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Tricheur 1/3

Publié le par modimodi

Oh ! Méfiez-vous de l'eau qui dort

Au ras du nez d'l'alligator,

Des sourir' toutes dents dehors,

Email-diamant au fluor !

 

C'est que du leurre et du décor,

La preuve de l'esprit retors

D'un jeune, boa constrictor

Qui vous trompe et qui vous endort.

 

Tout poids trouve son contre-poids.

Le monde est empli de passe-droit !

Si on ne te donn' pas le droit,

T'as qu'à prendre le gauche, ma foi !

 

Si tu veux bien en profiter,

Chaque règle est à contourner!

Laisse le nombre des années,

Prends le bonheur à ta portée.

 

Il est trop sympa ton voisin !

Un innocent, un p'tit blondin,

Toujours premier et haut la main,

Y'a que des vingts sur son bulletin !

 

C'est lui, le meilleur en latin,

Toi, tu l'es, mais c'est en dessin.

Tu t'en es fait un bon copain

Tu peux copier, il ne dit rien !

 

Je dirais même qu'il s'en fiche !

Alors sans te gêner, tu triches

Au long nez et à la barbiche

De ta vieille instit en postiche.

 

Comme elle est revêche et pimbêche,

Que l'enseignement la dessèche,

Qu'elle ressemble à un os de seiche,

Toi, t'as pris l'goût des antisèches !

 

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Les murs ont des oreilles 1/3

Publié le par modimodi

Moi, j'ai fait le choix de faire mes confidences, à voix tendre et murmurée sur l'oreiller. On ne sait jamais ! Le lit qui gémit peut éveiller la curiosité ou l'attention malsaine d'un voisin de chambre d'hôtel. Un ancien proverbe talmudique (Berachoth ) né au pied des murailles nous a mis en garde : "Les murs ont des oreilles "

Dans l'existence, si nous ne sommes jamais assurés d'être entendus, nous sommes sûrs d'être écoutés. En tout lieu, des oreilles indiscrètes et isolées peuvent chercher à capter votre conversation. En public, une discussion n'est jamais privée. La menace potentielle vous entoure. Ne vous fiez pas à l'illusion qu'on ne vous prête pas attention. Un espion sait se dissimuler derrière son journal ou dans l'ombre et tromper votre vigilance. Vous pouvez être écoutés à votre insu, sans le percevoir. Paranos de tous les pays, unissez-vous !

Que peuvent donc bien porter comme lourds ou légers secrets, les épais et solides murs porteurs ? On dit que les murs réputés infranchissables et impénétrables à l'externe propagent à l'interne les sons comme l'oreille le permet dans ses énigmatiques labyrinthes. Ils les dirigent et les emprisonnent sans volonté première de les restituer. Les paparazzi à grandes oreilles les enregistrent pour les retranscrire sous formes d'indiscrétions dans leurs feuilles de chou. Un chuchotement dans le creux de l'oreille devient un scoop planétaire.

Il faut avoir l'oreille particulièrement fine pour sonder les mystères de la cloison et discerner le sens des propos. Parfois seules, quelques bribes à peine audibles en sont perçues comme un lancinant bourdonnement... Ce qui entre difficilement par une oreille en sort par l'autre toujours déformé !

Mais ce qui reste déroutant voire extraordinaire, c'est qu'en plus de ceux qui ont été bercés trop près du mur, les imaginatifs médisants ont le don d'halluciner et d'entendre des voix : les voix du ciel, de l'ange Gabriel, de l'au-delà, d'outre-tombe, de leur conscience, de leurs désirs ou de leur folle hallucination ! Ils font alors le plaisir du bon peuple qui se prend pour Dieu, au nom de l'adage latin : " Vox populi, vox dei. "

Le drame survient un jour, quand un vantard indélicat se déclarant témoin auriculaire de bonne foi, interprète et transforme pour le colporter le son de cloche en perfide rumeur. Il distille et insinue à qui veut bien l'entendre ses prétendues allusions, il procède par sous-entendus malveillants. Oh ! qui contera un jour les désastres médiatiques provoqués par un simple : "J'ai ouïe dire..." Alors, comme dans une audition publique, vous voilà projetés et mis en scène, contraints d'interpréter un rôle devant un parterre hurleur.

