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Articles avec #proverbes tag

Poil à gratter !

Publié le par modimodi

J'en connais qui ont la peau dure, qui encaissent les coups et que rien ne marque, en surface comme en profondeur ! Certains durs à cuire, de vieux sangliers grognards, des politiciens éprouvés, des couennes triple épaisseur, des cuirs de baudet entrent dans la catégorie visée.

Pour ceux-là, il convient d'appliquer l'adage : "Plus fait douceur que violence !" Caressez-les dans le sens du poil, ils ronronneront sous la flatterie ou provoquez leur apparente insensibilité et vous les verrez se tortiller irrésistiblement ! Comment ? Passez-leur la brosse à reluire ou soyez leur poil à gratter !

Nous avons tous fait l'expérience dans les cours de récréation ou dans les balades dans la nature de la bonne blague potache qui consiste à glisser dans le cou, les poils contenus dans les cynorrhodons ! Effet immédiat ! Vous vous trémoussez essayant d'atteindre l'endroit irrité ! Bien sûr, vous avez beau vous désarticuler l'épaule et agiter vos bras, l'endroit picoté reste inaccessible. Vous vous débattez sous les quolibets et la poilade de vos congénères.

La farce fonctionne toujours ! Certains humains provocateurs ont ainsi le pouvoir de provoquer des démangeaisons et de vous narguer avec l'air de : "Vous pouvez toujours, vous gratter !" Efficace ! Votre agacement est visible ! Vous aimeriez les écorcher vif !

Il est parfois redoutable de déranger. Sans parler de l'ordre établi, le seul fait de bouleverser l'opinion, de remuer des idées, de secouer les esprits en les questionnant suffit à vous rendre dangereux. Socrate, à Athènes en a fait les frais, accusé par le tribunal de l'Héliée de corrompre la jeunesse, de faire preuve d'impiété en remettant en cause le Panthéon, en niant les dieux de ses ancêtres et en voulant introduire de nouvelles divinités.

Si vous n'êtes pas conventionnel, le poison de votre pensée peut vous amener à prendre la ciguë mortelle ! La justice populaire, c'est comme la vindicte, une possibilité d'accuser, de condamner et de rassurer la conformité populiste bien-pensante, ce ramassis de démocrates démagogues, à tout crin !

Il est bon d'éveiller mais le poil à gratter peut provoquer des dermites de conscience, des éruptions de colère ! Les chatouilleux peuvent avoir envie de vous faire la peau. Je ne peux m'empêcher alors de penser à la chanson populaire d'A Bruant : "A la Bastille, on aime bien Nini-Peau-d'chien !" qui aimait son "Bibi-la-Crème" !

Pourquoi cette soudaine idée ? Par simple association ! Car le Cynorrhodon, ce faux fruit du rosier ou de l'églantier signifie étymologiquement : rose de chien. En effet, l'akène de la fleur, de la rose canine a la réputation de lutter contre la rage. Si donc vous courtisez une Églantine qui a du chien, rassurez-vous, elle ne vous fera pas enrager ! D'ailleurs, à l'amour, a-t-on trouvé un jour, un vaccin efficace ?... Par contre, la belle peut vous pousser dans vos retranchements et vous ébranler jusqu'au fondement de vos sentiments.

Ne vous laissez pas récurer le cœur à la brosse de chiendent ni tanner les fesses et refiler du prurit. Savez-vous que les poils à gratter du cynorhodon sont aussi vulgairement appelés gratte-cul et qu'ils provoquent des démangeaisons au niveau de l'anus ?

Toi, ma douce, tu n'es heureusement pas à ranger dans la catégorie des farces et attrapes ! Notre amour sous les caresses n'est pas à rebrousse-poil. Seuls les frissons nous hérissent dans l'extase et nous élèvent de ciel de lit, en gratte-ciel et parfois, jusqu'au septième ciel ! Le duvet de ta peau, la soie de ta toison sont mes délices de gratte-papier !

 

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Le factice

Publié le par modimodi

Bigre ! Bigre ! Après que les grands mégalos dogmatiques et leurs charniers à ciel ouvert, nous aient convaincus de la tyrannie de l'utopie et du caractère terroriste de la vérité, nous vivons l'ère du vide, des crises économiques et de la faillite des idéologies des états providence.

Parallèlement dans la surabondance du mauvais goût, avec la recrudescence du faux et des apparences, par le désir d'éphémère et de sensationnel, sous l'emprise de la passion du factice, du simili et du simulacre, le trompe-l’œil nous fait des clins d’œil. Oh ! Même si nous savons bien que " Tout ce qui brille n'est pas or", nous nous illusionnons nous-mêmes en croyant donner l'illusion.

De tout temps fasciné par la magie de l'image et du verbe, l'homo mediaticus n'en finit pas de se prendre au miroir aux alouettes de la duplicité et de la duplication. Il copie ou il fait semblant. Tricheur et truqueur autant par son désir de se singulariser que d'appartenir par le look à un clan, il choisit les signes de reconnaissance de sa tribu.

La vogue et la vague du faux et du jeu déferlent d'ailleurs sur nos mièvreries publicitaires et rousseauistes qui prônent le retour à la nature. Nos lessives sont lavées plus blanc que blanc, sur fond de champ de blé ou de cascades aux chants d'oiseaux. Sur " Les quatre saisons " de Vivaldi, les changes nous font des risettes célébrant le printemps de la vie.

Avec " La truite " de Schubert dans son iPod, la nana qui connaît moins oncle Vania que sa périodicité féminine s'en tamponne sous forme d'activité sportive intense. Les dessous de bras et les aisselles qui ruissellent, sentent les embruns vanillés d'îles exotiques ! Vivre sur les dents mais toujours éclatantes et manger sain et bio sont les valeurs refuges de la bonne santé, vendues artificiellement sur fond de carton-pâte et de trompe-l’œil écolo.

Mais tout est déjà dans la nature. L'homme n'a rien inventé. Les oiseaux donnent la parade nuptiale ou amoureuse. Pour séduire, l'homme, ce drôle d'oiseau qui promet le paradis, joue comme il peut de son dimorphisme sexuel et glandulaire. Il met ses plus belles plumes colorées, gonfle son jabot ou sa crête au gel béton et se pavane devant l'oiselle sous les sunlights ! Il roucoule ses chants les plus mélodieux, pousse des cris les plus sonores et saute et danse en ondulant du croupion chatoyant et irisé.

Il déploie ses arguments et ses courbettes, il vibre en harmonie discrète ou se donne en spectacle, sous forme d'acrobaties ou d'affirmation de sa testostérone. Tout en s'offrant, il fait offrande pour mieux convaincre la douce et belle femelle. Il espère, il attend la prise de bec. Pour conclure, il ira même lui promettre un nid douillet.

Et moi ? Que fais-je d'autre que parader en écrivant et en agitant ma plume ? D'un battement d'aile, je crois vous emporter. Je joue de l'art du leurre et du factice. Que ne tentai-je pas à mon tour de vous séduire, d'attirer n'importe quel lecteur hermaphrodite de cette littérature con, plaisante. La preuve m'est souvent donnée, quand j'obtiens l'effet inverse par mon style trop gonflant ou trop ébouriffant.

Je suis mon propre faux semblant d'aimer, de partager et je fuis pas à pas. Ma création me nargue et m'échappe. Ce qui me paraît original n'est peut-être qu'une pâle copie. J'imite le talent sans jamais l'égaler. Je m'illusionne.

