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Articles avec #sans queue ni tete tag

Le factice

Publié le par modimodi

Bigre ! Bigre ! Après que les grands mégalos dogmatiques et leurs charniers à ciel ouvert, nous aient convaincus de la tyrannie de l'utopie et du caractère terroriste de la vérité, nous vivons l'ère du vide, des crises économiques et de la faillite des idéologies des états providence.

Parallèlement dans la surabondance du mauvais goût, avec la recrudescence du faux et des apparences, par le désir d'éphémère et de sensationnel, sous l'emprise de la passion du factice, du simili et du simulacre, le trompe-l’œil nous fait des clins d’œil. Oh ! Même si nous savons bien que " Tout ce qui brille n'est pas or", nous nous illusionnons nous-mêmes en croyant donner l'illusion.

De tout temps fasciné par la magie de l'image et du verbe, l'homo mediaticus n'en finit pas de se prendre au miroir aux alouettes de la duplicité et de la duplication. Il copie ou il fait semblant. Tricheur et truqueur autant par son désir de se singulariser que d'appartenir par le look à un clan, il choisit les signes de reconnaissance de sa tribu.

La vogue et la vague du faux et du jeu déferlent d'ailleurs sur nos mièvreries publicitaires et rousseauistes qui prônent le retour à la nature. Nos lessives sont lavées plus blanc que blanc, sur fond de champ de blé ou de cascades aux chants d'oiseaux. Sur " Les quatre saisons " de Vivaldi, les changes nous font des risettes célébrant le printemps de la vie.

Avec " La truite " de Schubert dans son iPod, la nana qui connaît moins oncle Vania que sa périodicité féminine s'en tamponne sous forme d'activité sportive intense. Les dessous de bras et les aisselles qui ruissellent, sentent les embruns vanillés d'îles exotiques ! Vivre sur les dents mais toujours éclatantes et manger sain et bio sont les valeurs refuges de la bonne santé, vendues artificiellement sur fond de carton-pâte et de trompe-l’œil écolo.

Mais tout est déjà dans la nature. L'homme n'a rien inventé. Les oiseaux donnent la parade nuptiale ou amoureuse. Pour séduire, l'homme, ce drôle d'oiseau qui promet le paradis, joue comme il peut de son dimorphisme sexuel et glandulaire. Il met ses plus belles plumes colorées, gonfle son jabot ou sa crête au gel béton et se pavane devant l'oiselle sous les sunlights ! Il roucoule ses chants les plus mélodieux, pousse des cris les plus sonores et saute et danse en ondulant du croupion chatoyant et irisé.

Il déploie ses arguments et ses courbettes, il vibre en harmonie discrète ou se donne en spectacle, sous forme d'acrobaties ou d'affirmation de sa testostérone. Tout en s'offrant, il fait offrande pour mieux convaincre la douce et belle femelle. Il espère, il attend la prise de bec. Pour conclure, il ira même lui promettre un nid douillet.

Et moi ? Que fais-je d'autre que parader en écrivant et en agitant ma plume ? D'un battement d'aile, je crois vous emporter. Je joue de l'art du leurre et du factice. Que ne tentai-je pas à mon tour de vous séduire, d'attirer n'importe quel lecteur hermaphrodite de cette littérature con, plaisante. La preuve m'est souvent donnée, quand j'obtiens l'effet inverse par mon style trop gonflant ou trop ébouriffant.

Je suis mon propre faux semblant d'aimer, de partager et je fuis pas à pas. Ma création me nargue et m'échappe. Ce qui me paraît original n'est peut-être qu'une pâle copie. J'imite le talent sans jamais l'égaler. Je m'illusionne.

Poésie et philosophie sont souvent mes garde-fous pour éviter les pièges de moi-même et de mes semblables. Si je cherche à comprendre, Lévinas m'apporte sa réponse. Si la relation à autrui est asymétrique, la relation à l’œuvre que je contemple est donc un face à face entre l'être que je suis, vivant et animé et ce qui s'apparente au néant, une œuvre figée dans sa beauté intemporelle. Rien n'empêche que certaines créations que je contemple et scrute m'interpellent et dépassent mon simple regard.

Comme chaque visage rencontré et observé est offert dans son dénuement, aucun ne peut à lui seul faire sens en dehors de ma propre perception et de ma participation émotive. Chacun de mes textes est ainsi un visage d'encre offert à votre vue et à votre regard intérieur !

Il n'y a pas d'ambivalence dans cette conversation muette, uniquement parfois dans mes intentions. Il n'y a rien de possible dans la rencontre avec l'autre comme dans la contemplation d'une œuvre en dehors de ma propre volonté. J'en suis donc responsable, ma subjectivité ne peut m'en dédouaner. Le reste n'est qu'arrangement avec le ciel et soi-même. Mais le ciel ne saurait mentir...

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Sans début ni fin du monde ! 2/2

Publié le par modimodi

Dans un monde énigmatique, sans début ni fin, l'illusion suprême ose toutes les élucubrations... Plus d'ascendance ni de descendance, l'Homme n'a ainsi plus de naissance ou de mort, plus de généalogie, de lignée et de filiation.

Content de lui, il peut dormir comme une souche. Ô ma vieille branche, il n'y a plus de singe dans l'arbre généalogique et plus de berceau de l'humanité. Plus de natif ou d'orphelin, de question récurrente : qui de l’œuf et de la poule ?

