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Les quatre vérités 2/6

Publié le par modimodi

A l'école de la vie, la philosophie devrait être enseignée, non pas dans un catéchisme mais dans la méthode du doute critique.

Amis de la philosophie de l'existence, poursuivons donc les approches du concept de la Vérité ! ... Probablement, avez-vous aperçu dans le kaléidoscope de la réalité que la vérité est collante aux faits, qui sont eux-mêmes têtus. La chercher, c'est en accepter la relativité et appliquer une attitude sceptique, c'est se tenir dans l'ouverture aux autres, dans l'être plutôt que dans le paraître. On a beau prendre ses rêves pour la réalité, l'être n'est pas l'apparence et le vrai n'est pas le vraisemblable.

Pour être en adéquation avec cette insaisissable vérité, polymorphe et fluctuante, il ne faut donc pas rater ses multiples correspondances et prendre la bonne voie, fût-elle une ultime impasse !

Ce cher Beaumarchais ne fait-il pas dire à Figaro : "Toute vérité n'est pas bonne à croire !" (Le mariage de Figaro, 1784)... Bientôt, le pressent-il déjà, au rendez-vous de l'histoire, le culte de la Raison effacera le culte de la Vérité !... Encore quelques années et la vérité ne sera plus qu'un foyer de révolution aux idées tranchantes! Montesquieu et Rousseau ont eu beau inspirer la volonté de dire et faire le juste, la vérité n'a pas su tenir le cou ! Inutile de prier Saint-Just, l'archange de la Terreur ! C'est quand même dans le sang à peine sec, que s'écrira en 1793, la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. La vérité universelle a du sang froid !

Alors, un juste raisonnement donne-t-il la vérité ? En s'appuyant sur le concret des faits, sur des événements établis, sur des arguments démontrés avec preuves matérielles irréfutables, la vérité est-elle à coup sûr, incontestable ? L'existant est-il indubitable ? Quel juste prix devrait-on payer au tribu de la vérité ?

Les sciences en font une quête éperdue. Les scientifiques procèdent pour ce faire par postulats et axiomes admis. Par tâtonnements et erreurs, la vérité progresse dans l'ombre des probabilités, des raisonnements hypothético-déductifs et analytiques ainsi que dans la logique de ce qui est concevable. La vérité scientifique est ainsi synthétique et se renforce par formules et modèles.

Il est vrai d'ailleurs, que l'erreur est toujours juste, jusqu'à preuve du contraire. J'ai raison aujourd'hui et j'aurai tort demain ! Encore faudrait-il distinguer les formes d'erreur, d'interprétation, de manipulation ou d'ignorance. Clémenceau nous disait, dans " Au soir de la pensée " : "L'erreur peut être une vérité en devenir... Toute vérité est une erreur dépassée." Nombreux sont les exemples en ce domaine ! Chacun a en tête, Galilée, Newton, Benjamin Franklin... La gestation de l'idée, l'accouchement au monde de la réalité sensible s'inscrivent dans la nuit de l'expérience avant d'être mises au jour dans un cri de délivrance : Eurêka ! Fiat lux ! La vérité est bonheur !

Il n'y aurait donc aucune certitude, sauf à ériger nos préjugés en vérité et la vérité en dogme, c'est à dire en impératifs d'opinions, en croyances. Les prosélytes et religieux fanatiques sont ainsi enfermés dans des idéologies totalitaires et des convictions religieuses aveugles, au nom desquelles les pires barbaries sont perpétrées : " Crois, convertis-toi, et tu seras sauvé !" " Sus aux hérétiques et infidèles !" " Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens" ! (Arnaud Amaury, lors du sac de Béziers.) Croisades, guerres de religions, persécutions, tortures, inquisitions, déportations, intifadas, massacres d'innocents... Que de haine et d'horreurs au nom de la vérité ! Dans la nuit de l'aveuglement, est-ce que la vérité finit par se faire jour ?

Celle-ci n'est-elle pas ou ne devrait-elle pas, être sœur de la tolérance? C'est la moindre des exigences ! Mais attention au danger des slogans, équivoques pour le sens des mots. Que penser du perfide : " tolérance zéro " ?

