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Grammaire Est-ce ma faute ? 6/9

Publié le par modimodi

 

Est-ce ma faute ?

 

Je résiste aux propositions,

Ou par nature ou par fonction,

Je suis plus dans la rébellion

Que dans la subordination !

 

En général, je suis raccord,

Sauf pour quelques fautes d'accord

Du verbe avec tous ses sujets.

Difficile d'être toujours fixé !

 

Féminin ou efféminé,

Au p'tit genre indéterminé,

Y'en a un ou y'en a plusieurs,

Je dois me décider sur l'heure !

 

Mettre des x, des os, des aux,

Plein d'chevals pour des chevaux !

Mais où sont passés les sceaux,

Et les seaux que tenaient les sots ?

 

Les termes, les sons, je les malaxe.

La graphie des mots me désaxe,

Les homophones me surtaxent.

Ça devient pire que la syntaxe !

 

J'n'fais pas l'âne pour avoir du son,

J'apprends comme j'peux mes leçons.

Mes deux oreilles sont en friction,

Finition et définitions !

 

Je déclam' ma récitation,

Je confonds bonbon et pompon.

Pourquoi sans une explication,

Mes bonnes actions m'valent expulsion ?

 

Pourquoi faut-il que je retrouve

Les poules du couvent qui couvent ?

J'suis pas un coq, dès les matines

Moi, je laiss' dormir les mutines !

 

Je fais des fautes, j'me tape la honte !

Pourquoi être content qu'ils comptent

Sur mes progrès en ortographe...

J'vais pas leur signer d'autograffes !

 

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Lettre de relance 1/2

Publié le par modimodi

Mon amie, je me dois de t'écrire cette lettre pour te mettre des petits points sur les i et raviver ta mémoire courte! Comme tu dois le penser, oui, je suis un superbe imbécile heureux!

Je ne te l'ai sans doute jamais dit mais tout petit déjà, je gazouillais et babillais de généreux et baveux petits gouzi-gouzi! Je redoublais d'enthousiasme. Tous mes bavoirs s'en souviennent. Soucieux de répondre d'avance à leurs attentes, j'ai même offert précocement, à mes bienheureux parents, mes premiers gentils mots d'hébreux : de magnifiques areuh-areuh !... répétés à l'infini !

Depuis, ma vie s'est déroulée dans la répétition des jours et des nuits mais étrangement aussi dans un éternel écho! Maudits areuh-areuh de bébé, bouche bée ! Car à l'école, à la maison, au quotidien, je suis encore et toujours affligé de psittacisme... Ah ! Ah ! Euh ! Euh ! Hihi ! Oh ! Oh ! et ce, depuis mes ba, be, bi, bo, bu ! Comme un bobo baba, je suis un chéri bibi! Je me répète, je bègue, je bafouille, je recommence !  Je fais tout au minimum, en double ! Comme si je ne faisais qu'un avec un autre moi-même ! Un sosot, un sosie, un jumeau, un bébête, un clone devenu clown !

Pourtant, exception faite de cette double contrainte, quand je t'ai rencontrée, je n'ai fait ni une ni deux pour te choisir en moins de deux ! Je m'en étonne encore aujourd'hui! Sans doute, était-ce ce deuxième souffle qui donne la deuxième chance à l'amour !...

Tu t'en souviens encore, je l'espère ! En effet, complètement baba, je ne m'y suis pas repris à deux fois pour te déclarer, mon trouble et ma passion naissante ! Mon Dieu ! Comme je suis amoureux ! Oui ! Toi, tu es belle comme deux étoiles jumelles, comme si Vénus subitement rencontrait Aphrodite ! L'amour chante à mon oreille le frou-frou des étoiles !

Toi, tu es belle et si belle que je ne me le fais pas dire deux fois, je ne tarde d'ailleurs pas à t'appeler ma moitié ! Je redouble de tendresse et toi, d'émois ! Je bêle de plus belle ! Mais... Tu es tellement deux fois belle, que de belle, à la longue, tu deviens ma rebelle ! Au fil du temps, tu prends un petit air doucereux. Oh ! Malheur ! Tu as l'air d'en avoir deux ! Tu me houspilles et ne m'adresses de proche en proche que rebuffades et reproches !

