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Articles avec #empire des sens tag

Amour aveugle 3/3

Publié le par modimodi

Toi, mon miroir aux alouettes,

L'amour n'est-il qu'à la sauvette ?

Ma voix restera-t-elle muette

Lorsque je t'exhorte à tue-tête ?

 

Suis-je condamné à perpète 

A garder fermées mes mirettes ?

Dois-je t'aimer à l'aveuglette

Ou porter une pair' de lunettes ?

 

Quand je t'ai connue mon oie blanche,

J'étais muet comme une tanche,

A présent, tu as ta revanche,

J'erre et je braille en canne blanche.

 

Je tâtonne, je m'accroche aux branches,

Mais quand je me penche, je flanche !

Je cherche ton regard pervenche.

Non ! Je n'ai plus de vision franche !

 

J'ai beau jeté les yeux au ciel,

Le chasseur Orion me constelle

De grandes gerbes d'étincelles !

A moi, les anges ! Par St Michel !

 

St-Gabriel et Raphaël,

Venez à moi à tire-d'ailes,

Mettez le feu à mes prunelles,

Donnez à mes yeux l'arc-en-ciel !

 

Pour en avoir le cœur bien net,

Dois-je monter dans la charrette,

Toiser, me décrocher la tête

Comm' l'a fait Marie Antoinette ?

 

Dois-j'prendre le bout d'la lorgnette

Pour voir entre deux planètes

Briller ma star, toute en paillettes

Qui m'a coûté les yeux d'la tête ?

 

Aurais-je droit aux viatiques 

Des aveugles et paralytiques ?

Ou vais-je demeurer en disgrâce,

Lire l'avenir dans la mélasse ?

 

Créon écoutait Tirésias,

Moi, je suis seul dans la brouillasse

Où je broie du noir comme Horace

Et, je crois bien que j'le surpasse !

 

De toi, faut-il faire mon deuil ?

M'as-tu donné le mauvais œil

Pour ne m'offrir que larme à l’œil

Et ton amour en trompe-l’œil ?

 

Mon petit trèfle à quatre feuilles,

Dois-j'garder mon compas dans l’œil,

Faut-il ravaler mon l'orgueil,

Et t'aimer au doigt et à l’œil ?

 

L'amour est-il la vue d'l'Esprit,

Concédée en catimini

A tous les anges du Paradis,

Pour leur faire croire à l'Infini ?

 

Suis-je donc fou d'y croire aussi ?

 

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Amour aveugle 2/3

Publié le par modimodi

L'amour m'a laissé son bandeau,

C'est ma couronne et mon cadeau.

Dans mon royaume, y'a que les borgnes

Qui la convoitent et qui me lorgnent !

 

Ils m'envient de leurs gros yeux ronds,

Tels que des caméléons.

Moi, sous la flèche de Cupidon,

J'ai perdu vision et raison.

 

Comme un hibou, j'ai la berlue

J'ressemble à un hurluberlu !

Il m'est impossible d'être en vue,

Je n'ai plus le moindre point de vue.

 

Je t'ai aimée à première vue

Et je t'ai portée jusqu'aux nues,

T'imaginant offerte et nue

Dans l'abandon des ingénues !

 

Yeux dans les yeux, de prime abord,

Je t'ai fait don de tout mon corps !

Oui, je t'ai tout donné hier

Enfin, presque tout ! Oh ! Misère !

 

Qu'avais-je à garder mes œillères ?

Pourquoi t'avoir dit, convaincu

Que j'étais ferme et résolu,

Qu' j'taimais à perte de vue !

 

À présent, tout en maladresse,

Je veux prodiguer mes caresses,

Que toute à moi, tu te dévoiles,

Tout en tutoyant les étoiles !...

 

Mais quand moi, j't'aime les yeux fermés,

Tu tournoies, hors de ma portée

Comme Amélia au bal masqué.

Je n'ai que ton ombre à happer.

 

Mystérieuse jusqu'à l'ultime,

Tu te donnes à moi, en énigmes.

Il me faudrait des yeux de lynx

Pour percer l'énigme du Sphinx !

 

 

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Amour aveugle 1/3

Publié le par modimodi

Ô mon amour, mon embellie,

Mon imperceptible éclaircie,

Quand mon cœur traversait la nuit,

Tu m'attendais dans l'infini.

 

Comme l'étoile du puits,

Tu as surgi, m'as ébloui,

Jetant en pluie de confettis,

Poudre d'azur et pierreries.

