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Virtuel 2/3

Publié le par modimodi

Mon amour, ma douce amie, le monde est-il réel ou virtuel ?

Sur tous les réseaux sociaux, sur la toile, le réel s'habille en virtuel ! Tout est toujours possible mais rien n'est assuré. Ce que l'on croit réel va peut être se réaliser, dans la réalité filtrée de qui va le recevoir et le percevoir. Son humeur, son temps mobilisable, son éducation, sa culture, ses expériences, la disponibilité et l'harmonie plus ou moins grande entre son cœur et son esprit vont donner force à votre envoi et lui donner une autre réalité, une seconde vie !

Le virtuel est un fruit de la virtualité. Il donne ainsi, tour à tour pouvoir à celui qui émet et à celui qui répond. Il permet de passer de l'intention à sa réalisation et vice versa ! Les accros de la console des jeux vidéo et souvent les commentateurs des réseaux sociaux sont sous cette influence. Leur activité varie en fonction de leur plus ou moins grande addiction. Certains, d'instinct envoient des rafales de "j'aime", de +1 ou des emojis expressifs ! Les nerfs à vif, tout en réflexes conditionnés, convulsifs et pavloviens ! Clic ! Clac ! La raison a pris ses cliques et ses claques.

D'autres en ont fait un passe-temps, une respiration du quotidien professionnel ou familial.  Quelques photos, des images, une réflexion, une pensée, une citation leur servent d'affirmation de leur présence au monde. Ils publient la moindre peccadille comme moi, je le fais pour mes textes. A quoi bon écrire ! Horreur ou déception, sur les réseaux sociaux, les deux se valent !

Cette habitude est pour eux, un rituel, un rendez-vous de l'amitié, virtuelle et factice, avec des " amis". Oui, des amis ! Dénommés ainsi au sortir de leur anonymat, grâce à une photo, un pseudo et quelques énigmatiques adresses ou descriptions de vie !

Bien sûr, au fil du temps, en suivant la personne dans ses posts et ses aimables commentaires, nous sommes gagnés à notre tour par sa gentillesse et avons l’impression de connaître ses goûts, ses préférences littéraires, architecturales, régionales, culinaires, artistiques… intimes mêmes !... Mais, nous l'apprécions par nos inclinations, nos valeurs morales et nos usages sociaux. Confondant souvent mobiles et motifs, nous nous plaisons à croire à tous ses mots élogieux ou convenus. Piégés que nous sommes tous par le virtuel, vécu dans la matérialité de l'instant, entre deux posts, en deux temps, trois mouvements !

Illusion des sens et des sentiments ! Ce ne sont que ses mots, des mots sincères ou conventionnels ! Ce peut-être un bonheur rare pour vous, si le commentaire est personnalisé et surtout original, tout autre que le traditionnel : " Merci " avec votre prénom ou vos initiales. Car sur les réseaux, on n'est pas tenu d'apporter son esprit et son intelligence ! Il suffit d'être présent et à tu et à toi ! C'est l'illustration philosophiquement édulcorée du " Dasein, le fait d'être là.", si chère à Heidegger.

L'activité des réseautés est, selon une idée répandue, un rendez -vous d'amitié, où chacun apporte un peu son cœur et le transporte parfois à l'autre bout du monde pour quelques correspondants éloignés. Désir de rompre la solitude, de paraître, d'exister pour quelqu'un, besoin de se mettre en scène, de briller, de se vanter, de susciter le compliment ou l'admiration, d'oser être impudique sous le voile pudique de l'incognito, d'émietter sa timidité en se racontant ou envie simplement d'offrir !

Cadeau pour l'autre, dans un sentiment humaniste, altruiste et fraternel ! Offrande de ce qu'on aime, passion ou coup de cœur éphémère et attitude rousseauiste pour la nature ! Public postage incessant pour l'inconnu ou l'habitué de passage ! Besoin de partager avec ou sans cri d'amour ou d'humour ! Ou, comme je le pense, un peu tout cela à la fois !