A la longue, j'en ai assez de tes doubles et triples rations de rébellions et d'humiliations. Je regrette amèrement notre petite vie à deux... Sans cesse, tes refus fusent, je m'y refuse! Oh ! C'en est trop! Je reprends tout, mes esprits, ma parole et mes mots d'amour. 

Ok ! Ok ! Tu en conviens également, on se rejette! Puis un court instant, on se ravise. Et tandis que j'hésite plutôt deux fois qu'une, tu me devances, tu te lasses la première et tu me rends enfin ma très chère liberté ! A deux, bye bye ! On se fait la paire !

Mais aujourd'hui, alors que nous voilà séparés, tu me relances. Tu voudrais me revoir. Tu me l'as fait savoir ! Tu espères des miracles, tu me fais ta cour, une cour d'appels assidus. Tu m'as de nombreuses fois smsé, mailé et même écrit une longue lettre. Je te réponds donc ! Tu agis, je réagis.

A quoi bon ! Pourquoi, faudrait-il répéter ce que nous avons partagé ? Tu me parles d'une seconde chance ! Je te révère peut-être encore mais rappelle-toi que c'est ensemble, que nous avons tiré notre révérence. Pourquoi vouloir réaccorder ce que nous avons désaccordé d'un commun accord de nos discordances ?

Pourquoi ? Rien n'a vraiment changé ! Je ne peux que réitérer mes faiblesses, ressortir mes arguties et reproduire les mêmes travers de mon amour velléitaire ! Sans pouvoir l'expliquer, je recommence à dupliquer mes maladresses d'approche, tu ne voudrais pas être à nouveau froissée et décalquée ? 

Entre accords et désaccords, mon défaut se répète encore comme notre amour autrefois prenait plaisir à répéter, encore et encore ses doux défauts, en écho de nos corps-à-corps ! Tu étais mon ylang-ylang, tu mérites d'autres fleurs que celles de ma rhétorique !

Et puis, pourquoi me relancer après m'avoir lancé tant de critiques, de réprobations au milieu de tes cris de haine ! Pourquoi me faire revenir alors que même ma tête ne te revenait déjà plus et que nos désirs avaient perdu, ce petit goût de "revenez-y !" J'en ai soupé de toi et de tes aigreurs. Il n'y a pas de retour au menu. La table de l'amour est desservie.

Tu le sais, c'est bon gré mal gré, qu'à toi, j'ai dû renoncer. A rebours de notre bonheur, à présent, j'ai désintégré l'ensemble de mes regrets ! Je ne peux pas réassembler les morceaux mal ajustés de notre couple. Je me suis détaché. Il y a trop de pièces manquantes.

Tu m'en as trop fait voir, tu ne m'as pas gardé. A mon tour, je ne veux plus ni te revoir ni te regarder. Que ferions-nous à nouveau ensemble ? Sont-ce mes bégaiements ou mes coquins tâtonnements qui te manquent à ce point ?

En vieillissant, les défauts s'exacerbent et se renforcent. A présent, je suis pire qu'hier. Comme un homme averti en vaut deux, pour toi, je me mettrais en quatre, c'est-à-dire que j'accentuerais quatre fois plus mes désavantages. Alors, je te ferais peur et tu n'irais pas par quatre chemins pour déguerpir une nouvelle fois, quatre-à-quatre.

"Je te le reredis, je n'irai pas plus loin !" A Vesoul ou à Paris, plus de valse musette ou bien d'accordéon, plus de flonflons et plus de joie, je suis un rabat-joie ! Un nul ! Un blaireau ! Une brêle ! Cours ! Cours ! N'attends ni secours ni recours !

D'ailleurs écoute ! N'entends-tu pas déjà dans les couloirs de la nuit d'oubli, les cris répétés en échos binaires par ton revenant : Ouh ! Ouh ! ... Ouh ! Ouh !