Dans cette alternative conceptuelle et subjective, tout est concevable ou absurde, symbolique ou ésotérique. S'il n'y a plus de source sûre, il n'y a plus de retour aux sources. Sans racines et sans germes, nous ne devrions plus jamais avoir peur de nous planter.

Plus d'actions à justifier, plus de motifs, que des prétextes ! Plus de mobiles, le crime serait toujours parfait ! La justice peut rester aveugle ! Pas le plus petit début de preuve, dans un tribunal sans ouverture de séance, ni clôture de dossiers. Des problèmes toujours sans solutions !

Chacun à l'instar d'un démiurge est le métaphysicien créationniste qui lui convient. Chacun est à lui-même son propre monde, c'est en lui que se fonde le sens inhérent de sa propre vie et sa raison d'exister. Selon chacun, l'horizon sans limites est ainsi plus ou moins ouvert et dégagé, ou bouché et borné. Il le découvre en avançant quand la ligne recule au fur et à mesure qu'il progresse.

Ainsi découvre-t-il l'altérité en découvrant qu'il n'est pas seul. L'autre, son frère ou son ennemi est semblable à lui. Sa rencontre est un choc, qui produit opposition ou association, harmonisation en vue d'union et d'unité, effusion, fusion ou confusion en fonction de leur atomes plus ou moins crochus et à condition que l'autre ne se prenne pas en plus pour le nombril du monde.

Mais la vie viendra bien assez tôt leur rappeler qu'ils ne sont l'un et l'autre qu'un point perdu sur le globe terrestre et une poussière d'étoile, filante vers l'inconnu jusqu'à son point final. Il n'y a que Monsieur Univers ou Miss Monde pour croire à l'éphémère de l'instant et à l'infini de la durée dans un monde pailleté.

Jusqu'à présent, personne n'a pu vivre sans la certitude d'un début et d'un terme. Si le monde garde l'énigme du commencement et de sa fin, l'Homme s'inscrit forcément dans l'intervalle de sa naissance et de sa mort. Les joies et les peines, les événements et leurs célébrations l'inscrivent de dates en dates dans une histoire de vie.

Si le monde est un mystère, lui ne l'est pas, il est programmé. Il ne lui reste qu'à négocier sa vie durant les incertitudes du destin. Ces repères temporels douloureux ou festifs bornent sa raison et lui permettent d'échapper à un désespoir d'aberration voire de folie.

Finalement, il nous faudrait donc savoir vivre dans le présent, sans avenir ni passé ! Mais si nous y réfléchissons, le constat apparaît impossible ! Sans une étude géologique avérée des cœurs de pierre, il y a toujours un début et une fin à tout, à la vie comme à l'amour !

Si le monde est en expansion, l'amour l'est aussi. Il trouve toujours l'espace qui lui convient et repousse à l'infini les limites de chacun, lui faisant trouver des possibilités insoupçonnées.

"Mais toi, t'es le dernier, Mais toi, t'es le premier ! Avant toi, y'avait rien, Avec toi, je suis bien !" (A quoi ça sert l'amour, Édith Piaf). C'est ainsi, que l'émotion aide à vivre sans penser que les meilleures choses ont une fin. Car allez savoir pourquoi, sans raison et sans but, "les histoires d'amour finissent mal en général"... surtout quand elles sont, sans queue ni tête...

... Comme ce texte, qui raisonne par l'absurde, qui se présente à vous sans limite et qui est donc sans épilogue, ni point final ! En définitive, c'est au lecteur de l'achever ou de m'achever ! Par principe, son immense talent est soit indéfini, soit illimité, il est donc l'ultime recours à toutes ces idées, sans début ni fin !

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Sans début ni fin du monde ! 1/2

Publié le par modimodi

L'interrogation peut devenir obsédante. Un monde sans début, ni fin, est-il possible ? Du bing au bang, la question retentit.

Peut-être, n'y aurait-il pas d'ailleurs, de quoi en faire tout un monde ? Peut-être !... Mais déjà, il faudrait s'entendre sur le mot lui-même !

Depuis que le monde est monde, parle-t-on de l'ensemble de l'univers, de la planète terre avec ses astres dans l'espace ? Parle-t-on de tout ce qui existe, du visible, du connu comme de l'inconnu ? Ne sont-ils pas loin l'ancien et le nouveau monde ?

Ce monde indiscernable est-il intelligible à Monsieur tout le monde ? Ne l'appréhende-t-il pas qu'en fonction des milieux dans lesquels il s'insère ? Comment percera-t-il les secrets de la Matière ? Ses sens, sa raison, son expérience le lui permettent-ils ou reste-t-il limité à son environnement ?

Peut-on dans l'absolu, concevoir simplement ce qui semble organisé et en corolaire, imaginer le désordre primitif et chaotique ? Si nous ignorons l'origine comment en affabuler la fin sinon qu'en rêves ?

S'agit-il donc de discuter ici, de l'ensemble de l'humanité civilisée ou d'un milieu particulier comme la société ou le monde végétal ? Comment intégrer dans le cosmos, ce vaste globe où des gens, en tout genre, partagent l'espace public en cherchant, en ce bas monde, à s'approprier l'espace privé ? Y a-t-il eu un début et une fin à la bêtise et à l'avidité ?

Je crains qu'à cette question, sans fin, nous recevions une fin de non-recevoir. D'ailleurs, ce serait bien normal car, si la fin justifie les moyens, sans une fin réelle, il ne reste pas d'autre espoir que de faire avec les moyens du bord ! Et vogue la galère et va le Juif errant ! Rien à donner, rien à expédier, plus de provenance ni de destination. La lettre en Vérité reste morte de l'aleph au tav.