 

Eros n'est pas un antiquaire,

L'Amour est un diamantaire.

Il offre aux amants, solitaires,

Saphirs et rubis en rivières.

 

Pour que Cupidon, sagittaire,

Perce leurs cœurs, ces lapidaires,

Gangues de pierres et de lumière

D'éclairs de passion incendiaires.

 

Oui ! Tu m'en as mis plein les yeux,

J'ai de quoi en remplir les cieux.

Mon cœur n'a pas de contre-feu

Je demande un cessez-le feu.

 

J'avais imploré mes aïeux,

Secrètement le grand bon Dieu

De m'ôter les tourments sableux

De ce jeteur de poudre aux yeux.

 

Fidèle, un peu moyenâgeux,

Je refusais d'être cendreux,

Petit amoureux poussiéreux,

Aux songes creux et nuageux !

 

Je voulais que mon cœur neigeux

Se fusionne au tien peu à peu,

En étincelles, à petits feux,

Jaillissants lors de nos aveux.

 

Tu m'as envoyé mille foudres,

Je n'ai plus l'temps de me dissoudre !

Mon cœur fait flick, mon cœur fait flack !

Je me noie dans la premièr' flaque !

 

Ah ! Je n'y ai vu que du feu !

J'ai fondu pour tes grands beaux yeux !

Je suis aveugle, je n'y vois goutte,

Je perds la vue ! C'est la déroute !

 

Si tu as toujours ton cœur d'or,

Emmène-moi à Épidaure !

Des ténèbres, je voudrais guérir

Mais pas d'amour, dois-je en mourir !

 

Prends mon bras et tiens-moi la main,

Que je ne trébuche en chemin.

Je suis comme Œdipe et Tobie,

Je porte les yeux de la nuit.

 

 

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Coup de foudre 3/3

Publié le par archibald_06

L'orage fait rage...

 

Plus d'émois entre toi et moi !

Tu me jettes ton feu grégeois.

Je ne compte plus les dégâts !

L'orage s'est abattu sur moi,

J'vais passer de vie à trépas,

Si sans cesse, tu me foudroies !

 

Les plumes enduites de goudron,

Cupidon a pris son tromblon.

Il me crible de petits plombs ;

Tu m'abats en fulguration.

En plein cœur de la dépression,

Tu m'dévastes comme un typhon.

 

Tu m'enlèv's dans un tourbillon.

Je n'pèse pas plus qu'un flocon,

Pas plus qu'une feuille d'automne.

Oh ! Ne m'dis pas qu'j'en fais des tonnes !

Je m'envol' comme une crêp' bretonne

Jusque dans l’œil de ton cyclone.

 

Sous les coups de ton ouragan.

Je me disperse aux quatre vents,

Tu es l'enfer et son boucan !

Adieu ballade, adieu aubade,

Le paradis promis m'balade !

Mon salut est en débandade.

 

Tes promess's n'étaient qu'des salades,

La belle oie blanche, une tornade !

Tu t'étais cachée sous le masque,

Tes câlins n'étaient que des frasques,

Tes mots d'amour faux et fantasques,

S'envolent aux moindres bourrasques.

 

Ta colèr' projette ses trombes,

Mes regrets tombent, en hécatombe !

Je vais m'écraser sous tes bombes,

Tu vas pouvoir creuser ma tombe !

Moi, ton grand prince des huées,

Je vais mourir glacé, noyé !

 

Ô désespoir ! Oh ! Cris de rage !

Notre amour fera-t-il naufrage

Sous les foudres de cet orage ?

Ces éclats vont-ils perdurer ?

Dois-j' patienter, laisser passer,

Bien à l'abri, laisser sécher ?

 

À quoi bon, toutes mes prières ?

Ce n'est sûrement que la guéguerre

D'une mégère, d'une rombière !

Tu n'vas pas m'tailler des croupières,

Mettre mes espoirs en jachère

Et m'expédier au cimetière ?

 

Drapeau blanc ! Calme ta colère !

J'ai mis mon cœur en bandoulière,

L'espérance est ma messagère.

Si cet orage est temporaire,

Prouve-moi que t'es du tonnerre

Mais, à la vitesse de l'éclair !

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Blanc

Publié le par modimodi

Je me réveille, ce matin. J'ai fait un rêve opalescent. Tout était blanchâtre comme la lune d'argent. Je te rapporte la craie des songes dessinés sur la toile noire de la nuit.