Voilà la nouvelle charité, ciblée pour quelques privilégiés ou jetée comme des cailloux dans la mare des curieux, en cercles concentriques ! Celle-ci n'est toutefois, jamais complètement désintéressée ? Car vous espérez de l'hypothétique curieux, un signe, un écho. Vous voudriez même parfois abonner votre lecteur de texte ou d'image et lui attribuer une carte de fidélité. Mais il est toujours de passage !

" Je t'aimais inconstant ; qu'aurais-je fait fidèle ? " Mais voilà, votre Pyrhus est un jour présent, trois jours absent ! Puis coucou, le revoilou ! Il n'était pas parti !  Votre cher ami postait, frénétiquement, il n'a pas daigné vous saluer ! Mais il revient triomphant avec de l'amitié plein la bouche ! Comme Andromaque, vous avez pris Racine, pour rien. Ellipse et éclipse ! Paroles ! Paroles ! Images sans paroles !

Mais l'autre ne vous parle toujours pas ! C'est vous qui le croyez, car ce qu'il a émis vous parle ! Son image crée une autre image, en vous ! Vous projetez, vous vous projetez et vous y croyez.

Ainsi pouvez-vous aimer, par votre représentation, à travers des mots et des photos, quelqu'un, un inconnu imaginé, alors que vous n'aimez que vous même. L'autre vous a permis simplement et personnellement de vous rencontrer ! Il vous a donné rendez-vous avec vous-même !

Si le post se tient hors de vous, ce que vous éprouvez est bien en vous. Vous n'en avez peut être pas conscience mais vous êtes seul responsable, selon le principe du transfert psychanalytique. L'image n'est qu'un médiateur, un révélateur. Le trouble vous appartient, c'est un effet de votre conduite intérieure, comme votre pensée est, comme le disait Platon, " votre parole intérieure " !

Vous pouvez tout, par l'imagination et les élans de votre cœur ! Vous pouvez vous enthousiasmer, aimer jusqu'à l'adoration, détester jusqu'au dégoût, ressentir la compassion, la pitié ou souffrir ! Vous n'avez pas acquis des connaissances sur le monde mais sur vous-même ! C'est sans le savoir, de la méthode kantienne.

Vous êtes, dirons-nous dans le réel de vous-même, si vous avez fait vôtres, vos propres ressentis émotionnels ! Et tout cela avec du virtuel ou du réel, perçu tout autant que reçu. Car l'autre garde son énigme. Il peut lui aussi être en transfert, à travers une image, une phrase, être dans le virtuel ou dans le réel. Il peut réaliser ce qu'il veut, sans que vous le sachiez. Vous pouvez accomplir ce que vous voulez sans qu'il puisse le savoir. Il peut au présent, jouer du passé, l'heure n'est que leurre ! Pas besoin de preuve !

Douce illusion d'un monde idéalisé et meilleur ! Acte gratuit et militant pour une noble cause pour qui ose s'engager et lancer des bouteilles à la mer, dans un océan d'indifférence pour quelques rescapés du cœur, sensibles et sincères ! Désirs secrets et inavoués, besoins de relations, toutes les motivations existent…

Rares sont ceux qui se connaissent vraiment et tissent de vrais liens. La communauté est presque toujours virtuelle. Le serial lover qui déclame si bien l'amour est peut être un serial killer qui comme une araignée tisse sa toile sur le net. L'écologiste est peut être un pollueur, le gentil papa, un père abandonnique, la bonne mère, une marâtre, la belle de face, une mocheté de profil, le beau sportif, un perclus de rhumatismes, celui qui se dit votre ami, un sauvage solitaire, le doux, un violent et l'éloquent, un bègue ! Appâts rances des apparences !

Le virtuel est un écran total protecteur ! Le masque de Persona, dans la tragédie grecque est devenu aujourd'hui le symbole de l'action incarnée dans la désincarnation. Soyons convaincus que l'on agit d'abord, pour soi, avant d'agir pour l'autre et ce, grâce au moyen idéal de la diffusion tout azimut du message en mode public.

Triomphe de l'individualisme dans un système collectif ! Autisme moderne où l'on peut faire mieux que parler à son bonnet, en parlant à quelques bonnets de nuit, bonnets d’âne ou blancs bonnets ! 

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Mystères

Publié le par modimodi

Est-ce que les filles du ruisseau, rigolent?