Dans ce mélange des notions, du grand Tout et du vaste monde, de l'infiniment grand et de l'infiniment petit, du macrocosmique au microcosmique, l'Homme est-il assez grand ou déjà trop petit pour lever tous les doutes ?

Prend-il lui-même conscience de son unité ? Arrivera-t-il à régler la question récurrente des paradoxes : du début et de la fin, du sans queue ni tête, du sans début, sans fin ? Sans méthode certifiée, il n'y a pas de sens ni de vérité absolue, aucune logique sinon celle du doute ! Alors, doit-il se faire tout petit ou faire tout, tout seul, comme un grand ?

Nul n'est contraint à régler l’obsédante question de l'énigme du monde. Alors, pour qui le veut bien, fini le casse-tête ! Il suffit de le décider et de renoncer à triturer ses méninges pour mettre en ébullition ses derniers neurones. Il n'y a pas de quoi chercher, ce qu'il y avait avant l'étincelle du Bing Bang, plus de commencement que de l'imprévisible !

Il n'y a donc plus de Genèse ni d'Apocalypse, plus de création ni de lumineuse, éclatante ou obscure révélation finale. Il n'y a plus rien qu'un mythe biblique ! Réglée la question surnaturelle et religieuse du divin ! Il n'y a plus à prouver l'existence de Dieu, à partir de l'existence du monde. Plus de Jugement Dernier ! Plus d'aurore ni de crépuscule des dieux ! Si le Père existe, il est éternel !

Comme par miracle ou par déréalisation, rien ne se crée et tout se transforme ! L'esprit crée son propre monde idéal, le meilleur des mondes possibles, à la vitesse de la pensée en la confondant avec la lumière. Tout est dynamisme, action et tout est force !

Sans début, rien n'est à parachever, pas de finition, que des interruptions ! Pas de conclusions ni de terminaisons, d'initiales ou de désinences aux mots et aux verbes, de terminus ou de terminaux, mais plus que des escales dans les ports et les aéroports ! Il n'y a plus que les retards qui sont in extremis !

Sans début ni fin, et sans en avoir l'R, l'amour fait la moue ! L'austère minus lui-même, porte définitivement l'atavisme du pas fini ! Sa patience n'est jamais à bout ! Et les histoires sont interminables, elles se répètent indéfiniment en sempiternelles ritournelles. Perpetuum mobile ! Rien ne cesse !

Plus d'alpha ni d'oméga, plus que des bêtas dans leur course contre la montre. Il n'y a plus de tableau de Courbet dans le placard de chez Lacan, plus de recherche de paternité, plus de crainte millénariste de fin du monde. Il n'y a plus d'origine, ni de péché originel, plus de date de formation de la matière, plus d'existence matérielle. Plus d'homme primitif, ni abouti.

Il n'y a plus de sens déterminé aux directions et, sans repères dans l'espace, définitivement infini, plus d'hémisphères, de milieu, ni de loi du milieu. Plus de questions existentielles, plus d'études scientifiques, plus de recherches de causes antérieures à la cause, plus de loi des contraires, plus que des conséquences du Hasard !

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Pas sans... 2/2

Publié le par modimodi

 

Je ne sais pas si je dois me livrer à vous sans réserve, mais il est devenu impossible d'orthographier sans ratures et de ne pas écrire sans changer un iota. Nom d'une tête de pipe, disait Magritte, "ceci n'est pas une pipe !"

Cette manière de procéder est naturelle car à moins de croire qu'il n'y a pas de règles sans exception, pour être un preux de la prose, ne faut-il pas être comme le chevalier Bayard, sans peur et sans reproches ? En effet, si pour progresser, on ne peut pas persister dans la négation du passé, pour bien rédiger, à moins d'être un vrai neuneu, on ne peut pas persister dans la négation absolue de l'emploi de la négation.

C'est le "ne" du problème à résoudre, si je ne veux pas finir moi-même sans emploi ou comme un sans-abri ! Mais pas si bête ! S'il n'y a pas de Dalila sans Samson, pas de Darla dirladada sans chanson et pas de farine sans son, il n'y a pas d'âne non plus sans bonnet aux grandes oreilles !

Un récit sans la préposition "sans" serait sans sens aucun et garanti d'être catalogué comme ayant un "sans" de navet. Un écrivaillon sans "sans" dans sa veine ne pourrait qu'être qu'un "sans gain d'intérêt", un poète pas piqué des vers !

Un petit voleur de négations n'aurait pas le droit de réclamer toute votre attention et de vous dire : pas vu, pas pris et de faire du pataquès ! Sans panache, je ne mériterais pas davantage votre estime, car on n'a rien sans rien ! Alors, entre nous, pas de traître mot !  Restons positifs ! Pas de nouvelles, bonnes nouvelles !

Et puis la vie nous emboîte le pas et nous met au pas à chaque passage de l'aiguille sur le cadran. Nous prenons la leçon de l'existence. Pas de poule sans coq et vice versa !

Vous-mêmes, pourriez-vous surpasser la mère Poulard et faire des omelettes, sans casser des œufs ? Vous qui trouvez la vie amère, boiriez-vous votre café sans sucre ? Vous qui êtes un radin fauché et qui vivez sans bourse déliée, mangerez-vous des radis sans beurre ? Le chicaneur peut-il nous laisser en paix, sans trêve ? Le moins que rien peut-il faire de l'épate, sans plus ! Sans commentaire, au fond, peut-être que tout cela ne me regarde pas !

