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Au vol heure ! Haut vol, leurre ! 1/2

Publié le par modimodi

Aujourd'hui, c'est mon anniversaire ! Certes les années s'accumulent mais j'ai vingt ans comme si c'était hier ! Mieux ! J'ai sept ans, l'âge de raison et des ris et des jeux, l'âge du bonheur de l'enfance et de l'innocence !

Quand aujourd'hui, j'entends les voix qui s'élèvent pour dire que les temps sont durs, je pense à nos bambins et chérubins ! Tout a bien changé depuis mes premiers apprentissages. Car dans l'école du temps présent, qui a perdu sa boussole, les chronos-maîtres passent leur temps à mesurer le temps de l'enfant.

Les pauvres petits ! Adieu temps des surprises et des bêtises, des caprices et des artifices ! Adieu temps de l'insouciance et de l'innocence, des sacs à malices, des merveilles d'Alice ! Halte au gaspi du bon vieux temps ! Sans ménagements, les spécialistes se querellent à répétition sur les théories chrono-biologiques ! Ils aménagent le temps de l'enfant !

C'était forcément dans l'air du temps ! Je le savais ! Aujourd'hui, c'est tout vu ! Le territoire, l'espace urbain, les berges, les sentiers et les combles, ils ont tout aménagé. Il ne reste plus que le temps de l'enfant pour jouer de la réformette !

Sans perdre une seconde, en deux temps, trois mouvements de remaniement ministériel, quelques jeunes sires concis et une belle égérie transformée en furie, veulent trancher les nœuds gordiens de tous les problèmes. Plus de grec ou de latin des temps anciens, (ceux de mes chères humanités), moi, je suis obsolète ! Sus ! Sale temps de cochon désormais, il n'est plus permis de glander ou de rêver aux héros antiques ! Plus d'Odyssée ! Circé transforme les compagnons d'Ulysse en pourceaux, Pénélope n'a pas fini de l'attendre !

Il n'est plus temps de penser à la semaine des quatre jeudis que j'ai moi-même tant désirée. Les anciens premiers de classe du ministère ont édicté des circulaires qui interdisent désormais aux enfants de tourner en rond, sauf dans les temps périscolaires. Vous le voyez, la roue du temps scolaire qui rayonne de cycles temporaires roule sur la jante ! Et moi, éternel écolier de la vie, je pédale sur un faux rythme !

Je n'ai pas vieilli ! La preuve, je pense encore à faire l'école buissonnière ! Je retourne peut-être en enfance. J'ai sept ans et presque toutes mes dents, l'âge enfin de la déraison !

J'ai tous les droits, le jour de mon anniversaire ! Je peux laisser chanter la plume au vent de ma fantaisie et dire à tous les minots qui n'ont déjà plus de temps libre pour fureter, de courir contre la montre sans s'arrêter !

C'est hélas, ainsi ! Après le temps des be-a-ba, l'éducation qui n'est plus nationale mais œcuménique a abattu les bœufs des rois fainéants qui prenaient leur temps ! Il faut dorénavant, avant d'apprendre l'histoire de France mettre de toute urgence la charrue pour creuser dans les inégalités scolaires en abolissant les différences par la démagogie. L'école républicaine n'instruit plus à la lumière du passé, elle éduque à la modernité thématique ! Vive l'école à la carte, le multimédia et le projet personnel ! Les fondamentaux ont le pied au derrière ! Plus de pédagogie traditionnelle descendante, vive l'enseignement interactif de l'actualité du monde !

Plus de temps à perdre ! Désormais, Proust est un mauvais exemple ! Il ne sera bientôt plus au programme pour rattraper tout ce temps perdu "à la recherche du temps perdu".

Formidable ! Avec de tels programmes, moi-même, je ne peux plus vieillir, être passéiste et ringard ! Je vis avec mon temps, je suis dans mon époque ! J'ai raison, le jour de mon anniversaire de dire que j'ai sept ans !