Je veux te dire, je veux te décrire la pureté du ciel livide, qui se lève à l'horizon. Je veux te faire entendre, quelque chose de merveilleux et de secret, que le monde n'a jamais encore entendu, le murmure et les soupirs d'une symphonie, la troisième de Mahler : "Songe d'un matin d'été". Tu es la partition en hampes de notes blanches, mesures du temps d'aimer.

Dans ce petit jour blafard, suis moi, amour, prends le fil d'Ariane, déroule l’écheveau des cascades si pâles en ce matin. Qu'importe ces nuages laiteux et les larmes de pluie incolores !

L'illusion de la beauté n'en finit pas de se survivre dans la candeur de l'éphémère et du silence, distillé goutte à goutte. Il est à déchiffrer, comme l'interligne dans une page blanche, comme un pas dans la poudreuse, comme une pause sur la partition des étoiles.

Mais nous glissons sans fin, sur la glace du hasard. Pour tracer notre route, nous cherchons à lire dans les lignes du destin mais la carte est muette de toutes directions.

L'aube tarde à poindre. Nous sommes blêmes. Il y a en nous la transparence du vide, la réclusion du plein. Chacun est son secret et son enfermement, une lumière blanche dans un cristal de neige. Patiemment, l'hiver s'est installé dans nos cheveux que l'amour a lentement argentés. Toi, tu es mon névé éternel et mon tremblant perce-neige. 

Viens ! Je voudrais avec toi, marcher en cette nuit. Tu tiens la clef du monde en tes yeux et tes mains. Tu avances vierge innocente, souple Vestale, ceinte de l'étrange lumière, froide et violente, de la voie royale et lactée. Ensemble, ouvrons la porte du firmament, franchissons la fracture de l'espace et du temps.

Vois, comme la nuit a tendu ses tréteaux pour les pierrots blancs des insomnies lunaires. Entends-tu battre en moi, le tambour de la passion et de la déraison ? Entre en mon cœur pur, il donne la représentation de l'amour immaculé, lys de ta vertu.

Mais, tu couds le silence à ma peau glabre. La veilleuse diffuse un halo aux cernes crème. Je sors de la blancheur de ma torpeur nocturne. Sous mes paupières, tout est feutré, ouaté et tamisé.

Comme une porcelaine translucide, tu joues en moi, avec les ombres vacillantes du jour, qui pointe ses voyelles rimbaldiennes... "E, blanc, candeurs des vapeurs et des tentes, Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles."

Alchimie du verbe dans la candeur des murmures, dans l'intervalle entre la nuit qui soupire et le jour qui balbutie. Flambeau vacillant entre les mystères et les chimères affolées, lueurs de clair-obscur en mes écrits. Vers aux rimes fondues dans les banquises de la poésie et la lente blancheur des cygnes gracieux.

Vision troublée... Voile brumeux entre inconscience et réel, tu te révèles peu à peu. Brume légère, estompe pour le fusain de mon rêve fabuleux... Dans les intervalles du demi-jour diaphane, des tâches de lueurs filtrent des mailles écrues. Le firmament me laisse ton diamant et tu donnes des éclats à mon cœur solitaire.

Tu te glisses en moi, comme un sanglot dans ma voix. Tu fais résonner la chanson du Mal-Aimé de Guillaume Apollinaire : "Voie lactée ô sœur lumineuse/ Des blancs ruisseaux de Canaan/ Et des corps blancs des amoureuses..."

L'aurore aux doigts d'ivoire pâlit dans le lointain. Je me réveille d'un songe nacré, contre ton corps d'albâtre. Ta nuque a un parfum de muguet, nous sommes le 1er mai.

 

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Faudrait voir ! Lettre à mon opticien.

Publié le par modimodi

De tous les dons surnaturels dont une entité fabuleuse pourrait me doter, le don de double vue aurait ma préférence. Je n'ai jusqu'à présent, qu'entr'aperçu quelques beautés terrestres.

D'ailleurs, si parfois, je vois déjà double, c'est que je m’abîme la vue à regarder de trop près, chaque été, les belles en maillot. Je veux tout voir et pas seulement apercevoir ! Je mets alors, les bouchées doubles pour les dévorer des yeux !

Si je possédais ce don fabuleux de voyant, je pourrais tirer les cartes si elles étaient du tendre, je lirais dans le marc de café et prédirais l'avenir. Ainsi, moi, le dit vain, deviendrais-je devin ! En leur prenant la main, je pourrais faire de leur ligne de vie, ma ligne de chance.