Il ne faut pas jouer avec la vertu et ensuite à voix basse se repentir au confessionnal. Pas de sanctification sans saints à qui se vouer, pas d'excommunication sans seins à qui l'on s'est voué. Pas de messe basse sans curé, inutile de marmonner comme ce mauvais apôtre : " Laissez venir à moi les petits enfants !.. " Parole d'Evangile ! Mais Sainte Nitouche, pas touche ! Non ! Pas de ça, Lisette ! Que nenni ma Nini ! Mais, à bien y réfléchir, y'aurait-il du plaisir d'amour sans gaine et du déplaisir sans gêne ?

La femme de l'infortuné chef de gare aurait-elle pu le tromper sans crier gare ? Ma sœur n'avait-elle pas raison de ne pas y aller de main morte avec ce zouave culotté ? "Peut-on payer de sa personne sans y mettre le prix ?" disais-je à mon psy qui se fendait la pipe sans piper mot. Essayez donc de ne pas rire, surtout de moi ! Ah ! Vous, vous êtes impayable !

Bon ! Sans doute n'êtes-vous pas des masses à être allés au bout du texte ? De tant de charge de "pas", et de cent "sans", sans commune mesure, m'avez-vous déjà quitté au pas de charge et tourné le dos sans vous retourner ! Je vous comprends ! Moi-même, je pars sans demander mon reste, je vous quitte sans discussion et sans attendre la monnaie de ma pièce de cent sous ! Je sais que je ne mérite pas la fanfare de la renommée et que je dois disparaître sans tambour ni trompette !

Sans rancune donc ! Comme il n'y a pas de cause sans effet, je comprends bien que je ne pouvais pas asseoir ma situation sans fondement. Ci-gît un poète, sans rime ni raison, parti sans mot dire ni maudire et sans fleurs ni couronnes !

 

 

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Pas sans... 1/2

Publié le par modimodi

Nous les vivants, qu'on appelle mortels, nous ne sommes pas sans divines surprises ou amères illusions, puisque " tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir " ! Mais ne franchissons pas la porte de l'enfer sans moyens d'en sortir, sinon Dante dans la Divine Comédie a pris la peine de nous avertir : " Abandonnez toute espérance, vous qui entrez ! "

Celui qui a un bel esprit, un esprit fort n'est jamais sans solutions ! J'aimerais bien être comme lui ! Je pourrais vous expliquer pourquoi " il n’y a pas de roses sans épines ". Mais vous, qui vous êtes fait piquer par l'aiguillon de l'amour ou envoyer sur les roses, peut-être le savez-vous déjà ?

Voilà pourquoi aveuglés par le piquant amour, il vous est sans doute difficile de voir tout en rose ! D'autant, qu’il n'est " si belle rose qui ne devienne gratte-cul " ! Doux Jésus, il n'y a donc pas de passion, sans couronne d'épines !

Serait-ce également parce que l'amour nous enflamme, que sa fièvre nous embrase, qu'elle nous met le rouge aux joues et le cœur en cendres, qu'on peut être certain qu'il n'y a " pas de fumée sans feu " ? Aurait-on oublié le coup de foudre déclenché par un regard de braise et sa brûlure soudaine ?

Pas besoin de fumée pour allumer le feu d'amour, quelques propos fumeux parfois suffisent. Alors le feu de paille fait partir l'amour en fumée, sans qu'il y ait vraiment de cause à effet. Une chose est certaine, il vaut mieux ne pas jouer avec le feu à moins d'être un brûlant séducteur, un sans-cœur pyromane ! Allons niais, ne niez pas ! Pas d'aveux sans désaveu ! Pas de boniment sans benêt ni de menterie sans démenti !

Nous ne sommes pas sortis de l’auberge car nous, les passants du sans soucis de l'existence, nous ne pouvons pas faire sans sous ! Si ! Si ! "Point d'argent, point de Suisse !" disait Petit Jean dans les "Plaideurs". Avant-garde d'une autre réplique contemporaine, devenue aussi culte que la secte indienne des "Intouchables" : "Pas de bras, pas de chocolat !"

Apparemment, dans un sans queue ni tête, nous ne pouvons pas faire "deux sans trois" et encore plus sans "des mille et des cents" d'inepties ! Bien sûr, un bon médecin recommandera de ne pas s'en faire et pour éviter le coup de sang du "sans-vie", de se payer une pinte de bon sang ! Je ne vais pas ici déranger vos idées, sensiblement déjà sans dessus dessous et sens dessus dessous !

Dans l'existence, nous avançons à pas mesurés mais ne pouvons pas faire un pas en avant, de côté ou en arrière sans compter nos pas et pas qu'eux ! Pour se sortir d'un mauvais pas, on compte d'autant plus sur la chance, quand elle marque le pas.

Ainsi, dans l'écriture, impossible de sauter le "pas" et de produire des textes où l'écrivain pourrait faire un sans-faute et des sans "pas" dans la salle des pas perdus. Pas de dits sans non-dits, pas d'affirmation sans négation, sans emploi de l'adverbe "ne pas" ! En tout cas, pas encore dans ce texte patraque et pas moi, ici présent ! N'essayez pas de me mettre au pas ! Je ne peux pas écrire sans me mettre aux "pas" !