Pourquoi les grosses légumes et les huiles nous assaisonnent-ils de leurs salades?

Ceux qui ont une mine de papier mâché, sont-ils voués aux boulettes?

Est-ce, parce qu'il connaît l'air, que le maître-chanteur vous fait payer la note?

Est-ce, parce qu'elles ont une taille de guêpe que les hommes rappliquent dare-dare pour offrir leur dard?

Gauler les noix ou secouer le cocotier, l'homme descend-il du singe ou de l'arbre?

Ceux qui ont une mine d'enterrement, auront-ils, avant leur mort, la veine d'épater la galerie?

Quand une paonne fait la roue, n'est-ce pas dans l'intention de s'y faire mettre un bâton?

Les filles qui font la grue, tiennent-elles le haut du pavé pour lever leur client ou parce qu'elles rêvent de s'élever?

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Rumeurs 1/2

Publié le par modimodi

Mon frère en humanité, tu vas, l'oreille tendue aux murmures et au fracas de la vie. Méfie-toi de ceux qui discourent, comme des bruits qui courent ! Ne t’essouffle pas à les suivre ou à les pourchasser. Tu t'égarerais et te retrouverais, hésitant et dandinant d'une patte sur l'autre, le bec dans l'eau saumâtre de la mare aux canards.

N'erre pas comme une vieille commère, à la recherche d'un naïf, pour raconter un racontar. Tu n'as pas fait toutes ces études pour être pipelette et concierge. Tu n'es pas dans le besoin pour t'abaisser à relever le moindre ramassis de ragots ou faire le fouineur en mettant ton nez partout dans le dépotoir des idées reçues et des qu'en dira-t-on. Laisse le travail aux éboueurs !

Halte à la jactance, au baratin et au verbiage ! Le bagou de ceux qui discutent le bout de gras n'en révèle que le bas goût. Laisse-les baver sur leur triple menton ! Ne sois ni barbant, ni rasant ! Ne va pas tirer les vers du nez, tu n'es pas E. Rostand. Tu pourrais tomber sur un bec et courir le risque que plus personne ne puisse te piffer. Sois curieux de découvertes pas de bobards !

Ami, prête-moi ton attention ! Fuis les geais parés des plumes du paon qui bavardent pour rien d'autre que leurs propres mérites. Éloigne-toi des vieilles pies qui te font briller les nouvelles de pacotille. N'absorbe pas tout comme un buvard. Ravale avant d'avaler ! Laisse-les jaser, bavasser et parler à tort et à travers. Ce qui était censé être du tonnerre n'est souvent que "du bruit pour rien". W. Shakespeare en a titré sa comédie.

Souvent, observe que ce qui devait rester confidence s'est enflé et répandu, devenu indiscrétion, qui s'est elle-même amplifiée et colportée, faisant un boucan d'enfer, un potin du diable, un vacarme inaudible. Alors ami, suis mon conseil : Plus c'est énorme, plus, fais la fine bouche, voire motus et bouche cousue.

Les paparazzi sont des passe-plats raseurs, des gloseurs pour Closer ! Les goitreux ont des borborygmes ! Ici on grince, là-bas on siffle, un peu partout, vlà qu'on persifle ! La nouvelle qui s'ébruite se dépêche pour passer par le bouche à oreille, bourdonner et faire le buzz à la une des journaux écrits ou télévisuels. Mais en dehors du sensationnel, on est de la revue ! C'est le tchatcha de ceux qui chattent, de ceux qui tchatchent !

La télé réalité cherche même à faire entendre sa "Voix" de crécelle. Ce ne sont souvent que couinements ou criaillements d'adolescents prolongés et débiles. A la une, ils sont dans la lune de miel et de fiel et cons comme la lune ! On la leur a promise, ils vont en tomber ! Leurs vociférations vous cassent les pieds, vous déchirent et vous rebattent les oreilles de secrets racoleurs. Les bons sentiments s'étalent dans la caca-phonie...

C'est la mode, à la dernière mode ! La beauté est un canon qui arrive comme un boulet dans les médias. Ils la tirent à boulets rouges jusqu'à épuisement du stock et d'intérêt, jusqu'à ce qu'elle devienne un vrai boulet et qu'on lui demande de se tirer.