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Célébrités

Publié le par modimodi

Pénélope: Une fille de la nuit, dont l'amour filait du mauvais coton.

Ohm: Ce physicien survolté ne résista pas au désir d'être tenu au courant.

L'évêque Cauchon a t'il dit à Jeanne d'Arc: "Je te cuisine d'abord et si tu n'es pas crue, tu seras cuite!"

Proust: Wanted! Il perdit son temps à écrire à l'ombre des jeunes filles en fleurs, en rêvant de tremper sa madeleine! L'amour était-il sa tasse de thé?

Tom Pouce: C'est paraît-il en mangeant sur le pouce, un jour qu'il était pressé, qu'il s'en mordit les doigts.

Pétain: Né à Verdun, mort à Vichy, sans Célestins, y'a de l'eau dans le gaz!

Adam: A en croire la bible, son ange gardien n'était pas garde-côte mais un dégourdi de la onzième!

Ovide: Caméléon de l'art d'aimer, ce poète découvrit que le vers est dans le fruit défendu.

Pâris: Une passion capitale qui s'accentua pour Hélène.

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Hypocrite 1/4

Publié le par modimodi

Le beau vase de tante Anna

Est fracassé en mille éclats.

Oh ! Non, bien sûr ce n'est pas toi !

C'est d'la faute de ce sal' chat

Qui a sauté, le maladroit

Sur la mouch' qui passait par là !

 

Tu le jur' sur la croix de bois

Sur ta foi, il faut qu'on te croie!

C'est jamais toi, t'étais pas là.

Tu l'affirmes d'un air benoît !

T'as du toupet et du sang froid

On peut se fier à ton minois !

 

T'as d'la confitur' plein les doigts

Mais tu n'sais vraiment pas pourquoi.

T'as pas d'pot, tu n'en reviens pas !

Te voilà en plein désarroi

Car t'as horreur des fruits des bois,

Tu n'aimes que le chocolat

Mais y'a même' plus de Nutella !

 

D'un pied sur l'autre, tu te trémousses,

Et pour un rien, tu te courrouces.

Mais com' tu fais tes coups en douce,

Y'a jamais rien qui t'éclabousse !

Non ! Y'a pas d' porc dans le couscous

Allô tonton, pourquoi tu tousses ?

 

Tu ne r'gard's pas dans l'blanc des yeux,

Tu es fuyant, tu es peureux.

Ton témoignage n'est pas douteux,

Pas du tout ! Tu jur's tes grands dieux,

Sur la têt' de tous tes aïeux...

Il y'a bien d'la fumée sans feu !

 

Tu es rusé, tu es matois,

Le loup ne sort pas de son bois,

Il te surveille, en tapinois.

Tu as trouvé un vrai emploi : 

A la porte, tu fais le Judas !

Tu cach's ton jeu, tu es sournois.

Tu emploies la langue de bois !

Elle est chargée comme un putois !

 

Tu veux éviter les faux pas,

Alors tu marches de guingois,

Tu te dérobes ou tu louvoies !

De cachotteries en chattemites,

Tu t'comportes comme un jésuite,

Fair' semblant est devenu un rite.

Tu n'es qu'un vilain hypocrite !

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Funambule

Publié le par modimodi

Il est des avis qui sont tenaces et contradictoires. Ainsi en est-il de ces deux expressions opposées : "Le ridicule tue." ou "Le ridicule ne tue pas."

Qui a raison ?... Au premier degré, celui dont on se moque, celui qui prête à rire et qui n'est plus pris au sérieux est traité de ridicule. Dans ce monde des apparences, iI est socialement mort avant même de mourir de sa belle ou méchante mort.

Par contre, celui qui a de l'humour vis à vis de lui-même, qui reconnaît que bien des fois, il se retrouve gauche, emprunté ou risible, celui-là sait que le ridicule n'est pas mortel. La preuve vivante, c'est qu'il y a survécu... C'est que moi-même, j'y survis !

