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Au goût du jour 1/2

Publié le par modimodi

Il faut toujours être dans le coup! Qu'il soit du tonnerre comme un coup de coeur foudroyé ou retentissant comme un coup de canon entre deux coups de fourchettes! Il faut avoir la chance de vivre avec son temps et ses contemporains, il faut avoir du pot en deux coups de cuiller à pot! L'amour est ainsi, tout en grâces et la vie en coups de grâce!

Avant de vivre son dernier jour, il vaut donc mieux tenir le coup et surtout être "au goût du jour"! Mais une telle expression peut semer la confusion parmi ceux qui mettent les pieds dans le plat ou parmi ceux qui dégustent et qui, du coup, ne sont pas dans leur assiette. Car la nature nous a donné cinq sens et le formidable don des doubles sens!

En effet, dire de quelqu'un qu'il est "au goût du jour" peut être une appréciation ambiguë! Car il est des jours frais, tendres, de mie craquante et moelleuse pour notre pain blanc quotidien et des jours tenaces, cassants, croûteux comme certains pains rassis. Des jours interminables où les heures s'émiettent dans des tas d'événements gris, un peu durs et malgré tout collants de poisse.

Si le jour évoqué fait référence à un jour juteux, couleur d'orange, un jour de peps qui vous met l'eau sucrée et le nectar à la bouche, le jugement est assez flatteur. Si, c'est au contraire un jour banal ou pauvre comme un jour sans pain, la sentence est plutôt péjorative. Elle marque d'ailleurs autant la pénurie de l'individu dans sa situation la plus ordinaire que l'indigence de l'avis émis ou de l'esprit de celui qui le prononce.

A bien y réfléchir, tout est toujours affaire de goût! Notre vocabulaire nous trahit et marque nos penchants immédiats. Il montre ce bel appétit que nous avons de mordre à belles dents dans la pomme d'amour de l'existence. Excepté quelques chichiteux qui minaudent sur le menu, nous demandons du bonheur pour la bonne bouche! Du prêt à mâcher, à humer, à croquer. Pas du tout cuit!

Nous avons besoin de dévorer des yeux, d'activer nos mandibules et de nous faire titiller les papilles par des plats sans platitude, légers et croustillants. Nous voulons des heures de douceur pas de fadeur, de l'onctuosité et du velouté. Nous voulons de la fraîcheur du jour et de la finesse dans la production des événements ou dans le choix de nos rencontres. La dégustation peut alors commencer.

Nul besoin de fioritures, de risques ou d'audaces pour offrir une élégance naturelle dans une présentation assumée. Il n'y a qu'une apparente antinomie entre classique et original quand la signature affirme une vraie personnalité.

Si tous les goûts sont dans la nature, toi, ma savoureuse, mon délice quotidien, ma douce et parfumée, ma délicate friandise, tu incarnes pour moi, le mystère de la nature dans ce qu'elle a d'essence originelle. Ainsi en est-il de toi dans ta beauté la plus pure et ta créativité la plus instinctive.

L'amour exalte nos cinq sens! Mais mon exquise, encore faut-il être un esthète!... En suis-je d'ailleurs un pour toi? N'ai-je pas un style trop commun, n'ai-je pas mauvais goût? Pardonne-moi de douter mais ne suis-je pas trop brut et trop pauvre, trop simple et trop terne, trop banal et trop naïf, trop artificiel et trop discutable, trop inconsistant et médiocrement insipide? Tu me donnes de l'émotion et de l'inspiration mais sais-je l'exprimer à la juste saveur de tes charmes?

Oh! Ai-je raison amour, quand je te déguste comme un fruit mûr, de m'exclamer que tu es pour moi "au goût du jour" ! Non pas à la mode éphémère et visuelle des nouvelles tendances vestimentaires et pour finir déjà vues. Oui! Tu es "au goût du jour", et sûrement pas comme le plat en vogue, le fruit ou le légume de saison, évidemment pas comme la spécialité du restaurant branché et étoilé ou comme le must du moment à grignoter et à saucer au fast food ambulant!