Le coup médiatique n'est qu'une détonation pour faire grimper les ventes et doper l'audimat. Après coup, il n'est pas rare de constater qu'il n'y avait pas mèche d'y croire et que le pétard était mouillé. Toi, l'hypnotisé des écrans, on t'a fasciné, jeté de la poudre aux yeux, allumé pour rien. Ce n'était rien qu'un feu de paille et de paillettes !

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Saisons d'aimer

Publié le par modimodi

Au cœur de l'automne, front contre la vitre,

Mon passé d'amour parcourt ses chapitres.

Mes élans du cœur sont en contrebande,

Leurs doux souvenirs font la sarabande.

Comm' Chopin valsait devant George Sand,

Mes mots à ton cœur, tout émus prétendent.

 

Viviane ! Mélusine ! Fées de mes légendes

Offrez la magie comme en Brocéliande,

Encerclez son cœur, mes désirs attendent !

Dans ces nuits d'hiver, que les gels pourfendent,

Plus de jours frileux, au vent de la lande.

Que son corps soyeux soit ma houppelande.

 

Au printemps, l'amour, pétille partout.

Que la sève en feu, brûle et monte en nous,

Celle des élans, des jeux touche-à-tout. 

Tendresse, impatience, rêves les plus fous,

Sens dessus dessous, nos cœurs vent-debout

N'espèrent impatients, que nos rendez-vous.

 

Extase odorante, cannelle et amande !

Mes joies se parfument à tes yeux lavande

Et chaque regard tresse sa guirlande.

Sur ton lit de joie, ce plaid en shetland,

Laisse-moi amour, que je m'y étende

De tendres baisers, je te sais friande.

 

Le ciel est layette, de mai à juillet !

Je veux m'écrier, comblé, extasié :

"A ton corps bleuet, je vis, je renais,

Nos corps enfiévrés composent un bouquet.

Les bleues campanules en ronde étoilée

Carillonnent folles, au soleil d'été !"

 

Parfums d'Orient, comme à Samarcande,

Santal et jasmin, partout se répandent.

Tes bras fins, ton cou tendent leur offrande,

Tes seins, je grappille, de fièvre gourmande,

Nos bouches, nos corps se frôlent et quémandent.

Le bonheur jaillit, moi, j'en redemande !

 

 

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Virtuel 1/3

Publié le par modimodi

Mon amour, ma douce amie, le monde est-il réel ou virtuel ? Est-ce que cette vraie question existentielle, existe en ciel ? Elle est pourtant posée partout, sur les réseaux sociaux. Elle nous interroge, au cœur de l'image, au cœur des écrits, dans tous nos échanges, en creux dans nos émotions, au piège de notre compréhension. Notre sensation, nos ressentis, notre sensibilité ne sont-ils pas autant de mots déjà proches et trompeurs ? Nos interprétations visuelles ou langagières sont-elles, en réalité, ce que nous en vivons et expérimentons ?

Bien évidemment, les mots sont pour tous ceux qui baignent dans la même langue maternelle parlée, des conventions admises, vérifiables au dictionnaire. Ils désignent des réalités dont ils ont des références partagées, des connivences communes, des points de vue ou de signification de mêmes repères ! Il n'en est déjà pas de même, pour des photos ou des tableaux, ressentis différemment selon le bagage culturel ou expérientiel de chacun, selon son humeur et sa disposition d'esprit.

Par ailleurs , je te confie qu'il est difficile d'être adapté à son époque. Moi, je me considère plutôt comme un écrivain classique dont la plume gratte le papier. Quand j'ai voulu être moderne, le constat fut amer !...

En effet, la question me taraude. Peut-on être un écrivain sur blog ? Oui ! Sans doute aucun me disent de jeunes talents du clavier ! S'ils disent vrai, je me dois de reconnaître que je suis sûrement un vain écrivain ! 

Comme beaucoup de plumitifs primitifs, j'envoie mes manuscrits aux éditeurs mais ils dédaignent mes écrits qui ne sont pas dans leur ligne éditoriale. Alors, comme je ne désire pas rester autiste et n'écrire que pour moi-même, j'ai fait paraître mes textes sur les réseaux sociaux, espérant fidéliser quelques lecteurs !