Que devrions-nous craindre, alors ? Le regard de l'autre ou notre propre sensation ?... Si la vie est une grande scène de théâtre où chacun joue avec plus ou moins de talent la comédie, alors oui, notre personnage peut apparaître grotesque et clownesque ou émouvant et pathétique ! Soit il tient son rôle en forçant le trait, soit il incarne la vérité du sentiment, l'instantanéité du moment, la fragilité de l'émotion ! En cette alternative, ma plume hésite toujours !

Etre un bouffon ou un acteur authentique, quel choix ! Il n'est pas besoin d'exagérer, parfois le naturel suffit... De toutes façons, c'est d'abord le jugement de l'autre qui vous rend génial ou ridicule. Vous pouvez par votre attitude, pressentir voire même induire une appréciation générale, un point de vue d'ensemble. Mais son vrai degré de pertinence vous échappe. Car l'impression que vous laissez à votre observateur se module en fonction de son éducation, de sa culture, de ses mœurs et même de la mode du moment! Ainsi en est-il du rapport écrivain, lecteur !

Moi, je suis au bord du vide des idées et ma plume hésite et vacille au bord du précipice de l'encrier. Je ne tiens pas sur le fil de ma plume rasoir. Pauvre funambule, je chancelle devant le lecteur qui parfois me balance ! Je peux travailler sans un filet, ma bêtise me les tend. La preuve, immédiatement sur la piste aux étoiles ! ...

C'est ainsi! Une maladresse de langage peut vous jouer un mauvais tour et rendre comique ce qui se voulait sérieux ou pathétique ! Une mauvaise tournure de phrase peut vous jouer un mauvais tour, rendre affecté votre style et empêtrer votre bête expression au point de faire "tourner le dos au cercle de vos admirateurs !" CQFD !. ...

- "Holà ! Holà ! Je vous arrête ! Monsieur l'accroc-bath écrivain, quelle est cette figure : "faire tourner le dos au cercle..." - "Et bien, ce n'est rien que la preuve d'un nouvel et bel exemple du ridicule consommé et assumé par votre serviteur, ce grand guignol de la plume au chapeau!..."

D'ailleurs, je suis tellement conscient de mes défauts d'écriture, de mes fausses perles que j'ai créé pour me dédouaner une piètre rubrique, intitulée:  "sans queue ni tête !" Avec l'espoir que le ridicule ne me tue pas, je vous y offre allègrement, balivernes et calembredaines !

Je renouvelle ainsi les inepties syntaxiques du galantin bourgeois gentilhomme. J'abuse d'inélégantes turlupinades sous forme de "mystères et boules de comme". Je suis prétentieux comme Trissotin. Je suis parodique. Vous pourriez me mettre en boîte, j'en surgirais encore comme un diablotin !

Et pourtant comme le ridicule ne tue pas, en toute invraisemblance, certains m'apprécient encore... Mon ridicule, mon sac de nœuds et le saugrenu de mes élucubrations sont parfois récompensés... Sans doute à ma juste valeur ! Comme on ne prête qu'aux riches, moi, je prête donc à rire et j'ai une vraie richesse de fond, celle de mes illusions, pas toujours comiques ! Vous pouvez donc bâiller, ô Corneille !

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Laisse tomber ! 1/3

Publié le par modimodi

Je n'aurais jamais dû te dire,

Dépité, entre deux soupirs :

Allez ! C'est bon, laisse tomber !

Tu m'as pris au premier degré,

Aussitôt, tu t'es dérobée,

J't'ai perdue, tu t'es éclipsée !

 

Mais j'parlais pas d'moi, ma beauté !

Tu n'devais pas m'abandonner !

Je n'devais pas me fracasser,

M'entailler, me recroqueviller,

Cœur en miettes, éparpillé, 

En mille morceaux à ramasser !

 

J'n'veux pas d'amour en pointillé !

Tout avait si bien commencé...

Nous allions au même lycée.