En tant qu'être humain et citoyen du monde, le respect de l'autre est vertu et devoir. Ainsi en est-il, en réciprocité, pour la défense de ma liberté et de mes droits ! Chacun connaît cette citation attribuée à Voltaire : "Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'au bout pour que vous puissiez le dire."

Étroitement liée à la vérité, la tolérance est une morale de l'action, elle est engagement, en aucun cas, elle n'est soumission ou renoncement, indifférence ou laxisme. Cette vérité-là devrait être une base de l'éducation humaniste, laïque, non sectaire!

La vérité qu'on nous impose est amère et dure à avaler. Mais notre liberté de penser n'est pas menacée par l'opinion ou la croyance de l'autre. Chacun a droit d'avoir ses opinions, c'est même une marque de personnalité. Il n'y a que dans le totalitarisme ou le terrorisme intellectuel qu'une pensée est dominante et qu'une race est supérieure. Il n'y a donc pas de vérité en soi, seulement du point de vue de sa propre conscience.

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Nuit blanche 6/7

Publié le par modimodi

Je tremble et tu frissonnes,

Je te perds, te retrouve...

 

Je dessine d'un doigt

L'arcature de tes yeux,

Reprenant mille fois,

D'un trait mal assuré,

Chaque creux,

Chaque ovale

Des contours du visage.

 

Mes doigts s'égarent

Dans le brouillard

De tes cheveux,

Frisons soyeux.

 

Un ange s'est posé

Et tu fermes les yeux,

Abandonnée, lascive,

Retenant le plaisir

Qui ondoie sous tes cils,

Retenant les désirs

Qui ouvrent et qui emportent

Les écluses et les digues!

 

Au rempart de ta chair

Les lierres des refus

Délient griffes et racines.

 

J'éclate comme une bulle

Dans l'ambre de tes seins.

Tes souffles sont promesses,

Nos corps à fleur de peau

Se lient et se déplient

Dans des sillons de volupté.

 

De joutes en élans,

Le levant se déchire,

L'horizon est en feu.

La mer a des reflets

De lande mordorée.

 

Pour un instant,

Ma main suspend

Sa course vagabonde.

Chacun se coule et se prolonge

Dans l'onde des frissons.

 

Seule la veine à ton cou

Se fait douce et saillante.

J'y sais des vaisseaux bleus,

Ancrés depuis longtemps

Et des voiles qui claquent

Quand se lève le vent.

 

L'un à l'autre scellés,

Nos corps décorsetés

Emmêlent leurs lianes,

Tourbillons affolés

De joies et de délices

En vrilles constellées.

 

Sommeil de l'ange.

Moi, je te sais fragile

Comme souffle de brise

Et je reste éveillé

Aux portes de ton corps.

Éternité, ô douce éternité!

 

Perdus et immobiles,

Le temps passe sur nous,

Emportant nos passions...

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Mon frangin, mon poteau, 3/3

Publié le par modimodi

On s'en bat les couettes des bonimenteurs ! On s'en beurre les noisettes d'la fin du monde ! C'est vraiment bonnard, dans ton p'tit monde, car l'malheur, c'est pas pour demain ! Toi, tu fais plus envie qu'pitié ! T'as l'palpitant dans les grandes largeurs, l'corps comac, d'ailleurs, ta guitare a des poignées d'amour.

T'as pas l'disque dur qu'est bloqué, tu bugues pas et y'a de la lumière au plafond ! Alors, peinardos, calmos ! Te bile pas, mon p'tit père, ni t'monte le bourrichon, ta vie, elle est pépère ! Top cool !

Tu sens pas la fin d'saison et tu n'lâches pas la rampe ! Tu march's pas à côté d' tes pompes ! Ça branle pas dans l'manche ! Tu tiens encore la route ! T'es en roue libre, tout peinard ! T'as pas à vendre ta salade et t'es plus d'corvée d'pluches!