Je compose tous mes récits dans le respect des nuances. Ainsi, quand sur mon blog, je parle d'amour, il faut décoder la situation, l'ambiance et les protagonistes pour en comprendre la juste signification… S'agit-il de l'amour sacré de la patrie, de l'amour filial, des amours tarifés, d'un amour de chiot ou de chaton, de l'amour de soi, de l'amour de Dieu ou du prochain, voire de la prochaine ! Parle-t-on de l'amour chaste et platonique, de l'amour passion si ardent, de l'amour spirituel, chevaleresque, charnel, passager, durable ou éternel, etc. ?

Mais le sens qu'on croit percevoir est peut-être illusoire, à tout le moins incertain. Toi même mon cher amour, quand je te dis : "je t'aime !", moi même, quand tu me dis : "je t'aime !", sommes-nous certains du réel de nos mots ? Sans remettre en cause la sincérité qui nous lie en confiance, donnons-nous la même définition aux termes ? Pouvons nous mesurer la force et l'intensité de nos sentiments ?  Qui et qu'aimons-nous vraiment ?

Les mots ne suffisent jamais. Il faut a minima, le contexte et le contact visuel ! Par exemple, si nous lisons ces quelques mots : "Je vais vous étonner !". Cette phrase banale est différente de sens et d'expression, si nous sommes occupés à  parcourir le texte d'un auteur quelconque ou si nous l'entendons prononcer subitement par un ami, surgi tout à coup devant nous, attifé comme un clown, habillé de couleurs criardes, lui, habituellement si réservé et si classique !

Il y a bien longtemps que Descartes nous a démontré que le concept, c'est à dire l'idée symbolisée par un mot est plus puissant et suggère plus que l'image ! Ainsi sur les réseaux où je publie, certaines photos postées par des internautes, avec commentaires à l'appui influencent le lecteur.

Prenons une photographie de ciel bleu profond et attardons-nous sur sa dédicace exclamée :  "Voilà, l'infini !"

Moi, je peux en la visionnant, éprouver bien différemment l'image et le post et recevoir une impression différente. Je peux revivre ici, simplement un souvenir d'été, celui d'un ciel bleu lumineux comme le sont les ciels de Provence et même retrouver de manière fugitive, sur l'instant, le bruit des cigales et les odeurs de lavande. Rares sont sûrement ceux qui comme mon homologue ont saisi la main de leur amie en murmurant : Ah! Que le bonheur de cet instant soit éternel !

Les émotions vécues ont des intensités différentes. La mienne était bien ancrée sur du réel vécu et ressenti ! Par contre, le commentaire de mon correspondant me place simplement dans ses propres sentiments. Ce n'est plus l'image qui domine, c'est son interprétation. Ce n'est pas ma lecture d'image qu'on sollicite, ce n'est pas mon imagination à laquelle on fait appel mais c'est à ma pensée abstraite. Je dois ici penser l'infini mais je ne peux pas me l'imaginer, sauf à supposer que j'en aie l'intuition et à admettre que ce ciel azuré en soit la représentation.

Sur les réseaux sociaux, que de posts pour rien, pour rien d'autre que l'affirmation de soi, affichée en série et en rafales ou en hors-séries, sélectivement, au fil de promenades, randonnées ou voyages ! Que d'exposition personnelle, que d'impudeur à dire : Vous voyez, j'y étais ! Je vous offre ma poire ou ma queue de poire.  N'est-elle pas la plus belle ?

Telle est l'attitude amicale ou risible, du fidèle aux posts ! C'est à vous de choisir chers passants sur réseaux, chères bonnes poires du jour, c'est à vous de deviner, si l'autre se paye votre poire ou simplement, s'il se met en valeur à faire le poirier, en s'exclamant : Ah! J'en ai la tête toute retournée ! …

Par milliers, chaque jour, des cadeaux-photos aux commentaires exaltés et extasiés : "Mes amis, quelle merveille ! Oh! regardez comme l'herbe est verte ! Quel bonheur, d'être vache !" Certains croiraient que j'exagère ce mauvais humour de peau de vache ! Hélas, non! Tentez l'expérience ! Virtuel, avez-vous dit ? Souvent ici, la réalité dépasse l'affliction !