Main dans la mienne, yeux renversés,

Contre toi, je m'étais pressé,

Je sentais ton cœur s'emballer.

 

J'n'cherchais pas à t'embrasser,

Tu t'étais laissée enlacer.

Douces caresses esquissées,

Doigts polissons, jupe plissée,

Tu les avais laissé glisser

Com' le serpent du caducée !

 

Tu ne m'as pas dit de cesser.

Tu ne m'as jamais repoussé,

Je m'suis montré plus empressé !

Dans un rêve, comme un insensé

"Je t'aime !", avais-je prononcé,

D'une voix blanche, bouleversé !

 

J'ai été de suite, exaucé.

Dans mes bras, tu t'es enchâssée.

Quand nous nous sommes embrassés,

L'amour en nous s'est condensé. 

J'étais embrasé, transpercé,

Tu rayonnais en mes pensées.

 

Je ne pouvais plus échapper

A ton cœur, la cage dorée

Où tu m'avais cadenassé.

Oh ! Je n'm'étais pas fait prier

Quand tu m'avais fait jurer

De t'aimer pour l'éternité.

 

Pourquoi veux-tu te libérer ?

Pourquoi voudrais-tu me quitter ?

A quoi bon vouloir t'envoler ?

Tu es déjà auréolée.

L'amour à ton front a posé

Sa couronn' de ciel étoilé.

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Éloquence 3/3

Publié le par modimodi

J'aurais tant voulu être un grand orateur !... J'ai toujours en illustre référence Cicéron mais surtout Démosthène, le plus célèbre des orateurs athéniens ! Quel fabuleux destin d'un homme que rien ne prédestinait à l'éloquence. Il était chétif et bègue de naissance avec une sérieuse déficience de l'élocution.

Il bafouillait et zézayait, il était agité et nerveux, sa diction était hachée. Pourtant, il est devenu l'ardent défenseur, l'apologiste de la démocratie ! Quel courage ! Quelle abnégation pour y parvenir !

Travailleur acharné, il s'impose une discipline de forçat. Il s'enferme en solitaire dans une salle d'études souterraine, dans un "gueuloir" comme disait G. Flaubert où pendant plusieurs mois, il s'entraîne à la déclamation.

Il corrige son bégaiement et améliore sa prononciation en récitant des tirades avec des petits cailloux dans la bouche. Pour fortifier son souffle, il les déclame en gravissant à la course des côtes successives ! Moi, je l'ai imité ! J'ai couru à perdre haleine et je cours encore... En vain ! L'Olympe est inatteignable. Faute de lauriers, ce sont les nuages qui s'enroulent autour de ma tête.

J'ai beau m'entraîner, multiplier les exercices de style ou de diction, je n'ai obtenu de vous souvent, qu'inspiration brève et souffle coupé ! J'ai bien cherché à en reprendre un second mais le charme aussi s'était rompu. L'inspiration en herbe avait été fauchée sous les pieds de l'éloquent poète !

Finalement, avec tous les cailloux qui ont écorché mes pas dans ma traversée du désert, je ne pouvais être qu'un piteux déclamateur, échoué sur le sable graveleux. Ma réputation ne pouvait pas y être solidement bâtie. Quand j'ai tenté d'alimenter mon style au lance-pierres, je me suis humblement penché vers vous et je les ai ramassées. Je les pensais toutes, pierres blanches ! Alors, je les ai jetées au vent et semées comme autant d'idées neuves.

Elles n'étaient hélas que de mauvaises pierres tranchantes et concassées au bagne de Sisyphe ! Alors, d'aucuns ont eu vite fait de dire que mon style était lapidaire, que je n'offrais que des éclats. Je suis donc resté succinct et laconique, battant le pavé noir des scrupules disjoints par tant de désillusions.

