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Citrons pressés

Publié le par modimodi

Ô ma jolie Suzon,

Savez-vous ma passion

Pour ce ce jeu polisson,

Qu'on appelle : presse-citrons ?

 

J'suis un vrai patachon,

J'aime faire l'histrion.

Je suis sans prétention,

J'ai l'esprit d'garnison.

 

Je joue au"court bouillon"

Au "monte-bourrichon"

A"retrousse jupons",

"Croque-moi le lardon !"

 

Quand je vois sous l'nylon,

La fierté du balcon, 

Cett' gorge de pigeon

Et vos deux p'tits pinsons,

 

Je veux en toutes saisons,

Et rien qu'à ma façon,

Pratiquer pour de bon,

Le jeu du "presse-citrons"

 

J'suis en adoration

Pour les fleurs en boutons

De vos deux p'tits mamelons.

Je trémousse du menton !

 

Je brouille ma vision

Quand j'vois à l'unisson,

Rouler vos deux brugnons,

Pointer les p'tits oignons !

 

Dansez petits bichons,

Valsez petits fripons,

J'suis déjà rubicond,

Et j'tombe en pâmoison !

 

Les désirs au bourgeon,

J'ai le feu au brandon,

Je frétille du gardon,

Je glousse comme un dindon !

 

J'ai des démangeaisons,

J'veux goûter aux melons,

Aux p'tits potimarrons,

Aux fruits d'ces beaux nichons !

 

Je veux à pleins petons,

Presser vos doux citrons, 

Laisser sur mon menton,

Couler l'jus, tout du long !

 

Pas d'flèches de Cupidon !

Pas de faridondon !

Pas d' flafla, pas d'fonflon !

J'ai pour vous le pompon !

 

Vous êtes ma Manon,

Des sources et des frissons,

Vous êtes le renom

D'la cité des citrons !

 

Aux plaisirs toujours prompt,

J'veux vos blancs calissons,

Suçoter les bonbons,

Croquer vos macarons !

 

En gourmet, en glouton,

Je veux sans précaution,

Je veux sans condition,

Vous aimer à tâtons !

 

Sous les ardents rayons

Des ciels bleus, sans mouton,

Soyons en communion

Aux chants des alcyons !

 

Oh ! Ma mimi, pinçons,

Ces beaux coquins citrons !

Suzon, sus aux suçons !

Oui ! j'en fais profession !

 

Vous êtes ma vibration,

Vous êtes l'inspiration 

Pour l'poète de Menton 

Qui se presse le citron !

 

Tendre sublimation,

Folle vénération,

Coupe des libations 

D'la cité des citrons !

 

Grâces en suspension,

Soleil de ma passion,

Ô douceur de Menton

Dans l'azur bleu-citron !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Au doigt et à l’œil

Publié le par modimodi

Mon petit trèfle à quatre feuilles,

En deux œillades, quatre clins d’œil,

Tu as su me taper dans l’œil,

Mettre mon cœur en portefeuille !

 

Avec tous mes sens en émoi,

Des coups de chaud et plus d’sang-froid,

A genoux et les bras en croix,

Je t'ai promis la bague au doigt !

 

Ce que n'm’a pas dit mon p'tit doigt,

C'est que le loup était dans l'bois,

Et qu'une fois franchi le seuil,

Je march'rai au doigt et à l’œil !

 

J’n’ai pas l'temps d'demander ta main,

Tu m'as aussitôt pris en mains !

A l'école, ma belle maîtresse,

Plus aucun temps pour la paresse.

 

J'apprends à t'aimer feuille à feuille.

Sur ton love book, je me recueille.

Tu as l’parfum des chèvrefeuilles

Et tu me fais tourner de l’œil.

 

Mais quand j'ai voulu qu'tu t'effeuilles,

J'ai reçu pour tout bon accueil,

Dent pour dent et œil pour œil,

La giroflée de tes cinq feuilles !

 

Eros narquois est aux abois,

Il fait sortir le loup du bois

Et m’donn' l'amour à contre-emploi !

Épines aux roses, griffes aux doigts !

 

J’suis paralysé devant toi,

Je n'ose plus bouger l'p'tit doigt !

A tes pieds, comme un chihuahua,

Je voudrais sauter dans tes bras !

 

De mes petits yeux langoureux,

Je t'adore en battant d'la queue !

Ah ! T'bibiser de haut en bas,

Je m'en lèche d'avance, les doigts !

 

Je te fais mes grands yeux, si doux.

Mais je n'avais plus, je l'avoue,

Les deux yeux en face des trous

J’ai perdu la vue sur le coup !

 

J'ai filé droit comme un toutou,

Sans voir l'ombre de tes froufrous,

Sans la soie d'un de tes dessous !

J’ai dû garder tous mes bisous !

 

Pour autant, j’n’étais pas battu !

J'étais mordicus, résolu.

Je frissonnais, tout éperdu,

Je n’avais plus de retenue.

 

Oh ! Je voulais l’manger tout cru,

Ce trop tentant fruit défendu !

Mais tu n'en as pas démordu

Et c'est tous mes doigts, qu'j'ai mordus !

 

Mon trèfle, ma bête à bon dieu,

Je joins les doigts, lève les yeux,

Je fais la neuvaine aux cents vœux

Pour n’avoir pas à t'dire : adieu !

 

 

Je suis si pieux, béni des dieux,

Qu'avec toi, j'vais toucher les cieux !

Des pluies d'étoiles, au fond des yeux,

Éblouis-moi ! Sauve-qui-peut !

 

J'serai ton toutou sur la carpette.

Tu m'en jetteras plein les mirettes,

J'pourrai t'aimer à l'aveuglette.