Voyez comment le réel peut être détourné par l'idée quand on sait encore, comment les mots sont eux mêmes, un piège pour le lecteur ! Entre les phrases : "les poules couvent au couvent." et "Regarde, la bonne bonne, une belle oie blanche qui plume une belle oie blanche." ou bien le mot "souris", tout à la fois, animal, verbe, jolie donzelle, mulot d'ordinateur et typex,... il y a place pour tous les écarts de langage et de compréhension ou les plaisirs de l'humour !

Tout ne serait donc, qu'apparence et lecture personnelle ! La Gestalt Théorie nous a bien convaincus de ne pas confondre dans nos perceptions, les formes et les images qui prennent sens en nous, sous forme de compréhension. Les albums d'Escher nous entraînent dans leurs labyrinthes. La symphonie elle-même, est plus qu'une succession de notes et le rythme musical plus que des calculs algorithmiques ! "Le tout est supérieur à la somme des parties et l'ensemble prime sur les éléments qui le composent."

Quand, les yeux mi-clos, vous tombez sous le charme des " Variations Goldberg BWW 988 de Bach, vous ne percevez ni la structure musicale en contrepoints, ni la combinaison des 30 séquences de quinze variations, de sol en ré et de ré en sol ! Vous restez suspendu entre l'aria initial et sa réexposition finale !

Nous sommes donc, frères humains, comme le dit Protagoras, la mesure de toutes les choses que nous ressentons ! Ce que nous exprimons par contre ne nous appartient plus ! Il est à qui le reçoit, le vit, se l'approprie et le transforme ! Il lui donne la couleur de ses sentiments. La permanence est ainsi dans l'impermanence comme l'instant dans le Temps !

Mais dans la vie, tout n'est pas passage incessant et aléatoire du réel au virtuel ! Quand nous ressentons le phénomène de la douleur, il s'agit bien des phénomènes physiques ou psychiques d'une pénible réalité en nous ! La cause en est à rechercher. Hormis, les grands hypocondriaques, malades imaginaires ou les grands mystiques dont la spiritualité permet de vivre les symptômes ou stigmates de la passion du Christ, nos maux ont apparemment une réalité existentielle ! La douleur serait-elle virtuelle ?...

Mis à part, l’instantané photographique d'une caméra au champ fixe, plantée et fixée afin d'éviter la subjectivité du cadrage comme le choix de l'angle et de la lumière, rien n'est vraiment objectif ! Le peintre qui s'adonne au réalisme et qui croit reproduire exactement le réel, ne fait qu'imiter la nature ! L'art abstrait et figuratif s'abolit de cette contrainte ! Le virtuel naît ainsi du réel et de l'imaginaire !

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Boules de comme

Publié le par modimodi

La vie, c'est comme la soustraction, la mort la pousse dans ses derniers retranchements.

L' amour, c'est comme le serpent, is love!

La femme, c'est comme le gruyère, un trou fait l'affaire, avec une croûte, c'est râpé.

L'homme, c'est comme les carpes, il saute puis il bâille.

La femme, c'est comme l'annonce, faite à mari.

Le sexe, c'est comme l'aiguille, on l'enfile par le chas de la souris.

L'homme, c'est comme la guitare, pour un big band(e), allez bandjo!

La femme, c'est comme le bouquet, on l'aime pour sa fleur ou sa crevette. 

Le sexe, c'est comme le panier, il faut de l'osier et au fond, avoir l'aisance pour le prendre en mains.

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Perruque

Publié le par modimodi

Ta nuque est douce

Comme la mousse !

Lèvres, suçons,

A l'unisson,

Doigts polissons,

Dos en frissons !

 

Nos corps s'amarrent,

Mes mains s'égarent

Dans le brouillard

De tes cheveux,

Frisons soyeux !

 

Tes reins se cambrent,

Ta peau est d'ambre,

Viens dans la chambre,

Que je t'reluque,

Que je t'éduque

Aux jeux d'eunuque !

 

J'suis pas en stuc,

T'es toute en suc.

Je vis ! Ah duc !

Dit l'chat d'Geluck,

En volapük !

 

Nuit de grand-duc,

D'ole ! Oh duc !