Non! tu n'es pas seulement à mon goût mais tu es surtout "au goût du jour", ce jour toujours nouveau qui m'est offert chaque matin, dès que tu m'ouvres les bras!

 

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Histoire: 1214 - Philippe-Auguste

Publié le par modimodi

Moi, j'aime bien Philippe Auguste!

Un monarque jamais injuste,

Un grand, un brave, un robuste!

Quand l'adversaire tape l'incruste,

Avec lui ou moi, il déguste !

 

J'ai disposé mes soldats de plomb,

Pour affronter l'armée d'Otton,

Le vilain empereur des Teutons

Et Jean Sans Terre, roi d'Angleterre,

Qui porte haut l'âme guerrière !

 

Mais ils font une erreur grossière !

Ils veulent toucher à ma terre,

Aux racines ch'ti dont j'suis fier !

Avec mes cheveux en bataille,

Je vais percer les cott's-de-maille

Et dans l'vif, faire des entailles !

 

J'ai une stratégie sans faille.

À Bouvines, je ruse et ferraille...

Pris à revers, l'ennemi se taille,

Philippe et moi, on le tenaille !

 

L'un d'eux, pour me désarçonner,

De mon cheval me fait tomber.

Otton veut me fair' prisonnier

In extremis, je suis sauvé,

Par mes fidèles chevaliers.

 

Sous mon oriflamme, rassemblés.

Tous les combats sont relancés,

L'ennemi piégé est encerclé

Et sur tous les flancs, enfoncé.

Sa plein' déroute est assurée.

 

Prouesse tactique et militaire,

Not' victoire est spectaculaire !

De partout le bon peuple accourt,

La France donne tout son amour.

Les fêtes dureront 6 jours !

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Lettre d'un emprunté 1/2

Publié le par modimodi

A toi, ma lointaine, espérée et jamais oubliée!

Dans ce jour d'hiver crachin, je feuillette l'album joyeux de ma jeunesse adolescente. Des photos de nous et des autres refluent par vagues à la mémoire de mon cœur.

Je nous revois au soleil insouciant de l'amitié, dans les éclats de rire jubilatoires, au milieu de nos grimaces, de nos acrobaties, dans ce temps de défis et d'allégresse. Toutes nos images de plaisirs instantanément resurgissent!

Un kaléidoscope projette ses flashes de souvenirs et imprime en moi des lieux, des visages, des prénoms, des fleurs épanouies au printemps de notre âge. Des instants éclatent, des éclairs d'un bonheur trop vite enfui sont ressuscités comme par magie.

Aujourd'hui, la nostalgie est en pause. Dans ce temps capturé et serein, les regrets ne sont pas de mise. Au contraire, je perçois nettement ta présence. Sa trace est intacte au milieu de la douce anarchie de mes pensées dont j'ai conservé les plus agréables, parmi mille et un de tes sillages.

Simplement, sans que je le provoque, tu t'en viens battre avec insistance à la porte de mon cœur. Je pense encore à toi! Comme c'est bête et inattendu!... Pourquoi maintenant? Pourquoi jaillir dans cet afflux d'évocations? Pourquoi remonter le cours du temps? Pourquoi ce besoin subit de me confier à toi, de te parler dans l'ombre?

Il n'est jamais trop tard pour bien faire ce que l'on n'espérait plus! Je ne sais pas pourquoi mais depuis toutes ces années, j'ai gardé ton adresse. Sans doute un signe capricieux et tenace du destin!... J'ai donc envie de t'envoyer enfin la lettre que je voulais t'écrire, il y a quelques années... Bien sûr, le temps a passé et nous voilà dispersés! Je ne cherche d'ailleurs aucune excuse. Je n'ai rien à me faire pardonner. Je te devais simplement cette sincérité avec des mots qui alors m'ont cruellement manqué! 

Je me souviens. C'était, t'en souviens-tu aussi, à notre premier rendez-vous? J'avais mis tous les atouts de mon côté: veste de bonne coupe cintrée, un peu trop peut-être, un déluge de parfum d'eau de Cologne, sur mes trois poils de barbe et de moustaches naissants, beaucoup trop assurément!

