Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Articles avec #proverbes tag

Lettre aux volubiles et aux baratineurs : Parler pour ne rien dire 3/3

Publié le par modimodi

Les mots du cœur et du corps

Ceux qui ont la langue bien pendue, ne savent pas assez la garder dans la poche... Le drame du volubile, c'est qu'il parle et débite ses propos intéressants ou ses fadaises sur le même mode. Il croit naïvement être entendu. Mais souvent l'autre reste sourd et lui sourit complaisamment en pensant : "Cause toujours, tu m'intéresses !"

Le chameau qui déblatère ne donne pas envie de prendre langue avec lui ! Inutile d'en baver davantage ! faites comme moi, avec un lèche-babine, moi, vite je m'débine ! Car le bavardage finit toujours par lasser l'auditoire. En effet, celui qui ne dit mot, ne consent pas toujours à vous écouter. Il ne faut converser qu'avec celui qui veut vous entendre ou parler... à votre bonnet !

Qui comprendra, ceux qui lassés de parler à leur miroir, à leur page blanche, à leur tablette graphique, au ciel toujours vide et muet font, en total espoir de cause, de la parlote ininterrompue ? Dans un ailleurs, en apartés, avec les ombres, avec les mouches, avec les muses ... le front collé aux vitres, en dialogue avec le silence... Alors surtout, quand vous les croisez, n'allez pas penser qu'ils divaguent, réduits aux errances d'idées sans queue ni tête ! Ils parlent !... Oui, pour ne rien vous dire, réservant leurs murmures ou leurs cris d'amour, de peur ou de joie, aux anges et aux étoiles qui passent dans les nues, en leurs têtes !

Vous pratiquez parfois d'instinct cette étrange attitude de communication !...  Ainsi pour intriguer votre interlocuteur, vous lui parlez à demi-mots, vous laissez planer le doute, vous entretenez mystérieusement l'allusion en l'exprimant à mots couverts ou par images.... Le poète ou l'écrivain procède ainsi ! Il sait bien qu'il lui faut toujours mâcher ses mots en ruminant d'un air inspiré les fleurs de la rhétorique... Oui, mes amis, mes compagnons de panache, vos paroles s'envolent comme des plumes mais vos cris vains et lourds de mots et d'amour comme tous vos écrits restent comme des pierres sur le chemin de la pensée...

La parole qui s'élabore, d'abord dans le silence, y demeure. Ainsi, quand deux êtres se comprennent et fusionnent, sans mot dire, le silence du cœur est suffisamment éloquent. Si la parole appartient à l'éphémère du temps, à l'évanescence de la pensée, le silence appartient au mystère, à ce qui est à naître, à l'éternité. C'est l'or du temps.

Oh ! Oui, soyez volubiles mes amis, si c'est pour murmurer ou crier votre amour. Moi, je l'ose et je m'exclame : Ô mon amour ! Parlez-moi d'amour !... Je vous crois sur l'aphonie de vos paroles !...

Pourtant, l'amour, le seul, l'unique, le vrai, peut se passer de mots, surtout s'il est démonstratif. Vos yeux, vos soupirs, votre pâleur ou votre empourprement sont parlants. Ils disent non pas ce que vous avez sur le cœur mais dans le cœur...

Déjà, avec pudeur, vous vous dévoilez ! Votre âme impalpable se met à nu. Inutiles sont tous vos aveux. Jamais, vous ne parviendrez si bien à dire l'ineffable saisissement, l'indicible trouble et l'inexprimable choc, dans tout votre corps, des frissons et des tremblements !

Oui !  Aimer pleinement, ce n'est vraiment pas, peu dire ! Alors, heureux amants, ne vous le faites pas dire deux fois ! Parlez bien vite avec les mains ! Mettez-les vite au feu ! A voix haute comme à voix basse, soyez éloquents ! Parlez vrai ! Confiez-vous ! Abandonnez-vous ! Au rapport ! Vite et que ça saute !

Exclamez-vous ! Murmurez votre tendresse ou hurlez votre bonheur ! Jubilez votre liesse ! Déclamez à pleine puissance votre jouissance et vos extases ! Vous pouvez balbutier, bafouiller et tâtonner, vous pouvez bredouiller, palabrer, vous y reprendre à deux, trois fois et plus... si affinités et résistance.

Vous êtes assignés aux plaisirs. Prenez votre temps. Ne tarissez pas de mots tendres et de preuves de douceur. Soyez à fleur de peaux, de lèvres et de mots toujours touchants et caressants. Vivez si m'en croyez toujours en plénitude. La passion vous déliera la langue. Ayez de l'amour comme de l'eau fraîche, plein la bouche. Épanchez-vous en libations enivrantes.

Ne récitez pas les mots des autres, fussent-ils ceux des poètes ! Vous êtes libres de sens, d'émois et de licences. Soyez naturels, vous serez créatifs. Laissez-vous bouleverser par le bouillonnement de vos sentiments, soulever et perturber par l'affolement de vos sensations. Vous ne pouvez mettre fin au désordre. Nulle résistance ! Vive le silence ! "un ami qui ne trahit jamais", comme l'a dit Confucius dans "le livre des sentences".

Il suffit de lâcher prise, de vous laisser emporter par le torrent des émotions, submerger et envahir par le tumulte de la passion. Vous roulez comme un galet dans le chant cristallin de l'eau... En perdant la raison et la volonté, vous perdez toute notion du temps. Vous êtes un instant, un souffle, un envol !

Votre amour est extraordinaire et original de délicatesse et de grâce. Il vous élève, il vous emporte. Il vous rend irréels. Vos cœurs se gonflent et se dilatent. Vous êtes uniques, expressifs, expansifs, généreux, légers et aériens ! Vous triomphez de la pesanteur... Vous êtes éternels, l'éther vous appartient !

Oh ! Oui amour ! Pour nous aimer, passons encore par les nuages !