J'aurais grand tort d'être archaïque et de soupirer ! Moi, que le temps rattrape au vol des années, j'aurais grand tort de parodier Lamartine :

" Ô temps, suspends ton viol

Et vous leurres propices,

Arrêtez votre cours ! "

 

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Les bouts de ficelle 1/2

Publié le par modimodi

J'ai toujours été fasciné par les histoires extraordinaires. J'adorais quand le héros de mes contes et légendes creusait dans l'île pour déterrer le butin et qu'il ouvrait, à grand peine, le coffre mystérieux. J'étais alors, moi aussi, ce corsaire intrépide embarqué. J'étais ce pirate des Caraïbes qui forçait le cadenas de l'imposante malle dans l'espoir de trouver de l'or et des bijoux pour les offrir à ma princesse. J'ai ainsi endossé tour à tour, les rôles de Capitaine Crochet, de Rackham le Rouge et de Barbe Noire. Tremblez devant l'intrépide flibustier, le plus grand découvreur de merveilles !

J'étais un enfant curieux. Chez moi, j'aimais ouvrir toutes les portes des placards, tous les tiroirs, pensant probablement y découvrir à mon tour un trésor. Je fouillais en cachette dans les meubles de la maison. J'ai encore l'odeur de lavande du linge et des brins écrasés entre les piles de draps fraîchement repassés. J'entends encore le cliquetis métallique des couverts entrechoqués qui risquaient de faire découvrir le petit fureteur.

J'ouvrais les armoires. J'adorais sentir les parfums chatoyants des mille épices aromatiques. Je croyais y retrouver l'odeur pimentée ou suave de quelques plats cuisinés et le goût de mes desserts préférés. Dans ma mémoire flottent encore les parfums sucrés de la carbonnade flamande, des crêpes au chocolat cannelle, des gaufres chantilly et du pain perdu à la cassonade. Ici et là, je prélevais en douce, au passage, un carré de chocolat, une chique, un doigt de confiture ou de miel ou tout simplement un sucre.

Mes explorations aboutissaient toujours au même meuble. C'était une commode en bois verni à trois tiroirs qui était pour moi, la véritable caverne d'Ali Baba. Je les ouvrais tour à tour. Je trouvais tout ce qui pouvait aiguiser la curiosité et l'imaginaire d'un petit garçon.

Maman y déposait ses fils de couleurs à coudre ou à broder et un petit coussin de coton imprimé, transpercé, piqué de plein d'aiguilles. Les dés protecteurs étant trop grands pour moi. Ainsi mes doigts ont plus d'une fois fait l'expérience de leur caractère têtu et de leur esprit pointu, chaque fois que je jouais à les dépiquer et à les enfoncer frénétiquement, emporté dans un combat imaginaire contre une armée de chevaliers. Le mètre-ruban agité à bout de bras était l'oriflamme qui flottait au vent de mes chevauchées à travers la maisonnée.

Le deuxième tiroir contenait des pelotes de laine au contact si doux que je les promenais parfois sur mes joues pour en ressentir la caresse. Il y avait aussi dans deux boites en bois, des écheveaux, des navettes, des crochets en acier aux manches colorés et dans un grand étui des aiguilles encore des aiguilles, cette fois à tricoter. De toutes longueurs et de toutes grosseurs, elles offraient un terrain de jeux pour des tournois épiques entre mon frère et moi. Nous avions le choix des armes !

Le dernier tiroir était le plus intéressant et le plus merveilleux. J'y trouvais mes plaisirs et mon bonheur. J'y ai ficelé mes souvenirs, enrubanné mes rêves. J'y suis encore lié tout au fond de mon coeur...

 

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Urbi et fourbi 2/4

Publié le par modimodi

 

Ce qu'on croit nouveau est vite dépassé. Il ne sert à rien de reprendre la querelle des anciens et des modernes. "L'histoire se répète." Ce qu'on estime innovation est parfois la reprise de la tradition, rhabillée au goût du jour.

Le proverbe "tout nouveau, tout beau" illustre l'inconstance avec laquelle l'humanité s'illusionne être dans la nouveauté alors qu'elle n'est que dans la mode! Progresser, c'est toujours avancer dans les utopies mais en apportant la preuve que notre esprit est libre!