Poésie et philosophie sont souvent mes garde-fous pour éviter les pièges de moi-même et de mes semblables. Si je cherche à comprendre, Lévinas m'apporte sa réponse. Si la relation à autrui est asymétrique, la relation à l’œuvre que je contemple est donc un face à face entre l'être que je suis, vivant et animé et ce qui s'apparente au néant, une œuvre figée dans sa beauté intemporelle. Rien n'empêche que certaines créations que je contemple et scrute m'interpellent et dépassent mon simple regard.

Comme chaque visage rencontré et observé est offert dans son dénuement, aucun ne peut à lui seul faire sens en dehors de ma propre perception et de ma participation émotive. Chacun de mes textes est ainsi un visage d'encre offert à votre vue et à votre regard intérieur !

Il n'y a pas d'ambivalence dans cette conversation muette, uniquement parfois dans mes intentions. Il n'y a rien de possible dans la rencontre avec l'autre comme dans la contemplation d'une œuvre en dehors de ma propre volonté. J'en suis donc responsable, ma subjectivité ne peut m'en dédouaner. Le reste n'est qu'arrangement avec le ciel et soi-même. Mais le ciel ne saurait mentir...

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La belle et la bête

Publié le par modimodi

L'usage affirme, sois belle et tais-toi !

Moi, j'en connais beaucoup trop qui ont choisi.

Elles s'entretiennent et parlent, de leurs grains de beauté, des dernières tendances glamour, des maillots de bain 2 pièces et du bikini imprimé fleuri, acheté pour l'été. Tout nouveau, tout beau ! Elles causent et bêlent ainsi, toujours de plus belle, de la mode et des collections, enfin de tout et de rien !

Enfin, de ce petit presque rien, qui rassure et qui permet d'appeler Charme, ce qui manque à la Beauté...

Sortie du bain parfumé au jasmin, la peau encore perlée, la belle sourit aux anges de se voir si belle en ce miroir ! Vivement demain, les vacances, enfin ! Du bon temps édénique, un avant-goût terrestre de divin paradis !

Elle en a rêvé, toute l'année ! Elle s'y est préparée par des séances d'UV. Elle le sait, sur la plage, la belle, comme un ange, va attirer le bonheur céleste ! Pas un beau ténébreux, voué aux coups de foudre, non ! Un bel Adonis, callipyge joufflu, aux yeux bleus et au regard d'ange !

Elle s'avance sur le sable, lumineuse, éclatante, somptueuse et fatale. Elle s'allonge, languide, radieuse Vénus, offerte à Phébus ! Elle est ardente, éblouissante, belle comme un astre ! Calme, sereine, dans le silence intérieur de son cœur, un ange passe.

C'est alors, qu'un bon petit diable, déguisé en charmant Chérubin, déploie ses ailes et son zèle. Il l'enchante, la louange de compliments et de promesses. De sa plus belle plume, il trace sur le sable, un cœur fléché avec ces mots : MON ANGE !

Elle est son ange du ciel. Elle est irréelle, incomparable, éthérée et spirituelle ! Il lui certifie en rougissant, ne pas s'intéresser au sexe, uniquement à sa beauté céleste !... Il l'exalte, elle est dans toute sa grâce auréolée, son ange de douceur et de vertu, l'ange gardien de son cœur. Il lui donne sa ferveur, il se brûle les ailes, lui embrase le cœur !

Il la monte en bateau et rame pour être convaincant ! Elle est du signe de la Vierge ! De laudes en angélus, il multiplie ses dévotions. Avec une patience d'ange, il lui affirme que ses charmes délicieux le mettent aux anges, tout en pensant, qu'ils le portent... au nu ! Il la voudrait, offerte, abandonnée, lascive, emportée au firmament, pour tutoyer les anges. Il se voit prince de cœur dans l'empire de ses sens.

Charmée et transportée à son tour, l'angélique pascalienne, confondant Dieu et l'arc-ange Cupidon, lui donne alors sa foi et bien plus ! Elle résout enfin, avec bonheur, l'énigme du sexe des anges et fait, en tant que rayonnante, "stella maris", la liaison entre le ciel et la terre. Il la lui avait promise, elle a décroché la lune. Doux Jésus, que sa joie demeure !

Il est magnifique, il a le port royal ! A l'aise Blaise ! Au septième ciel de son lit étoilé, la belle Néréide est aux anges et en oublie toute Pensée : "Qui fait l'ange, fait la bête." Pas la bête à Bon Dieu ! Non ! La petite bête qui monte, qui monte... la bête à deux dos !

Alors, après mille baisers salés et quelques marées, l'amour fait reflux. Après lui en avoir tendrement conté, de bien belles, après l'avoir plumée et après avoir assidûment épuisé, au plumard, tous les charmes de sa charmante et belle, la bête se fait la belle !

C'est l'été ! D'autres belles-de-jour, d'autres belles-de-nuit, légères comme plumes au vent, l'attendent pour jouer des mirettes et des gambettes, pour succomber au charme toxique de l'amour. Ah, bella donna !

Car l'ange lassé du point G, n'est plus qu'un âne, voué aux seins et aux bonnets ! L'amour estival, trop beau pour être vrai, n'était bâti que sur le sable où il ne reste que l'amer à boire et les souvenirs à boucler dans les valises... Enfin, si la belle s'embête, elle aura, tout l'hiver, pour rêver au bellâtre, en train de se remplumer et de bûcher avec ardeur, au coin d'un bel âtre, son sujet d'ange séducteur !

 

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Défauts et qualités

Publié le par modimodi

La boîte à malices est ouverte ! Chacun dispose d'un référentiel intuitif qui lui permet d'apprécier ses relations et de caractériser ses interlocuteurs comme ses proches.

Mais chaque jugement est une illusion à facettes, comme la tasse que vous voyez avec l'anse à gauche, alors que d'une simple manipulation, elle passe à droite.

Tout dépend du contexte, de votre état émotionnel, de votre rôle social, de votre expérience et des a priori dans lesquels vous vous trouvez.

Si la timidité est une faiblesse pour un entretien d'embauche, surtout si vous bafouillez et rougissez, elle peut être délicieuse si la demoiselle rosit, si le jouvenceau bégaye d'émotion.

Si la curiosité est un vilain défaut, apparentée au mêle-tout, au fouille-tiroir, elle est précieuse à l'esprit scientifique en recherche de causes. Elle l'est également aux chercheurs en ouverture d'esprit et en disponibilité d'expériences pour découvrir et savoir. Elle est indispensable aux aventuriers étonnés et émerveillés de tout, courant pleins d'espoir vers l'inconnu. Mais si vous êtes simplement curieux de savoir ce que l'autre fait, vous pouvez être déçu de constater qu'il ne fait rien !

Si vous êtes ambitieux, ne le montrez pas trop en tant que postulant au poste de directeur général adjoint d'entreprise. Le directeur général en poste pourrait voir en vous, un concurrent aux dents longues. Convainquez le jury, en exprimant votre ambition pour l'expansion de l'entreprise, la diversification de ses services, son audience, l'excellence de sa qualité et le bien-être de ses salariés. Mais attention ! Si vous êtes interrogé par une femme, ne lui évoquez pas l'égalité hommes-femmes, car pour elle, l'accepter, c'est manquer d'ambition !