Voir les commentaires

Lettre aux volubiles et aux baratineurs : Parler pour ne rien dire 2/3

Publié le par modimodi

 

Parler peu mais bien

Messieurs les volubiles et les baratineurs, l'homme est un animal pensant. Ce qui le caractérise et le différencie d'un animal sauvage, c'est qu'il est doué de paroles. A quelques différences près, bien sûr, car Noé a dû emporter sur son arche, quelques-uns de vos amis !

Je pense ici à quelque humain avec un QI de bulot ou à quelque âne sachant braire pour avoir du son ! J'imagine bien la fureur cacophonique du déluge et le bruit infernal de la ménagerie donnant à flots continus, de la voix sur tous les tons !... J'ai bien peur de faire partie moi aussi, des survivants qui braillent leurs cris vains dans des déluges de reproches de lecteurs ou d'internautes.

Depuis l'époque diluvienne, les quelques rescapés qui ne se noient pas dans une goutte d'eau, parlent de la pluie et du beau temps. En effet, il ne suffit pas de parler, il faut savoir quand parler, à bon escient ! Parfois mieux vaut se taire que de parler pour ne rien dire.

Celui qui brasse du vent parle comme un moulin, donnant souvent peu de grain à moudre à la réflexion. Cervantès, fer de lance des Don Quichotte s'y connaissait en moulins à paroles des chevaliers autoproclamés ! Il vous a laissé cette phrase à méditer : "Parler sans penser, c'est tirer sans viser !"

Savoir bien parler fait partie des bonnes manières de la bienséance et de la bien jactance ! Il est par trop facile de se débarrasser d'un langage approximatif et relâché en déclarant : " Bah ! C'est une façon de parler !" Mieux vaut un usage pondéré de la parole et honorer l'adage de nos anciens : "Parlons peu mais parlons bien !"

Moi, je fais sûrement le poids mort avec ma tare littéraire mais je préfère laisser aux publicitaires "le poids des mots et le choc des photos !" Ce ne sont trop souvent pour le sensationnel que le poids des mots morts, réservés au commun des mortels !

Heureux, êtes-vous si vous faites partie de ceux dont la parole coule de source ! En effet, le trop disert, fût-il Jean-Baptiste, prêche souvent dans le désert. Encore bien, croirait-il naïvement, que le message de vérité qu'il diffuse est déjà parole d’Évangile ! A moins que ... Ô prodige, les assoiffés de Vérité ne boivent ses paroles remontant du puits de sagesse ! Mais il est si difficile de dire le juste et de faire le juste, qu'on donne généralement toute sa chance aux mystères ! Chacun peut bien sûr y croire et crier au miracle, surtout quand il parvient à la fin de sa traversée du désert !

Parfois, la parole vaut plus que son pesant de cacahuètes, elle vaut de l'or ! Celui qui vous a donné sa parole d'honneur et qui tient parole, vous pouvez dire de lui que c'est un ami, rare et précieux. Il mérite qu'à votre tour, vous teniez vos engagements, que vous soyez fidèle à vos promesses, que vous n'ayez vis-à-vis de lui, qu'une parole, ferme et fiable, celle des quatre vérités que votre cœur saura exprimer avec des mots justes. Si ce qui est dit, est dit avec tact et respect, vous gagnerez sa confiance. Tenez parole, il tiendra à vous !

Mais ne soyez jamais prisonnier sur parole. Dans tous les cas, il vaut mieux bien faire et laisser dire, sauf du mal de vous ou d'un autre ! Si l'on appliquait ce principe, autant dire que d'un coup, le monde deviendrait un peu plus silencieux. Vive le motus et bouche cousue ! Car quoi qu'on dise, une langue de vipère comme une parole innocente parfois blessent. Si vous êtes limité en vocabulaire ou en capacité de compréhension, une parole pourrait même, par mégarde, dépasser votre pensée de débile verbeux.

Mieux vaut tenir sa langue mais, à ce qu'on dit, il est quand même indispensable d'avoir du temps et de l'agilité pour la tourner sept fois dans sa bouche avant de parler ! L'avantage que vous offre ce patient exercice, c'est qu'alors vous avez tout le temps de vous préoccuper du "qu'en dira-t-on ?"...

Comme vous, je n'omets pas, bien sûr, l'infortune des bègues ou des spécialistes du raisonnement boiteux qui parlent comme ils marchent ! Ceux-là, en deux temps et trois mouvements désordonnés sont tenus de prendre le temps comme il vient ! Un peu comme votre serviteur qui fait trop souvent, les cents pas dans la salle des cas perdus de la littérature !

Car vous avez beau dire, car vous avez beau faire, la manière de parler, votre expression langagière vous révèlent autant que votre mode de vie. Le contenu de vos phrases, les mots choisis, votre code linguistique vous identifient. C'est votre ADN social, votre empreinte sur votre passeport citoyen du vivre à côté des autres ou ensemble. Il serait utile d'en avoir conscience, surtout quand on joue les tribuns ou qu'on s'écoute parler.

Mieux vaut donc se taire que de dire n'importe quoi ! Voltaire qui n'était pas toujours le Candide de service et qui savait combattre 'l'infâme" a laissé cette réflexion qui pourrait être proverbiale : "On parle toujours mal quand on n'a rien à dire !"

Bien sûr, qu'il y a les paroles et qu'il y a les actes ! Mais il n'y a pas à dire, les politiques sont des bonimenteurs, leurs promesses ne sont pas souvent suivies de réalisations. Vous avez tort de leur donner voix au chapitre. Ne feriez-vous pas mieux de les abandonner au silence des urnes ?

Comme le disait Térence :" Les actes font croire les paroles." Certains comiques troupiers de la stratégie électoraliste feraient bien de méditer la pensée de celui qui avait un vrai talent comique. En effet, il ne suffit pas de dire d'aimables paroles, pour être aimé. De même, il ne suffit pas de prononcer des paroles crédibles, pour être cru !