Ça gaze ! Oh duc !

Mais y'a un truc !

 

Cris de mameluck,

D'Orphée chez Gluck,

Dans une traduc,

Version Astruc !

 

Par Habacuc

Et par Saint Luc,

L'amour bifurque,

In einem Stück,

Comme à Innsbruck !

 

Je crie ! Tu truques !

En couvre-nuque,

T'as une perruque,

En peau de nubuck !

 

Ouah ! Tu m'ensuques !

J'ai l'cœur qui buque,

J'avale ma chuque !

J'suis qu'un trouduc,

Ta tête de turc,

L'roi de Montcuq !

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La reine d'Autriche

Publié le par modimodi

Le caniche de la reine d'Autriche

A des frisettes et une barbiche.

Mais il s'en fiche et contrefiche,

Lui, ce qu'il aime, c'est les pois chiches!

 

La pouliche de la reine d'Autriche

A des sabots et l'œil de biche.

Mais elle s'en fiche et contrefiche,

Elle voudrait danser la scottish!

 

Le mari de la reine d'Autriche

Parle couramment l'English.

Mais il s'en fiche et contrefiche,

Il rêve d'être tsarévitch!

 

Et la brave reine d'Autriche

Qui a en horreur les pois chiches,

Ne sait pas danser la scottish,

Ne comprend pas un mot d'English,

Dans son mouchoir de soie pleurniche.

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Partir

Publié le par modimodi

Partir, c'est mourir un peu !

Dites-moi qu'il n'est pas vrai

Que le cœur devient frileux

Et frissonne de regret

Quand il laisse sur le quai

Deux yeux bleus, claque-volets,

Deux yeux bleus, gris à jamais,

Deux yeux bleus aux coins perlés

Et aux paupières froissées

Pour pleurer l'éternité !

 

Partir, c'est mourir un peu !

Dites-moi qu'il n'est pas vrai

Que s'arrête le rouet

Qui file les jours heureux,

Quand restent sur la jetée,

Deux bras qui se sont fermés,

Deux mains qui se sont croisées

Pour prier et supplier,

Une ombre à jamais portée

Par le vent de la marée !

 

Partir, c'est mourir un peu !

Mais ne dites plus, un peu 

Pour ces grands tourments neigeux,

Pour ce corps si douloureux,

Transpercé des quatre pieux

Du désespoir amoureux.

Même à peine n'est pas assez !

Ce sont là, mots amodiés,

Pour un chagrin scarifié

Dans ce cœur écartelé !

 

Quand vous laissez sur le quai

A la fin de la jetée,

En dernière extrémité,

Deux yeux bleus de ciel brouillé,

Deux beaux bras aux doigts noués,

Un corps recroquevillé,

L'ombre d'un amour rêvé,

Sans soleil pour dériver,

Aux flots du hasard, livrée,

Sur les brisants, chavirée.

 

S'il vous faut alors partir

Ne parlez plus de mourir !

Le vent seul fera frémir

D'effroi, tous vos souvenirs.

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Souris lactée

Publié le par modimodi

Maman, maman, j'ai que six ans,

Je perds mes dents, je deviens grand!

J'ai un vrai sourire de forban,

Un trou d'souris entre les dents!

 

Maman, maman, c'est étonnant,

Car en mangeant du fromag' blanc,

Ma dent de lait vient de tomber,

Comme hier, celle de pépé

Au beau milieu de la purée!

 

Maman, maman, as-tu pensé,

Que la p'tite souris va passer,

Ramasser sous mon oreiller,

La p'tite dent que j'ai déposée,

Dans un beau papier constellé,

Dessiné et bien colorié

Par tous mes pinceaux dorés?

 

La p'tite souris, la bonne fée,

Maman, maman, est-ce que tu sais

Quand est-ce, qu'elle va arriver?

Où sa fusée va se poser?

Déposera-t-elle un baiser,

Sur mes petits yeux refermés,

Quand l'marchand d'sable sera passé?

 

Maman, maman, mon adorée,

Ma reine, d'amour couronnée,

Pourrai-je voir le beau collier

De petites dents étoilées

Que son vaisseau va emporter,

Au cœur d'or de la voie lactée?

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