Ne vous alarmez pas. Il n'y a pas de qualité qui ne soit ou ne devienne également un défaut. Tout est presque relatif. Les mots péjoratifs sont en eux-mêmes dépréciatifs, mais ils sont plus ou moins qualificatifs, suivant leur emploi dans l'expression : un fieffé coquin, des plaisirs coquins ou coquin de sort !

La témérité est une qualité chez un soldat mais un défaut chez le général. La franchise est préférable à la fourberie mais lorsque quelqu'un vous avoue qu'il est capable du meilleur comme du pire, vérifiez que ce n'est pas dans le pire qu'il est le meilleur.

La fierté que vous manifestez dans la réussite de vos enfants ou dans le résultat d'une bonne action prouve la qualité de votre éducation ou de votre générosité. Mais elle n'est que défaut si elle devient orgueilleusement tapageuse, ostentatoire ou dédaigneuse.

Le plus beau cocorico du réveille matin est la fierté du poulailler comme la gêne du citadin devenu campagnard. L'envie de montrer ses qualités peut à l'excès devenir un défaut. H.G. Wells nous livre une pensée proverbiale : "On a toujours les défauts de ses qualités, rarement les qualités de ses défauts."

L'interprétation et les jugements des autres vous attribuent sans cesse, mérites et imperfections. Vous les trouvez souvent injustes, parce qu'il vous est plus rassurant de vous trouver des qualités que des défauts. Mais vos détracteurs ne s'accrochent qu'à vos défauts car ils se voient de près, tandis que vos qualités ne se voient que de loin. Le secret du bonheur illusoire : choisissez des amis myopes plutôt que des presbytes.

Certains cachent leur jeu pour faire illusion ! Le paraître leur sert d'être, sauf d'être authentiques. Qu'ils prennent garde, au-delà de paraître ridicules, Horace les prévient : "En voulant éviter un défaut, les sots se jettent dans le défaut contraire."

Si vous ne pouvez empêcher les gens de vous critiquer, vous pouvez cesser de les écouter ! La surdité est une affliction et dans ce cas, un soulagement ! Mais la louange peut à l'inverse être tromperie ou le bénéfice secondaire d'un esprit indulgent et positif.

Avant de colporter une nouvelle touchant aux habitudes d'un individu n'oubliez pas d'appliquer les trois filtres de Socrate : "Est-ce vrai ? Est-ce quelque chose de bien ? Est-ce utile ?... Si ce que tu as à me raconter n'est ni vrai, ni bien, ni utile, pourquoi vouloir me le dire ?"

Et l'amour ? Que faut-il en penser ? Est-ce une qualité ou un défaut ? Vous avez sûrement un avis !... L'amour du prochain ou l'amour de la prochaine ? Vaste question en son genre ! Mieux vaut le faire qu'en parler.

L'amour de la patrie, de sa famille du bien et du beau sont des preuves de qualité d'action et de cœur. L'amour du jeu devenu passion dévorante est un chemin de ruine et de désolation, l'amour fasciné pour la mort est une obsession maladive, l'amour de l'argent attire l'avarice, l'amour tendresse si attentionné en devient étouffant, tous n'ont que de néfastes effets. La perfection demeure un idéal.

Alors, le bel amour rend-t-il heureux ? Bien sûr, que dans un couple s'aimer, c'est aimer les qualités de l'autre mais aimer ses défauts n'est-ce pas une vraie et plus grande preuve d'amour ? Préférez la modestie des petits mots affectueux aux grands maux cuisants des promesses oubliées.

Si les torts sont souvent partagés entre les moitiés, le plus grand défaut de la femme, ne le cherchez pas, c'est son mari ! André Chénier a écrit : "Plus une femme aime son mari, plus elle le corrige de ses défauts ; plus un mari aime sa femme, plus il risque d'augmenter ses défauts."

Entendez-vous les viriles protestations masculines ? Un conseil à leur encontre : Le mot rêver qu'on l'écrive à l'endroit ou à l'envers reste le mot rêver !

Les jugements sont des miroirs dans lesquels les défauts inversent leur images en qualités et vice et versa. Prenez une épine, si elle incarne la rose elle figure aussi les ronces. Les défauts font toujours ressortir les qualités. Un défaut dans la pensée peut être une qualité dans l'action. L'enfer ne se comprend que dans l'idéal du paradis ! Les amants sont des aimants où les contraires s'attirent.

Les exemples peuvent ainsi se multiplier à l'infini et s'envisager au prisme du sexe fort et du sexe faible. Lâchez prise et ne râlez pas ! L'humour comble aisément l'amour. Accrochez-vous sans vous disputer. Dans les discussions qui virent bruyamment aux désaccords, sachez que l'obstination est vaine, c'est l'écho qui aura le dernier mot.

Alors, l'équilibre entre défauts et qualités est-il un idéal ? Les magnifie-t-on en les transformant en vices et vertus ? Le silence s'impose... Que préférez-vous, messieurs, les grandes ou les petites vertus ? Que choisirez-vous mesdames, un lion ou un mouton, un macho ou un chameau ? S'il ne se perd pas en chemin, un jour votre prince viendra !

Y réfléchir est une qualité universelle !

 

 

 

 

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Ignorance

Publié le par modimodi

Inutile de se réjouir ou de s'enorgueillir exagérément du présent. Nous ne savons rien de la vie ni de l'avenir. Nous sommes dans l'ignorance des choses, des faits et de nous-mêmes. Cette attitude de sagesse est un principe de philosophie orientale.

En effet, si "Tout bien portant est un malade qui s'ignore", sans doute, vaut-il mieux ne rien savoir afin de ne pas être dans l'angoisse de la maladie ! Il est préférable de rester optimiste et d'espérer des lendemains qui chantent comme se dit la cantatrice, victime d'une extinction de voix.

Laisser quelqu'un dans l'ignorance, c'est le laisser en dépendance de lui-même et à la merci de son environnement. L'instruction publique a voulu sortir l'individu de sa servitude en l'alphabétisant. Cette attitude philanthropique est nécessaire mais non suffisante.

Sans les outils de la réflexion, du discernement et de l'analyse critique, l'homme est le sujet de l'opinion répandue, des préjugés, de la croyance, de la superstition et des dogmatismes qu'entretiennent fanatiques et obscurantistes. Au sens étymologique, c'est la part noble du scepticisme que de ne rien admettre comme vérité sans examen approfondi.

Il faut ici mettre à part la réalité physique généralement admise, car entre un autobus et soi-même, sans en faire l'expérience sensible, chacun sait qui remportera le face à face. Il n'est nul besoin de finesse, d'intelligence ou de culture pour en être convaincu. Nul n'est censé ignorer la loi, surtout du plus fort !

Pour apercevoir l'horizon dégagé, le recul est indispensable. De même la mise à distance et la réserve du jugement permettent de dégager un point de vue personnel et de se fonder un avis original. Cette capacité, quand on l'exerce, rend heureux sans être au point exacerbé de la félicité céleste, réservée aux bienheureux.

Bienheureux les incrédules et peut-être "les simples d'esprit car le royaume des cieux est à eux." Par contre, rien ne prouve que les imbéciles soient vraiment heureux...

Il n'y a pas un grand écart entre les naïfs candides comme des petits enfants, entre les gens qui se contentent du sens premier, qui ne se compliquent pas l'existence ni ne s'encombrent de problèmes métaphysiques et les idiots congénitaux, ignorants par nature. Mais par contre, il y a une différence flagrante avec les idiots qui se comportent de manière irresponsable et les écervelés qui ont des comportements stupides et font fi du bien-être et de la sécurité de leur entourage.