Le drame ou notre folie, c'est que le progrès doit être constant. Il ne peut ralentir ou s'arrêter, sinon le monde a la sensation de végéter, d'être en recul ou en retard. Notre condamnation est celle d'une perpétuelle course en avant.

Notre langage devient un sabir qui emprunte ses effets au vocabulaire du marketing. Nous vivons au rythme des échanges culturels et commerciaux et nous parlons la langue des autres que nous nous approprions avec plus ou moins de bonheur!

Dans cette vie d'dingue

Qui rend brindezingue

Y'a le standingue

Et les buildingues.

Faut des sterlingues

Pour le shoppingue

Et des shillingues

Pour changer d'fringues.

 

Dans les meetingues

Faut êtr' bilingue

Et pas lourdingue

Aimer le footingue

Plus que l'poudingue

Et les meringues

Ou les browningues

D'chez Burger Kingue!

 

A toute berzingue,

Dans les bastringues

A ribouldingue,

Dans les dancingues,

I'faut qu'ça swingue

Et qu'ça déglingue!

 

Faut pas qu'ça schlingue

Dans son burlingue

Pour faire du gringue

Devant l'planningue

A sa darlingue

Au beau brushingue!

 

Faut du feelingue

Pour, oh! schokingue

Avoir, c'est dingue

Quelques loopingues

Et une valdingue

Comme au bowlingue!

 

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Claire voyance 1/3

Publié le par modimodi

Ma douce amie, vous m'avez dit que vous voyiez l'intensité de mon affection à travers l'expression de ma tendresse. Au fond de mes yeux, le jour est clair comme mon cœur. Vous vous lisez dans mes pensées, vous devinez mes élans. vous êtes en claire voyance ! Notre amour est cristallin car pour vous, je suis transparent.

Transparent ! Vous souvenez-vous de cet autre mot qu'on entendait autrefois dans la bouche de tout politicien énarque. Je parle du mot magique, du sésame politique russe : "la glasnost", prônée au moment de l'accident nucléaire de Tchernobyl, en 1986, par M. Gorbatchev. Elle inaugurait une politique de transparence de l'information et un souffle de liberté d'expression ! ... On a vu les résultats !

Mais à l'époque en URSS comme en France, les camarades de la perestroïka glasnotaient tous azimuts, croyant fonder sur les ruines des utopies dogmatiques et terroristes un nouveau monde économique et social, planifié par le Parti !... Oui ! Mais pour quels résultats ?... "No comment" comme disent les déçus... Sans doute d'affreux capitalistes libéraux !

Heureusement, je sais que je ne suis pas pour vous, un slogan dépassé et notre relation laisse aisément deviner la clarté de nos sentiments. Aujourd'hui, la mode du mot glasnost est passée de mode, même si aujourd'hui, les états et les partis ont tous dans leur programme, la même promesse : LA TRANSPARENCE !

On la voit partout gravée au fronton des maisons de verre qui étincellent au soleil des démocraties libertaires ou libérées. Dans les médias, au clair de la une après avoir promis la lune et cru qu'ils l'avaient conquise, quelques vieux lunatiques, astrologues de la politique espèrent nous faire croire à un siècle de spiritualité et de lumière ! Mais tout est noir comme les énergies fossiles polluantes, noir comme le seul travail qui subsiste encore et rapporte un peu. Impossible de tirer le présent comme l'avenir au clair !

Sortant du buisson ardent, l'éblouissante lumière devait éclater, comme le proclamaient les nouveaux Moïse des peuples élus ! Mais les dix commandements appliqués sont ceux: du capitalisme et du profit financier, des échanges et de la concurrence sauvage, de la production et des cadences de travail, de la marchandisation des idées et des hommes comme de la suprématie des résultats, de la communication agressive et de l'information truquée. L'arche d'alliance est celle des coalisés de la mondialisation.