Si un jour, t'es en rade, te bile pas mon poteau, un coup de bigophone et j'rapplique ! Si t'es dans la dèche, raide comme un passe-lacet, qu't'en as gros sur la patate, qu't'es sans radis et sans oseille, avec moi, tu pourras rouler sur l'or, frère ! T'as l'trésor de mon amitié ! Pas besoin d'faire la manche, je t' sors illico de la mouise.

J'ai pas un gros matelas, même pas d'éconocroques, juste un peu d'thunes, des biftons, d'la mitraille, pas d'quoi s'taper la cloche mais assez pour s'en jeter un, sans s' poivrer le nez.

Pareil ! Si t'es dans le potage, que l'garde-manger est vide, qu'tu bouffes de la vache enragée et qu' t'as la dent et les crocs, j't'offrirai un casse-dalle et on cassera la croûte. C'est quand même mieux qu'casser la graine, quand la vie part en cacahuètes !

Frérot, c'est pas du baratin ou d'la tarte à la crème, avec moi, pas d'galère ! Tu n'crèveras pas la gueule ouverte... Même si on peut pas bouffer à tous les râteliers, tu n'boufferas pas non plus, les pissenlits par la racine. Tant qu'on en a dans le chou, on n'est pas dans les choux !

Aujourd'hui, on pédale, dans la semoule, demain, on pédalera dans le beurre ! On s'ra d'la crème triple épaisseur pour la crèmerie ! Si on ne fait pas partie du gratin, purée de nous aut', on n'est pas non plus dans la purée !

Frérot, tant qu'on n'est pas dans la voiture balai, faut mettre la sauce, mouliner les jambons, affermir le gigot et enrouler, pour pas être à la ramasse ! Tu feras chou blanc, si t'as du sang de navet, du mou de veau et un petit pois dans la tête. Si bobonne est un boudin, tu s'ras servi aux petits oignons mais évite de boire le bouillon !

Tu sais, la vie, c'est une course à l'échalote qui t' file une avoine, une soupe à la grimace, t'envoie aux fraises avant d'te les faire sucrer. Petit à petit, elle part en brioche et t'laisse sur ta faim ! Au final, t'casse pas le trognon, c'est toujours pour ta pomme ! Même les fayots sont promis à la fin des haricots !

Si t'as résisté à l'argot, j't'offre en prime, ct'poème de Jehan Rictus (Gabriel Randon, 1867-1933) qu'il déclamait, dans les cabarets d' l'époque. Grave ! Toujours d'actualité !

L'Hiver :

Merd ! V'là l'Hiver et ses dur'tés,

V'là l'moment de n'pus s'mettre à poils :

V'là qu'ceuss' qui tienn'nt la queue d'la poêle

Dans l'Midi vont s'carapater !

V'là l'temps ousque jusqu'en Hanovre

Et d'Gibraltar au cap Gris-Nez,

Les Borgeois, l'soir, vont plaind' les Pauvres

Au coin du feu...après dîner !

Et v'là l'temps ousque dans la Presse,

Entre un ou deux lanc'ments d'putains,

On va r'découvrir la Détresse,

La Purée et les Purotains !

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Boules de comme

Publié le par modimodi

La mort, c'est comme la dentelle, elle vit au crochet de la vie, jour après jour.

L' amour, c'est comme la pitié, il ne suffit pas d'avoir bon cœur, il faut savoir se laisser toucher. Quelle con-passion!

L'homme, c'est comme l'indulgence, dans la vie comme en amour, il doit choisir: être coulant ou fermer les yeux.

La vie, c'est comme les vampires, on y croque à pleine dents, sus! Qu'on se fasse du mauvais sang ou une pinte de bon sang. Aie, aie, ail! Vidé, on n'échappe pas à la mort sûre!

Le sexe, c'est comme la banque, on se permet des dépôts et des retraits.

L'amour, c'est comme l'explication, pour en tirer argument, il faut montrer et démontrer en s'étendant sur le sujet.

La mort, c'est comme le corbeau, qu'on y croit ou qu'on n'y croa pas, c'est l'oiseau de mauvaise augure.

La femme, c'est comme le vice, une affaire de formes pour mâles façons.

