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Le bouton

Publié le par modimodi

Qui a eu l'idée de l'inventer? Probablement, quelqu'un de mal fagoté qui en avait assez de se serrer la taille avec une ficelle, quelqu'une enrubannée, lacée et corsetée ou encore un dandy à la mode, lassé de se montrer sous toutes ses coutures!

Car enfin, quoi de plus banal qu'un bouton! Plat ou rond, bombé ou en boule, il reste simple, discret, attachant. Il tient à toi et tu tiens à lui. Dans un style accrocheur, il fait, au quotidien, partie de tes proches, les plus familiers.

Impossible de t'en passer! Il est partout, omniprésent! Tu ne le remarques pas. Il se fait oublier. Il se joint à toi et en silence, se la boucle. Tu es en union libre avec lui. Tu t'es lié à lui et pour bien le prouver, tu t'es fendu d'une ouverture. Tu n'as d'ailleurs pas hésiter à lui donner ta chemise. Affectueusement, il t'a remercié en te sautant au col. Avec une infinie délicatesse, il ira jusqu'à prendre des manchettes, avec toi.

Il peut même t'apporter une touche de fantaisie ou de bon goût. Il orne ton gilet ou ta veste et luit au soleil de ta renommée. Mieux qu'un bouton sur le nez, plus brillant qu'un bouton d'or ou plus discret qu'un bouton de rose, il te distingue avec élégance.

Avec lui, tu es fixé! Ne t'avise pas de le négliger! Il se vengerait tout aussitôt! Certains qui s'étaient serrés un peu trop la ceinture puis qui se sont laissés aller, n'ont pas tenu devant lui. Si tu y tiens, ne lâche pas la bride et ne le laisse pas filer. Ne le laisse surtout pas tomber au risque de prendre une belle déculottée ou une pantalonnade publique!

Avec lui, la liaison durable, c'est toujours du cousu main! Inutile donc de se défiler et de s'agacer par tous les trous. Celui qui teste sa résistance en le tirant par la queue, tente dangereusement le diable! Il vaut mieux demeurer fidèle à son attachement et rester le plus longtemps enlacé à lui, sans se lasser. Qui se relâche et perd le fil de son étroite relation, curieusement en se déballonnant, en même temps, ils se déboutonne!

De l'enfance à la fin de l'adolescence, le bouton est omniprésent. "J'aurais su, j'aurais pas venu!" disait Petit Gibus dans la guerre des boutons! Un guerre où les bandes de deux villages voisins cherchent à en découdre. Malheur aux vaincus car les vainqueurs dépouillent les vaincus de leurs boutons. Au cas, où! ... Mieux valait en avoir une pleine boite en réserve, surtout des boutons de culotte!

Puis un jour, les tendres amours vous piquent aux rosiers des belles.Vous échangez les boutons de fièvre de vos émois pubères! Vous aimez tout: les fleurs en boutons, leurs boutons de nacre et leurs boutons de soie mais vous adorez plus encore les tendres petits boutons de Rose! Vous vous en parfumez d'ivresse et de tendresse.

Mais pour aller plus vite, y en a qui, toujours plus pressés, préfèrent mettre la pression plutôt que d'exercer leurs doigts au délicat exercice du boutonnage. D'autres explosent et surenchérissent en choisissant la fermeture éclair. Tous ceux là se privent du lent plaisir du déshabillage et du désir grandissant du dégrafage au déboutonnage.

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M
En un mot comme en cent, sans boutons tout tombe ..... à l'eau, surtout le déshabillage....
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M
Oui! Il faut s'accrocher Morgane! ... à l'autre, à sa vieille branche... et banaliser les accrochages!
M
Suis bien d'accord avec toi !!! quelquefois c'est pour la vie ....quelquefois pas !!!!
Accrochons nous !!!!
M
Il faut s'accrocher, pour ne pas tomber ou laisser tomber, mais tout dépend, Morgane! de la solidité de l'attache ou de l'attachement!