J'étais, il est vrai, un jeunot mal dans sa peau boutonneuse. Je n'avais aucune expérience amoureuse. J'étais un tendre gringalet, sec et noueux. Je me tortillais comme un liseron dégingandé, poussé trop vite entre deux pierres de mon chemin d'enfance. J'étais tremblant sur mes deux jambes mal bâties, comme une cabane en kit, posée sur pilotis.

Timide, rougissant, j'hésitais à te regarder, encore plus à te parler. Je n'ai su t'offrir qu'une pâle risette, gêné en regrettant de ne pas être à la place du bouquet de pensées et de violettes que je te tendais. J'ai bégayé, à peine audible un : "Bonjour, ça va, toi? Tiens, c'est pour toi!" Je t'ai souri bêtement, timide, à fleur de peau!

J'avais tant espéré, attendu ce moment, et là, à cet instant, j'aurais tant voulu être ailleurs! J'étais gauche, quasi-paralysé de trouille. Pourtant, je croyais m'être psychologiquement bien préparé à notre rencontre. J'avais parcouru sur le net, les rubriques de conseils aux débutants. Comment maîtriser sa peur et avoir assurance et prestance pour être remarquable et inoubliable dès les premiers contacts.

Nous étions en octobre, il faisait doux, presque chaud, c'était l'été indien...

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Complaisant 1/2

Publié le par modimodi

Tu chantes le "miserere" !

De ton prochain, tu as pitié,

T'es arrangeant et mesuré.

Rien ne peut te contrarier :

Les pât' ne sont pas al dente

Au moins, ell' ne sont pas collées !

Si l'entrecôt' n'est pas grillée,

A moitié cuit, c'est pas brûlé !

Quand t'aim' pas le café serré,

Par bonheur, y'a l'café au lait !

 

Pour ne jamais avoir d'histoires

Tu fais semblant de ne rien voir.

T'es d'accord avec le pouvoir

Mêm' s'il faut serrer les mâchoires.

Tu défendras l'indéfendable

Si le coupable est un notable.

 

Comme tu n'veux pas te distinguer,

T'acceptes la médiocrité

De la télé-réalité.

Tu n'es pas fan mais intégré !

 

Avec toi, on peut s'arranger !

Tu fermes les yeux en été,

Quand le soleil haut t'éblouit

Et tous les jours, par compromis !

 

Tu ne seras jamais mouillé

Ni impliqué, éclaboussé.

Tu es le roi d'la concession,

Même contre tes opinions.

Tu n'seras jamais un pur et dur

Tu fais dans la demi-mesure !

 

T'as le caractère élastique,

T'as le tempérament mastic !

Tu n'as pas la langue d'aspic

Ni le propos à l'arsenic.

 

A la moindre pique ironique,

Tu n't'hérisses, pas en porc-épic.

Toi, t'as l'humeur diplomatique,

Tu t'arranges avec les loustics...

Com' tu sais truander le fisc,

Tu ferais un bon politique !

 

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Corne d'abondance 2/2

Publié le par modimodi

 

Et pour bien vivre dans l'aisance :

Du travail, d'infernales cadences,

Des sacrifices et des finances.

Vive les projets, vive les dépenses,

La luxuriance et l'opulence !

 

Et puis un jour sans importance,

Tentations, un air de romance,

Regards, sourires et attirances.

Sans penser à mal ni méfiance.

Le cœur hésite, penche sa balance.

 

On ne voit pas de l'imprudence

À aimer être en sa présence,

À échanger des confidences.

Intimité, douce prégnance,

On se plaît au cœur du silence !

 

On oublie tout, mêm' la prudence !

Viennent les temps des impatiences,

De l'éloquence, de l'expérience,

Des rendez-vous de l'inconstance,

Des faux pas et des imprudences.

 

P'tits coups de canifs dans la confiance,

Quelques retards et des absences,

Des oublis et des négligences,

Emportement, intolérance,

Abondance de remontrances !