La vie, c'est comme les fractions, de part en part, de réduction en réduction, la mort est le dénominateur commun.

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Les quatre vérités: 1/6

Publié le par modimodi

"C'est la vérité vraie, je te le jure et te le dis, les yeux dans les yeux ! Des yeux, ça ne ment pas !" Que de serments et de promesses se sont ainsi échangés et donnés avec même, pour faire plus vrai, genou en terre ou main sur le cœur !

Liberté chérie, Vérité vénérée, en Homme sage, tu te dévoues à sa cause! Vérité suprême, que tu respectes dans ses impératifs. Tu es soumis à son verdict, aux différents temps de ton existence, aux instants uniques de la vie et de la mort. A ta naissance, dans la délivrance du premier cri et à la dernière heure du râle de ta mort ! Grands dieux ! A cette minute de vérité, dans l'arène de la vie, tout esquive est impossible.

Quel visage a la vérité à laquelle tout le monde fait ainsi référence ? Avance-t-elle masquée au milieu des mensonges ou des erreurs ? Le mot est employé partout, sans distinction, aussi bien pour désigner une vérité formelle ou banale que pour désigner la vérité historique ou ontologique ! Elle est là, à la fois immuable et toujours en marche... Ici, elle se cache, là, elle éclate, ici, elle fait mal, là, elle rassure ! Elle est pure ou elle est trouble, habillée, ornée, déguisée, altérée, déformée, travestie, on lui tourne le dos ou on lui fait face ! Encore ne faut-il pas en être trop loin ou en-dessous !

La vérité est un concept philosophique majeur et la philosophie, une recherche de la vérité. La boucle est déjà bouclée. Avec tes amis philosophes, cherchez à la dénouer, à l'établir, tout au moins à l'approcher. Elle est abstraite, essayez d'en présenter les sens. Si elle se déballe comme un colis, tentez d'en tirer quelques ficelles !

Vrai de vrai, mordicus ! Apparemment, la vérité, c'est du béton ! Mais est-elle certaine ou incertaine ? La vérité de la Palice est une vérité vraie, mais tout le monde s'en moque, en disant que c'est un truisme, une banalité redondante, une lapalissade.

Luigi Pirandello échappe à la platitude par une esquive : "A chacun sa vérité !" La parabole de cette pièce de théâtre nous enseigne que la vérité est toujours dans le juste milieu, dans l'intervalle des convictions intimes, dans la synthèse de la thèse et de l'antithèse. A chacun sa vérité, à chacun son erreur ! Ce cher Pascal exprime aussi la même idée : "Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà." ( Pensées, v,294 )

Pirandello ne fait que reprendre la thèse de Platon qui, s'appuyant sur Protagoras qui affirmait que "l'Homme est la mesure de toutes choses", avait conclu que l'opinion de l'un n'est pas celle de l'autre. Quand l'un dit froid ou vrai, l'autre dit tiède ou faux ! Sagesse que cette théorie du relativisme qui exige l'attitude prudente de l'étude précise et critique.

Scruter la vérité est une vertu, elle a un nom, le scepticisme. Au rabais philosophique, la vérité résiderait alors dans le sens commun, c'est à dire serait la chose au monde la plus mal partagée ! Résultat : il n'y aurait pas une vérité mais des vérités, réunies dans une unité de sens !

Un proverbe persan dit : "Un cheveu sépare le faux du vrai." La vérité n'est pas évidente, elle entraîne la modération et incite à la prudence. Aimer la vérité, c'est être ouvert aux autres et au monde, et aimer autant leurs idées que nos opinions.

Philosophiquement, la vérité est synonyme de conformité avec la réalité. Dire la vérité, c'est avoir l’expression de ses idées ou de ses jugements, en fidélité avec ce qui existe. La connaissance des faits s'appuie sur leur perception. Il ne devrait donc pas y avoir d'erreurs de jugement. La vérité est un accord à l'existant. Chimère n'est pas vérité mais idée fausse sans consistance réelle. La vérité n'est pas dans l'apparence. Il faut choisir d'être ou de paraître.

