, sombres et renais.

Envol de l'ange,

Face à face,

Cœur à cœur,

Peur à peur...

 

Lagoya égrène des sanglots de guitare,

Pleur à pleur...

Glissement silencieux

Aux nacres de tes joues.

D'un poème sans je t'aime,

Mozart réécrit son Requiem.

"Lacrimosa dies illa"...

 

Nuit en corolles

De satin bleu et noir,

Fleur à fleur reposée

Dans les vases, oubliée.

Mains ouvertes et données

Aux ombres parfumées.

 

Et les meubles étirent

Leurs jointures noueuses.

Feux des cristaux,

Carafes et flacons

Aux couleurs de l'été.

Les oiseaux ont niché

Dans le vert du tableau.

Un arbre se déhanche

Sans espoir de printemps,

Et tout son tronc se tord

A pousser au soleil

Ses bois entrelacés.

 

Tu viens de t'endormir...

Ouvertures de Verdi...

Tu rêves de Venise,

Saint-Marc illuminé,

Sa place qui roucoule,

Le pont du Rialto,

Et celui des soupirs.

Un gondolier te chante

D'antiques barcarolles.

 

Et tu es Colombine

Aux feux du carnaval.

Je te sais vénitienne,

Héritière des lagunes,

Des tableaux de Guardi.

"Oh, saro la piu bella!

Tu, tu amore

Sola, perduta, abbandonata"...

 

Tout se bouscule,

Mots enflammés,

Rêves ou réalité...

Puccini ou Musset

"Dans Venise la rouge,

Pas un bateau ne bouge..."

 

Je reste naufragé,

Ensablé, près de toi...

Voir les commentaires

Le cheval

Publié le par modimodi

Héros des chansonnettes,

Ami des devinettes,

Tu caracoles, en tête

De tendres historiettes.

 

Tu n'as jamais la flemme!

Fort°° t'a mis en poème,

Et d'hivers en printemps,

Tu vas par tous les temps!

 

Boulonnais ou flamand,

De labour ou pur sang,

Tu t'appelles Jappeloup,

Pile-poil ou Casse-cou!

 

À hue, à dia, holà!

Et un, et deux, et trois,

La ruse pas à pas,

Glisse cheval de Troie!

 

Et deux, et trois, et quatre,

Cheval blanc d'Henri IV!

Belle robe d'albâtre,

Montur' de Cléopâtre!

 

Crin Blanc ou Tornado

Cheval noir de Zorro!

Bouton d'or, la jument,

Montur' de d'Artagnan!

 

C'est le vent qui décorne,

La Dame à la Licorne!

C'est l'amour qui embrase

Les sabots de Pégase!

 

Mulet ou canasson,

Bête à manger du son,

Avoine ou Picotin

Pour Bibi Fricotin!

 

Soif ou faim, c'est tentant!

Éternel hésitant,

L'âne de Buridan

Rit de toutes ses dents.

 

Rossinante, la rosse,

Tire et roule sa bosse,

Le fiacre ou le carrosse

Du roi d'Prusse ou d'Ecosse!

 

Toi, t'aim' Jolly Jumper,

La Lucky Luke sister,

Volubil' galopeur

Aux sabots de boxeur!

 

Cow-boy d'un jour, héros,

Fais claquer ton lasso!

Matador de l'enclos

Fais le grand rodéo!

 

Depuis quatre saisons,

Tu t'montes l'bourrichon

Et d'élans en rebonds

Saut' au cheval d'arçons!

 

Perspectiv' cavalière,

Tu a mis des œillères,

Papattes et fers en l'air!

A terre, l'écuyère!

 

Où sont ris d'autrefois,

Doux plaisirs villageois?

Carrousel de la joie!

Valsez, chevaux de bois!

 

Finies les courses folles!

Y'a plus qu'au music-hall

Ou bien sous les capots

Qu'hennissent les chevaux!

 

Tous les paris sont faits:

Tiercé, quarté, quinté,

Jamais à l'arrivée,

Plus d'sous au porte-monnaie!

 

Et qui s'y frotte, s'y pique

Aux doux plaisirs hippiques!

Si tu suis la Chimère,

Cheval dire à ma mère!

 

°° poème de Paul Fort: "Le petit cheval blanc" chanté par G. Brassens

Voir les commentaires

1 2 > >>