Un proverbe hollandais que j'affectionne dit : "Les paroles d'or sont souvent suivies d'actes de plomb." Mes amis, à moins de connaître le secret de Nicolas Flamel, les paroles en l'air prennent rarement une telle valeur ! Tout au plus, le sommeil de plomb de quelques écrivains dormant sur leurs lauriers produit peut être l'or du silence de l'édition !

Moi, je cherche à tout prix, à parler et à écrire d'or, mais ma plume a du plomb dans l'aile ! Pourtant voyez-vous, là où certains péteraient les plombs, moi, je laisse aller ma plume au vent ! En effet, grâce à mon expression amphibologique, je suis devenu riche d'illusions littéraires tout en étant pauvre d'esprit. Le cœur léger et l'esprit lourd, je me console. J'ébouriffe mes plumes au souffle de l'inspiration et je tente d'en donner au lecteur pour son argent. Je sais désormais que le talent ne s'achète pas à prix d'or !

Voir les commentaires

Lettre aux volubiles et aux baratineurs : Parler pour ne rien dire 1/3

Publié le par modimodi

Le vide de la pensée

La vie a besoin d'expression. Le cri et le son en sont les premières et audibles manifestations. D'une bête, vivante, drôle, touchante, on se plaît d'ailleurs à dire : "Il ne lui manque que la parole !"

Au risque de surprendre ou de choquer, l'homme est aussi un animal sonore. Il a en commun avec le perroquet, des mots qu'on appelle la parole. Si l'un s'exprime sur un mode itératif, l'autre pense en principe sans se répéter...

Messieurs les volubiles et les baratineurs, qui vous contera les subtilités de notre belle langue française dont il faut pour l'apprécier, en comprendre les subtiles nuances ? Ainsi êtes-vous certains de parvenir vraiment à distinguer les sens de "parler" et "dire", quand il s'agit de s'exprimer ?...

Parler se concrétise par l'acte d'ouvrir la bouche pour causer et prendre la parole afin d'être entendu pour dialoguer. Dire suppose l'énonciation d'un son, d'un verbe, d'une émission de la voix pour formuler ou annoncer, sans qu'il y ait obligation d'échange. Pour communiquer avec un interlocuteur ou à la cantonade, est-il utile ou illusoire de saisir leurs différences afin de savoir ce que parler veut dire ?

A moins d'être béat, stupéfait et de vouloir gober les mouches, je vois peu de vos amis, sauf quelques grandes gueules, rester bouche ouverte sans prononcer ou préférer un bruit qui soit perceptible. Sans doute, n'avez-vous pas non plus appris à écouter les poissons rouges et n'avez-vous pas trouvé le moyen de dialoguer avec eux, hormis peut-être quelques bienheureux agités du bocal !

En résumé, celui qui parle vocalise, murmure ou articule pour être entendu alors que celui qui dit, renvoie à l'acte conscient, à l'intention d'émettre un message, une pensée à l'attention de quelqu'un. La différence est mince ! Beaucoup emploient donc les termes comme des synonymes. Tentons de sonder un peu cette belle cacophonie verbale et sémantique.

En effet, les deux termes portent avec eux et en eux, suivant leurs différents emplois, l’ambiguïté du son et du sens ! D'ailleurs, si on utilise l'expression "parler pour ne rien dire", on ne dira jamais "dire pour ne rien parler." Mais on sourira, avec le génial Pierre Dac de son célèbre : "Ne rien dire pour parler" ! Pourquoi ?... Parce que le terme le plus important n'est pas "parler" ou "dire" mais "Rien" !

Notre langue maternelle est constituée d'un ensemble d'expressions toutes faites, de constructions idiomatiques, spécifiques à un milieu, une ambiance, une époque, quasi intraduisibles pour un étranger. C'est le passionnant domaine de la phraséologie !... Un mot bien savant pour décrire " l'emploi de formules qui, sous des apparences profondes cachent le vide de la pensée."

Dans notre grand pays du : "Tu l'as dit, bouffi !" et du : "Tu parles, Charles !", vous en connaissez tous, de ces beaux parleurs, de ces grands phraseurs qui prennent de grands airs pour exprimer banalités ou incongruités. Ce qui leur importe, c'est de débiter des phrases, de parler avec un air inspiré et affecté. Ce que vous en retenez, c'est le bruit d'émissions sonores, de grands discours vides de sens et de pensées. Certains sont même si creux qu'ils pensent avoir de la profondeur !

De telles phrases ont beau commencer par une majuscule, s'achever par un point et comporter, sujet, verbe et complément, elles sont "sans queue ni tête". La vanité se paye ainsi souvent de phrases, parfois grandiloquentes. Ceux qui tiennent ce mode de communication pour argent comptant devraient pourtant savoir que le proverbe a raison : "le silence est d'or" !

D'ailleurs, moi-même, je m'en contente ! Oh ! Pour quelques braves lecteurs, c'est sans doute là, leur consolation de tant de cris et d'écrits vains ? Pauvre de moi, maladroit scribouillard, pauvre et vain écrivain de phrases sans queue ni tête, indigent gâte-papier, si riche d'illusions !

Ceux qui parlent haut, s'abaissent à parler fort. Ceux qui parlent au pif ne parlent pas du nez, mais parlent près de leur nez en ayant courte vue ! Ceux qui parlent d'abondance sont souvent pauvres d'esprit et ceux qui parlent gras ont souvent vulgairement maigre pensée. Ceux-là qui vous en disent des vertes et des pas mûres, ne sont pas de première fraîcheur intellectuelle. Ceux qui vous en racontent de bien belles sont peut-être de sympathiques complices mais d'affreux jojos qui se tordent en vous en contant de bien raides.