Inlassablement, poursuivons notre quête. Provisoirement, méditons le dernier mot d'Emmanuel Kant qui disait, dans Les Pensées : "L'apparence requiert art et finesse ; la vérité calme et simplicité."

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Nuit blanche 5/7

Publié le par modimodi

Prends le large 

Et mes mains!

Oh! Merveilles, ô mystères!

Nos doigts ont glissé,

Cheminé l'un vers l'autre,

Creusant des ravines

Sur le satin du canapé.

Cordes tressées,

Entrelacées,

Mailles fragiles d'un filet.

 

Nos mains se lacent,

Nos doigts se nouent,

Nos mains se croisent,

Nos doigts s'enlacent...

Savant ouvrage,

Points d'Alençon,

Travaux d'aiguilles et de navettes,

Tendrement engrêlés,

Tendrement lisérés,

Écrins brodés,

Fils de soie ennoués,

Points de Venise et d'Angleterre,

Points de rose et points de Bruges,

Tendre réseau d'or et d'argent!

Nos doigts festonnent des dentelles.

 

Mais nos mains se déchirent

Et nos doigts se reprennent.

Nos yeux se cherchent,

Nos mains se soudent

À la nuit qui se noie

Dans la mer qui se brise.

 

Cris déchirés d'un goéland,

Lune de cendres...

Nos corps s'étoilent

De désirs magnétiques,

Nos peaux se frôlent,

Nos corps se tendent

Comme des osiers

Courbés au vent.

 

Frissons d'archets,

Vibrato d'Amati,

Méditation de Thaïs,

L'amour tressaille...

Promesse d'alliages,

Gerbes de feux et de tisons,

Coulées brûlantes

De fébriles caresses.

 

Je tremble et tu frissonnes,

Je te perds, te retrouve...

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Mon frangin, mon poteau, 2/3

Publié le par modimodi

Affirmatif, y'a pas de blème ! T'as la banane, tu lances des vannes et tu te marres en lisant San Antonio. En bon vivant, tu casses la baraque quand tu débagoules ta beuglante carabinée: les roustons du père Platon.

Adieu Berthe ! Au parler ringardos de ton instit et de tes études chez les jèses ! Ça fait vioque! T'en as rien à cirer que tes tartines et tes jactances n'aient pas la cote, qu' tu parles la langue des oiseaux, qu'tes paroles soient des rossignols. A la brocante des mots, tu fourgues de la came de seconde main mais t'es pas un caillera, j't'ai à la chouette ! Rien à cirer de ceux qui font la soupe à la grimace, moi, j'biche comme tu causes ! Cézig et mézig, c'est pas kif-kif !

T'es le bricolo du dico.Tu bidouilles ton langage et même si ça casse pas toujours trois pattes à un canard, c'est pas du pipi de chat ou de la crotte de bique ! T'as un talent gros comme une maison. T'es poilant, ça marche et c'est le pied ! T'es fute-fute camarade, t'atomise du neutron ! Comme mon pote de Menton, toi, t'en as dans le citron! N'écoute pas les pisse-froid ! T'inquiète, même en verlan, le céfran, c'est du français, c'est classe et pas de la daube !

Pas besoin d'être affranchi ! N'esgourde pas ceux qui t'pompent l'air ou qui t' débinent ! C'est des boloss, des blablateurs, des flambeurs de la haute qui s'la pètent, s'la racontent et t'prennent pour un plouc, un pedzouille ! Ils disent qu't'as pas volé le Saint-Esprit et qu'tu fréquentes pas les couteaux les plus affûtés du tiroir. Comme de juste, ils n'y entravent que pouic, ces blaireaux, ces briseurs de nougats! Bonjour la frime ! Fais pas la tronche ! "Laisse béton", mec, comme dit l'renard Renaud ! Pas de quoi en être tout retourné !

Mon poteau, un hommage doit être rendu à Frédéric Dard, plus connu sous le pseudo de commissaire San Antonio, ami du truculent Bérurier ! Un pratiquant, comme toi, de l'argot traditionnel et un inventeur illimité !