Qu'en dire de plus ?... Rien ! Hormis me consoler en m'imaginant qu'avec toutes celles que vous avez jetées dans mon jardin des lettres, j'aurais peut-être pu moi aussi devenir, pierre à pierre, un grand orateur, solide comme un roc ! Oh ! Par St Jean Chrysostome, j'aurais tant voulu parler d'or et ciseler mes discours. Mais j'ai gardé mes mots et ma déception enfoncés dans ma gorge! Je suis devenu aphone !

Heureux Démosthène! Il était inhibé, le voilà qu'il enflamme son auditoire tout acquis à sa noble cause, celle de la défense du peuple athénien ! Il le fait avec l'intelligence et la persuasion de la force de frappe de ses propositions. Moi, je connais le pouvoir des mots et j'exhibe mon talent scripturaire. Mais faute d'être oratoire, je ne peux jamais vous faire entendre ma voix, même pas celle de la Raison!

Sur les réseaux sociaux où je publie, vous ne pouvez m'entendre. Nous ne pouvons débattre, ni discuter ni disputer vraiment. Il n'y a que moi qui me débats comme un beau diable dans des dialogues imaginaires et impossibles. Mon bagou n'a pas d'écho, ma faconde est virtuelle comme vos éloges inventés. Vous pouvez être sourd, je suis sans son !... Je m'insupporte avant de vous être insupportable, je me lasse avant de vous lasser. Je me trouve ennuyeux !

Dans ce silence assourdissant, mon argumentation manquera toujours de ma conviction, ma dialectique souffrira de l'absence de mes nuances d'intonation, de l'accentuation de mes idées. Oh oui ! Il me faudrait en plus d'être entendu, être vu ! La harangue a besoin de spectacle. L'orateur est un tribun qui sait se mettre en scène.

Votre cinéma que vous croyez parlant ne m'offre qu'un cinéma muet ! J'ai besoin de vos expressions et de vos affects ! ... Mais je ne vois rien, je n'entends rien, je ne sens rien ! Pas un bruit, un souffle même pas un silence parfumé d'un lecteur, d'un bel inconnu !...

Pourtant, je sais bien que vous êtes tous volubiles sur le Net. Mais vous préférez les futilités et la tchatche, la queue du chat et les queues de poire !... Hélas ! Moi, je n'ai qu'à vous offrir mes écrits et mes manques à la queue leu leu ! Alors, dites-moi, ce silence échangé au hasard, dispersé dans le vent et l'espace, est-ce là, la forme sublimée de l'éloquence ?

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Grammaire Mais, ou, et, donc, or, ni, car ? 5/9

Publié le par modimodi

Mais, ou, et, donc, or, ni, car ?

 

Chaque élément est à sa place !

Pas un petit mot qui n'dépasse.

L'adverbe est là, invariable

Il se tient sage, comme une image.

 

Mots et groupes de mots, en ment,

Ne m'donn' pas de tourment, maman !

Pas de manière, de temps, de lieu

Ils vont tous à la queue leu leu !

 

Pour faire la circulation,

Je fais très bien la distinction

Entre tout's les prépositions,

Ces belles, préposées à l'union.

 

Ah ! Les petites liaisons,

Les sept discrètes conjonctions

Dit' de coordination,

Bien loin des juxtapositions !

 

Sur ma chaise, j'ai pris position,

Je concentre mon attention

Pour écouter le maître expert.

Je ne regarde jamais derrière.

 

Quand j'écris au petit hasard,

Qu'mes résultats sont en pétard,

J'efface mes boulettes au buvard 

Pour reprendre un nouveau départ.

 

Je n'échange plus un seul regard

Je me reconcentre sans retard

Afin d'coordonner dare-dare

Mais, ou, et, donc, or, ni, car.

 

"Peut-être bien au septième ciel !"

Gémit un vieux circonstanciel !

Oh ! Comment, où, quand et pourquoi,

C'est encore à moi, qu'ça échoit ?

 

N'avais-je donc pas d'autre choix,

Pour quel but, quel moyen sournois ?

Parce que je suis maladroit ?

Que mes mots n'sont pas à l'endroit ?

 

Que j'confonds souvent et parfois ?