De ceux-là, il convient de se méfier. Leurs idées et leurs exemples sont à ignorer car dangereux d'inconscience et de conséquences. De même, méfions-nous des pseudos scientifiques qui pérorent sur les maladies, les virus et les vaccins alors qu'ils n'en ont qu'une connaissance partielle.

Appliquons sans réserve les gestes barrière vis à vis de la protection de soi-même et des autres, ralentissons ainsi l'épidémie mais appliquons en même temps des comportements barrière. Profanes que nous sommes, gardons une mise à distance face à la circulation des analyses précipitées et contradictoires afin d'éviter l'infection voire la surinfection des informations hasardeuses.

Sans être des incapables ou des incompétents dans leur domaine, certains experts sentencieux et savants ne doutent pas. Ils assènent leurs avis et prônent l’application immédiate sans prudemment reconnaître qu'ils manquent de connaissances certifiées. Ainsi vont les apprentis sorciers dans leurs mystérieuses incantations comme les girouettes au gré du vent capricieux et des coups de vent dans l'air du temps.

Nous sommes tous l'ignorant de quelqu'un. Gardons notre âme d'enfant. Notre couronne n'est parfois qu'un bonnet réservé aux benêts. L'âne alpha-bête souvent retient l'alpha et bute sur le béta. Baudet, bêta de grand dadais ! Les grandes oreilles sont grand ouvertes, pour faciliter la libre circulation des connaissances qui rentrent d'un côté et ressortent de l'autre ! L'âne bâté n'a jamais le bât qui le blesse longtemps.

Si nous ne sommes pas ignorés, nous ne savons pas notre chance, quand nous ne faisons pas partie des oubliés de la vie que le malheur et les échecs accablent. Quand nous n'appartenons pas aux délaissés, aux oubliés du cœur et que nous avons de l'importance pour quelqu'un. Quand nous n'essuyons pas l'indifférence et le mépris de ceux qui ne voyant que leur intérêt vous ignorent et vous trouvent transparents comme leurs illusions.

La sagesse vous enseigne l'humilité, à n'avoir d'autre prétention que celle d'apprendre des autres. Rester silencieusement prudent n'est pas un manque d'assurance, si c'est pour sonder la part inconnue de soi-même. Deux références philosophique et poétique éclairent notre route. Socrate nous rappelle l'injonction morale de la devise inscrite au frontispice du temple de Delphes : "Connais-toi toi-même" et Lamartine nous plonge dans une sage introspection : "Ignorant d'où je viens, incertain où je vais."

 

 

 

 

 

vraiment heureux...

Il n'y a pas un grand écart entre les naïfs candides comme des petits enfants, entre les gens qui se contentent du sens premier, qui ne se compliquent pas l'existence ni ne s'encombrent de problèmes métaphysiques et les idiots congénitaux, ignorants par nature. Mais par contre, il y a une différence flagrante avec les idiots qui se comportent de manière irresponsable et les écervelés qui ont des comportements stupides et font fi du bien-être et de la sécurité de leur entourage.

De ceux-là, il convient de se méfier. Leurs idées et leurs exemples sont à ignorer car dangereux d'inconscience et de conséquences. De même, méfions-nous des pseudos scientifiques qui pérorent sur les maladies, les virus et les vaccins alors qu'ils n'en ont qu'une connaissance partielle.

Appliquons sans réserve les gestes barrière vis à vis de la protection de soi-même et des autres, ralentissons ainsi l'épidémie mais appliquons en même temps des comportements barrière. Profanes que nous sommes, gardons une mise à distance face à la circulation des analyses précipitées et contradictoires afin d'éviter l'infection voire la surinfection des informations hasardeuses.

Sans être des incapables ou des incompétents dans leur domaine, certains experts sentencieux et savants ne doutent pas. Ils assènent leurs avis et prônent l’application immédiate sans prudemment reconnaître qu'ils manquent de connaissances certifiées. Ainsi vont les apprentis sorciers dans leurs mystérieuses incantations comme les girouettes au gré du vent capricieux et des coups de vent dans l'air du temps.

Nous sommes tous l'ignorant de quelqu'un. Gardons notre âme d'enfant. Notre couronne n'est parfois qu'un bonnet réservé aux benêts. L'âne alpha-bête souvent retient l'alpha et bute sur le béta. Baudet, bêta de grand dadais ! Les grandes oreilles sont grand ouvertes, pour faciliter la libre circulation des connaissances qui rentrent d'un côté et ressortent de l'autre ! L'âne bâté n'a jamais le bât qui le blesse longtemps.

Si nous ne sommes pas ignorés, nous ne savons pas notre chance, quand nous ne faisons pas partie des oubliés de la vie que le malheur et les échecs accablent. Quand nous n'appartenons pas aux délaissés, aux oubliés du cœur et que nous avons de l'importance pour quelqu'un. Quand nous n'essuyons pas l'indifférence et le mépris de ceux qui ne voyant que leur intérêt vous ignorent et vous trouvent transparents comme leurs illusions.

La sagesse vous enseigne l'humilité, à n'avoir d'autre prétention que celle d'apprendre des autres. Rester silencieusement prudent n'est pas un manque d'assurance, si c'est pour sonder la part inconnue de soi-même. Deux références philosophique et poétique éclairent notre route. Socrate nous rappelle l'injonction morale de la devise inscrite au frontispice du temple de Delphes : "Connais-toi toi-même" et Lamartine nous plonge dans une sage introspection : "Ignorant d'où je viens, incertain où je vais."

 

 

 

 

 

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Partage

Publié le par modimodi

L'altruisme qui sied à la vie en société nous incite à partager avec notre prochain et donne tort au proverbe égoïste : "Charité bien ordonnée commence par soi-même."

Car aux yeux de la morale, il est inconvenant de penser à soi avant de se préoccuper des autres. C'est d'ailleurs au nom de ce principe, que les mêle-tout trouvent un encouragement à s'occuper de ce qui ne les regarde pas.

Loin d'être partageur, dans la savane et la jungle des villes, celui qui applique la loi du plus fort se réserve la part du lion. Alors, la charité serait-elle l'apanage des faibles ?

La fraternité elle-même ne serait-elle qu'une parenté familiale comme la sororité naturelle entre frère et sœur ? L'amour fraternel n'a rien d'idéal, si on se réfère aux frères ennemis, Romulus et Remus, Caïn et Abel ?

Alors ne faut-il pas s'interroger sur les bienfaits et l’ambiguïté du partage et ne devons-nous pas rester partagés sur sa signification ? Nous le savons, les mots sont piégeux, leurs sens s'amenuisent avec le temps. D'ailleurs nous risquons de perdre la tête, si nous voulons appliquer à la polysémie du partage ce proverbe de Descartes : "Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée."

En effet, tout s'interprète et se déprécie à l'usure. Dans l'esprit du philosophe, il ne s'agit pas de l'opinion communément admise mais de la raison qui permet de distinguer le vrai du faux et la faculté de discerner le bien et le mal sur le plan moral.

Il convient donc de se méfier de ceux qui veulent partager leur avis quand ils ont l'impudence de tout savoir et tout connaître et qui parfois se perdent et se contredisent dans leurs arguments, en pensant qu'ils font autorité. Il est ici encore intelligemment préférable de rester partagé.