<< Natacha, malgré son prénom enchanteur qui évoque la steppe, les troïkas sur la piste blanche et les amours du docteur Jivaty- JyvaGigot, Natacha, c'est un vrai boudin, croyez-moi, Russe ! Un boudin Russe ! Elle ressemble à la plus grosse des poupées gigognes qu'on vous vend dans les bazars de Moscou. Dodue, cuissue, ventrue, mafflue, les joues peintes en vermillon, la moustache drue, le cou couleur de saindoux, le sein doux parce que mahousse comme un oreiller, le cheveu blond filasse, la bouche en étreinte de limaces, le front bas, la cuisse jambonnière, le mollet en tronc de palmier sous les bas de coton grisâtre, l’œil aussi pétillant qu'une rondelle de truffe sur une tranche de foie gras, cette aimable jeune fille de trente deux ans est à la volupté ce que Franco est à la démocratie. Elle a un dargif à tromper un éléphant myope et en rut, des mains comme des gants de baise-bol et sa toilette flanquerait le cafard à un fabriquant de serpillères.>> En avant la moujik ! Fleuve noir, 1969.

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Mystères

Publié le par modimodi

Pour me dorer la pilule, est-ce possible que tu ne m'aies dit qu'amant?

Quand on a été à cheval sur les principes, peut-on, grisé et survolté, mourir d'une fièvre, un samedi soir?

Aux antipodes ou à l'extrême, est-ce que les interdits sont tabous?

Si, dans la vie, on n'est jamais sûr d'avoir de l'oseille, la mort qui vient en douce, est-elle aigre heure?

Un amour absorbant évite-t-il les fuites et les fausses couches?

Être pendu à ses lèvres, est-ce une nouvelle façon de lui faire la moue? 

Le dernier cri du condamné, clamant son innocence, est-il criant de vérité?

Est-ce, parce qu'il nous fait perdre la tête, que l'amour s'exécute et se conclut parfois par une peine capitale?

Est-ce par pendaison qu'il se donne la mort ou par remords, qu'il se repent?

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L'âme 2/2

Publié le par modimodi

Le temps passe, les mythes demeurent, la religion les interprète et l'homme s'y accroche comme le lierre à la muraille des grands mystères.

Dans la conscience universelle, des échos de voix et de prières s'élèvent dans l'espace infini. Les entends-tu ?

"Oh ! Toi, le commun des mortels, sain de corps et d'esprit, promis à la vie éternelle, grâce à ton âme, ta belle âme, tu es d'abord un terrestre charnel, migrant entre la vie et la mort... avant, si l'on en croit la chrétienté, de devenir un lumineux émigré, un extraterrestre !

En ce bas-monde, ton âme est ton viatique pour l'au-delà, c'est l'assurance d'une vie bienheureuse, c'est même l'espoir de la réincarnation. C'est ta chance d'en réchapper, ton gage d'immortalité, selon notre sainte mère l'Eglise, catholique, apostolique et romaine. C'est, pour Pierre et Vanessa, la clé du Paradis promis !... Il te faut donc accepter et intégrer la céleste conception d'un existentialisme surnaturel et rédempteur, une nouvelle chance pour toi et tes semblables de survivre, après avoir été expédiés, ad patres !"

Un mythe pour les uns, un salut pour les autres ! Voilà la justification du sacrifice divin et la raison pour laquelle Dieu rend son âme à son Père Éternel. Il se fait homme et meurt sur une croix, pour le rachat de tes péchés, originels. Car toi, le pauvre pécheur, tu n'as pas la moindre chance dès ta naissance. D'ailleurs, tu es en droit de te questionner pour savoir si les âmes sont réservées aux pécheurs invétérés, pris comme toi, dans la nasse ou le filet, comme des poissons ?