 

Mais pour sauver les apparences,

Pour nier notre déchéance,

Refuser les condoléances,

Avoir un reste d'influence,

Nous clamons avec insistance...

 

Comme les déchus de la présidence

Et tous les politiques en France

Qui masquent leur incompétence

Et ne font plus de résistance

Que pour leur fauteuil en balance !

 

" Voyez l'retour de la croissance,

Fini le temps de l'abstinence,

La relanc' reprend d'la puissance,

Ayez confiance, ayez confiance ! "

 

Nous avons des cornes, d'abondance !

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Amour libre 3/3

Publié le par modimodi

 

Pour parfaire notre construction humaine, notre union est vitale comme les jours qui s'enchaînent aux nuits, comme la nature qui se lie à la lumière, dans toutes ses dimensions spatiales.

Je m'abandonne à toi en toute confiance.Tu vois, je suis en chute libre comme une pierre tombée du ciel au creux de tes bras.

Toi, tu as le don de l'unité qui accorde dans ses frondaisons le passé au présent. Tu y engendres notre histoire. Tu sais t'y tenir en équilibre entre la parole et le silence de nos souvenirs. Dans ma mémoire en friche, mon cœur est en jachère. Je me rappelle nos admirables projets communs. J'y suis toujours disponible. La méditation est le chemin de notre intériorité, il nous conduit l'un vers l'autre.

Le temps transcende notre amour. Ma saison d'aimer la plus intime est le printemps aux mille parfums. Au delà de mon âge, elle m'assure de ton éternel retour. Je te chercherai inlassablement. Car j'ai en toi la promesse d'un nouveau monde. Je ne crains rien, ni l'exil loin de toi ni une étrange perte de ma foi en toi. Tu es en moi et moi en toi.

Nulle limite à notre amour! Je te contiens libre, jamais enfermée comme le rêve dans l'intuition. Je sens la puissance de ton invisible présence. Je ne veux pas m'en détacher même si j'en avais l'illusoire facilité. Je refuse délibérément la désinvolture des apparences. Je veux goûter à la liberté d'aimer, fût-elle provisoire.

Je n'ai d'ailleurs pas besoin de ta permission pour lâcher prise. Je rejette le conformisme étroit des fers d'esclavage. Je ne chanterai pas dans le chœur des esclaves: "Va, pensiero..." J'ai une autre vision de l'amour, faite de joies exceptionnelles et de convictions élevées. Tu es ma terre natale, ma rive du Jourdain. Nul exil! Tu es la poésie lyrique et le souffle sauvage de mes chants d'allégresse.

Le don de soi est le seul rite de passage pour les amants qui visent le royaume des cieux ou simplement leur ciel de lit. Oui! Tu es don. Oui! Tu es offrande. Ton chant de fête monte à mes lèvres. Je t'ouvre mes mains, mon cœur et mon âme. La scène est dressée pour ce tableau d'amour. L'espace est tout entier vacant dans nos moindres désirs. Tu es sa ravissante promesse... Le spectacle peut commencer.

Tu vas en dansant y donner le ballet de ta volupté. Ta grâce est mesure et perfection chorégraphique libérée de la pesanteur. La passion exprimée va nous rendre tous deux joyeux et aériens. Chaque pas est celui d'un nouveau départ pour le pays rêvé et imaginaire du bonheur... Tu crées l'enchantement dans mes yeux éblouis.

Tu le sais! L'amour est immensément libre quand la seule contrainte réside en l'autre, tout entier dans sa fragilité et sa puissance d'être et d'advenir. En lui est notre capacité de croître et de nous renouveler. L'amour nous transforme et nous transfigure sans fin. Il est miséricorde pour nos faiblesses et purification face à sa vérité.

Nous ne pouvons faire semblant d'aimer. Nous n'en avons pas la maîtrise. Nos désirs sont spontanés. Nous nous y consacrons dans le dénuement. Chaque acte est une preuve et une oblation, un témoignage de liberté, une garantie de libération. Notre choix n'est pas un leurre. Nous en avons fait l'obligation essentielle de notre destinée.