Devant vos écrans-télé, sur vos tablettes, en réunion, restez aux écoutes afin d'entendre battre le monde. Mais demeurez en bonne entente. Ne vous laissez proférer ni insultes ou menaces. Tenez-vous à l'écart des racontars, soyez sourds aux bobards. Tous ceux qui parlent à tort et à travers méritent un zéro de conduite, confondant d'une voie détournée les sens et d'une contre-voix, le sens.

N'oubliez jamais que certains sens sont interdits et qu'ils ne participent pas du sens commun... sauf de celui des mortels, dont la dernière loi et l'unique vertu est encore le silence !

 

Voir les commentaires

Lettre aux prétentieux : Ridicule 2/2

Publié le par modimodi

 

Il ne faut pas juger les gens sur leur mine ou leur dégaine, sur leur expression ou leurs paroles ! Mais il est des provocateurs qui poussent les bizarreries et le ridicule jusqu'à se faire remarquer.

Accoutrés, affublés, parfois à la mode, celle du cocasse, ils se croient au goût du jour. Ils veulent être chics, ils provoquent le choc ! Holà ! Ils sont au dernier cri ! A celui que pousse le bourgeois effaré !... Bizarre ! Étrange ! Comme c'est étrange ! A faire dresser les cheveux sur la tête de ceux qui aiment se poiler !

Ceux qui ne sont pas tués par le ridicule risquent de vous faire mourir de rire ! Leur aspect peut même vous filer des boutons. Sans le vouloir, Ils vous donnent de l'urticaire en poussant un peu trop mémère dans les orties ! Mais que voulez-vous ! Il faut bien se les farcir comme des moineaux sans tête !

Le savez-vous ? En faites-vous partie ? Les snobs se reconnaissent entre eux. Les fats font leur gamme dans le grand monde des loufoques. Les cuistres sortis de la cuisse de Jupiter se vantent et s'éventent dans l'air du temps. Tout le monde se fait la nique dans la surenchère ! Les dindons attirent les dindes pour glouglouter sous les sarcasmes ! Oui ! La nouveauté se moque de celui qui la suit !

Comme en carnaval, ils sont en mascarade. Le prêt-à-porter va les porter au ridicule de l'inélégance et déclencher l'hilarité générale sur leur passage. La dernière mode fera d'eux, le dernier des Mohicans !

La comédie, les grands rôles de l'opéra-comique utilisent les ressorts des extravagances des excentriques. Les outrances des coquettes, les ronds de jambes des minets, les grimages excessifs, le jargon de charretier ou d'épicier parvenu, les expressions langagières typiques et répétées, les mimiques, les tics, les quiproquos, les cocufiages et couillonnades, les placards propices et les portes qui claquent, renforcent le plaisir du spectateur. Au patrimoine national, les grandes figures des personnages, nos héros et héroïnes du théâtre de Molière, des vaudevilles de Feydeau ou de Labiche y excellent à nous faire rire et sourire...

L'objectif poursuivi est toujours cathartiquement d'amuser et de faire rire le spectateur. L'effet est thérapeutique... Aujourd'hui, "Précieuses ridicules" est un terme quasi-générique pour les people maniérés, les mijaurées ou les ringards, ces éternels faux gandins et ces vrais vieux beaux qui nous font leur chiqué médiatique avec de grands airs de jeunisme ou de cucul la praline !

Le terme d'Ubuesque" traduit ainsi la démesure de l'absurde et du cocasse d'une situation tragi-comique. Le talent bien évidemment en moins, il leur convient dans les péripéties de leurs faux exploits et de leurs risibles amours !

"Cornegidouille" ! Ionesco avait raison : où il y a de l'Eugène, il y a du plaisir...surtout dans l'absurde ! L'insolite n'est pas non-sens ! La baliverne peut être truculente. La dérision n'est que la réponse parodique face à la déraison du monde ! Ma raison est décousue, si ça continue on verra le trou de ma pensée. Vive l'avant-gardiste surtout quand il a le talent de l'iconoclastie et la facétie de la pataphysique !

Le chansonnier de cabaret persifle, l'imitateur exacerbe les traits, accentue les travers de la vedette ou de l'homme politique ! A force d'être brocardé, le ridicule de vos défauts physique vous rendra même célèbre ! Par Pinocchio, Quasimodo, vive l’œil du Cyclope, le grand pied de Berthe et le nez des Bourbons ! Le trublion politique, le faux penseur, le philosophe populiste cherchent parfois à amuser la galerie et l'étrange lucarne.

La vie est un grand cirque pour rigolos qui vous font tout gober dans l'arène des conventions et de la bien-pensance ! La logorrhée est une non-communication, bien loin du talent des didascalies d'Ionesco. La bêtise se concurrence elle-même. Et la réalité dépasse sans cesse la fiction ! Seul l'esprit critique et subversif peut encore nous sauver de nos croyances et nous éviter d'être des naïfs ridicules !

Le métier de clown pousse à son sommet les grandes figures caricaturales de l'Auguste ou du Pierrot. La pantomime est un art ! Un maquillage appuyé, quelques accessoires colorés et démesurément trop grands suffisent à faire rire dès la première apparition. De gaffes en catastrophes, le rire appelle le rire et le farceur est farcé !

Dans le fond, nous avons besoin de rire de nous et des autres ! Laurel et Hardy, les frères Groucho Marx, Buster Keaton, Charlie Chaplin ont interprété leurs rôles avec burlesque et émotion ! Ils nous ont offert à travers leurs bourdes feintes et fausses bêtises l'image de notre réalité et de nos peurs. La loufoquerie est un gué pour traverser notre image et ses reflets dans notre propre miroir.

A ce point, le ridicule peut être sublime, tragique, émouvant et profond ! Le bouffon est un prince ! Vous êtes, nous sommes ses sujets !

 

Voir les commentaires

Lettre aux prétentieux : Ridicule 1/2

Publié le par modimodi

Messieurs les maniérés et prétentieux,

Si "le ridicule ne tue pas", il n'est pas besoin d'être perruqué, poudré et permanenté pour friser le ridicule !