Certains commentateurs radiophoniques dont une célèbre Geneviève Tabouis s'en étaient autrefois fait une spécialité : "Attendez-vous à savoir... ! " Entre indiscrétion diplomatique et fiction de politique étrangère, les rubriques sonores de l'époque étaient très écoutées. L'ambition de donner chaque dimanche, les " Dernières nouvelles de demain " l'ont fait rentrer dans l'histoire de nos archives nationales. La voix s'est tue mais le mur du temps a conservé des échos dans sa bonne oreille radiophonique.

 

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Élévation 2/2

Publié le par modimodi

 

L'amour a tracé sa voie pour que nous progressions. Il nous invite à lever la tête car il se dresse à l'horizon de notre existence.

En plein ciel d'azur et d'espoir, la foi en l'autre soulève les montagnes, permet d'escalader les rochers des jours difficiles, de traverser la neige collante des cœurs froids, d'éviter de glisser sur la glace fragile des reproches ou d'être ensevelis sous l'avalanche des mesquineries.

Même dans la brume des sentiments troublés, l'amour permet leur ascension. Son credo se donne lentement et crescendo en pentes douces de la tendresse ou à toute vitesse sur les pentes raides de la passion. La fougue amoureuse prend ses élans et se dresse sur les montagnes russes des plaisirs.

Les qualités de cœur sont nécessaires pour atteindre les sommets en toute sécurité. Oui! L'envie de nous surpasser nous pousse toujours plus haut, à la conquête des sensations. L'appel des sommets se fait dans un essor qui prend sa force dans l'ouverture d'esprit et le don de soi. Nul assaut n'est possible sans cette impulsion intérieure. Seule la générosité du souffle amoureux rend le passage accessible entre les obstacles de la vie.

Gravir, surmonter n'est jamais facile. L'attention portée à l'autre est un point d'ancrage indispensable à la stabilité du couple et à ses aspirations supérieures. Nul besoin d'avoir de grands airs stratosphériques et de le prendre de haut! L’orgueil est un à-pic qui donne le vertige et provoque le déséquilibre. La délicatesse offerte à l'autre dans chaque geste facilite le jaillissement et l'élévation de ses sentiments.

La prévenance est prudence. Elle garantit au mieux contre les faux pas et les chutes. L'enthousiasme porté dans l'effort et la chaleur des encouragements évitent l'hypothermie de la volonté. Inutile d'attendre le dégel pour reprendre le souffle dans la montée. L'amour confiant et résolu est le guide le plus fidèle et le plus expérimenté qui vient à bout des défis quotidiens. Il permet de nous dépasser et de franchir nos limites.

Comme le soleil se lève à l'aiguille, à la cime, au midi de nos désirs, la flamme monte en éclats, en gerbes d'émotions. Elle nous éclaire et nous embrase. Elle danse en jaillissant, elle file, elle s'étire au plus haut point de fusion. Nous nous portons aux nues, nous nous donnons à nu. Nous y flamboyons dans l'ardeur et la fièvre...

Ô mon tendre cœur, je te vénère et te contemple ravi et emporté! Ta beauté est exaltation. Plongé dans le ravissement, je n'appartiens plus qu'à tes charmes Ton corps frémit et donne le lyrisme à tous mes mots d'amour. Je tremble, je palpite, je m'affole. Nos cœur à cœur sont en accélération foudroyante.

Je me dresse contre toi, lascive et pure comme l'innocence désarmée. Tu me grises, je titube, je tombe à la renverse, ému entre tes bras. Tu me ranimes et me ravives, tu me relèves et me transportes. L'amour gonfle de sève. L'excitation est à son paroxysme. Nos corps à corps sont une explosion de gémissements et de cris. Nous exultons d'ivresses.

Nous volons jusqu'au faîte des plaisirs orgasmiques de l'extrême. Nous montons par paliers les délices exacerbés de l'impatience. Sur notre nuage, nous sommes en apesanteur, en état de grâces. Nous tutoyons les anges dans l'expansion des jouissances et des extases infinies.

Tu me donnes le vertige. Je te perds et te retrouve enfin dans l'enchantement céleste au point culminant de la volupté. Tu m'élèves dans la galaxie. Je côtoie le sublime. L'amour est magnifié.

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Histoire: en l'an 800...

Publié le par modimodi

Moi qui m'repose de temps en temps,

J'adore les rois fainéants.

Dormir autant que tu le veux,

Dans un char tiré par des bœufs,

C'est l'paradis, un peu mon n'veu !