Gratitude te soit rendue pour toutes tes richesses! Tu es le mouvement et la vie, tu es la lumière au cœur de la transparence. Dans cet amour sans limites, tu es au-delà du but suprême l'infinie aspiration au céleste et au divin. Nous communions à l'éternité.

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Deux dates, deux rois: 987, Hugues Capet // 1111, Louis VI, dit le Gros.

Publié le par modimodi

Etre châtelain, roi, souverain,

C'n'est pas sans risqu' ni sans Pépin,

Succès garanti, clés en mains !

Mérovingiens, Carolingiens

Place au règne des Capétiens !

 

C'est en 987,

Que Hugues remport' la compète !

Ses vassaux n'en font qu'à leur tête

Il faudrait bien qu'ils les soumettent

Mais ceux-ci refusent les courbettes !

 

Qui a pu oublier, ma foi,

La réplique, pleine de sang-froid

D'Adalbert, le rabat-joie !

- Qui t'a fait comte ? - Qui t'a fait roi ?

Qui nous laissa royalement coi !

 

Si le règne d'Hugues fut court,

Que neuf années au compte-tours,

Les Capétiens ont un parcours !

Leur dynastie fit les trois huit

Jusques en 1328 ! 

 

Mais il était temps pour la France,

De mettre fin à l'arrogance,

De restaurer l'obéissance,

De réinstaurer la confiance,

Louis VI fut la bonne chance !

 

Appelé l'Gros depuis l'enfance,

Par quelques kilos d'abondance

Le roi fait preuve de vaillance

Il fait cesser le brigandage

Des seigneurs au sein des villages.

 

Le château d'Hugues du Puiset

Est conquis, détruit et rasé.

Le seigneur est fait prisonnier.

Le pays retrouve la paix

Et la liberté d'circuler.

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Tricheur 3/3

Publié le par modimodi

 

Au quotidien, tu fais semblant,

Faut te croire ! Quand t'as mal aux dents,

C'est soi-disant le mal d'amour ! 

Mais si on t'croit, on est balourd

Comm' Louis d'vant la Pompadour !

 

Moi, je t'ai cru au quart de tour,

Quelques baisers et des mamours, 

"Viens ici, que je te savoure !"

Et depuis, j'attends ton retour...

 

Tu es experte en duperie,

T'as l'oscar d'la supercherie !

Tes lunettes à double foyer

Auraient sûr'ment dû m'alerter.

 

Où as-tu encore égaré

Ta carte de fidélité ?

Si je viens à te questionner,

Toi, tu sais me désarçonner !

 

" - Mais voyons, t'as dû oublier

La nouvelle expo du musée ! "

" - T'as raté, l'rencard de quatre heures ! "

" - Oh ! C'est à caus' du changement d'heure  "

 

Faut-il vraiment que je te crois

Quand tu fais les sold' chaque mois?

Mais t'as un prétexte pour tout,

Ton bagout est ton passe-partout!

 

Si je te vois, moi, je vois trouble.

C'est normal d'vant un agent double !

T'as été vue! C'n'était pas toi...

T'as sûrement un sosie, ma foi !

 

Anastasia, Mata Hari,

D'l'imposture, de la jalousie,

De faux airs de faussaires à vie,

T'es déjà une anthologie !

 

Tu t'prends pour la reine d'Autriche,

T'es jamais qu'la rein' de la triche.

Mais tu n'sais pas que je m'en fiche

Comme de ta quiche aux pois chiches !

 

Moi aussi, j'suis à double face...

Car sous mes petits airs bonasses,

Je suis l'roi des tours de passe-passe.

Mais t'es pas assez perspicace

Pour percer l'défaut d'ma cuirasse !

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Les murs ont des oreilles 3/3

Publié le par modimodi

 

Méfiance ! Les murs ont des oreilles ! Vous êtes épiés et environnés ! Certains sont tendus et dressés tous yeux, toutes oreilles devant ou derrière vous.  Ils cherchent à lire sur vos lèvres.