N'étant pas un béni oui-oui, je ne pourrais pas y parvenir sans grandes difficultés, sans y laisser des plumes de sansonnet et sans devoir abandonner ma plume au fond de l'encrier. En effet, pas de plume de plumitif tombée sans que l'oiseau ne soit plumé par ses lecteurs, taxé de sans talent et obligé de payer l'impôt du "sans" !

 

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Tête en l'air ! 2/2

Publié le par modimodi

Tête en l'air comme un oiseau, j'aurais, paraît-il, une plume ! Celle du plumitif primitif !

Suis-je donc trop léger avec mes idées en coups de vent ? Je mesure mal l'ambiguïté d'un tel propos sauf quand chacune de mes pensées s'envole comme un duvet !

Il me faudrait avoir un regard d'aigle pour à la fois la suivre et conjurer le signe indien. Mais à quoi me servirait de me faire des cheveux ou du plumage ? J'ai heureusement pour me tenir compagnie, la folle du logis et ses marottes. Psychose toujours, psy, cause toujours, tu m'intéresses !

Et même, si je perds la tête, petite tête de scalp, je t'avertis : vise donc mon panama ! Je ne porterai pas pour toi, le chapeau de mes divagations littéraires. Je suis depuis longtemps coiffé sur le poteau. Tu peux t'en faire tout un monde ! J'ai l'esprit à l'ouest ! Toi aussi, tu seras conquis et je t'adore ! Alors, suis-moi ! Dans tous mes états, viens donc avec moi rêver d'Amérique ! Prends vite la route des plantes hallucinogènes et des bisons futés !

Comme une flèche, ils viendront à toi en file indienne. Mais je te préviens, tu peux bien fumer le calumet et déployer ta panoplie de ruses de Sioux, je ne sors pas de ma réserve. Nom d'une pipe, j'ai la tête dure ! Je ne vais pas me casser sur le sentier de la guerre !

Toi, le grand chasseur de têtes pensantes et couronnées, tu peux donc à loisir me traiter de tête réduite ou de tête de Turc, je n'ai que faire dans cette galère ! Quand ma fantaisie baladeuse sera lasse de ramer, je mettrai les voiles à mes songes et je rêverai durant mille et une nuits !

J'ai bien le droit de m'en mettre plein la lampe comme Aladin et de vivre comme un pacha ou comme un de ces sybarites nourris dans le sérail, parmi les grâces et les parfums... Je veux bien mariner dans les ondes orientalistes d'un érotisme qui va me transporter. Si par malheur, je dis vague comme un descendant de Sinbad, à la dérive, je murmurerai quand même, de ma voix caverneuse les formules abracadabrantesques d'Ali Baba afin de m'ouvrir enfin, la route des plaisirs et des délices !

Mais je te laisse à cette pure masturbation intellectuelle ! Shéhérazade m'effleure déjà pour disparaître aussitôt dans une légèreté évanescente. Mes désirs font un flop ! Je chavire précocement. Mon imaginaire est une étoile filante qui part en tous sens !

Mes lectures fantastiques et mes références cinématographiques m'influencent probablement. Mon voyage cérébral ou décérébré est initiatique, mes périples pourchassent mes rêves. J'ai depuis longtemps brisé le miroir de la raison pour franchir le temps et l'espace. Les pôles ou le centre de la terre n'ont plus de mystères, tous mes univers sont parallèles. Ma folie migratrice est visionnaire. Hélas ! Point d'étoile au front du poète ! Apollinaire s'en est couronné à jamais.

Mais que vois-je ? J'hallucine ! C'est déjà Byzance et ses délices de Papous ! Mais bien sûr, tête de totem, pour toi, tout est tabou, tu n'y vois rien, tu bosses, tu bosses fort, tu bosses bouana au Botswana. Mais honni soit qui Mali pense ! Je suis désormais sans raison, le nomade des no man's lands.

Vous les pèlerins, les citoyens du Nouveau monde et de l'ancien, je vous laisse à vos querelles. Je vous abandonne et vous laisse tout, vos routes des Indes et de la soie, vos chemins de Damas, vos routes de Compostelle, vos routes pavées de bonnes intentions et vos chemins de chimères aux mille traverses. Moi, j'ai trouvé le Pérou ! Avec des têtes aztèques, je taille la bavette... Alors, qu'importe d'être un cas, même désespéré... comme vingt écrivains vains ou vingt vains écrivains ! Je ne sais plus ! D'ailleurs, ai-je jamais su ?

Chaque fois que mes chimères ont par trop bourlingué, que je ne peux plus me perdre de visions en utopies exploratrices, je prends le dernier mirage et je me rentre !

Petits nomades de la rêverie, je veux bien vous rejoindre dans la traversée de votre grand désert culturel et écouter les tempêtes de vos paroles de sable ! Moi aussi, j'y crie, j'y prêche et j'attends le passage de la caravane de mes lecteurs méharistes.

Je boucle donc ici mes souvenirs d'expéditions, mes aventures et mes périples dans l’absurde. De voyages imaginaires aux visions sans queue ni tête, je vous ramène, petites têtes de linotte, par la crue de mes passions et les méandres de mon histoire à Jeanne, la bonne Lorraine ! Entendez-vous, vous aussi des voix célestes ?