Je pourrais même, sonder et interpréter les astres, écrire des horoscopes ou vendre des télescopes aux belles, de jour comme de nuit afin de leur faire contempler, recto verseau, les étoiles de mon ciel de lit.

Sur les plages, je pourrais aussi lire dans les pensées des nombrilistes et autres "m'as-tu-vu", petits rois de la gonflette, en slips de bain moulants ! Sans examens approfondis, je les distinguerais aisément ! Découvrant le vide de leurs prétentions et les mollesses de leurs points de vue, je pourrais fuir et mettre en ressac, ces proéminents infatués, au creux de la vague. Je n'ai nul besoin de voir leur petit bout, à la lorgnette !

Je les observerais ! Mais je sais déjà que, derrière leurs verres fumés, ces enfumeurs enflammés se croient, pour de vrai, des faucons, en vue perçante et plongeante. Ces voyeurs de la revue de détails sont voués aux bévues ! Espérant des succès faciles, ils tourbillonnent au vent des glorioles éphémères. Mais cherchant à en mettre plein la vue, ils ne jettent que du sable aux yeux des estivantes alanguies !

Peaux briochées, seins pain d'épice, fesses pommes d'amour, les juillettistes et les aoûtiens ont les yeux plus gros que le ventre ! Pour sûr, de prime abord, le bide leur est promis ! Visuellement, ça ne fait pas un pli !... Fluctuat nec vergetures !

A la revoyure petits curieux, touristes de passage ! Circulez, y'a rien à voir, rien à mater mais ne voyez pas pour autant la vie en noir. Rien n'est aisé ! Pour parvenir à être extra lucide, il ne faut pas se voiler la face, se mettre le doigt ou le compas dans l'œil. Il ne faut pas tomber amoureux et s'éborgner aux beautés saillantes des belles estivantes. Il convient de ne pas s'aveugler aux avantages siliconés des top-modèles, voire de s'illusionner comme la Vestale au regard de braise, qui, en amour n'y a jamais vu que du feu !

A vue de nez, ne pourrait-on penser que Cléopâtre, accrochée aux défenses d'ivoire de ses éléphants, aurait dû, de visu constater que César la trompait, à plein nez. Juchée sur son char, c'est la hauteur de vue qui lui a manqué, préférant l'esprit de corps, à la vue de l'esprit.

Dans cette optique, il vaudrait mieux avoir la fibre de la claire voyance et des verres Google glass d'extra lucides. Comme le dit le serpent à lunettes, qui Crisse en glissant sur le sable de son Atoll : "Qui veut voyager loin, ménage ses montures !" A vos marques ! Prêts ? Partez !

Si je pouvais avoir ces dons à l'œil, je pourrai gratuitement, m'offrir toutes mes chimères et mes folies hallucinées, lire dans mes rêves, croire aux apparitions et aux mirages et parler aux fantômes. Pour faire les yeux doux, ce serait fabuleux d'avoir un œil de cyclope ou de lynx et plein d'yeux dans le dos ou sur la queue comme un paon glorieux.

Même si aujourd'hui, je n'ai que bon pied, bon œil et pas de don de double vue, même si je vois à demi les vues d'ensemble, même si j'ai l'air con et la vue basse, j'ai gardé mon regard d'enfant. Je porte un regard neuf sur tout ce qui m'entoure, ainsi je m'émerveille de la beauté du ciel. Un arc-en-ciel m'en fait voir de toutes les couleurs. Je trouve merveilleuse, la lumière méditerranéenne !

Heureux, vous dis-je ! Celle qui, entre quat 'yeux, m'a joué de la prunelle de ses yeux de velours, celle qui m'a fait voir les étoiles en plein midi et brûler 36 chandelles, me fait aujourd'hui, voir la vie en rose...

Visionnaire et heureux, comme un Petit Prince, je ne vois plus qu'avec le cœur. A première vue comme à bien y regarder, n'est-ce pas là, l'essentiel ?

 

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Coup de foudre 2/3

Publié le par modimodi

Nous étions un couple modèle

A l'un à l'autre, toujours fidèle,

Nous ne craignions jamais le gel.

Nous faisions fi des trahisons

Mais Cupidon ce trublion,

En nous instilla son poison.

 

Cœurs plein soleil ! Sous les rayons,

Nous n'avions pas de protection.

Nous nous aimions, sans précaution,

Sans le besoin de capuchons.

Pas la plus p'tite appréhension

De quelques précipitations.