Le mot de passe pour l'eau-delà  : ICHTUS ! Ar(r)ête de gamberger ! Ne te persécute pas à en trouver la raison. Il s'agit du mot de ralliement des premiers chrétiens, du I au IV siècle. Il signifie poisson en grec mais, c'est aussi un symbole, celui de l'eau du baptême qui purifie l'âme du pécheur et c'est encore un jeu de mots, un acrostiche grec : I (iota) : Iêsoûs = Jésus, KH (khi) : Khristòs = Christ, TH (thêta) : Theoû = de Dieu, Y, U (upsilon) : Huiòs = Fils, S (sigma) : Sôtér = Sauveur. C'est le nom mystique du Sauveur, " vivant au milieu des abîmes de notre mortalité, semblables aux profondeurs de la mer." C'est enfin " l'Eucharistie, le Corps, le Sang, l'Âme et la Divinité de Jésus-Christ."

L'interrogation demeure. Pourquoi t'avoir mis au monde, si c'est pour te charger de tous les maux ? Serait-ce pour justifier le sacrifice divin de chair et d'amour ? On a peut-être même tenté de te convaincre que Dieu est ressuscité pour te permettre de renaître... Tu  croirais lire le script d'une nouvelle de science fiction : Le retour du mort vivant!

Difficile pour un brave homme comme toi d'appréhender le divin. Dieu, lui-même, s'intéresse t-il aux autres ? Entends-tu déjà les athées et les agnostiques te dire : s'il existe prouve le ! ... Comment le pourrais-tu? Puisqu'il est à lui tout seul, comme dit Spinoza, ce philosophe bourré d'Ethique, puisqu'il est, en substance, tout à la fois, la nature et le monde.

Impossible à démontrer !... Il faudrait être Dieu ! Ô divin, tout dit est dit vain ! Tu n'as plus alors qu'à baisser la tête et errer comme une âme en peine... Tu es ignorant, incrédule, odieux, tu vas à Dieu, aux dieux, adieu ! S'il le veut, rends-lui tout, ton tablier et ton âme.

Alors, à défaut de connaître, une nuit de fulgurance extatique comme celle de Pascal, le 23 novembre 1654, il ne te reste, que son bon vieux pari. Si en pariant sur l’existence de Dieu, tu gagnes le Paradis et qu'en pariant sur l'inexistence de Dieu, tu brûles en enfer, le choix est simple ! Mais il faut choisir ! Mieux vaut sans doute, une éternité de bonheur qu'une interminable nuit de malheur. Croire pour être sauvé, permet sans doute d'éviter les crises de foi !

Mais qu'est ce que l'éternité ? Ohé ! Là-haut ! Eh ! Ho ! ... Silence en écho ! ... Il n'y a pas âme qui vive ! Pas de sésame! Devant le silence sidéral et glacé des espaces infinis, mieux vaut avoir la force d’âme. D'autant que tu ne sais pas comment se fera le départ pour le grand voyage. Tu ne connais pas l'heure du vol, tu n'as que ton âme pour passeport. Combien de temps, vas-tu devoir rester dans la salle d'embarquement, combien d'attente pour le purgatoire ?

Dans cette situation, appliquer avec morale et vertu, la conduite épicurienne la plus prosaïque est pour un terrestre extra, créé à l'image de Dieu, une solution simpliste mais une réponse tangible. Si tu ne crois ni à Dieu, ni au diable, dans tous les cas, tu retourneras au néant, alors profite des plaisirs terrestres.

Mieux vaut un ange du paradis latin qu'un ange du paradis céleste ! Si tu tombes en pâmoison, inanimé et en extase, tu sauras si les objets inanimés ont pour finir une âme... Belle âme ou big âme, une petite vertu qui se donne corps et âme, donne sûrement plus de moral qu'une grande vertu, fut-elle épicurienne ou stoïque. Mieux vaut savoir bien vivre que savoir bien mourir ! N'en déplaise aux philosophes et au grand dam de quelques cagots bien pensants !

Mais comme disait Nietzsche, pourquoi inventer un autre monde, pour critiquer et noircir celui-ci, si ce n'est pour mieux le justifier et appeler à l'au-delà ? D'ailleurs ta pensée humaine avec un outillage logique et rationnel et ses points de vue anthropomorphiques a-t-elle capacité à juger Dieu ? Même l'âme chevillée au corps, le fini peut-il concevoir l'infini ?