Dans la multitude et variée des humains, nous offrons tous en permanence le spectacle. Nous nous exposons, nous sommes l'illustration parfaite de l'éternelle friction entre l'objectivité et la subjectivité... De la perception vécue à l'opinion répandue, de l'apparence offerte à la réalité dévoilée, de la présence affirmée à l'impact reçu, nous n'en finissons pas de graver des empreintes visuelles, d'estamper des souvenirs émotionnels, de laisser à penser ou à rêver !

Nous ne maîtrisons pas notre image. Nous pouvons impressionner en grandeur comme en petitesse. Ce qui sera estimé par les superlatifs d'extraordinaire, grandiose, génial de la part d'un inconditionnel de l'admiration court le risque d'être jugé, minuscule, prétentieux, vulgaire et affreux par un esprit chagrin !

La nouveauté créatrice qu'on appellera peut-être, un jour génie, encourt le ridicule ! L'imagination produit des œuvres qui à leur parution sont parfois rangées dans l'art incompris ! Inventer c'est toujours risquer, avec plus ou moins la volonté de braver l'opinion ! De toutes façons, à partir du moment où vous tombez dans le domaine public, vous n'évitez pas l'avis général qui veut vous classer et vous étiqueter !

Vous n'échappez pas au jugement qui vous est réservé et que vous pouvez à votre tour cataloguer de risible et d'incompris ! Quel beau métier que celui de critique qui consiste parfois à apprécier ou dénigrer, ce qu'il n'a pas compris ! L'un vous trouve doué et inventif tandis que l'autre vous qualifie de grotesque et d'absurde ! Qui a raison ? Qui est excessif ?

Parfois le temps apporte la vraie réponse... celle du dérisoire. L'oubli fait également partie du vain et ridicule espoir ! De temps perdus en temps morts, vous êtes disparu en deux temps et trois mouvements...Vous aviez un style indéfinissable, un mérite impayable, vous ne serez pas payé en retour ! Sinon de l'éternel retour de l'indifférence qui ridiculise allègrement les petits marquis ambitieux.

Vous vouliez vous faire remarquer et percer, vous n'avez pu faire votre trou, hormis celui de la mémoire. Vous vous pensiez extra, vous n'êtes pas sorti de l'ordinaire. Vous étiez plat, la gloire n'a pu rebondir. En vous laissant aller, vos prétentions sont tombées bien bas. Vos négligences vous ont rendu négligeable. En résumé, votre œuvre est réduite à néant.

Dans l'art surtout, on est toujours le ridicule ou le nain de quelqu'un ! Certains mêmes par effet de snobisme ou de mode brûlent allègrement aujourd'hui ce qu'ils adoraient encore hier ! Ah ! Quelle cruauté et quelles amères désillusions pour celui qui ne vit qu'au niveau des faux-semblants ! La vie ne nous dote-t-elle pas d'assez de chimères et d'espoirs, de mirages et d'erreurs pour ne pas avoir besoin de rajouter masques ou trompe-l’œil ?

Qui ne se souvient du film "Ridicule". Le dindon gonfle du jabot, les chevilles qui enflent, gonflent les bas de soie. L'ampoulé veut toujours briller davantage pour faire pouffer la marquise. Mais si un bon mot d'esprit réjouit la cour des courtisans jaloux, un croc-en-jambe peut aussi vous faire trébucher et ruiner votre réputation. Entre deux courbettes, trois révérences, vous badinez et l'on vous raille. Même un raseur, en vous narguant est capable de vous écorcher vif !

N'en jetez plus, la cour est pleine ! Dans la rivalité des pédants m'as-tu-vu, le ridicule vous abat en vous humiliant !... D'ailleurs, qui peut dire qu'il n'a jamais été la risée de quelqu'un !... Heureusement d'ailleurs que le ridicule ne tue pas ! Par St Louis ! C'est ainsi que nous survivons dans la cour des grands et des glands ! Nous ne sommes pas là de briser nos chênes !

Voir les commentaires

Lettre à ma belle endormeuse : Rêves et insomnies 3/3

Publié le par modimodi

Suivant le proverbe, peut-être que la nuit est une bonne conseillère… Le précepte antique, bien connu : " Hâte-toi, lentement ! " a peut-être été murmuré du haut des cieux par la déesse Nyx ou d'une voix d'outre-tombe par son frère Erèbe !

La sagesse populaire a pu ainsi faire dire au proverbe qu'il vaut mieux réfléchir longtemps pour passer plus vite à l'action. Moi, je connais bon nombre de lymphatiques qui sont passés maîtres dans l'art de temporiser et qui croient vivre plus longtemps en multipliant les temps morts !

Maintenant, si pour finir, c'est le sommeil qui porte conseil et pas la nuit, est-ce que l'inquiet crépusculaire, celui qui transforme toutes ces longues nuits noires en interminables nuits blanches, y voit plus clair au petit jour ? Un mauvais sommeil lui offre-t-il de mauvaises idées ? L'inverse peut-il lumineusement l'inspirer ? L'idéaliste poursuit-il des chimères miroitantes d'illusions qui le guident et colorent ses songes ? Supporte-t-il mieux la vie quand elle lui en fait voir de toutes les couleurs ?

Au petit matin, l'apothicaire fait-il mieux ses comptes ? Après avoir passé les heures dangereuses entre chien et loups, le berger bien conseillé a-t-il obtenu la bonne méthode pour dénombrer plus rapidement son troupeau de moutons ? Le boulimique de grasses matinées se met-il au régime du sommeil léger ? Le révolutionnaire qui a passé tant de temps à rêver du grand soir a-t-il enfin trouvé la date du grand chambardement ?

Surgi des ténèbres épaisses de la nuit des temps, Morphée hypnotise-t-il ceux qui sourient comme des bienheureux aux anges ? Comme le suggère le proverbe, en dormant, nos pensées conscientes s'arrêtent-elles et deviennent-elles muettes ? Notre inconscient prend-il le relais pour suggérer des réponses, des conseils et dans le meilleur des cas, des solutions ? 