 

Pieds bien au chaud sous l'édredon,

En galipettes, dessous la couette,

Nous nous cherchions la petit'bête !

Tu n'as donc pas vu la tempête

Affoler mon cœur girouette...

Vlan ! Nos amours font la trempette !

 

Pour me venger de tes colères,

J'ai fait les amours buissonnières

Et je t'ai trompé ma mégère !

Y'a de la pluie dans tes mirettes,

Amer chagrin, fines gouttelettes

Sur nos fleurettes d'amourettes !

 

Comme l'azur a des sanglots

Les cieux se déversent à seaux,

De partout, la passion prend l'eau.

On se croirait à water l'eau !

Tu peux tout me mettre sur le dos,

J'n'ai pas respecté le mémento !

 

Pas de faux pas, de controverse,

Pas d'joli cœur à la renverse,

Se défier des belles perverses,

Qui de leurs flèches vous transpercent.

Filer bien droit ! J'ai fait l'inverse.

J'ai pris un chemin de traverse !

 

Ton courroux contre moi s'exerce

Façon puzzle, tu me disperses,

Tu me fais passer sous la herse,

Tu me transperces, me mets en perce,

Ta furie en moi se déverse,

Je m'écoule sous les averses.

 

Hier, nous étions du tonnerre,

Aujourd'hui, l'orage est dans l'air,

Il retentit à mes oreilles,

Il a éclipsé le soleil,

Ta vraie nature se réveille

Je te crains, je tremble, tu m'effrayes.

 

Ta réserve lâche la bonde,

Tu éclates, tu tonnes, tu grondes,

Tu exploses en une seconde.

Tu déchires, tu lacères, tu zèbres,

Ta raison joue la march' funèbre,

Tu te répands dans les ténèbres.

 

Ton cœur me fait parler la poudre,

Je me prends mille coups de foudre.

Tes yeux me lancent des éclairs,

Et j'n'ai pas de paratonnerre !

Tu me plonges dans l'grand trou noir

D'un précipice de désespoir.

 

 

 

 

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Coup de foudre 1/3

Publié le par modimodi

Mon tendre amour, mon bel éther,

Ma brune aux yeux d'outre-mer,

Notre amour était sans nuages.

Nous nous aimions sous les feuillages,

Enchantés de mille ramages

D'oiseaux frivoles et volages.

 

En chaque jour et chaque nuit,

La tendresse était embellie,

Chassant l'hiver, le vent, la pluie,

Semant étoil's en confettis,

Gerbes de sable fleuries,

Pour l'arc-en-ciel de notre lit.

 

Les cieux brûlaient, feux exaltés,

En nos corps nus et embrasés.

Nous pouvions nous abandonner

A nos rêves d'éternité.

Pas de menaces, pas de nuées

Insouciance d'un temps d'été !

 

Mais soudain, amère surprise !

Plus de barcarolle à Venise,

L'horizon prend des teintes grises.

Ta douceur n'était que méprise,

Tes aveux annonçaient la crise,

Les zéphyrs préparaient la bise.

 

Le soupçon étend son emprise,

Les doutes nous ont par traîtrise.

Tu es vraiment du tonnerre

Car tu exploses en un éclair !

Tu t'enflam' de belle colère,

Tu fulmines et tu vitupères !

 

Il y a d'l'orage dans l'air !

Rafal's de vent, de pluie, de grêle,

Plus d'abri sous notre tonnelle !

Flots de reproches torrentiels,

Larmes cruelles, cœurs qui ruissellent

Et qui délavent l'arc-en-ciel.

 

Flèche acérée de Cupidon !

Le ciel est en déflagration,

Il flotte, il tombe des oursons,

Et tu t'révèles un vrai poison.

Notre amour boit l'amer bouillon.

Nous prenons la flotte ! Trahison !

 

 

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Un seul baiser 1/2

Publié le par modimodi

Je ne vais pas bien dans ma tête,

J'ai le cœur qui chante à tue-tête ;

Je ne vais pas bien dans mon cœur,

J'ai la tête en accroche-cœur.

 

Après tant de chassés-croisés,

J'ai pu enfin, vous courtiser !

Nos émois sont harmonisés,

Nos désirs sont magnétisés.

 

Votre flèche m'a arquebusé !

Mon cœur ne peut cicatriser,

Vous m'avez donné un baiser !

Je sens que je vais imploser...

 

Nos lèvres se sont apposées,

Nos bouches se sont embrasées,

Rien ne peut les cautériser,

Le feu a tout carbonisé.