 

Mais l'histoire a b'soin de héros,

Pas d'bourricots, haro ! haro !

Il faut des rois au populo,

Du grand, du beau, du top niveau...

Place au règne des Carolo.

 

Les Mérovingiens, trop c'est trop,

C'est un bon empereur qu'il nous faut !

Charlemagne monte sur le trône

Et fait honneur à sa couronne

Tout le pays se perfectionne.

 

La France connaît la progression:

Développement des institutions,

La justice, l'administration,

Fini les ânes ! Vive l'instruction !

Oh ! Oui ! M'sieur, j'ai appris mes l'çons !

 

Famille, école, éducation

Font le bonheur de la nation !

L'histoire qui s'mêle à la fiction

Développe mon imagination.

J'suis Roland, le neveu d'tonton.

 

J'fais partie de l'expédition!

Je m'en vais combattre en Espagne

Pour la gloire de Charlemagne.

Lui, est en tête, à l'avant garde,

Je ferme la march', à l'arrière garde.

 

Dans l'défilé de Roncevaux,

L'ennemi se lance à l'assaut.

D'énormes pierres tombent du haut

Pour briser jusqu'aux derniers os,

Mes frères d'armes et les chevaux.

 

Il est trop tard pour les renforts !...

Moi, preux Roland, j'ne suis pas mort...

Pour dire adieu, je prends mon cor,

Ma vaillante épée Durandal

Et j'me bats jusqu'au dernier râle !

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Lettre au bourreau des cœurs 2/3

Publié le par modimodi

 

Oh ! Toi, le bourreau des cœurs, dis-moi ! Comment avec ta gueule d'ange, toi, qui avais tout pour plaire, tout pour être insouciant et heureux, pour aimer à loisir, comment as-tu pu choisir de devenir un bourreau, un grand tortionnaire de l'amour ?

Au moins tes ancêtres au temps de la Rome antique en avaient fait profession, chargés d'exécuter les décisions de justice. Mais si eux étaient les exécuteurs reconnus des Hautes œuvres, toi, tes coups bas te feraient plutôt élire comme le représentant officiel des exécuteurs des Basses œuvres. De cœur à cœur en corps à corps, tu exécutes avec une perfide cruauté, l'infinie variété des supplices en peines corporelles et morales. Tu pratiques à ta manière la mise amor !...

Permets-moi de te rafraîchir la mémoire, toi, le grand bourreau des cœurs. Tu sembles en avoir bien besoin ! Tu te pavanes, sûr de tes charmes. Tu es attirant, tu exerces une fascination sur les êtres faibles, les jolies bimbos à tête de linotte. Tu leur cueilles des fleurs bleues pour leur chapeau de catherinettes, tu donnes le béguin aux béguines, tu baratines en t'insinuant sous les crinolines. Tu fanfaronnes et te délectes de leurs indécisions.

Ne crains-tu pas un jour, d'être pris à ton propre piège et de tomber dans le traquenard de ton propre jeu ? Tel est épris qui croyait éprendre ! Cupidon a plusieurs cordes à son arc et sûrement une pour toi, en réserve ! Mais toi, tu joues avec la corde sensible et tu ne vois pas que tu cours le risque de te retrouver avec la corde au cou !

Tu préfères affoler leurs dessous, tu y mets le désordre. Tu avances masqué et tu décontenances par ta candeur. Tu soulèves leur cœur, tu désarçonnes leurs principes. Tu fais semblant d'être faible, tu t'excuses de tes feintes maladresses pour mieux les intéresser et gagner leur confiance. Tu troubles tous leurs sens dans l'espoir de les renverser. Tu mets grand désarroi dans leurs innocents émois.

Tu joues tous les rôles du séducteur à l'affût. Tu tends tes filets d'oiseleur. Tu aguiches les jeunes biches. Tu fais ta chasse à courre. Tu veux qu'elles mordent à l'appât mais c'est pour mieux les endormir. Tu veux les piéger pour les ravir.

Tu les opposes et les rends jalouses. Tu fais feu de tous les artifices. Tu es sexy, alors tu les effleures d'une rose, d'un regard. Tu les subjugues. Tu es un prédateur impassible déguisé en gentleman.