"Oh ! La Seine ! Suivez ma voie, dit la Pucelle ! Têtes de lard, tous derrière mon horri-flammes ! Cauchon qui s'en dédit ! God save the couine ! Tous, à Paris par Notre Dame ! On y trouve le point zéro des routes de France et de mes fictions."

Point à la ligne... de ma dernière fuite !

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Tête en l'air ! 1/2

Publié le par modimodi

Amis à l'humeur vagabonde, vous rêvez d'Eldorado et prenez bateau, avion, cargo pour mieux parler l’Espéranto !... Moi ma marotte, c'est la bougeotte, j'ai la jugeote qui trotte, qui trotte ! Je fais des croisières dans mon cerveau.

D'un hémisphère à l'autre, mes cartes sont dépliées, rien n'arrête mon odyssée. Dans mes pensées, je vagabonde à travers le vaste monde et j'ai le cœur comme une mappemonde !

Ma petite tête en l'air veut jouer les filles de l'air. Ma cervelle est une caravelle aux quatre vents, j'ai des rêveries de plein ciel. Certains jours, je suis astronaute, globe-trotteur ou matelot. Je n'ai de cesse, ni repos. Mais au moins, sais-tu petite tête de gentil lecteur, que je me carapate sans jamais quitter mes pénates ! Tu vois, tête d’œuf, le tour du monde en trois minutes, pour moi, c'est du tout cuit !

Je vagabonde, je bats la campagne. Ma boussole s'affole au logis. Ô bien sûr, j'ai perdu le Nord dans mes souvenirs comme autant d'aiguilles dans des meules de foin. J'ai parfois un mal fou à les lier en gerbes. Je folâtre et moissonne heureusement parfois, parmi les coquelicots et les bleuets des plaines de mon enfance.

Quand je pense à mes monts de Flandres, c'est la transhumance de mes bêtes de pensées ! Bien sûr, je le sais ! On a les sommets qu'on peut, à proportion de sa grandeur !... Mes idées trottent, cahotent, ballottent. Je broute les trèfles à quatre feuilles du bonheur de mes jeunes années...

Quand je rêvasse et cherche asile tous azimuts, l'on me dit azimuté ! Ce cas m'isole de gré ou de force. C'est la débauche dans ma caboche !

N'en profite pas et n'essaye pas, tête de pioche, de me jeter la première pierre. Ne tente pas tête de malin de suivre les divagations infernales de mon travail cérébral. Tu perdrais tout ton latin dans ces conquêtes de Romains ! J'ai des trulli plein le cerveau. Ne me cherche donc pas des Pouilles dans la tête ou je t'expédie illico aux calendes grecques.

Tête de mule, broute plutôt les mots ruminés de mon papier ou de mes textes, par chemins et par les plaines. Tête de veau marin, go ! Embarque pour la folle équipée. Viens jeter l'encre de la nuit, de Chine ou d'ailleurs et sème le bon sens aux quatre points cardinaux. Tout le monde pourra en partager les miettes et la chapelure !

Crois en mon expérience, la terre entière divague. Fous d'amour, de douleur ou de joie, tous se serrent pour se regrouper puisque paraît-il, "plus on est de fous, plus on rit." Quitte à rire jaune !

Toi aussi, certains jours de vague à l'âme, alors que guette le fond, ne crains donc pas de naviguer de Charybde en Scylla, ne crains pas de démâter. Tu peux extravaguer en restant vague !

Tu sais, tendre tête de cake aux fruits d'illusion confits, si ma folle du logis me parle de naufrager dans la Tamise, je ne reste pas amorphe comme un pudding et tremblant comme deux ronds de flan. Non! Je sors mes idées du mixer ! Je soulève mon melon devant Queen Mum et ses horse guards et Bye ! Bye !... C'est Crazy ! Je file à l'anglaise, j'appelle James et je lui rentre dans les côtes.

Je suis tout prêt d'ailleurs à lui tailler un short ou un beau costard, fut-il en Prince de Galles mais il faut pouvoir passer la Manche ! D'ailleurs, si mon génie errant, par trop olé olé, s'avisait de bâtir un château en Espagne, je le prendrais en grippe et franco, je m'ensablerais les portugaises.

Tu vois, derrière mes lunettes magiques, je vais d'une idée à l'autre, même si elles sont sans queue ni tête ! J'élucubre dans tous les sens. Je bourlingue d'une ineptie à l'autre ! Essaie, tu as ta chance, tu peux réussir et gagner ! Chacun peut devenir un écrivain vain !

Alors toi, petite tête à la Diète, n'écoute donc plus tous ces touristes qui, après avoir lu mes carnets de voyage et bu mes paroles comme des Polonais m'accusent, ivres de vaine jalousie, d'avoir mes lettres de Cracovie. Face à toutes ces mesquineries comme aux petites querelles d'Allemands, je sais faire le Suisse et mettre mon orgueil en berne. Mais pas question d'être chocolat et de tomber en Escalade, dans la marmite, rempli de coups fourrés. Si je suis cloche, je ne suis quand même pas un lapin de Pâques ! Je me plais simplement à rêver d'un terrier sur son île, au pied des moaï.

 

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Harponnons la crevette !

Publié le par modimodi

J'attends impatiemment l'été et le repos. A la rouille du temps, mes pensées se corrodent. 

Ô mes amis, l'amour est une lente érosion. Il est toujours l'heure de la solitude et des colchiques vénéneux d'amertume. J'en ai les ongles mauves de déchirer l'instant. Je sublime mes doutes dans l'écriture, je les noie dans l'encrier. Je recrache les silences dans la fureur des mots. Ma page est un espace trouble où se brise le souffle traqué des voix qui se sont tues, où s'épuise le souffle des souvenirs pillés. Que de cris vains dans ces écrits vains !