Entre vous et moi, heureusement le commerce est amoureux, empli de nos libres-échanges. Les bénéfices sont répartis dans notre bien être au bonheur partagé. Au-delà des apparences que nous offrons aux autres, nous incarnons vous et moi la transparence de l'amour. Les lueurs et les reflets que vous lisez en mes yeux naissent de votre clarté, elle vous donne votre propre claire voyance.

 

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Lettre aux cinéastes et cinéphiles 1/5

Publié le par modimodi

S'il est un art de la grâce et de l'émotion, c'est bien le septième art !

Sur l'écran noir de mes nuits blanches, je suis comme Claude Bougaro ! "Je me fais mon cinéma !"

Messieurs les cinéastes, talentueux et éclairés, je prends ici un énorme risque en vous adressant cette lettre, bien sûr sans prétention ! Je cours autant votre courroux que la vindicte populaire en vous remettant ce billet d'humeur impudique !

Je vois vos noms défiler au générique. Je ne vous connais pas mais je vous reconnais quand vous me touchez, me faites rire ou sourire, rêver ou désirer ou quand j'ai peur, que je suis en haleine, que je m'identifie aux protagonistes de l'action, quand ma réflexion s'éveille, quand je me sens ému, heureux, transporté. J'aime quand la beauté des images, une réplique, une impression demeurent en moi. J'aime quand vous faites de cet art éphémère, un art durable, parce qu'intime.

Je n'ai aucune connaissance particulière, aucune autorité pour revendiquer un quelconque droit à mobiliser votre attention et à vous déranger. Jugez-en vous-mêmes !...

Il est des films qui illustrent bien ma prétention de beauf du noble art!  Un titre comme "Le corniaud", le personnage de "Monsieur Hulot", "le célèbre Francois Pignon" me vont à ravir! Je n'ai hélas pas le talent burlesque d'un Keaton ou d'un Chaplin, je suis plutôt un amoureux des mots, comme Groucho Marx ou des dialogues comme M. Audiard. Je fais naturellement l'âne pour avoir du son !

Si vous voulez me situer, disons que le cinéma italien dans ses comédies sociales, néoréalistes, à la farce parfois grotesque permettrait de m'identifier. Je suis incarné dans des rôles de matamore et de bouffon, inscrit dans ma propre satire et mes travers parodiques. Je suis un sérieux client pour Dino Risi, Vittorio de Sica, Luigi Commencini, Ettore Scola, Federico Fellini, mais aussi pour les très grands Luis Bunuel, Woody Allen... Je suis l'archétype ironique du petit bourgeois prétentieux, du fanfaron extravagant, du raté sympathique! J'ai en plus l'audace et le vice de penser, d'écrire et de parler !

Je célèbre donc sous ma plume mon cinéma, le cinéma, ce septième art! Septième artifice aux mille feux factices des projecteurs braqués sur les contradictions de notre culture, sur nos mythes éternels, nos pulsions, nos désirs, nos croyances et nos idéaux !

Hauts toujours plus! Hosanna au fluo des cieux étoilés de starlettes pailletées de haut en bas résille. En vidéo et débats pour vamp, madone et Lolita espiègles, pulpeuses et siliconées, botoxées et sensuelles. Envie des hauts et des bas de soie des blondes Vénus, profils mammaires aux corps de braise jetant le show et l'effroi aux bellâtres attisés dont je fais parfois partie! Pièges enchanteurs de tant de femmes fatales !

Cinéma physique qui vend la femme plus que l'actrice. Héroïnes, Eros-in d'un jour dont les lignes de fuite de mes perspectives visuelles rencontrent le point de chute des corps. Rounds pour tête à clips et à claps, entre bavure et maîtrise, entre sens sûr et censure, sensurround !

Cinéphiles, je suis comme vous, j'aime le cinéma. Je suis un assidu des films de tout genre, productions hollywoodiennes, films d'auteurs, d'art et d'essai. Avec le temps, mes goûts ont évolué, je ne recherche plus les grands espaces de l'ouest ni les westerns spaghetti de mon adolescence. Je les préférais pourtant aux comédies romantiques où je m'ennuyais ferme, lassé d'attendre vainement l'attaque improbable de la caravane par les Cheyennes.