Dans les couples, chacun réserve à l'autre la meilleure part de soi-même et donne à sa moitié son amour, à part entière. Chacun participe aux plaisirs de l'autre et le bonheur se partage dans la félicité. Le temps leur donne sa durée à partager dans un accompagnement de vie commune.

Mais monsieur le maire avant l'échange des consentements l'a dit, l'union des conjoints est contractée "pour le meilleur et pour le pire". Sous-entendu : chacun aura sa part ! La vie commune est un tirage au sort. Mais ce jour de mariage permet de partager le meilleur des espoirs de joie avec tous les amis.

Aussi, après le ciel bleu parfois, dans le ménage apparaissent les premiers nuages, quand après les caresses et la tendresse, le partage du quotidien s'apparente psychologiquement aux plaies et bosses. Les dissensions s'expriment de toutes parts, alors même les torts sont partagés de part et d'autre ou portés devant le juge, chargé de les départager. Dans la communauté réduite aux acquêts, les biens sont répartis de manière équitable et chacun reprend sa part, dans un accord fifty-fifty !

Partager suppose une ouverture du cœur, compassionnelle pour donner sans rien attendre en retour. Cette noble attitude a conduit St Martin à partager son manteau, à St Louis à nourrir les pauvres. Faut-il y voir un total désintéressement ? Que nenni, si le chrétien suit le principe catholique "d'aimer son prochain comme soi-même", il le fait en symétrie de l'amour de Dieu pour lui. L’application caritative du "donnant, donnant" est donc dogmatiquement admise.

Qui ne s'aime pas ne pourrait donc pas être charitable mais simplement solidaire sans être ni dans les largesses ni à demi généreux. La morale laïque de la république affiche à son fronton la fraternité comme la valeur résultante de la liberté et de l'égalité. Au banquet républicain, chaque citoyen français est un compagnon du devoir. Il partage au sens étymologique, le pain et faute de brioche, il bat le pavé, en béret basque et baguette sous le bras.

Le monde est plein de confusions. Nous n'avons souvent à partager que le manteau rapiécé de nos illusions et de nos contradictions. On peut tout partager, ainsi la tarte, en se réservant à la découpe, la meilleure part du gâteau. Ainsi une nouvelle sans en révéler l'entièreté et simplement dans l'intention de diviser l'opinion. Car partager partiellement, c'est toujours partager ! Ainsi les profits et leurs rétributions entre ouvriers et actionnaires, ainsi la division du territoire entre propriétaires, exploitants et occupants. 

Mais l’État prône l'illusion de la démocratie participative pour que chacun ait voix au chapitre, qu'il puisse s'exprimer et partager son point de vue, sitôt noyé dans une synthèse réductrice. Heureusement, il y a les fêtes où l'on peut partager la joie des enfants qui attendent St Nicolas ou le Père Noël. Il y a les expositions d'artistes et les concerts où les spectateurs partagent ensemble les mêmes contemplations des œuvres et la même écoute dans le secret des émotions singulières. Partager offre la possibilité de communier tout en conservant son individualité émotionnelle.

Ainsi ! Le lecteur voudra bien partager un peu de son indulgence pour cette modeste démonstration, critiquable de toutes parts et qui ose malmener les proverbes. Elle ne demande à personne d'adopter la totalité du propos, d'embrasser ses points de vue mais de la partager, en bonne part et en réflexion et non pas en communauté de sentiments. Chacun est en capacité de faire le partage entre ses pensées, ses convictions et ses croyances... même si, au final, il reste tiraillé et partagé.

 

 

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Drôle de fin de semaine !

Publié le par modimodi

Il y a un peu partout autour de moi et en tout temps, des faces de carême-prenant, des gens qui font la gueule, la triste et grise mine !... C'est la conjoncture, c'est la crise ! 

A l'époque de ma scolarité, je comprenais pourquoi, le vendredi, les visages s'allongeaient, pourquoi les sourires se figeaient ! Mes congénères de pensionnat et moi, en connaissions la raison hebdomadaire, le motif récurrent : le repas de la cantine ! Un vendredi sur deux, l'odeur du poisson qui flottait dès le matin, dans les couloirs ou la promesse des œufs cuits durs, sauce plâtreuse Mornay, servis avec épinards avaient l'assurance de nous dépiter ! Une seule seule personne semblait s'en réjouir, la bonne sœur, chef de cuisine, si petite mais si rapide à la marche, qu'on l'avait dénommée " trottinette ".

Au temps des études secondaires et de mes humanités classiques, j'étais emporté par le souffle des alexandrins. Corneille, Hugo et Racine avaient le génie de m'enflammer ! C'est en découvrant la seule comédie, écrite par ce dernier : " Les Plaideurs ", que la révélation m'est apparue dans toute son évidence !

Quand Petit-Jean débute son monologue en déclarant : " Ma foi, sur l'avenir bien fou qui se fiera : -Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera. ", je compris alors, pourquoi mes vendredis avaient été funestes et pénibles ! C'était pour avoir la garantie d'une très bonne fin de semaine en famille !

Dans mon optimisme juvénile, j'avais même conclu que la logique inverse devait probablement s'appliquer : " Tel qui pleure vendredi, dimanche rira ! " La pénibilité de chaque vendredi avait la certitude de la joie du week-end, dans l'amour des miens, les rires et les jeux.

Une leçon s'en dégageait. Si cet alexandrin devenu proverbe signifiait que la joie était souvent suivie par la peine, il valait mieux ne pas être le premier à rire pour ne pas être le dernier à pleurer ! Alors, vive la diététique et la science culinaire appliquées à l'école du savoir et de la vie.

Mais, c'est bien plus tard, que j'appris et compris qu'au banquet de l'amour, le vendredi était consacré à Vénus, quand une jolie sirène à queue de poisson m'envoya me faire cuire un œuf !

Le temps a passé et tamisé mes souvenirs. Aujourd'hui, je sais que le bonheur n'est pas constant et que le chagrin succède à la joie. Pas de ciel sans nuages ! Une arête peut venir se loger en travers du gosier, n'importe quel jour de la semaine. En mettant ses œufs dans le même panier, le succès n'est jamais garanti !... J'ai heureusement depuis, oublié les vendredis empestés en découvrant chez Petrossian, les plaisirs exceptionnels de l'alliance des œufs noirs de l'esturgeon avec la vodka !

J'ai également acquis de la sagesse populaire. "Je fais avec ! ", comme on dit. Quand, ayant évité les jours noirs, j'agis à la petite semaine, je dis : " Ça va comme un lundi ! Aujourd'hui, si ce n'est pas mardi gras, ce n'est pas non plus, mercredi des cendres ! Vivement la semaine des quatre jeudis ! " 

Quand je fais le programme du week-end, je pense à Sacha Guitry : " Ne faites jamais l'amour le samedi soir, car s'il pleut le dimanche, vous ne saurez plus quoi faire ". En mauvais bricoleur du dimanche, j'ai dû en appeler à Woody Allen : " Non seulement Dieu n'existe pas, mais il est impossible de trouver un plombier le dimanche. "

Désormais, une autre maxime valable pour tous les jours de la semaine, me menace ou me conforte dans sa grande généralité : "Rira bien qui rira le dernier."

Devant l'adversité, je ne dois jamais renoncer ! La roue peut tourner, le cours défavorable des événements peut s'inverser. Je peux gagner quand je croyais tout perdu ! J'aurais un jour, ma revanche ! Mes adversaires ne perdent rien pour attendre ! " La vengeance est un plat qui se mange froid ! "... comme le poisson ou les œufs mayonnaise !