Mystère ! Depuis la nuit des temps, une très grande question métaphysique demeure. Dieu dort-il du sommeil du juste ? Ne ferme-t-il jamais l’œil de sa conscience ou est-il plutôt inconscient ? Quel motif plausible expliquerait les hallucinations auditives données à Jeanne d'Arc ?  En dehors de toutes voix de la raison divine, comment expliquer son abandon céleste et son sacrifice suprême ? Dieu aurait-il des pensées de derrière les fagots, aimerait-il jouer avec le feu et l'attiser ?

Insondable silence ! Que penser et qu'en dire ? Moi, qui dors entre tes bras, mon ange, ma déesse, dans le parfum de tes lèvres pavot, cœur ouvert et à poings fermés, je ne peux à présent qu'humblement témoigner ! Car la nuit m'a tout donné, sauf le sommeil ! Vois ! Je suis prêt à me dresser au chant du coq !

Mon petit cadeau vespéral, je te célèbre dans le demi-jour. Tu es venue à moi, à la nuit tombante pour tomber contre moi. Tu t'es offerte dans la pénombre. A mesure que la nuit glissait son drap de laine noire, tu t'es glissée languide entre mes draps de satin blanc et tu m'as donné le plus délicieux des conseils. En ôtant lentement ta nuisette, tu m'as porté voluptueusement et délicatement au nu ! Ta nuit m'a porté conseil et bien plus !

Je n'ai écouté aucune voix, hormis mon cœur et l'appel de la chair ! Tu ne m'as pas donné raison mais tous les plaisirs de la déraison et de la liberté de t'aimer, le jour comme la nuit. Je peux chanter au clair de lune ! ... Vois la vigueur de mon amour... Je suis, ô ma vestale, comme un chat sur la braise, ton éminence grise !

 

 

Voir les commentaires

Lettre à ma belle endormeuse : Rêves et insomnies 2/3

Publié le par modimodi

 

Dis-moi, ma belle endormeuse, toi, que j'aime en confiance, paupières closes, est-ce que tes amis, qui se lèvent de bon matin pour se rendre au travail, sont plus à même de dire si le proverbe est vrai et si, "la nuit porte conseil" ? Se réveillent-ils avec de la suite dans leurs idées claires ou les gardent-ils fixes et noires ?

Quelqu’un pourrait-il ici, renseigner ma belle endormeuse ? Moi, je crains, à quelques nuances près, sans doute, de passer auprès de toi pour un affabulateur ou un onirique divaguant ! Est-ce qu'un bon dormeur qui la nuit, dort profondément, suivant l'expression consacrée "sur ses deux oreilles" et qui, le jour, n'écoute habituellement que "d'une seule oreille" peut témoigner d'une telle expérience ? N'y a-t-il pas plus sourd qu'un pot de chambre à une seule anse ? Entend-il seulement les craquements du parquet ?

L'ancien marchand de sable, qui semait toutes les nuits, de la poudre de rêves étoilés dans les yeux des bébés angéliques était sûrement très heureux de cette suggestive utilité nocturne. J’imagine aussi que, c'était forcément le jour, qu'il devait récupérer et dormir paisiblement du sommeil du juste... Alors ? Était-ce, pendant qu'il en écrasait dans l'insouciance des profondeurs léthargiques, qu'il a pu croire avoir reçu le conseil qui allait transformer sa vie ? Comment aurait-il pu avoir l'idée saugrenue et la soudaine vocation de se reconvertir en marchand de sommiers et de matelas ?... Souris ma douce ! La force du destin lui a-t-elle donné le ressort de passer des multi soupirs aux multi spires !... Nous y croyons ferme et en avons une confiante certitude depuis qu'à l'horizontale, nous réalisons une jouissive harmonie.

Si la fortune vient en dormant, la nuit rentabilise-t-elle le temps perdu à reposer, en prodiguant, aussi facilement, de judicieux conseils commerciaux ou professionnels ? Bien évidemment, encore faut-il au réveil ne pas être oublieux et se montrer suffisamment crédule ou croyant pour adhérer à de telles professions de foi !

Grâce à elles, l'allumeur de réverbères est-il ainsi devenu éclairagiste, gardien de phare ou électricien ? L'endormi, toujours en veilleuse a-t-il eu la révélation de l'emploi de veilleur de nuit ? Le cantonnier qui dormait comme une masse a-t-il voulu tenir le haut du pavé ? Le dépressif, qui traversait son existence terrestre avec une tête de mort vivant a-t-il eu la brutale révélation du dernier soupir et le bonheur promis du sommeil éternel ?

Perrault lui-même était-il insomniaque ? Se racontait-il pour s'endormir des histoires à dormir debout ? Est-ce d'un rêve éveillé d'une nuit somnambulique qu'est né, son conte de fées : "La belle au bois dormant" ? Est-ce, en dormant comme une souche, qu'elle attendit ainsi pendant cent ans, son prince Charmant ?

Assurément, celui qui dort comme un loir et pionce tout l'hiver comme une marmotte aurait beaucoup à nous dire, à condition qu'il ne fasse pas pendant tout ce temps la sourde oreille ! Car visiblement, il n'a pas encore dû recevoir le moindre conseil et encore moins l'ordre de se réveiller pour agir. Alors, peut-être que la nuit qui s'avance à pas feutrés et qui susurre ses conseils, n'a qu'une toute petite voix sourde, quasi inaudible qui ne parvient pas à couvrir les ronrons ronflants du gros dormeur... que je suis parfois auprès de toi !

Voir les commentaires

Lettre à ma belle endormeuse : Rêves et insomnies 1/3

Publié le par modimodi

Ô toi, que j'aime et que j’accompagne confiant, les yeux fermés, je ne sais pas quel esprit mal réveillé a pu un jour, au petit matin, inventer cet étonnant proverbe : "La nuit porte conseil."