Toi, bien sûr, tu n'as pas mauvaise réputation alors que tes homologues, les anciens bourreaux subissaient autrefois l'infamie de leur profession d'étrangleurs. Craints et détestés, ils devaient se cacher et vivaient comme des parias, souvent en dehors des bourgs. Ils étaient la plupart du temps contraints d'exercer conjointement "un métier en rapport avec les cadavres et la mort", celui "d’équarrisseur, de croque-mort, de fossoyeur", de tanneur, de bourrelier et de découpeur de cadavre, chirurgien post mortem.

Bénéficiant "du droit de havage", ils pouvaient revendre tout ou partie des corps des suppliciés (plus ou moins légalement) à des médecins et alchimistes, selon une tradition remontant à l'Ancien Régime qui voulait que les dépouilles leur appartinssent. "A l'époque, le commerce était allé jusqu'aux excès de boucherie par dissection publique et revente de la peau transformée en portefeuilles ou porte-cartes."

Tu ne fais guère mieux à exposer et offrir en pâture leurs secrets au grand jour. Tu les matraques, tu affiches leur intimité. Tu les écorches et tu tranches dans leur beauté dénudée. Tu en fais étalage, tu les déplies, tu les échantillonnes, tu les empales en double page centrale et les offres en posters. Tu vends bien cher leur tendre chair fraîche.

Un conseil ! Toi, le bourreau reste bien sur tes gardes ! Sois ton propre garde du corps, car une diablesse de jolie vampire aux dents longues pourrait bien te saigner aux quatre veines, une démone à la beauté infernale pourrait te brûler le cœur et te mettre le diable au corps !

Comme une petite nature, aux ardeurs du printemps d'aimer et fol de son corps, tu te perdrais alors corps et biens, le cœur éclaté comme un bourgeon.... Ce serait justice, si c'était enfin à ton tour, de tomber sur un joli bourreau qui t'offrirait contre mauvaise fortune, bon cœur !... 

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Égrillard ! 2/2

Publié le par modimodi

 

Eloignez vite les enfants,

Isolez l'premier communiant,

Après ce repas de sultan,

Il est temps d'être pétillant !

 

Place au champagne et french cancan !

Chantez grand-mère, l'zizipanpan !

On a r'trouvé les deux fragments

D'papy dans l'escalier roulant !

 

Plus d'dessèchement, de désespoir,

Viv' le cigar' de l'oncle Edouard

Qu'on peut astiquer tous les soirs,

Grâce à not' tonton égrillard.

 

En un après midi, un soir,

Il épuise le répertoire

De cent refrains de chants paillards

A rendre raide, dingue Abélard !

 

Oui ! C'est "en revenant d'la foire"

Qu'Frèr' Domino prend un panard,

Qu'tous les lascars, pendards, soudards

Y passent en revue dare-dare !

 

Il est grivois, il est paillard

Il fait rimer les étendards

Avec des rim' riches en dard :

"Soldat, prends tes douilles et ton quart !"

 

C'est un gaulois et un gaillard

Sa devise : baiser et boire !

"Si tu l'fais à la St Médard,

Tu l'feras quarant' jours plus tard !"

 

Moi, j'n'comprends pas tout ce qu'il dit

Mais j'vois bien que tout l'monde en rit.

C'est un coquin, un polisson !

J'voudrais sa r'cett' pour mes leçons !

 

J'apprends l'histoire à ma façon

J'ai déjà des dispositions :

"Napoléon monte en ballon

Avec sa femme et son cochon.

 

Son cochon pète, sa femme rouspète,

Napoléon joue d'la trompette !"

Mais j'ai une autre idée en tête

Peut-être, qu' "un jour, la p'tite Huguette..."

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Mortel ennui 3/3

Publié le par modimodi

 

Qui médite en son cœur ne connaît pas l'ennui ! Tout y est imprimé : les mystères de l'espérance, de l'amour et de la folie.

Heureux qui entend les paroles de l'appel intérieur ! Malheureux qui se rêve et se fait fugitif dans un temps immuable !

Qui se sent incertain est ainsi toujours promis au mortel ennui ! Oui ! La mort est inscrite au testament de la vie. 

Chacun est sûr de sa fin, perdu dans la chimère métaphysique de la fin des temps et l'aveugle espoir d'une vie meilleure. Dans la nuit eschatologique, l'homme qui marche dans les ténèbres aspire toujours à la lumière. Sa course est une course à l'étoile !