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Histoire: la guerre de 100 ans 1337-1453 1/2

Publié le par modimodi

Si le hérault n'sait pas couper

Les récits d'exploits, les hauts faits

Louangés à la sauce lauriers,

L'histoire ne sait pas écourter

Ces conflits de primauté.

 

"Ouf ! Tout est bien qui finit bien !"

Ont soupiré les Capétiens,

Après cent ans d'rivalités

De disputes, de conflits armés

Avec tous les Plantagenêt.

 

Guerre des Valois contre British,

Des Lancastre, des chips and fish,

De leurs très nombreux alliés

D'Aragon, Castille ou d'Ecosse,

D'Allemagne, tous ennemis féroces !

 

Ce sont un long siècle durant,

Dix sept grands belligérants,

Douze Rois, Comt's, Ducs, Anglais, Francs

Et deux pays à feu, à sang

Conquis, repris au moindre arpent.

 

Pas de quartiers, pas de détail,

Perpétuels conflits, batailles,

Trêves courtes, paix de feu d'paille,

Famine, peste, pillage et racailles,

Jacqueries, meurtres, épouvantails !

 

Souvenez-vous d'avoir appris

La grand' bataille de Crécy, (1346)

La défait' de la chevalerie

Et le triomphe de l'infanterie,

Coups de bombarde, flèches en pluie !

 

Rappelez-vous de Du Guesclin, (1320-1380)

Chef des armées et fier Breton

Qui défait tous les grands bretons !

N'oubliez pas Pierr' le cruel,

Le Princ' noir battu à Montiel ! 1369)

 

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Cœurs de printemps

Publié le par modimodi

Petits cœurs amoureux! Vous voilà prêts pour le printemps! Vous aviez hier ouvert vos mains à la nuit mauve d'anémones marines, vous aviez piqué des étoiles en vos songes! Mais vous avez ce matin déplié la corolle rouge de l'aube révoltée.

Oubliés à présent les horizons noyés! Vos tentatives d'envol avaient des bruits étouffés. Avec ce chant d'oiseau, le renouveau est sorti des pièges du silence! La belle saison est de retour dans les racines de la nature. Votre enfance y gardait l'amour pour qu'il éclose dans la promesse d'un matin!

La rose des sables a fleuri dans les dunes. Vous voilà amoureux, triomphants du désert! Vous avez su traverser les miroirs des mirages et vous allez aimer sans savoir ce qui restera malgré l'usure du temps et ses milliards de milliards de grains abrasifs et arides!

Vous retrouvez comme par magie votre âme d'enfant pour des chevauchées à travers plaines et forêts. Vous faites partie des futés de la futaie et vous tombez d'abord sous le charme des oiselles et des bouquets de printemps! Vous ne savez pas encore que vous vous égratignerez aux roses aubépines. Dans la fleur de leur âge, elles vous feront pêcher pour vous faire oublier que vous ahanerez sous le boulot sans avoir droit aux lauriers! Alors à force de voir le plaisir de si près votre être tout entier aspirera à se reposer à l'ombre des buis et du pin ...

Et c'est l'un qui papillonne, l'autre qui prend une perruche pour sa mimi-pinson. C'est celui-ci qui fait le paon devant une oie et qui se croit un aigle devant une dinde. C'est celui-là qui sautille et butine pour une sauterelle à la taille de guêpe!

C'est à qui rêvera d'aimer une jeune fille en fleurs, un bouquet de printemps, qui effeuillera la Marguerite pour finir dépouillé par Véronique ou Angélique! C'est à qui confondra belle de jour et belle de nuit et se fera grignoter ou croquer par quelque douce aux yeux noisette.

Fruits défendus, pulpeuses à la peau de pêche, c'est à qui en sera la bonne pomme sucrée ou la belle poire juteuse. Nul Narcisse pour épouser ses propres pensées et nuls soucis, nèfles ou amandes, pépins ou marrons cueillis et récoltés! L'amour ne tombe pas à l'eau!