Pourtant amis, nos vies sont des bouquets de soleil et de pluie, de vents et de nuages. Nous avons cent mille ans, des milliards de planètes identifiées à l'absolu. Qu'importe l'infidélité de ces quelques muses en partage d'inspiration ! Qu'importe mes amours, ces corps de bois pour le bûcher, ce chant de feuilles et de cendres.

Avant de quitter la caverne du jour noir par le regard de la pierre percée, il faudra bien que je m'unisse à la terre pour comme Merlin encercler des paroles impossibles dans le hasard du premier mot, retrouver Brocéliande et déchiffrer la pierre écrite.

Si j'étais poète, je saurais célébrer les noces lilas des méduses et de l'eau. Mais je ne sais que croquer l'hostie noire de l'aube après chaque nuit blanche. J'ai besoin de lumière mais je confonds midi et minuit. Je suis un symboliste.

Je suis pourtant prêt à tout : à percer la cathédrale de la nuit aux croisées d'ogives des étoiles, écrire au couteau pour menacer les silences, transformer le caillou en chemin, suivre le cours des rivières souterraines pour aller vers le soleil qui gît dans l’étincelle du premier feu.

Amis, vous le savez, il faut enterrer le grain pour qu'il éclate et mûrisse ! C'est la torture de la terre qui le fouille et le fait exister. Nous sommes nous-mêmes encore et toujours enfouis, nous n'existons que dans la mémoire des hommes pour les siècles futurs.

En attendant, l'avenir s'étoile et nous pensons s'étiole. Voilà, onze mois qui se sont étirés ! Des travaux forcés à perpète ! A fond les manettes, à ras les brouettes, à plein les tablettes pour entasser en nos chaussettes encore et toujours plus de petites piécettes et sans panache, nourrir l'écureuil de noisettes !

Moi, j'en ai assez de mes petites ronflettes et des bavettes taillées, bien douillettement sous les couettes en évoquant les fées d'hiver ! C'est désespérément long, une année presque pleine de compète et de casse-tête avant de pouvoir enfin conter fleurette aux bancs de sardines de Messine ou aux harengs de Lorient !

Un proverbe dit : "Tout vient à point à qui sait attendre !" Il serait grand temps que le bel été arrive ! Il me tarde vraiment ! J'ai une maison d'herbe ouverte sur le large. Le hussard bleu du ciel se perd dans mon regard gris... Très bientôt, je le sais, je n'aurai plus à noyer mes tracasseries littéraires dans les verres d'eau du quotidien et à m'échouer en leur tempête. Vivement juillet !

Alors là ! Adieu musettes, adieu guinguettes, adieu souvenirs de Lisette ! Allons les Loulou, les Ginette, un slogan conquérant mais il est vrai, sans queue ni tête, me trotte joyeux et fou, dans la tête : "Canonnons la mouette, harponnons la crevette !"

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La belle et la bête

Publié le par modimodi

L'usage affirme, sois belle et tais-toi !

Moi, j'en connais beaucoup trop qui ont choisi.

Elles s'entretiennent et parlent, de leurs grains de beauté, des dernières tendances glamour, des maillots de bain 2 pièces et du bikini imprimé fleuri, acheté pour l'été. Tout nouveau, tout beau ! Elles causent et bêlent ainsi, toujours de plus belle, de la mode et des collections, enfin de tout et de rien !

Enfin, de ce petit presque rien, qui rassure et qui permet d'appeler Charme, ce qui manque à la Beauté...

Sortie du bain parfumé au jasmin, la peau encore perlée, la belle sourit aux anges de se voir si belle en ce miroir ! Vivement demain, les vacances, enfin ! Du bon temps édénique, un avant-goût terrestre de divin paradis !

Elle en a rêvé, toute l'année ! Elle s'y est préparée par des séances d'UV. Elle le sait, sur la plage, la belle, comme un ange, va attirer le bonheur céleste ! Pas un beau ténébreux, voué aux coups de foudre, non ! Un bel Adonis, callipyge joufflu, aux yeux bleus et au regard d'ange !

Elle s'avance sur le sable, lumineuse, éclatante, somptueuse et fatale. Elle s'allonge, languide, radieuse Vénus, offerte à Phébus ! Elle est ardente, éblouissante, belle comme un astre ! Calme, sereine, dans le silence intérieur de son cœur, un ange passe.

C'est alors, qu'un bon petit diable, déguisé en charmant Chérubin, déploie ses ailes et son zèle. Il l'enchante, la louange de compliments et de promesses. De sa plus belle plume, il trace sur le sable, un cœur fléché avec ces mots : MON ANGE !

Elle est son ange du ciel. Elle est irréelle, incomparable, éthérée et spirituelle ! Il lui certifie en rougissant, ne pas s'intéresser au sexe, uniquement à sa beauté céleste !... Il l'exalte, elle est dans toute sa grâce auréolée, son ange de douceur et de vertu, l'ange gardien de son cœur. Il lui donne sa ferveur, il se brûle les ailes, lui embrase le cœur !