Moi, je sais que je suis jour après jour, précaire dans un temps immobile. Rien ne dure... Les idées s'éclipsent, les pensées se dispersent. L'esprit est volatile. Il court comme un amant volage le jupon, au vent fripon de la déraison. Il joue comme un parfum volage la fille de l'air et des sillages.

Personne ne peut y échapper. Ainsi la beauté n'est elle-même qu'une illusion éphémère. Il faut être solaire comme un tournesol pour se croire éternellement belle comme le jour qui luit.

Le balancier des jours fait contrepoids aux nuits. Du jour au lendemain, la journée s'étire dans un camaïeu de clair-obscur. L'existence fait pénitence, dans les cendres du passé. Chacun rêve d'en renaître mais le cœur peine à garder vivace la petite flamme intérieure. Les ténèbres masquent les rides, estompent les chagrins et tamisent les joies. A chaque jour suffit sa peine, à chaque nuit, sa part d'ombre au tableau des contre-jours.

Bien sûr, la vie est haute en couleurs, elle éclate dans un bouquet de fleurs de chair et de sang. L'amour n'est fécond que dans le don total de soi!  Dans cet élan vital, chacun est source, chacun est graine, chacun est racine et sève, chacun est la fleur et le fruit !

Le sommeil lui-même n'est pas un temps mort, mais un temps de vie. Il prend le voile pour draper nos rêves tandis que s'active notre cerveau. L’animation nocturne, plus ou moins consciente au réveil, influence les humeurs de la vie diurne que nos songes ont ajourées. L'esprit ressuscite la beauté de chaque heure rêvée comme le cœur garde la griffure de chaque jour sacrifié.

La pureté virginale, la chasteté mariale sont données aux candides de la foi. L'innocence de la vertu dans l'âme, l'idéal d'une immaculée conception sont laissés à l'homme dans la folle espérance d'engendrer un monde nouveau. Chercher et cheminer sur la voie dans l'exaltation de l'amour, vers la perfection des idées est la vocation de l'humanité. C'est aussi ta mission, toi, mon frère universel ! Dans le sommeil de ta conscience nitescente, la nuit en trace la trajectoire au milieu des comètes qui constellent tes pensées.

Si les saisons immuablement se succèdent, les nuits comme les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Quand à la nuit tombante, sonne l'heure du contre-temps, que nos quatre temps cessent de battre en plein milieu de la mesure, personne ne sait ni la date ni l'heure ultime où la réalité transcendera la peur...

Sera-ce, le jour ou bien la nuit que notre existence sera définitivement ajournée, faisant de nous, à tout jamais, des noctambules de l'infini ? Dans l'insondable éternité, le jour et la nuit, en temps d'arrêt, seront enfin confondus aux étoiles.

Homme, mon frère, au front fuyant, debout ! Relève-toi ! Il te faut lever la tête ! Marche le front haut à l'assaut du grand mystère !

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Histoire: en l'an 481... 2/2

Publié le par modimodi

Clovis adore les dieux.

Il est vaillant et preux

Mais pas question d'êtr' pieux,

D'prier à qui mieux mieux

Le Père qui est aux cieux !

 

Or, un jour de bataille,

V'la le succès qui se taille.

On ferraille, on s'entaille,

L'ennemi vous tenaille :

Débandade et pagaille.

 

On laisse, vaille que vaille,

Sur le champ ses entrailles.

La confiance défaille.

La chance bat de l'aile ;

La défaite s'ra cruelle.

 

Levant les yeux au ciel,

Clovis lance un appel

Au divin paternel !

"Donne-moi la victoire

J'me convertis ce soir !"

 

Le miracle est express.

Les vaincus, ad patres,

Il tiendra sa promesse :

Pénitence et confesse

Catéchisme et grand-messe !

 

Plus de Boogie-woogie,

Avant d'passer au lit !

Dans la foi affermi

Par l'évêque Rémi,

Clovis se convertit.

 

Récompense suprême:

A Reims, royal baptême !

Bien connu le barême :

Eau bénite, diadème

Double ration d'saint chrême.

 

La croix, nouvel emblème

Du nouveau star-system !

Clovis ému, tout blême

Tremble de tous ses membres

"Courbe-toi, fier Sicambre !"

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Élévation 1/2

Publié le par modimodi

Je l'affirme ce jour! Si l'amour offre des hauts et des bas, la passion est toujours au sommet.