Quel étrange phénomène a pu inspirer une telle élucubration ? En général, à moins d'entendre des voix, si quelqu'un donne un conseil, c'est parce qu’il a été sollicité ! Une personne de confiance, un sage peuvent ainsi exprimer un avis et nous guider pour prendre une décision ou nous engager dans l'action. Dans tous les cas, c'est pour au moins y voir plus clair et mettre en relief un point de vue.

Qui aurait donc l'idée d'appeler à la rescousse, la nuit ? Qui choisirait ce moment le plus sombre de la journée, quand la lumière du soleil n'est plus visible, pour interpeller l'obscurité ? Qui pourrait bien avoir l'idée saugrenue de converser avec elle et de la consulter ? Moi, tu le sais, j'ai avec toi, en ces moments, bien d'autres choses plus délicieuses, à penser et à faire !

Faut-il alors tenter quelques hypothèses rationnelles ? Aurait-on affaire à un bonimenteur habitué à lire dans le marc de café pour rassurer quelques dépressifs en train de broyer du noir ? S'agirait-il d'un beau parleur illuminé que la raison a ajourné ? Se trouverait-il au clair de la lune ou sur une autre planète d'où il pourrait tutoyer en cosmovision les étoiles ?

A bien y réfléchir, ce n'est pas non plus, un voyant extra lucide, équipé d’une lorgnette de vision infrarouge. Il est suffisamment occupé à examiner le moindre détail ! Par ailleurs, est-ce qu'un bonnet de nuit, taiseux et ennuyeux par nature, parlerait à son bonnet quand il lui prend la brutale fantaisie de cogiter ? Habituellement, ne dit-on pas plutôt que ses pensées restent dans l'oreiller ? De sorte qu'à l'aurore, au battage des édredons, elles s'envolent légères comme des plumes au vent.

J'opterais provisoirement pour un joyeux fêtard au sortir d'une boîte de nuit, pour un oiseau de nuit à l'esprit nyctalope, de retour d'une mémorable tournée des grands ducs. Ivre, soliloquant et titubant, il a peut-être alors confondu sa propre voix en s'écriant à tous les échos : "Chouette, v'là qu'on me parle !"

En cette tiède nuit de maraudage, les miaulements de quelques belles chattes de gouttière en chaleur coursant quelques ardents greffiers ou bien les silhouettes rampantes de ces mâles frissonnants sur les toits brûlants, ont pu renforcer son impression déjà troublée. Trompé par des sons bizarres, notre noctambule éméché a pu mélanger le son des vocalises d'accouplement, les confondre et les personnifier en voix, surgies du fond de la nuit... A se demander d'ailleurs si les nuits de griserie n'excitent pas davantage les vieux chats gris, enclins à faire des chattemites ?... Nos pratiques nocturnes ne nous le laisseraient-elles pas joyeusement à penser ?

Quelques heures après avoir roupillé tout son soûl, notre noctambule dégrisé a pu vouloir vulgariser en formule proverbiale, la petite pensée farfelue et colporter, sur la foi de son expérience que : "La nuit porte conseil." Après, il suffit de quelques crédules pour faire naître la légende que se plaisent à propager au grand jour, quelques esprits ténébreux.

C'est ainsi que quelques-uns qui étaient peut-être déjà dans une semi obscurité spirituelle et qui roulaient de sombres pensées ont pu être convaincus par quelques pseudos intellectuels brumeux. D'ailleurs, prompts à plonger leurs fumeuses idées dans le brouillard des fausses évidences, généralement, ceux-là ne manquent pas d'attirer à eux, tous ceux qui d'ordinaire foncent dans le brouillard.

Depuis de doux rêveurs qui ont le plus souvent la tête dans les nuages, des pierrots lunaires qui passent leur temps à demander la lune, des étourdis qui n'ont plus les pieds sur terre et qui échafaudent des plans sur la comète de l'utopie ont pu répandre la nouvelle et faire admettre ce curieux et inexplicable phénomène : "La nuit porte conseil." Moi, tu le sais, la nuit m'apporte les plaisirs et les délices de ton corps, que je savoure les yeux mi-clos.

Voir les commentaires

Lettre aux insomniaques et gros dormeurs : Qui dort dîne 3/3

Publié le par modimodi

Grands insomniaques ou gros dormeurs, faites comme il vous plait !

S'il faut coucher pour réussir, moi, je ne veux pas dîner pour avoir le droit de dormir dans l'auberge espagnole de la vie ! Je ne crois pas non plus que la nuit va alimenter autre chose que mes rêves.

Car au fond, hormis les petits comptables qui refusent de s'en laisser compter, peut-être que les naïfs qui avalent et gobent ce précepte s'alimentent d'illusions et se rassasient de promesses ! La fine lame des boniments saura ainsi vous l'enfoncer jusqu'à la garde. Un jocrisse affamé de sensationnel se laissera berner.

Ce n'est plus un estomac d'autruche qu'ils ont ces pigeons mais une cervelle de moineau qui leur donnent l'envie ou l'impression de becqueter et de casser la graine ! Tant pis pour les gobe-mouches qui croient au présage et qui claquent du bec ! 

Connaissez-vous des spécialistes pour ce genre de volatiles, des oiseleurs prêts à les prendre dans leurs filets ? Les politiques les bonimenteurs feignant d'être amoureux, eux-mêmes, oiseaux de passage et de basse-cour les endorment par leur mauvais augure et leurs faux espoirs. Rapaces, oiseaux de proie, ils fondent sur les tourterelles avec des slogans d'amours et sur les colombes avec des déclarations de paix. Mais ils les bercent et les endorment et les oiseaux meurent de faim ou tombent les ailes lourdes de plomb.