La théologie qui discourt sur Dieu et l'immortalité de l'âme, n'en est qu'une lointaine approche. L'Etre Suprême est au delà de la raison, irrationnel à ton entendement. Faut-il laisser le pouvoir et le miracle de la vie à l'homme ou les abandonner à Dieu ? La compénétration de l'âme et du corps est-elle possible ? Le libre arbitre n'est-il pas préférable à la prédestination ? Entendra-t-il ta prière : "Toi, ma lueur dans la nuit de mes doutes, Seigneur, comment puis-je croire à la félicité ataraxique du sommeil éternel ?"

De fait, pourquoi chercherais-tu, en ce bas monde, l'âme sœur, si tu es con-damné d'avance, au futur exil céleste ? Avec l'être aimé, tu sais bien que les paradis que tu atteins, ne montent qu'au septième ciel, qu'ils sont artificiels. Voilà pourquoi sans doute, certains tentent de vendre leur âme au diable. Ceux là, est-on sûr, qu'ils gagnent, par leur âme damnée, leur enfer sur la terre. L'amour apporte la preuve qu'il est infernal, il embrase le cœur des amants, tout feu, tout flamme. C'est quand il est amer, qu'il se déverse à flots dans les cœurs et donne le vague à l'âme !

Une fois averti, tu peux donc, sans craindre le glaive de la justice divine, aimer en ton âme et conscience. Tu peux, en romantique héraut, sans oriflamme, te consumer avec ardeur sur le brasier ! Ton salut n'est qu'ici-bas, fût-il dans l'étincelle du feu, naissant du premier mot d'amour !  Dame ! Ecrire un épithalame pour une dame de grandeur d'âme et de grandeur de cul-ture, ce sont divins plaisirs !

Un jour bien sûr, tu devras toi aussi mourir, passer de vie à trépas. Ô désespoir ! Ami, tu aimes tant la vie que tu partiras la mort dans l’âme ! On gagne tous hélas, en parfaite égalité, le même lot, à la loterie de la vie. Ceux qui croient, rendront l'âme, ceux qui ne croient pas, rendront le souffle.

Tu t'endormiras sans volonté, dans la sérénité, je l'espère ! Tu rendras donc ton âme dans tous ses états. Pas dans ses états de grâce, plutôt l'âme en état de lame, celle de la grande faux. A jamais à couteaux tirés avec le ciel, tu rendras l'âme, en état de lame de fonds que, je te le souhaite, tu toucheras, peut-être avant le Nirvana !

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Nuit blanche 4/7

Publié le par modimodi

Je reste naufragé,

Ensablé, près de toi...

 

Je voudrais être au large,

Dériver sous le vent.

Je voudrais être flot,

M'engouffrer au chenal.

Je voudrais être lame,

Me briser aux écueils.

Je voudrais te rejoindre,

Atteindre l'autre rive,

Accoster sur ton île.

 

Viens, viens,

Laisse moi me baigner

Dans le bleu et le vert,

Au corail de tes yeux

Verser larmes de ciel.

 

Laisse-moi clapoter,

Déposer mes baisers,

Coquillages en fleurs,

Anémones tremblantes,

Aux nacres des écumes

Des roulis de ta chair.

 

Laisse-moi chevaucher

La houle de tes hanches

Rouler et balancer,

Danser sur tes frissons,

Ondoyer près de toi!

Oh! Viens, viens!

Entends le désir

Qui tremble dans ma voix!

 

 

Et tu hisses la voile

De ton bras blanc, tendu

Entre mer et ténèbres.

Je cours dans le gréement,

Saute jusqu'à la hune,

Monte dans les haubans

Jusqu'au mât de misaine.

Plus haut, plus haut,

Toujours plus haut!

 

Je dors dans la dunette,

J'y ai posé mon cœur.

Ô mon amour,

Nappe d'or constellée,

Pluie d'étoiles versant

De longs sanglots d'azur,

Souffle aux mille alizés!

 

Prends la mer,

Largue tout,

Les amarres et les voiles!

Je reste sur le quai,

Je t'attends et t'espère.

Lentement, prudemment,

Serre le vent,

Vire de bord!

 

Prends le large et...

Mes mains!

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