Aimez donc, gentils cœurs du printemps avec passion, vigueur et insouciance! Ignorez l'infortune, elle n'est ni probable ni systématique! Et puis tant pis! Il n'est pas dit que par la faute de ces gazelles qui bichent, il ne vous restera plus qu'à boire le calice jusqu'à l’hallali!

Petits poètes du mois d'avril, il n'est pas écrit que devant ces fleurs de vertus éphémères et ces pensées offertes dont vous vous éblouissez d'œillades trompeuses, vous finirez au parfum, enivrés pour rien! Au contraire, ardents et bucoliques, romantiques et élégiaques, vous n'en finirez pas de conter mille et une fois fleurette! Qu'importe que vous vous soyez fait faire des bleus au coeur par Jacinthe ou par Violette puisque vous mourrez d'amour un jour, piqués et plantés au doux sein de quelque Rose ou Pâquerette!

Ainsi Cupidon faisant flèche de tout bois, vous êtes tous de joyeux petits apprentis Ronsard! Égratignés au roncier de vos amours, vous versifierez encore pour quelque belle, même si elle s'est fait la belle! 

Que voulez-vous? C'est notre condition terrestre! Quelle que soit notre bonne éducation, nous ne pouvons que faire ce constat: on ne nous a jamais tout appris! Nous restons des éternels apprentis de la vie, des écoliers de bonne volonté, de braves bouffons naturalistes, de studieux vigiles bucoliques. Car nous ne savons toujours pas reconnaître l'arbre qui cache la forêt!

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Les remèdes de grand-mère 3/3

Publié le par modimodi

Vous avez sûrement dans votre entourage une grand-maman qui vous a transmis de mystérieux conseils et même la potion magique garantie comme de l'eau sur du feu. Pour les bobos et la beauté, vous pouvez tout connaître: comment réaliser un cataplasme, une pommade, un masque, une teinture, une crème, une lotion, une infusion, une inhalation, un sirop ou même la composition de l'eau d'un bain à prendre.

"Aux grands maux, les grands remèdes, aux petits maux, les petits remèdes!" Avec eux, vous allez pouvoir soulager vos hémorroïdes, apaiser vos jambes lourdes, supprimer votre acné et vos points noirs, calmer votre rage de dents, tirer vos crampes et retrouver le sommeil! Vous pourrez atténuer les hématomes, un coup de soleil, soulager une entorse, une piqûre d'insecte, une brûlure légère, etc.

Tous nos petits maux bénins sont soignables par des solutions naturelles et à un moindre coût. Les petits désagréments, les pépins de santé peuvent être évités. Nos aînés n'avaient pas besoin du slogan quotidien pour leur rappeler qu'il faut manger cinq fruits et légumes par jour et que les fibres sont meilleures que les frites!

Mais en ce temps-là, on ne travaillait pas pour des nèfles ou des prunes et si on ne gagnait pas beaucoup de radis, si on n'avait pas plus d'oseille, on avait quand même du beurre à mettre dans les épinards. On ne craignait pas de se faire des cheveux blancs, de vieillir trop vite et de sucrer les fraises.

C'est peut-être injuste! Vous avez beau avoir les yeux noisette ou en amande, vous ne bénéficiez pas des bienfaits innés des fruits oléagineux. A l'époque, les recettes minceur pour perdre du poids, les cocktails détoxifiants pour fêtards, au cœur d'artichaut, les macérations sophistiquées et les décoctions savantes étaient superflues. Les jus de fruits et les soupes maison étaient des trésors vitaminés de vitalité. Aujourd'hui, vous faites le poireau mais les carottes sont cuites, vous produisez des navets et vous êtes dans le potage avant même de boire le bouillon! Vous êtes une bonne pomme ou une bonne poire et vous avez les jambes en compote quand vous êtes dans la marmelade.