Certains ou certaines de l'espèce des crabes dormeurs, craignant la pénurie ont tenté par prudence de faire des réserves pour parvenir à dormir le plus longtemps possible. Mais le faire tout l'hiver, comme un loir ou une marmotte n'est pas possible. Voyez et constatez ! Celui-là qui se sait fort comme un chêne veut sûrement dormir comme une souche et l’adjudant toujours sur ses gardes, dans sa chambrée prend position en chien de fusil. Moi, je ne peux même pas dormir sur mes lauriers !

Le cyclope méfiant ne dort que d'un œil comme Crésus sur son tas d'or ! Encore faut-il qu'il ne soit pas sourd comme une Portugaise ensablée ou comme Quasimodo qui, lassé de se taper la cloche n'entend même plus les sons du carillon et dort comme un sonneur. Ainsi tout ce petit monde recherche le bon moyen de vérifier que ce proverbe à la manque, nourrit son homme. A l'inverse, de peur de prendre un gramme, l'obsédé du pèse-personne refuse la cure de sommeil.

Moi, j'ai beau "ronger mon frein, ça ne me nourrit pas !" J'ai beau faire bonne chère à roupiller, je reste sur ma faim. Faut dire que dans la vie, j'ai horreur de chipoter et d'alimenter la discorde. Non ! je ne mange pas du bout des lèvres, je mords à belles dents la vie et j'adore me mettre au lit avec une belle à croquer !

Si vous le pouvez imitez-moi ! Suivez mon exemple ! Voyez ! Tout à l'écoute des plaisirs, il n'est pas question de dormir sur mes deux oreilles. Non ! Je ne dors pas et je dîne par cœur dans le double sens de l'expression ! Je fais dînette et pas disette ! Je fais preuve d'un féroce appétit. Boulimique d'amour, j'ai plutôt une faim canine et si j'ai la dent, c'est pour mordiller les lèvres et le cou de ma belle. Offrandes des corps et libations à la coupe des plaisirs.

Non à l'austérité, oui à la jouissance ! Il me semble donc inutile de faire maigre ou de jeûner pour rester jeune. Ce ne peut être profitable qu'à un rondouillard qui n'a pas besoin de boulotter. Le seul régime à la rigueur qui permet à un viveur amoureux et libertin, de prendre un bon repas au banquet de l'amour, c'est le pique-nique, à la bonne franquette, à la fortune du pot et sur le pouce ! ... Un régal lubrique, à ne pas en laisser une miette !

Et dans ce cas, qu'importe pour finir de passer une nuit blanche puisque "la nuit porte conseil." et bien plus !...

 

Voir les commentaires

Lettre aux insomniaques et aux gros dormeurs : Qui dort dîne 2/3

Publié le par modimodi

Mes chers amis de la nuit, grands insomniaques ou gros dormeurs,

Tout petit, on cherche à vous convaincre que l'on peut se passer de manger mais pas de dormir. On vous bassine avec cette soi-disante vérité : "Qui dort dîne." Mais qui peut croire que le proverbe ait un tel effet placebo ? Qui peut nourrir de telles pensées, hormis quelques esprits dévitaminés ?

Allons un peu de dignité ! Demandez aux Éthiopiens faméliques et décharnés si après une nuit de sommeil, la faim a disparu ? La famine au pays du soleil de plomb ne se résout pas dans un magique sommeil de plomb ou en tombant d'inanition, dénutri et carencé !

"La faim est mauvaise conseillère." Elle prépare les révoltes, nourrit de faux espoirs prêchés par de faux prophètes. Elle devrait réveiller la conscience des pays riches qui en laissant mourir de faim des peuples entiers conduit à l'impardonnable exaction de non-assistance à personnes en danger. La plus grande des carences, c'est celle du cœur !

Le silence médiatique qui oublie ces miséreux met aux journalistes et citoyens bien-pensant un énorme bœuf sur la langue ! Horreur ! Ce n'est pas là qu'il devrait être, mais dans leur assiette !

Quand dans l'enfance, vos parents devant vos carottes râpées ou votre bol de soupe vous disaient avec insistance : "Mange, tu ne sais pas qui te mangera !", vous auriez dû avoir l'esprit de répartie ! Ainsi, vous auriez pu leur dire :  "Je préférerais aller me coucher sans manger parce que j'ai appris que "qui dort dîne." D'ailleurs, mes chers parents, c'est pour cela que la belle au bois dormant a pu dormir cent ans et se réveiller en pleine forme !"...

Mais en manque d'esprit de répartie, vous filiez vite au lit où vous vous endormiez rêvant de princes et de princesses et vous dîniez avec les chevaux de bois de votre manège enchanté ! Vous aviez bien trop peur de finir comme le Petit Poucet, dévoré par un ogre.

Oh ! Si l'adage répandu dans l'opinion collective était vrai, nous devrions plaindre tous les insomniaques ! Au réveil, ils pourraient nous dire s'ils ont toujours grande faim. Tandis que ceux qui ont le sommeil léger risquent, au matin de penser qu'ils ont dû dîner dans une gargote, sans rien à becqueter dans l'assiette. Par contre, quelqu'un qui aurait décidé d'entreprendre un jeûne, trouverait là un moyen astucieux de se faciliter les privations en trompant sa faim ! Les faces de carême prenant pourraient bien s'en réjouir.

D'ailleurs les adeptes de la diète sont tout disposés à faire le jeûne ! Une ballerine anorexique danse avec joie devant le buffet. Un judoka habitué à se serrer la ceinture est sûrement déjà en prise réelle et bien entraîné. Un eczémateux en crise peut renoncer à casser la croûte. Une belle souris peut se contenter de grignoter.

Remarquez toutefois que les musulmans qui font le ramadan ne doivent pas croire au proverbe, puisque c'est au coucher du soleil, qu'ils se sustentent. Aucun ne va se coucher, le ventre vide ni en principe aviné. L'alcool est interdit et par modération, personne ne doit avoir le droit de dormir tout son soûl !

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 > >>