Il n'y a pas de bas éloges, il n'y a que des louanges qui montent vers les anges dans les fumées d'encens. Même la joie la plus profonde vous soulève l’enthousiasme, vous enflamme la voix dans une montée d’alléluias. Dans la cathédrale, les chants de gloire résonnent dans les arcs, vibrent dans les pleins-cintres. L'existence est un hymne à la joie!

La passion est une polyphonie des sens. Les mélomanes de la tendresse ont une même ligne musicale pour unir et moduler leurs gammes en canon. L'intensité affective se développe en mouvements donnés lento, andantino, allegro, vivace et murmurés, mezzo voce puis crescendo. Chacun écrit dans la nuance la partition de ses délicatesses. Chaque partenaire donne le caractère et la douceur de son interprétation touchante et délicieuse.

La mélodie s'imprime sur les interlignes des corps qui vibrent en cadence. Les intervalles se réduisent sous les caresses pour être en consonance. Les arpèges s'épousent en harmonie pour atteindre l'accord parfait. Qu'importe les soupirs ou les syncopes, c'est l'amour qui se pâme et donne son récital symphonique dans l'auditorium de la chambre d'Euterpe!

Haut les cœurs! Les amants dans l'ivresse atteignent des sommets. Mêmes les amoureux grimpent ensemble au rideau. Tout noble sentiment vous pousse vers le haut. C'est un fait avéré!

Amer constat! Les déçus de l'amour qui ont le moral au plus bas n'étaient vraiment pas à la hauteur. Ils n'ont pas tenu dans la cour des grands, des grands sentiments et des grandeurs d'âme.

L'amour rend humble le plus hautain et élève les plus humbles. Celui-ci orgueilleux et superbe rampera devant elle, se traînera à ses pieds. Celui-là relèvera la tête pour compter les étoiles et contempler l'astre d'or qui tombe inespéré sur son cœur constellé.

La modestie des sentiments n'empêche pas le tourbillon des aspirations secrètes, la turbulence des élans profonds et la tornade des désirs intimes. L'amour valorise et n'humilie pas, il vous emporte tel une plume d'ange toujours plus haut, au firmament des amants. Sans besoin de piédestal, l'amour est élévation.

Aimer, c'est s'élancer vers les cimes. C'est se hisser en s'accordant et s'encordant pour faire gravir l'autre. C'est haut la main, sur la solide chaîne de haute fidélité qu'au quotidien, l'on passe brèches, défilés et ravins. C'est ensemble qu'on progresse et se hausse en altitude. Le temps s'enroule sur le cordage des jours et chaque fil tresse et torsade la chaîne de mille et une mailles de bonheur.

Il ne faut pas avoir peur du vide. Aimer, ce n'est pas s'y jeter, c'est se donner et s'abandonner en confiance. Aimer, c'est tout donner: l'ivresse du dépassement et l'idéal de l'absolu.

Pour demander la lune, il faut la viser. Pour la promettre et la décrocher, il faut partager la même hauteur de vues. Pour atteindre le cœur, il suffit d'une seule corde à son arc mais d'une montée en flèches.

L'amour se joue de l'air. Le regard qu'on lui porte ne manque jamais de perspectives. Il se présente à nos yeux éblouis en bouquets d'étincelles, en tremblants artifices entre monts et merveilles.

 

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Histoire: en l'an 481... 1/2

Publié le par modimodi

La Gaule et les Gaulois,

Les empereurs et les rois!

L'histoire ouvre la voie

Du passé, des exploits

De nos anciens François.

 

Adieu menhirs, dolmens,

L'pays est à la peine !

Domination romaine :

Quatr' cents ans dans les chaînes,

La joie en quarantaine !

 

Par delà les montagnes,

Venant de l'Allemagne

Sont nos libérateurs.

On appelle les Francs

Ces nouveaux occupants !

 

Mérovée et les siens,

Une band' de païens !

Sal' temps pour les chrétiens !

Mais l'espoir s'entretient,

Tout vient un jour à point !

 

L'histoire a son dessein.

Rendez-vous du destin :

Quat' cent quatre-vingt-un,

Bonheur mérovingien !

Le roi Clovis advint.

La francisque à la main.

 

Clotilde, qu'il fit reine,

Etait jeune et chrétienne.

Pieuse et forte en neuvaine,

C'est entre deux "je t'aime"

Qu'elle lui parl' du baptême !

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