Qu'j'ai pas la manière, ma foi,

Qu'j'ai tous mes accords de guingois,

Qu'on m'traite de chinois, d'iroquois ?

 

J'n'ai pas de veine, je fn'ais pas l'poids,

J'apprends tout sur le bout des doigts,

Mais j'ai les méninges à l'étroit,

Comme des flèches au carquois !

 

Je suis un ballot, je n'décoche pas !

Il peut s'marrer Robin des bois !

Au chant du coq, seul sur mon toit,

Y'a qu'le verbe qui donne de la voix !

 

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Boules de comme

Publié le par modimodi

La femme, c'est comme l'étiquette, du décor, homme! Du protocole à la colle, on s'y attache sans retenue!

La mort, c'est comme la lance de l'amour, son fer vous frappe en plein cœur!

La vie, c'est comme un onguent, elle vous passe la pommade jusqu'à l'extrême onction.

L'homme, c'est comme le tabac, du chiqué ou à rouler!

L'amour, c'est comme l'apparition, un miracle pour les jeunes filles encore vierges.

La mort, c'est comme la roulette: " Rien ne va plus, faites vos jeux ", dit le faux-jeton!

Le sexe, c'est comme le fruit: cueilli, pelé, mordu, il peut vous mettre à l'amande et vous réserver des pépins!

La vie, c'est comme le train, si on ne prend pas la bonne voie, on s'égare! On patiente parfois sur une voie de garage et l'on déraille quand on n'est pas ferré. Au final, on est tous des chefs de gare!

L'amour, c'est comme les impôts, il ne suffit pas de connaître le barème. Pour s'en payer une bonne tranche, il faut sauter!

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Ringard 2/2

Publié le par modimodi

 

Tous tes espoirs sont en jachère,

Ton mot préféré, c'est hier !

T'es en super-régime, croisière !

Tu t'es acheté un Land Cruiser,

Un modèl' révolutionnaire,

Une march' avant, cinq march' arrière !

Tu frein's plus que tu n'accélères !

 

Pas question d'être à bout de nerfs

Ou de se montrer téméraire,

Si on veut passer ses hivers

Avec sa jolie routinière !

 

T'es pas dans l'anticipation

Plutôt en rétro-réaction.

T'es pas connecté en 4 G,

Tu n'vois pas le monde en 3 D,

T'as des vinyles, pas des CD !

 

T'as suivi l'dernier procédé

Qui donn' de la suite aux idées...

Et y'a... 30 ans, que t'es fixé !

Tu n'as pas vu le train passer.

On dit que t'es un retardé,

Que tu t'es laissé déborder !

 

Non ! Pas question de galvauder !

On ne va pas tout bazarder

Tant qu'on peut l'raccomoder !

A quoi servent les inventions,

Ces conneries d'innovations,

Pour une espèce en extinction ?

 

Toi, t'es pour la conservation

Des bonn's manières et traditions !

Absent aux inaugurations,

Aux premières, aux retransmissions,

Tu n'aimes pas les créations !

 

Rien qu'le mot de concours Lépine,

Ça t'effraie et tu te débines !

Tu passes pour un démodé :

En patt's d'eph, en pull tricoté

T'as le look du soixante-huitard ;

Tu fais tarte, dans ton blouson noir !

 

T'as été révolutionnaire

Mais y'a trente ans et des poussières !

Plus question de faire des projets.

Tu parais avoir renoncé

Avant mêm' d'avoir commencé !

 

Tu vis au présent, dans l'passé,

D'avance, on te dit attardé !

T'es un pâlot, décoloré,

Mais t'as un'chance inespérée

Car c'est la mode du délavé !

 

T'es poussiéreux et dépassé,

Tu passes pour un arriéré,

Un ignorant dégénéré,

Un gros naze ! Oh ! Miserere !

 

Mais à tous ces bachi-bouzouks

Qui t'ont étiqueté de gros plouc,

Toi, tu réponds du tac au tac,

Qu'y'a pas besoin d'être réac

Pour être un lion du zodiaque !

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