Dans le fond, au final, au buffet froid de la vie, c'est souvent maigre, vendredi rémoulade ou mimosa !

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Connaître ses classiques !

Publié le par modimodi

Horace avait raison: "L'instruction accroît la valeur innée." (ODES IV-4-33) car " aux âmes bien nées, elle "n'attend pas le nombre des années." (P Corneille- Le Cid)

L'école en a fait sa sagesse proverbiale. Ses murs retentissent de mille éclats de voix :

A ma gloire pastiche

" Je suis le ténébreux, le cancre mal aimé,

Le prince de malchance aux zéros abonné:

Ma bonne étoile est morte, et mon pauvre cahier

Porte le soleil noir des tâches d'encrier. " (1)

" Souvent en fond de classe, près du radiateur,

Attendant la sortie, tristement, je m'assieds;

Et mon esprit s'égare, très loin, au fil des heures

De ce tableau changeant, de ces leçons casse-pieds. " (2)

Le maître :

" Jehan, as-tu du coeur?

Jehan :

Tout autre que vous, maître

L'éprouverait sans heurts. " (3)

Le maître :

" A moi, Jehan, deux mots!

Jehan :

Parlez!

Le maître :

Ôte-moi d'un doute,

Connais-tu Charlemagne?..." (4)

Jehan :

Oui,

Le maître :

Sur Charles, dit le Magne, il te faut disserter;

Et l'école, dis-nous, l'a-t-il bien inventée?

Jehan :

" Atteint jusques au fond du cœur

D'une attaque imprévue aussi bien que cruelle,

Pour vous répondre, Maître, je me creuse cervelle,

Ne voulant supporter votre juste rigueur. " (5)

En aparté :

" Il me faut donc ramer ou braver sa colère

Que diable, suis-je venu faire dans cette galère? " (6)

Déclamant :

" Sire Childéric, sur son trône perché

Fut, on le sait, dernier de son lignage.

Maire du palais, par pouvoir alléché

Lui tint à peu près ce langage:

Hé! Bonjour, fils béni parmi les Mérovée,

A vous, la vie d'château et à moi, les corvées!

Sacré roi fainéant, si pour pomm' me prenez,

Par la foi de Pépin, bien fort vous méprenez!

Bref! De tous ces propos, Childéric, le bon roi

Malheureux et confus, resta muet, sans voix.

Sitôt incontinent, couronne lui donna

Aux maudits Pipinides, le trône abandonna. " (7)

De cette dynastie, naquit Charles Le Grand.

Voici, ô mon bon maître, le début du roman.

Le maître médusé de tant d'science historique :

" Ô grâce, ô doux espoir! Ô jeunesse bénie!

Que me soit pardonnée toute ma vilenie!

Car si je t'ai flétri par mes propos guerriers,

J'exulte qu'à ton front, fleurissent tous ces lauriers. " (8)

Jehan :

" Pour être un vrai héros, il me faut achever

C'est peu pour moi de vaincre, je veux encore braver... " (9)

Or donc, à Roncevaux, Roland, son preux neveu

" Aimait le son du cor, le soir au fond des bois. " (10)

Soufflant à perdre haleine, à s'en casser la voix.

A ses basques, les Maures couraient "Sus au baveux! "

Brisons là, leur dit-il, brandissant Durandal,

" Point de royaume à prendre, encore moins mon cheval! " (11)

Le maître impatient :

" Oui! Roland cornait tout le temps,

Il cornait, j'en suis fort aise

Hé bien! Concluez maintenant. " (12)

Jehan:

L'oreille de Charles est bien mauvaise,

Il n'entend pas sonner le cor...

" Roland se meurt, Roland est mort. " (13)

" Ô triste, triste était son âme

A cause, à cause de ces infâmes.

Il ne s'est jamais consolé

De savoir Roland en allé. " (14)

Guerroyer devint interdit,

Tous les soldats furent maudits.

La paix fut donc son seul souci.

Place aux missi dominici!

Caressant sa barbe fleurie,

Il convoqua les érudits :

" De l'école avant toute chose,

Et pour cela, finies les guerres.

Qui dira les torts de la haine!

Le plaisir d'apprendre en semaine!

De la musique, troubadours,

De la science encore et toujours!

Que leçon soit bonne aventure,

Tout le reste est littérature. " (15)

 

Avez-vous reconnu les poèmes et leurs auteurs célèbres, allègrement et honteusement pastichés?

(1) El Deschidado - Les Chimères - Gérard de Nerval

(2) L'isolement - Méditations poétiques I - Alphonse de Lamartine

(3) Le Cid - Acte I - Scène V - Pierre Corneille

(4) Le Cid - Acte II - Scène II - Pierre Corneille

(5) Le Cid - Acte I - Scène VI - Pierre Corneille

(6) Les Fourberies de Scapin - Acte II - Scène VII - Molière

(7) Le corbeau et le Renard - Fables - Jean de la Fontaine

(8) Le Cid - Acte I - Scène IV - Pierre Corneille

(9) Horace - Acte IV - Scène II - Pierre Corneille

(10) Le Cor - Alfred de Vigny

(11) Richard III - Shakespeare

(12) La Cigale et la Fourmi - Fables - Jean de la Fontaine

(13) Oraison Funèbre - Bossuet

(14) Ô triste, triste était mon âme... - Romances sans paroles - Paul Verlaine

(15) Art Poétique - Paul Verlaine

 

Le maître à Jehan :

Jehan, tu es bien jeune " mais aux esprits bien nés

La valeur n'attend pas le nombre des années. " (16)

Le maître à la classe:

" Ecole, mère des arts, des leçons, des devoirs,

Longtemps vous nourrira du lait de sa mamelle;

Ores, comme les soldats que le devoir appelle

Remplissez en son nom des pages chaque soir. " (17)

Jehan :

" Demain, dès l'aube, à l'heure où sonnera ma Seiko,

Je me réveillerai pour bosser l'interro.

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je me lèverai heureux. Je sais qu"il faut apprendre

Fleuve, océan, pénéplaine et montagne...

Je ne puis demeurer ignorant plus longtemps. " (18)

La classe :

Fayot! Fayot!

Gare à ta gueule!

Gare à tes meules!

Bouffon! Fayot!

Répondit l'Echo.

Le Maître :

Silence, taisez-vous, bandes de p'tits minus.

Osez ainsi braver railler, le Carolus Magnus!

Je vous apprendrai, moi, à vous gausser ainsi,

A l'étude, au sérieux, préférer l'anarchie!

Prenez une copie,

Travaillez sans répit:

Sous forme de poème,

Déclinez-moi le thème;

De vos scolarités,

Montrez-moi l'intérêt.

Petit Jacques :

Ô Maître, pour moi, notre école,

C'est un abri pour rossignols...

"Peindre d'abord une cage

Avec une porte fermée Ensuite l'appeler

Classe, école, lycée

Attendre l'heure de la rentrée

Ne pas se décourager

Elle vient à petits pas bleutés

Dans la douceur d'une fin d'été,

Attendre sans se presser.

Quand l'oiseau arrive

L'appeler oiseau rare,

Écolier écolière

Et pour qu'il se cultive

Lui parler de Tite Live

De Corneille de Prévert

De Racine et Molière

D'Euclide et de Mozart

Des Chroniques de Froissart.