Il la monte en bateau et rame pour être convaincant ! Elle est du signe de la Vierge ! De laudes en angélus, il multiplie ses dévotions. Avec une patience d'ange, il lui affirme que ses charmes délicieux le mettent aux anges, tout en pensant, qu'ils le portent... au nu ! Il la voudrait, offerte, abandonnée, lascive, emportée au firmament, pour tutoyer les anges. Il se voit prince de cœur dans l'empire de ses sens.

Charmée et transportée à son tour, l'angélique pascalienne, confondant Dieu et l'arc-ange Cupidon, lui donne alors sa foi et bien plus ! Elle résout enfin, avec bonheur, l'énigme du sexe des anges et fait, en tant que rayonnante, "stella maris", la liaison entre le ciel et la terre. Il la lui avait promise, elle a décroché la lune. Doux Jésus, que sa joie demeure !

Il est magnifique, il a le port royal ! A l'aise Blaise ! Au septième ciel de son lit étoilé, la belle Néréide est aux anges et en oublie toute Pensée : "Qui fait l'ange, fait la bête." Pas la bête à Bon Dieu ! Non ! La petite bête qui monte, qui monte... la bête à deux dos !

Alors, après mille baisers salés et quelques marées, l'amour fait reflux. Après lui en avoir tendrement conté, de bien belles, après l'avoir plumée et après avoir assidûment épuisé, au plumard, tous les charmes de sa charmante et belle, la bête se fait la belle !

C'est l'été ! D'autres belles-de-jour, d'autres belles-de-nuit, légères comme plumes au vent, l'attendent pour jouer des mirettes et des gambettes, pour succomber au charme toxique de l'amour. Ah, bella donna !

Car l'ange lassé du point G, n'est plus qu'un âne, voué aux seins et aux bonnets ! L'amour estival, trop beau pour être vrai, n'était bâti que sur le sable où il ne reste que l'amer à boire et les souvenirs à boucler dans les valises... Enfin, si la belle s'embête, elle aura, tout l'hiver, pour rêver au bellâtre, en train de se remplumer et de bûcher avec ardeur, au coin d'un bel âtre, son sujet d'ange séducteur !

 

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Détective privé

Publié le par modimodi

La nature l'avait pourvu d'un magnifique appendice nasal. Chaque fois qu'il pointait son nez, son profil lui donnait une longueur d'avance.

Ses camarades de classe, à l'âge des marionnettes, l'appelaient déjà Pinocchio. Au temps de leurs premières BD, ce fut Babar et aux exploits de cape et d'épée, ça lui pendait au nez, il était le grand Cyrano de Bergerac.

Lui, se passionnait plutôt pour Les Pieds Nickelés. L'aquilin Croquignol qui savait en filou, filer sous le nez était son héros préféré. Il s’entraînait dans l'espoir d'être assez souple pour pouvoir faire des pieds de nez.

C'est ainsi qu'à l'heure des jeux de gendarmes et de voleurs, lui vinrent les vocations de policier et de commissaire. Avec Hercule Poirot et Maigret, écloront celles d'enquêteur et d'inspecteur et enfin, avec Sherlock Holmes et Jack Palmer, celle de détective privé.

Il se voyait fin limier, allant le nez au vent et résolvant les doigts dans le nez, les grandes énigmes. A vue de nez, iI serait un pro éminent, s'il savait éviter que la porte du succès ne lui claque au nez et que la fausse information ne lui retombe dessus !

Hélas, il ne vit pas plus loin que le bout de son nez ! Il l'écrasa sur les dossiers sans sentir le moindre indice. Si détective privé, il fut, ce fut un détective, privé d'intuition, du moindre instinct, privé de clairvoyance. Le grand Sphinx au nez cassé !

Lui, que la nature avait généreusement gâté, en plantant une patate au milieu de son visage restait en plant. Lui, qui avait le nez comme une truffe, voilà qu'il manquait de flair ! Il mettait pourtant son nez dans les affaires mais trop souvent en vin et donc toujours en vain ! Il passait pour un clown au nez rouge.

Est-ce qu'aux âmes bien nez, la valeur n'attend pas le nombre des années ?

Hélas non ! Son avenir se cassa plus d'une fois le nez. En effet, incapable d'avoir le nez creux et de renifler les bonnes affaires, celles-ci lui passaient sous le nez. La chance avait, une bonne fois pour toutes, décidé de lui faire des pieds de nez, car même les plus forts suspects qui, à plein nez, sentaient le coup fourré, réussissaient à l'enrhumer, à l'enfumer et à passer au nez et à sa barbe.

Il faut être Edmond Rostand pour tirer les vers du Nez !

Et même avec le nez en pied de marmite, il ne fut pas non plus, en mesure de cuisiner les durs à cuire. Le milieu l'appela d'ailleurs Rantanplan ou Johny Blair, Pif gadget, le naze du nase ! La moutarde lui montait au nez et la déveine le menait par le bout du nez.

Avec le nez du Concorde, sa carrière ne décolla pas pour autant. Seul l'amour lui donna des ailes. Elle s'appelait Cléopâtra, rencontrée, nez à nez, sous un masque à Venise. Elle n'était pas mufle, ils se plurent et s'aimèrent. Leurs deux nez s'effleurèrent, il sentit le baiser. Dame Nature, la généreuse leur donna même de beaux nouveaux nez, quatre petits morveux aux nez qui coulent !

C'est la camarde enfin, qui l'emporta d'un rhume de cerveau et lui ferma au nez, la porte de la vie. Comble de l'ironie, il ne se sentit pas mourir et ne sut pas, si c'était, en odeur de sainteté.

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