Tout ce savoir empirique est aujourd'hui confirmé par les études des principes actifs, des molécules et de leurs effets bénéfiques sur la santé. On a découvert les bienfaits vitaminés des nutriments, des antioxydants, des minéraux, des oligo-éléments, de l'équilibre acido-basique pour prévenir les maladies cardiovasculaires ou les cancers comme tant d'autres maladies chroniques. Prime au bonheur, tous ceux-ci augmentent votre énergie personnelle.

Oh! Bien sûr, personne n'a jamais su ôter les bleus à l'âme et guérir ceux qui ont mal au cœur. Pas de remède au mal du pays ou pour ceux qui sont en mal de célébrité. On ne sait pas soigner les mal lunés et les mal embouchés. Les mal à l'aise sont mal barrés. Ceux qui ont mal aux cheveux peuvent continuer à s'hérisser ou faire la tête. Méfiez-vous! Ceux qui donnent des coups de pied en vache folle vous feront aller de mal en pis ! C'est ainsi! Chacun doit connaître ses limites.

Ah! Mes aïeux soyez bénis! Au fond, j'envie votre génération si simple et si naturelle qui respectait la nature et appréciait le goût authentique. Vous étiez attentifs à la préserver pour vivre sainement. Le mot soin traduisait plus la vigilance que vous exerciez que la médication que l'on doit appliquer aujourd'hui! Si nous avions su garder ces principes de précautions, nous n'en serions pas à nous lamenter aujourd'hui sur la pollution généralisée et l'empoisonnement chimique universel.

Nous pouvons avoir autant de peur que de mal. Nous finirons tous comme des légumes. Il ne restera même plus de pissenlits à manger par la racine.  Pourtant quelques grosses légumes de l'industrie qui en ont fait leurs choux gras se gargariseront encore des progrès médicaux et de la pharmacopée!

En cette période agitée, où on ne sait même plus prendre son mal en patience, les remèdes de grand-mère sont plus que des recettes. Ils sont le témoignage d'une sagesse d'esprit et d'un art de vivre au naturel. "Santé passe richesse".

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Urbi et fourbi 1/4

Publié le par modimodi

L'attrait de la nouveauté anime les curieux et les originaux. Les publicistes et les designers cherchent des idées clinquantes pour intriguer et intéresser le premier gogo venu. Couleurs criardes, slogans accrocheurs et voilà les piteux rogneux, les terreux ombreux, les acrimonieux à scrogneugneu, les grincheux plâtreux, les tortueux moyenâgeux, les caverneux silencieux, les scrofuleux fistuleux, les eczémateux croûteux, les pompeux adipeux, tout nerveux, envieux, aventureux, désireux et fiévreux!

Des flots verbeux, des mots baveux, des propos fumeux, un ton sirupeux, des rabais crémeux, et voilà les jeunes comme les vieux, les gâteux comme les audacieux qui font la queue et se ruent à qui mieux mieux!

Le proverbe a raison: "Tout nouveau, tout beau!" Même si l'engouement est passager, si la mode est éphémère, nous nous emballons pour le changement. Il suffit d'appâter, d'habiller le produit des termes magiques de création ou d'innovation et de leur accoler les sésames racoleurs d'expérimentation et de révolution pour que ce qui n'existait pas devienne un désir qui se transforme aussitôt en besoin. Avec un trop plein d'indulgence pour vous-même, qui n'avez pu résister et qui avez pris tant de plaisir à succomber, vous vous exclamerez: " Que voulez-vous! Il faut bien être de son temps et vivre dans son époque! "

Cette fantaisie dilettante et poétique est pour vous, lecteurs imaginaires! Sans aucune ombre de nostalgie, elle témoigne autant de l'évolution du monde, de la mode, que de l'inconstance de nos choix!

Y'a la grand-ville

Dernier asile

Des mercantiles.

Y'a la grand-ville

Prochain exil

Aux mille périls.

Tout est hostile

Et imbécile!

Comme un bacille

Faut changer d'file

Et s' faire agile

Comme un missile.

 

Avoir du style!

Ainsi soit-il!

Adieu vinyle!