Attendre qu'il entre dans la cage

Et quand il est entré

Fermer doucement la porte

Ecrire son nom dans un coin du tableau. " (19)

Joachim :

Je ne veux pas de cage

Je veux des équipages

" Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,

Et ne fut pas contraint de faire l'enfant sage,

Ou comme celui-là qui conquit la toison,

Sans devoir s'adonner aux rimes, à la raison!

Sans devoir s'éreinter aux devoirs, aux leçons"

Son jumeau :

C'est bien dit, Joachim

L'école c'est qu'du chagrin!

" Mon frère ou toi ma sœur,

Songe à la douleur

D'aller là-bas trimer ensemble!

Bosser à loisir,

Bosser et suer

Dans l'enfer qui nous rassemble! " (21)

" Ô maître, si mon langage

A le propos audacieux,

Souvenez-vous qu'à mon âge

Vous ne jactiez guère mieux. " (22)

Caruso :

En l'honneur de Charlemagne moi, j'ai fait une chanson

Qu'on pourrait tous en chœur entonner à l'unisson :

"Toi qui as eu l'idée folle

Un jour d'inventer l'Ecole

Tu mériterais des torgnoles

Des coups de pied dans les guibolles

Car l'école, c'est comme le bagne

Sacré, Sacré, Charlemagne! " (24)

 

Avez-vous reconnu les poèmes et leurs auteurs célèbres, allègrement et honteusement pastichés?

(16) Le Cid (encore et toujours! ) - Pierre Corneille

(17) France, mère des arts... Les Regrets - Joachim du Bellay

(18) Demain dès l'aube... Les Contemplations - Victor Hugo

(19) Pour faire le portrait d'un oiseau - Paroles - Jacques Prévert

(20) Heureux qui, comme Ulysse... Les Regrets - Joachim du Bellay

(21) L'invitation au voyage - Les Fleurs du Mal - Charles Baudelaire

(22) Stances à Marquise - Pierre Corneille

(23) Sacré Charlemagne - Gall Robert et France

 

La classe continue de répondre au Maître.

L'avant-dernier :

" Je suis venu, câlin, patelin

Riche de mes seuls yeux tranquilles,

Vers l'école de la grande ville

Ils ne m'ont pas trouvé malin. " (24)

L'avant dernier ex-æquo :

" Sans tête suis, bel esprit voudrais être,

Sans tête m'a Dame mémoire laissé,

Sans tête suis au grand dam de mes maîtres,

Sans tête suis, accablé, dépassé,

Sans tête suis partout et sans pensées,

Sans tête suis de tant d'erreurs comblé,

Sans tête suis, vaillant petit baudet " (25)

Le maître :

" Tu es jeune, il est vrai mais aux ânes damnés

La douleur n'attend pas le nombre d'avoinées. " (26)

Martin rêveur :

" Le temps m'a laissé son manteau

De langueurs, de rêves et d'ennuis,

Et s'est vêtu d'étourderies,

De reproches sonnant clair et haut. " (27)

" Mais vrai, j'ai trop plané! Mes notes sont navrantes.

Toute faute est atroce et tout reproche amer :

L'âcre effort m'a gonflé de remarques cinglantes.

Ô ciel! Ma tête éclate! Je retourne chez ma mère. " (28)

Paul le courageux :

" C'est bien la pire peine

De ne savoir pourquoi,

A longueur de semaine,

Je me donne tant de peine. " (29)

Un baîlleur :

" Ô temps! Suspends ton vol, et vous, heures propices!

Suspendez tous nos cours :

Laissez-nous savourer les rapides délices

Des plus beaux de nos jours :

Une récréation qui dure tout un jour! " (30)

" Devant l'ennui que sonne l'heure

De la fin du cours où je meurs.

Passent les jours et passent les semaines

Ni temps perdu

Ni les récrés reviennent

Sous le préau coule ma peine. " (31)

Le dernier :

" Oui, le cancre est semblable au prince des nuées

Qui plane dans ses rêves, se rit des quolibets;

Exilé dans la classe au milieu des huées,

Ses ailes déployées l'empêchent de retomber ." (32)

" Le crissement de la craie ne fait pas frissonner sa narine.

Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine

Tranquille. Il a deux tâches d'encre au bout des doigts. " (33)

Un redoublant :

" Que sont mes copains devenus

Eux que j'avais si près tenus

Et tant aimés?

Je vois qu'ils sont trop clairsemés,

Je crois le temps les a ôtés,

L'enfance est morte

Ce sont amis qu'école emporte. " (34)

" Oh! Combien de malins et de petits génies

Qui sont partis joyeux pour des cours insomnies!

Sur les bancs de la classe en usant leur culotte,

Combien ont disparu? Où sont passés mes potes?

Sous les lauriers fanés à jamais enfouis! " (35)

Envoi :

" Nous vous voyons attablés, vingt, trente,

Tête baissée comme font pénitentes

Traçant, gravant, burinant, ânonnant

Et, vos cerveaux prisonniers des carcans

A votre mal personne ne remédie,

De congés en semaines, de trois à quatre jeudis,

Moult enseignants ont quelques grains à moudre;

Mais, vous n'avez que problèmes à résoudre.

Frères écoliers qui après nous vivez,

N'ayez les cœurs contre Charles endurcis,

Car si pitié de lui pauvres n'avez,

Jules Ferry aura de vous souci! " (36)

 

Avez-vous reconnu les poèmes et leurs auteurs célèbres, allègrement et honteusement pastichés?

(24) Je suis venu, calme , orphelin... - Sagesse - Paul Verlaine

(25) Ballade - Christine de Pisan

(26) Le Cid - Corneille peut bayer!

(27) Rondeau - Charles d'Orléans

(28) Le bateau ivre - Poésie 1871 - Arthur Rimbaud

(29) Il pleure dans mon coeur... - Romances sans paroles - Paul Verlaine

(30) Le lac - Méditations poétiques - Alphonse de Lamartine

(31) Le pont Mirabeau - Alcools - Guillaume Apollinaire

(32) L'albatros - Les fleurs du Mal - Charles Baudelaire

(33) Le dormeur du val - Poésies 1870 - Arthur Rimbaud

(34) La complainte Rutebeuf - Rutebeuf

(35) Oceano Nox - Les rayons et les ombres - Victor Hugo

(36) La ballade des pendus - François Villon

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Connaître ses classiques ! 3/3

Publié le par modimodi

 

La classe répond au Maître.

L'avant-dernier :

"Je suis venu, câlin, patelin

Riche de mes seuls yeux tranquilles,

Vers l'école de la grande ville

Ils ne m'ont pas trouvé malin." (24)

 

L'avant dernier ex-æquo :

"Sans tête suis, bel esprit voudrais être,

Sans tête m'a Dame mémoire laissé,

Sans tête suis au grand dam de mes maîtres,

Sans tête suis, accablé, dépassé,

Sans tête suis partout et sans pensées,

Sans tête suis de tant d'erreurs comblé,

Sans tête suis, vaillant petit baudet." (25)

 

Le maître :

"Tu es jeune, il est vrai mais aux ânes damnés,

La douleur n'attend pas le nombre d'avoinées." (26)

 

Martin rêveur :

"Le temps m'a laissé son manteau

De langueurs, de rêves et d'ennuis,

Et s'est vêtu d'étourderies,

De reproches sonnant clair et haut." (27)

"Mais vrai, j'ai trop plané! Mes notes sont navrantes.