 

Laissons les jaloux jaser !

L'amour en nous s'est infusé,

Il ne saurait se rassasier

De quelques maladroits baisers !

 

S'il faut encore vous courtiser,

S'il faut toujours platoniser,

Et pourquoi pas pindariser,

J'y suis volontiers disposé.

 

Nulle intention de pavoiser !

Mais de grâce, venez déposer,

Au risque de vous épuiser,

Des millions de tendres baisers :

 

Sucrés ou caramélisés,

Délicieusement anisés,

Enivrants et alcoolisés,

Pétillants et champagnisés.

 

Mes sens étaient ankylosés,

Tous mes désirs paralysés,

Mon cœur insensibilisé,

Il a suffi d'un seul baiser !

 

Ma triste vie d'hypnotisé,

S'est d'un coup métamorphosée.

J'ai enfin pu apprivoiser

Ce rude cœur émerisé.

 

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Avant de dormir

Publié le par modimodi

Dans les derniers reflets du jour, nous nous tenons face à face, mains liées à nos serments, doigts noués et délacés aux rythmes lents de nos frissons. Sans le moindre bruit de ressac, chaque vague dénoue la mer en ondes douces de tendresse.

Nous nous désirons comme des statues de pierre dans la crispation du temps. Nous nous tendons comme la corde sous la menace de l'archet. Nous voudrions nous enlacer avant que le sommeil vienne nous prendre et nous renverser sur le lit de la nuit.

A travers les rideaux du soir, les silhouettes tremblantes de nos corps portent nos attentes et nos rêves. L'amour est là, mêlé aux flammes du crépuscule, dans les ondes de la lumière, filant comme un ruisseau vers des lisières inconnues.

Dans notre maison d'algues et de fougères, les battements du temps se glissent à pas de lune dans la durée et ses sanglots. Demain est déjà là, sur la pointe de ses pieds nus. Le loup d'hiver hurle aux nuages noirs de tenir allumée la lampe jusqu'à l'aube. La nuit béante qui s'en vient sera longue.

Dans la course sombre du jour, les rapides des instants enfuis tourbillonnent en rafales dans les gifles du vent et les griffes des branches cognant contre les vitres. Les feuilles s'y collent comme des papillons affolés au halo des réverbères de la ville. Au loin, la lumière crue des néons ensanglantent les ombres du ciel. Tu en es sa rose rouge.

Les voiles dans la chambre s'agitent en bruissant. Près de moi, tu t'allonges. J’effleure ton épaule, j'entre dans la nuit, les mains nues. Nos peaux en serpentant, se glissent et se frôlent dans le froissement du satin. Nos lèvres et nos voix se font douces, nous murmurons dans le silence, des mots d'amour qui montent en gerbes moissonner le champ des étoiles. Nous sommes lisses de délices.

Nous frémissons et glanons des émois nocturnes dans nos mains agitées de poignées de caresses. Des frissons impatients palpitent dans le feuillage de nos soupirs tremblants et s'agitent comme des ailes d'oiseaux dans l'arceau de nos bras. Nos secrets n'ont plus de piège.

Sur le champ de bataille de la nuit, nos corps sont des glaives qui s'aiguisent aux pierres tranchantes de nos désirs. Nous roulons jusqu'à l'abîme avant de déposer les armes dans l'ultime étreinte d'un mourant baiser. Nous happons le vide de l'espace dans une plainte d'abandon.

Je me coordonne à ton souffle. Tu soupires dans le silence, je te contemple assoupie. Sur ta blanche nudité, un feu dansant de flammes chatoyantes s'est allumé aux rayons de la lune d'argent. Tu as déployé la corolle scintillante des astres d'or et laissé flotter l'écharpe aux cheveux d'ange des comètes. Tu t'éthères lentement dans l'envol de l'amour et dans l'oubli du temps.

Tu montes dans la barque de Nyx pour toi rejoindre le sommeil. Tu te donnes en offrande au ciel gris bleu de cette nuit de plomb. Tu as aboli l'horizon et ses limites, repoussé. Tu plonges dans l'azur invisible des songes étoilés... Aux voûtes de tes paupières, tes yeux d'ardoise jettent aux noctuelles des ténèbres, des lueurs moirées. Ta beauté flamboie dans les gémissements de la nuit.

Dans l'obscurité, je te distingue à peine ma libre odalisque endormie. Je pose ma tête contre ton cœur, je te rejoins dans l'infini.

 

 

 

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