Etre viril

Aimer Kill Bill

Et sa compile.

Faut mettr' dans l'mille

Gagner le deal

Etre subtil

Comme un goupil!

 

T'as l'bon profil

Le baise-en-ville

Le sex appeal

Pour les idylles.

Mais aie! La tuile!

Vieil aquatile

T'es qu'un fossile

Aux pieds d'argile.

Poisson d'avril!

 

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Murmure 2/2

Publié le par modimodi

 

Ma mie, l'amour, qui vous parle à l'oreille du cœur a des tonalités tellement sincères qu'il vous laisse parfois sec et sans voix ou vous met, au contraire des larmes dans votre voix, qui s'étrangle et se brise d'émotion. En état amoureux, c'est souvent à mi-voix dans le creux de l'oreille, voire à voix basse, qu'il donne toute son intensité.

Ma mie, nous sommes en cet état. Je n'ai pas choisi une vie d'abstinence monacale mais je rends de pieuses dévotions à vos seins et au coffret précieux qui contient la sainte relique de Vénus. Nous n'avons pas besoin de parler. Vos doux yeux ont leur langage tandis que les miens vous dévorent.

Je peux vous aimer les yeux fermés. Un son n'aurait d'ailleurs aucun sens. Nous savons nous aimer en silence en nous regardant comme des chiens de faïence. Nul besoin de paroles pour comprendre ce que vous me dites. Votre beauté a son langage, le silence est son aveu, un monologue de votre vertu, une rose à peine éclose.

L'amour est exaltant. Il donne à votre voix chérie la musique délicieuse du chœur des soupirs des vierges promises. Il chante mezza voce les désirs inconnus qui gémissent et languissent au profond de nos êtres. Il frissonne dans le souffle des espérances infinies. Il fredonne son impatience dans nos pensées pudiques.

L'amour murmure en nous de sa voix intérieure. Il chuchote dans la caresse de mes doigts frôlant comme un archet le violon de votre peau. Il glisse dans les confidences de vos émois et dans le frémissement de vos ardeurs. Il promet des bonheurs dont nous ignorons les ivresses. Il nous enveloppe dans sa voix ouatée et nous auréole d'un voile de soie. Il tremble dans les trémolos des élans de nos corps. Il palpite dans notre âme à nu. Quand parfois votre voix est mourante, c'est que nous mourrons ensemble d'amour!

Il susurre les possibles d'une vie à partager. Il réveille le monde qui s'était endormi. Il ouvre les espaces, il éclot dans les fleurs, il délivre l'horizon et dénoue les limites. Il flamboie de mille étincelles pour allumer la lampe de l'aurore. Il nous dit, le jour, des mots légers comme des chants d'oiseaux. Il trille dans nos nuits au chant du rossignol. Il est harmonie et présence engourdie dans nos cœurs. Vous vous y estompez dans la douceur de nos silences. Vous êtes une lueur dans mes songes moirés.

Vous êtes la voix qui murmure aux semences qui grondent sourdement dans les entrailles grasses de la terre en jachère. Vous êtes la mélopée plaintive des certitudes impatientes. Vous êtes la source de la joie retenue dans le bourgeon qui attend les signes de la délivrance. Vous êtes le serment de la vie dans le feu qui dort encore. Vous êtes la mélodie que compose la nature pour son chant intérieur. Vous êtes la musique et la rime pour le feuillage de mon poème libre. Vous êtes l'empreinte du renouveau, vous êtes l'inflexion aux mille nuances des couleurs. Vous êtes bruissante de verts présages. Vous êtes l'énigme du temps à naître.

Vous êtes le chant sacré que psalmodient les anges et que porte le vent jusqu'au divin secret. Vous êtes la harpe du ciel. Vous êtes l'inspiration suprême, l'éclat sonore d'un diamant de pur amour et de cristal. Vous portez la lumière. Vous êtes dans l'azur de mon cœur, le grillon de ma joie solaire. Vous êtes la lyre de mes chants d'extase et la chair dans la mémoire du Verbe.

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