Toute faute est atroce et tout reproche amer :

L'âcre effort m'a gonflé de remarques cinglantes.

Ô ciel! Ma tête éclate! Je retourne chez ma mère." (28)

 

Paul le courageux :

"C'est bien la pire peine

De ne savoir pourquoi,

À longueur de semaine,

Je me donne tant de peine." (29)

 

Un baîlleur :

"Ô temps! Suspends ton vol, et vous, heures propices!

Suspendez tous nos cours :

Laissez-nous savourer les rapides délices

Des plus beaux de nos jours :

Une récréation qui dure tout un jour!" (30)

"Devant l'ennui que sonne l'heure

De la fin du cours où je meurs

Passent les jours et passent les semaines

Ni temps perdu

Ni les récrés reviennent

Sous le préau coule ma peine." (31)

 

Le dernier :

"Oui, le cancre est semblable au prince des nuées

Qui plane dans ses rêves, se rit des quolibets;

Exilé dans la classe au milieu des huées,

Ses ailes déployées l'empêchent de retomber." (32)

"Le crissement de la craie ne fait pas frissonner sa narine.

Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine

Tranquille. Il a deux tâches d'encre au bout des doigts." (33)

 

Un redoublant :

"Que sont mes copains devenus

Eux que j'avais si près tenus

Et tant aimés?

Je vois qu'ils sont trop clairsemés,

Je crois le temps les a ôtés,

L'enfance est morte

Ce sont amis qu'école emporte." (34)

"Oh! Combien de malins et de petits génies

Qui sont partis joyeux pour des cours insomnies!

Sur les bancs de la classe en usant leur culotte,

Combien ont disparu? Où sont passés mes potes?

Sous les lauriers fanés à jamais enfouis!" (35)

 

Envoi :

"Nous vous voyons attablés, vingt, trente,

Tête baissée comme font pénitentes

Traçant, gravant, burinant, ânonnant

Et, vos cerveaux prisonniers des carcans.

À votre mal personne ne remédie,

De congés en semaines, de trois à quatre jeudis,

Moult enseignants ont quelques grains à moudre;

Mais, vous n'avez que problèmes à résoudre.

Frères écoliers qui après nous vivez,

N'ayez les cœurs contre Charles endurcis,

Car si pitié de lui pauvres n'avez,

Jules Ferry aura de vous souci!" (36)

...

Sans doute, avez-vous reconnu les poèmes et leurs auteurs célèbres, allègrement et honteusement pastichés?

(24) Je suis venu, calme , orphelin... - Sagesse - Paul Verlaine

(25) Ballade - Christine de Pisan

(26) Le Cid - Corneille peut bayer!

(27) Rondeau - Charles d'Orléans

(28) Le bateau ivre - Poésie 1871 - Arthur Rimbaud

(29) Il pleure dans mon coeur... - Romances sans paroles - Paul Verlaine

(30) Le lac - Méditations poétiques - Alphonse de Lamartine

(31) Le pont Mirabeau - Alcools - Guillaume Apollinaire

(32) L'albatros - Les fleurs du Mal - Charles Baudelaire

(33) Le dormeur du val - Poésies 1870 - Arthur Rimbaud

(34) La complainte Rutebeuf - Rutebeuf

(35) Oceano Nox - Les rayons et les ombres - Victor Hugo

(36) La ballade des pendus - François Villon

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Connaître ses classiques ! 2/3

Publié le par modimodi

 

Le maître à Jehan :

Jehan, tu es bien jeune mais aux esprits bien nés

"La valeur n'attend pas le nombre des années." (16)

 

Le maître à la classe:

"Ecole, mère des arts, des leçons des devoirs,

Longtemps vous nourrira du lait de sa mamelle;

Ores, comme les soldats que le devoir appelle

Remplissez en son nom des pages chaque soir." (17)

 

Jehan :

"Demain, dès l'aube, à l'heure où sonnera ma Seiko,

Je me réveillerai pour bosser l'interro.

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je me lèverai heureux. Je sais qu"il faut apprendre

Fleuve, océan, pénéplaine et montagne...

Je ne puis demeurer ignorant plus longtemps." (18)

 

La classe :

Fayot! Fayot!

Gare à ta gueule!

Gare à tes meules!

Bouffon! Fayot!

Répondit l'Echo.

 

Le Maître :

Silence, taisez-vous, bandes de p'tits minus.

Osez ainsi railler, le Carolus Magnus!

Je vous apprendrai, moi, à vous gausser ainsi,

A l'étude, au sérieux, préférer l'anarchie!

Prenez une copie,

Travaillez sans répit:

Sous forme de poème,

Déclinez-moi le thème;

De vos scolarités,

Montrez-moi l'intérêt.

 

Petit Jacques :

Ô Maître, pour moi, notre école,

C'est un abri pour rossignols...

"Peindre d'abord une cage

Avec une porte fermée

Ensuite l'appeler

Classe, école, lycée

Attendre l'heure de la rentrée

Ne pas se décourager

Elle vient à petits pas bleutés

Dans la douceur d'une fin d'été

Attendre sans se presser

Quand l'oiseau arrive

L'appeler oiseau rare

Ecolier écolière

Et pour qu'il se cultive

Lui parler de Tite Live

De Corneille de Prévert

De Racine et Molière

D'Euclide et de Mozart

Des Chroniques de Froissart

Attendre qu'il entre dans la cage

Et quand il est entré

Fermer doucement la porte

Ecrire son nom dans un coin du tableau." (19)

 

Joachim :

Je ne veux pas de cage

Je veux des équipages

"Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,

Et ne fut pas contraint de faire l'enfant sage,

Ou comme celui-là qui conquit la toison,

Sans devoir s'adonner aux rimes, à la raison!

Sans devoir s'éreinter aux devoirs, aux leçons"

 

Son jumeau :

C'est bien dit, Joachim

L'école c'est qu'du chagrin!

"Mon frère ou toi ma sœur,

Songe à la douleur

D'aller là-bas trimer ensemble!

Bosser à loisir,

Bosser et suer

Dans l'enfer qui nous rassemble!" (21)

"Ô maître, si mon langage

A le propos audacieux,

Souvenez-vous qu'à mon âge

Vous ne jactiez guère mieux." (22)

 

Caruso :

En l'honneur de Charlemagne moi, j'ai fait une chanson

Qu'on pourrait tous en chœur entonner à l'unisson :

"Toi qui as eu l'idée folle

Un jour d'inventer l'Ecole

Tu mériterais des torgnoles

Des coups de pied dans les guibolles

Car l'école, c'est comme le bagne

Sacré, Sacré, Charlemagne!" (24)

...

Sans doute, avez-vous reconnu les poèmes et leurs auteurs célèbres, allègrement et honteusement pastichés?

(16) Le Cid (encore et toujours! ) - Pierre Corneille

(17) France, mère des arts... Les Regrets - Joachim du Bellay

(18) Demain dès l'aube... Les Contemplations - Victor Hugo

(19) Pour faire le portrait d'un oiseau - Paroles - Jacques Prévert

(20) Heureux qui, comme Ulysse... Les Regrets - Joachim du Bellay

(21) L'invitation au voyage - Les Fleurs du Mal - Charles Baudelaire

(22) Stances à Marquise - Pierre Corneille

(23) Sacré Charlemagne - Gall Robert et France

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