La curiosité d'autrui ne connait pas de limites. Tout est question d'échelle. Tandis que le curieux maladif ou le suspicieux chronique écoutent derrière la porte, le monde est en surveillance paranoïaque. Le désir impérieux de tout savoir l'emporte toujours sur celui d'apprendre.

L'univers a l’ouïe fine. Il est bien passé le temps des cornets acoustiques. Les antennes sont déployées pour une espionnite officielle. C'est toujours dans le privé et sans que vous le sachiez que vous vous faites tirer les grandes oreilles comme un âne pour avoir du son. Vous ne pouvez mesurer l'amplitude du phénomène qui ne fait pas de bruit.

Pas de puce à l'oreille pour vous avertir que vous êtes implantés, codés, tracés, répertoriés ! Quand vous percevez l'onde de choc, il est déjà trop tard. Vous n'avez pas eu le temps de montrer le bout de l'oreille, d'avoir eu des sifflements ou de rougir jusqu'aux oreilles. De plus, vous ne parviendrez pas à y échapper ou à vous esbigner en criant : " à bon entendeur, salut ! " Vous faites partie du circuit, intégrés.

En Perse, on dit : " Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles. " Notre existence est surveillée pour que nous puissions éviter la discordance des pensées et des modes de vie. L'ensemble est programmé pour s'accomplir au diapason dans la stéréophonie cacophonique de notre humaine condition. Tous frères, pour Big Brother sur les ondes de radio Babel !

La loi, les normes, les valeurs et les mœurs sont diffusés en échos propagandistes par des hauts parleurs cathodiques et déversés en prime time dans nos tuyaux d'oreille. Quand las de les avoir cassées, nous en avons par-dessus les oreilles, nous aimerions bien faire le mur mais les sondages et l'audimat grimpent plus vite que nous. Nous restons muets au pied des remparts de la morale sociale.

Certains contemporains confondent souvent l'entente, l'audition et l'entendement pour y accoler les adjectifs bon ou mauvais. Moi-même, je m'obsède à comprendre et à donner du sens à l'expression dépasser l'entendement. Mon esprit embrumé n'a pas suffisamment de finesse de jugement pour en atteindre la profondeur.

Il y a trop de décibels dans ma mémoire auditive, trop de bruits parasites qui étouffent ma conscience. Je reste le cerveau bloqué, enfermé dans l'enceinte de mes quatre murs poreux, incapable de mettre en action les organes sensoriels de ma perception.

Ne vaudrait-il pas mieux ériger un mur antibruit ? Ne devrais-je pas faire la sourde oreille au monde et me murer dans le silence pour écouter la voix de la sagesse ? Mais est-elle audible et qu'a-t-elle à me dire, d'ailleurs ?

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Histoire: Les croisés 2/2

Publié le par modimodi

Cent mille hommes sur le pied de guerre,

Maladie, fatigue et misère,

Jérusalem reste une chimère.

Bien peu d'entre eux y arrivèrent !

 

Échec pour la prime mission,

L'Orient terre de soumission,

La chrétienté en perdition !

Pèlerin, Croisé, reprends l' bâton!

 

L'pape Urbain lance la promotion :

Pour tous péchés, la rémission !

Son vibrant appel de Clermont

Redonne foi et convictions.

 

Une nouvelle expédition !

À sa tête, Godefroy de Bouillon,

Le grand Bouillon de la religion !

La guerre est sa dévotion.

 

Difficile est la progression :

La faim, la soif, les répressions,

Trois ans de pérégrination,

De sacrifices, de restrictions !

 

Anicroches, carnage, prise d'Antioche,

À feu, à sang, chacun s'embroche !

Mais le but reste Bethléem

Et le siège de Jérusalem !

 

En mille quatre-vingt-dix-neuf, enfin

La ville est prise, le but atteint !

Deux jours d'assaut, fleuve de sang

Le grand massacr' des mécréants !

 

Tous les vœux sont donc accomplis,

Mais Seigneur Dieu, oui ! A quel prix !

Pour le saint Sépulcre et le Temple

Fallait-il des malheurs si amples ?

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