Oui ! Je te trouve vraiment chouette !

 

Mais le temps n’est plus à la fête !

Finies les belles galipettes,

Moins d’amour, plus que des miettes

Je sens que j'passe aux oubliettes !

 

Y'en a plus que pour ta binette !

Trop occupée par tes frisettes,

Par tes caprices de jeune coquette,

V'là qu'tu n'aim's plus mes yeux noisette.

 

Tu me reproches mes croquettes,

Mes nœuds-nœuds roses, mes houppettes,

Les bains moussants pour ma toilette

Qui te coûtent les yeux de la tête !

 

Toi, tu me détestes, à vue d’œil !

L'amour n'est plus qu'un tape-à-l’œil !

J’avais bon pied, j’avais bon œil,

Désormais, tu me tiens à l’œil !

 

J'n'avais pas vu l'compas dans l’œil !

Enfoncé bien droit, jusqu'au coude !

J'n'ai plus d'honneur, rien qu'un baroud

Et pour un comble, c'est toi qui m'boudes !

 

L'amour n'était qu'un trompe-l’œil.

J’n’ai pas dû donner l’bon coup d’œil !

J'devais avoir l'alarme à l’œil

Et me méfier du mauvais œil !

 

N’joue pas ta marquis' de Merteuil,

N’fais pas ta poulard' demi-deuil !

Non ! Je ne vais pas fermer l’œil

Pour faire le mort dans ce cercueil !

 

Notre union a bien trop d’écueils !

Tu m'as mis les bois du chevreuil.

Je peux ravaler mon orgueil,

De ton amour porter le deuil !

 

Mon petit trèfle à quatre feuilles,

Tu m'as mis le cœur en mille-feuille !

Notre rose, peu à peu s'effeuille

Se ride et fane comme un cerfeuil !

 

Mon cœur n'est plus qu'une déroute !

Ton amour se donne au compte-gouttes

Malheureusement, je n'y vois goutte

Et c’est bien ça qui me dégoûte !

 

A un petit doigt près, d’ailleurs,

Notre passion était majeure !

Il ne lui rest' qu'un doigt d'honneur,

Dressé au ciel, en cris vengeurs !

 

Faut-il y voir le doigt de Dieu

Qui nous met à l'index, aux cieux,

Roulant devant nous ses gros yeux,

En nous fixant dans l'blanc des yeux ?

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Bretelles et ceinture

Publié le par modimodi

Pour être heureux, vite aux abris !

Évitons les intempéries !

Notre amour doit garder le nid.

Pas d’prises de bec, que des cui-cui !

 

Pour sans crainte le préserver

J'te fais d'mon corps, un bouclier !

Prudence est mère de sûreté,

Pas d'épingle ! Elle est bien bouclée,

La ceinture de sécurité.

 

Tu n’as qu’un désir à l’esprit :

Ta tranquillité à tout prix !

Tu m'exiges des garanties,

Des assurances, sans souci :

Du tout risque, sans brouillamini.

 

Pas d'pépins, ni de parapluie !

Nous n'vivrons pas en Normandie

Sous un ciel Lacryma Christi !

Faut du grand bleu au ciel de lit,

Des preuves de tendresse infinie !

 

Cupidon n'est pas un Brutus

Qui fait des promesses au roi d'Prusse !

Aux accrochages, toi, tu dis : « Sus ! »

Les anicroches : « Au terminus ! »

Tu fais droit d'habeas corpus.

 

Tu m’l’as imposé mordicus :

Pas de malus !  Que du bonus

Pour avoir droit à ton quitus !

Ou je peux t'apporter des gages

Ou sans hésiter, tu m'dégages !

 

Pour me bloquer en cas d’tangage,

J'ai besoin d'un solide ancrage.

J'ai renforcé mon arrimage

Avec bretelles au bastingage

Et une ceinture en gros cordages.

 

Je suis au bord du dérapage,

Je suis à deux doigts du naufrage.

Pour ne pas risquer le largage,

Pour éviter le décrochage,

Je me raccroche au bastingage.

 

Tu l’as écrit en bas de page :

Pas le plus petit badinage,

Pas de regard dans les corsages,

Pas le moindre marivaudage.

Au moindre doute, tonne l'orage.

 

J'ai droit à ton grand déballage :

Lessivage, rinçage, essorage !

Stop ! Promis ! Je serai bien sage

Et j'aurai droit à tes images,

D'oiseaux libres mais pas volages !

 

Pour éviter les p'tites cassures,

Je dois t'rassurer, à coup sûr !

Pas de faux pas, ni d'aventures !

Pas de doigts dans la confiture !

Impec sur toutes les coutures !

 

Pas d'écarts et pas de faux pas,

Pas de coup d'canif dans le contrat

Ou j'passe de vie à trépas

Et je me retrouv' dans d'beaux draps

Comme une momie pour l'au-delà !

 

Jurer allégeance, sous serment,

C'est l'devoir de tous les amants.

Celui qui aime, faut qu’il le jure,

A cors et à cris, à murmures !

"Pour la vie, oui, je te l'assure !"

 

Pas de doutes, pas de clair-obscur !

Toi et moi, dansons sous l'azur,

Sans risquer la moindre foulure.

Pas de coups et pas de blessures,

Pas un seul défaut dans l'armure ! 

 

L'amour n'est pas une torture

Il n’y'a pas de tourment qui dure !

Ma foi en toi est pure et dure !

Pas d'intempérie, ni froidure,

La passion est sous couverture ! 

 

Tu m'as donné la procédure :

Du certifié sous signature,

Sans un pâté et sans rature !

Pour qu’la fidélité perdure,

Tu exiges, bretelles et ceinture !

 

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